Le mercredi House arriva à l'institut en fin de matinée. Il avait à peine franchi les portes du hall que Wilson l'interpella.

- Hey Greg ! il serra House dans ses bras.

- Salut Jimmy ! Tu as l'air en pleine forme !

- Oui, c'est génial ! je me plais bien ici tu sais !

- Tant mieux, il sourit devant l'enthousiasme de son ami.

- Tu arrives juste à temps pour le déjeuner. Viens ! Je te ferai visiter tout à l'heure !

House le suivit, amusé il remarqua plusieurs groupes épars. James n'était pas le seul à recevoir de la visite. Ils s'installèrent à une table à l'extérieur. Une jeune fille, accompagnée d'un jeune garçon et d'un couple, lui fit de grands signes de la main. Auxquels James répondit en souriant.

- Une amie ?

- C'est Mary, elle est gentille mais fatigante ! Elle parle tout le temps !

Tout en mangeant, il lui raconta sa première journée. House l'écouta et dut le reprendre de temps en temps. James était tellement excité qu'il oubliait des mots. Il avait bien meilleur moral que le lundi.

Ce jour là ils étaient seulement arrivés en début d'après midi car le matin James avait été malade. La peur de l'inconnu lui ayant déclenché des nausées. House, en tant que médecin, avait eu un entretien avec le Dr Walter qui lui avait brièvement expliqué le programme que suivrait Wilson.

Il avait rejoint ce dernier dans sa chambre. Et avait vu les efforts qu'il faisait pour ne pas flancher. Sans un mot, il l'avait aidé à ranger ses affaires. Une infirmière était arrivée elle venait chercher Wilson pour lui faire visiter les lieux et lui donner le règlement. House était donc parti, le laissant à sa nouvelle vie.

Donc, le voir aussi bien rassura House. James débarrassa les plateaux.

- Allons dans le parc, c'est sympa et c'est calme.

- Parfait, allons-y. Tu n'as besoin de rien Jimmy ?

- Non, ça va. On va s'asseoir là, il montra un banc situé à l'ombre. C'est bien ici tu sais.

- Vraiment ?

- Oui, ne t'inquiète pas, ça va aller maintenant.

- Parfait. C'est quoi ce bâtiment ?

- Des ateliers, c'est là que j'apprendrai un travail plus tard. Peut-être plusieurs ! ça dépendra de mes pacacités !

- On dit 'capacités' et celui plus petit là-bas ?

- C'est la piscine et le gymase, et derrière il y a des terrains de basket et de tennis.

- C'est un 'gymnase' Jimmy. Voyant l'air subitement grave de James. Que ce passe-t-il ?

- Les ennuis arrivent, dit-il en voyant Rupert s'avancer vers eux.

- Qui est-ce ?

- C'est Rupert. Il ne m'aime pas. Et il n'aime pas Mary. Il cherche toujours les disputes, c'est elle qui me l'a dit.

House changea légèrement de position, prêt à agir si nécessaire. Mieux valait que ce Rupert ne s'en prenne pas à James, le pauvre ne ferait pas le poids. Il s'arrêta devant eux et, sans aucune gêne, il examina House de la tête aux pieds. D'un air dégoûté il se tourna vers Wilson.

- C'est qui lui ?

- Demande-lui !

- C'est à toi que je parle 'Médor'

- Arrête de m'appeler comme ça ! il se leva brusquement.

- Quoi ? Tu veux me mordre 'Médor' ? il éclata de rire content de sa remarque. Tu crois que le boiteux me fait peur ?

- Tu laisses mon frère tranquille ! hurla Jimmy.

House jugea plus prudent de se lever à son tour et de s'interposer. Il dépassait Rupert et il n'aurait aucun mal à l'affronter s'il fallait en arriver là. Il le fixa droit dans les yeux.

- Bonjour Rupert, moi c'est Gregory.

- Bon…bonjour. Il était impressionné par la voix froide de House et surtout par son regard.

- Je suis le frère de James. Tu as d'autres questions ?

- Heu….non….je….

Il ne termina pas sa phrase, tourna les talons et partit. Tom arriva quelques secondes plus tard en courant.

- James ! Dr House ! Vous allez bien ?

- Oui Tom. Gregory a fait partir Rupert.

- Je suis désolé docteur mais, depuis son accident Rupert a un comportement provocateur.

- Vous voulez dire agressif ! Vous devriez mieux le contrôler !

- Il crie et parle fort mais il n'a jamais frappé ou essayé de frapper quelqu'un.

- J'espère pour l'institut que cela continuera ainsi. Menaça House, doutant fortement de la passivité de Rupert.

Le reste de la journée se passa sans heurts. Mary vint les rejoindre. House put se rendre compte qu'elle était, comme lui avait dit James, plutôt remuante et extrêmement curieuse. Lorsqu'il fut temps à House de partir, Wilson ne se montra pas anxieux. Il rentra à Princeton soulagé. Dans un peu plus de quatre semaines, il pourrait venir le chercher pour le weekend.

Le lendemain Cuddy vint le voir dans son bureau pour lui demander des nouvelles. Elle fut ravie de savoir que tout se passait bien pour Wilson. House vit aussi son avocat. Ils mirent en marche la procédure de tutelle. Comme il s'y attendait les parents de son ami s'y opposèrent il y aurait procès. Cela durerait plus longtemps. Ils faisaient ça, plus pour lui nuire, que pour défendre leur fils.

Wilson était à l'institut depuis un mois maintenant. Il avait laissé tomber la poterie pour le dessin où il se débrouillait beaucoup mieux. Il avait aussi rasé sa barbe, il n'aimait pas ça et il faisait plus vieux avec. Ses deux 'professeurs' Patrick et Arthur étaient satisfaits de ses résultats. Il était parmi les plus rapides de son groupe dans son apprentissage. Les autres étant Mary et Guy, avec qui il s'entendait très bien.

Le Dr Walter lui avait fait passer le même genre de tests que le Dr lui avait juste dit que tout était bien. Ce qui devait être vrai car Gregory l'avait félicité après avoir eu un entretien avec le Dr Walter.

Il était plus de 20h00 et allongé sur son lit, Wilson lisait les aventures de Robin des bois. Un cadeau de Treize. Foreman lui avait offert un logiciel. Chase et Taub des jeux pour sa console. Lorsqu'il avait demandé à Gregory pourquoi ils faisaient ça, il lui avait dit que le lundi 5 juillet c'était son anniversaire. Il avait eu une casquette de baseball et un tee-shirt de la part de Cuddy et House lui avait offert une paire de chaussures de sport.

Mais, son véritable cadeau, il aurait dans une semaine. Quand il serait enfin autorisé à sortir les weekends.

On frappa discrètement à sa porte. Il posa aussitôt son livre et alla ouvrir. Mary et Guy entrèrent en vitesse dans sa chambre.

- Vous êtes toujours partant ? demanda Mary

- Oui. Répondirent-ils en chœur

- Ok, revoyons notre plan.

- Je vais dans la salle TV et je change le programme que Rupert regarde. Récita Wilson

- Ben j'aimerais pas être à ta place James !

- Merci de ton soutien ! donc s'il change, je change de nouveau et cela jusqu'à ce qu'il s'énerve. Continua-t-il.

- S'il te frappe ça va faire mal ! devant le regard noir que lui lança James. Ok je me tais. Moi je dis que je veux voir la même chose que toi, récita-t-il à son tour.

- Ok ! moi je cours prévenir Lewis, c'est lui qui est de garde ce soir. Dès qu'il sort du bureau, j'entre et je prends la clef.

- Tu es sûre qu'il ne va pas le voir ? s'inquiéta James

- Non, cette clef leur sert uniquement en cas de secours, ils ont la leur sur eux.

- Le garde du hall va nous voir, fit remarquer Guy.

- Mais non ! je te l'ai déjà expliqué ! on va descendre au premier sous-sol par l'escalier B. C'est le seul qui aille aux vestiaires du personnel la porte de service par laquelle ils entrent est juste à côté.

- Bon alors pour l'argent j'ai 64 dollars et 45 cents. Mes parents ne me donnent pas grand-chose quand ils viennent et je n'ai rien dépensé comme tu l'avais dit !

- Moi j'ai 126 dollars c'est tout. Mes parents sont plutôt radins. C'est mon petit frère qui m'a donné les sous de sa tirelire. Et toi James tu as demandé de l'argent à ton frère ?

- Non

- Mais on va pas avoir assez d'argent !

- Calme-toi ! j'ai dit que j'avais une solution.

Il alla jusqu'au placard, en sortit sa valise, l'ouvrit, souleva le fond rigide. Il se retourna enfin, brandissant un petit rectangle doré.

- T'as une carte ! génial !

Ils se rendirent tous les trois dans la salle Tv. Rupert était bien là, riant devant de simples publicités. Mary poussa Wilson dans le dos pour le forcer à avancer. Ce dernier faillit tomber tellement elle y avait été fort. Il souffla un grand coup et se dirigea vers la télé. Il changea de chaine.

- Touche pas à ça Médor !

- Je veux voir le film Rupert ! T'es pas seul !

- Remet l'autre chaine ou je t'assomme !

- T'oseras pas ! C'est interdit de se battre !

- Ah ouais ! T'es sûr ? dit-il en se levant.

- Moi aussi je veux voir le film Rupert, intervint Guy, allez soit sympa pour une fois !

- Tiens ! L'autre 'toutou' de la Princesse ! Pas question les microbes ! C'est moi qui choisi !

- Et pourquoi ? demanda Wilson qui vit avec soulagement Mary quitter la pièce.

Lewis arriva juste à temps pour éviter le pire, du moins pour Wilson. Rupert l'avait attrapé et plaqué contre le mur. Le maintenant d'une seule main il s'apprêtait à lui balancer son poing dans la figure.

- Ça suffit Rupert ! Lâche James immédiatement !

Il obéit tout de suite. Wilson ouvrit les yeux qu'il avait fermés pour ne pas voir le poing lui arriver en plein visage. Il se détendit en voyant Mary revenir avec le sourire lever le pouce en signe de victoire.

- Ça va James ? Questionna Lewis.

- Oui

- Qu'est- ce qu'il s'est passé ?

- L'émission que regardée Rupert était finie, j'ai changé de chaine pour voir le film avec Guy et Mary et Rupert s'est énervé. Il ne voulait pas changer. Il dit que c'est lui qui décide.

- C'est vrai Rupert ?

- …..

- Répond s'il te plait. Alors c'est vrai ?

- …. Oui, admit-il.

- Je vais devoir en parler au Dr Walter, tu le sais n'est-ce pas ?

- Oui

- Tu allais le frapper. Donc en attendant je vais t'enfermer dans ta chambre. C'est le règlement. Les bagarres sont interdites.

- Il va me renvoyer ? demanda-t-il inquiet.

- Non, mais tu auras certainement une punition.

- Bien, il s'adressa à Wilson, désolé Médor.

- Allez viens. Quant à vous trois regardez votre film dans le calme.

Wilson les regarda partir, il n'était pas dupe des excuses de Rupert. Il savait que ce dernier n'était pas désolé, au contraire il était même persuadé qu'il cherchait déjà un moyen de se venger.

Une fois qu'ils furent seuls, Mary leur montra rapidement la clef avant de la remettre dans sa poche. Il ne leur restait plus qu'à attendre le dimanche pour mettre leur projet à exécution.

Le dimanche matin fut particulièrement long pour les trois compères. Enfin le moment arriva. Le concert des Dynamos, un groupe de Hard Rock, ne commençait qu'à 14h30 à l'autre sortie de la ville dans un champ.

Ils profitèrent du va et vient au moment du repas pour se planquer dans les toilettes du premier étage. A 12h45 précise, ils se précipitaient dans l'escalier B. Mary ouvrit la porte qui donnait sur le côté est. Guy sortit en premier, se cachant aussitôt derrière les buissons. Il fut suivi par James et Mary qui prit le temps de refermer la porte à clef.

Courant courbés derrière la haie de buisson qui bordait l'allée menant à l'institut, ils atteignirent rapidement la grande route. Ils prirent à droite et se retrouvèrent hors de vue. Ils s'arrêtèrent quelques mètres plus loin, à bout de souffle et hilares.

- Et maintenant ? demanda Guy.

- On se débarrasse de nos bracelets médicaux, ils sont trop voyants. Dit James

- Ok !

Ils les arrachèrent de leur poignet et les mirent dans leur poche. Puis ils prirent le chemin de la ville. Vingt minutes plus tard, ils y étaient. Ils cherchèrent un distributeur de billets et Wilson retira tout l'argent qu'il pouvait soir 1600 dollars.

Ils allaient vers l'arrêt de bus lorsqu'un van avec trois filles et deus mecs s'arrêta à leur hauteur.

- Vous allez au concert ?

- Oui

- Montez ! on vous emmène !

- Ok merci ! Allez vous deux bougez-vous ! lança James en montant dans le véhicule.

Ils arrivèrent en avance. Wilson paya les trois places. Ils se posèrent sur une petite bute. Les deux gars sortirent des joints et leurs en proposèrent. Tous les trois acceptèrent. Wilson fut pris d'une quinte de toux à la première bouffée. Au deuxième essai, cela se passa beaucoup mieux

Le concert débuta. Wilson, euphorique, se mit à siffler. Il faisait chaud, il enleva son tee-shirt et le noua sur sa tête. Des bières apparurent comme par magie. James en but plusieurs. Il hurlait plus qu'il ne chantait les paroles des chansons.

Le spectacle dura presque trois heures, deux groupes locaux y participant aussi. Tous fumèrent et burent plus que de raison. Ils s'endormirent sur place. Lorsqu'ils se réveillèrent enfin, tous avaient soifs et ils étaient seuls sur le terrain.

- J'ai soif, dit une des filles qui c'était prise d'une grande affection pour Wilson.

- Vous trouvez le bar et moi je paie proposa-t-il en montrant quelques billets.

- Ok ! allez debout tout le monde !

Certains grimacèrent à cause d'un affreux mal de tête. Mais tous montèrent dans le van. Ne dit-on pas qu'il faut soigner le mal par le mal ! Ils s'arrêtèrent au premier bar qu'ils virent. Ils s'installèrent tout au fond de la salle. Ils commandèrent plusieurs pintes de bière et une bouteille de whisky.

Wilson et les deux autres gars décidèrent de faire un concours pour savoir qui boirait le plus de pintes. A la 3ème Wilson s'arrêta. Sa groupie s'assit à califourchon sur ses cuisses et s'appliqua à lui dévorer la bouche. Elle alluma un joint qu'elle partagea avec lui. Leurs mains s'aventurèrent en territoire interdit. Plus rien d'existait il n'y avait plus qu'eux, seuls.

Wilson lui palpait les seins alors qu'une chaleur intense se diffusait au niveau de son bas ventre. Il se mit à rire. Il était heureux. La fille aussi riait. Il sentit sa main dans son pantalon. Il ignora les avertissements de Mary lui disant de se calmer. Certains clients du bar les observaient bizarrement. D'autant plus que les deux autres faisaient la même chose avec leur copine.

Trois types s'approchèrent de leur table.

- Dites les mecs, elles ont l'air bonnes vos grognasses. Vous nous les prêtez. Nous on aime bien les chaudasses ! Pas vrais les gars ?

- Ouais ! approuvèrent ses copains.

- Toi ! Il attrapa le bras de la fille qui était sur Wilson, viens me voir ! Il la tira vers lui, l'obligeant à se lever. Tu vas me montrer ce que tu sais faire avec ta jolie bouche !

- Lâche-moi connard ! Cria-t- elle en essayant de se dégager.

- Pas question, tu vas venir avec moi et tes copines vont s'occuper de mes amis !

- Elle t'a dit de la lâcher ! Lança Wilson.

Pour toute réponse il reçut un coup de poing. Il riposta. La bagarre débuta, Mary, prudente se mit à l'abri sous une des table de billard avec Guy.

Au repas du soir que Tom se rendit compte qu'il manquait trois patients. Aucuns de ses collègues ne les avaient vus. Ils cherchèrent d'abord dans l'institut, en vain. Alors que certains fouillaient le parc, Tom appela le Dr Walter pour l'informer de la situation.

La fouille du parc ne donna bien évidemment aucun résultat. Ils vérifièrent les enregistrements vidéo des caméras de surveillances extérieures. C'est là qu'ils les virent s'enfuir

- Comment cela a-t-il pu arriver ? Hurla Walter

- Personne n'a perdu sa clef docteur !

- Mais oui ! C'était une diversion ! S'exclama Lewis. Ils ont pris la clef de secours dans le bureau ! Devant l'air surpris des autres. L'altercation avec Rupert, elle était voulue. Je suis même certain que c'est Mary qui a pris la clef.

- Je préviens le sheriff. Lewis, Tom prenez chacun une personne avec vous et allez sillonner les environs.

Plus de deux heures plus tard le Sheriff appelait le Dr Walter.

- Bonsoir Docteur. Bonne nouvelle, nous avons retrouvé vos trois fugueurs. Mais il y a aussi un problème avec l'un d'eux.

- J'arrive ! Merci Sheriff Adams.

Il se rendit au poste de police. A la fois soulagé et furieux.

Le lundi matin, House et son équipe discutaient de leur nouveau cas quand son portable sonna. Il décrocha aussitôt en reconnaissant la sonnerie qu'il avait sélectionnée pour l'institut.

- Dr House

- ….

- Quoi !

- …

- J'arrive !

Tous avait vu le visage de House passer de l'inquiétude, à la surprise et à l'incrédulité la plus totale.

- Foreman, vous prenez le cas en charge.

- Un problème avec Wilson ?

- Oui, l'ado de 41 ans vient de faire une fugue, s'est fait coffret pas les flics, avec un taux d'alcoolémie élevé et il est aussi positif à la Marijana. Il a plusieurs plaintes contre lui dont une pour attentat à la pudeur !

- Wilson ? C'est pas possible ! S'écrièrent-ils surpris.

- Et bien quand il se lâche, il ne fait pas les choses à moitié. Constata Treize avec un large sourire.