Assis dans la salle d'attente, j'attendais que Carlisle me donne des nouvelle de Bella.
Ma famille nous avait rejoints, et leurs pensées me tourmentèrent d'avantage.
- Pauvre, petite, si jeune et déjà tant de à traverser... Quelle tristesse! Se savoir condamnée à cet âge... Et pourtant, elle essaye de vivre comme si de rien n'était. S'affligea Esmée.
- Je suis sincèrement désolé Edward. J'aimerais pouvoir faire quelque chose pour alléger ton chagrin. Merci Emmett, mais rien n'y fera.
- Dire qu'elle était prête à se sacrifier devant nous, alors qu'elle savait qu'elle mourrait bientôt. Cette humaine a une telle force de caractère. Et elle aime Edward... Elle est digne de confiance. Dommage qu'il lui reste peu de temps, elle gagne à être connue.*Jasper*
- Arrêtez, s'il vous plait, je n'en peux plus. Suppliai-je
- Au moins nous n'avons qu'à attendre qu'elle meure et nous aurons la paix. Bon débarras!
- DEGAGE, ROSALIE, OU JE TE JURE QUE JE... vociférai-je.
- Excusez-moi, je cherche le médecin qui s'occupe de ma fille. Elle s'appelle Isabella Swan.
- Elle est encore en soins intensifs, lui répondit l'infirmière. Patientez à côté de ces personnes, je crois qu'elles aussi attendent de ses nouvelles.
Charlie Swan nous regarda, surpris. Je lus dans son esprit qu'il était affolé et qu'il craignait d'être arrivé trop tard pour dire au revoir à sa Bella. Il ne s'attendait pas à ce que toute notre famille soit à l'hopital, attendant son réveil. Esmée s'avança vers lui et lui tendit la main.
- Chef Swan, je suis Esmée Cullen, la mère d'Alice. Venez vous asseoir avec nous, ne restez pas seul.
- Merci, Madame. Mais je vous en prie, appelez-moi Charlie
- A la condition que vous m'appeliez Esmée!
Il prit place à nos côtés, remerciant Alice d'avoir diverti sa fille et me remerciant également de l'avoir appelé. Nous nous sentions tous fautifs, car elle ne serait pas dans cet état si nous ne nous étions pas disputés.
Esmée lui demanda ce que Bella avait exactement comme maladie. Charlie hésita, puis Alice lui dit qu'elle nous avait informé qu'il ne lui restait pas longtemps à vivre. Cet aveu le surprit, mais il acquiesça.
- Il y a un peu moins de 6 mois, Bella a commencé à avoir des crises d'épilepsie. Assez fortes. Sa mère en était paniquée. Elles sont allées consulter et... Il avait les larmes aux yeux. On lui a diagnostiqué un glioblastome.
- Qu'est-ce que c'est? fit Emmett.
Je levai les yeux au ciel. Toujours aussi délicat, mon frère.
- C'est une tumeur au cerveau, répondit Charlie. On l'a opéré, et nous pensions nous en être sortis, mais les crises ont recommencé. Cette saleté est revenue. Et cette fois, c'est inopérable.
Il fondit en larmes. Mon cœur se déchira encore plus.
- N'y a t-il pas un traitement à faire? De la chimiothérapie? Questionna Esmée.
- Malheureusement non. Depuis petite elle a une valvulopathie dégénérative. Elle est toujours suivie pour ça. Elle a souvent des malaises, un peu comme celui-la. On ne peut pas faire de chimiothérapie quand on a des problèmes cardiaques.
- Mon Dieu, pauvre petite, soupira Esmée. Est-ce qu'au moins il y a quelque chose qui la soulage? Elle doit tellement souffrir...
- Elle a dû faire un choix. Les médicaments pour son coeur sont incompatibles avec ceux qui calment ses crises d'épilepsie. Dans tous les cas elle est perdante, mais contrairement à nous elle s'y est fait.
- Comment peut-on se faire à l'idée de mourir?dit Alice.
- Bella est une fille exceptionnelle. Elle est très forte. Quand sa mère m'a annoncé la nouvelle, j'ai été anéanti. Je ne la connais pas énormément. Quand elle venait en vacances, je n'avais que très peu de temps à lui consacrer. Et puis à 12 ans elle n'a plus pu venir me voir. Le trajet l'affaiblissait trop. Elle a pris sur elle pour venir cette année.
- Sans vouloir paraître indiscrète, dit Alice, pourquoi est-elle venue à Forks, si c'était aussi dur pour elle?
- Après qu'elle ait dit à ses amis qu'elle était malade, ils l'ont tous rejetés. Sa mère avait l'intention de déménager avec elle à Jacksonville, mais Bella a refusé. Elle avait déjà prévu de venir à Forks, pour moi. Elle voulait qu'on soit plus proches et que je n'aie aucun regret avant... Avant...
Il ne put continuer. Les sanglots reprirent de plus belle.
Ma famille était sous le choc. La culpabilité se lût sur nos visages. Ils ne s'étaient pas rendus compte de la gentillesse et de l'abnégation de Bella. Ils savaient à présent de quoi elle était capable, et qu'elle pourrait aisément garder notre secret.
Je me levai en direction du Chef Swan, et dis:
- Monsieur, je ne pensais pas vous rencontrer dans ces conditions. Je suis Edward, le frère d'Alice.
- Oh! S'écria t-il. Edward? Celui qui doit emmener Bella au bal?
- En effet.
- Elle ne m'avait pas dit qu'elle sortait avec le frère d'Alice, dit-il en sourcillant.
Cette dernière rit à en faire trembler les murs.
- J'aurais préféré faire votre connaissance dans d'autres circonstances. Je voulais juste vous dire que votre fille compte énormément pour moi. Et que maintenant que nous savons pour sa maladie, ma sœur et moi serons encore plus présents pour elle. N'est-ce pas, Alice?
- Bien sûr! Nous ferons tout pour qu'elle aie une vie... agréable.
- Et toute la famille sera positivement ravie de revoir Bella, ajouta Esmée. Cette petite est si remarquable que ce serait un privilège de partager vie.
- Merci beaucoup... dit Charlie.
- Merci à vous, Charlie, d'avoir mis au monde cette merveille. Elle a illuminé notre existence, et mes enfants sont si heureux en sa compagnie!
Il rougit. Nous rîmes de bon cœur et Carlisle arriva.
- Chef Swan?
- Docteur Cullen?
- Appelez-moi Carlisle. J'ai de bonnes nouvelles. Votre fille s'est réveillée. Elle est encore un peu faible mais vous pouvez aller la voir.
- Merci, Carlisle. Il hésita. Edward? Je tressaillis.
- Oui chef Swan?
- Charlie! Appelle moi Charlie! Dit il en souriant. Veux-tu aller voir Bella?
- Mais vous...
- Bella sera sûrement plus ravie de te voir que moi! Il me fit un clin d'oeil.
Je n'argumentai pas plus. J'avais tellement hâte de la revoir que je fonçai dans sa chambre.
Toujours aussi éblouissante, malgré les tuyaux et le cadre hospitalier.
Je m'approchai doucement, et lui prit la main. Elle ouvrit les yeux. Mon coeur se réchauffa à la vue de son sourire.
- Bonsoir, toi! Murmurai-je.
- Bonsoir, mon ange...
Je frissonnai de plaisir. Ses mots furent comme une injection d'adrénaline. Je sombrai dans un bonheur sans précédent. Elle m'a appelé mon ange...
- Pourquoi m'as-tu appelé comme ça? Dis-je, feignant l'indignation. Elle rit.
- Je t'ai entendu. Je me rappelle que tu as dit qu'on avait plein de choses à vivre ensemble, et tu m'as supplié de revenir. Alors je suis là...
Je me penchai et embrassai son front. Son cœur eut un raté et je me figeai aussitôt. Elle rit aux éclats.
- Ca, c'est l'effet Edward !
- Ton père nous a tout dit, à propos de ta maladie. Son expression changea.
- Ah. Je suppose que tu as changé d'avis et que tu veux qu'on prenne nos distance.
- Jamais. Je resterai près de toi quoi qu'il arrive. Je te le jure.
- Ne fais surtout pas ça par pitié, me répliqua t-elle.
- Je ne fais pas ça par pitié, mais parce que je tiens à toi. Lui répondis-je en souriant. Ton père attend dehors. Je reviendrai plus tard.
- Promis?
- Juré.
- Reviens-moi vite, murmura t-elle.
Je laissai Charlie avec sa fille. Il fallait que j'aie une conversation avec Carlisle au sujet de Bella et de sa maladie.
