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Bonne lecture !


13 Décembre - Cadeau


John était en congé, aujourd'hui. Un fait suffisamment exceptionnel pour être souligné. Sherlock n'en avait pas cru ses oreilles quand le réveil avait sonné ce matin-là. Et que John s'était retourné, avait tendu la main, et l'avait éteint sans ménagement. Pour mieux faire demi-tour et se lover dans les bras tendus de son amant.

- John ? Qu'est-ce que tu fais ? Tu ne vas pas travailler ? avait-il marmonné.

- Je dors. Tu devrais essayer d'en faire autant. Nous avons tout le temps du monde.

Et parce que Sherlock était intelligent, il avait compris immédiatement. Et s'était mis à ronronner dans le giron de son amant, plein d'une félicité sans pareille, perdu dans la chaleur de la couette et celle de son compagnon.

Bien sûr, Sherlock était Sherlock, la potentielle grasse matinée avait vite dérivée. Si le détective détestait se lever quand il s'agissait de voir partir John, une fois réveillé avec l'idée que son médecin personnel allait passer toute la journée avec lui, il avait été incapable de se rendormir. Et avait donc obligé John à faire de même. À coups de caresses perverses et coercitives, auxquelles John n'avait pas résisté bien longtemps. D'autant que Sherlock s'était négligemment proposé pour inverser leurs positions habituelles, et John adorait quand Sherlock le prenait, même si cela ne survenait pas si souvent.

Ils avaient fait l'amour lentement, tranquillement, passionnément.

Puis avaient passé une bonne partie de la matinée alanguis dans le lit, à somnoler, rêvasser et discuter. Bien qu'il en déplaise fortement à Sherlock, le temps filait, et Noël approchait. Et pour le réveillon, ils recevaient toute la famille, et cela nécessitait un peu d'organisation. Dont John se chargeait de A à Z, mais il fallait quand même en informer Sherlock. Qui ne cessait de bouder. Savoir quand placer dans le planning le ménage de l'ancienne chambre de John pour y installer leurs invités l'ennuyait profondément. Le fait de devoir aller chercher au grenier le lit d'appoint pour l'installer là-haut le désintéressait totalement.

Mais John fut inflexible, et jamais il ne céda aux lamentations de son amant, qui le suppliait de tout arrêter.

Le détective aurait volontiers passé sa journée au lit. Et il n'était pas contre l'idée de refaire l'amour. La promiscuité du lit, la chaleur de la couette, le froid dehors, l'ambiance de leur appartement lui donnait des envies de câlins et de repos comme jamais il n'en avait connu.

Mais John avait bien d'autres projets. Maintenant qu'il était pleinement réveillé, qu'il avait âprement mené bataille contre son compagnon pour lui faire entrer de force le programme dans la tête (tout en lui dissimulant sciemment quelques détails, du genre de la soirée de vendredi. Sherlock n'avait pas besoin de tout savoir, parfois), il était en pleine forme et avait envie de bouger.

Et sans tenir compte des protestations de son amant, se leva, et rejoignit la cuisine pour y préparer le repas (ils avaient raté le petit déjeuner, mais aucun des deux n'en avait cure). Sherlock de mauvaise grâce, le suivit.

Sur le chemin, John avait allumé toutes les guirlandes électriques (il avait installé un interrupteur à distance centralisé qui pouvait tout allumer en même temps. Et n'en avait pas révélé l'emplacement à Sherlock, qui était étonnamment extrêmement nul en électricité, et aurait été capable de tout faire disjoncter en essayant de s'en servir) qui illuminaient désormais le salon et la cuisine de leurs petites diodes multicolores. Le spectacle de la peau pâle de Sherlock, les cheveux ébouriffés par le sommeil, éclairée par des tas de petites lumières clignotantes n'était pas de celui dont John pouvait se lasser.

- Aujourd'hui, c'est emballage de cadeau au programme ! déclama John, emphatique.

Le regard boudeur de Sherlock s'asseyant à table pour observer Dieu-savait-quoi sous son microscope en attendant que le repas soit prêt lui fit écho. Et n'entama en rien la motivation du médecin.

Même quand il découvrit, plus tard dans l'après-midi, après avoir passé Baker Street au peigne fin, qu'il n'y avait plus la moindre trace de papier cadeau dans la maison (en même temps, il n'y avait jamais dû en avoir beaucoup. Sherlock n'était pas très cadeau, et encore moins porté sur l'emballage), il ne renonça pas.

Et sortit dans le froid mordant pour faire un saut au Tesco le plus proche.

- Tu viens avec moi ? demanda-t-il à Sherlock sur le pas de la porte.

Le détective était toujours en pyjama et robe de chambre, assis accroupi sur son fauteuil, pinçant les cordes de son violon. La question était donc purement rhétorique. Pour un peu, Sherlock était tenté de répondre oui à John juste pour le faire patienter pendant qu'il irait prendre sa douche et s'habiller mais John le devança, lui envoya un baiser et s'enfuit dans la cage d'escalier. Sherlock le regarda partir par la fenêtre. Il ne l'aurait jamais avoué à quiconque à voix haute, mais il adorait le profil de John, engoncé dans son gros manteau épais, bonnet enfoncé jusqu'au nez.


Lorsque le médecin revint, son nez rougi par le froid, il déversa sur le sol en dessous du sapin une pluie de papiers colorés et brillants, des étiquettes, douze rouleaux de bolduc de couleur différentes, des nœuds, des autocollants dorés et argentés en forme d'étoiles et tout un tas de trucs pour décorer ses paquets.

- Et voilà ! s'exclama-t-il, ravi, devant l'air perplexe de Sherlock.

- Et ? répliqua le détective, vaguement amer.

- Et on va emballer les cadeaux ! s'exclama John.

Il avait l'air tellement extatique que Sherlock n'osa même pas soupirer pour se plaindre.

Et laissa son amant vaquer à ses occupations.

John fit donc plusieurs aller-retours jusqu'à leur chambre pour en rapporter tous les cadeaux qu'il devait emballer, et s'installa sous le sapin, à même le sol, entouré des papiers, scotch et ciseaux.

Et attaqua le fastidieux travail d'emballage. Mais il semblait tellement s'amuser comme un petit fou que Sherlock observait le spectacle en douce, regardant le profil de son compagnon s'éclairer de rouge, vert, bleu, jaune, violet, orange, rouge, vert, bleu, jaune, violet, orange, rouge, vert, bleu, jaune, violet...

Et qui taillait les papiers, coupait, ajustait, emballant, refermait les paquets, scotchait, nouait des bolducs qui tranchaient avec la couleur du papier cadeau en forme de gros nœud, collait des étoiles, rajoutait des fioritures, nouait ou collait les étiquettes, après avoir écrit de sa plus belle écriture (de médecin, hélas, ce qui n'aidait pas franchement) le nom du bénéficiaire de son présent. Et vu qu'ils recevaient toute la famille à Noël, que John était généreux, et qu'il aimait offrir ; et surtout que ce Noël était, pour eux, le premier qu'ils allaient réellement fêter ensemble, cela revêtait une importance particulière et le médecin n'avait pas lésiné sur les détails.


Une fois emballés, les cadeaux allaient se placer directement sous le sapin, comme une répétition du 25 au matin. Le sourire de John, à chaque présent supplémentaire qui venait grossir le tas sous les branchages verts, s'élargissait un peu plus, et Sherlock faisait semblant de ne pas s'en émouvoir.

Bien qu'en douce, il utilisa son téléphone pour prendre quelques clichés. Il n'était pas très photo, ni souvenir, mais parfois il en éprouvait le besoin. De garder, même au-delà de son Palais Mental, sur un support physique, tangible, une preuve de la réalité de ce qu'il voyait. Parce que son Palais Mental n'était qu'une manière de se souvenir les choses dans son cerveau, et son cerveau était immatériel. Et pouvait aussi être abusé, oublier, confondre. Sherlock avait parfaitement conscience de ses faiblesses. Sous l'emprise de la drogue, son esprit avait toujours été plus affûté, plus aiguisé, plus pointu, plus brillant, mais le revers de la médaille était l'oubli, la confusion, l'altération de sa mémoire. C'était l'une des raisons qui justifiait qu'il ne replongerait jamais. Il ne pouvait pas prendre le risque de perdre tout ce qu'il avait bâti depuis des années. Et surtout le risque de perdre John.

De perdre des instants aussi magnifiques que la photo qu'il venait de prendre. Ces instants durant lesquels le soi-disant sociopathe (et réellement autiste atteint d'Asperger) entrapercevait le véritable bonheur. La quiétude du foyer. Il était heureux chaque jour de son existence, parce qu'il avait le Travail et parce qu'il avait John (et pas forcément dans cet ordre), mais le bonheur pur, il le volait toujours à John.

- Tu as bientôt fini ? grommela-t-il à l'attention de son compagnon, pour mieux dissimuler son élan de sentimentalisme.

- Je progresse, répondit John, sans s'émouvoir de son ton désagréable.

Il connaissait Sherlock par cœur, et il était parfaitement capable de dire quand sa mauvaise humeur était feinte.

- Et mes cadeaux à moi ? geignit Sherlock, dans une assez bonne imitation d'un enfant de cinq ans.

- Cachés ! répliqua John dans un sourire.

- Où ça ?

- C'est tout le but d'une cachette de ne pas te le dire.

- Mais dans la maison ?

John leva les yeux au ciel.

- Non, cachés à Regent Park, entre deux buissons. Mais oui, dans la maison, où veux-tu qu'ils soient ?

- Tu aurais pu les confier à Lestrade, à Mrs Hudson ou même à mon frère, répliqua Sherlock, rhétorique.

- Et me priver de te narguer en te disant qu'ils sont sous ton nez et que tu ne les vois pas ? Franchement, je m'amuse beaucoup plus comme ça.

- Alors je peux les chercher ?

Une lueur d'intérêt venait de naître dans les yeux du détective.

- Si ça t'amuse, mais tu ne trouveras rien, jura John avec un grand sourire.

Il n'y avait pas le moindre doute dans sa voix, ni dans son regard. Il était parfaitement serein quant à sa cachette. Il savait que Sherlock ne la trouverait pas. Les yeux du détective balayaient le corps de son amant, rapidement, par coups d'œil saccadés, lequel ne bougeait plus et se laissait tranquillement analyser.

Sauf que Sherlock ne trouva rien et grommela de dépit.

- Comment tu fais ça ? Avant je savais toujours tout de toi !

- Tu sais toujours tout de moi, répliqua tendrement John. Je sais que je ne peux rien te cacher, alors je ne te cache plus jamais rien. Je suis entièrement transparent, tout le temps. Je suis tellement transparent pour toi qu'il t'en devient impossible de déduire certaines choses de moi, parce que je ne veux pas te les cacher.

Sherlock grommela un peu plus, et s'en alla bouder dans la chambre.


Ce fut entre deux recherches furtives dans les tiroirs (au cas où, ça valait quand même le coup de regarder, dès fois qu'en application de son principe « plus c'est simple moins tu trouves », John ait caché son cadeau de Noël dans la table de nuit) qu'il découvrit un rouleau de ruban pour les cadeaux, mais pas du simple bolduc, du vrai tissu en satin haut de gamme. Le médecin avait dû l'acheter en prévision de ses emballages les plus travaillés, puis oublié qu'il l'avait rangé là.

L'idée germa dans son esprit à ce moment-là. Google fit le reste. Google était une vraie bénédiction, parfois.


- Bonjour, Amour.

John releva immédiatement la tête, surpris. Il était très rare que Sherlock donne dans les surnoms. Dire « je t'aime » ne faisait pas franchement partie de son répertoire habituel. L'appeler Amour n'était jamais arrivé, d'aussi loin que remonte sa mémoire. Et lui dire bonjour alors que l'obscurité étendait son royaume sur la ville en cette fin d'après-midi d'hiver le laissait perplexe. Ils avaient passé toute la journée ensemble.

Mais quand il vit distinctement Sherlock, il comprit immédiatement que la réplique avait été volontairement choisie pour le faire réagir dans les plus brefs délais. Et cela marcha.

Ses joues s'embrasèrent, il en lâcha les ciseaux qu'il tenait, son cœur s'emballa, et son corps se tendit instinctivement en direction de Sherlock.

Le détective, une moue aguichante aux lèvres se tenait entièrement nu devant lui. Entièrement nu, à l'exception d'un énorme ruban rouge, habilement et artistiquement noué autour de lui. Autour de sa taille, de ses épaules, et bien sûr de son entrejambe, dissimulant la seule partie intéressante. John ne savait même pas comment le détective avait pu réussir un tel miracle. Lui n'aurait jamais été capable d'autant de finesse et de maîtrise. Sans compter que cela nécessitait nécessairement que Sherlock ne bande pas. Au moindre changement de volume, les nœuds ne tiendraient pas. John ne savait même pas comment il faisait pour se retenir. Son amant était entré dans la pièce depuis moins d'une minute et il sentait déjà sa verge grossir dans son jean. La maîtrise parfaite de Sherlock sur son corps était une merveille. Le fait qu'il l'abandonne entièrement et totalement quand John entrait dans l'équation était un miracle dont le médecin s'enorgueillissait et s'ébahissait encore.

- Je croyais que tu voulais t'occuper des cadeaux, John ? murmura Sherlock de sa voix de baryton.

La décharge d'adrénaline que cette voix provoquait en John lui fit dresser tous ses poils. Sans même réfléchir, il repoussa immédiatement cadeaux (emballés ou non), papier, scotch et ciseaux loin de lui. L'instant d'après, il était debout devant Sherlock, n'osant même pas le toucher du bout des doigts. La tension entre eux était électrique, et le corps du détective était couvert de chair de poule, mais assurément pas à cause du froid : l'envie rendait son souffle plus court, et ses pupilles dilatées scrutaient John avec un désir non dissimulé. John sut immédiatement qu'ils n'attendraient jamais le lit. Ça tombait bien, il était assis sur une couverture pour sa séance d'emballage, ça ferait parfaitement l'affaire.

- J'ai une folle envie d'utiliser ce ruban pour faire autre chose que te déballer, murmura John en laissant courir sa main sur le tissu rouge, faisant frémir Sherlock lorsqu'il effleura son entrejambe.

- Comme quoi ? répondit le détective, et la tonalité de sa voix avait baissé.

- T'attacher ? répondit John.

Il était un peu incertain de sa réponse, parce qu'ils n'avaient habituellement pas ce genre de pratiques. Sherlock avait littéralement tout appris de John, complètement vierge (dans tous les sens du terme) de connaissances pratiques dans les relations physiques et sentimentales. Quant à John, il avait toujours été un amant classique et basique, mais néanmoins efficace. Jamais il ne lui serait venu à l'idée de plus de fantaisie dans ses relations avec les femmes, mais avec Sherlock, il avait depuis longtemps franchi toutes ses limites. Et les envies qui pulsaient dans son sang venaient le prouver. Les images d'un Sherlock à sa merci, lié de rouge, le faisaient bander un peu trop fort et un peu trop vite. S'ils ne tombaient pas au sol rapidement, il n'aurait bientôt plus assez de sang pour maintenir ses jambes debout.

Sherlock ne put pas répondre verbalement à la proposition maladroite de John, mais son regard et la couleur soutenue de ses joues parlaient pour lui.

Alors sans la moindre hésitation, John se redressa de toute sa hauteur, se hissa sur ses pointes de pied et attrapa la nuque de Sherlock, qui plia complaisamment dans sa direction. Et l'embrassa intensément, ses mains partant immédiatement à l'assaut du corps nu sous le sien.

Trois minutes plus tard, ils étaient couchés sur la couverture, sous le sapin, le ruban de Sherlock pendait mollement sur son corps, John était torse nu et son pantalon baissé aux chevilles lui entravait les jambes. Et ils haletaient, le corps recouvert de sueur.

Ce fut cependant seulement quand John attrapa les mains de Sherlock pour les maintenir au-dessus de lui et l'embrasser sans qu'il ne puisse réagir que le détective gémit. Bien plus fort que d'habitude. Et bien plus aigu que d'habitude. Si John avait eu vingt ans de moins, il en aurait joui dans son boxer (rouge lui aussi, par pur hasard, mais en parfait accord avec le ruban de Sherlock), mais l'expérience et la maturité (et une chance inouïe) lui permirent de se retenir.

- Bon Dieu Sherlock, murmura-t-il. Je t'aime...

Sa voix ne laissait planer aucun doute quant à ce qu'il aimait chez Sherlock en cet instant précis. Et le ronronnement qui s'échappait de la gorge du détective alors que John y laissait courir sa langue était une excellente réponse.

- Je ne vais... pas... tenir... longtemps, parvint à prévenir néanmoins Sherlock en haletant, alors que John dessinait de sa langue des arabesques autour de ses mamelons durcis par le désir.

- Tu vas tenir aussi longtemps que je le voudrais, répliqua John de sa voix militaire. Parce que tu vas faire exactement ce que je te dis de faire.

Le médecin craignit un peu d'être allé trop loin, mais le regard vicieux de Sherlock parlait pour lui-même. Abandonnant alors ses poignets et son corps, John se redressa et attrapa le ruban. Et reprit les mains de Sherlock, qu'il lia dans le dos du détective, légèrement perplexe.

- A moi, décréta John. Tu es à moi.

Il tira sur le ruban, obligeant Sherlock à suivre le mouvement qu'il imprimait sur le lien. Volontairement, ce n'était pas serré pour lui faire mal. Si le détective résistait, le nœud se déferait, sans se cisailler les poignets. Un peu de domination ne dérangeait pas John mais faire mal à Sherlock était la dernière chose qu'il souhaitait. C'était aussi pour ça qu'il avait la possibilité de se libérer s'il le souhaitait : ils étaient là volontairement et consciemment.

Docile, Sherlock obéit à l'ordre implicite, et suivit John jusqu'au fauteuil, regardant avec intérêt le médecin ôter son pantalon et son boxer sur le chemin, le laissant aussi nu que le jour de sa naissance.

John s'assit sur son fauteuil, pieds au sol, confortablement installé, et Sherlock attendit les ordres, comprenant bien qu'il devait se taire et obéir. La demande ne se fit pas attendre. Un instant plus tard, il était à genoux devant John, poignet toujours liés dans le dos, et usait de sa bouche au rythme des mains de John dans ses cheveux. Les gémissements indécents du médecin valaient toutes les motivations du monde. Sherlock adorait plus que de raison se savoir la cause du plaisir de John. Surtout quand ce plaisir était partagé. Si le principe de la fellation lui avait toujours paru antihygiénique, vaguement repoussant et pas du tout agréable, tout cela avait volé en éclat le jour où John l'avait pris en bouche pour la première fois. L'océan de sensation dans lequel il s'était noyé lui avait donné envie d'essayer dans l'autre sens sur le champ. Et depuis, il savait par cœur comment satisfaire son amant, comment jouer de sa langue, comment creuser les joues pour en prendre toute la longueur, comment taquiner le gland, et même comment flatter les bourses. Ne pas pouvoir utiliser ses mains était en revanche une situation inédite. Qu'il appréciait tout autant. Et au vu des sons appréciateurs de John, lui aussi.

Jusqu'au moment où Sherlock refusa de se contenter de seulement ça. Il connaissait suffisamment bien le goût de son compagnon pour savoir quand la jouissance était proche, et il entendait bien en profiter avant cela.

Il lâcha donc la verge de son amant avec un léger pop, et supplia :

- John... John... S'il te plaît...

Le médecin avait dû en arriver aux mêmes conclusions que lui, parce qu'il se releva (emmenant Sherlock toujours attaché avec lui), et délia les poignets de son amant. Avant de le pousser de force sur la couverture sous le sapin. Et de reprendre le ruban rouge. Pour mieux les nouer à chacun de ses membres. L'une des mains se retrouva attachée au radiateur. L'autre au pied de la table basse. Un pied au pied du canapé. Le deuxième pied resta libre, et Sherlock devina que cela avait pour but de lui faciliter des mouvements. Il y avait quelque chose d'hautement érotique d'être cloué sur place par l'intensité du regard de John, et d'être réellement cloué au sol par le tissu noué à ses membres.

John fouilla dans les recoins des coussins du canapé, et finit par en dénicher un tube de lubrifiant, stratégiquement caché. Leur mauvaise habitude de céder physiquement l'un à l'autre à peu près partout dans la maison les avait conduits à pallier toutes les éventualités futures. John songea absurdement qu'il faudrait qu'ils les enlèvent avant l'arrivée de Sephy. Sa manie de fouiller partout ne plairait certainement pas à ses parents. Et puis Sherlock gémit pour attirer son attention et la fillette se désintégra de son esprit, pour ne laisser que Sherlock. Sherlock nu, Sherlock tentateur, Sherlock désirable, Sherlock qui n'attendait que cela.

Rapidement, John laissa couler le lubrifiant sur ses doigts, les réchauffant rapidement avant de pénétrer Sherlock de son index pour le préparer.

Sans la moindre surprise, il fallut une poignée de secondes ridiculement courtes à Sherlock pour être entièrement prêt à accueillir John. Qui ne fit pas prier pour poser la jambe libre de son amant sur son épaule, et s'aligner avec son intimité.

Un bref instant plus tard, la virilité du médecin était enfermée dans la chaleur de l'intimité de son compagnon, et leurs gémissements avaient mué en cris. Quelques coups de reins plus tard, ils étaient tous les deux au bord de la faille du plaisir. L'idée de base de John, qui avait été de frustrer Sherlock en le touchant à peine, considérant qu'il ne pouvait pas se soulager lui-même à cause de ses mains entravées, disparut rapidement au profit de son besoin viscéral de sentir la verge de son amant entre ses doigts, en peser la lourdeur et s'amuser de sa longueur.

Il ne leur fallut que quelques minutes pour atteindre l'orgasme mutuel dans un cri désarticulé et commun. Assurément l'un de leur coït les plus courts, mais dont l'intensité balayait un certain nombre de leurs autres fois, pour entrer dans leur top 5.

John s'effondra sur le corps de Sherlock, épuisé, et ce fut en ne sentant pas les bras de Sherlock se renfermer sur lui pour le câliner (le détective devenait toujours câlin après l'amour) qu'il réalisa qu'il était toujours attaché. Il n'eut pas l'envie d'aller essayer défaire les nœuds, et préféra refermer ses doigts sur les ciseaux providentiellement échoués là au cours de sa séance d'emballage de cadeaux, et coupa net le ruban rouge qui retenait trois des quatre membres de son amant. Après quoi, il attrapa la couette rouge du canapé, les en recouvrit, et s'installa de nouveau sur le torse très confortable de son compagnon, qui se soulevait régulièrement, paupières closes, et air de félicité parfaite peint sur le visage. John ferma les yeux à son tour. Le ménage, la douche, la fin des cadeaux attendraient.


Prochain chapitre - 14/12 - Chorale