Chapitre 14

Le vaisseau pirate filait à toute vitesse à travers l'espace, cherchant à joindre sa destination le plus vite possible. À l'intérieur, une ambiance tendue régnait. Les pirates n'aimaient pas le fait d'avoir dû enfermer leur propre chef pour l'empêcher de venir secourir son fils prisonnier de la Technoïd.

Corsos avait pris le commandement des opérations et se montrait encore plus sévère que Sony et s'en prenait à quiconque remettait en cause son jugement. « On n'avait pas le choix » disait-il. Oui, mais quand même…

Le spot de pub annonçant le match Shadows-Cyclopes défilait mais Kiya s'en était désintéressée. Etrangement, ce match lui paraissait complètement secondaire à côté de Sony enfermé par ses propres hommes.

Elle vit Artie passer avec un plateau-repas à la main et le suivit. Il avait la même expression que les autres : honteuse. Ils arrivèrent devant la cellule de Sony que Corsos, Benett et Dred, le père de Sacha gardaient.

« Artie, tu poses le plateau et tu ressors direct, ok ? lui dit Corsos.

- Compris Corsos, répondit-il. »

Il ouvrit la porte et entra dans la cellule alors que Benett et Dred jetaient des regards noirs à Corsos.

« Qu'est-ce que vous avez à me regarder comme ça ? lança-t-il. Vous savez très bien qu'il ne m'a pas laissé le choix !

- Corsos, viens voir ! Vite ! s'écria Artie depuis la cellule. »

Corsos se précipita à l'intérieur. Kiya jeta un regard curieux à l'intérieur : elle était vide. Elle vit Corsos examiner une trappe qui menait à la soute mais avant qu'il ait pu faire quoi que ce soit, Sony sortit de sa cachette et se précipita à l'extérieur en enfermant au passage Artie et Corsos.

« Sony ! Ouvre cette porte ! martelait Corsos. »

Mais Sony ne l'écoutait pas. Il était appuyé contre la porte, le souffle court, toujours menotté au métafluide. Dred et Benett s'avancèrent vers lui et il se retourna.

« Essayez de comprendre ! lança-t-il d'une voix désespérée. Qu'est-ce que vous feriez à ma place ? C'est mon fils, il faut que j'aille l'aider.

- Qu'est-ce que vous attendez pour ouvrir cette fichue porte ? hurlait Corsos en continuant de marteler la porte de coup de poing. Ouvrez cette porte, bon sang ! OUVREZ ! »

Avant que Benett et Dred aient pu réagir, Sony se précipita dans un couloir. Dred voulut se lancer à sa poursuite mais Benett le retint. Kiya, en revanche, courut à sa suite.

« Sony ! s'écria-t-elle en essayant de rester à sa hauteur. Le métafluide… tu es sûr de ce que tu fais ?

- Je n'ai pas le choix, Kiya ! »

Il bifurqua en direction de la soute. Kiya s'arrêta, haletante, le cœur battant la chamade. Quelques minutes plus tard, elle entendit le bruit caractéristique d'un moteur qui s'allume et le grondement de la porte de la soute qui s'ouvrait. Depuis le hublot, elle vit le petit vaisseau qui transportait Sony filer à toute vitesse en direction du Génèse Stadium.

Corsos, qui entre-temps avait réussi à se libérer, la rejoignit. Quand il vit le vaisseau partir, il poussa un cri de rage.

« Alors, ça y est vous êtes content ? hurla-t-il. Parce que grâce à vous, il est parti se jeter droit dans la gueule de loup ! »

Fulminant, il prit la direction du cockpit.

« Qu'est-ce que tu comptes faire, Corsos ? demanda timidement Kiya.

- Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? On va le rattraper, bien entendu. Vous là ! lança-t-il à l'adresse de Benett et Dred. Venez avec moi. »

Les deux hommes le suivirent, impassibles. Artie, complètement paumé, rejoignit Kiya.

« Jamais vu Corsos dans cet état-là, bredouilla-t-il en se grattant le crâne. Le pire, c'est qu'il a pas tout à fait tort : Sony s'est jeté dans la gueule du loup.

- Son fils est prisonniers, Artie, répliqua Kiya.

- Ouais, c'est pour ça que c'était un piège parfait. Bleylock devait savoir que Sony se précipiterait pour le libérer. Ce type est vraiment malveillant.

- Qu'est-ce qui va se passer, maintenant ? Va falloir récupérer le métafluide…

- Et libérer Sony.

- Je savais que j'aurai dû rester à Shiloë, soupira Kiya.

- Oh ! Allez ! Que serais la vie de pirate sans un peu d'action ! »

Kiya allait répliquer quand Erika surgit brusquement, le visage inquiet.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-elle d'un ton pressant. J'ai entendu un grand bruit et j'ai vu un vaisseau qui partait…

- C'est Sony, répondit Artie. Il est reparti sur le Génèse pour libérer son fils.

- Que… repar… pour QUOI ? »

Erika donnait l'impression d'avoir reçu un coup de poing en pleine figure.

« Le fils de Sony a été fait prisonnier par Bleylock, expliqua Kiya. Il le libérera en échange du métafluide.

- Sony a un fils ? s'exclama Erika.

- T'en fais pas, nous non plus, nous ne le savions pas.

- Corsos a tenté d'empêcher Sony de retourner sur le Génèse mais il s'est échappé, poursuivit Artie. Et maintenant, nous retournons nous-mêmes sur le Génèse pour le sortir de là.

- Seigneur… Sony, père… »

Apparemment, elle n'avait pas écouté un mot de ce qu'avait dit Artie. Soudain, elle se redressa et fila vers le cockpit. Artie et Kiya, un peu surpris, lui emboitèrent le pas.

Corsos paraissait toujours furieux contre Benett et Dred, mais au moins, il ne criait plus. Il tentait à présent de suivre la trace du vaisseau de Sony et ordonna d'accélérer.

« Si on ne va pas plus vite, il arrivera avant nous… Et ce sera une vraie catastrophe… »

Même avec le vaisseau à pleine vitesse, les pirates ne purent rattraper Sony. L'émetteur de son vaisseau indiquait qu'il s'était posé plusieurs heures avant leur arrivée.

La première réaction des pirates fut de vérifier si l'émetteur que portait Sony fonctionnait. Aucun signal. Leur deuxième réaction fut de voir si D'Jok avait été libéré. Ils firent donc le guet devant leur hôtel et lorsqu'ils sortirent, accueilli par une foule de fan et de journalistes, ils les suivirent le plus discrètement possible.

« Si D'Jok a été relâché, ça veut dire que l'échange a bien eu lieu, fit Corsos. »

Ils s'étaient installés dans le hall désert d'un bureau surplombant une des plus importantes avenues du Génèse Stadium.

« Qu'est-ce que les Snow Kids ont prévu de faire? poursuivit le bras droit de Sony Blackbone.

- Ce-soir-ils-ont-prévu-une-grande-fête-avec-leurs-parents, répondit Cuistot. Ils-vont-justement-les-chercher-à-l'astroport.

- Parfait ! Ça nous permettra de rentrer en contact avec D'Jok. C'est notre seule chance. »

Ils patientèrent dans le hall, en attendant le retour des Snow Kids. Voir D'Jok relâché signifiait que Sony était prisonnier. Les pirates avaient essayé de le localiser grâce à son émetteur mais le signal était brouillé. Le chef des pirates était introuvable.

Après ce qui semblait être une éternité, les joueurs réapparurent. Corsos sortit du hall. Kiya le vit se faufiler parmi la foule, trop dense pour qu'on puisse faire attention à lui. Il vérifia que personne ne le suivait puis entra dans les toilettes pour homme.

« Y'a plus qu'à espérer que D'Jok ait une envie pressante, fit Artie en s'asseyant par terre. »

Il avait à peine fini sa phrase qu'ils virent D'Jok se détacher d'une femme aux cheveux rose fuchsia et entrer dans les toilettes.

« On a surtout plus qu'à espérer que D'Jok coopère, dit Benett.

- Il n'a pas trop choix, non ? fit Kiya. Je veux dire… son père est prisonnier, il voudra le libérer.

- Ouais… répondit Benett d'un air absent.

- Regardez-Corsos-revient, lança Cuistot.

- Déjà ?

- Ça, c'est pas bon signe, murmura Artie. »

Ils quittèrent précipitamment le hall pour aller à la rencontre de Corsos qui avait l'air passablement agacé.

« Bleylock fait pression sur lui, annonça-t-il lorsqu'ils arrivèrent.

- Je m'en doutais, dit Benett. Qu'est-ce qu'il veut qu'il fasse ?

- Aucune idée, il veut rien dire. Mais il va falloir le surveiller de près. Je vais mettre Clamp au courant, il pourra le surveiller. Kiya, tu l'aideras.

- Et comment ?

- Je sais pas, moi ! Interroge-le, fais-le suivre. Bref, partons pour l'hôtel des Snow Kids. On se cachera après.

Kiya poussa un énième soupir. Une journée entière de surveillance et elle en était toujours au même point. Ils ne savaient toujours pas ce que D'Jok devait faire pour Bleylock. Clamp ne pouvait parler directement à D'Jok sous peine d'éveiller les soupçons d'Aarch et Kiya ne pouvait pas non plus se montrer à découvert pour… les mêmes raisons.

Dans le même temps, Benett, Artie et Corsos fouillaient le Génèse de fond en comble dans l'espoir de retrouver Sony, en vain. C'était comme s'il avait disparu de la surface du Génèse. Et cela n'augurait rien de bon.

« Tu crois que Sony est vivant ? demanda Kiya à Climbo.

- Tû…

- Oui, je vois… »

Si seulement, ils pouvaient trouver un indice, rien qu'un minuscule indice… cela les soulagerait ! Kiya avait l'impression d'être prise au piège, sans rien pour pouvoir l'affirmer. C'était assez stressant.

Elle soupira de nouveau, changea de position et prit le magazine qu'elle emportait pour passer inaperçue. Elle l'avait lu au moins une dizaine de fois depuis le début de sa surveillance et connaissait tous les articles par cœur mais c'était la seule distraction qu'elle avait.

« Tûûût ! »

Le cri de Climbo la fit sursauter. L'animal faisait de petits signes en direction de l'entrée de l'hôtel. Kiya s'approcha… et eut l'impression de recevoir un coup de poing dans la figure.

« Sinedd ! »

C'était bien Sinedd. Il avait les mains dans les poches et fixait l'hôtel d'un regard hostile. Kiya avait le cœur qui battait à toute vitesse. Il était seulement à quelques mètres des buissons dans lesquels elle se cachait, il pouvait entendre le moindre de ses gestes. Kiya se recula le plus silencieusement possible, une main sur la trompe de Climbo.

Enfin, Sinedd pénétra dans l'hôtel. Kiya resta encore un moment paralysée, le cœur battant à tout rompre, puis les jambes tremblantes, sortit du buisson.

« Qu'est-ce qu'il vient faire ici ? bredouilla-t-elle. Et en plus à cette heure-ci ?

- Tut… Tûtûtu.

- Oui, t'as raison. Suivons-le. »

Et elle s'engouffra dans l'hôtel.

L'hôtel était désert, il n'y avait personne en dehors d'un vigile endormi. C'était à la fois un avantage et un inconvénient. Un avantage car elle ne risquait pas de croiser des vigiles ou autres et qu'en plus, elle pouvait entendre les pas de Sinedd, un inconvénient parce que lui aussi pouvait l'entendre. Et la dernière chose que Kiya souhaitait, c'était qu'il remarque sa présence.

Par chance, il y avait suffisamment de distance entre eux pour qu'elle puisse se cacher le cas imminent. Elle le vit se diriger vers les ascenseurs et monter jusqu'au troisième étage. Par souci de discrétion, Kiya préféra prendre les escaliers et les grimpa quatre à quatre. Mais une fois sur le palier du troisième étage, elle s'aperçut qu'elle avait perdu la trace de Sinedd.

« Ça va aller, pensa-t-elle tout en essayant de retrouver son souffle. Suffit juste de vérifier toutes les pièces… Il doit pas y en avoir tant que ça. »

Mais elle se trompait. Devant elle se dressait des dizaines et des dizaines de portes. Elle commença à arpenter le couloir, un peu au hasard et passablement découragée jusqu'à ce qu'une voix sonore la fit sursauter une nouvelle fois.

Sinedd se tenait dans l'encadrement d'une porte, non loin de la cage d'escalier. Rapidement, elle se cacha dans l'ombre d'une plante imposante.

Sinedd entra dans la chambre et la porte se referma. Kiya se dépêcha d'aller coller son oreille à la porte.

« Tu veux savoir ce qui m'embête le plus dans le fait que tu fasses exprès de ne pas te donner à fond pendant la finale ? fit la voix de Sinedd.

- J'vois pas ce que tu veux dire, s'étonna celle de D'Jok

- Tu veux tout faire pour sauver ton père, je me trompe ? Moi, c'est ce que je ferais à ta place. Enfin, vu que j'ai plus de parents c'est assez difficile pour moi de me mettre à ta place… mais j'essaie quand même. »

Kiya ouvrit de grands yeux. Comment Sinedd était au courant de cette histoire ?

« Mais comment tu sais ça ? s'exclama D'Jok.

- Peu importe ! Revenons à ce que je disais. Ce qui m'embête le plus, c'est que tu puisses croire que si tu t'étais donné à fond, tu puisses être meilleur que moi. Alors je vais te faire une offre que tu ne pourras refuser.

- Et c'est quoi ?

- Retrouve sur la pelouse du Génèse Stadium dans une heure. On verra qui est le meilleur de nous deux. »

La voix de Sinedd se rapprochait. Rapidement, Kiya se cacha derrière un mur adjacent à la chambre. Elle entendit la porte de la chambre de D'Jok s'ouvrir et le bruit des pas de Sinedd se rapprocher. Il passa à côté d'elle sans la voir. Discrètement, elle se détacha du mur et le suivit à pas lent. Ils étaient à peine à trois mètre l'un de l'autre. C'était la première fois qu'ils étaient aussi proches depuis qu'ils s'étaient quittés. Elle n'avait qu'à faire un geste, dire un mot pour qu'il se retourne et s'aperçoive de sa présence.

Il bifurqua à gauche et Kiya s'arrêta. Elle entendit le bruit d'un ascenseur qui montait, des portes qui s'ouvraient et se refermaient et enfin, le bruit de la descente. Kiya s'avança et vit les numéros des étages s'illuminer au fur et à mesure qu'il descendait.

« Sinedd… murmura-t-elle d'une voix étrangement rauque, il est au courant… Il sait ce qui est arrivé à Sony…

- Tûuuût ? interrogea Climbo tout aussi surpris.

- J'en sais rien… j'en sais vraiment rien… »

Elle tremblait de tous ses membres et sentit la peur s'insinuer elle, comme un poison. Sinedd… Avait-il un lien avec Bleylock et le métafluide ?

Elle prit une profonde inspiration et se secoua la tête. Puis, elle prit Climbo et le tint devant elle.

« Tu vas suivre Sinedd, dit-elle. Partout où il va et tu vas essayer de découvrir ce qu'il a avoir là-dedans, ok ?

- Tût !

- Mais surtout, tu ne te fais pas repérer ! Je t'interdis formellement de rentrer en contact avec lui, tu m'as comprise ?

- Tu… Tûûût ?

- Oui, pas de contact ! »

Climbo, de toute évidence, pensait pouvoir parler avec Sinedd mais Kiya se montra ferme. Il ne devait pas le contacter sinon, il pourrait se douter de quelque et l'animal dû bien reconnaitre que cet argument avait du poids.

Légèrement contrarié, il sortit de l'hôtel et commença ses recherches.

Kiya, quant à elle, était passée aux toilettes se mettre un peu d'eau dans le visage. Une fois, les idées plus claires, elle frappa à la porte de D'Jok avec la ferme attention de lui faire cracher le morceau.

« Entrez, dit-il. »

Kiya entra d'un pas décidé et se planta face à D'Jok, perplexe de la voir.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-il.

- Mon boulot de pirate, répondit-elle. Alors comme ça, tu vas vraiment faire ce que Bleylock t'a demandé ?

- De quoi tu parles ?

- Eh bien, d'après ce que j'ai cru comprendre… Bleylock fait pression sur toi pour mal jouer devant la finale, c'est ça ?

- Comment tu sais ça, toi ? s'exclama-t-il en se levant de son lit.

- C'est pratique d'écouter aux portes.

- Tu m'espionnais ?

- Si la première chose que tu songes à faire, c'est de saboter la finale ou de rejoindre Sinedd pour un rendez-vous, ça vaut mieux.

- Tu as l'intention de m'en empêcher ?

- Pas si tu es suffisamment intelligent pour y renoncer toi-même. »

Ils se regardèrent un instant en chien de faïence puis D'Jok se rassit.

« C'est mon père, Kiya, dit-il d'un ton abattu. Que veux-tu que je fasse ? Que je le laisse mourir sans rien faire ?

- Tu n'es pas obligé de faire ce que te dis Bleylock, répondit-elle d'une voix qui se voulait rassurante. Tu peux nous aider au lieu de l'aider, lui. Car, oui, D'Jok, ce type se sert de toi pour obtenir quelque chose et en acceptant de faire ce qu'il te demande, tu l'aides !

- Si ça peut libérer mon père…

- Parce que tu crois qu'il le libèrera ? T'es bête naturellement ou tu le fais exprès ? Bleylock ne relâchera jamais Sony, il le déteste bien trop pour ça ! Il t'utilisera pour parvenir à ses fins et quand il aura obtenu ce qu'il voulait, il le tuera c'est aussi simple que ça. Et non seulement, tu auras perdu ton père mais en plus, tu auras aidé un malade mental à prendre le contrôle de la Galaxie. »

D'Jok paraissait au bord du désespoir. Il regardait Kiya comme s'il espérait qu'elle lui dise que toute cette histoire n'était qu'une farce de mauvais goût. Kiya se surprit même à éprouver de la compassion pour lui.

« Ecoute, lui dit-elle d'une voix plus douce et en se mettant à sa hauteur, fais confiance aux pirates. On ne laissera pas notre chef aux mains de la Technoïd, t'en es conscient ? Il faut que tu me fasses aussi confiance quand je te dis que Bleylock ne libèrera jamais ton père.

- Et si vous échouez ?

- Nous n'échouerons pas.

- T'es plutôt confiante.

- On connait Bleylock et la Technoïd, nous saurons quoi faire.

- Je ne peux pas rester sans rien faire…

- Mais tu ne peux rien faire !

- Je peux faire ce que me dis Bleylock.

- Si tu fais ça, tu condamnes la Galaxie tout entière ! Et…

- Arrête ! »

Il s'était levé et paraissait furieux.

« Si toi, tu préfères rester tranquillement assise pendant qu'un membre de ta famille est prisonnier, c'est ton problème. Moi, je ne peux pas ! Je viens juste de retrouver mon père et je n'ai pas envie de le perdre maintenant ! »

Kiya était bouché bée. Elle avait encore du mal à croire à ce qu'elle venait d'entendre.

« Si je comprends bien… commença-t-elle d'une voix lente, ce que je viens de te dire t'ai complètement égale ?

- Tu as très bien compris. »

Ah… Très bien, c'était donc ça.

« Très bien, dit-elle d'une voix neutre. »

Elle se leva et se dirigea vers la porte.

« Très bien, répéta-t-elle. Fais comme tu veux. Tu parlais de famille tout à l'heure ? Les pirates sont comme ma famille, et j'essaye d'aider l'un d'eux. Sauf qu'à cause de toi, il risque fort de mourir, et pas que lui. J'espère que tu seras à l'aise avec ça ! »

D'une démarche raide, elle sortit de la chambre. La colère montait en elle peu à peu. D'Jok n'était qu'un crétin. Un crétin qui se plaisait à se sentir indispensable. Qu'il aille au diable, c'était tout ce qu'il méritait.

Climbo avait suivi les instructions de Kiya à la lettre. Il avait suivi Sinedd partout où il allait. Après avoir quitté l'hôtel, il avait vagabondé dans les rues du Génèse, s'arrêtant de temps à autre pour regarder une vitrine d'un air absent. À un moment, il prit un café dans un bar. Climbo remarqua qu'il ne s'éloignait pas vraiment de l'hôtel des Snow Kids. Peut-être voulait-il s'assurer que D'Jok viendrait. Il remarqua aussi qu'il n'arrêtait pas de regarder autour de lui, comme s'il attendait quelqu'un.

Enfin Sinedd se leva et prit la direction du stade. Climbo le suivit tout en restant à une bonne distance de lui. Il le vit pénétrer dans le stade puis prendre la direction des vestiaires. Climbo se dirigea alors vers les cabines des entraîneurs et y prit place. De là, il avait une vue entière sur le stade.

Sinedd apparut quelques minutes plus tard, dans une explosion de fumée noire et atterrit en puissance sur la pelouse. Une poignée de seconde plus tard, ce fut au tour de D'Jok dans des volutes de fumée blanches et bleues. Il se posta sur une des barres de fer qui maintenait le tableau d'affichage. Les deux joueurs se toisèrent un moment.

Sinedd fut le premier à prendre la parole mais Climbo ne put l'entendre. La cabine de l'entraîneur était insonorisée. Frustrée, Climbo chercha un moyen pour entendre. Sinedd était peut-être en train de révéler à D'Jok des choses importantes !

Il piétinait sur le tableau de bord de l'entraîneur à la recherche d'un haut-parleur ou n'importe quoi dans le même genre. Il appuya alors sur un bouton qui fit apparaitre un écran sur lequel apparut en gros plan le visage des deux garçons. Mais il n'entendait toujours pas ce qu'ils disaient.

Résigné, Climbo s'assit et essaya de lire sur leurs lèvres. Sinedd avait les yeux levés au ciel et affichait un air amusé. Climbo la connaissait bien, cette expression. Quand Kiya et lui étaient plus jeunes et qu'ils désobéissaient de façon plus ou moins effrontée aux ordres de leur grand-père (par exemple en s'éclipsant vers le terrain de foot alors qu'ils étaient censés faire les courses), c'était cette expression que Sinedd affichait. Malheureusement, Kiya finissait presque à chaque fois par éclater de rire, ce qui rendait leurs tentatives d'échapper aux ennuis totalement inefficace.

Pourtant, aujourd'hui, l'expression de fausse innocence de Sinedd avait quelque chose de différent. Elle était prétentieuse et dure.

Qu'était-il donc arrivé à Sinedd ?

Sinedd semblait avoir proposé quelque chose à D'Jok. Ce dernier était descendu sur le terrain et se tenait face à Sinedd, une expression de défi sur le visage. Un ballon apparut entre eux deux et dans un hurlement, ils laissèrent échapper toute la puissance de leur fluide. Brûlant de démontrer qui était le meilleur, les deux joueurs se lancèrent dans un duel sans merci.

Sinedd surclassa rapidement D'Jok qui semblait dépassé par les événements. Il marqua un premier but avant même que D'Jok ait pu toucher la balle. Apparemment, le joueur des Snow Kids semblait incapable d'utiliser le Souffle alors que Sinedd usait outrageusement du Smog. Il marqua un deuxième but après avoir fait courir D'Jok d'un bout à l'autre du terrain et un troisième sans avoir laissé le temps à son adversaire de reprendre son souffle.

D'Jok semblait à bout de force. Il était agenouillé sur la pelouse, le souffle court. Sinedd semblait certain de sa victoire après voir vu les premières minutes du duel, Climbo devait bien avouer qu'il était plus que favori. Mais dans un sursaut d'orgueil, D'Jok se releva laissa le Souffle l'envahir et reprit possession du ballon. Sinedd ne s'était pas attendu à une telle réaction et fut pris de court. Il se réveilla juste à temps pour empêcher le ballon de rentrer dans ses cages et la renvoya à D'Jok qui fila vers ses propres cages pour renvoyer à son tour la balle. Les garçons faisaient preuve d'une véritable rage de vaincre, leurs fluides s'intensifiaient au fur et à mesure jusqu'à formée d'imposantes colonnes de fumée.

La donne changea littéralement. Ce coup-ci, ce fut D'Jok qui surpassa Sinedd et avec une facilité encore plus déconcertante que celle dont Sinedd avait fait preuve quelques minutes auparavant. Il marqua trois buts à Sinedd sans que celui-ci ait pu esquisser le moindre geste de défense. Et à chaque fois que le ballon franchissait, Climbo voyait le visage de Sinedd se décomposer un peu plus.

Climbo n'avait jamais vu deux joueurs s'affronter avec une telle rage. On pouvait sentir dans leurs gestes tout le mépris qu'il portait à l'autre et que la défaite serait la pire des humiliations. Climbo savait que c'était particulièrement vrai pour Sinedd. Il était très orgueilleux, encore plus que Kiya et ne supportait pas de se sentir inférieur. Il semblait que les trois années qu'il avait passé sur Akillian avait renforcé cette haine de la défaite et ce besoin de se sentir fort, imbattable.

Il perdait ses moyens, Climbo le voyait bien. Suspendu dans l'air Sinedd envoya rageusement le ballon vers les cages de D'Jok mais celui-ci avec, une puissance étonnante tira et le ballon fila droit vers les filets dans lesquels il se logea, faisant passer D'Jok en tête.

Abattu, à bout de force, Sinedd se laissa tomber à terre. Ce fut au tour de D'Jok de s'approcher de lui, l'air satisfait. Sinedd avait le regard hagard et puis doucement, difficilement, il se releva. Climbo se demanda si c'était l'orgueil ou le désespoir d'être surpassé qui poussa le jeune homme à tenter une dernière tentative qui, forcément, allait être un échec mais Sinedd fit un peu plus appel au Smog et courut vers le ballon, laissant une trainée noire derrière. Il exécuta un tir surpuissant mais mal cadré, le ballon se figea dans la barre transversale que l'impact déforma.

Sinedd resta quelques secondes immobiles, puis brusquement il se tourna vers D'Jok. C'est alors que les choses dégénérèrent. Sinedd se prit la tête dans les mains et s'écroula au sol, hurlant de douleur. Climbo ne pouvait pas l'entendre mais il voyait bien qu'il souffrait. Fou d'inquiétude, il se colla aux vitres de la cabine poussant de petits cris, tout en sachant qu'il ne pouvait pas l'entendre. D'Jok s'était lui aussi précipité aux côtés de Sinedd mais il repoussa. Une nacelle descendit alors et Sinedd s'y laissa tomber, à bout de force.

Climbo ne fit ni une ni deux. Il sortit en trombe de la cabine et se précipita vers les vestiaires qu'occupaient les Shadows. Il les connaissait, c'était les mêmes que ceux qu'avait utilisé Kiya la dernière fois. Mais tandis que la porte du vestiaire se rapprochait, il s'arrêta brusquement, suspendu à quelques mètres du sol.

Kiya avait dit qu'il ne devait pas entré en contact avec Sinedd… Mais Sinedd était malade et il était aussi malheureux, Climbo devait l'aider… Mais Kiya disait qu'il pouvait se douter de quelque chose. C'était vrai mais Climbo savait aussi que Kiya n'aurait pas supporté de laisser son frère dans l'état dans lequel il se trouvait… Alors…

Il s'approcha et la porte du vestiaire s'ouvrit.

Sinedd était étendue sur le sol, les bras en croix, la respiration haletante. Quand il vit la porte s'ouvrir, il se redressa sur un bras et dit :

« Qui est là ? »

Climbo s'était empressé de se cacher dans un placard dont la porte était entrebâillée. Mais son propre comportement le surprit : n'était-il pas ici pour voir Sinedd justement ?

Et soudain, il comprit. Depuis qu'ils avaient appris où se trouvait Sinedd, Climbo n'avait cessé de reprocher à Kiya son manque de courage à l'idée de se retrouver face à lui. Et Climbo venait de comprendre pourquoi… Il venait de comprendre à quel point il devait être difficile de se retrouver face à la personne dont on avait été le plus proche alors que cela faisait des années qu'on n'avait plus de contact.

Sinedd regardait dans le couloir. Ne voyant personne, il referma la porte mais son regard s'arrêta sur le placard à moitié-ouvert. Climbo le vit s'approcher et tendre la main…

La lumière pénétra en masse dans sa cachette et le fit cligner des yeux. Il ne distingua pas immédiatement le visage de Sinedd, situé à contrejour mais lui devait bien le voir.

« C-Climbo ? demanda-t-il d'une voix mal assurée. »

Les yeux de Climbo s'étaient habitués à la luminosité et il voyait Sinedd le regarder avec des yeux ronds. Il était très pâle et il transpirait. Ses yeux bleus-violet (identiques à ceux de sa sœur) le dévisageait comme si c'était la première fois qu'il le voyait.

« C'est vraiment toi Climbo ? poursuivit Sinedd. »

Alors, oubliant toutes les recommandations de Kiya, il se jeta sur Sinedd, heureux et soulagé de le retrouver. Sinedd qui ne s'attendait sûrement pas à ça, perdit l'équilibre et tomba à la renverse.

« Arrête, arrête ! lançait-il à la petite créature qui ne voulait pas le lâcher et qui ne cessait de lui demander s'il allait bien. Je vais bien, d'accord ? »

Climbo soupira de soulagement, ce qui se traduisit par un bruit de trompette. Sinedd esquissa un sourire

« Mais bon sang, qu'est-ce que tu fais ici ? s'exclama-t-il. »

Climbo s'immobilisa… Qu'est-ce qu'il faisait ici ? Il ne pouvait quand même pas dire que Kiya l'avait envoyé l'espionner. Mais comme s'il lisait dans ses pensées, Sinedd dit :

« Tu m'espionnais, n'est-ce pas ? »

Climbo hocha lentement la tête. Il ne voyait comment il aurait pu le démentir.

« Quelqu'un t'a envoyé ? »

Oh oh… Il était plutôt perspicace… Climbo avait la désagréable impression que ça ne servait à rien de mentir à Sinedd. Conscient des risques, il hocha de nouveau la tête.

« Qui ? »

La voix de Sinedd s'était faite plus pressante et la main dans laquelle il tenait Climbo tremblait.

Climbo réfléchissait à toute vitesse. Non, il ne pouvait pas dire que c'était Kiya. Sinedd ne devait pas savoir que Kiya était une pirate… surtout s'il était en relation avec Bleylock… mais il devait quand même fournir une réponse. N'importe laquelle.

Elle s'imposa d'elle-même dans son esprit :

« Tutu ! (Ton grand-père !), dit-il. »

Sinedd haussa les sourcils.

« Mon grand-père ? répéta-t-il.

- Tût ! »

Climbo était sûr que son idée fonctionnerait. Zùn Ho était l'entraîneur des Wambas après tout et il devait rester sur le Génèse jusqu'à la finale donc il aurait très bien pu demander ça à Climbo.

Sinedd eut un demi-sourire et approcha son visage de Climbo.

« T'es qu'un vilain menteur, Climbo, murmura-t-il. »

Climbo ouvrit des yeux ronds et voulut répliquer mais Sinedd l'en empêcha.

« J'ai vu grand-père à plusieurs reprises depuis que je ici, dit-il. Il m'a dit qu'il n'a plus eu de nouvelle de toi depuis que tu es parti avec Kiya. »

Climbo ne trouva rien à répondre et, tout à coup, il lui apparut comme évident que Sinedd savait pertinemment qui l'avait envoyé.

« C'est Kiya, c'est ça ? finit-il par dire. »

Climbo ne répondit pas et son silence sembla être une réponse suffisante pour Sinedd.

« Elle est ici ? Elle est sur le Génèse Stadium ?

- Tût…

- Où ?

- Tutûttu ! (Je ne sais pas !) »

Ce qui était vrai d'une certaine façon. Kiya n'était sûrement pas restée à l'hôtel des Snow Kids et avait sans doute rejoint Artie, Benett et Corsos dans leurs recherches pour retrouver Sony. Et ils pouvaient être n'importe où !

Mais Sinedd regardait Climbo, soupçonneux. De toute évidence, il ne le croyait pas.

« Et tu n'as pas une idée de l'endroit où elle peut être ? Vous dormez bien quelque part, non ? Où ça ? »

Plus Sinedd posait ses questions, plus Climbo était embarrassé. Il comprenait maintenant que c'était une erreur (surtout dans la situation actuelle) d'être allé voir Sinedd.

« S'il te plait, Climbo, dis-moi où elle est ! »

Sa voix s'était faite suppliante. Et ça, plus que ses questions, mit Climbo dans l'embarras. Il aurait été bien plus facile pour Sinedd de rester concentrer sur son objectif s'il n'avait pas su que sa sœur se trouvait aussi sur le Génèse Stadium. Climbo décida alors d'être honnête. Il lui dit qu'il ne pouvait pas dire où lui et Kiya étaient parce que ça pourrait leur causer des problèmes. Sinedd pâlit en entendant cela mais il n'insista plus. Il se releva et se changea puis avant de quitter les vestiaires, il se tourna vers Climbo et dit :

« Ne me suis plus, s'il te plait. Et ne dis pas à Kiya ce que tu as vu. Elle s'inquiéterait. »

Kiya faisait les cent pas dans sa cabine, en proie à une grande agitation. Il était plus de minuit et elle n'avait toujours pas la moindre nouvelle de Climbo. Elle commençait à se demander s'il ne lui était pas arrivé quelque chose. Qui plus est, les pirates n'avaient toujours pas la moindre piste concernant l'endroit où Sony se trouvait… et la finale avait lieu le lendemain…

Et enfin, Clamp leur avait parlé du métafluide, un fluide indétectable et doté d'une grande puissance. Kiya avait l'impression d'être assise sur une bombe à retardement. Et surtout, elle ne comprenait pas ce que Bleylock cherchait à faire… Pourquoi demander à D'Jok de mal jouer pendant la finale ? Qu'allait lui apporter la victoire des Shadows ? Elle avait parlé de la conversation entre Sinedd et D'Jok à Corsos et celui-ci avait approuvé son idée de suivre Sinedd. Mais tant qu'ils n'en sauraient pas plus, ils ne pouvaient pas faire grand-chose.

Mais que faisait donc Climbo ?

Ne supportant plus de rester cloitrée dans sa chambre, Kiya voulut rejoindre les autres au cockpit mais elle avait à peine posé sa main sur la porte qu'un petit « bang » retentit. Kiya se retourna aussitôt et vit Climbo tambouriner sur le hublot qu'elle s'empressa d'ouvrir.

« Alors ? s'écria-t-elle plus fortement qu'elle ne l'aurait voulu. Qu'as-tu appris ? »

Climbo était très agité, il gigotait et voletait dans tous les sens, comme un dément. Kiya devait le maintenir fermement entre ses mains pour comprendre ses explications hachées. Quand il eut fini, elle avait l'impression qu'un poignard lui transperçait le cœur. Et un même mot se répétait en boucle dans sa tête :

Impossible… Impossible… Impossible

« Tu es sûr de ce que tu as entendu, Climbo ? demanda-t-elle d'une voix étrangement neutre. »

Impossible…

« Tût…

- Vraiment sûr ? »

Impossible…

Ce n'était pas possible… Sinedd ne pouvait pas avoir accepté de faire une chose pareille ! Il y avait forcément une erreur… Forcément.

Mais dans un petit coin de son esprit, embrumé par l'incrédulité, une petite lumière de compréhension était allumée. Une lumière qui devenait de plus en plus forte.

Kiya se laissa tomber sur sa couchette, le cœur battant, les membres tremblants.

« C'était ça son plan… murmura-t-elle.

- Tut ?

- Bleylock… C'était ce qu'il voulait depuis le début… »

Climbo s'était posé sur ses genoux.

« Il a enlevé D'Jok parce que c'était le fils de Sony… Il savait que Sony se précipiterait pour le secourir et qu'il céderait sans hésiter le métafluide et… et ensuite… »

Elle prit une grande inspiration.

« Ensuite, il demande à D'Jok de mal jouer pendant la finale pour diminuer sérieusement les chances des Snow Kids de gagner. Là aussi, il savait qu'il accepterait parce qu'il venait juste de le retrouver et qu'il ne voudrait pas le perdre. Assuré de la victoire des Shadows, il ne lui restait plus qu'à trouver quelqu'un dans l'équipe victorieuse pour poser ce… ce truc… Et il a choisi Sinedd… »

Sa voix se brisa et elle enfouit son visage dans les mains.

« Mais pourquoi Sinedd ? Pourquoi lui ? »

Climbo avait dit que Bleylock avait montré à Sinedd des photos d'une guerre, une guerre durant laquelle leurs parents auraient trouvé la mort. Kiya s'était toujours doutée que ses parents étaient morts mais le fait que ce général puisse le savoir et surtout qu'il soit au courant des circonstances, la troublait profondément. Et c'était pour ça que Sinedd avait accepté de… de… Mais comment l'avait-il su ? Bleylock avait- il connu leurs parents ? Les surveillait-il ? Peut-être depuis la planète Shadows… Peut-être savait-il que Kiya était chez les Pirates… Et bien d'autres choses…

Et Sinedd qui l'avait suivi… Espérait-il venger leurs parents de cette façon ? Savait-il ce qui s'était passé ? Kiya était-elle la seule à ignorer la vérité ?

Kiya, soudain, se redressa, faisant sursauter Climbo.

« Il faut prévenir Corsos ! s'exclama-t-elle. »

Elle connaissait maintenant le plan de Bleylock, il fallait à tout prix prévenir les autres pour le contrecarrer !

Elle se précipita hors de la cabine, Climbo volant derrière elle. Mais Kiya ne pouvait empêcher une petite voix au fond de sa tête de crier :

« Pourquoi Sinedd ? Pourquoi ? »

Et me voici de retour avec un nouveau chapitre ! Je m'excuse de ces publications irrégulières, sincèrement.

Au programme, un petit contact indirect entre le frère et la soeur via Climbo. Cette petite chose a été créé presque exclusivement pour ce passage-là ! On a aussi le duel entre D'Jok et Sinedd qui est mon épisode préféré de GF, je ne pouvais pas ne pas l'adapter.