Disclaimer : I don't own Bleach. The fact that I truly find Gin Ichimaru Husband-material is enough to tell people about my current mental state ! So don't sue me! You won't win ! I'm crazy anyway! Bleach ne m'appartient pas. Je suis toujours très pauvre. Inutile donc de me poursuivre en justice !

Merci à mes trois fidèles revieweuses ! Merci aussi à ceux qui continuent à suivre cette fic ! Pyjacks: Oui, c'est vrai que cela peut surprendre. Mais bon, il est en âge. Vu la direction que le manga prends je doute qu'on ait droit à plus que des allusions humoristique. C'est bien normal vu le public ciblé! Mais quand même, il n'a plus exactement quinze ans. J'aime aussi entretenir l'idée qu'Ichigo se débat plus avec son humanité qu'il ne l'a fait en endossant le rôle d'un Shinigami. Etre un shinigami. Etre un protecteur a semblé tellement naturelle pour lui. En moins d'un an, il sauve plusieurs fois le monde. La matière dans laquelle Ichigo est recalé le plus souvent c'est pour moi assumer d'être un ado normal justement. De plus, je voulais faire plaisir à Isshin. Adlaide: Non, tu as bien compris la structure un peu bancale de mon histoire. En fait, j'affectionne tant les personnages que je n'arrivais pas à me décider sur lesquels accentuer ma fic! Alors j'ai pensé à un arc complet où toutes les storylines se rejoindrait à un moment donnée. Mon projet était assez ambitieux au départ. Je ne sais pas si j'arriverais à vous tenir en haleine jusqu'au bout. Mais voilà, on est à peine au tiers de l'histoire. ^_^

BeN: On ne laisse pas un beau mec mourir c'est ma devise ! Je serais prête à attendre la fin penché au-dessus du corps de Brad Pitt -je veux dire d'Achille-. Je serais prête à rester dans l'eau à côté de Jack dans Titanic. C'est exactement ça! J'aurais tué plein de personnage, Chad, Uryuu, Momo, Hiyori... etc. J'aurais basé l'histoire sur ceux que tu as cité avec quelques personnages pour graviter autour. Remarque l'histoire peut rester centré sur Ichigo. C'est juste qu'il devrait écarter plus souvent les personnages qui ne servent vraiment à rien. Vraiment Chad? C'est la première fois que je me trouve devant un perso, je n'arrive à rien avec. ^^'

Oui, Mig décide qu'Ichigo Kurosaki devrait avoir une sexualité comme tous les adolescents. Je sais qu'il a fait une syncope en voyant Yoruichi mais c'était la première fois qu'il voyait une femme nue. Et je suis sûre qu'il ferait toujours une syncope en passant. C'est vrai à la fin il rentre bien chez lui alors que sa copine vit seule. Alone sans parents! Il a en plus les encouragements de papa. Pourtant, il ne se passe pas grand chose. C'est encore un fantasme pour lui. C'est tout nouveau. J'ai adoré exploré cette facette de lui. Ichigo est en train de devenir un homme. Je trouve ça important! Et puis bon pour un gars de presque 17 piges, il est juste sexy à souhait, non? On va pas me foutre en taule pour penser ça j'espère. ^_^'

Le père de Byakuya a l'air moins grave et austère. Il a un visage plutôt franc. Mais ils se ressemble beaucoup. C'est Byakuya avec un sourire quoi. Tiens, tu trouvera un dessin de kubo sur BleachWiki en tapant Google.

-14-

Brotherhood


Jūshirō Ukitake

Capitaine de la treizième division

Meilleur ami de Kyouraku Shunsui

Avant de s'endormir, il vaut mieux endormir ses pensées. Le problème c'est que vouloir endormir une pensée, c'est penser; et penser c'est s'éveiller.


Pour les malades et les agonisants, Ugendō était une sorte de paradis perdu au beau milieu du Seireitei, une sorte d'Oasis dissimulé par des murs très hauts adjacents aux quartiers de la treizième division. Le domaine n'était pas aussi vaste que le manoir des Kuchiki mais un ruisseau où nageaient d'authentiques carpes argentés traversait le jardin traditionnel impeccablement entretenu. Les oiseaux s'installaient sur les branches des sakura et autre abricotiers pour piailler harmonieusement en rythme avec le bruissement des feuilles dans le vent.

Très bien.

Ce n'était pas tout à fait vrai. Ça c'est la description idyllique qu'il en ferait, si les voix de Sentarou et Kiyone ne couvrait pas le piaillement délicat des moineaux. Il lui arrivait de penser qu'Ugendō était le pire endroit sur terre pour les malades, les agonisants, et les migraineux.

- C'est impossible. Le capitaine ne peut pas être dérangé...

Son troisième siège, Sentarou, informa le messager sur le pas de la terrasse de sa suite. Il le pressentait. Cette petite conversation allait vite dégénéré. Sentarou et Kiyone était généralement trop plein d'énergie et trop plein de bonnes intentions pour qu'il en soit autrement.

- C'est un message urgent provenant de la huitième division.

- C'est de la part du capitaine Kyouraku ?

- Ne faites pas de bruit, je vais le réveiller en douceur.

- Pourquoi tu serais celui qui réveille le capitaine ? Rien ne te désigne à cette tâche !

- Je sais faire preuve de sensibilité, de tact et de douceur !

- C'est stupide ! Si quelqu'un sais faire preuve de tact et de douceur, c'est bien moi ! Tu es un rustre !

- Tu es folle de crier aussi fort. Tu es incapable du moindre tact, encore moins de douceur...

- Je réveillerais le capitaine !

- Je réveillerais le capitaine !

Lassé de les entendre se disputer, Jūshirō ouvrit les portes Shoji d'un coup sec. Malheureusement, cet effort seul provoqua une quinte de toux violente qui le força à mettre un genou à terre. Il s'efforça de garder son calme. Il ne devait pas laisser sa fierté l'embarrasser plus que la maladie. Au bout d'une minute, qui lui sembla interminable, sa toux prit fin. Il essuya les coins de ses lèvres ensanglantés. Kiyone et Sentarou se prosternèrent à ses pieds en même temps, le visage inquiet. Il était certain qu'un jour leur attentions combinés allait lui coûter la vie plus que la maladie. Il raisonnait que c'était une plutôt bonne manière de partir en comparaison. S'il avait le choix, il partirait ainsi.

- Toutes mes excuses, Taicho ! J'ai bien dit à Sentarou/Kiyone que vous vous reposiez ! s'exclamèrent-ils en même temps. Cesse de me plagier ! Cesse de me plagier!

Il ne put empêcher un sourire de perler sur ses lèvres. On aurait pu croire ses deux-là sortie du ventre de la même mère.

- Sentarou, Kiyone, ce n'est pas grave. Je suis réveillé.

Ses traits noueux étaient accentués par la pâleur de son teint, et la blancheur de ses cheveux blancs. Les cernes sous les yeux témoignaient du peu de sommeil qu'il avait pu avoir depuis l'annonce de l'exécution de Gin. Il détestait ce châtiment. Il était de ceux qui croyaient fermement que la peine capitale ne devait être utilisée qu'en dernier ressort. Il n'avait pas l'impression qu'il avaient épuisé toutes leurs options avec Gin. Il soupira tristement. Ses deux « troisièmes sièges » s'écartèrent respectueusement de son chemin. Il les pria de se lever de la main et avança à la rencontre du messager toujours agenouillé sur les premières marches de la terrasse.

- Je viens avec un message du capitaine Kyouraku. Hier soir, le vice-capitaine Nanao Ise a été agressé.

- Comment ?

- Ses jours ne sont pas...

Il n'attendit pas la fin du message pour se mettre en route. En un shunpo, Jūshirō atterrit sur le toit du bâtiment central de la douzième division. Sentarou et Kiyone tentait de le suivre. Mais n'ayant pas devisé de plan, il préféra partir devant. Un autre bond, il coupa par la onzième division. Perché à la fenêtre du bureau de Kenpachi, Yachiru lui fit un signe de la main. Il le lui rendit avec un large sourire avant de disparaître à nouveau.

C'est essoufflé qu'il poussa la porte du bureau de Kyouraku moins de trois minutes plus tard. Il trouva le capitaine de la huitième division le nez dans la paperasse, signe évident que l'apocalypse était proche. Il fronça immédiatement les sourcils.

- C'est... c'est si grave ? Où est Unohana-san ?

Son ami leva la tête en poussant son chapeau de paille du bout de l'index.

- Ah non ! C'était une simple commotion. J'ai donné à Nanao-Chan sa journée. Elle est furieuse après moi et refuse de me parler.

Jūshirō fut à nouveau parcourut par une violente quinte de toux. Kyouraku se dirigea vers lui en deux enjambés et lui offrit son mouchoir. Il ne fit aucun commentaire en voyant le carré de soie teintée de rouge en quelques secondes.

- Yare, Yare, tu étais inquiet pour ton vieil ami. Cela me touche.

Jūshirō secoua la tête obstinément, le mouchoir couvrant sa bouche.

- J'étais inquiet pour Nanao-san. Je suis venu dès que j'ai su. Que s'est-il passé ?

- La petite s'est laissé surprendre par un intrus dans la salle des archives. Elle n'a pas pu donner son signalement.

Son inquiétude redoubla devant le peu d'information que Shunsui semblait en mesure de lui fournir. L'homme au sakkat se dirigea d'autorité vers la porte, son manteau fleuri flottant derrière lui. Jūshirō suivit sans un mot. Au fil du temps, il avait appris à ne pas questionner l'instinct de son ami. Shunsui ferait la même chose pour lui. C'était le bénéfice d'une amitié d'un millénaire. Plusieurs choses l'intriguaient déjà dans cette affaire. Nanao n'était pas exactement une demoiselle sans défense. Penser qu'un ennemi aurait pu surprendre et dominer le vice-capitaine !

- Nous parlons bien de Nanao-San. Elle est très observatrice et physionomiste habituellement.

Shunsui acquiesça avec l'ombre d'un sourire fier. Jūshirō sentit la proximité de Sentarou et Kiyone. Les troisièmes sièges suivaient à distance raisonnable le duo. Shunsui longea les terrasses extérieures de la division.

- Ça, ma Nanao ? Rien ne lui échappe. Tu faisais la sieste, Ju-chan ? Tu as mauvaise mine. Commenta le brun.

- Non, je m'ennuyais fermement. Le Seireitei a été vraiment tranquille ces dernières semaines. Je commençais à me demander quand le ciel nous tomberait à nouveau sur la tête. Dit Jūshirō, pince-sans-rire.

- J'étais aussi impatient que toi, mon ami ! ajouta Shunsui sur un ton sarcastique. J'ai alerté Yama-jii. Une note d'avertissement circule en ce moment même. Tous les officiers sont priés de reporter toute activité anormale. Mais, ce n'est peut-être qu'un incident isolé et mineur. Tes amis comptent nous suivre ?

Jūshirō fit signe à Kiyone et Sentarou de rester en arrière. Shunsui agita son chapeau dans leur direction.

- Ne vous inquiétez pas ! Je prendrais bien soin de Ju-chan.

Sur ses mots, il agrippa Jūshirō par le col de son haori et disparu avec lui dans les airs. Pendant qu'ils survolaient tous les deux les toits du Seireitei, où plutôt pendant que Shunsui le traînait derrière lui, Jūshirō fronça les sourcils, grimaçant, les bras croisés.

- Tu fais la tête ?

- Je déteste quand tu fais ça !

- C'est le moyen de voyager le plus amusant que je connaisse.

- Ce serait dix fois plus simple si tu m'avais expliqué où nous allions. J'ai des pieds.

- Mais ce serait dix fois moins amusant, Ju-chan. Je suis en faveur profiter de la vie tant qu'il est encore temps. On ne rajeunit pas.

Rien ne pouvait contrer un si bon argument. Jūshirō se contenta donc d'apprécier la balade.

- Je suis sûr que tu as mûrement pensé ta stratégie mais nous devrions sans doute prendre le temps de recenser tous les ouvrages de la salle d'archive pour savoir ce...

- J'ai déjà mis tous les officiers dessus.

- Je vois, tu as vraiment eu le temps de murir ta colère. Tu fais preuve de beaucoup de sagesse.

C'est le moment que Kyoraku choisit pour sauter sur les toits des tours des quatre vents. Jūshirō gigota un moment pendant leur chute libre, craignant un atterrissage brutal.

Kyouraku retrouva la terre ferme agilement avant de recommencer à courir.

- Je suis un pacifique, tu me connais.

- Celui qui a touché Nanao-chan l'autre soir ? demanda Jūshirō en écartant une mèche de cheveux blancs devant ses yeux.

- Lui, c'est un malchanceux.

- J'ai du mal à croire aux coïncidences, Shunsui.

- Quelques choses se trament et comme d'habitude, il ne reste plus qu'aux deux plus valeureux et séduisants capitaines du Gotei 13 de découvrir quoi.

Il sauta à nouveau sans prévenir et cette fois lâcha prise. Bien que surpris, Jūshirō retomba après une pirouette acrobatique sur la passerelle connectant la tour de la Pénitence avec les autres tours. Il marqua une pause, la main sur le cœur, le temps de reprendre son souffle. Ces acrobaties n'étaient définitivement plus de son âge. Shunsui passa un bras autour de son cou avec un ricanement.

- Oh quelle coïncidence ! Nous nous trouvons près de chez Gin ! Regarde, il y a de la lumière !

Les bras croisés contre sa poitrine, Jūshirō secoua la tête en signe de désapprobation.

- Shunsui, le capitaine-général a formellement interdit d'interférer avec l'exécution de Gin. Il a retiré tous les droits de visites. Seul Soifon et Hitsugaya sont autorisé à le voir et sous condition.

- Qui parle d'interférer ? Nous ne faisons que passer parce qu'il y a de la lumière !

- Soifon...

- Soifon est une rabat-joie.

- J'allais juste dire que j'ai appris par le plus grand des hasards que Soifon-Taicho est parti en mission dans le monde des vivants ce matin.

- Oh ! Je vois que tu as pris le temps de t'interroger sur la question.

- Vaguement.

- Tu avais prévu de le voir quand, Ju-chan ?

Le capitaine de la 13ème division haussa les épaules.

- Juste après ma sieste.

Un papillon de l'enfer virevolta devant eux. Shunsui tendit la main et l'insecte se posa sur le bout de son index. Le papillon délivra le message.

« Kurosaki Ichigo vient de reporter la disparition d'Orihime Inoue. Compte tenu des récents évènements, tous les capitaines des divisions sont convoqués à une réunion d'urgence en fin de journée. »

- On ne peut nier qu'il y a un air de déjà vu, Ju-chan.

Il libéra le Jigokuchō. Jūshirō soupira tristement. Ces jours de repos étaient comptés.

- Il faut tirer cette affaire au clair.

Obliger les gardes à leur ouvrir la porte ne s'était pas révélé une tâche insurmontable. Cela avait simplement demandé beaucoup de négociation et de diplomatie de sa part et un brin de duplicité et de sournoiserie de la part de Shunsui. Il avait donc obtenu un laissez-passer d'un quart d'heure.

En entrant, il chercha immédiatement à se connecter au reiatsu du prisonnier. Shunsui, à ses côtés, garda la main sur son zanpakutō, tout aussi concentré que lui vers la source de reiatsu. Jūshirō baissa la tête vers le plancher en Sekkiseki uniformément gris. Le sol était couvert de débris de bois devant l'entrée. Le sifflement du vent à travers les meurtrières meubla le silence.

- Ce n'est pas vraiment très gai. Commenta Shunsui.

Gin était au centre de la pièce, en poirier, en équilibre sur une main. Ses yeux étaient clos comme à l'accoutumé, et le sourire sur son visage était moins affirmé. Il n'eut aucune réaction à leur présence. Jūshirō fronça les sourcils.

- Enkeikuroryū. Dit-il.

- C'est… impossible. Son zanpakutō est scellé dans le coffre de la seconde division. Il n'est pas sensé...

- Et pourtant...

Après des semaines de captivités dans la cellule principale du Senzaikyū, Gin aurait dû être incapable de marcher correctement. Il aurait dû encore moins pouvoir utiliser une telle technique. L'Enkeikuroryū était un moyen que les anciens utilisaient afin de concentrer leur reiatsu de manière circulaire au sein de leur âme afin de bloquer pendant un temps la perte d'énergie. L'afflux de sang au cerveau permettait une désorientation. Bloquer le reiatsu demandait énormément d'énergie comme on pouvait l'imaginer. Bloquer ainsi son reiatsu dans une pièce entourée de sekkiseki... C'était utopique. Au bout de quelques minutes ou de quelques heures selon les cas, -Sachant que certaines transes pouvaient durer des jours - il était possible de communiquer sur un différent plan avec son zanpakutō en cas de séparation ou de perte. Il ne l'avait jamais vu pratiquer. Cette technique demandait non seulement énormément de maîtrise mais elle demandait surtout énormément de pression spirituelle. C'était remarquable ! Remarquable et terriblement effrayant ! Si le port de menottes spéciales n'avait pas été suffisant, les murs même de Sekkiseki aurait dû rendre Gin incapable de tenter une pareille folie.

- N'ai pas l'air si surprise, Ukitake-san ? Ce n'était qu'un essai ? On a le droit de rêver ! Il n'y a rien d'autre à faires dans ce lieu de perdition ! Annonça Gin en effectuant un saut périlleux en arrière.

Il observa les deux capitaines derrière la frange inégale de ses cheveux gris.

- J'ai bien peur que Shinsō ne soit trop loin pour m'entendre. Le sekkiseki commence à faire effet. Je crois que j'ai un début de migraine.

Il pencha la tête sur les côtés avec un nouveau soupir. Jūshirō ne put s'empêcher de tourner la tête vers son camarade. Shunsui était encore plus perplexe. Gin leur tourna le dos dévoilant une carte de géographie complète où des cicatrises sinueuses faisait office de bas-relief.

- Shunsui, cela faisait longtemps ? Comment va Nanao-Chan ?

Jūshirō posa une main sur Shunsui avant que ce dernier n'ait le temps de bouger. Shunsui lâcha la garde de son Zanpakutō. Gin fronça les sourcils, véritablement interpellé.

- Qu'y a-t-il ? demanda-il, les yeux plissés. Son sourire narquois disparut.

- C'est à toi de nous le dire, Gin. Nous sommes venus chercher des réponses. Expliqua Jūshirō.


Gin Ichimaru

Ancien Capitaine de la troisième division du Gotei 13

Ancien commandant de l'armée d'arrancar d'Aizen Sousuke.

Amant de Matsumoto Rangiku

Pour ce suppôt de Satan, shinigami rebelle, et pur produit d'Inuzuri, Rukongai, c'était un jour comme un autre, il s'annonçait même ensoleillé.


Noir.

Une simple goutte d'eau dilua une flaque de sang carmin sur le carrelage de marbre. Il se laissa hypnotisé quelques minutes par les ridules ondulant à la surface de l'étendu d'eau. Au loin, deux hommes se battaient sur la colline autour d'un bout de pain. À sa droite, un autre homme en enterrait un autre.

Ploc !

Une nouvelle goutte dilua le sang coagulée.

Gin était pleinement conscient que naviguer dans son esprit non armé était l'idée la plus intrépide qu'il n'ait eut jusque-là. Mais après avoir trahi le Gotei 13, il assumait pleinement le solécisme de ses propres idées. En quelques secondes, l'étendu d'eau disparut devant lui. Il était à nouveau sur la terre ferme.

Une brise balaya ses cheveux sur son visage. Les mains derrière le dos, il baissa la tête pour fixer le sol aride. Un katana frôla l'arrière de son crâne. Hum...

- Crève !

Il se contenta de sourire à la femme sans visage devant lui. Le vent souffla dans son yukata blanc. Sa longue crinière argentée souffla sur son visage. Elle resta debout devant lui, sans yeux, sans nez, sans bouche, sans rien pour la distinguer de ses autres cauchemars. Le katana trembla dans sa main.

- Pourquoi ne meurs tu pas ! Je n'ai jamais voulu de toi !

Gin baissa la tête vers sa main. Il ferma les yeux et en les rouvrant, il trouva un rose d'Inde orangé, un symbole parmi tant d'autre de ses années passés dans la troisième division. Pendant un temps indéfini, le vent siffla dans la vallée aride. Il tendit la main pour offrir la rose d'Inde à la femme sans visage.

- Je n'en veux pas. Ta mort, offre-la moi !

Gin fronça le masque d'argile qui lui servait de visage la plupart du temps.

- Pas tout de suite ! Pourquoi tant d'empressement ?

En quelques secondes, le paysage changea.

- Tanpis, c'est une très jolie fleur.

Il était debout dans un champ de roses d'inde et le soleil réchauffait sa peau. Peu de gens savait qu'Ichimaru Gin avait les mains vertes. Il pouvait faire pousser des fleurs avec la même efficacité qu'il tranchait des gorges. La femme sans visage continua à s'obstiner et pointa son cœur avec la lame de son zanpakutō.

- Espèce de bâtard ! Pourquoi tu ne me laisses pas tranquille ! Tu es bien comme lui ! Je n'en peux plus de cet endroit ! Je veux partir ! Laisse-moi, partir ! Je t'en prie !

Quelque chose de froid et d'écailleux effleura sa cheville. Une gigantesque queue d'Anaconda s'enroula autour de lui sans qu'il puisse en voir la fin, ses anneaux frétillèrent dans l'air. Le serpent à tête de Cobra géant montra ses crochets. Gin continua de sourire.

- Pourquoi refuses-tu de mettre fin à la misérable existence de cette femme ? Lui demanda la Manifestation de son zanpakutō.

- Je l'aime bien. Dit-il avec un ricanement. Je suis un brin sentimental.

Il avait à peine dit ses mots que le katana de la femme sans visage perça sa chair. Les roses d'inde prirent une douce teinte rougeâtre. Elle poussa le Katana à nouveau dans son cœur.

- Je devrais t'ôter le cœur ! Hurla-t-elle.

Shinsō rugit. Sa queue se vautra dans la flaque de sang au pied de Gin.

- Tu peux toujours essayer, onna, le maître n'en a pas. Annonça Shinsō en s'approchant d'elle, sa gueule grande ouverte. Et moi, non plus, conclut-il en l'avalant d'une traite.

Le sourire de Gin s'accentua. Il était à nouveau debout dans un désert au milieu de dunes de sable éclairé par une demi-lune. C'était un endroit reposant pour ses démons intérieurs.

- Si quelqu'un a un droit de regard sur la pathétique et minable existence du maître cela devrait... être...

- Moi !

Gin tourna la tête vers une réplique de lui-même aux cheveux long argentés et au teint ivoire. Son regard sans pupille lui rappelait Tōsen. Symboliquement parlant, il ne savait pas pourquoi son alter-ego possédait un tel handicap. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait une belle gueule avec ou sans pupilles. Cela faisait-il de lui un narcissique ? Ginsou planta le Shikai de son zanpakutō dans le sol sablonneux pour s'appuyer dessus, avec nonchalance.

- La vieille folle s'est barrée ? demanda Ginsou.

- J'ai eu une petite faim ! susurra Shinsō en glissant sur le sable de toute sa longueur.

- Qu'est-ce que tu veux, p'tit ? demanda la Réplique en désignant Gin.

- Il veut la voir ! répondit à sa place Shinsō avec une grimace de dégoût.

- Qui ? Haineko ? Cette garce ne nous laissera pas entrer !

- Mais c'est possible n'est-ce pas ? demanda Gin.

De manière illogique, les dunes se déplacèrent sans l'aide du vent et son univers effectua une révolution à 360 ° autour de lui. Il pivota alors pour faire face à Ginsou. Il préférait ne jamais tourner le dos à son hybride hollow s'il pouvait l'éviter. Il se demandait encore pourquoi il avait accepté qu'Aizen expérimente sur lui avec l' Hōgyoku. Kaname avait accepté avec tant d'empressement. Cela aurait paru suspicieux de refuser. Il aurait fallu avouer que l'idée même d'avoir un hollow en lui le dégoutait autant que l'idée que la femme sans visage puisse être sa mère. Mais bon, vu qu'il n'avait pas confirmation de ce dernier fait. Les fantômes apparaissaient et disparaissaient régulièrement dans ses cauchemars. Il se contentait de régner en bon souverain sur ce petit monde et évitait de se poser des questions. Quoi qu'en dise Aizen, il croyait fermement, qu'il y avait une frontière. Il y avait une limite de connaissance que son cerveau pouvait enregistrer. Il y avait une limite à son reiatsu. Même si dans les deux cas, ces limites était placé sous la ligne d'horizon. Elle existait. Plus que pour prouver sa loyauté, c'était l'idée de pouvoir repousser ces limites un peu plus loin qui l'avait séduite. Sérieusement, comment dire non à ça ? Repousser ses limites, c'était se rapprocher d'Aizen qui n'en connaissait aucune. C'était le garder à portée de main. C'était nécessaire. Néanmoins, il était soulagé que le besoin d'utiliser les pouvoirs de Ginsou ne se soit jamais fait sentir.

Ginsou baissa la tête.

Il s'était aussi toujours assurer que tous se rappelle qui dirige quoi ici. Il n'y avait qu'un seul maître. C'était lui. Sans une chaîne de commandement clairement définie, une organisation mourra en quelques temps. Yamamoto-Sotaicho lui avait appris ça.

Shinsō, lui, siffla à nouveau avant de disparaitre dans les confins d'une dune de sable blanc avant de réapparaitre derrière lui, sa gueule à quelques centimètres de son oreille.

- Pourquoi irais-tu voir cette salope ?

Shinsō prit bien soin de prolonger ses « s » pour appuyer son point de vue. Il détestait Haineko avec une passion renouvelée chaque jour. Son vœu le plus chère serait d'assister aux funérailles de Rangiku Matsumoto, serait-il exaucé avant que Gin passe l'arme à gauche. Rien n'était moins sûr. Mais il continuait d'espérer.

- Je n'aime pas le ton que tu emploies, Shinsō. Avertit Gin toujours tout sourire.

Le Serpent bondit dans les airs, formant pendant un cours instant un arc parfait au-dessus de sa tête avant d'atterrir dans le sable. Ginsou éclata de rire et leva les bras en signe d'apaisement.

- On se calme, voyons. Je suis sûre que Shinsō ne le pensait pas. Ran-chan est spéciale, voyons.

Gin n'appréciait pas du tout la manière avec laquelle Ginsou avait prononcé le mot « spéciale ». Mais il resta silencieux. Shinsō refit surface.

- Hum... Quand un shinigami et son zanpakutō sont blessé très grièvement au même moment, il arrive que son zanpakutō veille sur son âme. Le shinigami rentre alors en stase. Ce processus se nomme Kanzensaisei, « régénération absolu ». Tous les zanpakutō ne démontrent pas une telle habilitée. Ceci est réservé aux shinigami avec un énorme potentiel, un shinigami qui a achevé Bankai par exemple. Kanzensaisei peut prendre différente formes.

- C'est donc possible. Conclut Gin. C'est possible qu'elle ne soit pas dans un simple coma. J'ai vu son zanpakutō bouger quand je lui parlais. Manifestement, Haineko est consciente pour deux.

Ginsou pointa le nodachi sur les côtés. Il s'allongea à l'infini.

- Enkeikuroryū. La voie circulaire n'a pas été créée dans cette optique. Appelle-moi plutôt et je viendrais à toi. On se débarrassera des gardes.

- C'est possible, Shinsō? Insista Gin.

Shinsō s'immobilisa et posa sa large tête sur celle de son partenaire et maître.

- Si le destin de Rangiku était lié ainsi à celui de son zanpakutō, ce ne serait pas une bonne nouvelle. Cela voudrait dire que leur séparation physique pourrait entrainer sa mort en quelques heures. Il est impossible qu'un autre shinigami interfère.

Gin hocha la tête en souriant.

- J'ai compris, Shinsō-san. C'est très clair maintenant.

- Pftt, tu vas encore faire un truc stupide ! Grogna Ginsou en pointant son arme vers lui. Gin, tu es en train d'épuiser un sacré paquet d'énergie pour rien. Nous pourrions fuir. Nous pourrions même combattre. Nous pourrions en descendre un paquet !

Gin arrêta l'allongement du nodachi d'une main. Shinsō siffla.

- Tête de Renard a raison ! Tu n'as aucune chance. Si tu veux tenter une hérésie...

Gin pivota à nouveau.

- Vous êtes sur mon chemin. Dit-il simplement.

Ginsou se pencha en avant, l'air interloqué. Gin grimpa rapidement au sommet d'une dune.

- Je n'ai pas toute la journée ! Lança-t-il aux deux autres avec un ricanement.

Les deux se matérialisèrent à ses côtés.

- Tout ça pourquoi au juste ! Tu ne la verras plus jamais. Ok, c'est un sacré coup ! Mais bon dieu, on a bien vécu sans elle ! Tu n'as pas compris que vous deux, c'était mort !

- Hum ! Je me fiche de cette femme ! Elle est déjà morte ! Rends-toi service, maître ! Si tu tiens absolument à la rejoindre, accélère le processus et pends-toi ! Renchérit Shinsō. C'est exactement comme si tu voulais te suicider !

Gin fixa l'horizon.

- Il croit que l'on ment ? J'y crois pas ! Il croit que l'on ment ? s'indigna Ginsou. Après tout ce qu'on a fait pour toi ? Pour qui tu te prends ?

Gin évalua la distance. Il y avait une limite dans tout. Si son univers avait une frontière, qu'il y avait-il au-delà ? Ce serait amusant à découvrir.

- Je ne crois pas que vous mentez. Je sais que vous mentez. Je me mentirais bien dans une telle situation.

- C'est impossible de lui parler dans ces conditions ! Siffla Shinsō frustré. J'ai envie de tuer quelques choses ! N'importe quoi fera l'affaire !

- Tu n'arriveras jamais à atteindre Haineko non plus. Tu es trop faible ! s'écria Ginsou.

- Donne-moi le zanpakutō, je vais te montrer !

- Tu es fou ! Tu as perdu l'esprit Gin! Parle-lui Shinsō ! Fais-lui entendre raison ! Tu as à peine assez de reiatsu pour te maintenir ici. C'est une chance que tu arrives à rester ici.

- Donne-moi mon zanpakutō !

- Cette pute d'Haineko ne te laissera jamais voir Rangiku.

En un instant Gin était face à lui. Il ouvrit les yeux. Les deux hommes se jaugèrent un temps indéfini. Le paysage changea encore pour laisser place au néant. Un gouffre noir de pensée... Des miroirs de ci et là comme les pages d'un album photo, Gin offrant à Rangiku des kakis séchés... Gin voyant Aizen pour la première fois dissimulé dans un fourrée... Gin face à Shinsō pour la première fois... Gin torturant son hollow avec un sourire... Gin faisant face à Ichigo à Karakura...

- C'est insensé ! Tu veux crever ! C'est ce que tu veux ? Tu vas mourir ! Nous allons tous les deux mourir.

- Je ne pourrais pas vous protéger une fois là-bas. Ajouta Shinsō avec indifférence. Je m'en moque.

Gin ouvrit les yeux et fit disparaitre son sourire. Ginsou recula lentement et s'écarta. Il lui tendit le wakisashi en secouant la tête. Entre les doigts de Gin, le sabre s'allongea à nouveau. Il se mit en position et ferma les yeux. Un cercle d'énergie blanchâtre se dessina sous ses pieds.

- Rien n'est dit que tu la trouveras... Tu peux te retrouver connecté avec n'importe quel zanpakutō dont tu as été proche. Kyouka Suigetsu, par exemple.

Le cercle d'énergie s'élargît et toutes les cellules de son corps entrèrent en ébullition, trépidant d'impatience. Il avait juste besoin de savoir qu'elle allait bien. Il n'avait même pas besoin de lui parler juste de l'entrevoir...Il suffisait qu'il se concentre... Le cercle prit de l'ampleur craquelant et brisant certain souvenirs au passage. Une migraine vrilla ses tempes. Il pointa Shinsō devant lui et guida son nodachi. Le serpent vint s'enrouler autour de son bras et de son corps. Une mare de sang se forma à ses pieds. Il résista la force qui voulait faire plier Shinsō.

- Transperce-le néant, Shinsō. Fais le pour ton maître.

À une exception près, Gin était le genre de Shinigami à obtenir ce qu'il voulait. Le serpent se contracta autour de lui, broyant ses côtes. Il persista...Jusqu'à voir littéralement le bout du tunnel...

Gin ?

Elle...

C'est toi ?

Sa voix... Elle... Elle lui coupa le souffle.

Tu es en vie ? Gin, comment ? Comment es-tu arrivé jusqu'ici ? Gin, parle-moi ! Tu saignes... Oh non, tu saignes...

Où ? Il écarquilla les yeux, sa vue brouillé par les larmes de sang. Il n'y avait que le néant devant lui. Il saignait. Où ? Peut-être ? Partout ? Il n'y avait pas un seul orifice épargné par le déluge de sang. Où était-elle ?

Haineko ! Arrête ! Gin, parles-moi ! Je t'en prie. Haineko !

Il ne pouvait pas parler. Était-ce parce qu'il ne trouvait pas les mots... Était-ce parce que Shinsō le serrait si fort qu'il n'arrivait pratiquement pas à respirer... Était-ce parce qu'il était en train de mourir ?

Je suis... Ran... Rangiku ?

Gin !

Il perdait du terrain.

Reviens ! Gin, ne pars pas ! Je t'en prie ! Reste avec moi !

Ne pleure pas Ran-chan ! Aurait-il voulu lui dire. Mais rien ne sortit... Il perdait le contrôle...

Ne me laisse pas encore une fois ! Gin ! Gin Ichimaru, ne vois-tu pas comme je t'aime ! Ne me laisses-pas !

Le changement de reiatsu dans l'air fut brutal. Deux Reiryoku étrangers entrèrent dans la cellule perturbant l'équilibre fragile des énergies.

Il tomba. Les cris de Rangiku résonnaient dans sa tête... Jusqu'à ce que... Il fut submergé par le flot de ses propres pensées et se débattit quelques minutes dans le liquide noir.

- Ce n'est pas vraiment très gai par ici. Mais qu'est-ce qu'il fait ?

- Enkeikuroryū.

- C'est… impossible. Son zanpakutō est scellé dans le coffre de la seconde division. Il n'est pas sensé...

- Et pourtant...

Il ouvrit les yeux, haletant. Avec un effort, il fit un saut périlleux en arrière. Pendant une minute entière, il concentra son énergie vers le sol afin de se maintenir debout.

- N'ai pas l'air si surpris, Ukitake-san ? Ce n'était qu'un essai ! Mais j'ai bien peur de ne pas être assez fort ! On a le droit de rêver ! Il n'y a rien d'autre à faire dans ce lieu de perdition !

Il observa les deux capitaines derrière la frange inégale de ses cheveux gris.

- J'ai bien peur que Shinsō ne soit trop loin pour m'entendre. Le Sekkiseki et ses effets. Je crois que j'ai un début de migraine.

Il pencha la tête sur les côtés avec un nouveau soupir et plissa ses lèvres dans un sourire. Il vit les deux plus anciens capitaines du Gotei échanger des regards perplexes. Gin leur tourna le dos, son buste nu face au vent. En vérité, il n'y avait pas une partie de son corps épargné par la douleur. Il avait été à deux doigts de toucher son but. Il regarda la position du soleil. Seules quelques heures s'étaient écoulées. Enkeikuroryū. Il essuya furtivement le filet de sang qui s'écoulait de ses narines. Et tant qu'à faire, il essuya ses oreilles aussi. Hum. Il n'était pas passé loin. C'était vachement plus compliqué que la brochure le laissait paraitre.

- Shunsui-san, cela faisait longtemps ? Comment va Nanao-chan ? demanda-t-il pour meubler le silence.

Il jeta un bref regard en arrière. La main sur son zanpakutō, Shunsui sembla sur le point de le décapiter. Hum ! Ce n'était pas la réaction auquel Gin s'était attendu. Il fronça les sourcils. Quelle autre forfaiture allait-il lui mettre sur le dos cette semaine ? Il plissa les yeux. Qu'est-ce qu'un pauvre mec sans reiatsu devait faire dans ses conditions ? Il laissa éclore un sourire encore plus large sur son visage. Jūshirō posa subitement une main sur l'épaule du capitaine de la huitième division. Cela eut le mérite de capter son attention. Shunsui n'avait jamais été son plus grand fan mais il n'avait jamais rien fait pour provoquer le courroux de l'homme au Sakkat. Ce dernier avait de l'humour d'habitude.

- Qu'y a-t-il ? demanda-il, ses yeux toujours inaccessibles.

- C'est à toi de nous le dire, Gin. Nous sommes venus chercher des réponses. Expliqua Jūshirō.

Il pencha sa tête sur le côté. Ses cheveux qui n'avaient pas été taillés depuis plusieurs mois lui rentrèrent dans les yeux. Les yeux fermés, il pouvait encore plus sentir le sol se dérober sous ses pieds. Il fit un nouveau pas en avant. Le voyant chanceler, Jūshirō s'approcha immédiatement pour lui venir en aide. Mais Shunsui le retint. Le danger était trop réel pour se permettre de baisser leur garde. Gin s'appuya contre le mur.

- C'est une technique très difficile et dangereuse que l'Enkeikuroryū. Tu as de la chance d'être encore en vie.

Gin secoua la tête avec nonchalance. Quand bien même il venait à mourir plus tôt que prévu, il était condamné à mourir de toute manière.

- J'ai dit quelques choses qui ne fallait pas ?

- Nanao a été agressé hier soir. Tu as une idée sur la question ? demanda Shunsui.

Gin réprima un ricanement. Le bracelet absorba une autre lampée gourmande de reiatsu dans son circuit. La douleur vint se localiser sous son arcade sourcilière. Rester debout monopolisait toute l'énergie qui lui restait.

- Je vois.

- Tu vois ?

- Je ne voulais pas mais c'était plus fort que moi. Nanao-chan a toujours eu une place spéciale dans mon cœur.

Jūshirō et Shunsui échangèrent un nouveau regard. Shunsui lâcha la garde de son zanpakutō et éclata de rire. Gin continua sur le même air badin.

- Cela s'est passé hier soir ? À moins que vous ayez la mémoire courte, je n'ai pas le pouvoir de traverser les murs.

- Mais tu peux entrer en contact avec ton zanpakutō malgré les pierres de Sekkiseki.

Il essuya encore son nez furtivement.

- C'était un bon moyen de brûler du reiatsu. En plus comme je l'ai dit j'ai échoué. C'est impossible.

- Ton pouvoir spirituel a toujours été hors norme. Tu as terminé l'académie en un an. Tu restes un prodige.

- Oui ! Personne n'a jamais pu égaler ce record. Renchérit Shunsui.

- Arrêtez ! Arrêtez ! Vous me flattez ! Ce n'est très pas très gentil de vous moquer de moi ! Je ne suis pas un prodige, ni un passe-murailles.

Gin réprima avec succès un grognement. Il était à deux doigts de vomir ses tripes sur le sol. Ce n'était pas le meilleur moment pour une visite de courtoisie.

- Nous venons aussi d'apprendre qu'Orihime Inoue vient d'être enlevé à son domicile. Crois-tu que ce soit une coïncidence ?

Gin haussa les épaules et essuya à nouveau ses narines dans un chiffon.

- Je ne me pose pas la question. Je vais être exécuté dans quelques jours. Je me contente de me demander ce que je vais porter ce jour-là.

- Gin...

- On peut toujours l'imaginer. Il se passe des tas de choses étranges par ici les nuits de pleine lune. Que sais-je ? J'ai dit tout ce que je savais à Soifon.

Étrangement, Jūshirō fut celui qui perdit patience le plus vite.

- Il suffit Gin ! Il ne s'agit pas d'un jeu ! Des vies innocentes sont en jeu ! Aizen avait-il un plan B ? Une stratégie de secours au cas où sa fusion avec l'Hōgyoku n'aurait pas fonctionné !

- Je n'en sais rien.

- Je n'en crois pas un mot !

Il ouvrit ses yeux bleus glacier. Il avait rarement vu Jūshirō s'emporter.

- Vous partez toujours du principe qu'il me faisait confiance !

- C'est toi qu'ils veulent peut-être ? s'enquit Shunsui.

- Cela m'étonnerait fort. Je n'ai pas que des fans.

- Nous avons besoin d'une réponse franche.

- Ce n'est pas impossible.

- Et ce plan...

- J'ai l'air altruiste comme ça. Mais je vous assure que je me fiche de ce qui peut bien tous vous arriver.

- Ta mort n'avait rien d'inévitable ! Tu parles comme si tes actions auraient mérité une récompense ! Pourquoi tiens-tu tant à gâcher ta mort après avoir gaspiller ta vie ? N'as-tu pas d'honneur ? La mort est un important passage et si tu ne peux faire ce qu'il faut pour l'accepter et pour gérer, tu ne trouveras jamais la paix.

Jūshirō perdait à nouveau son sang-froid et ce n'était pas bon pour sa santé, pensa Shunsui. Il intervint donc avec un soupir.

- Yare, Yare, j'ai toujours pensé que tu étais un mauvais menteur, Gin. Mais là, ta mauvaise foi va loin. C'est son monde. Le monde de la femme que tu aimes. Un homme se sacrifie pour le bonheur de femme qu'il aime, n'est-ce pas ? Je suis presque sûr que tu ne tentais pas d'atteindre ton zanpakutō mais le sien, sachant que c'est impossible.

Gin déglutit avec peine.

- J'ai vu juste ? Un homme ne laisse pas celle qu'il aime réparer ses erreurs, Gin. Il fait tout pour qu'elle ne le haïsse pas. La Soul Society. C'est le monde que tu avais choisi de défendre au péril de ta vie face à Aizen. Alors, je sais que tu t'en soucies.

Gin laissa éclore un nouveau sourire dérangeant.

- Tu penses que j'ai fait ça par amour ?

Il secoua la tête mais ce faisant, sa migraine redoubla au point qu'ouvrir les yeux n'étaient plus une option.

- Ce n'est pas une croyance. Je sais que tu as fait ça par amour.

Pourquoi avait-il fait ça déjà ? Gin n'arrivait plus à se concentrer.

- Tu as une chance de choisir le droit chemin. Tu as une chance de faire ce qui est bien pour elle, Gin. Continua Jūshirō. Tu sais ce qui arrivera si Aizen retrouve la liberté.

Gin déglutit encore.

- Il y a bien une personne qui a reçu des instructions complémentaire. C'est le seul à qui il confiait directement des missions sans passer par Kaname ou moi-même. Il est mort. Pulvérisé par un substitut shinigami en rogne.

- Qui ?

- Ulquiorra Schiffer ? C'est ça ? C'était dans le debrief de Byakuya.

Il acquiesça faiblement en direction de Shunsui.

- Vu comment il a fini, je ne crois pas que vous ayez quoi que ce soit à craindre de lui. Mais Aizen lui donnait souvent des missions... Il était le seul foutu espada à avoir le respect de la chaine de commandement. Ulquiorra l'intriguait, lui et son incapacité chronique à ressentir les émotions les plus basiques... Il n'était pas vraiment loyal. Tant que les intérêts d'Aizen suivaient les siens... J'ai presque cru qu'il allait céder à la tentation avec la copine d'Ichigo. Elle lui envoyait tous les différents signaux.

- Orihime Inoue ?

- Enfin bref, il avait sa garde exclusive si je puis dire. S'il était encore en vie, je dirais que vous avez encore un problème. C'est un fin stratège et un guerrier puissant. En lisant un des rapports secrets d'Aizen, j'ai découvert qu'il était le seul Espada à avoir deux résurrections. Cela bien sûre a été confirmé quand il s'est battu avec Ichigo. Il a aussi des capacités importantes de régénération. Il est trop intelligent pour se laisser traquer facilement. Il existe une puce inhibiteur de reiatsu Hollow. C'est un de ses gadgets favoris. Elle tient dans un collier ou un bracelet...

Gin fit quelques pas incertain vers la fenêtre.

- Oui, Kurotsuchi en a parlé. Le dernier raid au Hueco Mundo n'a pas rapporté grand-chose en termes d'avancée technologique. Le laboratoire de Szayel Apollo était programmé pour s'autodétruire et la salle de contrôle n'était plus vraiment fonctionnelle. La douzième division est encore en train de restaurer les bases de données. Le palais était pratiquement vide. Les arrancars restant s'étaient enfuies. Les espadas ont tous perdu la vie à quelques détails près. Nous n'avons pas retrouvé la trace de Grimmjow JeaggerJacques. Nelliel Tu, l'ancienne espada numéro 3 a été laissée en liberté, sa forme actuelle ne présentant aucun danger.

- Hum...

Gin essuya son visage à nouveau dans le chiffon.

- La puce est programmée pour inhiber la pression spirituelle. Il fonctionne par fréquence. Elle change tous les jours par mesure de sécurité mais le réseau détruit... La fréquence doit être toujours la même. Cela limite les recherches. Si je voulais retrouver la trace d'Orihime et de son ravisseur. Je chercherais la bonne fréquence pour les traquer.

Gin sentit sa migraine redoubler. Pendant quelques secondes, il sentit le sol bouger sous ses pieds. Il plissa les yeux fermement et ravala la nausée qui menaçait à tout prix de le submerger. Il grimaça.

- Je suis...un peu... Je ne vous chasse pas... Mais je dois m'allonger. C'est tout ce que... je sais. Je dois vraiment...

Les deux capitaines se regardèrent en même temps. Ils hochèrent la tête en même temps.

- Très bien, ce sera tout.

- Nous devons y aller de toute manière. Lança Jūshirō, l'air inquiet. Gin, est-ce que...

- Je veux rester seul.

Shunsui et Jūshirō quittèrent la pièce. La porte grinça au moment de sa fermeture. Gin enregistra ce détail vaguement avant de s'écrouler sur le sol de pierre, face contre terre. Les yeux grands ouverts, il resta souriant quelques minutes baignant dans son propre sang. Cela avait valu le coup non !

La porte s'ouvrit à nouveau, Jūshirō était revenu en arrière. Il s'inclina humblement.

- Ha ! Ce que tu nous as dit nous a beaucoup aidées. Merci Gin. Gin ?

Jūshirō fit quelques pas dans la pièce. Le sol de Sekkiseki prit une couleur écarlate en quelques secondes.

- Shunsui ? Préviens Unohana ! Il ne respire plus !


Oh ! C'est un chapitre un peu plus long et un peu plus difficile à écrire. J'ai donc hâte de savoir ce que vous en pensez !

Prochain chapitre : Live Together or Die alone...