Chapitre 6 : Elle a disparue
POV Quinn :
Debout devant le miroir, Quinn observait attentivement le moindre changement que son corps était en train de subir. Sûrement imperceptible aux yeux des autres, il n'échappait pourtant pas à son regard inquisiteur.
Oui, cela allait commencer à se voir. Cela se voyait déjà. Son ventre commençait lentement à s'arrondir tout comme grandissait en elle son enfant.
Son enfant...
Elle l'avait haït des nuits entière, priant pour que tout cela ne soit qu'un cauchemar. Mais ses larmes et ses supplications n'avaient rien changé à son état.
Son portable vibra sur sa table de nuit et elle s'en empara, non sans un coup d'oeil aux différentes brochures qui s'y étalaient. Adoptions, avortement...Autant de possibilités qui s'offrait à elle.
Quinn s'attendait à voir apparaître le nom de Puck. Le jeune homme la harcelait sans cesse pour connaître ses pensées et ses intentions concernant leur enfant. Pourquoi ne comprenait-il pas qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'il fallait faire ? Elle n'avait aucune aide, sa mère n'était pas derrière elle pour l'aider, pour lui faire prendre la bonne décision. Elle était seule. Et effrayée.
Puck devenait chaque jours plus insistant, allant même jusqu'à en parler dans les couloirs du lycée sans même se méfier de ceux qui écoutaient. Il passait régulièrement des appels, juste pour être sûre que tout allait bien. Et c'était pourquoi Quinn se préparait mentalement à l'assaut de ses questions.
Mais elle fut surprise de voir s'afficher un numéro inconnu.
Intriguée, elle décrocha.
« Quinn ? »
La jeune fille se figea.
Cette voix hésitante, douce mais brisée d'inquiétude, ne pouvait appartenir qu'à une seule personne. Une personne qui n'avait absolument aucune raison de l'appeler.
« Qu'est-ce que tu veux Brittany ? Répondit-elle sèchement. Comment tu as eu mon numéro ?
- Puck...Puck me l'a donné. »
Quel crétin celui-là !
Un instant, Quinn fut partagée entre lui raccrocher au nez et connaître la raison de son appel. Après tout, cela devait être important pour que la fille qu'elle martyrisait ose lui téléphoner.
« Qu'est-ce que tu veux ?
- Voilà...Je...Je me demandais si tu avais des nouvelles de Santana... »
Le cœur de Quinn se serra. Comme à chaque fois qu'elle pensait à son ancienne meilleure amie. Sa trahison la dévorait de l'intérieur et pourtant, la jeune fille lui manquait au delà du possible. Elle aurait tant voulu qu'elle soit présente à ses côtés...
« Pas depuis votre misérable prestation de la semaine dernière, répondit la blonde avec mépris. »
Evidemment, elle avait été si fière de Santana. Mais jamais elle ne l'avouerait.
« Maintenant si tu n'as rien de mieux à faire que de m'ennuyer avec cette gouinasse je te conseillerai de.
- Elle a disparu Quinn. »
Silence.
C'est ce qui suivit l'annonce de Brittany. Du moins avant que Quinn se mette à rire.
« Qu'est-ce que tu racontes ? Elle n'a pas disparu.
- Rigole si tu veux, répondit Brittany d'une voix vibrante, mais Santana a vraiment disparue. Je ne l'ai pas vu depuis la représentation. Ni dans les couloirs du lycée, ni en cours, nul part. Sa voiture n'est même plus garée dans le parking depuis ce jour-là. Personne n'a eut de nouvelles d'elle. »
Quinn sentit un frisson d'inquiétude parcourir son échine.
Elle avait remarqué son absence, mais elle en voulait tellement à la latina qu'elle avait réussi à chasser tous ces doutes de son esprits. Des doutes que Brittany lui jetait en pleine figure sans ménagement.
« Quinn ?
- Elle...Elle doit sûrement se cacher, balbutia la jeune fille. Oui voilà c'est ça. Elle a tellement honte d'être lesbienne qu'elle se cache dans les bras de ses parents.
- Tais-toi ! »
L'ordre claqua dans l'air avec tant de colère que pendant un instant, Quinn ne put que obéir. Jamais Brittany n'avait osé lui donner un tel ordre.
« Si je t'ai appelé, c'est parce que je suis sûre que tu te fais autant de soucis que moi à cet instant, poursuivit la danseuse d'une voix énervée. Santana a été ta meilleure amie. Elle aurait été à tes côtés si tu ne l'avais pas riddiculisé. Elle aurait pu t'épauler dans l'épreuve que tu traverses mais maintenant tu es toute seule par ta faute. Et tu l'as entrainé dans ta chute. Tu l'as repoussé lorsqu'elle a eu le plus besoin de toi. Elle comptait sur toi.
- Brittany je...
- Non ! Si tu tiens encore un peu à son amitié, alors retrouve-moi devant le lycée dans quinze minutes. A partir de là on pourra chercher Santana ensemble ! »
Et, avant même que Quinn n'ait pu lui répondre, Brittany raccrocha.
Trop de questions tournoyaient dans son esprit. Devait-elle raccrocher sa fierté et aider la danseuse à retrouver Santana ? Ou bien n'écouter que son amour propre et la faire sortir de sa vie une fois pour toute ?
La réponse s'imposa d'elle-même et c'est ce qui la poussa a s'empara de ses clés de voiture et à rejoindre le lycée un samedi matin.
Brittany était déjà là, assise à même le sol, son vélo traînant par terre. Lorsqu'elle entendit le moteur, elle se releva brusquement et s'approcha de la portière.
« Dieu merci tu es venu... »
Quinn remarqua ses yeux gonflés et rougis. Elle venait sans doute de pleurer. Mais la jeune fille n'avait pas envie d'éprouver de la pitié. Alors elle se contenta de mettre son masque impassible et de lui faire face, bras croisés.
« Est-ce que tu es certaine qu'elle a disparu ? Demanda-t-elle d'une voix froide. Car si tu me fais venir ici pour rien je t'assure que tu vas le regretter.
- J'en suis certaine, répondit Brittany. Deux semaines que personne ne l'a vu ! Personne ! Et elle ne répond pas à mes textos ni aux appels. J'ai dû lui en envoyez une bonne centaine.
- Peut-être que la vision de toi et de ton petit-ami vous embrassant à pleine bouche ne lui a pas plu, tout simplement. »
Brittany se figea et Quinn lut de l'inquiétude dans son regard. De l'inquiétude et de la culpabilité.
Et merde ! Elle avait beau être la reine des garces, cela ne lui donnait pas le droit d'accuser cette fille comme ça.
« Ecoute, reprit-elle plus doucement. Je sais que tu es la fille qu'elle embrassait sur la photo. Et je ne le dirais à personne. Je n'aurais pas dû dire ce que je viens de dire.
- Est-ce que...Est-ce que tu serais en train de t'excuser ? »
La réflexion choqua la jeune fille. Était-elle vraiment en train de s'excuser devant Brittany ?
Fichues hormones !
« Peut-importe. Tu as raison, nous devons retrouver Santana et je suis prête à t'aider. Après tout, elle était ma meilleure amie...
- Merci...souffla la danseuse, les yeux remplis de larmes. »
D'un commun accord, elles se mirent en route et se rendirent aux endroits où Quinn et Santana avaient l'habitude de se rendre. Le parc, le Breadsticks, le terrain de foot et même le centre commercial. Elles demandèrent aux gens, appelèrent les personnes susceptibles de l'avoir vu, mais aucun d'entre eux ne leur donna d'espoir.
Santana était introuvable.
Et la panique que ressentait Brittany commençait peu à peu à envahir Quinn.
Garée sur le côté de la route, elle leva les yeux vers sa compagne.
« Et maintenant ? Où va-t-on ? »
Brittany se tortilla sur son siège, mal à l'aise.
« Et bien...Peut-être que nous devrions nous...Nous rendre...
- Abrège Pierce, la coupa Quinn. Nous rendre où ?
- Chez ses parents. Mais je ne pense pas qu'ils sachent où elle se trouve depuis que son beau-père l'a mise à la rue. »
Quinn s'étrangla, jetant à Brittany un regard choqué.
Attend, ses parents l'ont mise dehors ?
La jeune fille hocha timidement la tête.
Santana ne lui avait jamais rien dis à ce sujet. Elle n'en avait jamais parlé, ne l'avait même pas évoqué.
Les doigts de Quinn se serrèrent sur le volant. Culpabilité, remord.
« Allons-y, dit-elle simplement en reprenant la route. »
Il ne leur fallu pas longtemps pour rejoindre l'immeuble et Quinn se gara rapidement.
Aucunes des filles n'avaient prononcé le moindre mot durant le trajet, et c'est dans ce même silence qu'elles toquèrent à la porte des Lopez.
Pour l'avoir vu de nombreuses fois, Quinn reconnut sans peine la mère de Santana. Le même teint mât, les mêmes cheveux noirs. Mais ses traits étaient tirés, plissés par l'inquiétude, et elle semblait malade.
« Quinn ? S'étonna-t-elle d'une voix faible. Qu'est-ce que tu fais là ?
- Excusez-moi de vous déranger mais...Auriez-vous vu Santana ? »
Pendant quelques secondes, la femme ne fit que les regarder l'une après l'autre.
« Non...finit-elle par avouer dans un souffle. »
Du coin de l'oeil, Quinn aperçut les poings serrés de Brittany et elle posa une main dans son dos pour l'apaiser. Elles avaient beau ne pas être amies, la jeune fille pouvait sans peine ressentir les émotions que la danseuse éprouvait à cet instant.
« Je ne l'ai pas vu depuis que...
- Depuis que votre mari l'a mise à la porte après l'avoir frappé, termina brutalement Brittany. Est-ce que vous vous êtes inquiété un instant de ce qui lui est arrivé après ça ? Est-ce que vous vous êtes posé la question de savoir comment elle allait ? »
La femme haussa les sourcils, surprise.
« Et vous êtes ?
- Brittany. Celle qui a receuilli Santana lorsque vous avez laisser faire votre mari.
- Ca suffit Brittany, intervint Quinn d'une voix dure.
- Non ça ne suffit pas ! Comment une mère peut-elle laisser partir son enfant sans même essayer de le retenir ? Comment vous avez-pu laisser un homme lever la main sur elle ? Vous devriez avoir honte !
- Brittany ! »
Fulminante de rage, la danseuse se retint pourtant de continuer et jeta un regard meurtrier à Quinn. Jamais encore elle ne l'avait vu dans un tel état de rage. Et ce fut à cet instant précis qu'elle se rendit compte de ce que Santana représentait pour elle.
« Je sais qu'elle est venu ici la semaine dernière, avoua la mère de la latina après de longues secondes de silence. J'étais au travail. Carlos m'a dis qu'elle était passée mais...Mais il ne voulait pas d'une fille dans son...genre...sous son toit. Je n'ai rien pu faire vous comprenez...Je n'étais pas là. »
Quinn avait été tellement stupide. Stupide de repousser Santana loin d'elle, stupide de ne jamais s'être vraiment intéresser à elle et à sa vie. La culpabilité grignotait son esprit, morceaux après morceaux, mais elle se força à ne pas se laisser aller, à ne pas écouter cette petite voix qui lui disait que tout était de sa faute.
« D'accord, remercia-t-elle poliment. Si jamais elle vous prévenait, appelez-nous. »
La femme hocha la tête et Quinn entraina Brittany dans son sillage.
« Euh...Brittany ? »
La danseuse se retourna. Dans ses yeux tournoyait toujours la même colère.
« Quand vous verrez Santana pourriez-vous...Pourriez-vous lui dire que je l'aime ? Comme...Comme elle est...
Vous n'aurez qu'à lui dire vous-même. »
POV Santana :
Le reflet du miroir était écœurant. Il lui vomissait une réalité insupportable à imaginer, inconcevable à accepter. Il lui soufflait le dégoût qu'elle ressentait pour elle-même, l'impuissance dont elle faisait preuve. La faiblesse qui l'animait depuis deux semaines. Depuis que tout McKinley avait découvert sa vraie nature, avait découvert qui elle était vraiment. Depuis que Brittany se promenait main dans la main avec Sébastian, avec ce voleur qui avait arraché le cœur et l'âme de Santana. Depuis que Blaine lui avait offert d'habiter chez elle.
Deux semaines.
Elle avait supplié son ami de ne révéler à personne où elle se trouvait.
Souffrir était préférable à penser.
Et Dieu qu'elle souffrait.
Chaque seconde se transformait en une éternité douloureuse, chaque minutes la perdait dans cet état second qu'elle ne quittait quasiment plus. Abandonnée, perdue. A choisir, elle aurait préféré morte.
Sa vie n'était plus qu'un échec. Tout avait basculé sans qu'elle n'arrive à y retenir, sans qu'elle ne parvienne à s'en échapper à temps. Le lycée entier la ridiculisait, ses anciennes amies ne voulaient plus d'elle. Quinn ne voulait plus d'elle.
Brittany ne voulait plus d'elle.
Deux semaines.
Une larme s'écrasa au sol, suivit d'une autre.
Depuis combien de temps Santana se tenait ainsi prostrée dans la chambre d'ami de Blaine aux murs aussi vides que son cœur ? Depuis combien de temps n'avait-elle mangé, n'avait-elle dormi ?
Il lui semblait une vie entière.
Deux semaines.
Blaine avait beau essayer de la réconforter, de veiller sur elle, Santana ne faisait que pleurer et haïr. Se haïr. Elle ne faisait que souffrir car c'était ce qu'elle avait accepté. Se battre était trop dur, trop insupportable. Cela lui demandait une force qu'elle n'avait plus en elle. Se détester était bien plus facile. Se mutiler était bien plus simple.
Oublier. Si seulement elle pouvait.
Revenir en arrière. Un souhait qui jamais ne saura exaucé.
Elle avait tout foutu en l'air. Elle s'était cru plus maligne que tout le monde, avait cru qu'elle pourrait jouer avec les sentiments de Brittany. Elle l'avait fais souffrir. À présent, Santana donnerait tout pour l'avoir auprès d'elle.
Deux semaines. Voilà depuis combien de temps elle n'était pas retournée au lycée, n'était presque pas sortie de sa chambre.
Tout le Glee Club avait cru en leur représentation ce soir-là sur la chanson de Kelly Clarkson. Même en elle, au fond de ce cœur brisé, une étincelle d'espoir avait brillé dans l'obscurité. Parce que tout le lycée n'avait pas prononcé un mot, parce qu'elle avait osé leur faire face sans trembler et parce que la main rassurante et chaude de Brittany glissée dans la sienne la rendait invincible. Sa présence à ses côtés, son corps près du sien, suffisaientt pour que Santana aille mieux.
Mais quand elle l'avait quitté pour rejoindre Sébastian, quand elle avait dû supporter seule les nouvelles tortures des élèves peu impressionnés, tout cet espoir s'était brutalement anéanti.
Alors Santana avait fui. Parce que c'était facile et qu'elle en avait l'habitude.
Elle avait perdu Brittany.
Pourquoi l'avouer était si simple et tellement douloureux ? Pourquoi cette constatation lui arrachait un torrent de larmes, la forçait à appuyer cette lame sur sa peau, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle finisse par s'endormir, le bras aussi abîmé que le cœur ?
Son portable abandonné par terre se mit à vibrer mais Santana ne lui accorda aucun regard. Elle savait très bien qui l'appelait sans cesse depuis deux semaines. Elle était consciente de l'inquiétude qu'elle lui imposait en l'ignorant ainsi, mais lui répondre, entendre sa voix crispée d'angoisse était trop difficile.
Il fallait qu'elle sorte de sa vie définitivement. Qu'elle ne soit plus un poids pour elle.
1 nouveau message vocal.
Santana serra les dents et rejeta la tête contre le mur, les yeux fermés.
Si seulement tout pouvait s'arrêter une bonne fois pour toute. Si elle pouvait avoir simplement le courage d'enfoncer cette lame un peu plus loin, un plus profondément...
Nouvel appel.
Nouveau rejet.
Elle passa une main sur son visage. Là où était parfaitement visible la fureur de Carlos lorsque le mot « lesbienne » était arrivé à ses oreilles. Là où s'étalait l'absence de sa mère, sa faiblesse face à cet homme.
Santana ne voulait plus affronter McKinley, ne voulait plus revoir Brittany. Et surtout pas dans cet état. La danseuse n'avait besoin de ce spectacle.
2 nouveaux messages vocaux.
- Laisse-moi tranquille Britt...
Une supplication qui n'était qu'un murmure.
Une voix trop cassée pour être audible.
Si seulement elle pouvait simplement la laisser, ne plus s'occuper d'elle...
- Santana !
La voix de Blaine lui fit rouvrir les yeux.
Le garçon se tenait figé devant elle et observait le sang couler de ses plaies.
- Bordel de merde, jura-t-il en se précipitant pour attraper une serviette. San, tu m'avais dis que tu ne le referais plus...
- Je suis désolée...
C'était vrai. Elle était désolée de lui montrer sa faiblesse. Désolée d'être un fantôme dans sa vie, de ne pas l'écouter lorsqu'il tentait de veiller sur elle.
Coupable, un nouveau torrent de larmes dégringola sur ses joues.
- Non ne pleure pas je t'en prie...
Baine l'attira contre lui et elle enfouit sa tête dans son cou, laissant s'exprimer la douleur qu'elle ressentait.
- Il faut que tu fasses quelque chose Santana, murmura-t-il en embrassant ses cheveux. Ça ne peut pas continuer. Tu ne peux pas continuer.
- Je sais, répondit la jeune fille d'une voix étouffée. J'ai beaucoup réfléchi et je crois que...Je crois que m'éloigner de tout ça me fera du bien. J'ai appelé ma tante à Chicago et elle serait d'accord pour m'héberger un moment. Le temps que tout ça se calme.
- Et le lycée ?
- Je pourrais suivre les cours dans un nouvel établissement. Et si c'est impossible alors je continuerai à étudier chez ma tante.
Santana savait, au regard que lui jeta son ami, que c'était une bonne et une mauvaise idée.
- Je comprend que tu veuilles t'éloigner, annonça-t-il. Et même si je ne l'approuve pas, je respecte ta décision. Sois simplement sûre de ton choix...
- Je suis sûre.
Non elle ne l'était pas.
Mais elle ne pouvait plus rester ici. Il fallait qu'elle sorte la tête de cet océan, qu'elle reprenne une bouffée d'oxygène. Santana devait réfléchir à tellement de choses, et elle ne pouvait pas le faire en restant à Lima. C'était impossible.
- Et...Et Brittany ?
La gorge de la jeune fille se serra.
- Tu comptes lui dire ?
Elle avait pensé à ne rien révéler. À quitter la ville sans l'avertir. Mais elle ne voulait pas fuir comme elle l'avait fais ce soir-là, alors qu'elles s'apprêtaient à faire l'amour. Elle lui devait des explications...
Lentement, Santana hocha la tête.
Blaine la serra plus encore contre lui.
- Je suis fier de toi San …
Il l'aida à se relever et chassa ses larmes du pouce.
Pendant toute la soirée, le garçon essaya de chasser les mauvaises pensées qui tournoyaient elle. Il avait soigné ses plaies et avait même réussi à la faire rire. Ce n'était qu'un pauvre sourire, comme celui qu'aurait un pantin sur lequel on aurait tiré trop fort les fils qui actionnaient sa bouche, mais Blaine s'en contenta et la prit dans ses bras.
Il savait. Il sentait très bien que les deux amis passaient leur dernier moment ensemble.
Ce fut sans doute pour ça qu'il l'attira contre lui après leur repas et montra d'un signe de tête la valise de Santana.
- Tout est prêt, murmura-t-il. Tu as un train pour Chicago dès demain matin...Je ne supporte plus de te voir dans cet état et si tu me dis que t'éloigner te fera aller mieux alors je suis prêt à t'emmener moi-même jusqu'à chez ta tante. Mais il faut que tu parles à Brittany...
- Je ne sais pas si j'aurais le courage...
- Tu l'auras. Tu lui dois ça.
Il avait raison.
- Je vais mettre ta valise dans le coffre, annonça le garçon en s'éloignant.
Santana le suivit au dehors et grimpa dans la voiture. C'était le soir ? Déjà ? Elle avait l'impression qu'elle venait juste de se lever.
Tendant les mains devant elle, elle tenta de contrôler le tremblement qui les agitaient mais rien n'y parvenait. Son corps frissonnait de peur rien qu'à l'idée d'affronter Brittany après deux semaines de silence. Elle était terrifiée par ce qu'elle pourrait lire dans son regard.
Comme s'il avait lu dans ses pensées, Blaine prit sa main dans la sienne et entrelaça leurs doigts. Il lui donnait un peu de son courage. Et Santana sentit une bouffée d'amitié l'envahir.
Jamais, lorsqu'il lui était rentré dedans, elle n'aurait pu imaginer tenir à lui comme à cet instant.
Après de longues minutes de trajet, la maison de Brittany fut enfin en vue et le ventre de la jeune fille se noua. Stress, peur, impatience...
Elle n'était plus très sûr de vouloir affronter la danseuse.
- Tu vas très bien t'en tirer, la rassura Blaine. Je serais juste là et j'attendrais que tu es terminée. Tout va bien se passer, d'accord ?
Elle tenta de sourire mais ne réussit qu'à grimacer.
Le cœur cognant avec violence, Santana ouvrit la portière et s'approcha du porche des Pierce. Et si Brittany n'était pas là ? Et si elle ne voulait pas la voir ? Et si...
Elle toqua prudement sur la porte et patienta ce qui lui sembla une éternité. Aucun bruit ne semblait émaner de l'intérieur de la maison.
Incertaine, elle se tourna vers Blaine et regarda son ami lui faire signe de recommencer, ce qu'elle fit avec plus d'assurance cette fois.
- J'arrive !
Brittany.
Sa voix. C'était elle qui allait lui ouvrir.
Santana entendit des pas précipités, un bruit sourd et imagina sans peine sa danseuse se prendre les pieds dans le tapis.
-Voilà voilà !
La porte s'ouvrit brusquement.
