Chapitre 14
Cela faisait deux semaines qu'Alain avait été transféré dans la chambre attenante au cabinet du père de Catherine, l'éminent médecin aux méthodes et théories avant-gardistes. C'est avec l'aide active d'Oscar et André que ce déplacement fut réalisé. Le sergent des Gardes-Françaises n'avait pas eu son mot à dire. Catherine ne lui en avait pas laissé l'occasion. Elle l'avait même menacé de rompre les fiançailles s'il refusait de les suivre. De toutes manières, il ne risquait pas de se retrouver dans un endroit pire que cette infirmerie, il se rendait compte par lui-même que son état de santé se dégradait. Sa blessure était fort vilaine et peinait à cicatriser. Alors il accepta, en laissant Catherine croire à la force de son autorité.
La chambre du cabinet était propre, calme et il y faisait doux. Alain avait tous les jours des visites, sa mère, Diane, Oscar et André ainsi que nombres de Gardes Françaises et même des voisins.
Diane, à chacune de ses visites, lui parlait avec beaucoup d'enthousiasme d'Augustin, l'employeur de Catherine qui lui faisait la cour. Un jour, elle était apparue avec un étrange pendentif autour du cou. Elle avait expliqué à Alain, dubitatif, qu'il s'agissait d'un fragment de météorite, que ce morceau de métal avait voyagé de longues années et une infinité de lieues avant de s'écraser sur Terre. Elle lui avait aussi annoncé que le savant et leur mère s'étaient rencontrés et que celle-ci l'aimait déjà, elle appréciait grandement qu'il soit quelqu'un d'instruit et qu'il ne soit pas un m'as-tu-vu. Bien qu'il ne l'ait jamais rencontré, Alain émettait plus de réserve, il n'était pas question qu'il laisse sa sœur adorée partir si facilement, même si ce prétendant lui offrait « un morceau de ciel » et qu'il était un puits de science. Il comptait rencontrer le gaillard !
Tout en prodiguant les soins nécessaires à son patient, le père de Catherine avait, à de maintes reprises, fustigé ceux fournis par l'équipe soit disant médicale de la caserne. Cependant, grâce à lui, l'état d'Alain s'améliorait de jour en jour. Ce dernier tentait, de temps en temps, de plaisanter avec son futur beau-père, mais recevait un accueil souvent mitigé. Le médecin se montrait fuyant. Le soldat mettait ce comportement distant sur le compte du traditionnel scepticisme paternel face au fiancé de sa fille chérie.
En revanche, il ne comprenait pas l'attitude de Catherine, plus distante, même si elle tentait de donner le change, Alain n'était pas dupe, ce regard était triste, absent... Quelque chose se tramait. Leurs entrevues étaient de plus en plus brèves, elle prétextait de longues et harassantes heures de travail ainsi que la distance à parcourir entre son lieu de travail et le cabinet médical de son père.
Le jour de son départ, quand elle entra dans la pièce, Alain attendait, assis sur son lit, il lui lança un de ces regards lourds de sens. Elle, cachait mal sa nervosité... Sans dire un mot, elle referma la porte à clé et commença à se dévêtir, sous le regard à la fois éberlué et absolument ravi d'Alain.
Lorsqu'elle fut complètement nue, elle le poussa doucement en arrière. Le sergent des Gardes-Françaises se laissa bien volontiers tomber sur le matelas, le sourire aux lèvres…
- Moi qui viens de faire mon lit au carré… Tu n'as donc pas honte ? » Plaisanta-t-il. Avec un immense et franc sourire elle lui répondit :
- Pas le moins du monde, mon amour…
Malgré Catherine blottie contre lui, et charnellement plus que satisfait, Alain conservait l'intuition que sa fiancée lui cachait quelque chose. Cette intuition devint certitude lorsqu'il sentit sur son torse les larmes silencieuses et chaudes de son aimée. Il tenta d'en savoir la raison, de la seule manière qu'il connaissait…
- Allons ma douce, je sais que je suis un amant incomparable, mais de là à pleurer…
- Tu ne dormais pas… ? » S'étonna la jeune femme.
- Non… Mais vas-tu me dire pourquoi ces larmes ? Pourquoi ce comportement ces derniers temps ? » S'inquiéta le militaire en essuyant tendrement avec son pouce une larme sur la joue de sa belle. « Vois-tu un autre homme ? » Demanda-t-il soudain.
- Ne soit pas bête… » Répondit-elle faiblement.
- Nous allons nous marier, Oscar et André aussi vont probablement pouvoir le faire, et Diane a dégoté ce drôle qui lui a offert un collier avec un « morceau de ciel », je suis guéri, alors, que t'arrive-t-il ?
Elle sorti du lit, et commença à se rhabiller, sans rien dire. Puis, commença d'un filet de voix hésitant :
- Je n'habite plus chez ta mère, j'habite ici, chez mes parents maintenant. Et, nous devons arrêter de nous voir. » Alain bondit.
- Comment ça « maintenant », depuis quand ? Pourquoi ? Réponds-moi ! Pourquoi veux-tu rompre nos fiançailles ? » S'emporta-t-il sidéré. A nouveau, elle lui imposa un lourd silence pour toute réponse. Elle ne put empêcher de contenir ses larmes.
- Alain, je t'aime, je t'aimerai toujours, c'est tout ce que tu dois savoir… Elle se jeta dans ses bras, il lui rendit son étreinte.
Catherine venait à peine de finir de prononcer ces paroles lorsque qu'on frappa à la porte de la chambre. Elle accouru pour ouvrir.
- Couvre-toi ! » Recommanda-t-elle à Alain avec un sourire triste, avant de tourner la clé.
Le visiteur n'était autre que le père de la jeune femme. Celui-ci présenta une expression gênée lorsqu'il découvrit Alain en tendue d'Adam. Plus parce qu'il devinait ce qui venait de se passer qu'à cause de la nudité du jeune homme.
Catherine s'éclipsa en jetant un regard qui avait tout d'un adieu vers Alain, qui commençait à se rhabiller en s'attendant à un sermon mémorable sur la moralité, ou plutôt l'immoralité des rapports intimes hors mariage. Mais il n'en fut rien.
- Comment vous portez-vous aujourd'hui ? Vous sentez-vous prêt à sortir ? » Demanda le médecin, comme si de rien.
- Dites-moi, j'ai l'impression que vous savez ce qu'il arrive à Catherine.
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler… » Se déroba le praticien.
- Vous êtes bien meilleur médecin que menteur. Alors dites-moi, d'homme à homme… Catherine vient de me plaquer, ça n'est ni le fait de ma mère, ni sa volonté… Vous n'y êtes pas étranger, n'est-ce pas ? » Alain était calme et très déterminé.
- Je… Oui… » Admit l'homme de science sans plus de résistance.
- Mais je ne comprends pas, vous me refusez la main de votre fille, mais vous me soignez ? Serait-ce la culpabilité ?
- Non… Comme vous le savez sans doute, Catherine a été reconnue fortuitement par son ancienne gouvernante au marché. Elle n'avait pas du tout l'intention de revenir ici. Elle savait qu'après la manière dont elle était partie, elle ne serait sans doute pas accueillie à bras ouvert, et de surcroit avec un fiancé qui n'aurait pas été choisi par sa mère. Et puis, elle n'a pu que constater vos déplorables conditions de séjour à l'infirmerie de la caserne, elle savait que moi seul pouvais vous aider. Alors elle s'est livrée à sa mère, qui a accepté que je m'occupe de vous à la seule condition qu'elle vous quitte. »
Alain était atterré. Elle qui voulait plus que tout au monde l'épouser, elle qui la dernière chose qu'elle souhaitait était renouer avec sa famille. Elle avait tout sacrifié pour lui, sans hésiter. Alain réfléchit un court instant à cette révélation.
- C'est votre femme qui a posé cette condition, hein ?
- En effet…
- Et ça vous arrive souvent de laisser votre femme prendre toutes les décisions, tout diriger seule ? Vous n'avez pas votre mot à dire ? C'est Madame qui porte la culotte ? Et si je ne vous devais pas ma guérison, je vous demanderais si elle ne porte pas autre chose aussi… » Cracha Alain. « Pourquoi infliger ça à Catherine alors qu'elle est votre préférée selon vos propres dires ? »
- Vous savez, je dois tout à mon épouse, je me sens redevable. C'est sa famille qui a de l'argent. Qui m'a permis de faire les études dont je rêvais, donc d'être ce que je suis aujourd'hui.
- Vous ne lui êtes pas redevable à elle, et pas plus redevable à vie. Ses parents à elle l'ont bien autorisée à aimer le jeune homme désargenté que vous étiez, alors pourquoi nous priver Catherine et moi de nous aimer ?
- Ma femme est très attachée aux apparences. Elle a trouvé ce qu'elle aime appeler de « beaux partis » pour les sœurs de Catherine. Elle avait peu apprécié, et c'est un euphémisme, que Catherine s'intéresse à la médecine, et encore moins qu'elle se soit enfuie avec Grégoire, qu'elle n'avait pas choisi, et qui était protestant. Bien que je sois très ami avec son père, je n'ai jamais aimé ce jeune homme non plus, d'ailleurs. Vous me confortez dans mon opinion puisqu'elle l'a quitté pour vous. Je me demande bien ce qu'il a bien pu lui faire pour qu'elle en arrive à le quitter, elle en était très éprise…
- Je ne vous révèlerai pas ce que je sais. C'est à Catherine de le faire, et seulement si elle le désire. Mais vous, qu'en pensez-vous, de tout ça ? J'aimerais vraiment le savoir !
- Eh bien, cela fait deux semaines que je vous vois tous les jours, que je vous parle. Vous semblez être un brave homme, intelligent, fort, honnête et bon. S'il n'y avait que moi… » Avoua le médecin.
- Vous souciez vous du bonheur de votre fille ? » Demanda placidement Alain.
- Bien sûr…
- Alors, vous savez ce qu'il vous reste à faire. » Répondit-il dans un souffle
Alain enfila son manteau lorsqu'on frappa à nouveau à la porte. C'était ce vieil André qui venait le chercher. Il prit congé de son bienfaiteur de manière succincte ; en marmonnant de vagues inintelligibles remerciements.
André devina immédiatement à l'expression de son compère que Catherine « lui avait parlé ».
Ils montèrent l'un, puis l'autre sur leur cheval respectif.
- Tu es bien silencieux… » Tenta André, sérieux.
- Ton vieil ami Alain va finir vieux garçon… » Ironisa le soldat.
- Oh… Catherine t'a parlé…
- Tu étais au courant, toi ? » Fulmina Alain.
- Calme-toi ! Oui, je le savais, je ne t'ai rien dit pour que tu te fasses soigner convenablement ! Tu n'aurais pas accepté si tu avais su ! Je me trompe ? » L'argument était implacable. Alain ne pouvait qu'acquiescer.
- Non… Tu as raison… Elle a sacrifié notre couple pour moi, pour ma santé… Si seulement l'autorisation des parents n'était pas obligatoire… Mais tu sais de quoi je parle…
- A ce propos, j'ai quelque chose à t'annoncer concernant Oscar et moi.
- Quoi ? Alors ça va se faire ? » S'enflamma le militaire, réellement heureux.
- Oui, nous avons eu l'autorisation de son père, et celle du roi ! Ça n'est pas celle de ce dernier qui a posé le plus de problèmes…
- Aaaaaah ça c'est de la nouvelle ! Félicitations mon vieux ! » S'exclama Alain dans un éclat de rire en donnant une énorme, mais amicale tape dans l'épaule de futur marié. « C'est une sacrée bonne femme que cette Oscar, et c'est toi qu'elle a choisi ! Tu es un veinard, tu sais ! Mieux vaut pour toi que tu la rendes heureuse !
- Dit celui qui voulait l'embrocher avec son épée, et qui ne manque pas une occasion de la mettre en boite… » Plaisanta André.
- Le duel, c'était avant de la connaitre ! Je la raille parce que je l'apprécie beaucoup ! Elle ne s'est jamais comportée en aristo condescendante avec ma Catherine. De plus, elle et toi avez contribué à convaincre ma mère de l'héberger. Je suis vraiment heureux pour vous, vous méritez ce bonheur.
- …mais ça n'est pas la seule nouvelle que je voulais t'annoncer… » Continua André avec un sourire.
- Je t'écoute, mais je crois savoir à quoi m'attendre… » Ricana le sergent de Gardes Françaises.
- Oscar doit quitter les Gardes Françaises pour « question de santé ».
- Ah non, je ne pensais pas à ça… » Il s'arrêta de parler pour réfléchir « Ooooooh attends, j'ai compris, tu l'as mise enceinte c'est ça ?
- Eh bien oui…
- Bravo mon vieux ! » Il gratifia André d'une nouvelle bourrade amicale, André failli en tomber de cheval. Ils éclatèrent de rire.
- Poursuivre son activité pourrait être dangereux pour elle, et notre enfant. Nous allons nous marier rapidement pour le légitimer.
- Jusqu'au bout tu es un homme comme il faut ! » Affirma Alain avant d'ajouter d'une voix mélancolique « Comme je vous envie… »
- Mais tu n'as pas essayé de persuader le père de Catherine ?
- Si… Mais c'est « Madame » qui ne veut rien entendre…
- Tu comptes vraiment abandonner si facilement ? Cela ne te ressemble pas du tout… » A ces mots, Alain arrêta brusquement sa monture.
- Tu sais quoi… ? Tu as raison ! Pars devant, je ne reviendrais qu'avec Catherine ! » Immédiatement il joignit le geste à la parole et fit prendre la route inverse à son cheval.
- Pas question ! Je t'accompagne ! » Cria André, à sa poursuite.
Alain tambourina à la porte. C'est l'ancienne gouvernante de Catherine qui lui ouvrit presque aussitôt. Il avait eu l'occasion d'entrevoir cette femme lors de son séjour. Elle semblait ennuyée de voir Alain de retour. La raison se fit rapidement savoir puisqu'un tintamarre, des éclats de voix, précisément, se faisaient entendre depuis une pièce voisine. Alain la salua de manière polie et calme comme il en avait l'habitude avec les dames quel que soit leur âge.
- Bonjour Madame Jourdan, je souhaiterais m'entretenir avec les parents de Catherine, je vous prie.
- Bonjour Alain, je ne sais pas si c'est le bon moment…
Une porte donnant sur le couloir s'ouvrit brusquement. C'était le vénérable médecin et père de Catherine qui fit son apparition. Lui d'habitude si bien mis, lui si calme, si effacé malgré sa carrière émérite, était en sueur, tremblant, essoufflé. Lorsqu'il identifia Alain accompagné d'André, il reprit, comme par magie, tout son calme.
- Auriez-vous oublié quelque chose, jeune homme ?
- Non, je venais vous voir, justement !
- Que puis-je faire pour vous ?
- Pourrions-nous entrer, je vous prie, je pense que nous avons des choses à nous dire…
Le praticien soupira et laissa les deux amis pénétrer dans la demeure, puis les fit entrer dans un petit salon dans lequel se tenait une femme, debout, droite comme un piquet. La ressemblance avec Catherine était frappante. Cependant, alors que l'apparence douce et angélique de Catherine cachait un caractère bien trempé, l'allure ouvertement hautaine et rigide de sa génitrice ne dissimulait rien de sa véritable nature.
- Ah ! » Fit-elle avec un sourire ironique en voyant Alain.
- Écoutez ma petite dame, d'habitude, et mon ami là (il désigna André), pourra en témoigner, malgré mon rang considéré comme bas par les gens tels que vous, j'ai pour usage de me comporter en gentilhomme avec les dames, mais là, je compte vous faire part sans détour de ma façon de penser…
Un bruit sourd fit sursauter l'assemblée qui instinctivement regarda de concert vers la source du bruit : le plafond…
- Qu'y a-t-il là-haut ? Demanda Alain.
- La chambre de Catherine… » Répondit la gouvernante inquiète.
Tous se pressèrent dans les escaliers menant au premier étage, le père de famille en tête. « Là ! » Cria-t-il en s'arrêtant devant une porte qu'Alain ouvrit à la volée. Catherine était étendue sur le sol, elle tentait péniblement de se relever, Alain et son père se précipitèrent sur elle. Une corde et un tabouret gisants à terre témoignaient d'une tentative heureusement sans succès, de geste désespéré. Elle se tenait la tête et semblait complètement perdue...
- Je vais vous chercher votre trousse Monsieur ! » Lança Madame Jourdan.
- Merci Eugénie…
Alors que son épouse tomba, inconsciente dans les bras d'André, l'homme de médecine se pencha sur sa fille, lui posa une succession de questions simples, auxquelles, bien qu'en état en état de choc, elle répondit avec exactitude, il s'enquérait de ses sensations. Alain, ébahi, protesta. Était-ce donc bien le moment de faire la conversation ?
- Je pense qu'il sait ce qu'il fait… » Dit calmement André en installant la maîtresse de maison sur une chaise.
- Écoutez-donc votre ami… » Dit calmement le praticien. « et aidez-moi à l'asseoir sur son lit. »
Il examina les pupilles de Catherine, son cuir chevelu.
- Elle ne saigne pas… Elle n'aura sans doute qu'une bosse, mais… »
Il tâta rapidement les membres de sa fille, lorsqu'il exerça une pression sur son avant-bras droit, elle poussa un gémissement de douleur. Il remonta sa manche pour mieux l'examiner. Son employée de maison arriva bientôt avec la trousse.
Madame Chapuis reprenait peu à peu ses esprits, sous les paroles apaisantes d'André.
- Est-elle blessée ? » Demanda vivement Alain.
- Ne criez pas jeune homme, votre promise va avoir besoin de calme…
- Ma promise ? Vous plaisantez ? Il en était hors de question i peine une heure et maintenant…
- Je ne laisserai pas cela se produire… » Marmonna faiblement la mère de la jeune femme.
- Ma chère, le temps où vous décidiez tout sous ce toit est révolu… » Affirma son époux.
- Pour répondre à votre question, Monsieur de Soissons, l'altercation entre mon épouse et moi dont vous et votre ami avez été témoins avait pour objet votre union, figurez-vous …
- Catherine, ma fille que ne me ferez-vous pas subir ? » Fit faiblement mais sèchement la maîtresse de maison. Tous décidèrent d'ignorer cette plainte théâtrale.
- Mon amour, te donner la mort, comment as-tu pu… ? » Demanda tendrement Alain.
- Je recommencerai autant de fois qu'il le faudra si je dois renoncer à toi.
- Tu es une petite ingrate, égoïste. » Geignit Madame Chapuis.
- Madame, elle s'est livrée à vous pour que je puisse être soigné ! C'est à cause de votre chantage ignoble ! l'égoïste c'est vous » Catherine se mit à pleurer.
- Sortez tous ! Ça suffit ! » Gronda le médecin. Sa femme demeura comme statufiée. Jamais elle n'avait vu son mari lui parler sur ce ton.
- Non, je veux qu'Alain reste. » Supplia Catherine.
- Ah… ! » Fit sa génitrice avec dédain.
- André, faites là sortir je vous prie… » Demanda le médecin exaspéré. « Vous ! » (s'adressant à Alain) « vous pouvez rester ici, mais tenez-vous tranquille. »
- Merci père… » Murmura la jeune femme.
- Je pense à une fracture du radius droit, mais je ne suis pas sûr…
