Salut tout le monde!

Comme annoncé précédemment, un peu de retard... Rien d'insurmontable j'imagine! Et tant mieux d'ailleurs !

Je vous livre ce 14eme chapitre, qui est un peu dur sur la fin. Je le qualifierai même peut-être de "trash"... Vous êtes les seules juges à bord, mais je n'ai pas voulu amputer mon histoire. J'ai donc gardé le récit conforme à ma première écriture. Ca me paraissait le plus honnête. Et puis, il faut prendre des risques, nan ?

Je vous remercie infiniment pour tous vos messages très sympas qui me donnent un peu de normalité en ce moment. J'aime lire vos remarques, vos commentaires, vos réactions. J'aime vous voir vous emballer sur des petits détails =D Quand on écrit des fanfictions, ou n'importe quoi d'ailleurs, je pense qu'on cherche à attiser les réactions, à ne pas laisser indifférents ceux qui lisent. C'est pourquoi j'écris ici pour vous.

En ce qui concerne Alice, vous aurez des réponses à son comportement. Certainement pas dans l'immédiat, sinon je n'ai plus qu'à plier bagages, mais vous aurez des réponses. Ne vous en faites pas.

Je remercie Melanie, ma bêta-rider pour son boulot clair et efficace!

Le quinzième chapitre devrait être livré dans les temps, selon comment j'avance avec la suite. Merci de votre compréhension, pour les retards et pour tout le reste...

Je vous embrasse. Prenez soin de vous.
Tiffany.

-o-o-o-

Chapitre 14 : Dépendances

-Point de vue d'Edward -

J'observais Bella dans son sommeil. Il était à peine six heures du matin, et nous étions bien calés dans mon lit, au chaud sous la couette. Elle dormait profondément, sa respiration chatouillant mon torse nu.

Quelle nuit...

Je me sentais totalement en phase avec elle, tant sur le plan émotionnel que physique. Nous étions en harmonie, sur n'importe quel niveau : je me sentais bien avec elle, bien dans ses bras. J'aime son regard après l'amour, j'aime son visage envahi par le plaisir, j'aime son sourire, sa respiration douce et lente, ses tendres baisers sur ma peau. J'aime ses petits gémissements lorsqu'elle dort, ses petits murmures incompréhensibles. Dans le calme du loft, tout me paraissait paisible et heureux : rien ne pouvait me faire redescendre de mon nuage. Il y a bien longtemps que je n'avais plus ressenti cette paix...

Peut-être depuis Alice...

Bella gémissait contre moi, et son petit nez s'enfouissait contre mon torse. Je caressais sa nuque du bout des doigts lentement, en l'observant s'étirer. Elle s'étendait encore plus sur moi, sa cuisse heurtant mon envie.

– Bonjour ma belle...

Elle soupirait et eut un petit sourire.

– Hum... Bonjour Edward...

Elle embrassait mon torse doucement, me faisant frissonner. Je déposais un baiser sur son front, et ma main frôlant son épaule avec tendresse.

– Il est quelle heure ? Marmonna-t-elle d'une voix faible.

– A peine six heures... On a largement le temps !

Elle refermait ses yeux.

– Ça fait longtemps que tu es réveillé ?

– Une bonne demi-heure... Je te regardais dormir...

Je la vis sourire.

– Ton lit est très confortable...

Je retenais un petit rire et la serrais dans mes bras.

– Le lit ou mon torse ?

– Les deux... Mais je préfère ton corps à un matelas...

Ses baisers couvraient mon torse, sa main frôlant mon ventre et ma virilité. Je tentais de réprimer un petit gémissement lorsque ses mains caressaient mes cuisses, remontant sans toucher ma fierté. Inconsciemment, mon bassin se mit à se mouvoir, pour trouver une friction.

Je ne suis qu'un putain d'animal !

La paume chaude de ma compagne me procurait une douce chaleur agréable, me donnant encore plus envie d'elle. Nos bouches se trouvaient, et nos langues aussi. Je la fis basculer sur moi et elle me surplombait, nue et magnifique, ses longs cheveux retombant sur son dos et mon torse. Elle se penchait et m'embrassait lentement, tendrement. Mes doigts touchaient sa peau soyeuse et chaude du sommeil. J'agrippais sa nuque pour approfondir notre baiser, alors que nos bassins se cherchaient, nos mains libres stimulant chaque zone érogène. Mes doigts cherchaient son point de plaisir, et sa poigne se refermait sur mon sexe en un geste excitant. Elle se mordait la lèvre, souriante et rougissante, haletante.

– Edward...

J'effectuais de petits cercles sur son désir, et la regardais se crisper. Je la renversais sur le matelas, me retrouvant sur elle. Elle haletait. Ma bouche courrait sur sa peau, embrassant sa belle poitrine de femme. Ma langue titillait ses chairs et je l'observais partir dans un plaisir certain, alors que mes doigts s'introduisaient en elle. Ma bouche stimulait sa féminité, la faisant gémir.

Elle est tellement belle...

Elle se resserrait sur mes doigts, criant mon prénom, sa main gauche agrippant le drap housse, la droite serrant mes cheveux. Son corps se cambrait et sa respiration emplissait la chambre. Je continuais de la goûter un petit instant, et je remontais à son corps pour l'embrasser. Elle m'attirait à elle vivement, nos langues se nouant avec une force inouïe. Sa main attrapait mon sexe et le stimulait avec dextérité, son pouce effectuant de petits cercles sur mon extrémité. Je laissais mes soupirs m'échapper.

– Bella... merde...

– J'ai envie de toi...

Son aveu, les yeux enfiévrés, me fit frissonner. J'attrapais à tâtons un préservatif dans le tiroir de ma table de chevet et le déroulais sur mon sexe. Je m'agenouillais entre ses cuisses, posais ses jambes sur mes épaules et je l'investissais vivement, impatient et fou, butant au fond de ses chairs intimes. Elle partait en arrière, son dos cambré et ses mains griffant mes bras.

– Oh... Edward...

– Ne te retiens pas, Bella... Nous sommes seuls...

Cela ajouta sûrement à l'acte... Dès cet instant, les gémissements de Bella augmentèrent, m'excitant encore plus. Je m'enfonçais en elle plus profondément, ses jambes retombant dans le creux de mes bras. Je laissais tomber une de ses jambes, remontant l'autre sur mon épaule. Elle était ouverte, et serrée à la fois. J'avais une vue imprenable sur sa poitrine qui vivait l'acte, et qui me consumait. Finalement, je me retirais d'elle et m'asseyais sur le matelas. Elle vint s'installer sur moi et nous continuions notre parade amoureuse, face à face, les yeux dans les yeux. Nos lèvres ne se lâchaient plus, ses doigts fourrageaient mes cheveux et j'agrippais les siens au niveau de sa nuque. Le rythme accélérait et mes pulsations cardiaques aussi. Je l'admirais monter et descendre sur moi, son souffle retombant sur mon visage. Elle penchait la tête en arrière, les yeux clos.

– Edward... Edwaard...

Je grognais et la rallongeais sur le lit avant d'accélérer le rythme encore davantage, et elle se resserrait sur moi, alors que nous plongions dans le plaisir physique de l'orgasme, chacun criant le prénom de l'autre. Notre plaisir s'étouffait dans notre baiser et je venais dans le préservatif, comblé, heureux.

Je m'écroulais sur elle, tentant de me retenir, le nez contre sa poitrine. Elle haletait, divine. J'embrassais son sein et posais mon oreille contre son cœur. Ses doigts caressaient les mèches de mes cheveux. Elle gémissait.

– Oh Edward... Ça fait tellement de bien...

Je réprimais difficilement mon sourire.

L'extase mon pote, t'es trop fort !

– Je te le fais pas dire... J'adore être avec toi, Bella... Etre avec toi de cette façon...

Elle souriait et je me redressais pour la voir. Elle tendait ses lèvres et je l'embrassais doucement avant de me lever pour aller mettre le préservatif dans la poubelle de la salle de bains. Je me rinçais sommairement lorsque je sentis deux bras enlacer ma taille. Bella était nue contre moi, blottie derrière moi. Elle embrassait mon dos.

– Tu me manquais déjà...

Je me retournais vers elle pour la prendre dans mes bras. Le frais de l'hiver, malgré le chauffage au sol, se fit ressentir. Je serrais Bella contre moi, ses paumes caressant mon torse, capturant ses lèvres.

– On va retourner au lit... Il est trop tôt et il fait bien trop froid... J'vais monter le chauffage un peu...

Elle se blottissait dans mes bras et je la reconduisais à la chambre avant d'aller monter le thermostat. Quand je revenais au lit, elle était déjà couchée, la couette autour de sa poitrine et se mordant les lèvres, souriante et rougissante.

– Qu'est-ce qu'il y a ?

– Je ne me rappelais pas ce que ça faisait de voir un homme se balader nu chez lui en toute liberté, un homme splendide qui plus est...

Je m'allongeais à sa gauche et nous calais sous les couvertures.

– C'est l'avantage de vivre seul : si tu veux te balader à poil, ça fait chier personne !

Elle eut un petit rire et embrassait ma mâchoire. Je l'attirais dans mes bras, un peu frigorifié par ma balade nudiste nocturne.

– Tu es beau...

Oh ben... merci !

– Toi aussi tu es magnifique... Je suis un vrai veinard d'avoir une aussi jolie femme dans mon lit...

Elle fermait les yeux.

– Tu sais... J'avais oublié ce que c'était d'avoir un homme avec qui partager tout ça... Je me sens bien avec toi, Edward... Je ne crains rien...

– Tu n'as rien à craindre... Et c'est moi le chanceux... Tu es douce et compréhensive...

Elle embrassait mon torse doucement.

– Je suis fatiguée...

– Dors ma belle... Rendors-toi...

– Tu ne vas pas dormir ?

– Si... Bien sûr que si...

Il m'était facile près d'elle de me rendormir. De fermer les yeux et d'inspirer son odeur. Je m'abandonnais à la douceur de ce demi-réveil entre deux rêves et de cette délicieuse relation physique... La nuit m'absorbait à nouveau, dans ses bras.

.

Je fus réveillé par mon fixe qui sonnait. Je m'extirpais des bras de Bella et me précipitais dans le salon. 10H45. Correspondant : Jazz.

– Ouais frérot ?

Désolé... J'te réveille ?

– Ouais, mais c'est pas grave...

T'étais avec Bella ?

– Ouais... Elle est venue ici hier soir... Lola est chez sa grand-mère...

Ok... En fait, je voudrais qu'on parle un peu toi et moi. Mais si t'es avec Bella...

– J'crois qu'elle repart pour 16h chercher sa petite... Tu veux qu'on se voit aujourd'hui ?

Ça urge pas... Mais j'aimerais qu'on parle avant que tu partes...

– Tu m'intrigues toi...

T'en fais pas... Y'a rien d'urgent...

– A quel sujet ?

Je l'entendis soupirer. Et à son ton et ce soupir, il ne s'agissait que d'un sujet : Alice.

– Ecoute Jazz... Je sais franchement pas ce qui lui prend mais j'ai trouvé qu'elle abusait franchement hier et ça ne me plaît pas !

Je sais... Ça me plaît pas non plus...

J'entendis Bella se lever. Elle apparaissait dans le salon avec pour seuls vêtements sa culotte et ma chemise blanche d'hier. Sexy... Elle est belle, même au réveil.

– Bella est réveillée... On se voit vers 17h ? Au square ?

Au bowling plutôt...

– Ok... A toute !

Il raccrochait. Je me tournais vers Bella et l'attirais dans mes bras.

Elle ressemblait à sa petite comme ça, le regard endormi et les yeux fatigués...

– Le téléphone t'a réveillé ?

– Oui...

– Désolé, c'était mon frère, il voulait qu'on se parle...

– Rien de grave, j'espère ?

Je soupirais et l'entraînais sur le canapé. J'attrapais le plaid et nous recouvrais, alors qu'elle se blottissait dans mes bras.

– Je sais pas trop... C'est au sujet d'Alice...

Bella acquiesçait.

– Tu sais... J'ai parlé à ton frère hier à son sujet...

– Vraiment ?

– Oui... Il a l'air tellement... éprouvé par ce qui s'est passé...

J'acquiesçais.

– Jasper a beaucoup souffert... Mais crois-moi Bella que si j'avais su qu'il aimait Alice, jamais je ne serai sorti avec elle...

Et ça, c'était une chose acquise : si j'avais su les sentiments de mon frère, je n'aurais jamais pris son grand amour. Jamais. J'aime Jazz. J'ai aimé Alice oui, mais jamais autant que j'aime mon propre frère. Lui faire du mal m'aurait été impensable.

– Je te crois... Mais ça m'a impressionnée quand il m'a raconté ça sous son point de vue...

– Ce n'était pas simple... Il était tellement... normal... Il souriait et riait. S'entendait bien avec Alice. Moi, j'étais ravi qu'elle et mon frère s'entendent si bien, et je connaissais leur amitié, je n'étais pas assez fou pour en être jaloux... Alice m'a toujours dit que si les gens qu'elle fréquente ne peuvent pas s'entendre avec Jasper, alors elle coupe les ponts avec eux... Quand j'y repense... je me demande comment j'ai fait pour ne pas comprendre...

– Tu ne pouvais pas savoir...

– Si... J'aurais pu essayer... mais j'étais jeune, j'étais trop content d'être un putain de beau gosse...

Bella eut un petit rire.

– Tu l'es toujours...

– J'ai vieilli...

– Je suis vieille aussi dans ce cas !

Bella ? Comment pouvait-elle s'envisager vieille ? Ses yeux pétillent et sont malicieux, ses lèvres sont pleines et belles, son corps n'a pas une imperfection et sa grossesse, ayant fait d'elle une femme, est plus qu'harmonieux.

– Ne redis jamais ça...

Je capturais ses lèvres de nouveau et me noyais dans sa douceur et sa tendresse. Incapable de me retenir, de nous retenir, je l'allongeais sur le canapé pour lui faire l'amour. Je n'avais plus l'impression d'être un animal avec elle. J'étais un homme, je la respecte. Je m'immisçais en elle, les yeux dans les yeux, plongeant avec elle dans les prémisses de l'amour.

Nous partageâmes un long bain chaud en découvrant la fine pellicule de neige au dehors.

Bienvenu, Monsieur Hiver !

J'avais mis la radio dans la salle de bains et me glissais dans la mousse avec ma petite-amie, calée contre moi. Je caressais ses épaules et ses bras, embrassant son cou de temps à autre.

– Edward...

– Ça te plaît ?

– Bon sang oui... Ça fait très longtemps que je n'ai plus pris mon temps...

– Prends-le... Rien ne presse...

– Je ne veux pas me stresser...

– Tu ne dois aller chercher ta fille qu'à 16h... On a le temps... Il est à peine midi...

Je voyais bien toutes ses difficultés à se détendre totalement. Elle est une femme qui s'est oubliée en tant que telle... Elle n'a pas pris le temps suffisant pour être une femme et une mère. Elle a dû devenir une mère, et à double ratio devant l'autisme de sa petite fille.

– On va juste prendre notre temps, d'accord ? On a aucune obligation dans les trois prochaines heures... On a le temps...

Elle se calait contre moi.

– T'as raison... Désolée...

J'embrassais sa joue.

– Ça ne fait rien ma douce... Laisse-toi aller...

Elle se laissait finalement un peu couler contre moi, fermant les yeux. J'arrosais doucement son corps en l'observant dans son repos. Bella a besoin d'avoir quelqu'un pour l'aider. Ce qu'elle vit n'est probablement pas simple, et le vivre sans soutien est difficile. J'en ai bien conscience. Je l'entourais de mes bras et fermais à mon tour les yeux en écoutant la musique.

Nous quittâmes le bain une bonne demi-heure plus tard pour déjeuner. Je concoctais rapidement des pâtes au jambon avec des champignons avec l'aide de Bella, et installais le tout à table. J'appréciais ces moments en sa compagnie.

– Tu vas faire quoi après avoir récupéré ta petite ?

– Sa routine doit être respectée au maximum... alors je pense que nous allons rentrer, je lui donnerai son bain, je lui laverai les cheveux, ce qui est difficile, elle déteste ça. Et ensuite je nous installerai devant un film. Et toi ?

– J'vais aller voir Jazz... Après j'sais pas, j'appellerai sûrement Emmett... et j'irai p'tètre manger chez ma mère, les placards sont assez vides, faut dire...

Bella me souriait.

– Ah... ces mamans... Ça aide !

– J'te le fais pas dire !

J'enfournais un morceau de pain dans ma bouche et avalai le tout rapidement. Finalement, le reste de l'après-midi passa vite en sa compagnie. Le temps de faire la vaisselle, d'aérer un peu et de nous poser devant la télévision, 15h20 arriva très vite, et je dus ramener Bella chez elle après un dernier long baiser dans mon loft.

Je me garais devant son domicile et l'accompagnais jusqu'à l'intérieur.

– J'ai juste le temps de me changer avant d'aller la chercher... Elle déteste quand je suis en retard...

– Ça ne doit pas toujours être facile...

– Non, mais je fais ça pour elle. Elle déteste le moindre petit changement... Et tu peux être certain que ma mère lui aura fait subir un tas de changements...

– Ah bon ?

– Oui... Elle est persuadée que forcer Lola va l'aider...

– Pourtant, quand elle m'a rencontré, elle avait l'air de dire l'inverse...

Bella soupirait et s'approchait de moi. Je la prenais dans mes bras.

– Ma mère aimerait tant avoir une petite-fille normale... Elle en devient incohérente... Devant les gens, elle joue à la mamie protectrice mais des fois, elle fait en sorte que Lola se bouge et ma fille n'aime pas ça du tout...

– Je vois...

Difficile d'accepter que son petit-enfant ne sera pas comme les autres. Que dans la rue, Renée ne pourra pas raconter aux autres grand-mères les prouesses de sa petite fille. Là où des parents s'extasient parce que leur enfant a su correctement orthographier un mot compliqué, Renée et Bella, elles, ne peuvent se féliciter que si Lola est restée dans la même pièce plus d'une minute avec un étranger.

Les différences de la vie.

– Va vite la retrouver, alors...

– Laisse-moi me changer, que je te rende ta chemise...

Mais je l'interrompais dans son geste et la plaquais contre le frigo. Elle me regardait, étonnée.

– Garde-la avec toi... Mets-la ce soir...

Je me penchais vers son cou et l'embrassais, jusqu'à remonter suçoter son lobe d'oreille.

– Pense à moi quand tu te coucheras...

Elle frissonna dans mes bras et j'encadrais son visage de mes mains pour l'embrasser à pleine bouche, nos langues se mêlant sensuellement. J'avais l'impression d'avoir constamment envie d'elle, tout le temps. J'éprouvais ce besoin physique d'être en elle, de la serrer contre moi. Mais aussi ce besoin plus tendre de la serrer, de l'aimer, l'embrasser, et me dire que j'ai une petite-amie.

Bella se séparait de moi, à regret.

– Faut vraiment que j'y aille, Edward... Et ton frère va t'attendre...

J'l'avais oublié lui, tiens... Bizarrement...

– Ok... On s'appelle ?

– Bien sûr !

– Tu repars quand en tournée ?

– Le 27...

Ses yeux s'écarquillaient.

– Mais c'est dans deux jours...

Pour la première fois de ma vie, je n'éprouvais ni l'envie ni le besoin d'aller à la rencontre de mon public, et de les satisfaire. Pour la première fois de ma vie, je voulais juste appeler Kate, lui dire d'annuler le reste de ma tournée, pour rester ici.

Je caressais la joue de Bella.

– Je sais...

Elle soupirait.

– Est-ce que ça va te paraître bizarre si je te dis que je suis déçue ?

– Ça ne me le paraît pas... Je suis déçu aussi de devoir partir alors que tu es là...

Je me penchais et l'embrassais doucement. J'avais vaguement conscience de ce que je venais de dire, mais c'était la vérité et je ne m'en cachais pas : j'aime être avec Bella. Alors, ne pas la voir sera dur.

– On se reverra avant ton départ ?

– Il ne pourra pas en être autrement...

Je partais pour trois semaines, et trois semaines, c'est extrêmement long.

– Je t'appelle demain...

– Promis !

Finalement, je me séparais d'elle à regret et regagnais mon véhicule pour aller rejoindre mon frère.

..

Je retrouvais Jasper à l'entrée du bowling. Mon frère était appuyé contre le mur de l'enceinte, et nous échangions une petite accolade. Il semblait avoir très mal dormi, et il n'était pas rasé, contrairement à son habitude de présentation impeccable.

– Oh toi, t'as un truc qui va pas...

– On va jouer ?

– Ouais si tu veux...

Bizarre... Nous prenions une piste et commencions notre partie. Comme d'habitude, je lui foutais la branlée. Je lançais ma boule et un strike magnifique apparut.

Un homme qui fait bien l'amour avec sa petite amie, est toujours plus fort !

Jasper prit son tour mais flanquait la boule dans la gouttière royalement.

– Et merde putain !

Je me tournais vers lui, qui semblait passablement énervé.

– Bah alors mon vieux... Ça va pas?

Il se plantait devant moi.

– On peut aller faire un tour ailleurs ?

– Euh ouais... Si tu veux...

Je le suivais au-dehors et nous avancions jusqu'à sa voiture. Je grimpais dedans et il s'arrêtait cinq kilomètres plus loin, devant un petit parc. Mon frère restait silencieux, étrangement calme. Nous avancions autour de l'étendue d'eau, jusqu'à ce que ce silence me rende dingue.

– Bon Jazz ! Crache ta Valda là ! Tu me fais flipper !

Jasper soupirait et s'arrêtait au niveau d'un banc. Il s'asseyait et j'en fis de même.

– J'ai pas aimé l'attitude d'Alice hier soir...

– Si ça peut te rassurer, j'ai pas pu l'encadrer non plus ! J'ai pas aimé ce qu'elle a fait envers Bella !

Il soufflait.

– Tu comprends pas, Edward !

– Mais quoi ?

Il tournait la tête vers moi pour la première fois, et ses yeux aciers étaient sévères.

– J'ai toujours eu l'impression d'être cette putain cinquième roue du carrosse ! Alice était avec toi en premier ! Et elle t'aimait comme une folle ! Elle se met en couple avec moi, et elle fait une scène dès qu'elle te voit avec une autre femme ! J'peux pas subir ça Edward ! J'PEUX PAS !

Je restais interdit devant sa réaction. Il s'était mis à hurler, faisant tourner les têtes sur nous, et il semblait totalement habité par une espèce de folie.

– J'peux pas supporter ça, Edward ! Je peux pas, tu comprends ? J'ai aucune putain d'idée si elle m'aime vraiment ou si elle m'a pris comme bouche-trou ! Elle parle de notre mariage et trois secondes plus tard, elle fait une crise de jalousie !

Je posais ma main sur son épaule et la pressais.

– Mais Jazz...

Il se dégageait cependant très vite et se levait.

– Putain Edward ! Y'a encore un truc entre vous, c'est ça ?

Non mais ça va bien la carafe, oui ?

Je me levais à mon tour.

– TU TE CALMES ! Jasper, écoute-moi bien ! Je ne te le redirai pas soixante fois : Je. N'aime. Plus. Alice ! Je ne l'aime plus, et je ne veux rien avec elle ! C'est terminé ! Finito ! Tu piges ça ? Alors tu arrêtes avec ta crise stérile ! Je suis avec Bella, je l'aime. C'est tout ! J'ai passé ma nuit entière dans ses bras, on a fait l'amour un bon nombre de fois et je t'assure que j'ai vraiment aimé faire ça avec elle et crier son prénom ! Je ne fantasme pas sur Alice, je ne pense même plus à elle. C'est une amie, je l'aime beaucoup, mais ça s'arrête là. Tu vas te marier avec elle, et crois-moi que je serai le premier à applaudir votre union et à me bourrer comme un œuf. C'est tout Jazz !

Il restait immobile face à moi et déglutissait. Je restais silencieux face à lui, ignorant totalement ce qu'il allait faire. J'hésite entre partir, et me mettre une grosse châtaigne en pleine gueule...

Au bout de longues minutes finalement, il se rasseyait sur le banc.

– Ce n'est pas contre toi, Edward... C'est juste qu'elle... qu'elle paraît tiraillée... et... comme si elle t'aimait...

Je soupirais.

– On est tous un peu égocentrique tu sais... Ça m'a fait mal de la voir se mettre en couple avec toi, honnêtement. J'ai eu du mal à me dire qu'elle m'avait oubliée, qu'elle avait oublié tout ce qu'on a vécu... Mais je m'y suis fait... J'ai jamais vraiment eu de copine fixe depuis elle, alors voir Bella... J'imagine que ça l'aide pas. Rappelle-toi quand Maria est sortie avec Peter... T'as bien accusé le coup à tel point que t'as dû partir quinze jours chez oncle Eléazar...

Il eut un petit rictus. Je me rappelais de ça, il avait dix-neuf ans.

– Merde Edward...

– Comment ça, merde ?

Il serrait les lèvres et regardait au loin.

– Je suis sorti que dix jours avec Maria, j'ai même pas eu le temps de m'attacher à elle... C'était juste histoire d'avoir du sexe...

– Y'a pas de mal à ça, frérot !

Il se levait et fermait les yeux avec force, avant de les rouvrir.

– C'était pas à cause de Maria...

– C'était quoi, alors ?

Il soufflait et baissait les yeux.

– J'ai voulu mourir...

Hein ?

– Qu'est-ce que tu racontes ? C'est quoi ces conneries ?

Il se tournait vers moi.

– C'était pas une connerie, Edward... Tu étais déjà avec Alice, je vous avais surpris au lit, je suis devenu fou... J'ai tenté de garder la tête hors de l'eau... je te le jure... Y'a eu Maria, mais j'ai baisé avec elle et j'ai crié le prénom d'Alice... Je m'imaginais à ta place, je m'imaginais lui faire l'amour des heures... C'était mon prénom qu'elle criait, pas le tien... Quand elle venait les week-ends, malgré toute ma volonté, je vous entendais faire l'amour, gémir... Je suis devenu fou, Edward ! Et j'ai essayé d'en finir, parce que je ne me supportais plus d'écouter Alice gémir dans ta chambre, de me faire jouir en même temps en m'imaginant à ta place. Je crevais pour elle, littéralement ! C'est devenu insupportable quand vous vous êtes mis à chercher un appart et à m'étaler ça sous le nez...

Qu'est-ce que...

– J'ai avalé des cachets... Une dizaine... Je me suis dit que mourir était plus simple, plutôt que de vous voir vivre ensemble, grandir ensemble et vous entendre jouir dans ta chambre... Je me suis allongé dans la baignoire, espérant que ça serait rapide... J'ai gardé les yeux ouverts et j'ai revu le visage d'Alice... Je me sentais déjà dans les vapes... Mais j'ai réalisé que je ne l'avais pas revu avant de mourir, et que j'allais partir avec la dernière image d'elle t'embrassant... que je n'avais pas revu Rose, ni papa, ni maman, ni Emmett... ni toi... J'ai appelé papa... il était au bloc... J'ai juste eu la force de lui dire que j'avais pris des cachets mais que je ne voulais pas mourir... Que ça n'en valait pas la peine...

Qu... Putain... QUOI ?

– Attends Jazz, tu...

Il acquiesçait.

– J'ai tenté de me suicider, Edward.

– Mais comment... on a rien su et...

– Papa et maman étaient les seuls au courant... Je leur ai demandé de ne rien dire... Vous étiez en voyage scolaire et Rosalie passait sa première semaine chez Emmett... Je ne voulais pas que vous sachiez... J'avais peur de perdre Alice... De te perdre, toi... Si tu apprenais que j'étais amoureux d'elle...

Wow...

– Ils m'ont écouté... Et quand vous êtes tous revenus, j'étais déjà parti chez Eléazar. Il m'a accueilli de bon cœur, et m'a beaucoup parlé. J'ai pu me reposer au Canada... oublier un temps ce que je venais de faire...

Tout se reliait. Il avait l'air tellement... crevé à cette époque...

– Tu nous as dit que tu avais chopé un mauvais virus chez lui...

Il opinait.

– Tu me voyais arriver et vous dire : « hey... j'ai tenté de me suicider il y a quinze jours parce que je ne supportais plus de devoir me soulager pendant qu'Alice et toi baisiez... J'ai trouvé ça malsain et je me suis dégoûté, alors j'ai décidé de finir la boîte de médicaments qui traînait, la date de péremption approchait... » ?

Un silence suivit sa tirade ironique. Mon frère a voulu mourir...

– Putain Jasper... Tu peux pas dire ça comme ça !

– C'est ce qui s'est passé, Edward... Et je ne veux plus que ça recommence ! Jamais ! Je ne veux pas perdre Alice. Je ne supporterais pas une seconde fois qu'elle veuille ton regard et uniquement le tien ! C'est comme ça... S'il y a quoi que ce soit entre vous, dis-le moi ! Dis-le-moi avant que tout recommence... que je redevienne fou...

Je restais immobile. Comme un con.

– Jazz...

– Dis-le-moi, Edward !

– Je ne te dirai jamais ça, Jasper. Parce que j'aime Bella maintenant ! C'est comme ça. C'est avec elle que je veux quelque chose. Pas avec Alice. C'est fini elle et moi... S'il y a besoin, je te jure que j'irai lui parler, tirer ça au clair... Mais je ne veux plus d'elle dans ma vie, tu comprends ?

Il fallait qu'il comprenne. L'idée que mon frère ait pu partir, qu'il soit revenu grâce à un dernier sursaut, me brassait.

J'ai failli perdre Jasper, sans m'en rendre compte. Mon frère a souffert, et moi, je jouais avec ses sentiments...

– Tu n'as plus à penser à ça... Je vais repartir, je vais reprendre ma tournée, et Alice n'aura d'yeux que pour toi... Elle t'aime. Sois en sûr !

Je n'avais jamais vu à quel point il avait souffert. Je n'avais pas joué mon rôle de frère aîné correctement. Jasper a voulu mourir. La bile me remontait, et je réprimais une envie de vomir à cette pensée.

– Je vais... Faut que j'rentre, Jazz...

Il me faisait face.

– Je te dégoûte ?

Je trouvais pourtant la force de remuer négativement la tête.

– Non... Mais j'ai besoin de digérer ça... et j'pense que tu comprendras si... si on ne se revoit pas avant que je reparte...

Il opinait.

– Je te demande pardon, Edward...

Advienne que pourra...