Bien le bonjour. Urgh. Je suis en retard. De six jours. Je suis désolée. Je crois que la sensation de rentrée revenant à grands pas à commencer à s'abattre sur moi - ok c'est demain et je songe à inventer une potion de sommeil ou quelque chose dans le genre pour me réveiller dans deux mois pour les prochaines vacances. Quoique si je fais ça je ne pourrais plus lire, écrire ou regarder des fandoms. Peut-être qu'il faudrait trouver une autre solution. BREF. Ce chapitre est plutôt long. En fait j'ai l'impression d'écrire de plus en plus à chaque chapitre x.x Par contre à cause de Rousseau, mon Anglais et mon Espagnol je n'ai pas eu le temps de me relire - et j'espère que vous me le pardonnerez é.è
Au passage, pour ceux qui lisent mon autre fiction "Réincarnation", je suis désolée pour l'ENORME retard que j'ai sur celle-là mais elle est en cours, lentement mais sûrement. Voilà. Merci de me lire, de continuer à me laisser des reviews et à favoriter et follower - à ce propos, j'en ai eu beaucoup récemment, si justement vous pouviez juste laisser un petit mot ça me ferait extrêmement plaisir. "Aimer" et "suivre" me montre que vous lisez ma fanfic' mais ne me dit pas ce que vous aimez particulièrement ou pas.
J'espère que ce chapitre vous plaira, lov. Je pense poster tous les vendredis à partir de maintenant, mais rien ne dit que je ne trouve un autre jour si ça ne va pas dans mon organisation ^^' bonne lecture et à vendredi prochain !
DERNIERS JOURS DE TOUSSAINT
En se levant le lendemain matin, Sam pensait qu'il devrait bien profiter de ses derniers jours de vacances. Après tout, il avait tout fait pour : les devoirs à l'avance, l'organisation de la maison, l'occupation de son correspondant et la surveillance de son – grand – frère... Il pensait que tout irait très bien, qu'il n'y avait pas de raisons pour lui de ne pas pouvoir profiter. Même si cette nuit, Gabriel avait passé son temps à se tortiller dans tous les sens sur son matelas en ronflant – légèrement, mais ronflant quand même, ce qui était suffisant pour l'empêcher de s'endormir complètement – Sam croyait en ces derniers jours où rien au monde ne viendrait perturber son bonheur d'être en vacances. Enfin il s'en persuadait.
Mais il avait tort, oh tellement tort. Il ne savait pas à quel point.
En fait, il ne le découvrit qu'à partir du moment où il quitta sa chambre. A cet instant même où il fit son premier pas hors de son domaine privé, lorsqu'il sentit sous son pied nu une jolie petite punaise qui l'attendait sagement depuis quelques heures pour lui souhaiter une très bonne matinée. C'est à moitié réveillé et dans un cri de surprise qu'il réveilla légèrement son camarade de chambre. Après s'être penché sur ladite punaise, qui ne voulait pas se décrocher de son pied lorsqu'il le secouai,t et l'avoir hoté, il leva son regard et se crispa encore un peu plus. Alors il n'y tint plus.
Il retourna dans sa chambre pour y trouver un Gabriel assit sur le rebord de son lit, tout sourire, qui commença sa phrase :
- C'est toi qui vient de crier Sam ? Parce qu'on aurait dit une voix de fi-
Jusqu'à ce que Sam n'empoigne son oreiller et ne le lui lance violemment dessus avant de se jeter dans la chambre de Dean, sans qu'il n'aie le temps de réagir, lui faisant subir exactement le même sort, au risque d'éveiller Castiel – mais il saurait se faire pardonner (enfin, il l'espérait).
- Sam ?! hurla Dean, qu'est-c'que tu fous là ?!
- Oh, soupira Sam d'un air faussement désolé, excusez-moi de vous déranger, votre majesté, mais je crois que vous avez un peu trop fait la fête hier soir, dit-il en appuyant sur ces derniers mots.
- Qu'est-ce que...
Sam s'écarta à peine de l'encadrement de la porte, mais c'était suffisant pour voir ce qu'il y avait derrière. La vision d'horreur.
De toute leur courte vie de pratique de Free Foutoir, jamais au grand jamais ils n'avaient atteind un tel niveau. Ils pensaient certainement y arriver aux alentours de leur dix-huit ou vingt et un ans – un grand pas vers la majorité ou du moins un avant-goût ? – mais tout de même... Sam se laissa glisser contre la porte de la chambre de Dean à l'instant où Gabriel le rejoignit, les cheveux emmêlés par les plumes qui s'étaient échappées du coussin.
- Je suis un blessé de guerre. Par conséquent, je ne travaille pas. Tu assumes et tu ranges. J'étais contre, tu as voulu, tu en subis les conséquences.
Dean grogna en se recouchant sans faire attention à son cadet.
- Dean.
- Je peux aider, lâcha innocemment Gabriel.
Si Sam pouvait fusiller littéralement les gens du regard, Castiel ne serait que le seul survivant de la maison Winchester. Pour l'instant.
- C'est toi qui a encouragé Dean, évidemment que tu vas aider !
- Ok, bon... je suppose que je vais devoir aller m'habiller et dire adieu à ma grasse mat'...
- J'espère bien.
Gabriel hocha de la tête et prit le pas vers leur chambre.
- Inutile d'en faire toute une histoire Sam, dit Castiel. Ça sera vite rangé.
Un cri résonna dans le couloir.
- C'est rien ! Tout va bien, je suis pas mort ! leur parvint la voix de Gabriel.
La punaise pouvait compter sa deuxième victime pour la journée.
- Désolé de t'avoir réveillé Cas'.
- Non, c'est bon. Je n'ai rien dit et j'ai aussi participé.
- Heu, prit le risque de dire Dean, si on part du principe que ceux qui ont participé rangent, alors tu devrais quand même nous aider Sammy. Parce que même si tu « étais contre » le fait qu'on continue la soirée ici, tu étais là. Et quand je dis là, c'est avec nous, pas tout seul enfermé dans ta chambre.
- Dean, je-
Son frère haussa un sourcil.
- Je...
Et merde. Il avait raison. Et même son excuse de blessé de la punaise ne fonctionnait plus, sinon il dispensait aussi Gabriel. Il se prit le front de la main droite. Ne pas beaucoup dormir cette nuit ne le réussissait pas tellement. Il n'aurait pas agit comme ça normalement. Après tout il ne connaissait Gabriel et Castiel que depuis deux mois et il se comportait comme s'il les connaissait depuis toujours.
- Okay. Mais tu fais le gros du boulot.
- Deal.
Sam se leva pour rejoindre Gabriel dans la chambre, laissant au moins à Dean et Castiel le temps de se « réveiller » maintenant en paix.
C'était bien simple, ce n'était plus un salon mais une montagne. Une montagne de déchets. Bonbons, chocolats, pizzas, boissons, il y avait de tout. En plus des punaises qui traînaient par terre, sorties elles aussi d'ils ne savaient d'où. Peut-être que quelqu'un était somnambule dans cette maison ?
Le nettoyage dura près de quatre heures. Quatre grosses heures. Dean et Cas' – qui avait insisté pour rester avec Dean en prenant la place de Gabriel, lequel s'était par conséquent retrouvé avec Sam à nettoyer derrière le rangement – s'affairèrent à jeter les ordures jusqu'au bout sans même rechigner une seule fois, ce qui relevait du miracle.
Une fois que tout fut mis en ordre, plus personne n'avait la foi de bouger. Ils s'affalèrent sur les canapés, vidés. Et ils seraient sans aucun doute restés dans cette position si Charlie n'avait pas appelé Dean qui avait eut le courage d'allonger sa main vers la table de chevet qui trônait à quelques monstrueux mètres de lui, pour les inviter à sortir jouer au bowling.
- Hum, Charlie, je crois que là c'est mort... répondit Dean. On est tous crevés là. Ouais. On a fait le ménage toute la journée... à cause de la fête d'hier...
- Rho aller, un petit effort, vous avez pas quatre-vingt dix ans non plus ! Je vous prends dans dix minutes, et sans rechigner. Vos correspondants ont déjà joué au bowling ?
Dean s'apprêtait à refuser encore mais sa dernière question le prit au dépourvu et il eut pour réflexe de répondre.
- Heu, je sais pas... (il adressa un mouvement de tête vers le téléphone en interrogeant Cas' et Gabriel du regard, auquel Castiel répondit négativement à son grand étonnement). Pas Cas'.
- Ok c'est pas grave, Dorothy non plus.
- Mais écoute Charlie...
- Pas de « mais », je suis désolée pour Balthazar étant donné que c'est lui qui a ramené presque toutes les saletés que vous avez dû ramasser, mais après tout ce mal que vous vous êtes donnés, ça vous fera une sortie. Bon, ok, pas une « sortie sortie » à proprement parler, mais vous voyez ce que je veux dire, une sortie pour sortir, en dehors de votre maison.
- Je...
- A tout de suite.
Le téléphone bippa aux oreilles de Dean annonçant le raccrochement du téléphone de Charlie. Dean lança son téléphone en jurant dans les coussins avant de se renfrogner de dépit dans le canapé.
- J'espère que vous avez de l'argent sur vous, parce qu'on pourra pas y échapper, les gars, déclara-t-il.
Il connaissait suffisamment Charlie pour savoir qu'il ne devait pas contrarier la jeune fille car elle pouvait très bien se montrer très persuasive. Maudits dons informatiques.
- Pas de soucis, dit Sam nonchalamment.
- En attendant je pense qu'on devrait profiter de ces quelques minutes pour prendre une douche, non ?
- Excellente idée, approuva Castiel.
- Hum, les gars... souffla Gabriel qui n'avait pas dit un mot depuis le début. Je... je crois que j'ai un problème.
Sam se retourna vers lui, alerté par le ton implorant de sa voix.
- Gabriel ? Ça ne va pas ?
Le visage de l'adolescent virait rapidement au rouge à vu d'œil, ses mains grattaient furieusement son buste mais principalement ses côtes et son dos sans qu'il n'arrive à se contrôler. Sam n'avait pas tellement fait attention à lui pour remarquer ces agissements mais maintenant qu'il l'observait il pouvait déjà voir son pull légèrement abîmé par ongles de Gabriel dans son dos. Il avait certainement dû vouloir calmer ses irritations comme un bouton de moustique inconsciemment, ce qui n'avait fait qu'accélérer le processus au point de l'obliger à continuer son manège sous son pull.
Mais ce qui fit agir Sam fut la première vision du sang incrusté sous les ongles de son correspondant.
- Oh mon Dieu Gabe arrête ça tout de suite ! Stop !
Il saisit ses mains alors qu'elles replongeaient sous le vêtements et les plaqua sur les genoux de Gabriel.
- Qu'est-ce que tu as fait ? Oh mon Dieu mais ça fait combien de temps que tu fais ça ? Gabe ? Gabriel ?
- Je sais pas moi ! J'ai l'impression que ça me démangeait depuis quelques temps, mais là j'ai pas attention et...
- Laisse-moi voir ton dos on doit pouvoir arrêter ça.
Gabriel recula en se dégageant de Sam.
- Pas besoin. Je vais prendre une douche, ça ira mieux.
- Gabe...
- Gabriel, si c'est important à t'en faire saigner, tu devrais nous faire confiance, appuya Castiel.
- Non, c'est bon je vous dis. Y'a pas de problèmes, je vais m'en sortir...
A cet instant précis un spasme le prit et il ne put s'empêcher de gratter encore.
- ...Je vous jure.
- Mais bien sûr. Et moi je suis la Reine d'Angleterre.
- Je te dis que c'est bon ! Je prends ma douche, tu verras après je n'aurais plus rien. Ça doit être les poussières qu'on a soulevées tout à l'heure.
Il se leva sur ses mots et s'enferma dans la salle de bain sans demander son reste. Sam interrogea Castiel du regard qui haussa les épaules. Il n'y avait donc rien à dire.
Après tout, ça ne devait pas être important. Il avait tendance à souvent tout dramatiser à la vue du sang, bien qu'il ne puisse pas l'expliquer. L'influence des séries et des films peut-être. Ou juste une réaction normale à peine exagérée.
Pendant que Gabriel s'occupait à la salle de bain, ils prirent chacun leur tour l'autre salle de bain en prenant bien soin de se changer au passage – leurs habits étaient de vrais torchons.
Lorsque Charlie passa pour les prendre, Gabriel n'était toujours pas sorti de la salle de bain. Castiel prit les devants et frappa à la porte pour l'avertir de la présence de la rousse, sans aucune réaction. Il dût insister pour obtenir un « oui oui amusez-vous bien » ce qui devait certainement sous-entendre qu'il ne viendrait pas.
Ils hésitèrent un instant à partir lorsque Sam se proposa de rester. De toute façon, c'était son correspondant donc il en était responsable. S'il lui arrivait quelque chose pendant leur absence – même si ça l'étonnerait, mais enfin c'était Gabriel aussi... – il s'en voudrait. Et puis Castiel n'avait jamais joué au bowling, ce qui était une raison de plus pour qu'ils y aillent quand même... Gabriel était assez grand, il pouvait se débrouiller et n'avait pas besoin d'être assisté par eux. Ce n'est que lorsqu'il entendit la voiture démarrer que Sam s'écroula sur le canapé, comme vidé. Pourtant, il n'avait pas fait grand chose d'extraordinaire. Sauf si l'on considérait que nettoyer une maison de fond en comble était extraordinaire. Dans ce cas-là, beaucoup de gens seraient extraordinaires.
Il compta dix bonnes minutes avant que Gabriel ne sorte finalement. Le cadet des Winchesters ne prit pas la peine d'annoncer sa présence, il n'en voyait pas l'utilité. Gabriel s'enferma directement dans leur chambre d'un pas que Sam jugea plutôt précipité, ce qui aiguisa sa curiosité. Gabriel était vraiment trop têtu. Et bête. On ne pouvait pas être soigné si l'on ne faisait pas le nécessaire pour l'être. Bon. Peut-être devrait-il en fin de compte aller voir ce qu'il se passait.
Il sortit son téléphone de sa poche et activa la musique aléatoire en montant les escaliers afin de l'avertir de sa présence, ceci étant tout de même la moindre des choses. Il était censé être parti, après tout.
Inutile d'ouvrir la porte pour se retrouver face à un Gabriel nu comme un vers et un traumatisme à vie, n'est-ce pas ?
Castiel se pencha légèrement sur la droite, la boule de bowling à la main, qu'il tenait de son pouce, son index et son annulaire. Dean fronça des sourcils. Ils n'utilisait pas les même doigts pour la tenir en équilibre, mais n'intervint pas. Si Cas' avait trouvé ses repères comme ça, il ne les changerait pas. Du moins pas dès le premier tour. Et puis peut-être qu'il tirerait vraiment bien de cette manière ?
Son correspondant balança légèrement son poids sur un pied, puis sur l'autre sans doute pour se mettre plus à l'aise, et jeta la boule sans prévenir. L'espace d'un instant, Dean releva la tête au choc de la boule sur le parquet, et crut pour quelques secondes qu'elle n'échapperait pas au strike. Et puis elle dévia d'un cran sur le côté, juste un tout petit peu. C'était hallucinant, mais ce fut ce qui modifia toute la trajectoire et la projeta sur le côté sans que la boule ne touche aucune des quilles qui leur étaient présentées.
Une fois la boule disparue, Dean se retint difficilement de pouffer tandis que Castiel se redressa pour les rejoindre. Dorothy, qui n'avait absolument pas suivit, demanda :
- Alors, c'était comment ?
- Hum, je l'ai raté, répondit Cas' en esquissant un sourire gêné.
La chanson « Lucky Strike » remixée du groupe Maroon 5 fut diffusée au même moment. Cette fois Dean ne se retint plus.
- Puisque tu es tant enjoué, Dean, le rappela à l'ordre Charlie, montre-nous de quoi tu es capable au lieu de te moquer des débutants !
- Désolé Castiel, mais la musique..., s'excusa Dean encore hilare.
L'intéressé s'approcha de lui, une boule de bowling dans les mains, tout sourire.
- ...Cas'... ?
- Mais oui, vas-y Dean montre-moi comment faire, j'aimerai voir, dit-il d'une voix emplie de sarcasme.
Cette réaction inattendue cloua Dean sur place avant qu'il ne se reprenne, éveillé par Dorothy.
- Bon, tu te grouilles ? On aimerait aussi jouer nous, après !
Dean saisit la boule de bowling et se plaça sur la piste, très concentré. Il sortit inconsciemment la langue dans sa réflexion, prit appui sur son genoux gauche de la main gauche, le dos courbé, et, comme Castiel, souleva ses pieds en faisant basculer son poids d'avant en arrière pour trouver la bonne position. Il se pencha alors et accomplit le même mouvement avec la boule dans un aller retour, attendant l'instant où il aurait assez de poigne pour ne pas la lancer faiblement – et se faire ridiculiser publiquement au passage.
- Aller Dean ! hurla l'une des deux filles.
Comme un signal qu'il attendait, il tira. La boule dévala rapidement la piste et toucha trois quilles sur la droite qui renversèrent les quilles du fond, ne laissant sur le plateau au final que deux quilles survivantes.
- Waw, lâcha Charlie. Ok, c'était pas mal. Mais ne me dis pas que c'était calculé, y'avait pas mal de chance là-dedans.
- Je confirme, appuya Dorothy.
- Bien sûr que si c'était calculé, la taquina Dean.
- Et mon œil ? rétorqua Charlie en grimaçant.
- Et qu'est-ce que tu disais, Castiel ? reprit Dean en ignorant Charlie.
- Hum, disons que tu as plus d'expérience que moi, répondit-il tout simplement.
- Mais ?
- Mais c'est vrai que tu as eu de la chance.
- C'était calculé.
- Je ne pense pas, sourit Castiel.
- Tu remets en question ma sincérité ?
A côté d'eux, Charlie laissa échapper un ricanement sans le vouloir. Dean haussa un sourcil.
- Qu'est-ce qu'il y a Charlie ?
- Non, rien, dit la jeune fille. Absolument rien, tout va très bien.
- Qu'est-ce que...
- N'insiste pas Dean, sinon ça va finir en débat, déclara-t-elle.
Ils passèrent sur la remarque de Charlie par l'intervention de Castiel :
- Les autres ne viennent pas ? Samandriel, Tessa, Chuck... ?
- Non, ils n'avaient « pas le temps » ou étaient déjà « occupés ». Donc on n'est que nous quatre. C'est déjà pas mal !
- Tu veux dire que tu nous as obligés à venir ici alors que nous étions déjà occupés nous aussi parce que tu ne voulais pas jouer toute seule ici avec ta petite copine ?
- Plus on est de fous plus on rit, non ? Et puis je sais que tu ne dis pas non à une sortie, Dean, ça aurait été bête de passer à côté.
Sur le panneau d'affichage apparut le nom de Charlie B.
- On dirait que c'est ton tour, Charlie.
L'adolescente leva le regard – sans doute pour vérifier ses dires – et se leva en soupirant, avant de se retourner en souriant, armée de sa boule de bowling, le pouce en l'air :
- Je vais tous vous massacrer !
Même s'il avait déjà signalé sa présence musicalement parlant, Sam préféra toquer à sa porte.
- Gabriel ? C'est Sam. Je peux entrer ?
- Sammish ? Depuis quand tu toques et demandes la permission pour entrer dans ta propre chambre ?
Sam leva les yeux au ciel et entra sans plus hésiter. La chambre était mal éclairée, sans doute à cause des rideaux qu'avaient dû tirer Gabriel – il ne le faisait jamais – mais pas assez pour ne pas comprendre que quelque chose clochait rien qu'à l'expression grimaçante de Gabriel. Il prit une profonde inspiration avant de s'écrouler sur son lit où il s'allongea. Tiens, à ce propos, on dirait qu'il ne faisait que ça dernièrement. S'écrouler sur le lit, s'écrouler sur le canapé, s'écrouler sur les coussins, telle une larve. Sam ne savait pas vraiment si ce constat était positif ou non.
- Tu n'es pas allé au bowling, Sammy.
Sam tourna son visage en sa direction.
- Belle déduction, Inspecteur Gadget. Quoi d'autre ?
- « Inspecteur Gadget » ? répéta Gabriel en grimaçant. Pourquoi est-ce que je n'ai pas droit au « Sherlock » habituel de l'expression ?
- Parce que « Inspecteur Gadget » te va mieux. Et donc ?
- Et donc tu es allongé sur ton lit. Sans t'être lavé avant. Sale, fit Gabriel en mimant les mauvaises odeurs de la main droite qu'il éloignait pendant qu'il se bouchait le nez de l'autre.
- C'est vrai, concéda-t-il. Mais j'ai une excuse.
- Qui est ?
- Que nous sommes quatre dans cette maison, que mon frère et ton cousin ont monopolisé une salle de bain et que tu es resté comme une fille près d'une demi-heure dans l'autre. A moins que tu ne veuilles que je me lave les cheveux sous l'évier, je n'avais pas vraiment d'options.
- Je-
Il s'interrompit lui-même.
- Gabe, tes mains tremblent presque de retourner gratter ton dos déjà bien irrité, inutile de le nier. Je t'ai laissé tranquille pour l'instant en pensant que la douche aiderait, mais je n'ai pas besoin d'être Inspecteur Gadget, Sherlock, Hercule Poirot, Patrick Jane ou je ne sais quel énergumène détective pour deviner qu'il faut soigner ça avant que tu ne t'arraches la peau.
- Je n'ai pas besoin d'aller chez le médecin, Sammy. Je suis sûr que ça passera. Une nuit de sommeil et tout...
- Oh je t'arrête tout de suite, Gabe. Il est hors-de-question, et ne proteste pas je ne parle pas de toi mais de moi dans cette situation, pour mon propre sommeil, que tu t'aventures à rester comme ça et que tu passes la nuit à te tourner et te retourner pour te déchiqueter ey te mettre en morceaux toi-même.
Gabriel baissa les yeux.
- Je ne pense tout de même pas que cela demande l'aide d'un méde-
- Je n'ai jamais parlé d'aller consulter un docteur, Gabriel. Juste voir ce que c'est histoire de ne pas laisser le tout s'infecter.
- Je...
- Pour le sommeil de ton camarade de chambre, Gabe. Un peu de pitié.
Il garda le silence quelques secondes qui se muèrent peut-être en minutes. Sam n'en savait rien. Il restait simplement tendu au cas où il tenterait de s'enfuir – même si Gabriel n'avait aucune raison apparente de s'enfuir à moins de complexer à mort sur son dos et ses côtes ? Mais on n'était jamais trop prudent. C'était bien une chose qu'il avait pu apprendre avec les fréquentations de son frère.
Le regard de Gabriel croisa le sien.
- Et puis le sang salirait les draps, ajouta-t-il dans un sourire.
- Donc c'est O.K ?
- Ouais. Mais juste le dos. Les côtes, je peux m'en occuper moi-même, Sammamy.
Sam roula des yeux à son dernier surnom en date mais ne releva pas.
- Bon, tourne-toi et enlève ce t-shirt, ordonna-t-il en se redressant.
- Ouh, Sammy, si tu n'avais pas cet air si sévère je penserais que tu me dragues, susurra Gabriel en prenant place sur un siège.
- Non sérieusement Castiel ! s'énerva Dean. Arrête de te tordre le bras comme ça, ce n'est pas en le levant de cette manière que tu feras un strike – ou même que tu arriveras à toucher une quille !
Castiel lui jeta un regard noir, vexé par sa réflexion.
- Je fais de mon mieux, Dean.
- Je sais, mais c'est ton huitième tour et tu n'as touché que quatre quilles jusqu'à maintenant. Et ça mon pote, je suis désolé mais je peux pas l'accepter. Tu peux pas continuer comme ça.
- Dean, soupira Dorothy en prenant le bras de Charlie pour se lover contre elle, au lieu de lui dire comme ça va lui montrer, ça serait bien plus efficace et on n'entendrait plus tes jérémiades incessantes qui me brûlent les oreilles !
Ne tenant plus en place – en réalité il se retenait depuis le troisième tour de le lui montrer, comment on devait y jouer – Dean rejoignit Cas' sur le terrain.
- Regarde Cas', tu dois faire ce geste, (il mima la scène en penchant son buste en avant et en exagérant le balancement arrière de sa main droite) je peux t'assurer que ça marchera.
Castiel répéta le même geste avec un peu plus d'assurance mais bien moins de succès.
Dean se retint de justesse de se prendre le front entre les mains extériorisant son désespoir face à la, il devait l'avouer, nullité de son correspondant. Et pourtant, il n'aurait jamais cru. S'il y avait bien quelque chose qui était connu, c'était « la chance des débutants ». Apparemment, la mère de Castiel avait songé qu'il devrait se passer de cette fameuse chance lors de sa conception, parce qu'elle n'était de toute évidence pas présente.
- Dean, je...
- T'inquiète Cas', le rassura Dean. Tu vas y arriver. Je vais te montrer directement le geste.
Il s'approcha de Castiel et longea son bras pour se pencher en avant avec lui et le guider dans le mouvement sans non plus trop le coller pour ne pas le gêner dans la manipulation.
C'est au premier aller-retour de leur bras dans le vide qu'il se rendit compte du ridicule qu'il venait de commettre. La réalisation du toucher de leurs bras collés l'un contre l'autre l'électrisa et le temps que son cerveau ne se remette en route, ils accomplissaient un maladroit mais bien meilleur mouvement de lancé.
Il se retira de suite en bafouillant quelque chose comme « Tu y es presque mais c'est l'équilibre de la boule de bowling qui doit te déstabiliser en fait » ou une bêtise dans le genre. Le remix de « Bad » de Michael Jackson les harcelait et détruisait la chanson originale. Il ne savait plus si c'était l'ambiance qui rendait l'atmosphère lourde ou bien si c'était sa tête qui surchauffait. Lorsque Castiel se retourna, il opta pour la première option au vu de ses joues rouges.
- Donne-la-moi, dit-il en prenant la boule de bowling pour se pencher brutalement en l'ayant une fois en main. Punaise Castiel c'est quoi c'machin ?!
- Qu'est-ce qu'il y a ? intervint Charlie semblant soudain se rappeler qu'ils existaient.
- Elle pèse une tonne bordel ! vociféra l'adolescent. Où est-ce que tu l'as prise Cas' ?!
- Hum, comme toi, dans la même ligne. Je vous ai suivi.
- Mais c'est pas possible ça peut pas être le bon poids ! Elle pèse trois tonne, grogna Dean en la soupesant.
- Elle a sans doute été mal rangée, dit Dorothy.
- Prends plutôt celle-là, Cas', proposa-t-il en lui donnant celle qu'il utilisait. 'M'étonne pas qu'tu rates les quilles depuis l'début maintenant aussi...
Castiel saisit la boule et répéta les mouvements que lui avait conseillé Dean quelques minutes auparavant avant de la jeter. L'effet en fut presque effrayant. Elle fut lancée en l'air pendant trois ou quatre bonnes secondes avant de retrouver le plancher des vaches et de filer à toute vitesse sur les quilles et d'en éliminer plus d'un tiers, n'en laissant qu'une sur place.
- ...Ah ouais, souffla Dean. Ça c'est du changement.
- Oh putain, lâcha Sam. Quand même.
- Acclamations chers amis Sam Winchester a juré pour la première fois de sa vie.
- ...Ce n'est pas la première fois que je jure, Gabriel.
- Mais c'est la première fois que je t'entends le faire.
- Tu ne faisais pas attention, c'est tout.
- … Mouais.
Le regard de Sam revint au dos de Gabriel. Il était couvert de griffures et de petites cicatrices, certaines peaux pendaient presque et des petits boutons se baladaient par-ci par-là joyeusement de haut en bas.
- C'est pas joli-joli, commenta-t-il.
- Je m'en doute, merci, grinça Gabriel.
- Chut. On aurait certainement pu limiter tout ça si tu avais accepté qu'on y jette un coup d'œil plus tôt. Tu ne dois t'en prendre qu'à toi-même.
- Mais-
- Je crois que t'as fait une allergie. Je ne suis pas docteur mais j'ai déjà vu ce type d'irritation avec Dean, le jour où il s'était trop frotté à une fourmilière avec ses potes.
- Ton frère est tombé sur une fourmilière ? ne put s'empêcher de ricaner Gabriel.
Sam fronça des sourcils en contemplant les plaies, imperturbable.
- Non, je pense plutôt qu'on l'y a poussé. Ne bouge pas je vais t'appliquer de la crème. Tu as bien nettoyé avant, hein ? insista-t-il.
- Hey, je me suis pas contemplé le visage dans un miroir pour m'admirer pendant une demi-heure si c'est ce que tu penses ! S'offusqua-t-il.
- Ok. Ça te démange, mais est-ce que ça te fait mal aussi ?
- Non. Juste envie de gratter. Je suppose que j'aurai mal plus tard ?
- Sans doute. Attention j'applique la crème. Faudra que tu ne mettes rien sur le dos pendant une demi-heure une heure minimum. Enfin quand la crème aura disparu et fait effet, en bref.
Il ouvrit le pot de crème tout en parlant et en amassa du bout des doigts. Le dos de Gabriel se courba un peu plus au toucher, mais il ne s'éloigna pas. Sam l'appliqua d'abord sur les omoplates de son correspondant en tentant d'incruster la crème tout en évitant de le blesser. Il ne tenait pas à ce que Gabriel fasse un geste brusque et en prendre pour sa poire. En s'attaquant au centre des omoplates, Gabriel frissonna et il s'en aperçut.
- Tu as la chaire de poule ?
- Qu'est-ce que j'y peux ? T'as les doigts froids.
- On ne peut pas tout avoir dans la vie.
Un silence s'entretint suite à cette phrase pendant quelques minutes, le temps pour Sam de finir une bonne partie du haut du dos,jusqu'à ce que Gabriel le brise.
- Pour info, j'ai peut-être l'air d'un abruti mais je ne me suis pas jeté dans une fourmilière.
- Je m'en doute, rit Sam.
Il replongea sa main dans le pot et redescendit le dos de Gabriel, qui esquissa un geste de fuite qu'arrêta Sam en le maintenant sur place en prenant son épaule de la main gauche.
- A ton avis, comment j'ai attrapé ça ?
- Tu n'as jamais eu de réactions comme ça avant ?
- Non.
- Tu ne fais pas d'allergie à la poussière par exemple ? Ça pourrait être ça.
- Non, je m'enferme souvent au grenier chez moi, quand ça gueule un peu trop. Et je peux te dire qu'il est poussiéreux. Ça ne peut pas être ça.
Sam tiqua au « quand ça gueule un peu trop ». Que voulait-il dire ? Des disputes entre lui et ses parents, entre ses parents et ses frères, entre ses frères ou juste entre ses parents ? Maintenant qu'il y pensait, il connaissait plutôt la famille de Gabriel vue par Lucifer, et non pas par Gabriel, même si sa vision à lui restait plutôt limitée car Lucifer gardait un esprit centré sur sa personne plutôt que sur les autres lorsqu'il en parlait.
- Sam ?
Sam se rendit compte qu'il s'était perdu dans ses pensées et avait laissé sa main contre le dos de Gabriel sans continuer à appliquer la crème. Mieux valait continuer la discussion comme si de rien n'était plutôt que de dériver sur le sujet. Il était quasiment sûr que Gabriel avait de bonnes raisons pour s'enfermer dans le grenier, alors il valait mieux qu'il lui en parle directement plutôt qu'il ne commence à poser des questions gênantes, malgré sa curiosité.
- Oui, oui, désolé. Hum, donc si ce n'est pas ça, c'est peut-être les habits.
- Les habits ? Quels habits ? Je porte toujours les mêmes habits dans lesquels je suis à l'aise, je m'en serai aperçu !
- Je ne sais pas, peut-être que tu as enfilé un truc qui...
- La blouse !
- Hein ? Quoi ?
- La blouse blanche ! Mon déguisement d'Halloween ! Celui du scientifique fou !
Oh. Oui. Pas bête. Après tout, ils l'avaient sortie d'un vieux placard et ne s'en étaient jamais servi avant hier, c'était tout à fait plausible.
- Tu as dû faire une réaction au tissu alors, déclara Sam.
- Et ça ne serait pas plutôt des petites bestioles ?
- Non, j'ai appliqué un produit dessus un jour avant, comme recommandé sur le produit. Entre temps les bestioles auraient dû mourir, enfin, je pense.
- Mouais, sans doute. Enfin merci. Je-
Gabriel se retourna brutalement en saisissant le bras de Sam qui manqua de se casser la figure par terre mais ne dût son salut qu'au réflexe inattendu de se retenir de l'autre main à l'épaule de Gabriel.
- Gabriel ?! Qu'est-ce qu'il y a, qu'est-ce qu'il se passe ?!
Il vit le visage de Gabriel pâlir comme s'il venait de se rendre compte de ce qu'il venait de faire. Il lâcha Sam qui ouvrit de grands yeux hébétés et se replia sur lui-même comme l'aurait fait un enfant frigorifié en ramenant ses jambes sur lui. Et pourtant il ne faisait absolument pas froid dans la pièce, il...
Qu'avait-il fait pour qu'il réagisse ainsi ? Il avait fini son dos et avait commencé à... à... à soigner ses côtes, qu'il avait dit vouloir faire lui-même. Tout à son travail et à la conversation, il n'avait pas fait attention.
Le pot de crème s'était renversé au sol mais très peu de crème en était sorti, il en restait donc suffisamment pour ce qu'il fallait soigner.
- Je... Merci pour tout Sam, mais je suis désolé... s'il te plaît, Sammy, sors d'ici... je ne voulais pas, tu m'as surpris, ne t'embête pas je vais finir seul.
Sam se releva, les cheveux en bataille, l'air totalement perdu. Comment la situation avait-elle pu déraper sur cette réaction violente ? Ils ne parlaient que de la blouse et... et...
Il ramassa le pot et le posa sur la chaise où il s'était tenu quelques minutes plus tôt avant de claquer la porte derrière lui, l'air toujours aussi hébété. Sam fit quelques pas dans le couloir puis s'arrêta, figé par ce qu'il réalisait. Il n'avait pas rêvé, il l'avait bien vue. Il en était convaincu.
Elle était petite et discrète mais il avait bien vu une fine ligne de sang cicatrisée.
