Chibi-Yuya :

En raison d'une pause, Carnet de Voyage est temporairement ralentit (mais ça, vous l'avez deviné certainement!)

Afin de nous faire pardonner, voici un chapitre! (parce que ça faisait longtemps quand même!)

Désolées pour les éventuelles fautes...

Bonne lecture à tous!

Et merci à tout le monde pour les reviews!


Chapitre 13

«666»

Ses mots raisonnaient encore en elle, comme dans l'un de ces mauvais rêves où tout allait de travers sans jamais que l'on ne puisse dire « Stop ».Hors il s'agissait belle et bien de la vie réelle et, comme dans ces rêves, on ne pouvait pas tout arrêter d'un coup de baguette magique.

Résignée donc, elle finit par accepter l'invitation du démon. Et forcée elle fut de constater que sa maison donnait envie de faire une petite visite, quand bien même elle ne l'admirait que de l'extérieur depuis une bonne vingtaine de minutes.

Elle restait plantée devant l'antre du démon comme paralysée, n'osant réveiller la bête endormie dans son nid. Yuya atteindrait bientôt la demie heure de « plantage devant porte » et se découvrait un véritable don dans le domaine. C'était comme ci on lui demandait, à elle, innocent petit agneau, d'entrer dans la grotte sombre du loup affamé.

« Qu'elle poisse ces cafards ! »

Rageait la jeune demoiselle en regardant, toute penaude, son sac de sport remplit de vêtements de rechange pour la future semaine de 'torture'.

Les paroles qu'avait prononcées le dératiseur -qui soit dit en passant était complètement barge !- lui restaient en mémoire.Il avait hurlé comme un dingue en découvrant ces insectes clandestins, d'après lui il y en avait des rares. Mais bon c'était tous les mêmes, des salles bestioles. Cependant la chose énervante qui avait amené encore plus de malheur, c'était son horrible commentaire :

« Comme c'est une cuisine assez rare pour la région, elle a du attirer des nouvelles espèces ! C'est formidable ! D'habitude je déteste la cuisine Occidentale mais là je suis aux anges ! Merci jeune demoiselle! »

Après ça, Kyo devint encore plus insupportable.

Ce fut alors que le spécialiste expliqua calmement la situation aux jeunes gens :

« Bon écoutez les jeunes, normalement, ça devrait prendre seulement une nuit complète pour les éliminer ! MAIS ! Car il y a un « mais », il y a des espèces vraiment, mais alors vraiment rare, donc je souhaite les capturer avant, ce qui devrait prendre plus de temps. Allez réjouissez vous ! De un je vous fait une remise et de deux vous faîtes avancer les recherches ! Soyez fiers les jeunes ! »

Yuya était vraiment hors d'elle ! La cuisinière avait passé toute son après midi à se casser la tête pour faire un repas pour un abruti (et pour Akira mais qui n'en avait même pas mangé une miette), et le pire c'était que maintenant elle avait attiré des bestioles ! Sa cuisine Normande avait attiré des cafards jusque là inconnus !

« Je ne crois pas que grand-mère apprécierait »

Pensait la belle en soupirant, hésitant entre colère et dégoût.

- - -

« Alors je rentre ? Ou je ne rentre pas ? Rahh que faire ? »

Rageait la blonde en s'arrachant les cheveux comme une folle. Ça y était, elle avait atteint la demie heure, là, devant les enfers, plantée comme un piqué. Elle ne voulait pas faire un pas vers la porte mais ne pouvait pas rebrousser chemin. Elle était toute proche du bouton de la sonnette mais non, elle ne pouvait décidément pas. Son esprit était piégé dans les pensées tortueuses de son futur calvaire. Elle ferma les yeux pour se remettre les idées en place quand, tout d'un coup, le bruit de la fameuse sonnette retentit. Ouvrant précipitamment les yeux afin de voir ce qu'il se passait, elle aperçu un bras à sa droite, un long bras qui appuyait sur le bouton. Elle le suivit en remontant vers son propriétaire et y découvrit Luciole, le regard dans le vide pour ne pas changer et une banane dans la bouche.

« MAIS!! TU FOUS QUOI LA?? »

« Je passe... »

« Pourquoi t'as appuyé? »

« Hm? »

« He ho, pourquoi? »

« Pourquoi quoi? »

« T'as appuyé? »

« Je passais par là... »

« Mais t'as rien compris!! Pourquoi t'as sonné? »

« Comme ça... »

La bouche grande ouverte, elle continua à le fixer jusqu'à ce qu'elle entende la porte s'ouvrir. Elle se retourna donc pour voir un homme d'âge mûr et très beau. Plutôt étonnée, elle ne pensa pas une seconde à se présenter ni à le saluer.

« Vous êtes Mademoiselle Shiina? »

« Ha...heu OUI! Excusez moi!! »

Surprise, la jeune fille avait quasi criée sa réponse et s'était penchée bien bas pour saluer, ce qui fit rire son interlocuteur.

« Luciole, tu ne voulais pas r... »

La jeune Yuya, toute stressée venait de se retourner afin de demander à Luciole s'il était là pour voir Kyo également mais qu'elle ne fut pas la surprise quand elle s'aperçut que ce dernier avait déjà disparu.

A croire que son rôle était juste de sonner...

Luciole, lui, de son côté, marchait désormais aux côtés de deux jeunes demoiselles notant frénétiquement sur des carnets. Et pour la première fois, quelqu'un les entendait parler.

« C'est bien Lulu! Tu es décidément un personnage indispensable... »

Et ils continuèrent ainsi leur route, sans un mot du personnage dit « indispensable ».

« Mademoiselle Shiina? »

Yuya se retourna, confuse. Mais l'homme ne s'en formalisa pas la gratifiant d'un chaleureux sourire et lui souhaitant la bienvenue.

« Kyo m'a déjà prévenu de votre venue. Veuillez entrer, je vous en prie »

« Merci... »

Elle entra donc avec un air perplexe bloquant son visage. Comment un homme si gentil pouvait vivre sous le même toit que la bête... Elle entra dans l'antre étrange du démon des enfers perplexe et la peur au ventre.

« Pour la tanière d'un démon, c'est tout de même rudement joli!! »

S'extasia la demoiselle, émerveillée par le décors. Le vestibule était vraiment grand, avec une belle plante exotique au coin, près d'un meuble fait -sûrement- d'un bois raffiné. Même le porte manteau était sculpté d'une manière élégante.

Prenant son sac, l'homme 'gentil mais trop suspect' lui demanda de s'asseoir un instant au salon. Elle suivit les recommandations sans rechigner, il était quand même trop polit pour être sincère. Il ne ressemblait pas au serviteur vil et horrible que Yuya se serait attendue à trouver aux côtés de Satan. -Yuya a un peu trop d'imagination...- .

Mais il fallait pardonner à la pauvre jeune fille son manque poussé de confiance, car il s'agissait tout de même de la maison de Onime no Kyo, le démon pervers, alcoolique et j'en passe.

Le salon était magnifique avec ses tableaux remplis de couleurs et ses armes d'un ancien temps surplombant les murs. Il y avait toutes sortes de décorations plus exotiques les unes que les autres, hormis une seule photo.

La belle s'approcha de ce cadre et reconnut avec amusement Kyo lorsqu'il devait avoir environ 8 ans.

« Il était vraiment mignon »

Dit Yuya en passant un doigt sur le visage enfantin du brun. Elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire.

« Même à 8 ans pas l'ombre d'un sourire, ça ne m'étonne pas »

Un autre petit garçon se trouvait également sur le cliché, de même apparence que Kyo hormis le beau sourire radieux qu'il arborait.

« Ça doit être l'autre guignol que j'ai affronté au Tennis »

Supposa la blonde qui fut coupée par un :

« Je suis très heureux de vous rencontrer enfin Mademoiselle Shiina »

Surprise elle se retourna face à l'homme qui l'avais fait entrer, il arborait un chaleureux sourire. Grand, mince, élégant il avait tout pour plaire, mais c'était surtout son doux visage qui fit naître des rougeurs à la jeune femme.

« Euh.. Excusez-moi ! Je suis désolée de m'imposer chez vous. . »

Intervint la française alors que l'homme posa un plateau comportant du thé et des tasses.

« Asseyez-vous donc et prenons du thé. Vous devez être fatiguée à être restée devant la porte si longtemps... »

« Euh.. oui merci »

Répondit Yuya en s'asseyant face à lui le visage décomposé avant que le charmant monsieur ne continue ce début de conversation.

« Comme vous devez vous en douter, je suis Muramasa le père de Kyo que vous connaissez bien et de Kyoshiro »

Au nom du démon la blonde tressaillit sans vraiment sans rendre compte. Qu'est-ce qui devait la surprendre au juste? Que ce charmant monsieur soit le père de Kyo où bien que la bête ait parlé d'elle?

« Kyo vous a parlé de moi ? »

Questionna, interloquée, la française en amenant sa tasse brûlante à ses lèvres. Muramasa haussa les épaules.

« Non, il n'est pas du genre à parler. C'est surtout Kyoshiro et Yukimura qui m'ont parlé de vous »

« Ah.. »

Yuya semblait un peu déçue mais elle trouva cela plus logique connaissant le comportement insupportable du concerné. Hélas elle ne put retenir un soupir.

« Vous semblez déçue Yuya-san »

Elle sursauta. Elle ? Déçue ? Et de quoi ?

« Non non pas du tout ! De toute façon personne ne sais ce qu'il pense et ça fait peur ! Je peux vous le dire »

Rétorqua t-elle un peu confuse dans ses propos, mais la rougeur de ses joues ne convaincu pas le père du démon qui voyait pour la première fois quelqu'un parler de son fils sans la peur à laquelle elle faisait référence.

« Vous êtes mignonne Yuya-san.. »

Tête baissée, l'étrangère tenta de se concentrer sur sa tasse de thé plutôt que sur les propos de Muramasa qui se voulait gentil et aimable. (Il ne voulait pas la gêner)

« Venez je vais vous montrer votre chambre ! Akira et Kyo ne devraient pas tarder, je pense qu'ils doivent encore remplir des papiers. »

Il se leva d'une manière noble, si on puis le qualifier ainsi, mais ce fut ce que ressentis Yuya à ce moment, tant de noblesse, de respect pour cet homme. Pourquoi les qualités ont-elles sauté une génération ? Yuya le suivit à travers les couloirs de l'immense bâtisse.

« Qu'elle belle maison ! Encore plus jolie et spacieuse que celle d'Akira »

Se réjouit la blonde en apercevant enfin sa chambre pour la semaine à suivre.

« Après vous Yuya-san »

Fit Muramasa en cédant le passage. Yuya en eut le souffle coupé.

« Wauhouh ! »

Fut le seul mot qui atteint ses lèvres sous le sourire chaleureux de son hôte.

Pour une chambre d'hôte, c'était une magnifique chambre digne des plus grands hôtels de la planète.

Elle était composée d'un immense lit deux places, avec des draps qui semblaient tellement doux et chaux que l'on se serait couché de suite pour apprécier. Les oreillers confortables attiraient à eux les têtes fatiguées. Au pied du lit, se trouvait un magnifique tapis qui semblait venir d'orient, contrée des milles et une nuits. Le regard de Yuya fut attiré par la lumière de la lune qui traversait de longs rideaux richement décorés.

Près du lit se trouvait un petit bureau où trônait joyeusement un bouquet de Tournesol. Il n'y avais plus que l'immense armoire qui remplissait en grande partie cette chambre déjà trop grande qui ensorcelait Yuya.

Comment une simple armoire pouvait donner tant d'effet à notre blonde ? Sûrement le fait qu'elle date du dix-huitième siècles et vienne de France, son pays d'origine.

«Je veux la même à la maison ! »

Dit naïvement la blonde en caressant d'une manière douce se bois qui avait tant vécut.

« Cela vous rappelle des souvenirs Yuya-san ? »

Demanda Muramasa qui n'avais pas quitté le pallier.

Elle se retourna et lui fit un immense sourire plein d'émotions qui voulait dire « Oui, elle m'en rappelle ! »

Puis elle débuta une de ses anecdotes sur sa vie en France, vie qui lui manquais.

« Elle me rappelle une des nombreuses armoires que comporte le château de Versailles. Je m'en souviens très bien. C'était durant une visite à une parente éloignée de la famille, pendant notre séjour à Saint Germain en Lays, mon grand frère voulu visiter les monuments des environs. En ayant marre de faire des éloges à la Tour Eiffel il voulu découvrir les châteaux des environs. Ce fut donc Versailles. La visite de cette demeure restera à jamais gravée dans ma mémoire. Je. . »

Elle fut coupée par le père de Kyo qui ajouta.

« La France vous manque t-elle à ce point ? »

« Bien sûr, toute ma famille est là bas et aussi mes amis. Mais je suis heureuse aussi ici. J'y ai rencontré des gens formidables et gentils. .Bon il ne sont peut-être pas tous comme ça, mais je ne m'ennuie absolument pas ! »

S'esclaffait la blonde, son rire ressemblait à une douce mélodie.

« Cela sera difficile pour vous de partir alors. »

Interloquée face à cette question qui ne lui avait même pas traversée l'esprit, elle haussa les épaules et pris un air triste.

Ce moment fut interrompu par des voix venant du salon. Elle dut quitter à regret son armoire pour rejoindre Muramasa qui ne l'avait pas quittée du regard un seul instant.

« Venez Yuya-san allons les voir »

« Oui.. »

Répliqua t-elle presque à regret, laissant son sac dans la pièce et suivant l'homme.

- - -

« Ça va me coûter cher cette histoire de cafard !! »

Se plaignait Akira en se posant lourdement sur le canapé.

« . . »

« Akira je suis désolée ! Vraiment je ne pouvais pas savoir que ces bêtes là allaient débarquer aussi vite »

Tenta de se faire pardonner Yuya en accourant près du blond.

« C'est bien la dernière fois que je te demande à manger Planche à pain. »

Ricana doucement le démon, ce qui lui valut un mauvais regard de la cuisinière qui lui répliqua

« Alors ne m'en demande plus, crétin ! »

Alors qu'une guerre verbale allait commencer, un rire étincellent se fit entendre. C'était Muramasa qui était ravit de voir son fils si vivant. Même s'il ne donna pas la raison de son hilarité tout le monde comprit (peut-être pas Yuya, mais on s'en fiche car elle devint rouge pivoine et se tu aussitôt).

Mais tout ceci n'arrêta pas Kyo, qui, pour faire oublier le rire de son père continua sa joute verbale.

« Si je tombe malade à cause de ta bouffe, tu devras te faire pardonner, Planche à pain »

« Non mais c'est pas vrai! T'avais qu'à pas me demander ça!! Sale bête »

« Redis ça un peu pour voir... »

« Je répète pas pour les sourds... »

« Tu vas voir... »

« Non mais je suis à peine arrivée et tu m'énerves déjà!! »

Sur ce détail, Yuya monta deux secondes dans sa chambre, en descendit avec un feutre noir et, sans faire attention au fait qu'un Muramasa souriant la regardait s'approcha d'un Kyo perplexe. Elle se plaça juste devant lui et le surprit en écrivant sur son front. Il ne pu rien faire, s'il se débattait, il aurait l'air d'un gamin. Lorsque Yuya eut terminé son oeuvre, elle se retourna et répéta :

« Sale bête »

Dans l'antre des enfers, sur le front du démon, une jeune effrontée venait de noter...666...le nombre de la bête.

La cohabitation allait être rude pour l'un comme pour l'autre.