A/N: Bonjour à tous !

Voilà le prochain chapitre, c'est mon cadeau de Noël en avance ! :)

Bonne lecture !


Encore une fois, la semaine est passée très vite. Pas mal d'opérations, et des journées très longues au service, ce qui fait que vendredi soir je suis exténuée. Alors qu'il est 19h passées, je m'apprête à rentrer chez Tobias quand je croise Christina à l'accueil de l'hôpital.

- Tris ! m'interpelle-t-elle lorsqu'elle me voit. Comment ça va ?

- Ça va, je suis juste crevée, j'ai eu une très longue semaine. Et toi ? Comment va Will ? je lui demande en m'approchant d'elle.

- Heureusement, c'est le week-end ! Will va beaucoup mieux. En fait, le médecin qui s'occupe de lui vient de me dire qu'il pouvait rentrer demain matin ! Du coup, je pense que je vais organiser un petit truc. On fêtera son retour, et ce sera notre crémaillère par la même occasion. Les cartons sont presque tous déballés !

- C'est une super idée ! Mais Will ne veut pas se reposer… ?

- Ne parle pas de ça ! C'est lui qui a proposé de vous inviter ! Il m'a dit qu'il fallait absolument qu'il se bouge, il n'en peut plus de ne rien faire de ses journées. Il a même demandé à son médecin de réduire la durée de son arrêt tellement il a envie de retourner au travail. Enfin bon, tu le connais, rit-elle en roulant des yeux.

- Très bien, dans ce cas-là ce sera avec plaisir, je lui souris.

- Okay, vous venez vers 20h ?

- Pas de problème !

- Super, à demain alors ! Repose-toi bien. J'espère que le déjeuner avec ton père se passera bien…, me dit-elle avant de me prendre dans ses bras.

- Ouais, et de toute façon tu me remonteras le moral demain si ça se passe mal ! je ris, ironique.

- C'est à ça que servent les amies ! me sourit Christina.


Quand je franchis la porte de l'appartement, je suis morte. Après 45 minutes de métro au lieu d'à peine 20 –merci la grève des transports et les arrêts en plein milieu de voies!-, je n'espère qu'une chose : trouver Tobias dans la cuisine, un bon repas servi à table. Cependant, mes espoirs tombent vite à l'eau. Le séjour est plongé dans le noir, seules les lumières de la ville permettent d'éclairer faiblement la salle. Je trouve l'interrupteur, et la lumière qui inonde soudainement la pièce m'éblouit. Je me débarrasse de mes chaussures tout en déposant mon sac sur le bar de la cuisine où j'aperçois une note. Je reconnais l'écriture de Tobias. Il a dû essayer de me joindre, mais bien sûr, mon téléphone est tombé à plat en début d'après-midi. Je soupire et saisis le morceau de papier.

J'ai essayé de te joindre mais je tombe directement sur ta messagerie…

Je vais prendre un verre avec quelques médecins du service, je ne devrais pas rentrer trop tard.

Je t'aime,

T.

Même si c'est un sentiment d'agacement qui me gagne après avoir lu la note de mon petit-ami, je me reprends rapidement. Après tout, il a le droit de faire ce qu'il veut, je suis bien sortie avec Éric en début de semaine. Même si l'idée qu'il puisse passer du temps avec Claire ne m'enchante pas…

J'hésite à appeler Emilia et Christina, mais ma belle-sœur part demain en voyages de noce et doit être occupée à faire ses bagages, et Christina doit préparer le retour de Will et sa petite fête de demain. Je me résigne donc à commander une pizza que je mangerai devant la télé, seule. En attendant le livreur, je mets mon téléphone à charger et pars me changer dans des vêtements plus confortables. Alors que je retourne au salon, je m'autorise pour la première fois depuis longtemps à penser à ma mère. J'ai essayé de ne peux pas penser à elle de la journée, mais c'est aujourd'hui le troisième anniversaire de sa mort. Je déteste utiliser ce mot : anniversaire. Ce n'est pas un jour que nous célébrons. Caleb cependant pense toujours à moi en ce jour qu'il sait si douloureux, et m'a envoyé un message plus tôt dans la journée pour me dire à quel point il était heureux de m'avoir et qu'il était fier de moi. Il m'a promis une invitation à déjeuner prochainement.

Que penserait ma mère de moi, de ce que je suis aujourd'hui ? Je sais qu'elle saluerait mon travail de médecin, mais que penserait-elle de Tobias ? Approuverait-elle le fait que je sorte avec le fils de l'ennemi de mon père ? Ma mère et mon père étaient l'exemple du grand amour, le vrai. Et c'est ce qui me fait croire qu'elle soutiendrait ma décision, et ce qui me fait espérer que mon père aussi, quand il l'apprendra demain.

Je sais que me poser toutes ces questions ne sert à rien, mais je ne peux m'en empêcher. Dans ces moment-là, pouvoir parler à ma mère me manque terriblement. Petite, rien que le son de sa voix avait le don de me rassurer.

Trois coups frappés à la porte me tirent de mes pensées.


Le lendemain, c'est un léger baiser sur mes lèvres qui me tire du sommeil. J'ouvre un œil et mets ma main en visière dessus. Le soleil matinal inonde la chambre d'une belle lumière dorée. Tobias est assis sur le lit près de moi, une tasse de café et un croissant sur un plateau sont posés sur le lit.

- Hey, me dit-il doucement.

- Salut, je lui réponds en me redressant et en attrapant le mug brûlant. Ça va ?

- Oui. Je suis rentré un peu tard hier et je ne voulais pas te réveiller, donc je suis allé dormir sur le canapé.

- C'est gentil, mais je pense qu'un tremblement de terre ne m'aurait pas réveillée, j'étais tellement crevée ! je lui souris. Ta soirée s'est bien passée ?

- Ouais, c'était sympa, ça fait du bien de parler d'autre chose que de mes patients avec mes collègues. Et toi ça allait ?

- Ouais, ma pizza et moi on a passé une bonne soirée devant la télé. Au fait, Christina organise une petite fête ce soir pour fêter le retour de Will, je lui ai dit qu'on viendrait.

- Okay, pas de problème.

Je continue à manger mon petit déjeuner et je sens le regard de Tobias sur moi.

- Qu'est-ce qu'il y a ? je lui demande.

- Rien, c'est juste que tu as l'air de te plaire ici…

- Il y a pire endroit que ton lit, c'est sûr ! je ris.

- Non, je veux dire, dans mon appartement.

Je souris et le dévisage quelques secondes.

- Ça va, je lui réponds.

Il me dévisage quelques instants, visiblement surpris par ma réponse

- Bien sûr, la vue laisse à désirer, et il faudrait remettre la déco aux goûts du jour, mais ça reste très correct.

Je suis à deux doigts d'éclater de rire et Tobias le voit bien, ce qui le rassure immédiatement.

- Oh, dans ce cas-là, je ne voudrais pas t'obliger à rester dans cet appartement tout juste habitable plus longtemps, continue-t-il sur le même ton moqueur. Je m'étais dit que si tu t'y sentais bien… Mais bon, ça ne sert à rien d'en parler alors !

- T'es bête, je lui réponds en le frappant gentiment sur son avant-bras. Bien sûr que je veux emménager avec toi !

- Il ne me semble pas que je te l'ai proposé…, dit-il en approchant son visage du mien. Mais si ça ne te dérange pas trop de rester ici…

Je ne lui réponds pas et l'attrape par le col de la chemise avant de l'embrasser à pleines lèvres. Il répond à mon baiser avant de s'écarter et colle nos fronts.

- Je dois prends ça pour un oui ?

Je ne lui réponds pas et l'embrasse de nouveau en passant mes bras autour de son cou, mais nous sommes interrompus par des coups frappés à la porte.

Tobias se redresse en grognant et lisse sa chemise que j'ai froissée, avant d'aller ouvrir la porte. Je sors du lit et attrape un peignoir à enfiler par-dessus mon pyjama.

- J'espère que je ne te dérange pas, j'entends la voix d'Evelyn demander à Tobias lorsqu'il a ouvert la porte.

- Non, ne t'inquiète pas, je faisais un peu de rangement. Qu'est-ce qu'il y a ?

Alors que la mère et le fils poursuivent leur discussion, je décide d'entrer dans le salon pour aller saluer Evelyn. Je ne suis pas sous mon meilleur jour, mais je ne veux pas faire ma malpolie, et je sais qu'Evelyn m'apprécie. Lorsqu'elle me voit, elle me sourit.

- Tris ! Je suis désolée, je vous dérange ! J'avais quelques infos à transmettre à Tobias, et puis bien sûr, il faut bien que je passe de temps en temps vérifier que mon fils va bien !

- Il n'y a aucun problème Evelyn, je lui souris en resserrant mon peignoir autour de moi.

Je vois mon petit-ami rouler des yeux.

- Je vais toujours bien maman, soupire-t-il.

- Je sais, je sais, mais tu verras quand tu auras des enfants… Enfin bon, je vais vous laisser. Vous avez quelque chose de prévu aujourd'hui ?

Je jette un coup d'œil à Tobias qui me regarde aussi. Finalement c'est lui qui prend la parole.

- Le père de Tris vient déjeuner. On va lui dire que je suis…le fils de Marcus Eaton.

- Oh… je vois. Andrew est quelqu'un de très têtu, mais je pense qu'il tient beaucoup à toi, Tris, et qu'il saura voir ce qui est le meilleur pour toi.

- Vous le connaissez ? je lui demande, surprise.

- Je l'ai connu à l'époque où Marcus et lui étaient à l'université ensemble. Il faudrait vraiment être bête pour ne pas voir le magnifique couple que vous formez…

- Merci beaucoup, je luis dis, très touchée par ses mots.

Evelyn fait un pas vers moi et me prend dans ses bras.

- J'ai aussi connu ta mère, continue-t-elle, et je sais qu'elle serait très fière de la magnifique jeune femme que tu es devenue.

- Merci Evelyn.

Elle s'écarte de moi avec un sourire.

- Bon, je vais vous laisser… Passez un bon week-end, et reposez-vous bien, vous le méritez.

Elle prend son fils dans ses bras une dernière fois et lui murmure quelque chose qui le fait sourire.

Elle m'adresse un dernier sourire et quitte l'appartement.


A 13h00, Tobias et moi sommes tous les deux prêts. Alors que mon petit-ami finit de dresser la table, je fais les cents pas dans la cuisine. Je porte ma nouvelle robe bordeaux et une paire d'escarpins noirs, et bien que je sois à mon avantage, et qu'il ne s'agisse que de mon père, je suis nerveuse. Je décide finalement de m'asseoir sur un tabouret du bar et profite du calme de la pièce. Tobias a préparé un rôti de bœuf et un gratin de légumes, et une délicieuse odeur de nourriture remplit la pièce.

Je vois Tobias s'approcher de moi. Il vérifie la cuisson de son gratin puis vient se poster devant moi. Il me prend la main et y dépose un baiser. Nous restons ainsi quelques instants, jusqu'à ce qu'on entende à la radio - que Tobias a allumée pour combler le silence pesant qui régnait- le début de All of me. Je ris et lève les yeux vers Tobias qui me tend la main.

- Une danse ? me propose-t-il.

Je prends son bras et le laisse m'entraîner au centre de la pièce. Il m'attire contre lui et nous berce au son de la musique. Nous ne parlons pas pendant les quatre minutes que dure la chanson et lorsqu'elle se finit, je repose ma tête contre le torse de Tobias. Il relève ma tête et prend mon visage dans ses mains avant de m'embrasser. Mais alors que je lui rends son baiser, nous sommes pour la deuxième fois de la journée interrompus par des coups à la porte. Toute la magie du moment s'envole.

- Décidément ! plaisante Tobias.

Mais je sais que la personne qui se trouve derrière la porte cette fois-ci est très certainement mon père. Même si je reste nerveuse, je me dis que rien de grave ne peut arriver, il ne s'agit que de mon père. Tobias s'éloigne de moi et part ouvrir tandis que j'éteins la radio.

- Bonjour Monsieur Prior, merci d'être venu, j'entends mon petit-ami dire à mon père.

- Tobias, je t'en prie, appelle-moi Andrew !


Une heure plus tard, tout va bien. Nous avons réussi à esquiver les questions du type « Que font tes parents dans la vie ? ». Le repas s'est déroulé dans une très bonne ambiance et nous arrivons au dessert. C'est le moment que Tobias et moi avons choisi pour parler à mon père.

- Caleb m'a envoyé un message, ils sont bien arrivés. Il fait 30°C, et il y a un grand soleil, donc tout va bien pour eux, me dit mon père alors que Tobias est parti finir de préparer le dessert : une tarte aux pommes maison avec une boule de glace.

Mais alors que je m'apprête à répondre à mon père, le téléphone de Tobias, qu'il a laissé sur la table après avoir montré à mon père des photos de ses voyages, se met à vibrer. J'y jette un coup d'œil par-dessus mon verre, et mon cœur manque un battement. Sur l'écran du mobile s'affiche une photo de Marcus, souriant, avec en noir et en majuscule l'inscription PAPA.

- Tobias, ton téléphone sonne, dit mon père en appelant mon petit-ami par-dessus son épaule.

- C'est pas grave, laissez sonner, je rappellerai plus tard !

Je me lève pour essayer de saisir le téléphone et d'éteindre l'écran avant que mon père ne le voit, mais c'est trop tard. Alors que je tends le bras, ses yeux sont rivés sur l'appareil qui vibre toujours, jusqu'à ce que le silence retombe. L'expression sur son visage passe progressivement de l'incompréhension au choc, puis à la colère, en passant par la déception. C'est le moment que choisi Tobias pour revenir dans l'espace salle à manger, un torchon sur l'épaule. J'ai l'impression d'être dans une mauvaise comédie.

- Ce sera prêt d'ici cinq minutes, dit-il en s'approchant de nous. Tout va bien ? demande-t-il en remarquant la tension.

Je sens qu'il cherche mon regard, mais j'ai les yeux rivés sur mon père.

- Votre père vient d'appeler, crache finalement ce dernier en levant les yeux sur mon petit-ami.

- Mon… père, répète lentement Tobias.

- J'aurais bien répondu pour vous, ça m'aurait permis de faire connaissance avec lui, mais apparemment je le connais déjà !

Tobias pose son torchon sur la table et souffle un grand coup.

- Écoutez, Andrew-, commence-t-il.

- Ne m'appelez pas Andrew ! Seuls les gens en qui j'ai confiance ont le droit de m'appeler par mon prénom et vous n'en faites pas parti, Monsieur Eaton. Et dire que je vous appréciez ! s'énerve mon père. C'est un coup monté, c'est ça ? Marcus vous a demandé de vous rapprocher de ma fille pour obtenir des informations ? Et bien sûr, toi tu es tombée dans le panneau ! poursuit-il en dirigeant un regard noir sur moi.

- Papa… c'est pas du tout comme ça que ça s'est passé, j'essaie de le calmer.

- Arrête, m'interrompt-t-il en levant la main. Il se frotte les yeux et nous observe quelques instants.

- J'aurais dû m'en douter. Vous avez ses yeux, il rit jaune.

- Monsieur Prior, je vous promets que mes intentions envers Tris sont tout ce qu'il y de plus honnête. Jamais je ne lui ferai de mal, et mon père ne sait même pas qu'elle est votre fille.

Pendant un instant, mon père se tait et observe Tobias. J'ose croire qu'il va changer d'avis. Je veux y croire.

- C'est ça, vous jouez bien la comédie ! s'exclame mon père en se levant de table, non sans racler sa chaise au sol, ce qui me fait grincer des dents. Jamais, vous m'entendez bien, jamais, je ne ferai confiance à un Eaton. Je l'ai déjà fait par le passé, et je ne suis pas assez bête pour faire la même erreur deux fois. Vous n'êtes qu'un imposteur ! Pendant des semaines vous avez fait comme si de rien n'était. Je me suis dit que ma fille avait enfin trouvé quelqu'un de bien, mais moi vivant, j'avais elle n'épousera ou même ne sympathisera avec un Eaton !

Il s'est rapproché de Tobias et seuls quelques centimètres les séparent à présent. Il le toise, alors que mon petit-ami ne se laisse pas intimider, puis s'écarte finalement.

- Je ne tolère en aucun cas cette relation, que ce soit clair.

Il s'adresse à moi cette fois, et j'ai du mal à soutenir son regard.

- Il est inutile de se présenter chez moi pour essayer de me faire changer d'avis, c'est tout réfléchi.

- Papa…, je soupire, désespérée.

- Beatrice, ce n'est pas nécessaire. Il y a des milliers de jeunes célibataires dans cette ville, et tu le choisis lui ? Je t'aime, tu es ma fille, mais c'est trop pour moi.

Et sans s'attarder plus longtemps dans la pièce, il sort de l'appartement en claquant la porte derrière lui.

Un long silence suit son départ et une avalanche de sentiments me submerge.

Au bout de quelques minutes, je me dirige vers la table et entreprends de débarrasser les assiettes.

- Tris…, commence Tobias en posant sa main sur mon épaule.

- Quoi ?! je lui réplique en haussant le ton.

J'essaie de me calmer en voyant l'expression d'incompréhension et de douleur qui traverse son visage, mais je ne peux pas. Tout ça est de sa faute, pourquoi a-t-il fallu qu'il insiste pour organiser ce déjeuner !

- Je savais qu'il n'accepterait jamais qu'on sorte ensemble. Je savais que c'était une mauvaise idée ! je dis en m'éloignant de lui.

Je pose violemment les trois assiettes sur le bar de la cuisine et me tourne vers Tobias.

- Et tu avais une meilleure idée peut-être ? me répond Tobias en haussant le ton à son tour, manifestement agacé par ma réaction. Ne rien lui dire et attendre qu'il le découvre par hasard ?

- C'est un peu ce qui s'est passé ! je réplique. Si ton cher père n'avait pas eu la brillante idée de t'appeler à cette heure-ci…

- Ça n'aurait rien changé qu'on lui dise nous-mêmes cinq minutes plus tard, on aurait dû lui dire plus tôt, c'est tout ! me coupe-t-il.

- Maintenant c'est de ma faute ! je m'esclaffe en levant les bras au ciel.

- C'est pas ce que je dis, mais…

- Mais quoi ?!

- Mais c'est ton père, merde ! Assume ta part de responsabilité !

Il fracasse le verre si violemment sur la table qu'il se casse, rependant du vin sur la nappe. Je soupire et prends appuie sur le bar.

- C'était une erreur…

- Quoi ? Qu'est-ce qui était une erreur ? me demande Tobias en s'approchant de moi, toujours énervé.

- Ça, nous, je dis en désignant l'espace qui nous sépare. Je laisse maintenant librement les larmes couler sur mes joues.

- On a été stupide de croire que ça pouvait marcher entre nous ! Bien sûr que mon père allait s'énerver en apprenant qui tu es, je ne sais même pas pourquoi j'ai cru ne serait-ce qu'un instant qu'il pourrait ne pas l'être. Et comment réagira ton père ? Sans doute pareil. Je ne sais pas si tout cela en vaut vraiment la peine.

Ce matin encore, j'étais prête à tout pour ma relation avec Tobias, pour prouver à tous que l'amour l'emporte toujours. Mais plus les évènements s'enchaînent, plus je me rends compte que concilier une bonne relation avec mon père et celle que j'ai avec Tobias va être difficile, voire impossible. Et je ne sais pas comment je suis censée choisir entre les deux. Je ne veux pas avoir à choisir entre mon père et l'homme que j'aime.

J'essuie mes larmes et souffle un grand coup.

- Tris, dit doucement Tobias en s'approchant de moi, radouci. Ne dis pas des choses que tu ne penses pas…

- Je ne sais pas ce que je pense, Tobias ! Ce que je sais c'est que j'aime mon père, qu'il est la seule famille qu'il me reste, et qu'il n'approuve pas notre relation.

- Et nous ? Ne me dit pas que tu abandonnes aussi vite. On savait tous les deux que ce ne serait pas facile, mais on savait aussi qu'on surmonterait ça ensemble !

Il se rapproche encore plus de moi, si bien que nos corps se touchent presque.

- Je… j'ai besoin de réfléchir, je lui dis en m'écartant de lui.

- Tris…, essaie-t-il de me retenir en attrapant mon poignet, mais je me dégage de lui, attrape mon sac à main et sors de l'appartement sans un dernier regard pour lui.

Je prends le métro et parcourent les quelques mètres qui séparent la station de l'appartement de mon amie presque mécaniquement, je me fais siffler, mais cela ne m'étonne pas. Je n'ai même pas pris le temps d'enfiler un manteau par-dessus ma robe et je dois avoir du maquillage partout. Mais ce n'est qu'une fois que mon amie m'ouvre sa porte, un tablier de cuisine autour du cou, que je m'autorise à fondre en larmes.


A/N: J'espère que le chapitre vous a plu ! Il n'est pas très joyeux, mais tout ne peut pas toujours aller parfaitement, ce serait trop beau...^^

Merci encore une fois pour vos commentaires, j'attends vos retours sur ce chapitre (ce sera mon cadeau de Noël) ! :)

Je vous souhaite à tous d'excellentes fêtes de fin d'année et plein de bonheur :)

A bientôt,

Keep Calm and Love Reading