Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent à J.K. Rowling
KorriganTanNoz : Merci pour tes reviews et oui c'est bien FMA! Nina et Alexander, un des pires moments de la série :'(
Cococat012 : Full Metal Alchemist, tu connais ? Quoi qu'il en soit, un grand merci de me lire :)
Chapitre 14
Je me réveille doucement. Ma tête est lourde et quelque chose de très doux me caresse le visage. En passant ma main, j'agrippe ce que je pense d'abord être de l'eau avant de me rendre compte qu'il s'agit de la cape d'invisibilité de Harry.
J'ouvre grand mes yeux, parfaitement éveillée. Mon uniforme est toujours sur moi. Ah oui, je me suis jetée sur mon lit dès mon arrivée et puis, le trou noir. M'endormir aussi vite, ça ne m'était plus arrivé depuis longtemps.
Il est déjà 9h15 alors que je suis supposée être au bureau de Mr. Argus à 9h30. A la vitesse de la lumière, je change juste de sous-vêtements et de chemise. Un chignon rapide et je suis partie. Le petit-déjeuner de la Grande Salle doit déjà être débarrassé donc je me rends directement en cuisine.
Après avoir serré une bonne centaine de petites mains d'elfes, j'avale une tasse de thé et mords dans une tartine à la confiture puis me précipite vers le bureau du concierge.
« Bonjour Mr. Argus ! » crié-je en ouvrant la porte à la volée.
L'homme sursaute, faisant tomber la photo qu'il était en train de regarder. Je la ramasse : on y voit un chat tigré en train de dormir. Son corps se soulève lentement au rythme de sa respiration. Il semble si paisible. Je ne suis toujours pas habituée à ces images qui bougent toutes seules.
« C'est votre chat ? demandé-je.
- Oui... répond Mr. Argus avec un sourire attendri. Elle s'appelle Miss Teigne mais tu n'as pas eu l'occasion de la connaître, elle a été pétrifiée. C'est un chat adorable et elle m'aide beaucoup dans mon travail de surveillance.
- C'est bien vrai ! Le soir de mon arrivée, elle m'avait repérée dans les buissons et j'ai failli être découverte !
- Tu ne m'en avais jamais parlé. Mais ça ne m'étonne pas d'elle... fait-il, le visage horriblement triste.
- Vous savez, Mr. Argus, elle va être sauvée ! Pompom m'a dit que les mandragores grandissaient bien ! »
J'essaye de le consoler comme je peux. Même si mes tentatives sont un peu maladroites, le concierge me sourit.
« Bon, c'est pas tout ça, mais les infractions de ces bons à rien d'élèves ne vont pas se nettoyer toutes seules ! se motive l'homme en retroussant ses manches.
- Oui ! Allons-y ! »
Comme à notre habitude, nous prenons le chariot et partons à la chasse à la saleté. A peine s'est-il écoulé quelques minutes que nous croisons un élève de Serpentard couvert d'œuf et de farine. Sans même en douter, je sais que c'est encore un tour des jumeaux Weasley. Et, comme à chaque fois, aucune trace des rouquins sur le lieu du crime.
Le mur du couloir est crasseux, seule une silhouette humaine se découpe dans le mélange visqueux d'œufs farinés en laissant la pierre propre. Je plains la personne qui a dû subir cela. En tous cas, elle n'a rien voulu nous dire sur ses agresseurs, sans doute par peur de représailles.
« Sacha ! » m'appelle une voix familière.
J'arrête le récurage du mur pour saluer Harry et Ron. Tiens... Où est Hermione ? Je brûle d'envie de les rejoindre pour savoir ce qu'il s'est passé hier mais mon travail m'en empêche. Je fais un signe de la main à mes deux amis pour leur signaler que je ne peux pas les rejoindre pour le moment. Par des gestes, Ron me fait comprendre que c'est urgent que j'aille à leur rencontre...
Le concierge a suivi toute la scène. En détournant les yeux, il me murmure :
« Je vais faire tomber mon balai, tu n'auras qu'à en profiter pour partir en douce.
- Pourquoi ne pas directement me donner la permission de prendre congé, Mr. Argus ?
- Tu es folle ? Ces deux élèves nous observent et j'ai une réputation à tenir ! »
Puis, dans une exclamation bien trop théâtrale pour paraître naturelle, l'homme laisse glisser son balai de ses mains. Avec une extrême lenteur, il entreprend de le ramasser en grognant haut et fort combien son dos le fait souffrir. Je pouffe de rire et m'échappe en lui lançant un discret remerciement au passage.
« Te voilà, enfin ! Dépêche, on va à l'infirmerie, s'impatiente Ron.
- A l'infirmerie ? m'inquiété-je.
- Tu comprendras quand on y sera. » m'assure Harry.
En effet, j'ai compris en une seconde lorsque j'ai vu Hermione avec des oreilles de chat, le visage couvert de poils et les yeux jaune vif. Nous vérifions que Pompom est bien occupée dans son bureau avant d'engager la conversation, à voix basse.
« Bon sang, qu'est-ce qu'il t'est arrivé Hermione ? m'exclamé-je.
- C'était des poils de chat sur la robe de Millicent Bulstrode... et pas des cheveux. Le polynectar ne marche pas pour les transformations animales, me répond-elle simplement, la peau rosie sous ses poils.
- Et comment avez-vous expliqué cela à Pompom ?
- Nous lui avons dit qu'on s'entrainait pour la prochaine séance du club de duel et qu'avec la baguette cassée de Ron, son sort a mal tourné... Elle ne s'est pas posé plus de questions et a simplement levé les yeux au ciel. Bref, passons sur mon ignoble erreur, continue la jeune fille, faites-moi votre rapport.
- De mon côté, commencé-je, je n'ai absolument rien trouvé en lien avec la Chambre des Secrets dans le dortoir des Serpentards. Et vous, les garçons ?
- Nous..., entame Harry avec un air soudain grave. On a appris que Malefoy n'est sûrement pas l'héritier de Serpentard.
- J'en étais sûre, se complimente Hermione.
- Mais, cette histoire est pire que nous l'imaginions, continue Ron, le visage sombre.
- Comment ça ? demandé-je.
- Dobby m'avait déjà appris que ce n'est pas la première fois que Poudlard subit des attaques de ce genre, dit Harry. Mais Malefoy nous a précisé que c'était déjà arrivé il y a cinquante ans. »
Le brun fait une pause. Instinctivement, je sens que ce n'est pas tout ce que les garçons ont à nous annoncer.
« Il y a cinquante ans, un enfant de moldus est mort. »
Une sueur glacée parcourt instantanément mon dos. Quelqu'un a bel et bien été tué. Si ce qui s'est passé il y a cinquante ans est en train de se reproduire aujourd'hui, alors tout le monde est en danger. Cependant...
« Il n'y a pas quelque chose d'illogique ? dis-je. Si ce que vous a dit Drago est vrai alors cela signifie que l'héritier de Serpentard était présent à cette époque-là, non ? Et si on en croit le message laissé sur le mur le soir d'Halloween, il y a un seul et unique héritier...
- Donc pour toi, l'héritier serait un ancien élève ? déduit Harry.
- Rogue ? propose tout de suite Ron.
- Mais non, voyons ! le rectifie Hermione. Rogue est trop jeune pour avoir été élève à ce moment-là. Certains autres professeurs pourraient mieux convenir mais je n'en vois aucun capable d'une chose pareille... Surtout qu'ils enseignent tous depuis plusieurs années à Poudlard alors pourquoi agir seulement maintenant ?
- C'est pas faux, fais-je. Donc, pour moi, Drago vous a menti. Ou, du moins, vous a caché la vérité.
- Je ne pense pas, me détrompe Harry. Selon lui, le coupable aurait été attrapé au moment de ses crimes, il y a cinquante ans, par un autre élève. Malefoy ne savait pas qui c'était mais il était visiblement très en rogne contre lui...
- Si un élève a fait quelque chose comme cela, il a dû être récompensé, non ? réfléchit Hermione à toute allure. Nous devrions peut-être aller vérifier à la salle des trophées si la date d'une coupe ou autre correspond à la celle du meurtre de l'enfant moldu. »
Tout le monde semble d'accord. Il n'y a vraiment que Hermione pour penser à faire des liens pareils. Je me suis déjà demandée plus d'une fois ce que nous ferions sans elle... Elle est si utile au groupe.
Soudain, Ron, qui était en train de jouer avec le rideau entourant le lit de la convalescente, relève la tête. Un immense sourire étire ses lèvres.
« Pas besoin d'aller vérifier, je le sais ! Quand j'ai eu ma retenue, j'ai dû astiquer l'argenterie de la salle des trophées, tu te souviens Harry ? »
Le brun acquiesce sans comprendre où veut en venir son ami. Nous regardons tous Ron avec des yeux ronds.
« Eh bien, ce soir-là, j'ai vomi des limaces sur un écusson doré. C'est une longue histoire, dit le rouquin en voyant mon visage dégouté. Mais du coup, j'ai nettoyé cet écusson pendant bien une heure ! C'était tellement long que mes doigts étaient tout fripés et...
- Abrège ! s'impatiente Harry.
- Oui, désolé. Il se trouve que cet écusson datait de cinquante ans et qu'il était destiné à un élève pour service rendu à l'école... Vous ne pensez pas que cela pourrait être l'élève que l'on cherche ?
- Si, bien sûr, s'agace Hermione. Mais cela nous aiderait si tu nous disais son nom.
- Ah, euh, oui... Si je me rappelle bien, c'était un certain Tom Jedusor. »
Tom Jedusor... Ce nom ne m'est pas inconnu mais où l'ai-je déjà entendu ? Mon cerveau a du mal à faire les connexions tellement la nouvelle m'a ébranlée. Ce monde est dangereux au point de se faire tuer pour une question de sang ? Ne puis-je rien faire pour régler cela ?
J'aimerais tellement pouvoir aider mais ce n'est pas en m'amusant avec des balais que je pourrai être utile pour sauver les autres... Attendez... mon travail, Mr. Argus, les balais...
« Je sais ! m'exclamé-je d'un coup en faisant sursauter mes amis.
- Tu sais quoi ? s'enquit Ron.
- Où j'ai déjà entendu le nom de Tom Jedusor ! Quand je nettoyais les toilettes des filles du deuxième étage, j'ai trouvé un cahier avec son nom écrit dessus !
- C'est super, il doit être bourré d'indices ! dit Harry.
- En fait non, soupiré-je. Les pages étaient toutes complètement blanches...
- C'est évident, intervient Hermione. Si Jedusor a écrit des informations confidentielles dedans, il a dû protéger son cahier des regards indiscrets. Où est-il, maintenant ?
- Mr. Ar... Euh, Rusard l'a rangé dans son bureau, là où il met les objets perdus.
- Tu pourras le récupérer facilement ?
- Bien sûr ! Il suffit que je dise que j'ai retrouvé son propriétaire.
- Super ! conclut Harry. Apporte-le-nous dès que tu l'as. »
C'est à ce moment précis que Pompom sort de son bureau pour faire le tour de ses patients. Sans qu'on puisse protester, l'infirmière nous chasse pour pouvoir se concentrer sur son travail.
En partant, je remarque un mince espace entre les rideaux tirés autour d'un lit voisin à celui d'Hermione. J'ai à peine le temps d'apercevoir le corps rigide et blanchâtre d'un élève pétrifié mais cette seule vision suffit à serrer mon cœur et à couper ma respiration. Je dois faire quelque chose.
Je me sépare de Harry et Ron pour retrouver Mr. Argus qui vient juste de terminer de nettoyer le mur quand je le rejoins. Je lui parle du cahier. Sans me poser de question, nous retournons au bureau du concierge et celui-ci ouvre une grande armoire ébène dans le fond de la pièce.
On y trouve surtout des objets confisqués comme des pétards mouillés du Dr. Flibuste, des bombabouses, des sucreries interdites... Mais parmi tout ce bric-à-brac provenant en grande partie de la poche des jumeaux, se trouvent quelques objets perdus : une plume pour écrire, un chouchou pour les cheveux, une écharpe de Poufsouffle et surtout, le carnet noir et écorné de Tom Jedusor. Le concierge me le tend et je le glisse sous mon pull, au moins là, il sera en sécurité.
Le ménage étant terminé, je décide d'aller donner un coup de main en cuisine. Comme à leur habitude, les elfes m'accueillent avec de grandes courbettes, leurs nez pointus frôlant le sol. Je ne prends même plus la peine de leur dire que c'est inutile, cela ne sert à rien, ces créatures sont complètement bouchées.
Après leur avoir longuement expliquer que je suis engagée par Dumbledore et qu'ils n'ont donc aucune raison de refuser mon aide, les elfes daignent enfin me laisser l'épluche-légumes pour que je me charge des patates.
Je m'assieds dans un coin et me mets à la tâche. Il ne faut pas deux minutes pour que l'on m'apporte un verre de lait et des cookies, sans que je n'aie rien demandé, bien entendu. Une dizaine de patates épluchée et mon esprit commence à dériver.
Comment puis-je être actrice de cette histoire d'héritier de Serpentard alors que je ne sais pas maitriser la magie ? Je me sens tellement inutile, ça en est rageant. Si je suis mes trois amis dans leurs aventures, même avec ma capacité, il y aura un moment où je deviendrai un boulet incapable de se défendre et je ne veux pas de ça. Mais je ne peux pas non plus rester sans rien faire alors qu'ils risquent leur vie dans cette histoire.
Je sens la forme du cahier de Jedusor contre mon ventre. Même pour cela, je ne peux pas agir. Je l'ai récupéré mais à quoi cela sert si d'autres doivent se charger d'en percer le secret ? Peut-être devrais-je tout simplement rester dans l'ombre et ne pas tenter d'être avec Ron, Hermione et Harry, ils sont déjà bien au-dessus de moi de toute façon.
« ...iss... Miss... Miss Abberline ! »
La petite voix stridente de Woopsy me fait sursauter. Le coup que je m'apprêtais à donner à une pomme de terre est ainsi dévié et l'instrument vient se heurter à ma main, laissant une strie profonde au bout de mon index. Très vite, le sang se met à couler abondamment, rendant la patate rouge écarlate.
« Maîtresse, Woopsy est tellement désolé ! Vous vous êtes blessée à cause de Woopsy ! panique l'elfe, les yeux exorbités. Mais Woopsy s'inquiétait, Miss. Vous étiez tellement plongée dans vos pensées que vous ne faisiez plus attention à votre travail ! »
En effet, la pomme de terre dont je m'occupais est devenue minuscule, de la taille d'une cerise. Je l'ai beaucoup trop épluchée, la rendant inutilisable.
« Oh, Woopsy, je suis désolée ! imploré-je. J'ai gâché une patate !
- Ce n'est pas grave, Miss. Allez plutôt à l'infirmerie, votre plaie est sérieuse. »
Le sang coulant de mon doigt commence déjà à s'écraser au sol. Avec ma main saine, j'enserre mon index en espérant ralentir un peu le flux puis, je cours vers l'infirmerie. Sur le chemin, je laisse perler quelques gouttes rouges qui tombent à terre. Si quelqu'un veut suivre ma trace, il n'aura pas de difficulté !
Hermione est toujours là, en train de lire dans son lit, apparemment elle devra rester plusieurs semaines à l'infirmerie. Lorsqu'elle relève la tête pour me saluer, ses yeux jaunes s'agrandissent à la vue de ma main pleine de sang. D'un sourire, je lui fais comprendre que ce n'est rien de grave. Pompom me prend en charge et m'assoit sur une chaise.
Pendant qu'elle me soigne, je ne peux m'empêcher de faire couler mon regard vers le rideau tendu autour du lit de Colin Crivey. C'est comme s'il me suppliait silencieusement de lui venir en aide. Ma tête est douloureuse, je ne supporte plus cette impuissance qui me colle à la peau. Je tente de reporter mon attention sur le travail de Pompom, qui a parfaitement emballé mon doigt dans un pansement doux et immaculé.
« Voilà, c'est fait. Tu peux y aller. » me sourit l'infirmière.
Hermione crachote dans son lit. Pompom accourt directement près d'elle pour lui tendre un petit bac en carton.
« Encore une boule de poil, jeune fille ? »
La brunette acquiesce. Je les entends à peine, comme si un écran fumé était placé entre elles et moi. Je reste obnubilée par le pansement. Une infime tache rouge y est apparue, cassant la monotonie du blanc.
Ce point grandit et grandit encore jusqu'à atteindre la taille d'un petit pois. Et là, c'est fini. Il cesse de croître. Je suis guérie. Une blessure si sanguinolente a été mise à mal tellement facilement. Une évidence m'apparait soudain, comme si elle avait toujours dansé devant mon nez sans que je m'en aperçoive.
Je bondis de ma chaise et saisit Pompom par les épaules. Elle fait deux têtes de plus que moi mais je plante mon regard bleu dans le sien avant de presque hurler :
« Pompom ! Je veux devenir infirmière ! Fais de moi ton apprentie ! »
La surprise déforme les traits bien conservés pas le temps de l'adulte. Hermione elle-même a entrouvert la bouche de stupeur. Mais je n'en démords pas, j'ai trouvé mon utilité.
« Tu m'as dit toi-même que maîtriser la magie n'était pas essentiel dans l'art de guérir ! Je veux être utile, Pompom ! Je veux pouvoir aider les autres ! Je t'en supplie ! »
Elle aimerait sans doute me demander ce que j'ai encore été inventé comme bêtise mais mon visage sérieux n'appelle à aucun doute. Tendrement, elle pose sa main sur ma tête pour que je me calme :
« Sacha, je suis désolée mais je ne crois pas que cela soit possible...
- Mais tu as dit que...
- Je sais mais tu n'es encore qu'une enfant. Tu n'as pas la maturité nécessaire pour faire face à certaines situations. » essaye-t-elle de me faire comprendre.
Je déteste quand on me fait passer pour une gamine. Mais je suis décidée, je vais tout faire pour qu'elle accepte.
« Je suis peut-être une enfant mais cela ne m'empêche pas d'apprendre ! Je ferai tout ce que tu me diras, je travaillerai à en tomber de sommeil, j'étudierai comme jamais personne n'a étudié ! Pompom, regarde-moi ! Est-ce que tu m'en crois vraiment incapable ? »
La femme me sourit et me caresse la tête une fois de plus. Je sens qu'elle est en train de craquer. Je pourrais tenter de la manipuler mais je ne veux pas lui faire ce coup-là. Devant elle, maintenant, je suis des plus sincères.
« Je ne peux pas te faire changer d'avis, n'est-ce pas ? soupire Pompom. Tu vas me harceler jusqu'à ce que j'accepte, non ?
- Tout à fait ! affirmé-je en tenant la jupe de l'infirmière pour l'empêcher de fuir.
- Bon. Ça ne relève pas seulement de ma décision. On va aller voir Dumbledore, d'accord ? »
Je bondis de joie en la remerciant. La première étape est faite mais maintenant, il faut convaincre le directeur. Cela ne va pas être chose facile mais si Pompom est de mon côté, c'est déjà un avantage. L'infirmière donne un verre d'eau et un comprimé rose à une Hermione abasourdie avant de m'emmener vers le bureau d'Albus Dumbledore.
Le vieux sorcier est train de trier de la paperasse lorsque nous entrons.
« Ah, Sacha, je voulais justement te voir ! Il faudrait que nous ayons une nouvelle petite séance tous les deux. J'ai plusieurs idées que je voudrais tester...
- Oui, Professeur. Mais ce n'est pas pour cela que je suis venue.
- Albus, cette petite aimerait que je la prenne comme apprentie en vue de devenir infirmière. »
Le visage de Dumbledore reste impassible. Il me transperce de son regard clair, comme à chaque fois.
« Sacha, puis-je te demander pourquoi une telle idée ?
- Je... Je veux être utile malgré mon absence de pouvoirs magiques, dis-je timidement. Si je pouvais soigner correctement les autres, je pourrais leur venir en aide dans les moments critiques.
- C'est un noble objectif mais comment en es-tu arrivée à vouloir aider tes camarades comme cela ?
- Eh bien... Un élève a été pétrifié et... »
Je m'arrête. Puis-je vraiment faire savoir que je suis en possession d'informations sur les évènements d'il y a cinquante ans ? Bon, peu importe, je ne supporterai pas les yeux interrogateurs du directeur plus longtemps.
« Et j'ai entendu dire que les mêmes faits ont eu lieu il y cinquante ans à Poudlard. J'ai appris qu'un élève était mort à l'époque. »
Les visages de Pompom et Dumbledore s'assombrissent. Tous deux doivent se rappeler de cette période sombre de l'école.
« Cette nouvelle m'a fait l'effet d'un électrochoc. J'ai su à ce moment que je ne pouvais pas rester sans rien faire, qu'il fallait que je trouve un moyen de protéger mes amis.
- Je ne vais pas te demander comme tu as obtenu de telles informations, me dit le sorcier. Mais sache que les choses ne sont plus comme à l'époque, Sacha. La sécurité a été renforcée depuis.
- Pourtant, il y a déjà eu deux attaques par l'héritier de Serpentard !
- Et que comptes-tu faire ? Tu ne sais pas préparer du filtre de mandragore pour les soigner, me dit Dumbledore d'un ton désolé.
- Je peux apprendre ! m'emporté-je, sur la défensive.
- Ils seront guéris bien avant que tu n'ai appris.
- Peu importe, je veux pouvoir intervenir dans les situations dangereuses ! Je ne veux pas être un poids !
- Les situations dangereuses ne vous regardent pas, toi et tes camarades, Sacha, me contredit calmement Dumbledore. Il faut laisser les adultes s'en charger.
- Et si Voldemort revenait ? lâché-je d'un coup, ce qui provoque la surprise de mon interlocuteur. Je sais ce qui est arrivé à Harry et si son ennemi réapparait, il sera en danger et je serai aux premières loges pour l'aider ! »
Le directeur reste muet. Il ne s'attendait sans doute pas à ce que j'argumente de la sorte. Très bien, je continue :
« Et Pompom peut avoir besoin d'aide, non ? Je peux l'épauler pour qu'elle ait moins de travail !
- Elle a raison, Albus, intervient enfin la concernée en se rangeant de mon côté. La médicomagie est un art qui requiert peu de sorts. S'il y a bien un domaine dans lequel Sacha pourra s'épanouir dans notre monde, c'est celui-là. Si c'est sa formation qui t'inquiète, j'en prends l'entière responsabilité. En plus, je me fais vieille, un peu d'aide serait la bienvenue. »
Dumbledore se frotte le menton, en pleine réflexion. Il se tourne ensuite vers son phénix et lui caresse la tête. L'animal frémit et gonfle ses plumes, heureux d'une telle attention. Dos à nous, le professeur dit finalement :
« Si tu penses que cela est possible, je ne peux que me ranger de ton côté, Pompom. »
Mon sourire est si grand qu'il atteint mes oreilles. Je vais exploser de bonheur.
« Cependant, tu ne peux pas prendre seule en charge la formation de Sacha. Il faudra qu'elle suive certains cours avec les élèves.
- J'ai pensé à la même chose, Albus, intervient Pompom. Le cours de potion est essentiel et le cours de botanique pourra lui aussi s'avérer utile.
- C'est parfait, elle n'aura pas besoin de plus et pourra ainsi venir t'aider lors de ses heures libres.
- Bien entendu, je l'évaluerai régulièrement et elle devra passer un examen en fin d'année, ricane l'infirmière.
- Evidemment, ma chère Pomfresh, pouffe Dumbledore une main devant sa bouche. Je surveillerai de très près les progrès de ton apprentie et si tu es déçue, elle retournera directement à ses balais. »
Mon sourire s'efface quelque peu tandis que les deux adultes deviennent de plus en plus hilares, s'échangeant des regards complices. On dirait que cette idée les enchante énormément, peut-être même un peu trop. J'ai l'impression d'être une sorte de Cendrillon qu'on envoie à l'abattoir. Mais peu importe, mon choix est fait et je ne reviendrai pas sur ma décision.
« Je m'occupe de son horaire, dit le directeur. Sacha, viens me trouver demain après le repas de midi.
- Bien, Professeur ! réponds-je enthousiaste.
- Et de mon côté, Sacha, tu commenceras demain aussi, à 6h00, me sourit machiavéliquement Pompom.
- A 6h00... du matin ?! m'étranglé-je.
- Oui. Et ne proteste pas ! ajoute-t-elle en me voyant ouvrir la bouche. C'est toi qui l'a voulu, non ? »
Je ne peux que lui obéir après tout. Je vais devoir me lever très tôt, je ne suis même pas sûre que le petit-déjeuner soit servi à cette heure-là...
En sortant du bureau du directeur, j'ai l'étrange impression d'avoir oublié quelque chose. Oh, je retrouverai bien de quoi il s'agit en me baladant dans le château ! Je trottine donc joyeusement au hasard des couloirs. Mon travail avec Mr. Argus est fini pour aujourd'hui, je suis donc libre de faire ce que je veux.
En passant devant une fenêtre donnant sur le parc de Poudlard, un fin rayon de soleil vient caresser ma joue. Dehors, une couche de neige de belle épaisseur recouvre l'herbe, reflétant la lumière hivernale en des milliers de cristaux étincelants. Rien ne vient troubler le bleu parfait du ciel. Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas eu une aussi belle journée, impossible pour moi de ne pas aller à l'extérieur.
Le froid piquant de décembre me prend à la gorge, je resserre mon écharpe écarlate autour de mon cou et mon nez s'emplit de son odeur familière. En quelques foulées, je me retrouve au bord du Lac Noir dont les rives ont un peu gelé et l'eau vient lécher la glace dans un clapotis régulier. Je me permets de fermer les yeux face à la beauté de l'hiver, rafraichissante pour l'esprit.
Des pas lourds qui s'enfoncent dans la neige s'approchent soudain derrière moi, accompagnés de gloussements gras. Je me retourne pour savoir qui ose troubler mon calme mais n'ai pas le temps de réagir que de grosses mains s'abattent sur mes épaules, me faisant basculer en arrière.
Je tombe les fesses les premières dans l'eau. Le froid remonte instantanément le long de mon échine, m'arrachant un cri de surprise. Je veux me relever mais un pied percute mon ventre, me repoussant dans le lac glacé de façon douloureuse.
Des rires ont éclatés de toute part autour de moi et je relève la tête pour faire face à mes agresseurs. Ceux-ci ne sont autres que Drago et sa clique de Serpentards. J'aurais dû m'en douter. Le blond affiche un sourire hilare et méprisant, sa chaussure posée sur mon épaule pour me maintenir à terre.
« Tu as trouvé où est ta place, sale moldue répugnante. » crache le Serpentard en provoquant le redoublement des rires de ses camarades.
Je garde mon calme, ça ne sert à rien de s'énerver. D'autant plus que le froid m'engourdit, je tremble de tous mes membres, je ne sais même pas si je serai capable de me relever.
« Tu ne réagis même pas ? continue Drago. Je suis déçu, ce n'est pas toi qui voulait que l'on s'entende bien ? Il faudrait déjà me répondre pour cela... Allez, réponds ! »
Il m'assène alors un deuxième coup de pied, me faisant me vautrer encore plus dans l'eau. Mes mains s'écorchent sur les galets du lac, provoquant une chaleur aiguë sur ma peau glacée. Sans vraiment m'en rendre compte, je lance un regard noir à ce petit morveux arrogant mais cela ne fait que le satisfaire davantage car il me répond d'un grand sourire.
C'est au moment où je me demande comment je vais me sortir de cette situation avant de mourir d'hypothermie que quelqu'un vient violemment percuter Drago qui valse alors dans la neige.
« Quatre contre une, ce n'est pas très équitable, Malefoy. Tu veux qu'on te montre comment on se bat ? s'énervent les jumeaux Weasley, une nuance diabolique dans leurs voix.
- Ça va, Sacha ? » me demande Harry en tendant une main salvatrice vers moi.
Ron, Fred, Georges et Harry sont venus à mon secours. Le brun est celui qui a dégagé Drago pour me relever tandis que les rouquins se servent de leur baguette magique pour bombarder les Serpentards de centaines de boules de neiges et de bombabouses. Les vert et argent fuient, leur chef hurlant que son père en entendra parler.
Sortie de l'eau glacée, je grelote comme jamais et mes jambes me portent à peine. Je suis de suite recouverte de pulls et d'écharpes rouge et or avant d'être traînée vers l'infirmerie par mes sauveurs.
« Merci les gars, dis-je à moitié étouffée par les vêtements, vous êtes les meilleurs !
- Comment on pourrait te laisser entre les crocs de ces horribles serpents ? lance Harry en frottant vigoureusement mon dos histoire de me réchauffer un peu.
- Ils sont complètement idiots ! s'exclame Ron d'un ton indigné. Encore un peu et tu aurais pu mourir de froid !
- Je pense que cela ne les aurait pas dérangés, soupiré-je.
- Peut-être mais ne t'inquiète pas, ta mémoire sera honorée ! se réjouissent les jumeaux, probablement en train d'imaginer un plan vengeur.
- Eh ! Je ne suis pas encore morte ! rigolé-je. Mais comment vous avez fait pour me trouver ?
- C'est Fred et Georges qui sont venus nous chercher en disant que tu avais des problèmes. » m'informe Harry.
Je me tourne vers les deux concernés, curieuse de savoir comment ils pouvaient être au courant. Fred est en train d'agiter un morceau de parchemin vierge devant son nez, un sourire malicieux aux lèvres.
« C'est notre instinct héroïque naturel, très chère. Nous ne faisons que tenir notre promesse envers toi. » ricane le rouquin.
Les deux frères cachent quelque chose, c'est certain. Mais peu importe, je suis en un seul morceau et c'est tout ce qui compte.
N'empêche, qu'est-ce qui ne tourne pas rond dans la tête de ce foutu Serpentard ? Je ne réagis pas à ses provocations et il s'acharne quand même. Normalement, les gens abandonnent vite mais lui, non. Il doit vraiment avoir une dent contre moi, je vais devoir être beaucoup plus méfiante à partir d'aujourd'hui.
Les jumeaux prennent congé, prétextant une affaire urgente, et je me dirige vers l'infirmerie avec Ron et Harry. Ce dernier me soutient, son bras passé sous mon épaule. Je déglutis, je n'aime pas être aussi proche de lui... Mais je lui suis reconnaissante, il s'est carrément jeté sur Drago sans hésiter et ce, dans le but de me protéger. Je rougis malgré moi, il faut vraiment que j'arrête de me faire des films.
Soudain, une pensée traverse mon esprit embrumé par le froid :
« J'ai failli oublier ! J'ai le cahier de Jedusor ! »
Voilà ! On peut dire que l'on est à un nouveau tournant de l'histoire. Sacha infirmière, qu'en pensez-vous ? J'espère que vous appréciez :) Sur ce, à bientôt !
