Une semaine entière avait passé depuis qu'Isabella avait rejoint le camp des hors-la-loi avec Aurélia. Elle n'avait pas bougé depuis son arrivée et elle était extrêmement nerveuse. Depuis deux jours les disputes étaient fréquentes entre elle et David. Il ne voulait pas qu'elle vienne en mission avec eux et elle voulait absolument repartir se battre. Ils avaient fini par trouver un accord disant que la jeune femme pourrait reprendre les distributions de vivres et de médicaments mais uniquement de nuit. Elle avait accepté sachant bien comment le faire craquer par la suite. Much s'activait au fourneau ce soir là. Djaq expliquait à Sarah comment nettoyer une épée. Le petit Robin tournait autour de Will et Isabella qui fabriquait des filets pour les pièges de la forêt. David écrivait des lettres. Il y avait deux absent : Luke et Aurélia. Ils passaient beaucoup de temps ensemble. Robin commença à poser plein de questions.

« - Vous faîtes quoi?

- Des filets, Robin ! C'est la deuxième fois que tu nous pose la question. Répondit Will.

- Pourquoi ?

- Pour faire des pièges.

- Mais d'habitude on attrape pas du poisson ? Reprit le petit garçon.

- C'est pour un très gros poisson. Dit Isabella, voyant bien que Will commençait à perdre patience.

- Ah ! Et on pourra le manger après ?

- Cela risque d'être fort indigeste ! Dit en riant David.

- En parlant de manger, j'ai une de ces faims ! Reprit Will.

- Nous mangerons quand nous serons tous là ! Reprit Much.

- Il nous faut attendre que nos deux absents daignent se montrer. Dit David en s'asseyant à côté d'Isabella. Mais peut-être que j'aurais une compensation ? Demanda-t-il en regardant la jeune femme avec un sourire espiègle.

- Tu peux toujours rêver. Répondit-elle en riant.

- Mais que peuvent-ils bien faire ? Reprit Will.

- Je ne sais pas ce que vous en pensez mais je crois qu'il y a quelque chose entre ces deux là ! Intervint Djaq.

- Comme pour vous deux ? Demanda Robin en regardant David et Isabella.

- C'est un peu ça ! Répondit la jeune femme en posant sa main sur la cuisse de son compagnon. »

David sourit. Les gestes d'affections de la jeune femme étaient rares. Il prit sa main dans la sienne tout en la laissant sur sa cuisse. Isabella sourit. Elle n'avait plus peur de le toucher. Elle retrouvait peu à peu la sensation de bien être qu'elle avait au contact de sa peau.

« - C'est vrai que vous allez vous marier ? Vous aurez des enfants ?

- Robin, on ne pose pas ce genre de questions. Le réprimanda son père.

- Laisse ! C'est légitime ! Reprit David en riant. Tu réponds où je m'en charge ?

- Tu es lancé. Continue !

- Bien. Oui nous allons nous marier. Pour ce qui est des enfants … J'espère que nous en aurons. Mais cela ne dépend pas que de moi. Mais puisque tu veux une réponse … Ma chérie veux-tu que nous ayons des enfants ?

- Quoi ? David …

- Ce n'est pas pour moi ! Tu ne veux pas aider à répondre à la question de ce jeune homme ?

- Robin, nous aurons surement des enfants. Mais il faut d'abord que nous nous marions. Dit-elle en se retournant vers le jeune garçon.

- Quand est-ce vous allez vous marier ?

- Quand Isabella sera d'accord pour m'épouser. Si ça ne tenait qu'à moi, il y a belle lurette que ce serait fait !

- Qui as dit que j'étais contre ?

- D'accord ! »

David se leva et attrapa Isabella par la taille, la portant sur son épaule.

« - David ! Espèce d'imbécile ! Pose-moi ! Pose-moi je te dis !

- Ne nous attendez pas pour manger. Nous reviendrons tard !

- David pose-moi ! Qu'as-tu l'intention de faire ?

- T'épouser ! »

Isabella ne sut pas quoi répondre. Il la posa sur la selle de son cheval et monta derrière elle. Il la tenait fermement dans ses bras. Elle n'arrivait pas à réaliser ce qu'il lui avait dit. Ils arrivèrent devant un monastère. David tambourina à la porte. Il demanda à voir un prêtre sur le champ. Il ajouta que c'était pour une urgence. Isabella comprit qu'il n'avait pas plaisanté. Il la fit descendre de la monture et l'entraîna vers l'église. Un des moines arriva en courant.

« - Je ne pouvais le croire quand frère Ignace est venu me dire que tu étais devant la porte. Que veux-tu David que tu doives ainsi troubler la quiétude de cette abbaye ?

- Crois-moi Laurent, je ne t'aurais pas fait chercher si cela n'avait pas été extrêmement important. Isabella, je te présente Laurent. C'est un ami d'enfance qui est rentré dans les ordres. Maintenant que les présentations sont faîtes, veux-tu nous marier ?

- Serait-il devenu fou ? Demanda le prêtre à Isabella.

- J'ai bien peur qu'il ne soit très sérieux. Dit Isabella en riant.

- Sais-tu quelle heure il est ? Cela ne peut-il pas attendre demain ?

- Ecoute. J'ai le plus grand respect pour toi. Mais si tu ne nous marie pas maintenant, je risque de faire une énorme bêtise !

- Par la Sainte Vierge ! Tu sembles très sérieux ! Mais êtes-vous consentante Isabella ? »

Isabella hocha la tête en riant. Elle ne comprenait plus vraiment ce qu'il se passait. David attrapa sa main et la conduit jusqu'à l'autel. Il se plaça en face d'elle et demanda à son ami de commencer. La jeune femme ne savait plus exactement où elle était. David la regardait droit dans les yeux avec un large sourire. Elle n'entendait pas un mots de ce que le père Laurent disait. Elle entendit David prononcer le « oui » rituel. Puis elle le vit froncer les sourcils. Elle se ressaisit, réalisant que c'était à elle de répondre. Elle prononça son « oui » et laissa les lèvres de David sceller leur alliance. Il remercia son ami et prit la main d'Isabella, l'entraînant en courant entre les bancs de l'église. Il ignora superbement les remarques de son ami sur sa tenue dans le lieu saint et sortit. Il fit monter Isabella sur la scelle devant lui et monta à son tour. Il lança alors sa monture au grand galop dans la nuit noir. Isabella ne réalisait pas. Il y avait moins de quelques minutes encore, elle était Isabella de Locksley et maintenant elle était Isabella de Clun. Ils galopèrent longtemps et arrivèrent près d'une grotte. David sauta au bas de son cheval et aida la jeune femme à descendre. Il l'entraîna à l'intérieur.

« - Tu es l'homme le plus fou que je connaisse !

- C'est sûrement ça ! Dit-il avec un grand sourire. Mais maintenant, je suis le plus comblé.

- Qu'est-ce qui t'as prit ?

- Je ne sais pas. Un moment de folie ? Tu regrettes.

- Comment le pourrais-je quand je suis ici avec toi ?

- Du calme ! Je suis un homme marié ! »

Il l'embrassa en la serrant contre lui.

« - Je pense qu'ils vont nous attendre longtemps. Dit David avec un petit sourire aux coins des lèvres. »

Isabella se réveilla doucement le matin, son époux lui caressant doucement les cheveux. Elle lui sourit. La nuit passé avait été riche en émotion intense. Il l'avait enlevée, épousée et était devenu son époux deux fois dans la nuit. Il l'embrassa doucement. Elle ferma doucement les yeux. Elle avait encore sommeil.

« - Non. Tu ne peux pas te rendormir. Dit David en riant. Je sais qu'il est tôt mais nous devons rentrer.

- Très bien. Reprit-elle déçue. Donne-moi mes vêtements s'il te plaît. »

Il lui tendit ses vêtements et elle commença à s'habiller. David la regardait en souriant.

« - Quoi ?

- Rien.

- Il y a bien quelque chose. Tu me regarde bizarrement.

- Je me rendais juste compte de la chance que j'avais de t'avoir pour épouse.

- Flatteur !

- Non réaliste ma chérie ! »

Ils rangèrent les couvertures et nettoyèrent le feu de la veille. David fit monter Isabella sur l'avant de sa scelle puis monta derrière elle. Il resserra ses bras autour d'elle et ils se mirent en route vers le camp des hors-la-loi.

Au camp, le petit Robin avait décidé de n'accorder aucun répit aux adultes jusqu'au retour d'Isabella et David. Il fut néanmoins surpris de voir arriver au détour du chemin menant au camp, une troupe d'hommes, parmi lesquels Allan et Jean. Il courut en criant vers l'intérieur du camp. Allan fit un immense sourire. Il était content de rentrer. Les autres sortirent et accueillirent chaleureusement leur anciens compagnons et les seigneurs français qui s'étaient déplacés. Allan regardait fébrilement autour de lui.

« - Je voudrais pas plaisanter, mais il me semble que vous avez eu des pertes ! Où sont Isabella et David ?

- Ils ont disparus depuis hier soir. Dit Djaq d'un air détaché.

- Ah ! Encore une preuve ! Maintenant ils ne pourront plus se cacher. Je vais devenir leur pire cauchemar.

- Tu ne l'es pas déjà ? Demanda la voix de David derrière eux. »

Il descendit puis aida Isabella à faire de même. Lui faisant un clin d'œil, il se tourna vers Allan qui paraissait très étonné.

« - Aurais-tu vu un fantôme Allan ?

- Ah ! Où étiez-vous ? Vous ne pouvez plus vous cachez maintenant ! Tu dois avouer qu'il y a quelque chose ! Dit Allan en le pointant de son index sous les rires des autres seigneurs.

- Très bien puisque je n'ai pas d'autres choix … Messieurs, permettez-moi de vous présenter Isabella de Clun, ma femme.

- David, je crois que tu viens de réussir un miracle ! Dit Isabella en riant. Tu as réussi à faire taire Allan et Much ! »

Les autres riaient de bon cœur devant la figure des deux intéressés. Ils entrèrent dans le petit camp pour parler de leur affaire. Djaq retint un moment la jeune femme par le bras.

« - Alors ! Ce mariage ?

- Tu ne m'avais pas tout dit sur le mariage quand nous avons parler la dernière fois !

- Il est des choses qu'une femme doit découvrir toute seule. Alors ?

- Je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie !

- Je sais que tes parents seraient heureux pour toi. Ton père espérait tant pour toi et ta mère aussi.

- Merci Djaq. »

Les deux femmes se dirigèrent vers l'entrée du camp. Les seigneurs étaient déjà assis autour du feu. David l'attrapa par la taille pour l'assoir à côté de lui. Isabella leva les yeux aux ciel. Un véritable enfant ! Isabella fit le tour des visages autour du foyer. Il y avait des jeunes seigneurs qu'elle avait bien connu petite à la cour d'Aliénor. Elle commença à discuter avec le plus proche d'elle qui était aussi le frère de sa meilleur amie en France. David jeta un regard un peu courroucé à celui qui osait parler à son épouse. Isabella le remarqua et se retourna vers lui pour faire les présentations.

« - David, voici Thierry de Niort. Je le connais depuis que je suis arrivée en France. C'est un excellent ami et le frère de ma meilleur amie Mélanie. Expliqua-t-elle avec un grand sourire.

- Enchanté. Nous n'avons pas encore pu discuter. Vous êtes arrivé la veille de mon départ pour l'Angleterre. Répondit David qui semblait se détendre avec les explications de la jeune femme.

- En effet ! Je pense que des félicitations s'impose. Vous avez réussi où beaucoup s'était cassé les dents.

- Tant que ça ? Demanda David visiblement intéressé par de possibles révélations.

- Il est bien connu en Aquitaine qu'Isabella a terrassé plus d'un homme qui avait la prétention de se faire aimé d'elle. Et ils furent nombreux croyez-moi. La nouvelle de votre mariage va vous attirer plus d'un ennemi.

- Déjà que je suis un des hommes les plus recherché d'Angleterre.

- Heureusement, vous y gagnerez aussi des amis. Isabella est beaucoup appréciée en Aquitaine.

- Avez-vous fini tout les deux ? Demanda Isabella sans arriver à feindre l'agacement.

- Mais voyons ça m'intéresse ! Thierry, je sens que nous allons devenir les meilleurs amis du monde !

- Rien ne me ferait plus plaisir David ! Répondit le jeune homme en riant. »

Après que Much eu fait le tour de leur invité avec une boisson chaude, une réunion informelle commença. On demanda les dernières nouvelles du comté. Isabella raconta comment elle avait été découverte. Un silence respectueux accompagna son récit. David posa sa main dans le dos de la jeune femme pour la soutenir. Isabella expliqua ce qu'elle avait pu découvrir des plans des chevaliers noirs et de leurs places fortes. Il fallait agir vite pour déstabiliser le commandement. Il décidèrent d'une action rapide, à l'aube, dans les sept jours. En tant que Nigthwatchman, Isabella devrait entrer dans la ville pour ouvrir les portes à la troupe. Djaq demanda à l'accompagner. David, Will, Luke et Much rejoindront les troupes royales qui se sépareront en divers groups capable de prendre les différentes parties de la citadelle, la consigne principale étant de garder dans la mesure du possible les chevaliers noirs le plus importants en vie pour les juger. On mit au point des stratégies pendant plusieurs heures. Un rendez-vous fut donné dans la forêt de Sherwood pendant la nuit. Les seigneurs repartirent avec Allan et Jean pour faire leur rapport au roi Henri. Le petit Robin s'était tenu tranquille pendant la durée de la réunion. Mais c'était le calme avant la tempête. Après un repas rapide, il se jeta sur le dos de David lui rappelant sa promesse de l'entraîner. Sarah qui ne perdait pas une miette de ce qui se disait vint ajouter ses supplications à celle de son frère. Isabella lui proposa de l'emmener avec elle et Djaq dans la forêt pour lui apprendre quelques mouvements pendant que David s'occupera de Robin. Celui-ci remercia la jeune femme en lui souriant. Il ne se voyait pas assumer seul les disputes des deux enfants ! Il se leva avec Robin sur son dos et se dirigea vers ses affaires; il mit sa cape et accrocha son épée à sa ceinture. Il embrassa sa femme malgré l'expression dégouté que prenait son « chargement » et ils se dirigèrent vers l'extérieur. Isabella et Djaq se préparèrent et se mirent en route avec Sarah. La journée allait être chargée.

Isabella regardait Sarah attaquer Djaq avec une grande hargne. Elle riait en voyant Djaq éviter les coups de la fillette avec facilité. La petite fille y mettait tout son cœur mais ne parvenait jamais à toucher de son bâton son adversaire. Elle se leva et attrapa le bras de l'enfant avant qu'elle ne porte un nouveau coup.

« - Tu tiens mal ton arme. Tu l'étouffes ! Tu dois la laisser être légère dans ta main sans la laisser faire ce qu'elle veut. Regarde. »

Elle mit sa main sur celle de la petite fille. Elle dirigea ses coups et ses déplacements. Les trois demoiselles se retrouvèrent bientôt assises sous un arbre, respirant à plein poumons. Elles riaient. Isabella n'avait jamais vu Sarah rire de bon cœur depuis qu'elle était arrivée en Angleterre. Ils devraient éloigner les deux enfants avant l'attaque. Le danger serait trop grand pour eux. Déjà que David allait surement lui passer un savon le soir même, elle ne voulait pas en plus risquer la vie des deux enfants. Isabella regardait Djaq rire avec Sarah.

« - Djaq, tu ne m'a jamais rien dit sur tes enfants. Combien en as-tu ?

- Oh ! J'en ai 5. Le plus grand s'appelle Dan comme le père de Will. Il a 19 ans. Puis viennent Farah et Peter, les jumeaux. Ils ont 17 ans. Après il y a Laria, ma dernière fille. Elle a 14 ans. Et enfin il y a Thibault qui a 11 ans.

- Je trouve ça bizarre les noms de tes filles ! Dit Sarah.

- Et bien, quand j'attendais mon premier enfant, nous avons décidé avec Will qu'il choisirait les noms des garçons et moi celui des filles. Répondit Djaq en riant. Il a prit de l'avance sur moi.

- Je n'arrive pas à croire que tu as eu 5 enfants quand je te voie. Laissa échapper Isabella.

- Oui, ça fait beaucoup. Reprit Sarah, impressionnée. »

Isabella rit devant l'air abasourdit de la petite fille. Elle entendit un bruissement de feuilles. Elle fit signe à ses compagnes de se taire. Elle regarda Djaq. Puis elle attrapa le bâton qui avait servi d'épée à Sarah. Elle entendit alors un hurlement de petit garçon. Elle vit Robin se diriger droit vers elle. Elle fut surprise et l'évita au dernier moment, se retrouvant emprisonnée entre deux bras qu'elle connaissait bien. Elle se glissa en dessous et se dirigea vers Djaq et Sarah qui se mettait en position de combat. S'ils voulaient la guerre, ils l'auraient.

« - Messieurs, il est temps de montrer à ces demoiselles qui sont les plus forts ! Commença Will.

- Alors préparez-vous à prendre la racler de votre vie ! Répondit Isabella. »

Ils prirent chacun un bâton. Chacun s'occupa de son adversaire. Isabella se battait contre Robin, Will contre Sarah et Djaq contre David. Les combats faisaient rage entre les adversaires. Les enfants frappant avec hargne et riant devant les adultes feignants d'être blessés. Les deux enfants remportèrent leur combat et on déclara David et Djaq à égalité. Les enfants réclamèrent alors un copieux repas.

« - Ce n'est pas une mauvaise idée ! Allons de ce pas embêter ce bon vieux Much pour qu'il nous prépare quelque chose ! Qui veut monter sur mon dos ? Demanda Will. »

Robin se précipita sur lui et Sarah sur David. Les deux femmes restaient derrière. Elle attendirent d'être à mi-chemin et décidèrent de protester dans leur coin.

« - Tu ne trouves pas qu'il y a des privilégiés ? Demanda Djaq.

- Malheureusement ! Tu sais une fois qu'ils nous ont épousées on ne compte plus ! Répondit Isabella. »

Les deux hommes s'arrêtèrent et posèrent les deux enfants. Ils se dirigèrent vers leurs épouses respectives et leur proposèrent dans un sourire de les ramener au camp sur leur dos. Isabella et Djaq se regardèrent et éclatèrent de rire. Elles grimpèrent sur le dos de leurs maris. Much, qui attendait le retour des enfants et des deux couples, vit arriver la petite troupe avec à sa tête les deux enfants suivis par David et Will portant Isabella et Djaq sur leur dos. Much leva les yeux au ciel. C'était à se demander qui était les enfants. Ils mangèrent tous dans la bonne humeur. Puis il fallu coucher les deux enfants qui faisaient encore une fois enrager leur père pour rester plus longtemps. Isabella réussit. Puis les adultes décidèrent de parler des préparatifs de prochains jours.

« - Je pense que la première chose à faire et de mettre à l'abri les enfants. Dit Isabella.

- Et Aurélia ! Ajouta Luke si rapidement qu'il en rougit jusqu'aux oreilles.

- Oui. Vous avez raison. Dit Will avec un large sourire. Peut-être pourrait-il rejoindre nos enfants chez notre tante ? Proposa-t-il à son frère.

- C'est une bonne idée. Ensuite il va falloir que nous nous entraînions un peu plus pour rentrer dans Nottingham. Poursuivit Djaq. Il va nous falloir être rapide et précise.

- Et prudente ! Ajoutèrent en cœur David et Will. »

Tout le monde rit de bon cœur. Les filles se chargèrent de la vaisselle pendant que les hommes vaquaient à leurs occupations. Isabella décida de mener son enquête sur Aurélia et Luke.

« - Alors. On ne t'as pas beaucoup vu aujourd'hui. Ni les derniers jours d'ailleurs. Tu as été te promener avec Luke ?

- Oui. Il a été gentil de me montrer les différents types d'arbres de la forêt. Répondit Aurélia en rougissant.

- Les arbres ?

- Une vieille technique des hommes de la famille Scarlett ! Dit Djaq en riant.

- Bon allez raconte nous ! Je brûle d'impatience ! Nous ne dirons rien c'est promis ! Reprit Isabella en se penchant vers son amie.

- Nous nous sommes promener. C'est tout ! Il est très gentil avec moi. Il m'a fabriqué ça. Dit-elle en montrant un bracelet en bois finement sculpté.

- Et bien voilà qui me semble bien intéressant !

- Ce n'est qu'un bijou ! Se défendit la jeune femme.

- Justement ! Quand David à commencer à m'offrir des bijoux ou des cadeaux, il était amoureux de moi.

- Pareil pour Will ! Renchérit Djaq.

- Vous croyez que …

- Je crois pas j'en suis sûre ! Dit Djaq en riant. »

Bientôt il fut temps pour tous ceux qui n'étaient pas de garde de dormir. Isabella se dirigea vers le coin qu'occupait David. Elle enleva sa veste et ses bottes. Elle se coucha seule car David était de normalement de garde. Elle allait s'endormir quand elle le vit arriver.

« - Tu n'étais pas de garde ce soir ?

- J'aurais préféré un « mon amour je suis heureuse de pouvoir m'endormir dans tes bras ». Dit David avec un grand sourire.

- Pardon. Mais je croyais que c'était ton tour alors je suis étonnée.

- Will m'a dit que ce n'était pas la place d'un jeune marié. Et ça tombe bien parce que je voulais te parler. Dit-il en se glissant sous la couverture près de la jeune femme.

- Oh ! Je me doute de ce que tu veux me dire. Reprit-elle en se callant contre lui.

- Tant mieux comme ça je pourrais faire court ! Tu as intérêts à me revenir entière et à faire attention à toi. Puisque je me doute que je ne pourrais pas te dissuader d'abandonner cette mission ?

- Non ! Tu ne pourras pas ! Et oui je ferais attention. Tu me connais ?

- C'est justement pour ça que je m'inquiètes ! Dit-il en embrassant le haut de sa tête.

- Au fait, tu sais que Will et Djaq on 5 enfants dont des jumeaux !

- C'est un record à battre ?

- Bien sur que non idiot ! Mais c'est impressionnant quand même !

- Oui ! C'est dommage j'étais prêt à te faire autant d'enfants que tu voulais et dés ce soir ! Dit-il en riant. »

Isabella lui donna un petit coup sur le torse et se blottit contre lui pour trouver le sommeil.

La semaine avant l'attaque de Nottingham passa bien vite pour les hors-la-loi. Les préparatifs avaient monopolisés leurs journées. Ils se retrouvaient à la veille du grand combat. Chacun vivait cet instant à sa manière. Much jouait avec ses enfants et parlait sans cesse. Luke apprenait à Aurélia à sculpter des petits objets en bois. Will vérifiait tous les arcs et les flèches. Djaq préparait des remèdes en quantité. David passait son temps sur les plans de bataille. Isabella avait décidé de s'isoler un moment. C'était son premier grand combat. Ses professeurs l'avaient préparée dans cette optique mais elle ne pensait pas devoir un jour en arriver là. Elle pensait à ses parents. Que penseraient-ils d'elle ? Était-elle à la hauteur de leurs attentes ? Le vent semblait lui répondre que oui. Mais elle se demandait si elle faisait le bon choix. La peur la tiraillait. Elle ne voulait pas perdre son mari, la vie qu'ils construisaient et surtout elle ne voulait pas causer sa tristesse. Elle respira profondément et tâcha de se détendre. Elle entreprit de faire quelques mouvements pour se détendre. Elle les avait appris avec un maître d'armes qui avait fait plusieurs séjours dans les pays de l'orient lointain. Elle ferma les yeux et se laissa glisser dans la plénitude que lui apportait le mouvement de son corps. Elle laissa son corps flotter sur le tapis de feuilles de la forêt. Ses sens étaient aux aguets. Rien n'aurait pu la surprendre. Elle entendit de bruits de pas venant dans sa direction. Elle continua ses mouvements dans le silence le plus complet. Elle attendait le bon moment pour bouger. Elle sentit « l'intrus » proche d'elle. Trop proche d'elle ! Elle sortit sa dague de derrière son dos, bloqua son adversaire et lui plaça la dague sous la gorge. Elle ouvrit les yeux.

« - Combien de fois faudra-t-il que je te dises de ne pas t'approcher de moi comme ça ? Demanda la jeune femme. Tu sais qu'un jour je ne m'arrêterais pas !

- Mon cœur, c'est plus fort que moi ! Quand je te vois je ne peux pas m'empêcher de vouloir te prendre dans mes bras ! Reprit David en riant. Mais que faisais-tu au juste ?

- J'essayais de me détendre pour être prête pour demain. La concentration est la clé du combat. C'est-ce que me répétait mon maître d'armes …

- Eh ! Isabella, tu sais que tu peux me le dire si tu ne te sens pas bien ? Dit-il en la prenant dans ses bras avec tendresse et inquiétude.

- Tout va bien ! Ne t'inquiètes pas ! Cette bataille est tellement importante ! Je commence à comprendre ce que ressentait mon père quand il voulait sauver l'Angleterre sans trop savoir comment faire. Je veux juste être à la hauteur pour les autres et pour toi.

- Isabella, tu es à la hauteur. Tu es la femme la plus incroyable que j'ai rencontré et ça je le pense depuis le premier jour. Même si je me suis montré rustre et coléreux ce jour-là ! Dit-il non sans une once de malice dans la voix. Tu es la plus merveilleuse des épouses et la plus grande combattante que je connaisse.

- Et toi le plus impressionnant menteur que je connaisse ! Reprit-elle en lui souriant doucement. As-tu finis de regarder les plans de bataille ?

- Oui. J'ai remarqué que nous n'avions pas prévu d'issu au cas où ça tournerait mal. Je pensais, la porte Sud est toujours peu gardée non ?

- La dernière fois que nous sommes allés à Nottingham, c'était le cas.

- Parfait. Si ça se passe mal on se retrouvera là-bas. Bon et maintenant, que vais-je faire de toi ma jolie Lady? Demanda-t-il avec un regard charmeur.

- Nous devrions rejoindre les autres. Dit la jeune femme en le repoussant sans grande conviction. »

Si c'était sa dernière journée, elle voulait la passer dans les bras de son mari. Il resserra un peu plus ses bras autour d'elle. Ils étaient mariés mais en cet instant, il se rendait compte qu'il savait peu de choses de son passé et qu'il lui avait peu parlé du sien. Il lui souleva le menton et plongea dans ses yeux. Qu'il aimait s'y noyer !

« - Bien alors je vais jouer les époux autoritaires et te demander de me suivre sans condition !

- David, les autres …

- Sont déjà au courant que je passais le reste de ma journée avec toi ! Maintenant ne discute pas ! Dit-il en l'embrassant pour éviter toutes protestations. »

Il la prit ensuite dans ses bras et l'emmena jusqu'à son cheval. Il la posa devant sa scelle et monta derrière elle. Il galopèrent ensuite longtemps. Isabella s'agrippait à ses bras et se lovait contre son cher David. Ils s'arrêtèrent à l'orée de la forêt près de Clun. David la fit descendre et, la prenant par la taille, il la guida jusqu'à ce qu'il virent le manoir. Il voulait qu'elle sache tout de sa vie. Isabella se retourna vers lui avec un regard incrédule. Que voulait-il lui montrer dans Clun ? Elle l'interrogea du regard. Il lui sourit et tourna son regard vers la maison de son père et celle de sa famille aujourd'hui.

« - Je crois qu'il est temps pour nous deux de nous raconter nos vies, non ? Je suis né ici dans la chambre du bout de la maison. Ma mère était belle. Je ne me souviens que de son parfum et de son regard qui me fascinait. Un peu comme pour le tien ! Dit-il en la regardant. Mon père a été placé à la demande de Robin de Locksley. Il est venu plusieurs fois ici. Il ne s'intéressait que peu aux enfants en apparence. Il confiait des missions à mon père. Je le détestais car je croyais qu'il me volait l'amour de mon père. Oui tu as bien entendu, je détestais ton père ! Je ne savais pas alors l'importance de la mission et j'ignorais ton existence. J'ai compris cette importance quand je me suis enfuis de chez moi. C'est ton père qui m'a retrouvé. J'étais dans la forêt. Je ne voulais pas rentrer. Il a dit qu'il ne me ramènerait pas chez moi. Il m'a emmené à Locksley et là il m'a parlé de toi. De ses espérances pour toi, ses peurs. Il disait qu'il voudrait te voir au moins une fois sauf si tu t'y opposais. Il m'a expliqué que souvent ce qui nous aime pâtissent de notre devoir mais que c'était un prix à payer et que mon père avait fait ce choix comme lui l'avait fait aussi. Ton père m'a fait comprendre pas mal de choses. Entre autre la nécessité de protéger son pays. Alors pour faire honneur à mon père, j'ai pris le parti de faire comme lui. Mais je n'y ai trouvé qu'un goût modéré, jusqu'à ton arrivé. En fait ma vie n'a été qu'une suite de missions d'abord reçue de ton père puis ensuite de mes compagnons lors de nos réunions. Je me suis enfermé dans une sorte de carapace que tu as brisé avec ton esprit si indomptable. Sans toi je serais encore un noble qui se cache derrière un masque d'autorité. Tu m'as libéré. Je ne pensais pas que la fille de celui qui m'avait montré le sens du devoir allait devenir ma raison de vivre. Je dois tout à la famille de Locksley. »

Isabella le regarda avec un mélange de stupeur et de tendresse. Elle se rapprocha de lui et le prit dans ses bras. Il se laissa aller à respirer l'odeur de ses cheveux. Il aimait son contact doux et rassurant. Elle comprenait qu'il ai besoin à la veille du combat de ce confier à elle. Elle décida de lui faire à son tour toute la lumière sur son enfance.