Merci beaucoup à Lauryane et Artless Rose pour leurs reviews ! =D Vous êtes adorables toutes les deux ! ^^

La deuxième partie de ce chapitre, je l'ai écrite en écoutant Monday de Ludovico Einaudi, si vous voulez vous mettre dans l'ambiance... ^^

Bonne lecture à tous ! =) Et les commentaires sont la bienvenue !


- Tu ne t'es résolument pas loupée …

Remarque Maryse, ma compagne de chambre du moment alors que je me contorsionne pour observer la plaie sur mon crâne qui laisse une zébrure sombre et râpeuse au milieu de mes cheveux d'une indescriptible couleur entre le roux et le châtain, « râtain » comme s'amuse à me le répéter mon frère. Je me contente de lâcher un vague « Hmmm… » à la remarque de compagne de chambre avant de finalement quitter cette position si peu encline au corps humain pour venir m'asseoir sur mon lit, sous les yeux attentifs de la blonde qui, armée de son lisseur, observe du coin de l'œil le moindre de mes mouvements.

-Ne pas faire les choses à moitié, c'est un grand principe ici non ?
-Sauf qu'il y a une légère différence entre simuler et s'éclater la tête.
-Rooooh… Tu exagères un peu je trouve…
-Ah ? Rappelle moi ce que tu as sur la tête !

Dans un léger soupire blasé, j'envoie valser une mèche rebelle ailleurs de devant mes yeux, et lorsque je repose mon regard sur la québécoise, celle-ci à abandonné son fer à lisser encore fumant pour venir s'asseoir à mes cotés.

-Tu sais, Commence-t-elle d'une voix douce et calme mais sonnant néanmoins comme des reproches, ne pas te battre ne signifie pas négliger la moindre blessure.
-Il y a plus grave, tu le sais certainement mieux que moi.
-Oui, il y a plus grave, mais il y a mieux, et le mieux, c'est de ne rien avoir du tout !
-D'accord, j'abandonne, tu as raison !
-Je t'avis dit que tu apprendrais vite ce détail sur moi !

Me lance-t-elle avec amusement en se levant pour retourner se soucier de son appareil électrique qui semble s'impatienter en crachant des volutes de fumée.

-Ton frère nous rejoint à l'hôtel au fait ?
-Oui, je dois descendre le chercher… il y a 5 minutes.

Lâché-je avec dépit en me levant d'un bond pour gagner la porte. J'ai à peine le temps d'entendre un « tête de linotte ! » des plus sarcastiques avant de m'aventurer au hasard des couloirs dans l'espoir de trouver l'ascenseur. Je finis d'ailleurs par tomber nez à nez avec celui-ci, et me faufile dans la cabine. L'air glacial du dehors m'arrache un long frisson, et j'ignore si je trépigne d'impatience ou de froid lorsque la porte automatique de l'hôtel s'ouvre pour laisser entrer mon frère et son petit ami que je ne reconnaît qu'à leurs yeux, seule partie de leur visage laissé visible malgré les écharpes de laine qui les habillent tous les deux. James m'adresse un bref signe de la main, et d'un bond je suis sur pied pour me précipiter dans les bras de mon frère. Ignorant la fiche pellicule de neige couvrant son manteau et trempant au passage ma robe, je l'entoure de mes bras, le serrant avec affection. Ses deux mains gantées se pose délicatement dans mon dos, et quelques secondes se passent avant que je ne daigne le lâcher pour aller saluer Shane, qui n'a rien perdu de sa sympathie en ces quelques heures que nous avons passé éloignés. Alors que je leur propose de se diriger tranquillement vers le restaurant de l'hôtel et d'aller s'installer le temps que je monte chercher les autres qui ne semblent pas arriver, ce dernier me glisse d'ailleurs une quantité impressionnante de remerciements en un si court laps de temps, visiblement ravi du show auquel il a assisté. Je lui réponds avec amusement que je n'y suis pas pour grand-chose, et ce détail semble réveiller l'instinct protecteur de mon frère qui s'empresse de s'enquérir de l'état de ma tête.

-Tout va bien, c'est juste… Juste une égratignure …

Répété-je patiemment avant de les abandonner à l'entrée de la salle de restaurant. Alors que je me hâte de rejoindre ma chambre, dans un état de surexcitation assez évident, je me heurteà un torse à peine la porte de l'ascenseur ouverte. C'est un regard désolé et un rien honteux que je lève pour croiser le regard de John, qui me fixe lui aussi, sourcils froncés.

-Désolée ?

L'interrogé-je, mais, muré dans son silence, mon ami ne daigne me répondre. Une fraction de secondes s'écoule avant qu'un immense sourire éclatant ne s'étale sur son visage. Un infime soupire de soulagement s'échappe de ma bouche, mais l'éclat moqueur dans ses yeux ne me rassure pas tant que je l'aurais espéré.

-Tu es IN-CO-RRI-GIBLE Amy !
-Oui …

Abdiqué-je, renonçant à toute confrontation. Certainement parce que je sais parfaitement que je ne suis pas d'humeur à tenir tête à quiconque, étant bien trop contente pour pouvoir avancer des arguments contradictoires et participer à un quelconque débat.

-On apprend ça à des gamins de 3 ans, qu'il ne faut pas courir dans les couloirs. Tu as quel âge rappelle-moi ?
-Je ne courrais pas ! M'offusqué-je.
-Tu sautais à peine de joie. Mais bon. Heureusement pour toi, tu as un très bon argument ! Maintenant, si on sortait de l'ascenseur ?
-Oui !

M'emporté-je, ravi, en retenant tant bien que mal mes pas joyeux et … Sautillants, il faut bien l'avouer. Mais ma bonne humeur l'emporte sur tout, y compris sur les arguments dont m'accuse mon meilleur ami et qu'il semble également avoir balayé d'un revers de main. Melina et Stephen sortent également à sa suite, et je ne peux m'empêcher de remarquer avec dépit qu'à chaque occasion où je l'ai croisé, je n'étais jamais sous mon meilleur jour. Mais rapidement cette pensée s'efface elle aussi, plus précisément lorsque nous arrivons aux abords de la salle de restaurant de l'hôtel où James et Shane nous attendent patiemment. Les deux se lèvent d'un bond commun lorsqu'ils nous aperçoivent, et John s'empresse d'aller échanger une joyeuse poignée de main avec mon frère, l'accompagnant d'une accolade presque fraternelle. Les yeux de Shane luisent d'impatience, et c'est tout ému qu'il salue également mes nouveaux collègues, avant que, d'un commun accord, nous ne nous installions à la table réservée pour ce soir.


Le réveil du lendemain matin est difficile, beaucoup plus difficile que ce à quoi je m'attendais. La longue ballade que nous avons faite dans un Albany endormi et couvert d'une fine couche de neige me revient immédiatement en mémoire, et un sourire attendri s'étale sur mon visage lorsque certaines remarques me reviennent en mémoire. Notamment le « Décidément, vous êtes tous merveilleux, c'est de famille ! » que Shane m'avait adressé alors que les autres avaient pris de l'avance sur nos pas. Dans un geste lent et encore endormi, je m'étire paresseusement avant de jeter un bref regard du coté du lit de Maryse. Celle-ci est certainement descendue déjeuner, son lit étant vide et un silence de plomb régnant sur la chambre. Dans un bâillement intempestif, je m'extirpe de mes draps encore chauds, et la soudaine fraîcheur de la pièce fait remonter un long frisson le long de mon dos alors que je gagne la fenêtre.

La si féerique neige de la veille à cédé sa place à une pluie fine et le ciel blanc s'est teint de gris. De légers nuages planent sur la ville, m'offrant une vue pour le moins mélancolique. D'un geste las, je viens appuyer ma tête contre la vitre détrempée et glacée. Son contact sur ma tempe réveille en moi le froid de la mélancolie d'un beau moment achevé.

« Je suis stupide de penser ça… »

Songé-je, consciente que ruminer de bons moments passés est certainement la pire des solutions. Mais je ne peux m'empêcher, au lieu de me réjouir, de songer que ce genre d'instant n'arrivera peut être plus avant un certain temps. Si l'espace d'un instant j'ai été la plus heureuse du monde, le revers de la médaille est d'autant plus dur à supporter.

« Si seulement j'avais pris le temps de profiter au lieu de trépigner d'impatience aussi ! »

Dans un soupire las, je décolle lentement ma tête de la vitre froide. Ignorant si ce poids qui me pèse est la fatigue, la tristesse où la satisfaction, je me traîne jusqu'à mon lit pour m'y laisser tomber, constatant avec dépit que quelques gouttes de pluie et un ciel triste peuvent miner le moral à uns vitesse stupéfiante. Et alors que…

Des notes de guitare m'arrachent à mes pensées pour le moins embrouillées et embuées pour me ramener à la réalité. Sagement déposé sur ma table de nuit, un portable flambant neuf s'énerve, vibre, s'éclaire pour m'indiquer de tout son petit être qu'on cherche à me joindre. Adorable cadeau d'un meilleur ami bienveillant et des plus compréhensifs face à l'épave détruite que je me traînais. Je me roule sur moi-même pour parvenir à atteindre le divin appareil, et, constatant qu'il s'agit là d'un numéro inconnu à mon répertoire, je m'empresse de décrocher.

-Oui ?
-Mademoiselle Keenan ?
-Elle-même.

Répondis-je à cette voix masculine dont les intonations n'évoquent rien dans mes souvenirs.

-Vince McMahon, président de la World Wrestling Entertainment.

Mon souffle s'étrangle dans ma gorge alors que je me lève d'un bond maladroit, manquant de me prendre les pieds dans ma couverture abandonnée au pied de mon lit. Mon regard se plante dans le miroir collé à la porte et qui me fait face, et par pur réflexe, je ne peux m'empêcher de me recoiffer nerveusement, lissant de la paume les mèches folles qui auréolent mon visage dans un geste stupide et inutile aux vues du fait que mon interlocuteur me parle par le biais d'un appareil électronique.

-Seriez-vous disponible cet après midi, vers… Mettons, 14 heures 30, pour un entretient ?
-Euh … Oui, oui je … Pas de problème.
-Parfait. Alors rendez-vous à la salle de conférence n°3 de votre hôtel.
-Oui, impeccable…

Articulé-je avec peine et des intonations robotiques. Le « Bonne journée à vous aussi … » qui s'échappe de ma bouche en réponse à la salutation du grand patron n'est qu'un murmure, et lorsque des sonneries répétitives me parviennent à l'autre bout du combiné, mon souffle se rythme à celle-ci et j'avale avec peine ma salive avant de raccrocher d'une main hésitante. C'est le moment que choisi Maryse pour entrer, le claquement de la porte m'arrachant un sursaut monstrueux.

-Tout va bien ma belle ? On dirait que tu as vu un fantôme…

Me lance-t-elle, dubitative en me scrutant de son regard brun. Je hoche lentement la tête avant d'articuler :

-Monsieur McMahon vient de m'appeler…
-Ah ! Vince ! Oui, il est venu pour s'entretenir avec certaines personnes. Pas a peine de stresser à ce point ou de faire cette tête, tu verras, il n'est pas bien méchant !
-Certainement, mais pourquoi… Pourquoi moi ?
-Hmmm…

Lâche-t-elle en contournant son lit pour venir s'asseoir sur le mien, l'air pensive.

-Certainement parce que ton mini contrat est arrivé à son terme et qu'il voudrait faire le point avec toi. Tu vas peut être te faire réengager !

Continue-t-elle avec entrain. Je suis bien plus sceptique.

-Mais peut être qu'il veut uniquement me souhaiter bon vent …
-Oui, peut être aussi ! Mais c'est la vie ! Et puis, au pire, tu as passé de bons moments avec nous non ? C'est l'essentiel.

Je hoche lentement la tête. Oui, bien sûr que j'ai passé de très bons moments avec chacun d'entre eux, à tel point que mon envie de partir est déplorablement inexistante. Je lève vers Maryse un regard abattu, et dois lui faire tellement de peine que la québécoise s'empresse de changer de sujet avec un sourire compatissant et avoir délicatement frotté sa main dans mon dos.

-Quel temps affreux ! Je crois que je préférais encore la neige ! Là, c'est juste … Déplorable …

Lance-t-elle dans une vaine tentative de me redonner le moral. Je lui adresse un sourire, le plus convainquant que je sois capable de faire, mais le stess et la tristesse ont formé une boule dans mon estomac, une énorme boule de plomb qui ne disparaîtra que lorsque je saurais exactement pour le président de la WWE a demandé à me voir moi et pas quelqu'un d'autre.

Ma mine est si défaite que je ne me décide qu'à quitte ma chambre à une heure bien avancée de la matinée, profitant du fait que Maryse ne passe un coup de téléphone chez elle, pour répondre aux appels désespérés de mon estomac. Alors que je gagne le bar de l'hôtel et que je me hisse sur une chaise, un « Coucou ! » m'arracha un sursaut monstrueux et manque de me faire tomber de mon tabouret. Ma maladresse semble amuser Stephen, que j'identifie à son accent si caractéristique avant de me tourner vers ce dernier.

-Tout va bien ?

S'enquiert-il en se laissant tomber sur le siège adjacent au mien. J'hésite un instant avant de finalement hocher la tête dans un geste manquant de conviction. Hésitation qui n'échappe d'ailleurs pas à l'irlandais qui, après avoir passé commande d'un café serré et moi d'un capuccino, rajoute :

-Un souci ?
-Pas vraiment… Si en fait.

Conclus-je à la vue de son sourcil levé, en baissant honteusement les yeux. Pourtant, comme me l'a déjà dit Maryse ce matin « Il ne faut pas en faire un drame Amy… Tu ignores ce qu'il veut te dire. Dans tout les cas, c'est que tu positif ! Soit il t'apprend ce que tu sais déjà, soit il t'apporte une bonne surprise ! ». Mais je n'arrive pas à voir le positif en ce matin pluvieux. Cette simple pensée me fait remarquer le bruit de l'averse qui s'abat sur Albany, et je jette un regard hasardeux vers la fenêtre pour me heurter une nouvelle fois aux gouttes de pluie. Lorsque je me retourne pour réceptionner ma commande que me tend le barman, je me heurte de plein fouet au regard interrogateur de Stephen. Dans un soupire et en renversant mon sachet de sucre dans ma tasse, je consens finalement à lui livrer les faits de la matinée.

-Il y a plusieurs choses.
-Encore ce … Jason, c'est bien ça ?
-Non, pour une fois, lui, il n'y est pour rien.

Remarqué-je avec étonnement. C'est vrai que c'est certainement la première fois depuis notre rupture que si j'ai du souci, ce n'est pas à cause de lui. Mais la simple mention de son prénom suffit à me rappeler son visage et à me remettre ses remarques assassines en tête, et un imperceptible frisson s'empare de mon dos alors que je m'empresse de noyer ces idées dans ma tasse fumante.

-Disons plutôt que c'est un tout. J'ai du me lever du mauvais pied, mais depuis ce matin, je vois tout du mauvais coté, c'est terrible ! J'ai passé une super soirée hier, et ce matin, tout ce que je parviens à avoir, ce sont des regrets… Le mauvais temps doit aussi y être pour quelque chose…
-Si les nuages n'étaient pas, on ne jouirait pas du soleil … C'est un proverbe irlandais.

Rajoute-t-il après une longue gorgée de café aux vues de mon air surpris.

-C'est un jour sans, c'est tout. Ca ira mieux demain.
-Oui mais … Justement. Monsieur McMahon m'a téléphoné ce matin pour une entrevue. J'aurais du m'y attendre, et même le savoir d'emblée, quand Ed m'a fait signer ce contrat. Il m'a bien précisé que ce n'était que pour deux semaines parce que j'avais visiblement suscité l'intérêt des téléspectateurs… Mais … D'avoir mis un pied ici ne me donne tellement pas envie d'en ressortir.

Stephen m'adresse un simple hochement de tête compréhensif. Son silence est apaisant. Comme si les mots n'avaient plus d'importance. Je profite des quelques minutes de répit qu'il m'apporte en ne rajoutant pas le moindre mot, et termine mon cappuccino en savourant chaque gorgée chaude qui coule dans ma gorge.

-Je t'en offre un autre ?

Propose gentiment Stephen lorsque je repose ma tasse vide dans sa soucoupe. Je lui réponds d'une simple négation avant de finalement accepter aux vues de son regard insistant. Il faut dire que le reflet que me renvoie la glace du bar me fait à moi-même de la peine.

-Allez, arrête de t'inquiéter pour Vince, tu verras, il est sympa, quand il n'apprend pas que tu as acheté de la dope ou que tu as fini au volant ivre mort...
-C'est l'attitude logique d'un patron, non ?

Demandé-je, par pure question rhétorique et ironique. Ma remarque arrache un rictus à Stephen, qui avale une nouvelle gorgée de café. Le patron de mon labo précédent était pareil. Il misait beaucoup sur notre sérieux, surtout qu'avec tous les produits que nous avions à disposition, une petite fabrication artisanale était bien vite arrivée. J'avais eu vent de quelques incidents semblables, mais jamais rien de bien grave…

D'un simple mouvement de tête, je chasse cette pensée de ma tête. Même si je voue à ce labo une vaine viscérale et que sa pensée m'emplit d'une amertume sans nom, je ne peux m'empêche d'éprouver des remords. Un savoureux mélange. Mais faire une découverte là-bas était presque aussi excitant que de monter sur un ring. Presque. Mais la foule et les projecteurs l'emportent tout de même.

-… ra bien.
-Pardon ?

Dans un léger sursaut, je secoue vivement la tête et me retourne vers Stephen qui me dévisage, sceptique, avant d'ajouter :

-Je me disais aussi que tu ne suivais plus du tout ce que j'étais entrain de te dire.
-Excuse moi…

Bredouillé-je, fautive. Alors que l'irlandais se démène pour tenter de me faire positiver, je ne suis même pas capable de l'écouter. « Quelle égoïste… » soupiré-je en m'excusant à nouveau, entraînant une négation de Stephen qui m'assure qu'il n'y a pas de problème.

-Je te disais juste que tu n'avais pas de raison de te faire un sang d'encre à ce point. Depuis hier soir, Vince n'arrête de convoquer un peu tout le monde. Comme ça fait longtemps que nous ne sommes pas repassés par les gros centres de la WWE, il a besoin de faire le point avec certaines personnes. Tout se passera bien.

M'assure-t-il dans un sourire franc, avant de passer chaleureusement sa main dans mon dos. Je lui réponds d'un simple sourire avant d'ajouter calmement :

-Je te remercie.
-Pour ?
-Tout ce que tu m'as dit. Et pour ton silence aussi.

Rajouté-je après un bref instant de réflexion. La remarque semble amuser mon ami, qui se contente d'hausser modestement les épaules.

-Les humains vivent en trouvant refuge dans le cœur les uns des autres.
-Un autre proverbe irlandais ?
-Exact !

Ajoute-t-il en riant, m'arrachant à son tour un éclat de rire. L'espace d'un instant, j'en oublie tous les soucis et les mauvais augures de cette journée.

-Et tu en as beaucoup comme ça ?
-Des centaines !

Lâche-t-il en levant les yeux au ciel, feignant de crouler sous le poids des phrases plus profondes les unes que les autres. J'éclate à nouveau de rire, en m'extirpant cette fois de mon siège à la vue du visage familier de Melina apparaissant dans l'encadrement de la porte. Celle-ci m'adresse un petit signe, m'indiquant visiblement de la rejoindre, et je jette un regard désolé à Stephen, qui se contente à nouveau d'hausser les épaules avant de rajouter :

-Je crois que le devoir t'appelle.
-Oui, je crois aussi … Merci beaucoup !
-Tu me l'as déjà dit… Tu radotes Amy !
-Oui, mais j'avais oublié un détail.
-Qui est …
-Le capuccino ! Et les bons conseils !
-Ca me perdra …

Lance-t-il en levant les yeux au ciel, alors que je saute de mon siège, accompagnant à nouveau sa remarque d'un éclat de rire. Et alors que je tourne les talons, la voix de l'irlandais m'interpelle une nouvelle fois.

-Ah ! J'en ai une dernière !

Crie-t-il de sa place, toujours accoudé au bar. Je me retourne vivement alors qu'un sourire satisfait s'étale sur son visage.

-Le rire et le sommeil, chacun en quantité suffisante, sont les meilleurs remèdes ! Ca pourra peut être t'aider !
-Pour le rire, c'était déjà fait !

Remarqué-je avec amusement, mes paroles lui arrachant un sourire satisfait.

-Pour le sommeil, je vais voir ! Mais je pense que c'est faisable aussi !

Et, dans un bref signe de la main, je rejoins Melina qui, incompréhensive, m'interroge du regard dès que je pose un pied près d'elle. Ma réponse se compose d'un simple mouvement d'épaule, avant qu'elle ne m'explique la raison de sa venue.