Le lendemain matin, ils furent réveillés par Usagi qui ouvrit la porte de la chambre.

-Leonardo-San, puis-je te parler ?

Leo se leva brusquement des bras d'un Raphael, ennuyé au-delà du possible de cette intempestive interruption. Léo était fait pour être dans ses bras et sans ce corps entre-eux, ses membres lui semblaient grossièrement inutiles.

Il remarque que Léo paniqué cherchait à gauche et à droite quelque chose avant de se lever et rejoindre Usagi. Raph qui avait passer presque le dernier mois à observer son frère, comprit : Léo cherchait de quoi se couvrir.

-Ne bouge pas, je reviens, Léo.

Alors que sans gêne aucune, il sauta en bas du lit, uniquement en sous-vêtements, passa devant Usagi, sans un regard pour lui, il entra dans la chambre de son frère afin de pouvoir lui rapporter des vêtements. Il ouvrit un tiroir au hasard et avisa un DVD où les mots « Regarde, apprends et souffre » étaient inscrits au sharpie. L'écriture de Léo a n'en pas douter. Il balança un moment sur un moyen de prendre et dissimuler le disque, mais étant nu, Léo et Usagi dans sa chambre et le temps lui étant compté, il se promit d'y revenir une prochaine fois.

Lorsqu'il revint, il s'aperçut qu'Usagi parlait déjà à Léo ;

« …puisque de toute évidence, tu n'as plus confiance en moi et que tu n'as pas besoin de ma présence, je vais retourner dans ma dimension. »

Raph ne put cacher l'expression de bonheur de monter jusqu'à ses yeux. Le sale lapin concédait la victoire à Raphael en moins de 24 heures. Les choses avaient été plus rondement qu'il n'aurait cru.

-Mais, Usagi, je ne comprends pas. Je croyais que tu voulais t'installer ici. Tu disais ne pas trouver ce que tu cherchais dans ta propre dimension.

Raph se mordit les lèvres et roula ses iris vertes : On pouvait compter sur son naïf grand frère pour rendre les choses ardues quand cela était inutile. Pourquoi ne saisirait-il par l'opportunité de mettre dehors Usagi ? Ah oui : l'amitié et la politesse. Quelles conneries !

Il tendit ses vêtements à Léo, curieux d'entendre la réponse du lapin.

-Voir ta méfiance et constater la perte de ton amitié me fait trop mal, Leo-Chan, pour demeurer ici davantage.

Voilà que le salop voulait faire culpabiliser Léonardo ! Léo avait un cœur de guimauve et ne craignait rien de plus que de heurter les sentiments d'autrui. Raphael et Usagi connaissaient tout deux très bien ce travers.

-Usagi, je suis désolé du malentendu. Tu n'as aucunement perdu mon amitié ni ma confiance. Je… j'ai été un peu choqué de la tournure des évènements, voilà tout. J'ai besoin de, hum, de temps. Et je ne crois pas que mon dit « rétablissement » repose sur tes épaules. C'est quelque chose dont je dois guérir par moi-même.

-Et lui ? questionna Usagi. Quel est son rôle ? Quelle est la raison de sa présence.

-Rick est ici sous mon invitation. Il m'aide à m'ajuster avec les inconnus, apprendre à faire confiance de nouveau. De toute façon, Usagi, cela me regarde. Je serai très peiné de te voir partir, mais je suis ici chez moi, ce sont mes choix et tu dois les respecter.

Raph savait qu'il était malséant qu'il irradie, mais il n'arrivait pas à s'en soucier. Cette saleté de peluche allait rentrer chez elle et c'est tout ce qui importait.

-Milles pardon de mon inopportune jalousie, Leo-Chan. Rick-San, je vous demande pardon également pour mon jugement hâtif à votre égard.

Raph fronça les sourcils devant le lapin qui s'inclinait. Il ne voulait pas de ses putains d'excuses. Il pouvait se les enfoncer où il pense. Il voulait que le samouraï lève le camp, point.

Leo sourit, soulagé de voir qu'Usagi prenait mieux ses paroles qu'il ne l'aurait cru. Il proposa un entrainement matinal au lapin, à l'épée, alors que Rick ferait des haltères. Usagi inclina de nouveau la tête et ils descendirent tous au sous-sol.

Alors que Léo vérifiait si ses lames étaient bien affutées, Usagi se pencha, et soudain se retourna vivement :

Raph vit très bien le shuriken projeté vers lui. Il aurait pu l'éviter aisément, ayant les réflexes vifs d'un ninja aguerri encore, malgré le manque de pratique. Mais il avait déjà soulevé suffisamment la suspicion de Léo en évitant la balle de revolver. Cette fois-là, il avait pu blâmer le poignet tremblant de Léo, mais le lapin, lui savait clairement ce qu'il faisait. Il prit instinctivement la décision de ne pas faire dévier la trajectoire du shuriken ou de l'éviter. Il ne fit que protéger son visage, laissant l'étoile ninja inciser profondément son avant-bras, poussant un léger hissement de douleur qui fit se retourner Léo.

-USAGI! Comment as-tu osé ? Tu as blessé mon ami sachant très bien qu'il ne sait se battre ! Je te répète qu'il ne savait pas pour le lapin !

-Léo-Chan, je ne comprends pas. Il devait l'éviter !

-Comment…Rick, est-ce que ça va ? Je vais aller chercher de quoi te panser. Nous n'avons pas terminé d'en parler, Usagi

Usagi fixa hébété Raph dont le sang coulait de l'avant-bras :

-Tu as fait exprès de ne pas l'éviter.

-Je ne sais de quoi tu parles, mec, mais va te faire soigner.

Leo redescendit encore tremblant de rage :

-Comment as-tu pu Usagi ? T'attaquer ainsi sans prévenir à un innocent même pas armé !

-Léo-Chan, il est volontairement demeuré dans la trajectoire ! Il voulait susciter ta pitié envers lui et ta colère envers moi ! Il fait semblant qu'il ne sait pas se battre ! Mais as-tu vu toutes ses cicatrices ? Il est évident que cet homme a passé des années dans des arènes de combats illégaux ! Comme ton frère Raphael ! Et aussi, tu remarqueras aussi certaines cicatrices encore visible d'injections de drogue ! Comme ton frère Raphael !

Par reflexe, Rick voulu aussitôt dissimulé son bras, mais Léo n'accordant aucun regard à ce que lui pointait désespérément Usagi, continua à bander la plaie du shuriken.

-Usagi, pour la dernière fois, ce n'est pas mon frère Raphael. Je ne comprends pas ton obsession vis-à-vis de lui. A mon souvenir, vous n'aviez qu'une relation tiède.

-Comment le sais-tu que ce n'est pas lui ? Tu ne vois pas comment il est semblable ?

-J'ai plusieurs raisons qui font que je suis certain qu'il n'est pas Raphael. Premièrement, Raph n'est pas un menteur, comme je l'ai déjà souligné. Deuxièmement, Raph me hait et ne ferait certainement pas mes repas et ma lessive et pour finir, Raphael est toujours un mutant. Le laboratoire de Donnie est le seul qui offre les injections de sérum. La formule est secrète. Et si Raph avait reçu l'injection, Donnie me l'aurait dit, à moins que tu prétendes que je ne peux me fier à Donatello non plus ?

-Très bien, je me confonds en excuse. Ton ami Rick ne sait pas se battre.

L'inflexion dédaigneuse titilla les poings de Raphael et ses yeux instinctivement fixèrent les sais accrochés au mur en face.

-Ce n'est pas à moins que tu doives t'excuser, mais à mon ami.

Usagi répéta son chapelet d'excuses vide de sens devant un Raphael indifférent, qui ne cessait de réfléchir aux dernières paroles de Léo. Don n'avait pas trahi sa confiance…mais son rôle demeurait mystérieux.

Léo, dans un geste d'exaspération, porta la main à son front.

-Je dois sortir. Je vais devenir fou. Je suis demeuré cloitré toute la semaine ou presque. De l'air frais me ferait du bien.

Raph s'avança :

-Bien sûr Léo, où allons-nous ?

-Tu ne viens pas avec moi, Rick. Ni toi, non plus, ajouta Léo voyant Usagi se redresser de contentement.

Raphael protesta, sans réfléchir : Tu ne peux sortir seul ! Pas avec les Dragons…

-Ricky, je te remercie de ta sollicitude, mais il n'est pas huit heures et nous sommes un dimanche matin. Je vais marcher et ensuite chercher un costume d'Halloween. Je hais me déguiser, mais Mikey insiste pour sa fête de samedi prochain que tout le monde le soit. Je ne serai pas de retour avant cinq ou six heures, profitez-en pour travailler sur votre relation. Je ne veux plus assister à des disputes ou des provocations. J'ai besoin d'être seul. Et lorsque je reviendrai…j'aurai quelques questions à te poser, Rick.