Chapitre 13
"Malheureusement, ces hommes nous avaient suivis. Alors que je m'éloignais du train, ils me sont tombés dessus par surprise. J'étais encerclé, et malgré mon niveau en alchimie, je n'ai pas été assez rapide. Les hommes de Xing, voyez-vous, ont des méthodes de combats très efficaces. J'ai été rapidement débordé, et j'ai eu du mal à me défendre... d'où mon état actuel. Mais surtout, j'ai réussi en voir un monter à bord, dans la locomotive... il a dû menacer les machinistes, et passer le voyage à chercher Edward... Pour en venir à cet accident, je suppose que c'est à ce moment qu'il l'a enfin trouvé, et il a dû lui faire du mal... Edward s'est simplement défendu... Je suis désolé..."
"Vous voulez dire... que c'est lui qui a provoqué l'accident ? C'est lui qui a tué tous ces gens... ?"
"D'après ce que vous m'en avez dit, j'en ai bien l'impression."
Un long silence s'installa dans la pièce.
Edward jouait tranquillement avec les draps du lit, toujours couché contre son père ; celui-ci semblait très fatigué, mais l'expression sur son visage trahissait son anxiété. Quant à Roy, il réfléchissait à tout ce qu'il venait d'entendre. Cela ne lui plaisait pas - pas du tout - mais il devait reconnaître que cette histoire tenait la route... Le mieux pour y croire, aurait été d'avoir une sorte de démonstration, mais s'il devait pour cela mettre en danger la population, c'était bien évidemment hors de question.
"Nous avons reçu un appel de ceux que nous pensions être les terroristes qui ont provoqué l'accident. Je comprend maintenant qu'il s'agit de vos hommes. Ils vous ont suivi jusqu'ici... ou plutôt ils vous ont devancé. Ils nous appelés pour que nous leur rendions Edward... contre une grosse somme d'argent. Si vous leur en devez, pourquoi paieraient-ils pour récupérer ce gamin ?"
Hohenheim eut l'air surpris un moment, mais finit par répondre :
"Je suppose qu'ils ont vu leurs compagnons dans la maison... Leur chef est un homme très intelligent, et cultivé. Il ne fait aucun doute qu'un homme de son éducation a entendu parler de l'histoire de l'empereur... Je suppose qu'il aura fait le rapprochement avec Edward, et qu'il cherche maintenant à le récupérer à cause de cela... Les hommes n'avaient aucune marque pouvant montrer que je les avais agressés : il en a sûrement conclu qu'il s'était passé la même chose que plusieurs années auparavant. Cette histoire a fait malheureusement beaucoup de bruit, mais nous avions réussi à nous cacher jusque là..."
"Donc... il est probable qu'il soit au courant pour Edward, et il est même prêt à faire sauter tout East City si nous ne lui rendons pas... Ce type n'a pas froid aux yeux..."
"Non, c'est le moins que l'on puisse dire."
Un autre silence.
"Bien. Je pense que vous pourriez nous aider à les arrêter." dit finalement Roy en se levant.
"Comment ??"
"Pour commencer, vous pourriez peut-être me donner leur nom ?"
"Oh, euh... je ne les connais pas..."
Roy s'interrompit, le stylo en l'air. Contrarié, il rangea son carnet et s'éloigna vers la porte.
"Bon, dans ce cas, restez ici tranquillement. Je vais discuter avec mon équipe. Je suis désolé, mais en ce qui concerne l'accident, il va falloir que j'explique tout à mes supérieurs..."
"Non !! Vous aviez promis ! Vous voulez vraiment qu'il se passe la même chose dans votre pays ? Si votre gouvernement apprend pour Edward, il voudront faire la même chose que l'empereur ! Pire, il voudront se servir de lui comme d'une arme ! Vous ne pouvez pas envoyer à la mort tant de personnes innocentes... ! Et Edward ne laissera certainement personne en vie parmi vos supérieurs..."
Roy resta un instant silencieux. Il est vrai que cela aurait été catastrophique... Bien qu'épurer le gouvernement n'était sans doute pas une si mauvaise idée...
Edward rit, et se tourna vers lui avec un regard curieux.
Sans chercher à comprendre, Roy fit demi-tour, et ouvrit la porte pour sortir. Au même moment, Edward s'assit dans le lit et lança d'un ton plaintif :
"Hakuba-san !"
Roy se retourna, surpris ; Edward le fixait, et son père derrière lui se redressa avec une expression choquée.
"Edo, voyons... ! Appelle-le par son nom..."
"Comment m'a-t-il appelé... ?"
L'homme le regarda, gêné. "Euh, hakuba, c'est... un animal porte-bonheur."
"Un... animal ?"
"Un cheval..."
Un silence, stupéfait. Puis Roy éclata de rire.
"Oh, ce n'est rien... ! Il peut m'appeler comme ça, s'il veut..."
Il s'apprêta à sortir, mais Edward sauta du lit pour aller s'agripper à sa manche. Encore un silence, gêné cette fois.
"Euh, Edward... tu devrais rester avec ton père..."
"Je vous l'ai dit, ce n'est pas vraiment mon fils..."
"Pourquoi est-ce qu'il vous ressemble tellement, alors ?"
"Je l'ai créé avec mon sang. C'est sans doute ce lien qui m'a si souvent sauvé la vie."
Roy baissa les yeux sur l'enfant accroché à lui. C'était stupide... il avait vécu avec cet homme pendant... bon sang, deux cent ans ! C'était toujours dur à croire, quand on voyait ses grands yeux d'or étincelants, si... innocents...
"Edward, reste ici, d'accord ?"
"... iie... !" fit le blond en tirant un peu plus sur la manche.
Il s'accroupit pour prendre l'enfant par les épaules :
"Écoute, je sais très bien que tu me comprends, alors obéis-moi ! Reste ici avec ton père, et laisse-moi faire mon travail, c'est compris ?"
Edward secoua la tête, et se colla dans ses bras. Ne sachant quoi faire, Roy se tourna vers le père.
"Euh... vous pourriez ?"
"J'ai passé ces deux derniers siècles à essayer de lui trouver quelqu'un... quelqu'un avec qui l'entente serait parfaite. Il est resté avec moi tout ce temps parce que je suis son créateur. Mais si je pouvais... lui trouver une famille... avec qui il pourrait se comporter comme un enfant normal..."
"Normal ? Vous pensez vraiment qu'il peut l'être ?"
"Vous lui avez acheté des jouets..."
"... ?? C'est... lui qui vous l'a dit... ?"
"Oui."
"Ah..."
"Personne ne s'était jamais donné cette peine. Il y a quelque chose en vous qui l'attire, c'est évident. Vous devriez l'emmener lui aussi..."
"Je ne peux pas l'emmener avec moi... ! L'enquête va devenir vraiment dangereuses, à partir de maintenant."
"Il ne craint rien... Et il n'est pas sujet aux crises de panique, si vous voyez ce que je veux dire. Il peut vous aider, c'est certain..."
"Et comment vais-je expliquer le fait d'emmener un gamin en mission ?"
"... Il ne vit pas les choses de la même façon que nous. Son corps est celui d'un enfant tout à fait normal, mais en ce qui concerne son esprit, et son âme... Je dois dire que malgré mes nombreuses recherches à ce sujet, je n'ai toujours pas de réponse satisfaisante."
"Il n'est pas totalement humain... ?"
"Bien sûr que non."
"... Oui, c'est évident..." Roy se releva en soupirant, et regardant l'enfant.
"Je refuse de mettre la population de mon pays en danger."
"Je sais bien. Mais je pense qu'il vous écoutera mieux que moi."
"Pourquoi ? Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? Vous ne me connaissez absolument pas... Et je ne le connais que depuis une semaine à peine. Comment pouvez-vous dire qu'il m'obéira plus qu'à vous ?"
"Je n'ai pas dit qu'il vous obéirait. J'ai dit qu'il vous écouterait."
"Ah, parce qu'en plus, il n'en fera qu'à sa tête quand même..."
"Monsieur Mustang, s'il-vous-plaît... Prenez-le avec vous."
Il y eut un long silence, pendant lequel Roy regarda alternativement l'expression déterminée du père, et les yeux suppliants de l'enfant... Et puis il craqua. En se claquant une main sur le front, dépité par son propre manque de volonté.
"Bon, très bien... Allons nous trouver un hôtel pour la nuit... !"
Il sortit, Edward toujours accroché à lui, et qui souriait d'un air ravi. Avant que la porte se referme, le garçon jeta un coup d'oeil à son père, comme en quête d'une approbation. Le sourire et le regard soulagés de l'homme blond semblèrent suffisants, car il sourit grandement, et suivit Mustang avec enthousiasme, se détournant de son "père" sans aucun remord...
Alors, Dragonna ? Heureuse ? XD
