Bonjour !

Bonne année !

Je n'ai pas pu poster le nouveau chapitre, car pour une raison étrange, le site de m'était inaccessible lorsque j'avais mon ordi. Puis j'ai du me contenter de mon téléphone, et sur certains points d'accès, je pouvais aller sur le site. Avoir un site inaccessible vous est-il déjà arrivé ? Si oui, que faire ?

Je suis rentrée au pays, et je peux me remettre au travail. Désolé donc de ce retard. Je vais poster le suivant dans moins de deux semaines au final, j'ai un peu retardé l'arrivée sur l'île, pour développer un peu ce chapitre. Mais il y aura du combat dans le prochain chapitre, qui sera plus long. Voilà !

Merci à Lerugamine, Minaraii, 14thallen, FireBird539 et Safira-chan pour leurs reviews qui, soyons honnêtes, ont pesées sur ma conscience et m'ont remotivée pour écrire.

Merci aussi au nouveaux Fav/followers ! Y en a, ça me fait super plaisir !

Chap 14

Le lendemain, le navire leva l'ancre pour une bonne semaine de navigation, direction Arlev.
Ce premier jour, Kira travailla un peu plus ses coups et parades avec ses nakamas en vue du petit tournoi qu'avait décidé d'organiser Marco et Ace, afin de dégourdir les muscles de leurs hommes. En fait, pas mal d'hommes s'entraînaient depuis l'annonce du tournoi, à la date proche mais encore inconnue, et Kira se sentait mal à l'aise aux milieu des autres. Elle stressait moins quand elle était seule, sans trop de regards extérieurs.

Marco et Thatch observaient les pirates faire des passes et des coups depuis le balcon de la salle. Au milieu, Kira enchaînait des parades avec deux épées courtes face à Vlad, son meilleur professeur. Marco savait que Vlad avait un certain charisme, comme une aura qui le rendait sympathique pour tout le monde Kira s'était tout de suite sentie en confiance avec lui. Depuis, elle n'avait pas arrêté le progrès.

-Tu crois pas qu'il est temps qu'elle apprenne le haki de l'armement ? Dit Thatch a Marco.
-Elle n'est pas encore au point.
-En attendant, elle a un niveau très correct. Et tu perdra du temps a attendre qu'elle soit "au point" puis a lui enseigner. Autant qu'elle progresse dans les deux domaines en même temps, non ? Je suis sûr qu'elle en est capable. Et puis, apprendre le haki de l'armement, ça devrait la motiver à travailler ses attaques !
Marco du admettre qu'il avait raison. Ils en parlèrent de suite au Paternel, qui rejoint également l'avis de Thatch. A midi, alors qu'elle mangeait en compagnie de ses nakamas, lesquels essayaient de manger des cuisses de poulet en un temps record, il s'arrêta a côté d'elle pour lui annoncer :

-Kira. Le paternel et Thatch, ainsi que moi, pensons que tu es apte a commencer l'apprentissage du haki de l'armement.
La tablée se retourna vers le commandant, surprise, avant de féliciter Kira.

-Pour autant, reprit-il, je veux que tu continues de t'entraîner aux armes. De toute façon, haki et combat sont indissociables. Dans la 1ere, i gars qui ont ce haki. Demande a qui tu veux, ils peuvent alterner pour t'entraîner. Compris les gars ? Dit-il en se tournant cette fois vers les hommes.

-Oui commandant ! Répondirent-ils d'une même voix. Il s'éloigna, tandis que les hommes donnaient des coups de coude à Kira.

-Bah dit donc, on progresse, princesse !

-Arrêtez avec ce surnom débile...

-Je vais pouvoir t'entraîner ! Dit fièrement un grand blond d'humeur toujours joyeuse nommé Echi. Soyez pas jaloux les mecs ! Ajouta-t-il avec un grand sourire en leur direction.

-Je suis pas jaloux, je l'entraîne depuis plus d'un mois ! Ricana Vlad. -Et c'est un bon prof. Complimenta Kira, pour le remercier mais aussi pour provoquer un peu les autres.

-Je serai meilleur ! Contesta Echi.

-Les mecs, c'est un entraînement, pas un rancard, relativisa un voisin. Mais les possesseurs de haki semblaient s'en moquer, puisqu'ils poursuivaient leurs surenchère.

-Tu m'as oublié ? Dit Akaru, un homme musclé aux cheveux noir aussi possesseur du haki de l'armement.

-Ceux qui acceptent de me consacrer du temps, je vous remercie d'avance ! On fera des roulements, histoire de pas vous surcharger.

-Les vacances pour moi ! S'exclama Vlad.

-Mais heu ! T'aime pas me donner des cours ? Dit Kira faussement vexée en croisant les bras.

-Mais je rigoooole ! Répondit-il.

Elle sourit.

-Princesse.

Elle lui jeta une miche de pain qu'il esquiva. Les autres rirent de sa réaction volontairement enfantine.


Le deuxième jour, une fête fut préparée en l'occasion des anniversaires du semestre. C'était un prétexte comme un autre qui avait l'avantage de promettre une bonne fête deux fois par an, tout en faisant la part belle à ceux qui gagnaient une année. La journée fut chargée en matière de ménage et de préparation. Les bateaux en mission faisaient la même chose de leur côté. Kira remarqua qu'elle était en mer depuis déjà 1 an, et dans l'équipage depuis 2 mois. Étrangement, son pays lui manquait de moins en moins. Elle savait qu'il n'y avait plus rien pour elle là-bas ,et que tous ceux qu'elle aimait étaient partis. Et qui sait, elle les reverrait peut-être. Elle était soucieuse de ce qui s'y passait, mais n'y avait cependant aucune information. Les dégâts devaient être énormes, et avoir été cachés par le gouvernement.

Elle sortit de ses pensées pour se concentrer sur le ménage du réfectoire.

Elle avait demandé comment se passait cette fête à ses nakamas. Apparemment, les fêtés ne recevaient souvent pas de cadeaux, car trop nombreux tout dépendait de leurs amis, qui s'ils avaient une idée, pensaient à prendre quelque chose. Il s'agissait parfois de choses pratiques, comme du matériel pour l'armement, ou un manteau, quelque chose d'utile ou nécessaire. Ou bien une bonne bouteille. Simple et efficace.

Ce soir là, tout le monde se réunit dans le réfectoire où un bon repas avait été préparé. Le groupe de Kira avait d'ailleurs été appelé en renfort pour le faire. A 20 heures, tout le monde était dans la grande salle, quand le Paternel entra, suivit des Commandants qui prirent place à leur table. Le brouhaha se calma aussitôt. Le Paternel resta debout, il avait prit l'habitude de faire ses annonces à l'heure du repas quand ce n'était pas urgent.

-Mes enfants...Tout d'abord, bon anniversaire à tous ceux qui ont pris un an ces 6 derniers mois.

Les hommes applaudirent, ainsi que les commandants.

-D'ailleurs Kira, t'es né quand ? Demanda Mai en criant presque pour se faire entendre.

-Le 17 Avril. Donc l'autre semestre.

Il acquiesça.

-Ensuite, j'ai une bonne nouvelle...reprit la voix forte de Shirohige.

Il laissa la phrase en suspens, provoquant l'impatience de l'équipage.

-Les onzième, douzième et quinzième divisions, de Kingdew, Haruta et Fossa, sont à seulement une journée de nous! Leur mission a été bien plus longue que prévue, mais elle s'est bien finie, et ils vont tous bien. Ils arriveront demain dans l'après-midi. A cette occasion, nous feront de nouveau une fête, donc n'abusez pas ce soir !

Des cris de joie fusèrent les divisions étaient parties il y a presque 4 mois. Chose assez rare, car les divisions revenaient au vaisseau-mère au bout de 2-3 mois en moyenne.

Les Commandants sourirent, ils étaient heureux aussi à l'idée de revoir leur camarades.

-Enfin...dit-il en calmant les cris, enfin, nous allons envoyer quelques divisions sur deux missions, une sur Caleb, non loin d'Alabasta, pour faire cesser des attaques de pirates, et une autre dans le Shin Sekai pour attaquer la Marine et récupérer des informations utiles. Les divisions 2 et 3, vous irez sur Caleb. Les divisons 5 et 8, vous irez au Shin Sekai. Vous partirez 24 heures après notre arrivée sur Arlev.

-Yeah !

De nombreux hommes, heureux de partir en mission, levèrent leur choppes.

-Je laisse maintenant la parole à Marco et Ace, qui ont un mot pour leurs divisions.

Marco et Ace se levèrent, le brun monta carrément sur le banc et prit la parole.

-Première et deuxième divisions, Marco et moi, on a arrêté une date ! Nous sommes mardi, donc vendredi, nous feront notre petit tournoi. Ça vous laisse le jeudi pour récupérer de la fête qu'on fera demain avec les revenants.

-Yeah!

-Même Ace et moi devront participer pour quelques combats. Ajouta Marco.

-Ehh ? Firent certains.

-Vous aussi ?

-Oui. Ace et moi avons parié nos corvées de garde et d'inventaire. Et au passage, vous aussi : si vous gagnez, la 2eme aura toutes vos corvées pendant deux jours. Et inversement. La défaite n'est pas permise. Je rappelle que le dernier tournoi avec la 1ere, c'était contre la 4eme, et qu'on avait gagné sur le fil.

-Houuu ! Huèrent les membres de la 4eme division au rappel de cet échec cuisant encore chaud dans leurs mémoires.

-Prêts à perdre ? Demanda un gars de la 2eme depuis une table voisine.

-J'espère que vous aimez le ménage, contredit Vlad.

-C'est ça. Rendez-vous vendredi !

-Préparez vos pansements, conseilla Mei.

Les deux commandants se regardèrent avec défi, mais aussi avec satisfaction : leurs divisions étaient motivées.

-Sur ce, bon appétit ! Conclut Shirohige en s'asseyant.

Des approbations suivies de trinquements de verres et de rires prirent place dans le réfectoire.

Kira réfléchit un moment alors que les mains s'emparaient des plats pour se servir allègrement. Demain, elle verrait de nouvelles têtes et ferait la fête. Jeudi : repos. Vendredi : combat. Elle avait entendu parler de ces combats entre divisions. N'étant dans l'équipage que depuis à peine deux mois, elle ignorait à quoi s'attendre.

Tout le monde parlait et avait hâte de savoir ce qui s'était passé chez les autres divisions. Les futurs partants étaient excités par la promesse de bagarre du Paternel. Le dîner se passa dans la bonne humeur. A 9h, les tables furent débarrassées à la va-vite pour ne laisser que l'alcool et les verres. Kira ne but pas trop, comprenant vite que ce que les autres lui faisait boire était tout sauf « une petite bière fruitée à 5 degrés ». Ils voulaient la voir ivre-morte, oui ! Jusqu'alors, elle avait été prudente avec la boisson, considérant qu'il valait mieux garder pour elle son attitude de bourrée. Ce n'est jamais quelque chose qu'on veut montrer mais ses nakamas semblaient décidés à la voir ivre un jour. Les musiciens de l'équipage mirent un peu d'ambiance en jouant des chansons paillardes, que tous reprirent en chantant de leur voix la plus forte -et fausse-.

Au bout de quelques heures, ayant un peu mal à la tête à cause de l'alcool, Kira sortit prendre un bol d'air frais. Quelques-uns étaient sur le pont, parlant au calme en fumant un cigare. Elle trouva un coin tranquille pour s'asseoir. Mais l'air était froid, très froid. Elle rentra dans le Moby Dick pour aller chercher un gilet. En ressortant de sa chambre mieux couverte, Marco était à quelques pas, se rendant apparemment à sa propre chambre.

-Tiens, t'es pas avec les autres ?

-Je leur ai échappé, ils voulaient me bourrer ! Dit-elle en ne plaisantant qu'à moitié.

Il sourit et, avec un regard soudain plus sérieux, lui demanda :

-Je crois que tu as des connaissances en religion, non ? Je me souviens t'avoir entendu dire ça une fois...

Effectivement, lors d'une petite fête, elle avait parlé de religion, alors que les autres lui avaient raconté leur galère à faire garder le silence à un prêtre qui avait assisté à leur massacre d'un navire marine, au loin.

-Heu, oui, j'ai de bonnes bases. Pourquoi exactement? Demanda-t-elle un peu étonnée de la question.

-J'ai besoin de ton avis sur quelque chose. J'allai plancher dessus pour demain. Tu peux venir ?

Elle hocha la tête et le suivit jusqu'à sa chambre plongée dans l'obscurité, à peine éclairée par la fenêtre basse. Le commandant prit un briquet et alluma les bougies, s'assit en lui indiquant une chaise, puis lui tendit un document.

-C'est le rapport des deux maires de l'île où nous nous rendons, Arlev. Ils disent que les responsables des enlèvements d'enfants et des destructions de lieux de cultes sont un genre de groupe religieux. Il s'agirait d'une... « Église de la Pureté ». Tu connais ?

A la seconde où elle entendit le nom, elle ouvrit grand les yeux, avant de rire jaune en répondant :

-Oh, putain, oui, je les connais !

-Tu peux m'en dire quelque chose ?

-Oooooh, oui ! Dit-elle avec un enthousiasme ironique. Par contre je vous préviens, ça ne va pas être très objectif.

-D'accord. Dit-il satisfait de pouvoir enfin avoir des informations.

Il n'avait rien trouvé au sujet de ce groupe religieux, et c'était problématique pour la mise en place d'un plan d'action.

-Alors...L'église de la Pur- pardon, la Secte de la Pureté, est un groupe religieux qui croit en un Dieu des Astres tout puissant « dont la pureté n'a d'égal que la brillance du soleil. » Dit-elle d'un ton grandiloquent en fermant les yeux et en faisant des gestes étranges avec ses mains.

« L'église de la Pureté est née il y a environ...une douzaine d'années. Celui qui se fait maintenant nommer « le Grand Patriarche », qui est à la tête de l'église, était à la base le leader d'un petit village, rien de religieux. Ce village avait souvent été attaqué par des pirates autant dire que ce village n'en pouvait plus d'agrandir son cimetière. Puis, une secte de fanatique a tué deux des leurs de façon atroce. C'est de là que vient leur intolérance pour les autres religions. Après cet épisode dramatique, le chef de village a clamé avoir vu la lumière pour guider et protéger ses camarades. Les villageois étaient sans doute sous le choc, et se sont laissés convaincre que leur chef ne mentait pas. Ils étaient, à mon avis, affaiblis psychologiquement, au point de se laisser embobiner dans cette mascarade. C'est là que l'église de la Pureté est née : d'un sentiment de peur, de crainte, puis d'un espoir, comme assez souvent dans les sectes.

« Pour résumer leur objectif : si vous vivez pur et selon les ordres du Dieu des Astres, vous irez le rejoindre au Paradis...Sinon, réincarnation dans ce monde. Donc si vous ne souhaitez pas rester dans ce monde, vous avez intérêt de respecter quelques règles. C'est assez simple : le sang est impur, les cadavres sont impurs. Le sang signifie le malaise du corps, son mauvais état le cadavre ne doit être touché car synonyme de maladie et symbole de corde nous liant à ce monde infernal.

« Si vous saignez ou touchez un cadavre, vous êtes bons pour une purification. Et les croyants ont tendance à souvent faire le ménage, et à encenser leur maison pour la purifier. Le sang ayant coulé, et les morts, sont la base de leurs pratique religieuses, un moyen de se démarquer des autres églises. Jusqu'à là, rien d'anormal ?

-Un peu extrême niveau nettoyage. Dit-il sarcastique. Mais ils sont virulents ?

-Très. Cette Église, bien sûr, se clame être différente des autres, et, bien fidèle à ses principes, elle ne fait jamais couler de sang. Pour autant, c'est une Église très violente. Pour eux, les autres religions sont impures et s'opposent à la volonté du Dieu des Astres. L'incident de leur île les a marqué. C'est pourquoi ils détruisent par le feu les lieux de cultes et tuent les gens .

-Comment...qui croit ça ? Pourquoi ne pas simplement ignorer les autres Églises ? Vivre à l'écart ?

-Il faut croire que le Patriarche a le charisme pour se faire respecter et faire faire tout ce qu'il veut à ses adorateurs. Le Patriarche est leur lien avec Dieu. Pour les adeptes, c'est nécessaire d'obéir aux ordres pour avoir droit à la Joie Éternelle. Et il semblerait que le Dieu des Astres ait décidé d'éradiquer tout autre religion que la sienne.

-Assez égoïste comme Dieu, ricana Marco.

-Mon avis, c'est juste que ce Patriarche est un taré belligérant assoiffé de pouvoir. Le Patriarche prétend que les autres religions honorent des faux Dieux, en réalité des démons ennemis du Dieu des Astres, qui tentent d'attirer les hommes vers l'impureté et le sang dont ils se nourrissent.

-De...quoi ? Dit-il un peu perdu.

-Les démons se nourrissent d'impureté, de violence. Donc, ils font des religions dont ils se proclament dieux pour garder les hommes impurs, sales et couvert du sang de leurs crimes... En gros, pour eux, les gens des autres religions se trompent en croyant honorer un Dieu alors que c'est un démon. C'est comme ça qu'il justifie la nécessité de détruire d'autres églises. L'incident sur leur île d'origine leur suffit à croire que toutes les sectes et religions sont néfastes. Sauf la leur.

-C'est tordu.

-Ils sont parano, je vous jure que leurs discours sont à mourir de rire. On est pas au bout. Le feu est un élément purificateur pour eux, donc quand ils ont un fervent ennemi de leur foi, genre un prêtre d'une autre Église...

-Ils le brûle ?

-Ils vont d'abord essayer de le convertir, en général par la torture. Si il refuse, il est tué, pas de compromis. Par tué, j'entends brûlé vif. Et les bâtiments dédiés à d'autres Dieux sont aussi brûlés. En général, les gens disent « oui » et tentent de s'enfuir mais il n'y a pas de seconde chance, s'ils sont pris, c'est le bûcher. Même chose pour ceux qui ne semblent pas assez attaché au Dieu des Astres. Cette secte détruit complètement les gens, les oblige à s'attacher au groupe.

-Woaw. Dit Marco qui commençait vaguement à comprendre dans quel guêpier ils allaient mettre les pieds.

-Et là, je vous rappelle que le sang est impur. Ils ne veulent pas suivre l'exemple de la secte qui les a attaqué en faisant couler le sang. Vous devriez donc vous demander...

-...comment ils torturent ? Dit-il en arquant un sourcil.

-Oui, et là, on entre dans le sujet sensible. Ils ont un bon moyen. J'ai expérimenté, c'était douloureux. Dit-elle en grimaçant et en regardant vers le fond de la chambre.

-Quoi ? Ils t'ont torturé ?

-J'y reviens après. Ils ont...ceci, attendez.

Elle sortit de la pochette attachée à sa ceinture, qu'elle portait toujours sur elle, une toute petite poche de tissu bleu dont elle sortit une fiole avec un contenu bleu, et une petite seringue.

-On appelle cela le pati. C'est un produit...qui...

Elle chercha ses mots.

-Qui rend les nerfs sont plus sensibles. Donc... un coup de poing va vous paraître deux ou trois fois plus fort qu'en temps normal. Tout dépend de la dose, bien sûr, mais en général, ils mettent ce qu'il faut pour qu'une pichenette sur le front fasse l'effet d'une balle dans le crâne. Ajouta-t-elle avec un sourire faussement réjouit. Ils vous torturent sans faire couler une goutte de sang, avec ça. C'est très vicieux : ils respectent leur religion, mais se comportent comme de vrais tortionnaires.

-Pourquoi tu as ça ? Dit-il en montrant du doigt la fiole et la seringue.

-Je l'ai piquée dans un marché noir, avant de vous rencontrer, en me disant que ça pourrait aider un jour face à un ennemi trop fort pour moi.

-D'accord. Mais toi, pourquoi ils ont voulut t'enrôler ?

Elle eu un silence, avec un petit sourire laissant voir un peu de tristesse, beaucoup d'ironie, et l'ombre d'une envie de vengeance.

-J'avais 18 ans quand cette Église est venue sur Arann pour... « prêcher la bonne parole. » L'île était assez tolérante en matière de religion, mais le groupe de croyants ne s'intégrait pas du tout à la culture du pays ! Sur mon île, les femmes et les hommes étaient égaux, ils pouvaient sortir, danser. Alors que cette religion, bah... le sang était impur, ça je le savais. Mais on a vite saisit ce que ça sous-entendait.

Elle fit un geste las de la main.

-Les femmes ne peuvent pas entrer dans les lieux saints. Et ne peuvent rien faire sans l'accord d'un religieux. Il n'y avait qu'une dizaine de femmes dans cette Église, vivant dans le même quartier, on avait pitié d'elles...moi et quelques amis, on a essayé de leur dire que ce n'était pas normal d'être privé de tout, mais elles nous on dit de nous barrer et de nous laver avant de les salir !

-Pourquoi les femmes étaient-elles...prisonnières?

-Impures. Elles menaçait parfois la pureté des hommes, et devaient donc respecter des heures de sorties et de difficiles cérémonies de purification.

-Comment ça ?

-Et bien...les femmes ont des menstruations. C'est du sang. Donc, la femme est un être impur. CQFD. Fit-elle avec un sourire ironique en haussant les épaules.

Marco écarquilla les yeux, estomaqué. C'était ça la logique de cette religion ?

-Alors la religion considère les femmes comme impures, et elles adhèrent à ça ?

-Oui ! Dit-elle en ramenant ses bras derrière sa tête. La promesse du paradis, tout ça, ça leur suffit à croire qu'elles sont des êtres impurs. De base, l'île où est née l'église était assez misogyne il faut croire que le Patriarche a voulut conserver cette tradition. Elles ont même un rituel chaque mois à cause de ça. Cette religion prône la domination de l'homme, je ne vous le cache pas. Le seul avantage, c'est que « s'accoupler à une femme » risque de « contaminer »les hommes, donc il ne violent jamais. J'ai eu beau chercher une femme un peu plus réfléchie que les autres, elle étaient toutes bien endoctrinées, aucune ne voulait quitter la secte. Tout est décidé par le Patriarche, jusqu'à la vie de couple. Et j'ai l'impression que ça les rassure, quelque part, d'avoir l'impression de « bien faire les choses » comme on leur demande, et d'être félicitée pour leur bonne conduite...

-Mais...pardon, ils se marient librement? Demanda-t-il curieux.

-Les mariages sont décidés par le Patriarche.

-Et... ils peuvent coucher ensemble ou pas ? Demanda-t-il toujours plus étonné.

-Rarement, sur ordre du Patriarche pour procréer une descendance. C'est ce que j'ai compris des rares dialogues que j'ai eu avec les membres de cette église.

-Tu déconnes. Dit-il d'un ton son appel, persuadé qu'elle le faisait marcher.

Pour lui qui était pirate, vivre comme il l'entendait était tout ce qui importait...Son esprit n'arrivait pas à comprendre comment une personne extérieure pouvait imposer une façon de vivre aux gens et être acclamé pour ça.

-Pas du tout. Les hommes n'aiment pas coucher avec leurs propres femmes. Répondit-elle sérieusement. Et ils doivent se purifier après l'acte.

-Ah quand même...Dit-il en se frottant le front.

Ça commençait à faire beaucoup d'infos.

-Ah, du coup...Sur Arlev, les infirmières devront rester à l'écart et être protégées. Les perfusions de sang sont interdites par cette église. Et elles sont des femmes. Elles risqueraient d'être prises pour des hérétiques, je ne plaisante pas.

Marco nota une phrase sur une feuille, sans doute un mémo.

-Merci pour l'info, j'en parlerai. Et donc, toi ? Ils t'ont attaquée ?

Elle eu un regard dans le vide.

-Un jour, alors que leur prêtre déblatérait son tissu de conneries sur une place, j'ai un peu rigolé. Il m'a regardé, m'a dit de retourner faire le trottoir comme toutes les impures de mon genre. Je lui ai dit « plutôt crever que d'être une pute, je préfère ma morgue » ! Et je me suis barrée. Et deux jours plus tard, en revenant d'un bal populaire, je me suis faite attaquer en pleine rue par ce mec et quelques fidèles. Ils m'ont emmenée dans une maison délabrée, et m'ont dit de me repentir.

-Et ?

-Je leur ai dit d'aller se faire foutre. Dit-elle sur le ton de l'évidence.

Il eu un rire léger, chose rare. Elle n'était pas impolie ou vulgaire, à moins de n'avoir de très bonne raison d'être énervée.

-Je bossais avec des cadavres, donc...

-Oh...je vois, tu cumulais en matière de pureté...

-C'est ça. Il avait du faire des recherches sur moi, découvrir que j'étais équarrisseuse, et conclure que j'étais une hérétique. Deux heures de tabassage en règle parce que j'étais une femme et une équarrisseuse, c'était franchement abusé. Et comme j'avais mon pendentif de kairouseki, pour rester discrète et m'éviter d'utiliser inconsciemment ma capacité...j'ai pas pu me défendre. Ils ont du partir quand des gens alertés par les bruits sont venus me secourir. Et cette torture n 'était pas leur coup d'essai, plusieurs femmes et équarrisseurs avaient été attaqués comme ça, et deux en sont morts. Le roi les a fait dégager. Au nom du respect des autres croyances, ils ne pouvait pas les tuer, juste les exiler. Bref, se sont pour moi des fanatiques avec qui le dialogue est impossible.

-C'est une histoire de dingue...dit Marco. Et les kidnappings d'enfants ? Demanda-t-il en relisant le rapport des maires.

-L'église se considère comme porteuse de la bonne parole. Les enfants étant purs, il faut, je cite, « les éduquer dès le départ à la religion », et les « sauver des griffes des infidèles ». Ça aussi c'est arrivé plusieurs fois sur Arann. Pauvres gosses...

-Ils s'estiment plus aptes que les parents à instruire les enfants ? Dit-il dégoûté.

-C'est ça. Plus ils ont d'adeptes, plus ils sont contents. Les adeptes travaillent pour la secte, ils forment une micro-société. Au final, le dirigeant en profite et est traité comme un annonciateur de bonne parole à une population en abnégation qui rêve du Paradis. Voilà comment ça marche : le Grand Patriarche, puis les prêtres qui relaient ses ordres et enfin les croyants. L'organisation est assez simple.

-Je vois. Alors il faudrait au moins tuer le patriarche qui dirige cette île et ses curés. Pensa-t-il à voix haute en regardant son bureau.

-Mmm...sûrement, mais ça va pas être simple.

Il se retourna vers elle. Elle avait un regard un peu dur :

-Dans le lot, il y aura sûrement des jeunes, voir des enfants. Dernier détail : ils sont vraiment capables de se tuer ou d'aller se battre jusqu'à la mort, et les gosses ne sont pas responsables de ce qui leur arrive. Cette secte a déjà provoqué des suicides, au nom de Dieu. Je peux par contre vous dire que ces fauteurs de troubles ne sont pas aimés du Gouvernement Mondial.

Il l'observa dans les yeux. Elle avait raison, c'était plus compliqué que prévu. Et il comprenait mieux pourquoi l'île était dans cet état et que le gouvernement ne voulait pas s'en approcher. Ça sentait les ennuis plein nez. Ils étaient des pirates, mais le Paternel n'était pas du genre à tuer des enfants. Ils allaient devoir en parler longuement...

-Merci. Je parlerai de tout ça au Paternel.

-D'accord. Tant mieux si j'ai été utile.

-Très. Je n'avais rien à leur sujet, ça me permet de les cerner.

-La secte est jeune et non reconnue par un quelconque pays. Forcément, il ne devait pas y avoir grand chose.

-Tu as souvent eu affaire à des sectes ?

-Pas vraiment. Les religions cohabitaient souvent bien sur mon île, cette secte a vraiment été la plus emmerdante.

-D'accord. Tu sais … si tu as des connaissances que nous n'avons pas dans la bibliothèque tu peux écrire un livre à ce sujet.

-Un livre ?

-Un livre ou un livret, tout dépend de la longueur du contenu. Les hommes, ici, ne sont pas que des combattants. Certains avaient des métiers, ou acquis des connaissances intéressantes avant de nous rejoindre. Nous ne sommes pas une armée qui ne fais qu'organiser des troupes. Ici, nous sommes des individus partageant une soif d'aventure, et finissent par former une vraie famille. On a le droit de réfléchir, de se cultiver, d'apprendre de tout. Bon, je vais être honnête, les hommes ont généralement des connaissances en chasse, botanique et deux trois trucs utiles. Mais à force de mettre en commun toutes ces connaissances, on a une bibliothèque unique ! Tu peux regarder, certains livres ou livrets sont manuscrits.

Elle avait effectivement trouvé quelques livres manuscrits. Mais elle n'avait pas mit les pieds à la bibliothèque depuis un mois ! Ses entraînements lui prenaient trop de temps.

-Vraiment ? Je regarderai ce que je peux faire, alors.

-Bien. Désolé de t'avoir retenue si longtemps alors que c'est la fête...

-Non, ce n'est rien. Dit-elle en se levant. Bonne nuit !

-Bonne nuit, Kira.

Il la regarda sortir en fermant doucement la porte. Il regarda la montre qui traînait sur le bureau. Minuit. Il allait résumer ce qu'il venait d'apprendre, faire un peu de paperasse et pourrait se coucher.


Kira retourna dans la salle du réfectoire où la fête battait son plein. Elle fut arrosée par une bière en passant près d'un gars agité. Plus qu'a laver son t-shirt et son gilet...Elle alla voir ses amis qui jouaient à un jeu d'alcool. Kira se servit un verre et observa. Vers 1h, elle tomba de fatigue et décida d'aller se coucher malgré les protestations des autres.

-On a une autre fête de prévue demain, je serai plus en forme pour celle-là. Promis !

Elle ferma la porte sur le boucan et alla se coucher, non sans avoir comme à son habitude écrit un peu dans son journal. Elle parla de sa conversation avec Marco. Il mettait vraiment les gens en confiance pour parler. Et vu qu'en plus de ça, elle était assez ouverte, il ne lui avait pas été difficile de lui raconter tout ça.

Elle ne put s'empêcher de repenser à son coxage par cette bande de malades. Elle s'était faite humiliée : jamais elle n'avait autant pleuré ou crié. Et les mots résonnaient encore dans sa tête ….

Il faisait frais dans la maison de pierre dont le toit à moitié écroulé laissait voir le ciel nocturne. Elle était par terre, sur le sol de terre couvert de mauvaises herbes. Deux hommes, portant de longs gants, l'immobilisait assise en lui tenant les bras fermement.

-Regrette ! Demande pardon, car tu as pêché ! Cria le prêtre devant elle en la surplombant de toute sa hauteur.

-J'ai rien fait de mal, bordel ! Je fais mon boulot ! Cassez-vous bande de tarés. Dit-elle en espérant mettre fin à cette histoire.

-Injecte-lui.

-Mm.

Un homme s'approcha d'elle par derrière, la faisant paniquer. Quoi, qu'est-ce qu'il faisait ? Elle sentit une piqûre dans le cou. Merde, c'était quoi ?

-Tu salis tes mains et celles de ceux que tu touches ! Femme et faible !

-Donne ta loyauté au seul dieu...

-Je m'en fout, moi, je suis déiste ! Le vôtre ou un autre, je m'en fous !

Le produit se rependait en elle, elle sentait un picotement parcourir ses veines...mais qu'est-ce que c'était ? Et les hommes étaient-ils en train de serrer ses bras de plus en plus fort ? Ça faisait mal...de plus en plus mal...

-Il n'y a qu'un seul dieu, et ta seule existence est preuve de sa bonté !

-Mais non, pas forcément ! Mais vous-Ahhh !

Kira rouvrit brusquement les yeux, sortant de ce souvenir. Elle n'avait pas peur de grand chose. Mais la folie humaine, presque fanatique, l'effrayait au plus au point depuis cet incident. Qui sait ce dont est capable un taré de cet acabit ? Les gens fermés et incapables de débattre, c'en est flippant ! Et surtout...les témoignages des suicides de ce groupe lui faisait peur. Vraiment, ce n'était pas sain d'approcher des gens comme eux. Elle se coucha, mais se réveilla après un cauchemar. Il était 5h du matin, et un usage du haki lui permit de détecter l'absence de personnes sur le pont. D'habitude, il restait du monde à cette heure-là les jours de fête, mais vu qu'il y en avait une autre le lendemain, tout le monde était partit se coucher tôt. Énervée d'être si influencée par les pensées et souvenirs de son inconscient, elle sortit prendre l'air. Sa tenue était du coup assez étrange : un sort ample, des tongs, un gilet et des cheveux pour une fois détachés. Elle s'appuya au bastingage et essaya de se remémorer le cauchemar. Petit à petit, des bribes lui revinrent, inspirées de son échec face à la Secte, mêlées à la peur de la revoir.

Est-ce qu'au moins il y avait un Dieu ? Hein ? Non mais voilà quoi, si ça c'était même pas certain, à quoi bon faire la chasse aux sorcières !

Elle se rappela de la réponse de son Maester, quelques années auparavant...

« Je ne sais pas si dieu existe. Mais moi, il m'a aidé plus d'une fois. Il m'a calmé.

-Ben, vous y croyez alors ?

-Quand je suis nerveux, terrifié...je m'adresse à Dieu, et cela me calme de me sentir protégé, ou au moins compris. Peut-être qu'il n'y a pas de Dieu mais ça me soulage d'y croire, de penser que quelqu'un est là pour moi. Comme les enfants, avec leurs amis imaginaires, tu vois ? Si Dieu n'existe pas, invente-en un. Au final, tu soulages ta propre conscience avec ta propre inconscience. C'est drôle non ?

-...Maester, dans ce cas, y a pas de vrais dieux ?

-Ça dépend des gens. On a aucune preuve qu'ils existent, ni de preuve qu'ils n'existent pas. Mais en même temps, si nous y croyons, c'est qu'ils existent dans l'esprit collectif.

-Moi, j'y crois. Y a des gens qui ont des pouvoirs pourquoi y aurait pas eu un pouvoir de création à la base ?

-Ahah ! Et bien, c'est vrai. Mais certains auront des contre-arguments. Reste toujours ouverte à ce sujet, c'est très important.»

Oui, m'enfin avec cette église, c'était quand même autre chose. Elle regarda l'horizon noir surplombé de nuages. Il faisait froid, le vent lui mordait la peau. Elle se retourna et sursauta.

Marco était là, les bras croisés à un mètre d'elle, avec un papier dans une main.

-Ça va ?

-Oui.

-Vraiment ?

-Oui.

-Kira.

-Oui ?

-La vérité.

-...Je déprime un peu. C'est pas grand chose, je vous jure, sinon je le dirait.

-Vraiment rien de grave ? Demanda-t-il pour obtenir confirmation.

-Non, juste une petite appréhension.

Il vit dans ses yeux et entendit au son de sa voix qu'elle disait vrai. Elle était juste un peu stressée.

-Je vois. Si j'ai bien compris, c'est à cause de cette Église ?

-Oui. Je l'ai toujours mauvaise de pas avoir pu me défendre et que ça me donne la rage.

-Je vois.

-J'ai vraiment pas apprécié. Ils vont bouffer, je vous le garanti.

Elle était prête à en découdre. Bien, ça le rassurait. Il avait eu peur qu'elle ne soit complètement abattue, mais non, pas de quoi s'inquiéter.

-Vous me maternez trop, commandant. Dit-elle en riant, sentant dans ce silence qu'il jaugeait sa déprime. Mais merci. Je vais me coucher. Bonne nuit.

-Bonne nuit.

Il la regarda partir. Marco vit son short qui dévoilait des belles et longues jambes, aux cuisses plutôt musclées, et sa chevelure, assez longue, la rendant soudainement très féminine. Il se rappela qu'il n'était pas venu pour admirer sa belle silhouette élancée, et se rendit à la vigie, sa destination initiale.

Kira, maintenant détendue, replongea dans son sommeil. Les divisions allaient arriver dans la journée, mieux valait être en forme.

Voilà! Bon, j'admets avoir beaucoup décrit la secte. La suite est en cours d'écriture, il n'y a que 2 chapitres d'avance. Le prochain chap sera encore à bord, et finira sur l'accostage de l'île. Mais y aura du combat, comme vous l'aurez compris! A bientôt!