Base : Naruto
Rating : M (dehors les mineurs !)
Pairing : mais bien sûr, on va vous manger le travail... filez lire tout de suite !
Genre : belle histoire d'amitié ? Heuu, d'accord, disons, « belle histoire d'amitié ambiguë »
Disclaimer : je suppose que menace ou politesse, rien n'y fera, ils seront toujours à Kishimoto. (non, pas de fatalisme !) Et en plus, on ne se fera jamais un kopek avec toutes les conneries qu'on écrit !
NA : Notre petite dernière sur Naruto, bien moins de délire que dans nos autres fics, mais bonne toute de même. Au cas (pas improbable, mais tout de même) où quelques gens culturés viendraient rôder ici, rien à voir avec J. P. Sartre.
HUIS CLOS
Se reconnaître IV
"Un ami est celui qui me rend justice"
Francesco Alberoni
Le Hokage contemplait son meilleur jounin (le seul qui soit encore fidèle, du moins) d'un air pour le moins dubitatif. Ses lectures plus que douteuses avaient-elles un effet néfaste sur son cerveau déjà bien fatigué tout compte fait ?
« Kyubi ?
- Comme je vous l'ai déjà dit, il est « endormi » à nouveau. Je n'ai pas réussi à comprendre ce qui l'avait repoussé. Peut-être a-t-il disparu, faute de combattants en face de lui, est-ce que Sasuke a encore cette capacité à contrer le démon ? Je ne suis pas spécialiste.
- Et Yamato ?
- Retourné chez lui, il se taira.
Tsunade hocha la tête. Il le fait exprès ?
- Non, est-ce qu'il a sentit quelque chose à propos de Kyubi ?
- Je ne lui ai pas demandé.
- Je verrai cela plus tard. Bon, et pour le reste. Tout est revenu à la normale ?
J'ai laissé un clone là-bas, mais je pense que tout se passe bien maintenant. S'ils se battaient, je le saurait.
- Et pour... la (faussement) jeune femme soupira : comment dire ça avec calme ? Et pour ce qui s'est passé avant ? Qu'est-ce que ça veut dire.
Kakashi secoua la tête.
- Ils sont jeunes, ce sont des garçons, ils ont besoin de se défouler, rien de bien anormal.
Le Hokage acquiesça à son tour. Oui, de ce point de vue, autant qu'ils se sautent dessus l'un l'autre, plutôt que de devoir écumer le village en quête d'un coup d'un soir.
- Dis-moi... tu es formel : Kyubi est sorti après. Et certainement à cause de ça.
- Je le pense, oui.
- Un choc émotionnel violent peut produire cela ?
Kakashi hocha la tête.
- C'est bien connu, les chocs violents peuvent libérer l'énergie ou les capacités dormantes d'un individu doué. Un medic nin m'avait expliqué que l'adrénaline, les hormones sexuelles et le chakra réagissaient d'une certaine manière pour en arriver là.
- Bien.
Tsunade réfléchit quelques longues secondes, l'air plus sombre que jamais.
- Surveille-les et rapporte-moi tout élément nouveau.
- Bien. »
Kakashi était sorti du bureau de son chef bien moins rassuré qu'il n'y était entré. Un mauvais pressentiment l'avait envahi. Comme si quelque chose qu'il avait dit allait se retourner contre les deux garçons. Pourquoi se sentait-il si mal ?
Il avait besoin d'en avoir le cœur net.
Yamato devait déjà être en train de travailler, qu'à cela ne tienne, il saurait bien le retrouver. N'est pas un pisteur de génie qui veut. Il invoqua l'un de ses limiers et le lança à la recherche de son ancien élève. Ainsi, il serait fixé.
Une pensée s'insinua traitreusement en lui, lui soufflant qu'il désirait en fait être au courant avant Tsunade. Lui voudrait doubler son supérieur ?
Bien sur que je veux tout savoir avant elle. Ce sont mes élèves, pas les siens.
Et il prit nonchalamment la direction opposée au quartier Uchiha.
De son côté, Tsunade méditait les informations qu'on venait de lui transmettre. Était-ce de bonnes ou de mauvaises nouvelles en fait ?
Mauvaise nouvelle : Kyubi était ressorti. Bonne nouvelle : il avait été repoussé. Mauvaise nouvelles : pleins de morts dans les bois. Bonne nouvelle : les lieux ont été nettoyés. Mauvaise nouvelle : deux gamins qui jouent à touche pipi. Bonne nouvelle : ça a fait sortir Kyubi et... et selon toutes vraisemblance cela avait aussi eut un effet sur Sasuke. Tsunade connaissait bien assez l'histoire du Sharingan de kakashi pour ne pas ignorer que les bouleversement émotionnels étaient un aspect capital de l'activation d'une pupille. En temps normal, jamais Kakashi n'aurait pu activer un sharingan à la place de son œil manquant s'il n'avait pas été dans une situation de stress intense.
Finalement, coller ces deux garçons suant la testostérone l'un avec l'autre avait peut-être une utilité. Ils pouvaient se provoquer l'un l'autre, il pouvait se produire un choc, et le sharingan pouvait ressurgir à tout moment.
Le Hokage sortit un énorme volume qui était devenu son livre de chevet depuis quelques temps. Les particularisme génétiques des grandes familles ninjas. Dieu sait quel auteur masochiste a un jour décidé d'écrire un bouquin sur des clans comme les Uchiha ou les Hyuga et leurs foutus rétines. N'empêche que, pour l'instant, ce bouquin était diablement utile.
Elle sentit Shizune arriver avant même que celle-ci ne frappe.
« Entre ! Cria la blonde du fond de son bureau.
- Tsunade, nous avons de mauvaises nouvelles de l'étranger.
Le Hokage se rembrunit et elle referma son livre.
- À ce point-là ?
- Les postes de frontière demandent à pouvoir se retrancher aux arrières postes. Il ya des choses pas nettes qui se produisent. Des disparitions.
- Des morts ?
- Non, on ne retrouve pas toujours les corps.
- C'est assez inquiétant en effet. Ordonne le repli sur les arrières postes. On avisera ensuite. Rassemble les jounin. Et... à ton avis, sur qui peut-on encore compter parmi l'ANBU ?
- Trois ou quatre. Les autres sont bel et bien sous la coupe de Danzo.
- Va falloir en faire quelque chose de Danzo.
Shizune observa un silence éloquent.
Le Hokage la regarda en coin.
- T'inquiète, si ça devait arriver ce n'est pas à toi que je confierais ce genre de tâche. N'empêche... un jour ou l'autre, il finira bien par comprendre que le Sharingan de Sasuke est là, à portée de sa main et qu'il n'y a rien pour le protéger contre lui. Pour être franche, Sasuke aurait été dix fois plus en sécurité dans les geôles d'Ibiki. Pas en meilleur santé mais en sécurité, ça c'est sûr.
- Kakashi les protège.
- Kakashi fait ce qu'il peut. Mais il ne peut pas les protéger des autres et d'eux-mêmes en même temps.
- Envoyez-lui des renforts.
- Certainement pas. Le village a besoin de toutes ses forces vives. Nous allons être attaqués, et nous allons devoir répondre de toutes nos forces. Dans cette optique, le problème de Sasuke est secondaire.
Shizune hocha la tête tout en fixant Tsunade avec suspicion. Parfois celle-ci pouvait se montrer plus dure qu'il n'était nécessaire de l'être.
- Tu sais ce que je pense ? Ce que j'aimerai que Yamato me confirme ? C'est que Sasuke a toujours la capacité de maîtriser Kyubi grâce au Sharingan. De toutes les capacités de cette pupille, c'est celle-ci qui m'importe le plus.
Shizune hocha la tête.
- Il faudrait déjà savoir exactement si ce pouvoir n'est pas pure invention.
- Je ne crois pas, souviens-toi de la mission de l'équipe sept avec Yamato. Sasuke avait réussi à contenir le démon. En tous cas, c'est ce que Yamato a ressenti à ce moment. Ce serait alors un atout irremplaçable.
Le lourd silence qui tomba sur les deux femmes sembla les écraser.
Tsunade détestait devoir en passer par ces calculs, ces stratégies. Elle détestait voir qu'elle ne pouvait rien pour Sasuke Uchiha. Et pourtant c'était son rôle de Hokage, de faire des choses que personne ne veut faire, d'avoir les tripes de penser à ce à quoi tout le monde refuse de penser.
Ce genre de choses qui font que le sort de plusieurs est plus important que le sort d'un seul. Même si ce seul là, c'est Sasuke Uchiha.
- Tsunade sama...
- Désolée Shizune, je vais te laisser un monceau de papiers pour les affaires courantes. À partir d'aujourd'hui, je ne m'occupe que de la défense du village, de Danzo et de Sasuke. Sans oublier les trois crapauds du conseil qui vont me harceler jusqu'au bout.
- Il faut parfois faire des choix.
Comme si cette petite phrase sibylline la rassurait, Tsunade releva la tête et fixa droit devant elle, au loin, la ligne des arbres de la forêt entourant le village caché.
- Si je le dois je n'hésiterais pas. Je choisirais l'intérêt du village sur celui de Sasuke.
Elle se retourna vers son assistante un peu choquée et sourit.
- Mais bien sûr, ce genre de chose n'a pas lieu d'arriver.
- Bien sûr, ce genre de chose... »
De l'autre côté du mur, quelqu'un ne perdait pas une miette de la conversation et imaginait sans problèmes le genre de choses qui pouvait pousser un Hokage à sacrifier un ninja pour le bien de tout le village.
De circonstance comme une guerre, par exemple. Et une guerre, y'en avait une toute chaude presque prête à être servie.
Sakura, qui avait commencé à ouvrir la porte dérobée qui reliait son bureau à celui de Tsunade, referma sans bruit le panneau de bois et sortit de son bureau en réfléchissant.
Lorsqu'elle avait entendu parler de Sasuke, elle avait tout de suite tendu l'oreille. On parlait de Sasuke. Certes, ce « on », c'était son Hokage, à qui elle devait fidélité et dévouement. Mais Sasuke, c'était Sasuke. C'était l'amour de ses dix ans, c'était le meilleur garçon du monde qui avait connu le pire de ce que le monde peut faire. C'était son ami, son coéquipier, son rêve et son seul but dans la vie.
Elle se sentait devenir aussi cinglée que Naruto. Oui, mais ce n'était pas si mal que ça. Et donc lorsque la conclusion sinistre était arrivée, sang s'était glacé dans ses veines.
Elle parcourut les couloirs jusqu'à sortir et prit la direction de l'hôpital. Tant pis, je vais faire confiance à un inconnu mais je n'ai pas trop le choix.
Puis elle enfila les couloirs de l'hôpital au pas de charge, faisant s'écarter tous les malades et soignants sur son passage.
Son interlocuteur était en plein examen mais cela ne lui fit ni chaud ni froid. Elle poussa la porte de la salle d'examen d'un violent coup de pied. La vieille femme assise sur une banquette la tête tendue en avant pour offrir ses yeux à ceux du médecin se redressa, offusquée d'une telle irruption.
« Ryuusei !
Le jeune médecin sursauta lorsque la jeune femme l'interpella, il la fixa avec une légère désapprobation. Il travaillait là !
- Sakura, qu'est-ce qu'il y a ? »
Bien qu'ils soient devenus plus proche au fur et à mesure que l'enquête sur l'état de Sasuke les obligeait à travailler ensemble, Sakura ne pouvait s'empêcher de se méfier du jeune homme. En tant que Hyuga, il n'avait pas intérêt à ce que tous les secrets des pupilles héréditaires soient découverts. D'un autre côté, elle n'avait jamais rien décelé de malhonnête de sa part.
Ryuusei, lui, sentait parfois une légère hostilité chez Sakura. Même s'il trouvait très agréable de travailler avec elle et passionnantes leurs recherches, cette distance continuelle finissait par l'irriter passablement.
D'un autre côté... il mentirait s'il prétendait être complètement désintéressé dans cette affaire. L'attention qu'il portait au cas de Sasuke était à la fois professionnel et personnel.
Bref, Sakura ne lui laissa pas le temps de protester.
« J'ai besoin de ton expertise. Maintenant ! »
D'un geste désolé, Ryuusei indiqua la porte à sa patiente qui grommela bien un peu mais fit ce qu'on lui disait de faire. Cette mamie avait été ninja assez longtemps pour reconnaître une vraie brute quand elle en voyait une. Et la petite nana aux cheveux rose en était une, de toute évidence.
« Qu'est-ce qui se passe ?
- Il me faut ton schéma là, sur ce qui se passe dans la tête avec le Sharingan.
Le jeune homme secoua la tête.
- Moi je veux bien, mais tu sais que ce n'est qu'une hypothèse, et je n'ai jamais eu l'occasion de la démontrer par expérimentation.
- Je sais. Et c'est pas demain la veille qu'on te permettra d'ouvrir le crâne de Sasuke donc on va devoir se contenter de l'hypothèse.
- D'accord.
Ryuusei s'adossa au mur en fronçant les sourcils. Comment résumer en dix phrases ce qui lui avait pris trois ans à conceptualiser.
- Bon, tu peux te représenter le cerveau, le nerf optique, l'œil ?
- Sans problème.
- Alors, voilà, la liaison aire de la vision/œil se fait par le nerf optique, en gros. Dans le processus de la vue, il n'y a pas de chakra qui intervienne.
- D'accord... quoique ça...
- Si. Chez des sujets dépourvus de toute habileté à manipuler le chakra, la vue fonctionne aussi bien que chez des ninjas.
- Certains ninjas rendus aveugles par la perte d'un œil ont recouvert la vue grâce à du chakra... si tu vois de qui je veux parler.
- D'accord, c'est là qu'intervient le Sharingan. Le ninja dont tu parles a bénéficié du sharingan comme d'un œil de secours. En outre, seul l'œil était abimé. L'aire de la vision dans le cerveau était encore valide.
- D'accord. À ce moment-là, le pouvoir du Sharingan va drainer le chakra pour recréer un organe de vision, qui remplace l'œil déficient.
- C'est à peu près ça. Mais lorsque l'aire de la vision est touchée, le sujet ne recouvre pas la vue. Simplement, la pupille héréditaire va agir indépendamment de l'organe de la vue.
- Donc... en principe, Sasuke, dans son état, devrait pouvoir activer son sharingan, c'est ça ?
- Ce n'est pas si simple. Apparemment ses yeux ont été abîmés par l'usage répété de techniques très puissantes, on peut donc redouter que ces même techniques altèrent autant la vision que le pouvoir du sharingan. Tous les cas de ninjas pouvant se servir du sharingan après la perte de la vue, partielle ou non, n'ont connu que des dommages physiques, dus à des blessures ou des pertes d'organe. Aucune de ces blessure n'était causée par un genjutsu.
Sakura hocha la tête.
- Ouais. On en revient au même point. Tant qu'on ne peut pas examiner Sasuke, c'est mort.
L'expression était tellement bien choisie que la jeune femme se sentit terriblement déprimée d'un seul coup. Comme si tous les problèmes du monde tombaient tous au même endroit au même moment.
D'une petite tape amicale sur la bras, Ryuusei la fit sortir de ses pensées.
- Si tu veux vraiment examiner Sasuke, tu n'as qu'à demander l'autorisation au Hokage. Elle sera certainement d'accord pour te laisser le voir. Après tout, c'est elle qui t'a chargée d'étudier son cas.
Brusquement Sakura regarda le jeune homme une telle suspicion peinte sur son visage qu'il ne put l'ignorer.
- Je ne te demanderais pas d'aller avec toi pour cet examen. Je suis même prêt à jurer à tout le monde que je n'ai jamais participé à ton étude et que tes sources me sont inconnues.
- Ce n'est pas le problème.
- Alors quoi ?
- Alors ce n'est pas par moi qu'on arrivera à savoir où est Sasuke en ce moment. Si je demande un examen, il devra venir ici, à l'hôpital. Sous escorte. Et je serais la seule à le voir. »
Ils se mesurèrent du regard un instant et, en croisant les yeux brûlant de ténacité de Sakura, par réflexe, Ryuusei porta sa main à son bras. À l'endroit où elle l'avait serré pour le faire bouger la première fois qu'ils s'étaient vus. Elle avait laissé des bleus sur sa peau. Cette petite jeune fille qu'on pouvait facilement sous-estimer, elle avait bien assez de force pour ne craindre personne.
Cet idiot de Sasuke a bien de la chance qu'une telle fille tienne à lui comme ça.
Comme si elle suivait ses pensées aussi facilement que s'il les exprimait à haute voix, elle se continua, l'air plus sévère que jamais.
« Je ne suis pas seule, au cas où tu tiendrais tout de même à pousser la curiosité plus loin. Il y a... elle prit une grand inspiration, elle devait le dire, parce qu'elle n'était pas seule. Il y a Naruto. Lui aussi, il ne permettra pas que Sasuke souffre plus. »
Puis elle se leva de sa chaise et tourna les talons, signe que l'entretien était terminé. Le jeune homme la regarda partir avec un léger regret. Si seulement il avait su tenir sa langue un tout petit peu, être moins curieux, être moins concerné... c'était tellement agréable de travailler avec Sakura Haruno.
Cette dernière en était presque à penser exactement le contraire du jeune médecin. À ses yeux, le doute n'était plus permis. Il l'avait approchée pour se tenir au courant de l'avancement de ses recherches et elle, comme une vulgaire cruche, elle s'était laissée avoir. Et surtout, ils étaient partout !
N'empêche que son hypothèse lui plaisait bien. Et puis... et puis elle avait besoin du témoignage du Hyuga. Leur pouvoir était ce qui se rapprochait le plus de celui des Uchihia, d'ailleurs, les deux familles avaient certainement un parent commun à l'origine.
Si seulement elle connaissait un Hyuga en qui elle pourrait avoir confiance...
Mais bien sûr ! Quelle cruche ! Je l'ai sous la main depuis des années et jamais je n'ai pensé à...
Sakura savait exactement qui pourrait lui servir dans son enquête. Après tout, pour le fonctionnement général, on pouvait raisonnablement supposer que ce qui était valable pour le Byakugan l'était aussi pour le Sharingan.
Elle avait besoin d'une personne qui lui parlerait, qui se confierait à elle. Qui lui ferait confiance. Et elle avait ça sous la main. Tout en prenant le chemin du nord du village, elle s'en voulu de ne pas y avoir pensé avant. Arrivée devant la résidence principale des Hyuga, elle demanda à une servante venue l'accueillir si Hinata était là et si elle pouvait la voir.
Lorsque les deux jeunes filles furent installées l'une en face de l'autre, Sakura se sentit rassurée. Le sourire timide mais chaleureux de son amie ne trompait pas, elle lui parlerait sans calcul, sans arrière pensée.
Après les banalités et politesses d'usage, Sakura se décida à entrer dans le vif du sujet.
« Hinata, j'aurais une question en fait...
- Oui ?
- D'ordre médical.
- Heu.. bien.
- Hem... c'est un peu délicat. Mais... le byakugan.
- Oui ?
- Lorsque... comment dire. Lorsque tu es sous le coup d'une émotion forte, est-ce qu'il change ? Est-ce qu'il se déclenche tout seul, ou quelque chose dans ce genre ?
La jeune fille secoua la tête.
- Non, ce n'est pas possible, on ne peut pas déclencher le byakugan comme ça.
- Ah. »
Sakura ne chercha pas à cacher sa déception. Si la pupille était totalement dépendante du phénomène visuel ou du réflexe de combat, il n'y avait quasiment plus aucune chance de le déclencher à nouveau chez Sasuke. À moins d'un combat, mais ce n'était pas une perspective réjouissante. Même Sakura avait des doutes sur le camp que choisirait son ancien coéquipier si le village devait se faire attaquer.
« Mais parfois...
- Oui ?
- Parfois, lorsque... lorsque je regarde le garçon que j'aime, ça me pique les yeux. Et c'est le byakugan qui réagit à mon état d'esprit. Je le sais parce que Neji m'a dit que cela lui était arrivé parfois, sous le coup de la colère.
Sakura hocha la tête pensivement. Donc, les émotions pouvaient bien influencer l'état d'une pupille héréditaire. Et puis, au milieu de toutes ses cogitations, une information fit surface, occultant toutes les autres.
- Hinata... tu as bien dit..
- Hm ?
- Le garçon que tu aimes ! Alors il y a bien quelqu'un ? »
Hinata vira brusquement au rouge carmin et bégaya quelques mots incompréhensibles.
Kakashi, lui aussi, était en pleine discussion. Lui aussi parlait de Sasuke mais pour sa part, c'était avec Yamato. Ce n'était certainement pas aussi passionnant que de s'interroger sur l'amoureux secret (ouais, pas tant que ça, d'accord) de Hinata, mais ça vaut tout de même le coup d'être raconté.
Ils avaient trouvé refuge sur un muret qui séparait la rue d'un jardin potager où des courgettes en fleur parsemaient les plantations de taches jaune pâle.
« Imaginons...
- Oui ?
- Imaginons, repris le jounin au sharingan en soupirant. Ça allait être coton ça ! Imaginons donc qu'un gars maîtrisant le sharingan se soit déjà retrouvé face à un gars possédé par un démon. Ni l'un ni l'autre ne maîtrisent parfaitement leur particularisme.
- Hm.
- Imaginons que lors de cette première rencontre, l'un déclenche son sharingan et que, quelques minutes plus tard, l'autre se laisse submerger, pour la première fois de son existence, par la présence de son démon. Qu'en déduirais-tu ?
- Cause et effet.
- D'accord. Maintenant imagine que dans tout ça, l'un des garçons se fasse tuer sous les yeux de l'autre, ce qui déclenche chez ce dernier le réveil de son démon.
- Ça... pourrait jouer. Mais c'est pas si sûr.
- C'est ce que j'ai pensé lorsque c'est arrivé. Que c'était sous le coup d'une émotion forte que Kyubi s'était révélé.
Yamato eut l'air surpris.
- Tu n'as pas pensé au sharingan un seul instant ?
- J'avais déjà utilisé mon sharingan devant Naruto, il n'avait pas réagi.
- Tu n'est pas un Uchiha. Tu sais bien que ton Sharingan ne peut pas rivaliser avec l'original, celui qui évolue avec la puissance de son porteur légitime.
Kakashi serra les dents.
- Je ne le sais que trop bien.
- Donc, on a le début. Et ensuite ?
- Ensuite, c'est à toi de me raconter. Lorsqu'il a arrêté Kyubi dans son élan, dans la tanière d'Orochimaru, que s'est-il passé ?
- Le plus probable : le Sharingan permet d'avoir une vision directe du démon, sans passer par le filtre de son hôte. Le plus grave : il peut contrôler les manifestations de cette créature.
- Et enfin, hier soir. Kyubi sort, puis il rentre à la niche dès que Sasuke se pointe dans le périmètre. Explication ?
- Le Sharingan.
Kakshi hocha la tête.
- J'y pensais aussi.
- Donc Sasuke aurait bien pu déclencher son sharingan.
- Et faire... partir Kyubi ?
- Il a déjà montré une fois qu'il pouvait exercer un genre de contrôle sur ce démon. Et, si mon intuition est bonne, il a pu être la cause de la première apparition de Kyubi.
Kakashi garda finalement un silence obstiné. Ce qu'il venait de débiter, même s'il n'y croyait qu'à moitié, était capital.
Yamato le dévisagea avec gravité.
- Ce n'est pas impossible.
Et puis il reprit, cherchant le regard fuyant de son supérieur.
- Mais... mais dans ce cas, c'est quelque chose d'encore jamais vu.
- À notre connaissance.
Kakashi replongea dans un profond silence. Et puis il murmura plus bas encore.
- Ce n'est pas le seul problème.
- Oui ?
- Je ne peux pas dire au Hokage... ce qui fait... les circonstances sont liées.
Yamato hocha la tête.
- Je comprends. Ils sont très proches...
- Trop.
- Et je comprends aussi qu'on puisse être tenté d'exploité cette intimité. Yamato haussa les épaules en signe d'impuissance. Je ne peux pas t'aider sur ce point, Senpaï, c'est un dilemme moral que tu te poses là, pas professionnel. »
Le jounin hocha la tête. Il le savait mieux que quiconque. Il savait parfaitement que son hésitation ne trouverait pas de résolution satisfaisante. Quelque soit son choix, il garderait toujours un certain regret de ne pas avoir choisi l'autre possibilité. Parce que c'était un choix moral et qu'il avait la morale tellement élastique qu'il pouvait sauter d'un pont avec.
Il lorgna sur Yamato à côté de lui, qui faisait mine de s'en aller. Yamato non plus n'aimait pas les choix moraux.
Bon, ben quand il faut y aller, faut y aller.
Il soupira et prit son courage à deux mains.
« Dis-donc, Yamato...
- Ouais ?
- T'as déjà dû demander l'aide de quelqu'un que... qui...
- Mh ?
- Non, rien. »
Quelqu'un que tu considères comme un naïf, un idiot de la vie, un puceau, un simple instituteur... voilà ce qu'il aurait voulu dire. Mais de toute façon, il allait bien voir ce qu'une nouvelle visite à Iruka lui apprendrait.
Il laissa Yamato retourner à sa vie. Et il ne voulait pas savoir de quoi était faite cette vie.
Alors que la vie d'Iruka n'était un secret pour personne et que la connaître ne faisait jamais de mal. C'est pourquoi il prit résolument la direction de l'académie.
La ribambelle de gamins sortait dans le désordre et l'indiscipline, retrouvant un autre professeur pour ce qui semblait un cour pratique sur le lancer de kunai. Mieux valait ne pas traîner dans le coin.
Il se dirigea au jugé dans l'école. Pour autant qu'il s'en souvienne, la classe de Iruka était... là, la porte à droite.
Il ne frappa, entra en poussant lentement la porte, et tomba nez à nez avec le professeur qui s'apprêtait à partir.
« Kakashi ?
D'un rapide coup d'œil, le jounin sonda le regard sombre de son interlocuteur. Sa visite ne semblait pas le déranger, juste l'étonner, il prit donc le parti de rester.
- Iruka. Je peux encore abuser de ton temps ?
- Quand tu veux.
- Maintenant ?
La porte s'ouvrit pour de bon, mais le regard du chunin était anxieux.
- Quand tu veux. »
Iruka s'assit à son bureau et Kakashi se dirigea vers la fenêtre ouverte. Un rapide coup d'œil vers la cour lui arracha un sourire. C'était toujours marrant de voir ces gamins de six ans s'évertuer à lancer leurs armes dans un poteau de bois avec un air si déterminé.
« Qu'est-ce qui ne va pas ?
L'air plus que surpris d'Irukla confirma à Kakashi ce qu'il craignait. Cette histoire le perturbait bien trop pour que ce soit naturel.
- Rien. Il faut forcément que n'aille pas pour venir te voir ?
- Habituellement, oui, c'est ce que tu fais.
- Admettons. Tu peux me rassurer et me dire qu'ils sont incapables de faire une connerie ?
Le chunin hocha la tête.
- Ils sont parfaitement capable de faire la bêtise à laquelle tu penses. Ça va mieux ?
- Formidable.
Déprimé, Kakashi se posa lourdement sur le rebord de la fenêtre?
- Ils sont censés se détester.
- Toi comme moi savons très bien qu'il n'en est rien. Il s'adorent.
- S'ils pouvaient s'adorer un peu moins, ça m'arrangerait.
- Tu étais d'accord pour dire que cela ne regardait qu'eux ?
- Ouais, mais si ça vient à se savoir, si ça venait à avoir des conséquences plus graves...
Le jeune professeur haussa les épaules.
- Vu la situation, personne ne doit le savoir, normalement.
Kakashi hésita une seconde et puis se redressa, referma la fenêtre et vint poser ses mains à plat sur le bureau d'Iruka qui recula face au jounin.
- Ce matin je suis allé faire mon rapport.
- Oui ?
- Et je pense que j'aurais dû réfléchir avant de tout raconter.
Il marqua une pause silencieuse.
- Parce que maintenant, on est trois à être au courant.
Iruka fronça les sourcils.
- Tu doutes du Hokage ?
...
- D'accord, je préfère ne pas savoir à quel point. »
Iruka soupira. Bon, qu'un jounin loyal et tout et tout soit capable de douter de son propre chef n'était pas vraiment nouveau. Il ne se rappelait pas exactement de la dernière fois où lui avait douté du Hokage, cela devait remonter à très loin, lorsque Naruto était encore un jeune enfant. Sauf que lui n'avait jamais été impliqué dans des affaires aussi graves. Il ne pouvait pas savoir. Et il voulait savoir.
« Si tu m'expliquais ce qu'il en est. »
Kakashi releva la tête et fixa son interlocuteur avec suspicion. Est-ce que Iruka... ? Et puis non. Impossible, Iruka était incorruptible, inaccessible à toute forme de lutte de pouvoir. C'était peut-être pour ça que Kakashi venait lui confier ses problèmes.
« Apparemment, le Sharingan peut ressortir lorsque Kyubi sort, et Kyubi est ressorti lorsqu'ils ont passé cette nuit ensemble.
Accusant le choc de la nouvelle, le professeur se rassit en avalant sa salive avec difficulté.
- Or, le Hokage plus que n'importe qui a besoin de retrouver la lignée du Sharingan.
Iruka fronça les sourcils. Ça allait finir par devenir une habitude. De se prendre la tête sur ces deux-là.
- Si Kyubi sort quand ils... batifolent ? Un léger sourire se dessina sur leurs lèvres à tous deux, mais faute de trouver un terme plus juste, ils laissèrent passer. Et si Sasuke a su apaiser le monstre, alors, c'est peut-être la même cause pour les mêmes effets.
- Un bouleversement émotionnel aurait fait sortir Kyubi et fait ressurgir le sharingan, Kakashi termina le raisonnement du chunin. C'est ce à quoi j'ai pensé aussi. Mais le problème c'est toujours qu'ils vont se retrouver dans une sacrée merde s'ils continuent ainsi.
Un hochement de tête pensif plus tard, et Iruka avait retrouvé son docte ton de prof.
- C'est ton boulot de leur éviter ces emmerdes, justement. Et puis... et puis Naruto s'en tire toujours et Sasuke est largement assez calculateur pour trouver une solution pour lui-même.
- En gros, c'est parce que Naruto a une chance de cocu et parce que Sasuke est tordu qu'ils vont s'en sortir ?
- En gros, oui. Mais surveille-le quand même un peu. »
Pour la seconde fois en moins d'un jour, Kakashi songea que l'esprit d'Iruka Umino était, décidément, bien plus complexe qu'il n'y paraissait au premier abord. Et tant mieux, parce que sinon, il aurait dû se trouver un autre psy.
Finalement, ils firent route ensembles, Iruka rentrant chez lui, Kakshi essayant de retarder le plus possible l'heure pour lui de reprendre son poste. Si c'était pour trouver ces deux petits cons en train de se peloter, pas la peine, non merci.
Finalement, il laissa Urika faire un semblant de conversation, écoutant d'une oreille distraite, alors que dans sa tête, ça tournait à plein régime. Mais pas pour le boulot, non pas vraiment, plutôt pour y échapper. Il aurait bien aimé pouvoir s'éclipser encore une nuit. Il n'avait aucune envie de se retrouver coincé en pleine nuit à surveiller les faits et gestes nocturnes de ce couple de crétins. D'ailleurs, qu'est-ce qu'il pourrait bien faire si ces deux-là remettaient ça ? Est-ce qu'il devait intervenir ? Est-ce qu'il ne devait intervenir que si Kyubi ressortait ou même avant ?
Arrivés à la porte du jeune professeur, il se décida. Sans trop d'espoir, mais au moins pour essayer.
« J'imagine que je n 'ai pas le droit à une nuit supplémentaire ? »
Son air nonchalant ne devait pas tromper qui que ce soit. Iruka le regarda d'un air songeur et puis secoua la tête en fronçant les sourcils. C'était bien la première fois qu'il entendait une phrase si ambiguë dans la bouche de Kakashi. D'habitude, quand le jounin voulait choquer, il allait, au contraire, droit au but, exprimant à haute voix les choses les plus inconvenantes. S'il se mettait à parler par sous-entendus, ça devenait grave. Sérieux même.
« Tu sais mieux que moi où tu dois être cette nuit. »
Kakashi ferma les yeux et acquiesça. Au moins c'était dit. Il s'y attendait, remarque, mais il avait peut-être espéré une réaction outrée et timorée du chunin, qui lui aurait permis de faire un peu le mariole, de profiter du trouble de Iruka. Or ce dernier n'avait pas trouvé bon de participer au jeu. Il avait triché. Il avait refusé le jeu qu'on lui tendait, il avait quitté le plateau, il était resté dans le monde sérieux.
« T'as sans doute raison. »
Comme il partait, il sentit le regard insistant du professeur dans son dos. Il pouvait bien l'ignorer, comme d'habitude, et passer son chemin sans rien laisser de lui. Il aurait pu en effet. Mais il préféra se retourner et croiser ce regard qui le fixait.
Les yeux sombres du chunin étaient terriblement troublés, tourmentés même, et légèrement accusateurs.
Il hocha la tête à nouveau.
Non, il n'aurait pas droit à une autre nuit chez Umino Iruka avant longtemps.
Bon, ça coûtait rien d'essayer.
Dire qu'il retourna au quartier Uchiha en trainant les pieds est un tendre euphémisme, disons plutôt qu'il avait réussi à trouver un chemin qui faisait bien trois fois le tour du village avant de prendre la bonne direction, sans compter l'arrêt au bar, à la librairie, au bordel, encore au bar... bref, les haltes obligatoires.
Et lorsqu'il arriva, qu'est-ce qu'il trouva ? Le bricolage. Bien sûr. Il retrouva son clone et apprit tout du réveil tardif et de la conversation étrange de ses deux élèves. Et puis surtout, il eut un compte rendu détaillé de la journée. Les clous, les coups de marteau, les planches... Bon Dieu, ils sont complètement fous. Ce qui l'atterrait le plus c'était qu'ils choisissent un tel exutoire pour leur besoin de se dépenser. S'ils avaient tant d'énergie à dépenser, au lieu de se trouver des vocations de jardinier, maçon et autre charpentier, ils auraient pu s'entraîner.
Sans entraînement, ils allaient rouiller et finir par passer leur agressivité l'un sur l'autre. Bon, ça c'est déjà fait.
Il soupira. Ces deux gamins. Ils lui auraient tout fait.
Il avala une ration de survie aux légumes et s'installa confortablement contre son manteau roulé en boule sous sa tête. La nuit allait être claire et étoilée, déjà ça de gagné.
Et puis, au fur et à mesure que l'obscurité envahissait les environs, le village devint silencieux, laissant la place aux bruits de la nuit. Les animaux, les craquements, le bruit de la brise dans les branches...
Et puis, sans que rien ne l'annonce, les mots étranges retentirent dans le vide.
« T'en reveux ? »
Kakashi se dressa et darda son regard perçant sur les deux garçons à moitié allongés. Ils allaient faire une bêtise. À tous les coups...
A SUIVRE...
Et voilà encore un chapitre ! Désolééééés pour l'énorme retard de publication. Mais pas de panique, le rythme va reprendre, le prochain chapitre est bien prévu pour dans deux semaines.
Pour que vous compreniez bien tous ces retard, on l'annonce (et on le répète) : une mauvaise nouvelle : Loli est à nouveau malade et donc, l'écriture passe après. Une bonne nouvelle : Jimi a trouvé du boulot ! du vrai, du payé. mais ça aussi, ça passe avant l'écriture. Donc on va devoir s'habituer à ces petites contraintes. Merci de nous suivre et de votre soutient, de votre compréhension ! Merci encore.
Jimi&Loli
