Auteur : Ero Usagi-san
Rating : T pour le moment, je verrais si je me lance dans le dangereux exercice du lemon plus tard
Pairing : Byakuya/Ichigo
Disclaimer : Tout est à Tite mais j'essaye de négocier… On dit que l'espoir fait vivre ! (gros soupir)
Titre : L'effet miroir
Message de l'auteur : Bon, un chapitre de plus : plutôt sous le signe de la progression… Toujours un peu lourd – pas non plus réellement angst – mais pas non plus grosse déconnade ! Aller, faites pas cette tête, c'est pour les besoin de la cause yaoi !
Sinon, en profite pour s'excuser bien bas du détournement qu'il fait chaque semaine : détournement de devoir, de révision, de sommeil et même de bonne humeur – se voit par contre dans l'obligation de refuser le dédommagement pour la consommation de mouchoirs en papier…
Ah si tant que j'y pense, depuis que Bibi-kun a retrouvé sa chambre d'enfance, il n'est pas seul dans son lit : mais je corrige ce n'est pas Kon qui lui tient compagnie… Alors qui est-ce ? Le mystère demeure : pour le moment je garde l'heureux élu dans le secret mais sachez juste que c'est une idée qui m'est venue en regardant une illustration officielle de Tite Kubo-sensei !!!
Alors est-ce que Gin va accepter ce contrat de pub pour du dentifrice – ça va vraiment le faire vendre ? Hacchi va-t-il reconnaître sa passion pour Gandhi ? – il voulait lui piquer son pagne mais leurs mensurations étaient pas les mêmes ! Nnoitra va-t-il avouer l'origine de sa tenue ? – hé oui, il rêvait d'être une petite cuillère, la fatalité en a décidé autrement…Hiyori va-t-elle confesser ses problèmes d'hyperactivités et d'hystéries – ainsi que ceux de misandrie, de passage à l'acte, de complexe d'infériorité, de trouble de l'identité sexuée, de carences affectives, de dévalorisation de l'estime de soi, d'expression des émotions, de phobie sexuelle, de… ?
Allez enjoy !
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Chapitre 14 : Mon premier est ton second, mon tu n'es pas…
Ichigo se rendit soudain compte de son geste. La colère qui l'avait envahie était immense ; mais contre quoi, ou plutôt contre qui était-elle vraiment dirigée, restait un mystère… Enfin non, le shinigami remplaçant bouillonnait littéralement intérieurement. Trop. Tout ce qui venait de se passer cette dernière semaine était trop… Ce qui venait d'arriver là à l'instant était l'apogée : trop soudain, trop étrange, trop différent, trop dérangeant, trop troublant… Le roux avait fini par céder et sa colère avait enfin trouvé un exutoire…
Mais voilà, maintenant il commençait à voir la portée de son geste, à comprendre ce qu'il venait de faire… et surtout des impacts que ça allait avoir… Son humeur s'assombrit encore d'un cran. Tout son être tremblait de rage et son esprit n'arrivait pas à échafauder une pensée cohérente…
Mais bizarrement, rien ne venait d'en face : Byakuya n'avait pour autant pas pu accuser le coup ?! Il semblait statufié, immobile, les yeux vides, alors que sur "sa" joue une marque rouge témoignait de la réalité de la scène précédente, tout comme le filet de sang à la commissure de "ses" lèvres. Ichigo se mit à fixer cet autre "Ichigo" : il se souvenait des accrochages qu'il avait déjà eu par le passé avec les gens auxquels il tenait… Tenait ? Il tenait à Byakuya ?... Woh ! C'est vrai qu'il appréciait le capitaine et qu'il avait appris à le connaître ses derniers temps… Alors quoi ?
Mais à mesure qu'il fixait le noble impassible, une pointe d'effroi commença à naître en lui : une tâche noire, très noire, trop noire venait d'apparaître sur le blanc de "son" œil ; et à mesure qu'elle s'étendait contaminant les pupilles d'une teinte dorée, Ichigo était de plus en plus parcouru par un désagréable frisson. C'était la première fois qu'il voyait sa propre transformation en hollow : les sensations que cela faisait naître en lui étaient antithétiques. Une peur immense, un profond dégoût de lui-même et en même temps une sorte de fascination : le shinigami remplaçant était hypnotisé par l'image que lui renvoyait Byakuya.
La progression avançait dangereusement et bien qu'Ichigo se rendait du compte du péril qu'il encourait, il ne pouvait se défaire de son immobilité et de sa vision. Non, jamais personne ne devait le voir dans cet état ; même s'il avait pu voir les autres vizards se changer, sa propre métamorphose l'effrayait plus qu'aucune des leurs ne lui avait fait peur.
Soudain, une libération de reiatsu sombre et gelé explosa et la coloration des yeux se fit plus rapide. Ceci ramena le roux à la réalité : il savait qu'il ne pourrait rien faire si Byakuya perdait totalement le contrôle. Et un vent de panique se mit à souffler en lui alors qu'il regrettait pour la première fois de ne pas maîtriser les sorts de kido d'entrave. Il ne voulait pas blesser le noble – enfin encore plus qu'il ne l'avait fait avec son geste – et il se savait responsable de ce qui se produisait devant lui.
Mais à sa plus grande surprise, le reiatsu tourbillonnant cessa soudain alors que le corps qui se tenait face à lui s'effondra. Finalement Byakuya avait été terrassé par sa propre colère, sa propre puissance ? Ichigo se réveilla sur le champ et c'est avec une gêne terrible qu'il reçut dans ses bras le corps abandonné avant qu'il ne touche le sol. Il porta Byakuya jusqu'au futon et le coucha tant bien que mal. Il avait à peine fini que l'on toqua à la porte – il ne lui manquait plus que ça…
Dans un profond soupir, il autorisa l'accès et ce fut une petite tête brune qui apparut. Rukia qui avait senti la fluctuation de reiatsu était venu voir ce qui ce passait. Ichigo, se sentant bien trop las d'un coup, ne put que lui envoyer un pauvre regard alors que les yeux de la jeune fille allaient de son visage au corps alité. Rukia n'était pas stupide : elle s'était bien rendue compte que quelque chose n'allait pas ; mais "son" frère semblait épuisé et "Ichigo" mal en point. Elle se décida à reporter à plus tard le gros de ses questions, se contentant de lui demander juste :
- Nii… nii-sama, avez-vous besoin d'aide ? Si Ichigo se… sent mal… je peux m'en occuper… si vous voulez…
- … Ichigo hésitait, d'un côté l'idée que Rukia pouvait le décharger de tout ça le tentait, mais d'un autre il ne savait pas ce qui se passerait au réveil de Byakuya… Non, ça ira. Je te remercie…
- Nii-sama, vous… Vous êtes-vous disputé avec Ichigo ? lança d'une traite la brune qui avait repris un peu de contenance
- Je n'ai vraiment pas envie d'en parler maintenant…
Rukia regardait décontenancée la joue de son ami… Que c'était-il donc passé entre ces deux-là pour qu'ils finissent dans un état aussi lamentable ? Mais l'heure n'était pas aux questions – enfin pas encore, elle aurait tout le temps de leur extorquer la vérité plus tard… C'est donc avec un dernier regard sur la pièce et sur "son" frère qu'elle prit congé. Rukia, après avoir refermé le shoji derrière elle, partit plus que songeuse en se tapotant la lèvre du doigt vers ses appartements : quelque chose ne collait pas, mais vraiment pas depuis quelques temps…
Ichigo finalement soulagé par le départ de la jeune fille se laissa glisser au sol à côté du brun : il était content d'avoir vu Rukia ; mais en même temps, ce n'était vraiment pas la bonne occasion surtout qu'il avait bien vu son regard dériver jusqu'à la marque que "son" poing avait fait à "son" visage. Il s'était senti mal sous le regard inquisiteur de la brunette : qu'avait-elle pu conclure sur l'origine de cette marque ?... Et Ichigo fut alors encore plus atterré par son geste…
En même temps, la situation avait débordée : pourquoi Byakuya l'avait-il… embrassé ?! L'idée n'arrivait même pas à se former dans sa tête : Byakuya l'avait embrassé ? Lui ? C'était à n'y rien comprendre : la vieille, après lui avoir tiré la tronche toute la journée, il avait fini par lui pourrir la gueule en beauté, le capitaine avait ensuite passé sa journée du lendemain à le fuir et le soir il m'embrassait !!!!
Putain, mais il se passe quoi dans sa tête ! Ichigo saisit la sienne à deux mains croyant devenir fou sous ses réflexions. Ce mec est tordu argghh ! Mais ce qu'Ichigo refusait d'admettre était se faire embrasser par le plus glacial des capitaines - qui était un homme et dans son corps qui plus est - avait été loin d'être désagréable…
Oui, bien que le baiser s'était fait véritablement léger, à peine esquisser, Ichigo en avait été grandement troublé… C'est peut-être pour ça qu'il avait agi de la sorte… Non ! Il avait réagi comme ça parce que Byakuya avait joué avec lui. Oui, c'était ça : Byakuya avait joué avec lui, s'était joué de lui. De tout, de son deuil pour sa mère, de sa relation avec ses amis, de sa position de shinigami remplaçant, de son état de vizard, de sa place dans ce monde, d'avoir pu accorder un peu d'importance à la relation qu'il cherchait à nouer avec le noble, de…
Ichigo soupira. D'ailleurs Byakuya ne l'avait pas embrassé lui, le brun s'était embrassé lui-même… Et c'était peut-être cela qui faisait le plus de mal au jeune homme… Il refusait de l'admettre mais c'était pourtant bien cette idée qu'il essayait de repousser de toutes ses forces. Voilà, il était déçu que Byakuya se soit moqué de lui à ce point là. Car, non évidemment il ne pouvait pas être frustré que ce baiser ne lui soit pas adressé, voyons !...
A ce moment, Ichigo se tourna vers le capitaine toujours inconscient : mais qui voyait-il ainsi ? Etait-ce lui ? Etait-ce le noble ? Etait-ce quelque chose d'autre ? Comme pour vérifier que ce corps n'était pas qu'une mauvaise vision de son esprit, le roux tendit sa main et délicatement toucha du bout des doigts la joue qui reposait sur l'oreiller. Indéniablement la course de doigt finit par rencontrer son œuvre. Le regard du jeune homme s'assombrit et comme pour prendre pleine mesure de ce que son geste inconsidéré avait produit, il se mit à parcourir les bords de la marque, descendant de plus en plus bas, pour arriver vers le bord de ses lèvres. Il suspendit son geste quelques instants, avant d'avoir un petit rire moqueur, demandant tout haut :
- Qu'as-tu essayé de prouver en faisant ça ? De te prouver ? De me trouver ?
Son cœur battait de plus en plus fortement dans sa poitrine au fur et mesure que ses doigts reprenaient leur exploration et ce fut réellement la chamade dans sa cage thoracique lorsqu'il fit jouer ses doigts sur les lèvres : pourtant ce n'étaient que "ses" lèvres à lui alors pourquoi son cœur s'emballait-il comme ça ? Ca n'avait pas de sens, pas plus que ce baiser en fin de compte… Presqu'à regret, il commença à retirer sa caresse…
Mais c'est alors qu'Ichigo se souvint de ce qui avait fait dégénérer la situation. L'autre nuit, j'ai rêvé d'okaa-san, de ses caresses… C'était toi ? Alors comme ça, Byakuya avait veillé sur lui, sur son sommeil ? Non, pire, il l'avait apaisé par ces doux gestes, pleins d'attention… T'as veillé si tard que ça ? Le capitaine avait donc passé une partie de sa nuit et sacrifié son propre repos pour s'occuper de lui ? C'était tellement inconcevable : le si froid et distant Kuchiki prendre soin de quelqu'un !... Je ne vois pas en quoi le fait que je me préoccupe de "mon" corps te semble si surprenant. Non, ça ne collait pas : pourquoi Byakuya aurait-il veiller son corps et surtout pourquoi lui aurait-il prodigué ces si douces attentions…
Qu'était-il arrivé ce soir-là ? Oui, ils avaient passé une excellente soirée tous les deux, ils avaient même discuté sans gêne – peut-être pas autant et aussi densément que de vieux amis mais suffisamment pour que cela sorte de l'ordinaire de chacun… Alors comment en moins de quarante-huit heures étaient-ils passés d'une relation qui venait enfin de prendre une tournure amicale à… ça ?! Oui, quel mot pouvait-il bien définir le marasme dans lequel ils étaient prisonniers maintenant…
Ichigo sentit son humeur reprendre sa chute libre : il avait passé la journée à déprimer et Byakuya l'avait laissé faire, s'en foutant royalement… Enfin peut-être pas si royalement… Après tout il était venu le chercher pour le déjeuner et le dîner : ouai mais ça il pouvait toujours le mettre sur le compte de prendre soin de "son" corps… Oui mais, les excuses qu'il lui avait présentées, hein ? Après tout, ce n'était pas tous les jours que le très noble Kuchiki Byakuya s'abaissait à s'excuser et à reconnaître ses torts. Tu sais Ichigo, tu ne devrais pas chercher à en assumer autant. Je pense que les gens qui te connaissent t'apprécient tel que tu es alors… reste ainsi. Les gens qui l'appréciaient ? Est-ce que le noble parlait pour lui au passage ? Byakuya… l'appréciait ?! Ce pouvait-il que… Non ?!
Reste ainsi. Le capitaine lui demandait de rester ce qu'il était : alors qu'il passait son temps à le moucher, à le traiter de gamin et à lui demander de changer… Non, ça n'allait pas… Rester ainsi, cela voulait-il dire impulsif ?! Byakuya lui demandait de rester impulsif, comme lui lorsqu'il était plus jeune ?! Mais le noble lui avait pourtant dit que c'était une faiblesse… Alors quoi ? Aaaah !!! Ichigo allait devenir fou à réfléchir à tout ça… Rester impulsif et ensuite lui en faire une démonstration de… ce genre ?! Ce pouvait-il vraiment que… Non !!!
Mais dans ce cas, pourquoi ? Pourquoi le capitaine l'avait-il embrassé ? Et puis c'était quoi encore que ce bazar de : Toi aussi maintenant tu peux me mépriser comme les autres ! Qui pouvait donc bien mépriser le noble ? Lui le plus connu de tous les capitaines du Gotei 13, le chef d'une des quatre grandes familles nobles, le si fier Kuchiki, lui méprisé ? Non, c'était impossible même Renji avait fini par tomber en admiration devant son supérieur et Rukia avait effacé tout ce qui s'était passé pendant sa condamnation pour ne garder que les étoiles dans ses yeux quand elle parlait de son frère. D'ailleurs, tout le monde faisait preuve de déférence lorsqu'il s'agissait du capitaine de la sixième – il y avait bien Kenpachi qui le provoquait un peu, mais bon venant du géant c'était normal, voir même une preuve de respect envers sa force…
Alors pourquoi donc Byakuya se sentait-il méprisé ? Qui donc ? Et puis, pourquoi le brun avait-il pensé qu'Ichigo le dénigrerait pour un… truc de ce genre ? Il venait de passer plus d'une semaine en sa compagnie, le capitaine aurait dû quand même comprendre que le roux ne se laissait pas avoir par des détails de ce genre. Enfin détail, c'était vite dit. Car après tout, Byakuya venait quand même de lui voler son premier baiser… Et puis, sa réaction n'avait pas été dans le sens d'une démonstration de compréhension : envoyer valser son poing dans le visage de quelqu'un qui vient de vous embrasser, on avait déjà vu mieux…
Oui, mais voilà ça ne répondait toujours pas à la question de l'origine de ce… baiser ? Tu n'écoutes pas ce que tu ressens… Voilà ce qu'il avait dit à Byakuya avant que celui-ci ne dépose "ses" lèvres sur les "siennes" – enfin leurs lèvres quoi, parce que pour savoir les lèvres de qui, c'était réellement le barouf… Ecouter son ressenti, ensuite l'embrasser ; écouter son ressenti et ensuite l'embrasser ; écouter son… Non, non, non… mais ce pouvait-il réellement que… que Bya… NON !
C'était tout bonnement impossible. La preuve : la scène que le noble lui avait faite alors qu'il avait osé entrer dans les appartements de sa défunte femme. Oui, Byakuya aimait toujours autant Hisana alors non, ça ne pouvait pas être ça ! Enfin c'était vraiment trop compliqué, trop dérangeant, trop perturbant, trop troublant… comme… ce baiser…
Argghh ! Ichigo s'attrapa la tête à deux mains priant Kami-sama de cesser de lui torturer les méninges. Byakuya avait dérapé, rien de plus. Le capitaine avait voulu lui donner une leçon, ça avait mal tourné : incident clos. Passons à autre chose. Le roux en avait assez de se prendre la tête, de tout façon il n'aurait jamais la réponse et il se voyait mal en rediscuter avec le brun.
Encore que sur le coup, il lui avait demandé une explication… Oh, on a dit qu'on arrêtait d'y penser ! C'est vrai quoi ! Il aurait déjà suffisamment à faire pour éviter de se manger encore une fois la menace du bankai. Encore que c'était le monde à l'envers : c'était lui qui avait passé une journée de merde à cause des sarcasmes du noble, c'était à lui que revenait le droit de se venger… Oui mais : il y avait eu ce baiser… et sa réaction énergique…
Ce fut à ce moment-là des réflexions du roux que Byakuya se décida à émerger…
Alors qu'il ouvrait difficilement les yeux, le noble sentit une main reposer sur son front – perdu dans ses pensées, Ichigo avait inconsciemment laissé sa main revenir auprès du visage endormi. Le capitaine cligna des yeux incrédules. Ichigo le regarda faire puis sursautant, il retira bien vite sa main comme si le front sur lequel elle reposait était devenu brûlant. A la vu de l'expression passablement crispé du roux, un éclair traversa les yeux du noble.
Ichigo avait rêvé ou pendant une micro seconde il avait vu de la peine passer dans le regard du capitaine ? Puis comprenant toute la symbolique de son geste, il se sentit profondément gêné… Avant d'avoir comprit pourquoi, ou plutôt de reconnaître ce qui pouvait bien le motiver à agir comme ça, Ichigo replaça sa main doucement. Et tout aussi légèrement, il caressa la chevelure indisciplinée. Le capitaine posa sur lui un regard insondable, le jeune homme lui, se refusant à le soutenir, préféra détourner les yeux ailleurs ; mais pourtant sa main continuait ses douces attentions…
Ils restèrent tous les deux un long moment ainsi, aucun n'osait rompre le silence ni ne savait d'ailleurs comment s'y prendre. Ce fut au final la faim grandissante du roux qui rappela tout le monde à l'ordre. Ichigo en vira pivoine.
Le noble laissa alors ses paupières le couper de ce monde afin de reprendre ses esprits et tenta :
- Je vois que tu n'as toujours pas mangé.
- Heu… non, répondit Ichigo d'un air benêt
- Pourtant j'avais demandé au personnel de tout laisser en place au cas où…
- Il y avait peut-être plus urgent à faire… Tu ne crois pas ?
A ces mots, Byakuya rouvrit les yeux parfaitement réveillé malgré la migraine qui menaçait sous son crâne.
- Quelle heure est-il ?
- Je sais pas trop. Tard vu comment la nuit est déjà passablement tombée, répondit le roux
- Tu devrais aller manger dans ce cas-là… lui retourna le brun alors qu'il commençait à sortir du lit
- Tu vas où ?
- Je vais me retirer, j'ai… besoin d'être seul…
- Alors moi je dois manger mais pas toi. Tu crois que ça marche comme ça ? rétorqua le shinigami remplaçant un peu perdu par la conversation
- Je me sens très las… Il vaudrait mieux que… avança Byakuya qui venait d'avoir la conversation du siècle avec son hollow et en était ressorti plus que lessivé, incapable même de régler son contentieux avec le roux
- Non, le coupa Ichigo. Tu manges. Si tu ne veux pas de ma compagnie je comprendrais mais au moins… essaye de reprendre des forces…
- …
- … Ichigo était déstabilisé par la tournure que prenaient les choses. Tu sais je…
- …
- …
- C'est plutôt à moi d'accepter que tu ne veuilles rester en ma présence, lâcha sombrement Byakuya
- Et pourquoi ça ? retourna le roux
- … Le noble avait une fois de plus fermer les yeux, cette discussion lui coûtait vraiment
- Tu parles de ça… C'était rien ? Ichigo hésita avant de rajouter, incertain : N'est-ce pas ?
- … Le capitaine laissa quelques secondes s'écouler avant de répondre. En effet, ce n'était rien.
Il ouvrit les yeux et s'avança en direction de ses appartements.
- Heu… tu vas où Byakuya ?
- Je me retire.
- Mais, tu dois encore mang…
- Je ne dois rien : je peux encore faire selon mon désir en ma maison.
Ichigo fut soufflé : le capitaine avait repris ses habitudes polaires. Non, ça n'allait pas ce passé comme ça ! Ichigo, qui à force de gaffer avait fini par comprendre que ni la violence verbale, ni la violence physique ne saurait triompher face au capitaine, se leva d'un coup et rattrapa le noble par le poignet.
- S'il te plaît, ne me fuis pas encore… J'aurais pas dû, t'aurais pas dû, personne n'aurait dû. Alors tout le monde est désolé et tu viens manger.
La tirade du roux dut faire son effet car le noble s'arrêta. Et bien qu'Ichigo ait senti le capitaine se crisper sous sa prise, il finit par capter un léger relâchement de la part du brun. Et lorsqu'il tira un peu dans la direction de la table, où en effet le dîner attendait toujours - bien que particulièrement froid maintenant, Ichigo fut agréablement surpris de voir le noble ne pas résister. Il le lâcha donc et alla s'installer comme pour l'inviter à en faire de même. Byakuya resta un instant en suspend et finalement se décida à le rejoindre. Il s'assit et entama sa part sans plus d'échange que ça. Il était encore sonné par la conversation qu'il avait eu avec son négatif.
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Ils avaient tous les deux quasiment fini quand le Byakuya se décida à briser le silence :
- Je ne te fuyais pas.
Ichigo releva les yeux de son bol et suspendit ses baguettes, incrédule.
- …
- …
- Comment ça ?
- Je ne te fuyais pas.
- Oui bon ça j'avais compris mais pourquoi tu me dis ça ? En fin je veux dire : tu n'essayais pas de partir tout à l'heure ?
- …
- …
- Je ne parlais pas de cela. Byakuya inspira un peu plus fort qu'il n'aurait voulu le faire. Je parlais d'aujourd'hui…
- Ben t'avais sûrement plein de truc à faire… rétorqua Ichigo un peu plus morose qu'il ne voulait le montrer
- Non, c'était une excuse pour ne pas te faire face.
- Bon ben faut savoir alors : tu me fuyais ou pas ? ronchonna le roux qui commençait à ne plus rien y comprendre
- Ce n'est pas toi que je fuyais…
- … Hein ? le shinigami remplaçant était incrédule
- C'était moi-même. Je ne voulais pas "me" voir ainsi… finit par expliquer le brun même si cela lui en coûtait
- Ah ouai, c'est pas pareil : enfin à la base ; parce que dans les faits, tu m'as laissé crevé dans mon coin-là…
- …
- …
- Ok, c'est bon j'ai compris, n'en parlons plus. Par contre tu me dois un thé en échange ! finit par conclure Ichigo en forçant un peu son sourire
Bien, le gamin était redevenu plus loquace. Cela voulait dire qu'il allait mieux – même si son sourire n'était pas aussi franc et naturel que d'habitude. Pourtant Byakuya acquiesça et se mit à préparer son nécessaire.
Quand tout fut prêt et que le thé infusait lentement alors que les deux shinigami prenaient l'air sur l'engawa, Ichigo demanda soudain :
- Au fait, il te reste du baume de la dernière fois, parce que ça serait pas mal, si… Enfin tu vois, pour ta joue…
- …
Byakuya daigna soulever un sourcil à l'évocation de son… accident, puis il finit par se lever complètement à son tour pour aller chercher l'onguent en question. Lorsqu'il revint Ichigo l'attendait cette fois-ci avec un vrai sourire. Et quand le roux prit le petit pot des mains du noble, ce dernier le laissa faire librement.
Alors que le noble venait de récupérer sa tasse, Ichigo s'approcha de lui et s'assit sur les talons tandis qu'il dévissait la boîte. Puis délicatement, il trempa deux doigts dedans avant de précautionneusement appliquer le baume sur la joue contusionnée. La pénombre n'aidant pas, Ichigo rapprocha son visage de celui du capitaine afin de prodiguer ses soins.
Il pouvait sentir le souffle chaud et paisible du noble sur sa peau et, à mesure qu'il massait la marque, le noble se détendait. Le capitaine finit par fermer les yeux, ses doigts noués autour de sa tasse. Ichigo procéda ainsi quelques minutes : son regard n'arrivait plus à se détacher de ce visage si familier et pourtant si différent. Alors que ces gestes se faisaient de plus en plus doux et de plus en plus lents, un trouble grandissait en lui. A la fin, ses doigts ne bougeaient plus : seules leurs respirations rompaient le silence et l'immobilité de la nuit.
Byakuya rouvrit les yeux et les plongea dans le regard troublé du shinigami remplaçant. Ils se fixèrent une longue minute avant que le capitaine n'intervienne :
- Nous sommes quittes. Je n'aurais pas…
- Ne dis rien Bya, ce n'est pas grave… le coupa doucement le roux. Je n'avais pas à faire ce que j'ai fait : je n'aurais pas du entrer là où je suis allé…
Définitivement, le capitaine devrait s'habituer à se faire couper la parole par ce gamin et surtout à se faire à ce diminutif…
- Tu ne me demanderas pas de… justifier mon… égarement… la voix du noble était plus rauque alors qu'il souffla ces mots
- J'ai bien compris que tu ne me donneras jamais d'explication… T'es comme ça… Et puis ce n'était pas la mer à boire… pas vraiment désagréable, tu sais, la voix d'Ichigo elle aussi se perdait dans un murmure alors que son souffle se faisait plus saccadé
- …
- …
Les deux shinigami se faisaient face alors qu'une distance dangereusement réduite les maintenait dans une proximité trop intime… Pourtant ni l'un ni l'autre ne semblait vouloir se dégager… Ichigo esquissa un petit sourire alors qu'enfin il cassait le contact entre ses doigts et la joue du noble. Byakuya en profita pour porter sa coupe à ses lèvres, pourtant il ne rompit pas le contact visuel avec le jeune homme.
Cette situation était inconvenante mais il ne souhaitait pas y remédier tout de suite. Trop. Tout ce qui se passait et s'était passé était trop. Et les réflexions du capitaine prirent, en partie, le même cours que celles que le roux avait eu un peu plus tôt…
Byakuya se souvenait de la colère et de l'affreuse souffrance qui l'avaient assailli alors que le shinigami remplaçant avait osé pénétrer dans les appartements de sa défunte femme. Il se souvenait des paroles cruelles qu'il lui avait adressées quant à la place qu'Hisana tenait encore dans sa vie. Cependant le roux ignorait que le capitaine avait cessé depuis longtemps de visiter ces pièces, se contentant de rendre hommage à la photographie de son épouse…
Mais, il n'avait pu s'empêcher de réagir face aux agissements du jeune homme : non, Byakuya savait très bien que sa femme ne reviendrait jamais ; non, il ne l'attendait plus ; mais il n'arrivait pas non plus à faire comme si la douce Hisana n'avait jamais fait partie de sa vie…
Il avait démoli le gamin avec ce qu'il savait être de plus dur : tout comme d'autres l'avaient fait avec lui. Oui, il avait agi avec la même bassesse que ceux qu'ils l'avaient fait souffrir dans son deuil. Pourquoi ? Pourquoi alors que le roux était le premier depuis des décennies à essayer de nouer une relation amicale avec lui… Pourquoi avait-il fait ça ? Voulait-il le casser ? Le repousser ? Le tester ?
Voir si le jeune homme était réellement ce qu'il prétendait ? Voir s'il le rejetterait après tout ? Etait-ce le sens de ce… baiser ? Oui, même pour lui, il avait du mal à reconnaître d'avoir oser embrasser le roux… Mais alors, c'était tout ? Juste un défi, juste une moquerie, juste un piège ? Pourtant là, tout de suite, il sentait comme une envie étrange… Etait-ce possible ? Non, sûrement pas, ça ne pouvait être ça…
Le fait d'avoir libérer cette vieille souffrance enfouie en lui et d'avoir pu, au travers de la vision que lui offrait le jeune homme abattu, de "se" voir au début de son deuil, avaient ébranlé ses plus intimes défenses : son masque était tombé pendant quelques secondes. Il n'avait embrassé qu'un reflet perdu, comme une demande en pardon faite à lui-même ; quand bien même il savait que ce n'était pas lui qui se tenait réellement en face. Pas lui, mais bien Ichigo… Il le savait alors pourquoi ?... Finalement cela risquait bien d'être ça…
Non, cela ne se pouvait : il parlait du shinigami remplaçant ; celui qui avait failli causer la perte de sa sœur, celui qui retournait tout sur son passage, un gamin impudent, impulsif et tellement irrespectueux… Le capitaine ressentait un grand vide dans son être : un grand vide que pourtant il avait calmé une petite seconde lorsqu'il avait comblé la distance entre leurs lèvres… Et malgré son geste, malgré la réaction du roux sur le coup, Ichigo ne l'avait pas rejeté…
Tu t'es demandé ce que je ressentais peut-être ? C'est ce que lui avait demandé le jeune homme alors qu'il s'en allait après avoir osé… Comment devait-il interpréter ces mots ? Pouvait-il y mettre seulement un sens ? Ichigo était jeune et ne semblait pas expérimenté dans le domaine des sentiments… Se rendait-il seulement compte du double sens de sa phrase ? Byakuya savait bien que non…
Tu n'écoutes pas ce que tu ressens… Et après ça, il osait lui parler à lui de ses ressentis ?... Oui, ce n'était qu'un gamin, bruyant et agité… Le capitaine avait écouté ses sentiments, il s'était même battu pour et il voyait bien où ça l'avait mené… Il avait mis en émoi tout son clan et ce à deux reprises : il avait essuyé leurs tempêtes, avait fait face à ces choix et les avait soutenu contre tous… Ce gamin ne pouvait le savoir, ne pouvait le comprendre alors il n'avait pas à le juger.
Pourtant Ichigo était le seul qui ne l'avait pas jugé justement, ce gamin était suffisamment irrespectueux pour se moquer éperdument des questions de rangs… Alors était-ce un remerciement ? Ce baiser, finalement à qui l'avait-il adressé ? A la base, il n'avait même pas réfléchit à ce qu'il faisait : impulsivité et sentiments, les seuls commandements qu'il avait retenu à ce moment-là et qui indéniablement avait résonné en lui sous la seule forme possible d'expression… L'embrasser, lui montrer que non, il pouvait encore suivre ses… Ses quoi ?... Ses sentiments… Non, ça ne pouvait pas être ça…
Ichigo n'était qu'un gamin irritant et infernal, un gamin bruyant et sauvage, un gamin maladroit et agaçant, un gamin exaspérant et fier, un gamin turbulent et libre, un gamin qu'il avait très envie d'embrasser de nouveau…
Alors c'était donc ça…
De son côté, Ichigo n'en menait pas large : il avait bien compris que malgré le fait que le capitaine buvait son thé et n'avait toujours pas cessé de le fixer dans les yeux, son esprit vagabondait très loin. Et il le regrettait. Oui Ichigo le regrettait : il ne savait pourquoi mais il regrettait sincèrement que l'attention du capitaine soit ainsi détournée.
Enfin non, au moins il ne devait pas se rendre compte de ce qu'il traversait actuellement : son trouble était immense… Le roux ne savait pourquoi mais il n'arrivait toujours pas à ce décrocher de cette proximité et de ces yeux : pour une fois, ils se teintaient d'émotions comme si le fil des pensées de Byakuya venait s'exprimer un peu dans son regard, d'ordinaire si impassible.
Ichigo ne bougeait pas, il ne voulait troubler ce qui ce passait à cet instant, il avait l'impression d'avoir accès à quelque chose de particulièrement unique. Bien plus encore que ce que leur situation avait pu leur imposer en matière d'intimité. Et sans s'en rendre il avait envie de quelque chose d'autre : quelque chose qui lui prouverait qu'il ne rêvait pas, que Byakuya commençait enfin à se dévoiler un peu et qu'il n'était pas cet être impassible et froid, qu'il restait encore cet homme impulsif qui l'avait… embrassé…
Oui, Ichigo ne se rendait pas compte du tout que, très doucement, il commençait à s'approcher encore plus du capitaine, que ses lèvres cherchaient leurs consœurs et que ce qu'il voulait, ce qu'il s'était refusé à reconnaître, ce qu'il croyait être que le fait du capitaine, résidait aussi en lui… Ce pouvait-il vraiment que ?
Et alors qu'il s'apprêtait à combler la dernière distance entre leurs lèvres, la lumière se fut dans son esprit : si ce qu'il voyait dans les yeux du capitaine en cet instant était le reflet des siens alors cela se pouvait…
Et avant qu'il n'ait eu le temps d'agir, Byakuya lui avait saisit le menton, l'arrêtant dans son élan ; le capitaine avança sa bouche jusqu'à son oreille dans laquelle il souffla :
- Il est tard, demain nous reprenons nos entraînements ; il est temps d'aller nous coucher.
Ichigo était stupéfait : c'était-il trompé sur toute la ligne ? Ou alors la fierté du noble avait-elle encore repris le dessus lui interdisant de céder deux fois dans la même journée à des agissements aussi déplacés…
Ce qu'Ichigo ignorait c'était que Byakuya avait du prendre sur lui bien plus qu'il ne l'avait fait depuis plusieurs décennies pour ne pas céder à la tentation ; quand ses pensées avaient débouchées sur l'indicible, il était revenu à la réalité et avait constaté presque trop tard ce que le jeune shinigami allait commettre… Il lui avait fallu toute sa détermination pour l'empêcher ; d'ailleurs, il n'y était pas vraiment arrivé, puisqu'il n'avait fait qu'esquiver les lèvres sans réellement rompre leur proximité…
Mais bizarrement, Ichigo ne prit pas mal la conduite du brun : car pour une fois, il avait comprit toute la subtilité du capitaine ; celui-ci ne l'avait pas repoussé, il avait juste évité ses lèvres tout en restant à sa portée – à moins qu'il ne fasse vraiment des films ! Oui, après tout Ichigo pouvait aussi se tromper mais quelque chose lui disait que son étrange envie avait été partagée…
C'est pourquoi il finit par se lever et alors que le capitaine réunissait les pièces de son service, Ichigo s'attela à débarrasser tant bien que mal la table ; et le noble en fut passablement surpris lorsqu'il rentra à son tour avec son plateau. Etait-ce une trêve ou plutôt la paix qu'ils venaient de signifier ainsi… Chacun se prit à espérer que les événements des dernières quarante-huit heures ne se reproduiraient plus, enfin, sauf peut-être un…
Ce fut donc en partie soulagé qu'ils finirent par aller se coucher ; et même si encore un certain nombre de question leur taraudait l'esprit, ils s'endormir rapidement comme si la fatigue nerveuse qu'ils avaient accumulée venait de leur tomber dessus.
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Le lendemain matin comme à son habitude, ce fut Byakuya qui vint réveiller le jeune homme, qui se montra coopératif et se leva de suite. Comme si une certaine routine s'était mise en place à leur insu, chacun se prépara à son tour. Mais au moment de se coiffer, Ichigo resta interdit. Il regardait les agrafes dans sa main et hésitait quant à les passer. Ce fut à ce moment, que Byakuya le rejoignit.
Le capitaine surprit le roux dans sa réflexion et sans lui laisser le temps de se décider, le noble lui prit les Kensaikan avant de le faire assoir pour le parer convenablement. Ichigo sentit un profond soulagement dans ce geste. Oui, il semblait bien que les deux shinigami avaient fini par enterrer la hache de guerre.
Et Ichigo put s'abandonner complètement aux soins que le noble lui prodiguait. Aussi étrange que cela puisse lui paraître, le roux avait pris goût au fait que le noble le coiffe ainsi. C'était comme si Byakuya lui révélait une attention toute particulière ; et puis les gestes avaient vraiment quelque chose de délicat comme des caresses cachées…
A cette idée, Ichigo se remémora les réflexions qu'il avait eu la veille et sa soudaine envie… Oui, il en avait eu envie, il aurait souhaité que le noble l'embrasse de nouveau. Pourtant, cela ne se pouvait : ils étaient des hommes et en plus ils n'habitaient pas leur corps respectif en ce moment… Alors ce désir était n'importe quoi !
Il devait sûrement avoir germé suite à l'avalanche d'émotions qui avaient déferlé les jours derniers, rien de plus qu'une horrible confusion : oui, c'était ça ! Une confusion dans l'ordre naturel des choses ; puisque cette situation avait semé le chaos, il ne pouvait qu'en découler irrémédiablement que des embrouillaminis inextricables. Voilà, Ichigo avait tout simplement halluciné : le baiser – tant est que cela en fut réellement un – avait bouleversé sa vision et ses sentiments avaient déraillés. Au pire, il n'avait souhaité que rendre la pareille au noble…
Mais même si ses réflexions le conduisaient à nier toute attirance pour le capitaine, ses agissements inconscients eux venaient tout confirmer. En effet, sans s'en rendre compte, il avait abandonné sa tête contre la poitrine du noble et cherchait doucement à accentuer son contact… Comme si Ichigo voulait que le capitaine continue encore un peu ses caresses…
Byakuya avait perçu le manège du shinigami remplaçant et bien qu'il se raisonnait, il n'arrivait pas à le repousser. Pourtant, rien de cela ne pouvait être possible : il avait réagi stupidement à la provocation du roux l'autre jour. Il avait peut-être perdu la tête quelques instants, mais cela était dû aux troubles qu'avaient éveillés tous les souvenirs remontants de sa femme. Oui, c'était cela : à force de penser à Hisana, à force que ce maudit gamin ne cesse de lui en parler – et de lui en faire parler – touts ses sentiments s'étaient réveillés. Et il avait fini par se perdre dans ce maelstrom…
Mais on ne l'y reprendrait plus : la preuve quand Ichigo s'était trop approché la veille, il avait réussit à s'en défaire. L'envie qui l'avait prise ? Non, jamais il n'avait eu envie de… l'embrasser… Pourtant, le mot résonnait étrangement… Et puis non, après tout il n'était absolument pas attiré par les hommes et en plus, quel homme avait-il en face en ce moment ? Parce qu'à bien y réfléchir, c'était lui-même qui se tenait devant lui…
Pourtant, il ne put pas complètement s'empêcher de répondre aux attentes du plus jeune, comme s'il se devait de le consoler un peu, lui qui connaissait et partageait sa peine… Ils furent finalement tirés de leurs réflexions respectives et finirent de se préparer chacun de leur côté.
Leur petit-déjeuner avalé, les deux shinigami se dirigèrent vers les locaux de la sixième division. Ils ne s'étaient quasiment pas adressés la parole, si ce n'était que pour de petites choses inhérentes au quotidien ; pourtant ils ne sentaient pas de tension entre eux. Enfin si, ils y avaient bien quelque chose, mais ce n'était pas gênant.
Comme à l'ordinaire, Byakuya s'attela à ses tâches mais cette fois-ci Ichigo ne se plaignit pas de son ennui – la torture Rukia avait fait son effet ! Mais alors qu'il s'apprêtait à bailler, Byakuya l'interpela :
- Peux-tu aller porter ceci au soutaicho.
- C'est quoi ?!
- Une demande de prolongation pour notre… cas particulier.
- Pourquoi on en aurait besoin ? demanda Ichigo incrédule
- Sans compter aujourd'hui, il ne nous reste plus que quatre jours, répondit platement le noble qui avait retrouvé ces vieilles habitudes
- J'ai atteint le bankai en deux : on est bon, rétorqua le roux
- Ton bankai peut-être mais pas le mien. Et puis vu comment tu n'arrives à peine à manipuler le shikai, permets-moi de douter fortement de ce que pourrait donner le stade supérieur…
- Pourtant je n'ai pas eu de problèm…
- Ton bankai ne fait qu'augmenter ta vitesse, en aucun cas ta puissance ou tes attaques, le coupa le capitaine. De plus, il ne s'appuie que sur ta force brute. Si tu n'arrives ne serait-ce qu'à libérer le mien, ça sera déjà bien…
- Il t'a fallu tant de temps que ça pour arriver à le maîtriser ? demanda le roux
- Bien que j'ai développé plusieurs techniques, je continu encore à apprendre à le maîtriser parfaitement.
- Tu veux dire que… tu pourrais être encore pire ?
Ichigo déglutit à cette pensée : Byakuya était un monstre, déjà qu'il s'était farci les trois niveaux de Senbonzakura, il se demandait ce que le capitaine pouvait encore garder en réserve… Et il lui avait promis combien de fois de lui faire manger son bankai déjà ? Aïe, cette fois-ci Ichigo le sentait mal : surtout qu'il comprenait enfin pourquoi Byakuya prenait de haut ces adversaires, ne cessant de leur parler de la différence de niveau qui existait entre eux et lui.
- Bon, et bien il ne me reste plus qu'à aller à la première division alors…
Et bon gré mal gré, il prit la feuille que lui tendait le capitaine et s'apprêta à sortir quand une voix le rappela :
- Tu te souviens du chemin ?
- Heu, oui… je crois…
Et Ichigo partit laissant Byakuya soupirer intérieurement.
Le temps de retrouver les bâtiments de la première division, de rencontrer Yama-jii et de rentrer, Byakuya avait fini ses papiers. Ichigo lui rapporta la réponse du soutaicho en grommelant :
- Il nous accorde deux jours de plus et non pas les cinq que tu avais demandés.
- Bien, c'est toujours ça.
- Je crois qu'il flippe pas mal, comme s'il s'attendait à ce qu'Aizen attaque plus tôt que prévu : c'est pour cela qu'il veut nous savoir opérationnels, je cite.
- Je n'en attendais pas moins de sa part… conclut le noble en croisant ses doigts sous son menton
- Tu veux dire tu savais qu'il ne nous donnerait pas le délai que tu avais demandé ? s'étrangla Ichigo
- En effet.
- Alors je me suis pris la tête avec lui pour rien, kuso !!!
- Comment ça ? demanda le capitaine un sourcil commençant à se soulever
- Ben comme je pensais que tu me ferais un caca nerveux si je n'arrivais pas à obtenir ce que tu avais demandé, je l'ai tanné de long en large. Il a même finit par s'énerver face à mon impertinence – je cite encore…
- Kurosaki Ichigo, qu'as-tu encore fais ? Etait-ce encore une trop lourde tâche que d'apporter un papier ? la voix du noble était de nouveau polaire mais quelque chose dans son expression faciale démentait le ton
- Mais non, je voulais juste bien faire histoire que tu ne râles pas…
- Que t'as dit exactement le soutaicho ?
- Qu'heureusement pour moi que je sois coincé dans le corps du respectable capitaine Kuchiki, sans quoi il me donnerait une bonne fessée d'usage pour gamin impertinent… Et que je devais déguerpir vite fait avec ses deux jours de rab ou alors il risquait de ne plus tenir compte du rang de certaines personnes et de passer à l'action… finit le roux la voix basse, les yeux rivés au sol en se grattant stupidement le crâne
- Je vois… Byakuya finit par soupirer. Il ne nous reste plus qu'à aller nous entraîner.
Sur ce, le capitaine se leva et les deux shinigami partirent rejoindre leur aire d'entraînement.
Comme ils en avaient pris l'habitude, ils passèrent la matinée en duel, Byakuya continuant à enseigner et corriger Ichigo. Le gamin pouvait vraiment être efficace lorsqu'il se motivait correctement et ces résultats étaient visibles à l'œil nu.
La matinée passa comme un éclair. Après la journée d'inaction de la veille, cette séance faisait vraiment du bien au jeune homme. De plus, cela lui remettait les idées en place : quand il attaquait le capitaine aucun sentiment déplacé ne venait interférer. De même pour le capitaine, cela lui faisait un bien fou que de quitter les paperasses pour se défouler un peu – quoiqu'il ne le reconnaîtrait jamais.
Quand l'heure de la pause déjeuner arriva, chacun avait renoué avec l'autre comme si rien ne s'était produit ses deux derniers jours. Alors qu'ils finissaient leur bento, une silhouette trop bien connue se profila à l'entrée du terrain. En effet, Unohana venait leur rendre une petite visite de courtoisie – bien que la nature réelle de ses agissements relevaient plus de la curiosité et de l'amusement de la situation de ces deux-là.
- Je suis venu voir si vous vous étiez parfaitement remis, "Kuchiki taicho" ?
- En effet, je ne garde plus trace d'incident quelconque, répondit Ichigo horriblement gêné par le regard perçant de la capitaine
- J'en suis heureuse alors. Mais je vois que notre cher invité s'est à son tour blessé : que vous est-il arrivé, "Kurosaki-san" ?
- J'ai glissé en sortant de la douche… Byakuya fulminait, il n'avait rien trouvé de plus stupide comme excuse et cette femme était bien trop intelligente pour se laisser duper ainsi
- Vous devriez faire plus attention à vous "jeune homme". Avez-vous fait quelque chose pour soulager la douleur ? demanda innocemment la femme médecin, qui savait de un très bien à qui elle s'adressait en réalité, de deux qu'on ne se faisait pas de marque de poing en tombant sur du carrelage et de trois que c'était forcément suite à une altercation entre eux que le coup était parti – personne n'étant assez fou pour s'en prendre au capitaine à main nue, surtout que depuis son retour ce dernier ne fréquentait personne d'autre que son élève.
Ce qu'elle comprenait moins était l'ambiance relativement légère qui régnait entre ces deux-là : en temps normal, le noble aurait du passer le jeune homme à la moulinette pour avoir osé le frapper ainsi. Or rien dans leur attitude ne trahissait une colère imminente ; ce pouvait-il que… Unohana plissa les yeux une seconde : ce pouvait-il vraiment que… Elle allait devoir surveiller ça de près : elle sentait que ça allait grandement l'amuser…
La capitaine de la quatrième division partie, les deux shinigami reprirent leur entraînement ; Byakuya aidait Ichigo à améliorer la manipulation de "son" shikai ; tandis que de son côté, il essayait d'obtenir le bankai de Zangetsu.
Le vieil homme ne se montrait pas aussi docile qu'avec Ichigo : bien que le roux n'avait pas non plus eu un traitement de faveur, mais Zangetsu quoique ayant reconnu la force de Byakuya ne pouvait le considérer comme un novice et il s'adressait à lui plus finement qu'avec Ichigo. Le capitaine commençait à apprécier l'âme du zanpakuto bien qu'il ne regrette son obédience à la force brute ; mais le vieil homme était sage et particulièrement perspicace…
Si le capitaine espérait atteindre le bankai, il ne pourrait le faire avec la force : il lui fallait comprendre ce que Zangetsu désirait le plus ardemment… De son côté, Ichigo était obligé d'apprendre à ce concentrer de manière particulièrement aigüe : le plus important avec Senbonzakura était la phase d'observation. Comprendre comment, quand et où attaquer : essayer d'ouvrir son esprit et d'englober toute la scène comme les pétales le faisaient de leur proie. C'était difficile mais le défi était à relever et Ichigo ne céderait pas avant d'avoir réussi à maîtriser le complexe zanpakuto.
Le soir arrivant, les deux shinigami repassèrent par le bureau du capitaine veiller au bon fonctionnement de la sixième - et surtout faire le plein de documents à traiter. Alors qu'ils repartaient en direction du manoir, Ichigo se fit la remarque qu'il n'avait pas vu Renji de la journée alors qu'ils devaient le croiser au moins chaque matin :
- Dis Bya, pourquoi n'a-t-on pas eu de visite de Renji ?
- Disons qu'il y a beaucoup d'occupations ces derniers temps, conclut platement le noble
A ce moment-là, un amas de papier éternua : à la vue des quelques mèches rouges qui en dépassaient ainsi qu'un pied, tout laissait à croire qu'il y avait un homme encore vivant sous la montagne de document ; et au son de la voix qui s'en échappait, on pouvait en conclure que c'était le lieutenant de la sixième qui était en train de se noyer sous les archives :
- Mais pourquoi Taichoooooo !!!!
Une fois rentrés, le capitaine s'attela de nouveau à ses papiers jusqu'à ce que l'heure du dîner arrive ; Ichigo lui s'ennuyait ferme et ne voulait surtout pas se mettre à réfléchir : c'était trop dangereux, ses pensées revenant souvent à un certain événement sans qu'il ne comprenne vraiment pourquoi.
Il regrettait de ne pas avoir de musique à écouter ou de bons mangas à lire. Il était sorti sur l'engawa histoire de regarder le soleil se coucher sur le Sereitei. Il déplorait être cantonné aux appartements du noble – quoique ceux-ci soient vastes – mais pour une fois la conversation de Rukia lui manquait, même ses engueulades avec Renji lui paraissaient de bons moments ou encore les réunions improvisées au bureau de la dixième quand Matsumoto offrait sa tournée de saké…
En même temps, il pouvait prendre un peu de repos ici : le jardin était si calme et le silence profond – rien à voir avec sa vie à Karakura… Oui, mais sa famille et ses amis lui manquaient : ils étaient sûrs qu'au moins Ishida, Chad, Inoue et Tatsuki avaient remarqué son échange avec Kon ! Et si c'était seulement le seul échange… Même les vizards lui manquaient un peu : pourtant la vie loin de Hiyori et Shinji pouvait être vécue comme les meilleures vacances au monde…
Oui mais voilà, là il était seul et quelque chose lui manquait, juste une présence… Et c'était reparti, il s'était remis à penser ! Les mains croisées derrière la tête, Ichigo regardait défiler les nuages dans le ciel de plus en plus sombre : comment Byakuya était-il devenu aussi froid ? Facile : vu que ces seules distractions se limitaient à remplir des kilomètres de papiers… Enfin, non, il y avait son thé nocturne… Le roux se mit à penser à ce moment tout particulier, tout comme lorsque le capitaine lui avait appris à préparer le thé chez Urahara… Il avait l'impression que cela remontait à des semaines pourtant à peine dix jours ne s'étaient écoulés depuis leur malheureux accident…
Ichigo fut tiré de ses songeries alors que le capitaine venait le chercher pour le dîner. Le repas se déroula calmement ; et puis vint l'heure du thé. Comme avant leur altercation, les deux shinigami retrouvèrent le plaisir de la boisson chaude et de la contemplation du paysage nocturne. Et comme les fois précédentes, Ichigo finit par s'endormir sur l'épaule du noble…
Sauf que celui-ci ne réagit plus tout à fait comme les fois précédente : en effet, une certaine voix se fit entendre dans son esprit, qui lui soufflait de ne pas troubler ce moment ni ce contact… Voir même d'en profiter un peu, comme un peu de liberté volée, comme un secret que personne pas même Ichigo ne connaîtrait…
Alors presqu'involontairement, Byakuya passa son bras par-dessus les épaules du corps endormi et cala la tête du jeune shinigami dans son cou… Personne ne pouvait se targuer d'avoir eu un jour une telle proximité avec le noble… sauf bien évidemment Hisana… Le capitaine resta un long moment ainsi avant d'aller coucher le jeune homme et de prendre lui-même du repos.
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Les deux jours suivants se déroulèrent de la même façon. Et chaque matin, Ichigo s'abandonnait un peu plus lorsque Byakuya le coiffait. Et chaque soir le repas se faisait plus animé : le jeune homme s'ouvrait un peu plus et le noble se faisait plus conciliant. Les deux shinigami prenaient du bon temps ensemble. Enfin, l'heure du thé arrivait et chacun se repliait dans ses pensées : le roux finissait inlassablement par s'endormir et le capitaine, sous la voix nasillarde de son hollow le prenait dans ses bras, toujours plus tendre, toujours plus attentionné, toujours plus caressant…
Puis vint le troisième jour : leurs entraînements avaient porté leurs fruits et tous les deux étaient proche du bankai, ils le savaient. Le repas fut encore plus détendu que d'habitude, Ichigo souriant franchement. Fichtre, il était fier d'avoir réussi à maîtriser le shikai houleux de Senbonzakura et même si Byakuya se contenait infiniment plus, lui aussi était quelque part réjoui par ses propres progrès – bien que pour le capitaine, il ne fut jamais question de ne pas y parvenir…
L'humeur du gamin avait recommencé à influer sur celle du capitaine et alors que le roux reposait son bol vide – pour la troisième fois ! - il adressa un sourire étrangement doux au noble. Byakuya en fut troublé… Ichigo quant à lui se sentait en grande forme ! Il ne savait pas pourquoi mais cela faisait des siècles qu'il n'avait pas aussi bien dormi… Enfin si, il se doutait de quelque chose : puisque ses rêves le ramenaient sans arrêt à une silhouette qui le veillait. Au départ, il y avait reconnu sa mère mais au fil des nuits les contours avaient changé pour ressembler étrangement à quelqu'un d'autre…
Alors qu'ils s'étaient installés pour prendre leur thé, Byakuya resta debout sa tasse fumante entre ses mains. Il savait qu'il jouait avec le feu et qu'il fallait qu'il arrête bien vite au risque de se brûler. Alors quoi qu'en dise son hollow, ce soir il ne céderait plus. Voilà ce à quoi pensait le noble en regardant les étoiles.
Ichigo, troublé par l'attitude du noble le rejoignit et avant qu'il n'ait eu le temps de lui demander quoique ce soit, le capitaine l'interrogea :
- Tu t'es toujours contenté de le regarder, ne veux-tu pas y faire une promenade ?
Byakuya avait trouvé le parfait moyen de maintenir le roux éveiller et donc d'esquiver l'heure dangereuse où il s'endormirait sur son épaule.
- Heu là ? Maintenant ? Pied nu ? Ichigo n'en revenait pas
- Tant que personne ne le sait, où est le problème ? lui retourna le capitaine un peu moqueur
- Et oui, agir dans l'ombre à l'insu de tous… Ta spécialité n'est-ce pas ? lui renvoya le jeune homme avec un petit sourire moqueur
Byakuya accusa les paroles : elles prenaient, en raison des ces derniers agissements, une saveur toute particulière. Oui, il était vraiment temps qu'il cesse…
- Ouai ok ! Va pour la balade pied nu !
Et avant que le capitaine ne l'ait vu venir, Ichigo venait de sauter pieds joints dans le jardin ! Byakuya descendit avec infiniment plus d'élégance dans l'herbe fraîche et se dirigea à la hauteur du roux qui l'avait devancé de quelques pas.
- Tu sais Bya, je sais que ce n'est pas rien, pour toi, de me laisser entrer dedans… A part Rukia et… ta femme… personne d'autre n'y a eu accès, déclara doucement Ichigo alors qu'ils avançaient lentement.
- …
Il fallait qu'il arrête et tout de suite ! Oui, Ichigo devait arrêter de lui dire ce genre de choses à lui, qui venait de prendre la décision de stopper tout ce qu'il y avait de compromettant dans leur relation. Byakuya commençait à se tendre de plus en plus…
- Comment sais-tu cela ? demanda le capitaine plus froidement qu'il ne l'aurait souhaité – mais la tension naissante ne l'aidait pas à garder le contrôle sur lui-même
- Tu te souviens plus ? Tu m'avais menacé la première fois en me le présentant… Alors ça ! Si un jour on m'avait dit que le fier Kuchiki, chef de clan et capitaine de la sixième division du Gotei 13 oublierait une menace qui avait faite à mon encontre !!!
Oui, mais voilà : là tout de suite, Byakuya ne voulait plus être cet homme-là… Et les paroles d'Ichigo le frappaient de plus en plus, laissant un trouble terrible grandir en lui…
- En même temps, si on m'avait dit que ce même Kuchiki m'aurait volé mon premier baiser, je ne l'aurais jamais cru non plus !!!…
Non, là c'était trop : Ichigo ne devait surtout pas remettre ça sur le tapis…
- Ce n'était pas un baiser.
- Alors comment t'appelles ça, Bya ?
- …
- Ben tu vois, c'était bien un baiser !
- Tu dis ça car tu n'as jamais connu ce que c'est…
Il fallait vraiment que cette conversation cesse : Byakuya sentait le trouble grandir en lui. Cela faisait des décennies qu'il n'avait pas ressenti quelque chose de ce genre ; quelque chose d'aussi profond en lui…
- Ouai p't-être mais ça n'empêche, pour moi tu m'as quand même pris mon premier baiser. Enfin pire ! Je me suis pris mon premier baiser !!!
Ichigo parlait avec désinvolture, quand si ce n'était pas si grave, comme si cela ne l'avait pas gêné outre mesure : pourtant le capitaine se souvenait très bien comment le jeune homme avait démenti avec virulence les fausses croyances à son propos – comme pour Chad ou encore la remarque du vendeur d'étole… Alors quoi ? Et là, Byakuya se souvint des trois jours qu'il avait passé sur terre et de toutes les premières fois que cette situation - et surtout le roux - lui avait poussé à commettre…
Alors que les deux shinigami se tenaient près du grand cerisier – et bien que celui-ci ait depuis longtemps fini sa floraison ne laissant que des feuilles verts sombres comme toute parure, alors que le capitaine avait pris sa décision le soir même, alors qu'il tenait enfin une vengeance pour tout ce que lui avait fait faire le roux, alors qu'il tenait surtout une excuse parfaite pour ce qu'il allait faire, Byakuya saisit le menton d'Ichigo et orienta doucement son visage tandis que le sien le rejoignait, il finit par l'embrasser…
Comme la première fois, ce ne fut au départ qu'une caresse légère, un effleurement, une esquisse de contact. Mais doucement, les lèvres se firent plus présentes, leurs douceurs rencontrant la fraîcheur de cette autre peau, les laissant s'y réchauffer. Lentement, leur goût se diffusa tandis que les souffles se mêlaient entre rétention et gêne. Mais cela ne finit par ne plus suffire : alors ils commencèrent à butiner leurs voisines.
C'était étrange, étrangement doux et pas du tout effrayant… C'était captivant et engourdissant… Ichigo commençait à céder à ce doux baiser, sa tête s'inclinant un peu plus ; le capitaine en profita pour se rapprocher un peu plus aussi, encore un peu plus, toujours un peu plus, jusqu'à ce que tout espace entre eux deux ait fini par disparaître…
Mais ce n'était encore pas assez. Alors, tandis que leurs lèvres étaient tendrement soudées et que leurs paupières avaient fini par effacer la vue pour ne laisser que le toucher, le goût et l'odorat, le capitaine cala une de ses mains sur la hanche du jeune homme et nicha l'autre sur sa nuque, forçant inexorablement leur corps à suivre leur lèvres et finirent à se joindre pleinement.
Mais cela ne fut toujours pas assez. Et comme le souffle du plus jeune se faisait désordonner et que son cœur ne cessait de taper de plus en plus fort dans sa poitrine, Byakuya devint plus téméraire encore. Ce fut d'une légère caresse pour commencer que sa langue alla rencontrer ses lèvres, très doucement, pour ne pas les effrayer. Puis elle revint encore à l'assaut goûtant leur saveur, s'imprégnant de leur arôme ; et enfin triomphante, elle pu rencontrer sa jumelle.
Ichigo avait cédé : il s'était rendu. Les délicates attentions avaient eu raison de lui et des dernières réticences qu'il pouvait avoir. Les sensations étaient trop enivrantes et c'est en ce laissant porter par leur flot, qu'il avait accueilli la douce exploratrice et que ces mains finirent par rejoindre celles du noble, comme pour s'assurer de la réalité de leur présence.
Pourtant la danse ne faisait que commencer et Byakuya se souvenait de son rôle de cavalier. Il prit donc à sa charge de mener leur échange, engageant ce qu'il fallait de langueur et de sensualité. Ichigo ne savait plus où il en était, mais il savait une chose : c'est qu'il ne voulait pas ouvrir les yeux, ne pas mettre fin à ce doux baiser, à ce tendre baiser, à ce premier baiser…
Pourtant, la gourmandise de Byakuya commençait à diminuer, il fallait qu'il s'arrête maintenant, il s'était promis de cesser toute attention ambigüe envers le roux… Alors comme à regret il commença à conclure l'échange, cessant toute conquête, refluant comme les vagues, terminant par de légers effleurements alors que son front reposait contre celui du jeune homme. Une dernière cueillette des lèvres douces et il se dégagea complètement de leur étreinte. (NdA : et là, ça vous a plu ? Je vous avais bien dit qu'il fallait en laisser un peu pour après. Alors envie d'en voir plus ou non ? ^^ !)
- Voilà, maintenant tu peux le dire : Kuchiki Byakuya, chef d'une des quatre grandes familles nobles du Sereitei, capitaine de la sixième division du Gotei 13 t'as pris ton premier baiser, déclara froidement le brun avant de disparaître dans un shunpo, laissant un Ichigo totalement incrédule et plus que troublé en plan dans le jardin…
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Bon et bien voilà, on passe au stade supérieur ! Et oui, mine de rien on y est arrivé ! Encore que la vengeance de Byakuya était ma foi une bien douce torture – moi aussi je voudrais être punie ainsi ! Preum's et lecteur/trice après, non mais ! C'est vrai, quoi : c'est le lapin qui se tape tout le boulot !!! D'ailleurs, j'avais dit vouloir diminuer la taille des chapitres : et ben c'est râpé, encore un 15 pages aujourd'hui !!!
Sinon, c'est le dernier chapitre sur lequel je fais tourner le sondage du : "qui désire que je lemon un peu cette fic à l'avenir ?" Ca ne me gêne pas de continuer en rating T, c'est à vous de voir ce que vous voulez lire !
Voilà s'il y a changement de rating, je vous l'annoncerais dans le prochain chapitre qui sera cette fois-ci principalement porté sur la grosse déconne puisqu'au programme, on a : Ichigo à la réunion des capitaines et Byakuya invité à une soirée saké à la onzième avec la crème du Sereitei !!!
Alors n'hésitez pas à motiver le lapin, j'accepte les cartes bancaires et les reviews : vous savez donc ce qu'il vous reste à faire – et n'oublier pas de préciser votre code secret ! ^^ !
mode " Après le cheval, après l'âne, aujourd'hui je suis une abeille : ben ouai, quand il s'agit de dard, je suis toujours dans le coup ! ^^ !"
PS : je sais pas si ça intéresse quelqu'un mais voici le premier plan que j'avais fait de ma fic :
« Byakuya, coincé du cul, et Ichigo, abruti fini, ont un point commun : leur cœur est tout snif snif… Alors quant à la base on est quatre et puis que l'on passe à deux, hé ben on reste en fin de compte deux – parce qu'on est deux hommes ! Comblé le mur de fierté d'Ice-man et la lenteur à la détente de la Fraise no baka par de l'humour, pas de folie avant le chapitre 12-13, utilisé Sigmund. »
Et ouai, le pire c'est qu'avec un plan pareil j'ai quand même tenu dix chapitres !!! ^^ !
PS 2 : je retrouverai comme d'hab mes chères revieweuses sans compte dans la review que le lapin se fait chaque semaine – d'ailleurs dites moi si c'est utile, parce que finalement je n'ai jamais su si les concernées les lisaient vraiment -___- ;
