Coucou. Chapitre 14, plus tôt que prévu, parce qu'en lisant vos commentaires j'ai réalisé que je vous avez un peu laissé au milieu d'une scène. Comme quoi, le mélange nuit blanche/vodka/antidépresseurs, ça donne vraiment des fins de chapitre toutes pourries.
En espérant que ce qui va suivre sera mieux.
Bonne lecture.
Disclaimer : Les personnages et l'univers de la série appartiennent à Edward Kitsis et Adam Horowitz.
Chapitre 14 : Se faire pardonner
Regina se tenait face à la porte d'entrée de sa maison, les poings serrés, prête à poursuivre son fils pour le forcer à rester. Son corps était tendu à l'extrême, mais elle ne parvenait pas à bouger, figée dans sa détresse. Elle avait su depuis longtemps qu'Emma était la Sauveuse, qu'elle serait amenée à briser la malédiction. Mais cela ne faisait pas moins mal pour autant, parce qu'elle s'était surprise à l'apprécier, à vraiment l'apprécier. Est-ce que la blonde l'avait manipulée tout ce temps ? Déterminée à en avoir le cœur net, la reine ouvrit la porte d'un geste brusque et se précipita à l'extérieur.
Emma, un peu plus loin sur l'allée, l'entendit venir et se figea. Elle avait conscience qu'elle venait de trahir sa confiance, qu'elle avait détruit tout ce pourquoi Regina avait tant sacrifié, ruinant cette vengeance à laquelle elle tenait tant. Mais elle n'avait pas pu prendre une autre décision. Inspirant profondément, Emma se tourna pour faire face à son amie, sans lâcher la main d'Henry, qu'elle tenait bien serrée dans la sienne. Elles s'affrontèrent du regard, sans parvenir à masquer leur peine.
- Je n'avais pas le choix, expliqua la Sauveuse, la voix rauque. Je devais briser la malédiction. J'ai été choisie pour ça.
La reine fronça les sourcils.
- Tu le savais, réalisa-t-elle. Tu croyais Henry, tout ce temps, n'est-ce pas ?
- Oui, je le croyais.
- Comment ? Parce que tu es la Sauveuse ? Ah, Rumplestiltskin et son fichu sort noir ! Vous êtes responsables de tout cela, tous les deux, n'est-ce pas ? Tu m'as manipulé, tu m'as fait croire que je comptais pour toi…
Emma s'approcha de son amie, relâchant la main de son fils. Mais elle n'eut pas le temps de répondre que déjà la reine reprenait, son beau visage déformé par la haine :
- Et maintenant tu as réveillé Blanche-Neige et tous les autres ! Qu'est-ce que tu comptes faire ? Me voler mon fils ? Me tuer ?
- Personne ne me volera à personne ! se défendit Henry. Et personne ne tuera personne !
Le cœur lourd de voir ses mères se disputer, le garçon vint prendre la main de Regina. Celle-ci baissa les yeux sur lui, sentant une partie de sa colère retomber, remplacée par un immense chagrin.
- Je t'aime, murmura-t-elle désespérément à son fils. Quoi qu'on te dise, sache que je t'aime et que je t'aimerai toujours.
Puis elle tourna les talons, ne pouvant plus retenir ses larmes, et retourna s'enfermer chez elle. Emma s'élança aussitôt à sa poursuite, mais Henry s'interposa.
- Maman ! s'écria-t-il, essayant d'attirer son attention.
- Quoi ?
- Tes parents. Ils ont attendu vingt-huit ans pour que tu brises la malédiction.
Emma prit une profonde inspiration, tâchant de retrouver son calme. Elle finit par décider de reporter ses excuses à plus tard, et, clignant des yeux pour chasser ses larmes, suivit son fils. Ils traversèrent rapidement la ville plongée dans l'obscurité, assistant à des retrouvailles un peu partout sur leur chemin. Devant la bibliothèque, ils découvrirent un groupe au centre duquel se tenaient fièrement Blanche-Neige et Charmant. Emma se ménagea aussitôt un passage et fut enfin face à ses parents. Les yeux de Mary-Margaret se remplirent de larmes et elle attira sa fille entre ses bras. David se rapprocha et les enlaça à son tour, tendant une main pour attirer Henry contre eux.
Au chaud dans cette étreinte familiale, Emma s'autorisa à être malheureuse, juste un instant. En un éclair, elle revit Regina, les larmes contenues dans ses yeux, la détresse dans sa voix. Puis elle se détacha de ses parents, prit sa mère par les épaules et annonça :
- Gold veut ramener la magie.
Au même moment, le docteur Hopper rejoignit leur petit groupe pour leur expliquer qu'une foule en colère se précipitait chez Regina. Sans réfléchir, Emma s'élança en direction de la maison du maire, mais son père la rejoignit et la retint.
- Si on arrête Gold, alors Regina ne pourra faire de mal à personne, argumenta-t-il.
- Alors allez-y, arrêtez le ! Mais moi je vais voir Regina.
Mary-Margaret se rapprocha et prit timidement la main de sa fille.
- Je sais que vous êtes amies, et qu'elle est toujours la mère d'Henry, mais tu viens de briser la malédiction. Je ne veux pas que tu te mettes en danger sans raison. Et puis, nous avons tellement de choses à nous dire.
- Je sais. Et je te promets qu'on parlera, mais plus tard. Je ne vais pas laisser qui que ce soit faire du mal à Regina.
Voyant qu'elle ne changerait pas d'avis, David se lança dans une discussion avec la Fée Bleue pour savoir où Gold pouvait aller pour faire revenir la magie. Avant qu'il ne parte à sa recherche, accompagné des nains, Emma lui fit promettre de faire attention. Puis elle courut jusqu'à la maison du maire, suivie de près par Mary-Margaret, Henry, Ruby, Granny, Archie et la Fée Bleue. Tout ce beau monde se mêla à la foule déjà présente devant l'imposante demeure, et Emma joua des coudes pour pouvoir rejoindre la reine. Celle-ci se tenait sur le porche et Whale la plaquait contre un pilier, menaçant. La Sauveuse s'interposa et repoussa violemment le docteur. Puis elle se tourna face aux habitants de Storybrooke.
- Que personne ne s'approche ! ordonna-t-elle. Regina est sous ma protection. Aucun mal ne doit lui être fait.
- Et pourquoi on vous écouterez ? grogna Whale, énervé.
- Parce qu'elle vous a tous sauvé ! s'exclama Blanche, faisant taire la foule. Et peu importe ce que Regina a fait, ça ne justifie pas qu'on se conduise comme ça.
Graham se détacha du groupe. Il réclama justice à grands cris, encouragé par la foule. Mary-Margaret proposa d'enfermer la reine et, bien qu'Emma s'y soit vivement opposée, reçut le soutient de tous les habitants présents. La Sauveuse finit par donner son accord, histoire de rassurer tout le monde. Regina, refusant de la regarder, prit le chemin du bureau du Shérif la tête haute, et les gens se dispersèrent. Henry vint se coller contre sa mère biologique et murmura :
- Et après, qu'est-ce qu'il se passe ?
Mais Emma n'en savait rien. Tout avait été chamboulé par sa faute – et accessoirement celle de Gold – et elle n'avait aucune idée de ce qu'il convenait de faire. Une fois au bureau du Shérif, Mary-Margaret fit entrer Regina dans une cellule et l'y enferma. Un peu plus loin, Emma regardait la scène, le cœur lourd. D'une pression dans le dos, elle poussa Henry en direction de sa mère adoptive. Le garçon s'approcha et prit la main de Regina à travers les barreaux.
- Je suis tellement désolée, mon chéri, murmura la reine. Je ne pouvais pas te dire la vérité, je ne pouvais pas risquer de voir de la haine dans tes yeux. Si tu cesses de croire en moi, Henry, j'aurais vraiment tout perdu. Et je ne peux pas le supporter…
- Je crois en toi. Grâce à Emma. Alors tu dois avoir confiance en elle.
Regina secoua la tête, la gorge serrée.
- Non, écoute-moi ! insista le garçon. Elle va te protéger.
- On y va ? suggéra Mary-Margaret, qui se tenait à bonne distance, incertaine de la marche à suivre.
Henry recula, rejoignant sa grand-mère. Voyant qu'Emma ne bougeait pas, Blanche effleura son épaule pour attirer son attention.
- On va rejoindre David, annonça-t-elle. Tu viens ?
- Il faut d'abord que je parle à Regina.
Mary-Margaret accepta d'attendre dehors et entraîna son petit-fils avec elle. Dès qu'ils eurent passés la porte, Emma vint s'appuyer contre les barreaux. Assise sur le lit de sa cellule, la reine regardait fixement le sol. Elle avait le sentiment qu'il n'y avait rien à dire, le mal étant déjà fait de toute façon.
- Regina, murmura la Sauveuse.
La brune tressaillit mais ne releva pas la tête.
- Je ne t'ai pas menti, reprit Emma. Je n'ai jamais eu l'intention de te manipuler.
- Comment suis-je supposée te croire ?
Regina se tourna vers son amie. Son regard était froid, comme avant. Mais son corps tremblait, dévoilant une fragilité qu'elle aurait aimé pouvoir masquer. La blonde se tourna vers son bureau, saisit la clé de la cellule et la jeta à travers les barreaux. La reine la regarda sans comprendre.
- Ne reste pas ici, ordonna Emma. Gold ne doit surtout pas te trouver.
Puis la Sauveuse quitta la pièce, retenant ses larmes. Dans l'entrée, elle tomba sur Graham et lui demanda de l'accompagner trouver Rumplestiltskin. Le chasseur avait eu l'intention d'aller voir Regina pour lui demander où était son cœur, mais il comprit que Gold était un problème plus urgent. Ils grimpèrent dans la voiture de patrouille, laissant Mary-Margaret et Henry s'installer à l'arrière, et roulèrent jusqu'à la frontière de la forêt. La nuit était complète, dissimulant le sentier, et Graham marchait en tête pour leur montrer le chemin.
A quelques pas du puits aux souhaits, des cris leur parvinrent. Emma ordonna à son fils de rester en arrière, puis elle se précipita sur son père, qui tentait de retenir Rumplestiltskin. Celui-ci tenait fermement la potion entre ses mains. Belle hurlait sans que personne ne prenne la peine de l'écouter. Mary-Margaret s'approcha vivement, prête à défendre sa famille. Emma saisit Gold par le bras mais il était trop tard : il avait jeté la potion dans le puits, et une épaisse fumée mauve se déversait sur la ville.
La première pensée de la Sauveuse fut qu'il lui fallait protéger son fils. Elle le retrouva plus loin sur le chemin et l'entoura de ses bras. La fumée les engloutit, envahissant totalement leur champ de vision. Dès qu'elle se dissipa, Emma se tourna vers ses parents, inquiète pour leur sécurité. Mais c'était après elle que Gold en avait. D'un geste de la main, il la fit venir jusqu'à lui et enserra sa gorge d'une pression invisible. Emma tenta de se débattre, mais elle étouffait. Brusquement, elle se souvint de ses propres compétences magiques et lutta pour se débarrasser de l'emprise de Rumplestiltskin. Dans un éclair blanc, il fut renvoyé en arrière et s'écrasa lourdement au sol.
Presque aussitôt, il se redressa, mais Mary-Margaret et David s'interposèrent. Gold, qui se savait plus puissant que la Sauveuse, hésita à régler leur compte aux héros sur le champ. Puis il capta l'expression du visage de Belle, qui semblait à la fois triste et choquée, et invoqua un tourbillon qui les fit disparaître tous les deux. Rumplestiltskin parti, Blanche et Charmant abandonnèrent leurs postures de combat et ouvrirent les bras à leur fille, qui s'y précipita avec reconnaissance.
- Rentrons à la maison, proposa David.
Graham les raccompagna avec la voiture de patrouille. Une fois de retour au loft, Emma se laissa tomber sur une chaise. Henry, mort de fatigue, monta dormir dans son lit. Elle se retrouva donc face à ses parents. Ils s'installèrent à table devant un chocolat chaud à la cannelle. Après avoir pesé le pour et le contre dans sa tête, Emma décida de dire la vérité.
- Papa, Maman. Je viens du futur.
La Sauveuse poussa un soupir de découragement. Elle était tellement fatiguée, elle avait la tête si pleine de pensées qu'elle n'avait pas eu la force d'y mettre les formes.
- Du futur ? répéta Blanche.
Emma employa l'heure qui suivit à convaincre ses parents, et fut rassurée en constatant qu'ils la croyaient. C'était tout l'avantage d'avoir vécu dans la Forêt Enchantée, ou même dans un autre monde magique : on était en mesure de croire à peu près n'importe quoi. Ils accusaient le coup, tout de même, digérant lentement l'information. Mais les explications d'Emma rendaient son comportement beaucoup plus logique aux yeux de Blanche, ce qui la rassura. Aux alentours de deux heures du matin, un coup frappé à la porte les surprit, interrompant leur conversation. Emma se leva pour ouvrir, espérant secrètement que ce serait Regina, et ressentit une pointe de déception en découvrant Graham sur le seuil.
- Nous avons un problème, annonça-t-il.
- De quoi s'agit-il ? demanda Blanche, qui étouffa un bâillement.
- Je suis allé au caveau de Regina.
Emma serra le poing sans s'en rendre compte. Elle voulut saisir Graham par les épaules, lui dire qu'il n'était qu'un imbécile et qu'il avait risqué sa vie en allant là-bas. Et aussi que s'il s'était avisé de toucher à Regina, elle lui ferait regretter de ne pas être mort quelques mois plus tôt. Mais bien sûr, elle ne dit rien.
- Tu as réussi à y entrer ? demanda-t-elle plutôt.
- Oui, le passage était ouvert.
La Sauveuse fronça les sourcils.
- Regina était évanouie sur le sol, reprit le chasseur. Et la pièce avait été retournée, comme si quelqu'un cherchait quelque chose de précis.
Emma quitta le loft aussitôt, le cœur serré à l'idée qu'il soit arrivé quelque chose à Regina. Ses parents suivirent le mouvement après avoir laissé un mot à Henry lui expliquant où ils se rendaient. Ils furent au cimetière en une quinzaine de minutes. Emma se glissa dans le passage et se précipita sur son amie allongée par terre. D'une main, elle lui caressa le front, puis posa deux doigts sur son poignet pour prendre son pouls. Elle était vivante.
Un regard circulaire lui confirma que la pièce avait été fouillée. Graham regardait les boîtes contenant les cœurs, à la recherche d'un signe pouvant distinguer le sien des autres. Emma prit la tête de Regina sur ses genoux, sous le regard étonné de ses parents. Ils se passèrent néanmoins de commentaires, se contentant de veiller silencieusement la reine, prenant exemple sur leur fille. Celle-ci contemplait le visage de son amie, habitée par un sentiment étrange sur lequel elle refusait de s'attarder.
Au bout de plusieurs interminables minutes, Regina cligna des yeux et revint peu à peu vers un état de conscience. Dès qu'elle s'en sentit capable, la brune se redressa, s'éloignant des Charmants.
- Que s'est-il passé ? demanda David, d'un ton froid.
- C'est Gold… Il m'a surprise dans sa boutique.
- Qu'est-ce que tu faisais dans sa boutique ? s'étonna Graham.
- Il était trop tard quand il est arrivé, reprit-elle, ignorant la question. J'avais déjà retrouvé mes pouvoirs.
Mary-Margaret saisit la main de son mari, se retenant de ne pas se précipiter sur sa fille pour la protéger. Emma lui avait dit que Regina était capable de se racheter, comme elle-même avait voulu le croire par le passé, et elle voulait lui montrer qu'elle lui faisait confiance. Ce qui ne l'empêchait pas de rester prudente. Blanche recula imperceptiblement en direction de la sortie.
- Et après ? s'enquit David.
- Je suis revenue ici par magie, expliqua Regina. Gold est arrivé aussitôt, de la même façon. Il m'a endormie, sûrement pour récupérer le livre.
Emma fut tentée de prendre la main de son amie, mais elle n'osa pas. Elle avait peur d'être repoussée mais, plus encore, peur que ses parents commencent à soupçonner quelque chose. Regina se leva, examinant les dégâts autour d'elle. Avec sa magie, elle attira à elle le livre de sorts qu'elle venait de voler à Gold, et qui avait appartenu à Cora par le passé.
- Il n'a pas récupéré le livre ! réalisa-t-elle à voix haute.
- Il était peut-être là pour autre chose ? avança Mary-Margaret.
- Il manque quelque chose ? insista David, qui serrait toujours la main de sa femme dans la sienne.
Regina fit un peu de tri dans les débris et annonça :
- Il manque des ingrédients.
- Pour créer un sort ? voulut savoir Emma.
- Oui. Le sort du sommeil.
Mary-Margaret tressaillit.
- A qui serait destiné ce sort ? demanda-t-elle.
- Je n'en sais rien, répliqua froidement Regina. Mais j'ai des préoccupations plus importantes.
Elle se tourna vers la Sauveuse.
- Je veux voir Henry, annonça-t-elle.
- Il dort, répondit doucement Emma. Mais demain, c'est promis.
Graham fit un signe de la main à son adjointe et tapota son torse à l'endroit de son cœur.
- Ah, oui, tu peux rendre le cœur de Graham ?
- Et pourquoi je ferais ça ?
- Parce que j'ai convaincu Henry que tu n'étais pas méchante. Alors ne le sois pas.
Sans montrer à quel point ces paroles l'atteignaient, Regina fit face aux Charmants.
- Je pourrais aussi tous vous tuer avec ma magie. Maintenant.
Emma se concentra. Ses mains s'illuminèrent d'une douce lumière blanche.
- Tu n'es pas la seule à avoir des pouvoirs, ici, répondit-elle calmement. Prends la bonne décision. S'il te plait.
Blanche et Charmant étaient au courant pour la magie, contrairement à Regina, qui n'avait pas assisté à son combat contre Gold. Elle fut désagréablement surprise et comprit qu'il valait mieux qu'elle obtempère. Contrainte et forcée, elle traversa la pièce et ouvrit une boîte, en sortant le cœur battant de Graham. Puis elle le remit en place, un peu brusquement. Le chasseur grimaça puis une expression de joie passa sur son visage. Il s'approcha d'Emma et la serra dans ses bras pour la remercier.
- Nous devrions la remettre en prison, lâcha Blanche, qui ne quittait pas son ennemie du regard.
- Non, refusa la Sauveuse. Je vais la raccompagner chez elle. Henry lui fait confiance, et moi aussi.
Mary-Margaret et David montèrent dans la voiture de patrouille, résolus à dormir un peu avant de faire face à la nouvelle menace que représentait Gold. Emma et Regina prirent le chemin de la maison du maire, avançant en silence, chacune perdue dans ses pensées. La reine revoyait défiler les dernières semaines dans sa mémoire, s'attardant sur chaque détail de leur histoire. Elle aurait tout donné pour pouvoir retourner quelques heures plus tôt, à un moment où tout était encore facile.
Arrivant devant la porte de sa maison, Regina s'immobilisa. Elle pouvait encore gagner, elle pouvait encore se venger de Blanche-Neige. La méthode à employer était simple, presque évidente. Et cela serait loin d'être un sacrifice, ce qui ne gâchait rien. La reine se tourna vers son amie, le cœur battant plus fort à l'idée que tout était encore possible.
- Je comprends, murmura-t-elle, la regardant intensément. Je comprends pourquoi tu as brisé la malédiction.
Emma lui adressa un sourire timide et soulagé.
- Je comprends, répéta Regina. Mais je ne pardonne pas facilement.
- Je te promets de faire en sorte que les choses s'arrangent. Je te promets que je trouverai le moyen de me faire pardonner. Et je te prouverai que rien de ce qu'il s'est passé entre nous n'était un mensonge ou une tentative de manipulation.
- Dans ce cas, j'ai peut-être une idée, susurra la reine.
Son regard avait changé. Emma éprouva soudain des difficultés à respirer.
- Quelle idée ? demanda-t-elle, maîtrisant de son mieux le tremblement de sa voix.
- Je ne veux pas dormir seule dans cette grande maison, répondit la brune. Peut-être que tu pourrais rester.
La Sauveuse écarquilla les yeux. Elle avait brisé la malédiction, ruiné sa vengeance, et pourtant, Regina était encore là. Elle voulait toujours d'elle. Oubliant toute méfiance, Emma se rapprocha de son amie, réalisant à quel point sa proposition la tentait. Doucement, elle se pencha et cueillit un baiser sur les lèvres de la reine. Puis elle la regarda attentivement, comme pour lui demander la permission de continuer. L'attirant dans le hall, Regina l'embrassa à son tour, plus longuement.
Emma referma la porte d'un coup de hanche et saisit son amie entre ses bras, tendre et passionnée à la fois. Elle qui avait cru la perdre pour toujours la tenait maintenant contre elle, le cœur gonflé de joie, le corps brûlant de désir. Qui aurait cru que la Sauveuse serait incapable de résister à la Méchante Reine ?
- Tu devrais me haïr, murmura la blonde, qui se détacha doucement, mue par une partie de son cerveau qui voulait comprendre la situation.
- Tu m'as défendue, répondit Regina, qui l'attira de nouveau contre elle. Tu as pris mon parti contre Blanche et contre toute la ville, ajouta-t-elle contre ses lèvres.
Oubliant tout ses doutes et toutes ses craintes, Emma s'abandonna à leur étreinte. Entre ses bras, la reine laissait la haine devenir passion, la vengeance devenir amour.
- Alors ? Tu restes ? murmura-t-elle, dès que la Sauveuse délaissa sa bouche pour se concentrer sur son cou.
La blonde se redressa, retirant le corsage de la reine, qu'elle laissa tomber au sol. Il n'y avait plus de doutes possibles sur ses intentions.
- Je reste, répondit-elle dans un souffle.
La suite dans deux jours, si tout va bien.
