Désolée pour le retard et merci pour les reviews ! Je vous adore ! Pour vous remettre dans le contexte un peu : Au début, on parle du dernier email de finn, dans le chapitre précédent.

Chapitre 14

With a taste of your lips
I'm on a ride
You're toxic I'm slipping under
With a taste of a poison paradise
I'm addicted to you
Don't you know that you're toxic
And I love what you do
Don't you know that you're toxic

It's getting late
To give you up
I took a sip
From my devil's cup
Slowly
It's taking over me

(Toxic, Britney Spears…. Ouais j'avais pas d'autres idées loll)

Véronica paniqua légèrement en lisant le e-mail. Durant les derniers jours, ses nuits avaient été accablées de puissants rêves à propos de Finn se transperçant la cuisse en entraînement. Et voilà… ces rêves se révélaient comme prémonitoires. Et sachant que le rêve avait commencé durant cette nuit d'horreur où elle avait gobé, cela la faisait d'autant plus paniquer.

On était le sept février à 16 heures. Sa sœur devait donc être déjà chez ses parents.

Elle ferma la fenêtre d'Internet et se leva précipitamment de sa chaise, ignorant les dernières menaces de sa sœur (ce ne devait pas être très chouette de tout apprendre sur sa sœur dans une revue, en effet.) Quand elle arriva en catastrophe dans la cuisine où Malone s'était installé avec son portable pour écrire, ce dernier haussa un sourcil :

- Que se passe-t-il ? demanda-t-il.

- Finn s'est blessée. Elle revient chez les parents pour trois semaines.

- Quoi ? Tu vas la voir ? Tu veux que je t'accompagne, il s'est passé quoi ?

Un léger sourire naquit sur le visage suite à toutes ces questions.

- Viens, je vais t'expliquer en chemin.

Rendus chez les Layton, Véronica sonna deux fois de suite à la porte pour s'assurer qu'on vienne lui répondre rapidement. Abigaïl lui ouvrit et leurs sourit.

- Bonjour ! Quelle surprise ! Vous venez pour…

- Finn ! s'empressa Véronica.

- Ah ouais, on aurait pas pu espérer que tu viennes visiter tes vieux parents.

Ned esquissa un sourire au même moment où Véronica posa sa main sur l'épaule de sa mère.

- Je t'adore maman, dit-elle sans la regarder, mais Finn s'est transpercé la cuisse.

- Allez, venez, elle est dans sa chambre. Finn ! T'as de la visite !

- Yéé ! entendirent-ils provenant de la chambre de Finn.

Elle sortit de la chambre en béquille et fonça sur Véronica. Elle la prit dans ses bras maladroitement et Véronica se força pour sourire.

Alors son rêve n'avait pas été qu'un rêve. Elle grimaça à cette découverte et Ned le nota.

Ils passèrent un bon moment tous les trois et puis, s'assurant que Finn allait bien et qu'elle serait remise sur pieds dans peu de temps, Ned et Véronica repartirent.

Dans l'auto, Ned demanda :

- Ça a l'air de beaucoup t'affecter dis donc.

- C'est ma sœur, Ned.

- Oui, mais il y a plus que ça, n'est-ce pas ?

Véronica soupira et secoua la tête.

- Tu me croirais folle.

- Déjà fait !

- Hé ! dit-elle en riant, mais en se retenant de le frapper vu qu'il conduisait.

Elle réfléchit un instant et acquiesça.

- Bon, mais tu ne juges pas.

- Promis.

- C'est que… j'y ai rêvé. Depuis plusieurs semaines, je rêve à cet événement, à Finn qui se transperce la cuisse en entraînement.

Il cessa de regarder la route un instant pour regarder Véronica.

- T'es sérieuse ?

- Très.

Il reporta son attention sur la route et prit le temps d'assimiler. Il était vrai que ces derniers temps, elle dormait d'un sommeil agité. Mais de là à avoir des rêves prémonitoires ! Possible après tout, on entendait souvent ce genre de truc couramment, mais… quoi faire avec ça ?

- Tu crois que c'est le seul rêve prémonitoire que tu feras ?

- Tu me crois ?

- Pourquoi tu me mentirais !

- Ouais… bien, non. J'en ai fait un autre, mais plus petit et je n'y a pas trop porté attention.

- Quoi ?

- À la visite d'Alan dernièrement. Mais j'avais pris ça sur le compte que je savais qu'il allait mieux que mon cerveau appréhendait une visite. Mais pour Finn, je ne disposais d'aucun indice pour le prévoir.

- Et cette nuit tu as rêvé à quoi ?

Elle haussa un sourcil, tentant de se rappeler et sourit quand les images lui revinrent.

- Euh, ce n'était pas prémonitoire…

- Quoi, quoi !

- J'ai rêvé que Marguerite et moi déménagions en Alaska pour ouvrir une poissonnerie…

- Donc j'en conclu que tous tes rêves ne sont pas prémonitoires ! répéta Malone en éclatant de rire. Oh en passant, pour vendredi, on part à 19 heures !

- Très bien.

Le vendredi, tous deux partaient avec Marguerite et Roxton pour une fin de semaine dans une auberge dans le nord. Un camp pour tous avec des tas d'activités, des grandes chambres luxueuses et la liberté de faire ce qu'ils voulaient de manger de la bonne nourriture au buffet. Bref, un petit repos bien mérité et une sortie entre amis.

La semaine se déroula rapidement pour tout le monde. La physiothérapie pour Finn, les cours pour Ned, Roxton et Marguerite et le travail en plus pour les deux derniers. Réceptionniste à Melody Sanford. Les autres avaient été surpris de l'apprendre, mais après tout, c'était un emploi comme un autre. Et ça éteindrait un peu leurs soupçons : ils se demandaient comment elle faisait pour tout payer ses sorties si elle ne travaillait pas.

Et elle avait Hannah aux basques. Elle le savait, même si officiellement elle n'était plus censée la suivre dans ses missions depuis qu'elle avait fait ses preuves. Pourtant, elle sentait sa présence et se doutait qu'elle la suivrait jusque durant ces vacances. Quelle plaie. Probablement pour s'assurer de son silence.

Bref, quand le vendredi arriva, Véronica s'assura de bien saluer sa sœur et se retint pour ne parler de ses rêves à sa famille. Mais de toute façon, sans qu'elle ne soit au courant, ils savaient déjà.

Et à 21 heures, ils arrivèrent à l'auberge, sur un immense site apparemment plutôt luxueux et très mouvementé. Ils auraient tout le samedi et le dimanche pour le constater.

Six heures trente le samedi. Ils dormaient tous les quatre dans la même petite maisonnette. Ils avaient eu le choix de payer pour deux chambres dans le grand établissement ou pour un compartiment des chalets qu'on avait séparé en trois. La partie du chalet se révélant plus économique et comportant deux chambres, une salle de bain et une petite cuisinette, ils avaient optés comme tel. Et pour l'instant Ned et Véronica déjà habillés tentaient de faire sortir Marguerite et Roxton de leur chambre.

- Debout là-dedans ou y'aura plus de place pour déjeuner !

Blottis l'un contre l'autre, Marguerite et Roxton tentèrent de ne pas rire, sans ouvrir les yeux. Ils paressaient depuis trente minutes, ne souhaitant pas se lever. Ils menaient Véronica en bateau… après tout, ils prenaient des vacances de deux petits jours, ils devaient bien en profiter !

Ils finirent par ouvrir les yeux doucement et se sourirent. Ils s'embrassèrent tendrement et Marguerite accota sa tête sur l'épaule de Roxton.

- Rooh, mais ils se réveilleront jamais… dit Véronica

- Non, il ne se lèveront jamais, commenta Ned. Allez, laisse-les faire, on y va.

- On vous rejoindra euuh… plus tard ! dit Marguerite.

- Bon très bien ! Mais si vous n'avez plus de place, tant pis pour vous.

Ils entendirent la porte se refermer cinq minutes plus tard et Marguerite soupira.

- Le buffet est ouvert jusqu'à neuf heures quand même…

Roxton embrassa Marguerite sur le front. Et la culpabilité l'empoigna aussitôt.

Il avait filé la rouquine quelques jours auparavant. La rouquine qui passait inaperçue du voisinage quand elle se glissait dans la chambre de Marguerite. Faut dire qu'elle était habile : ses mouvements si rapide et son costume toujours noir auraient pu la faire passer pour un gros chat. Et elle s'assurait toujours d'y grimper quand la route était déserte. Il avait calculé : deux secondes pour passer du sol jusqu'au moment où elle disparaissait dans la chambre.

Il ne l'avait pas suivie bien longtemps parce que apparemment, elle s'était rendue compte qu'on la filait. Mais il l'avait aperçue au club « Le Point » alors qu'ils y étaient tous les quatre. Il avait froncé les sourcils et avait feint de ne pas la voir. Mais dès qu'elle avait tourné le dos, il s'était excusé et l'avait suivie à l'extérieur sans que les autres ne le remarque.

Avant de disparaître de son champ de vision quasiment par magie, elle s'était retournée vers lui. Il avait été surpris par la jeunesse de son visage et la pâleur de ses traits. Pourtant, ça ne l'empêchait de sembler menaçante. Elle avait froncé les sourcils, s'était enfoncée dans la ruelle et Roxton l'avait perdue de vue. Il savait que c'était la même qu'il voyait sortir et entrer de la chambre de Marguerite et donc se doutait que Marguerite lui cachait encore des choses importantes… il la soupçonnait de participer à une association quelconque, mais probablement secrète.

Il passa par-dessus ses questionnements quand Marguerite se leva pour aller se doucher et s'habiller. Il décida de bien dépenser son énergie pendant la journée pour cesser de penser.

Ils arrivèrent pour déjeuner vers huit heures et effectivement, la salle autour du buffet était bondée. Ils se dénichèrent quand même une place et mangèrent en vitesse pour aller retrouver Véronica et Malone.

Ils sourirent en les apercevant au loin et les rejoignirent.

- Alors, il y a quoi au programme ? demanda Marguerite en regardant la liste des activités ouvertes.

- Euh… la patinoire est ouverte, l'équitation sur neige, les tubes et la luge, ballade de traîneau à chien, du ballon-balai, survie en forêt – ouach – et euhh… le ski de fond ! répondit Véronica.

Roxton ricana un peu.

- Ce soir il y a des activités du genre concours de danse ou de karaoké !

- Oui, mais les activités sont aussi regroupées par âge… comme ça, on ne sera pas avec des enfants tout le temps ! remarqua Malone.

- Génial, alors on fait quoi ?

Ils décidèrent d'aller patiner un peu tous les quatre. De la musique ponctuait les figures de styles plus ou moins adroites des patineurs et Roxton et Marguerite se donnait à cœur joie d'épater la galerie. Après tout, ils étaient plutôt sportifs tous les deux. Véronica et Malone auraient pu aisément les suivre… mais ils ne tenaient pas à se faire reconnaître ni un ni l'autre.

Après le dîner (déjeuner en France), le groupe se sépara en deux. Roxton et Malone s'empressèrent d'aller jouer au ballon balai alors que les deux femmes décidèrent de tester l'équitation dans la neige.

- T'as déjà fait de l'équitation dans la neige ? demanda Véronica à Marguerite.

- Jamais de la vie, mais bon, on va apprendre.

Quand elles arrivèrent aux écuries, les responsables les aidèrent à monter sur les chevaux et leur demandèrent si elles souhaitaient être accompagnées d'un aide. Elles refusèrent poliment, toutes deux sportives et orgueilleuses et surtout très indépendantes et acquiescèrent quand on leur demanda d'être rentrées dans une heure. On nota leur nom et elles partirent tranquillement dans la forêt.

Elles se baladèrent au début en silence, apprivoisement les cheveux dociles et connaissant quasiment la route par cœur. Marguerite sur un étalon noir arabe ne se trouvait pas très rassurée, connaissant ce cheval comme étant une bête têtue et dangereuse, mais elle ne rencontra pas grand problème. Quand à Véronica, elle n'aurait pas pu identifier la race de son cheval. Sa robe blanche se confondait à la neige et au manteau de Véronica, mais c'était tout ce qu'elle était en mesure de donner comme information.

Puis, Marguerite brisa le silence :

- Tu vas mieux depuis cette soirée-là ?

- Oui… merci. Et merci énormément d'avoir pris soin de moi. Je ne sais pas où j'aurai pu atterrir si tu n'avais pas été là. Je sais que ça n'a pas dû être évident pour toi de me ramasser dans cet état.

- En effet, je n'avais plus le contrôle sur rien et j'avais peur de ce que tu allais faire à chaque instant… je dois t'avouer que te voir comme ça m'a plutôt ébranlé… toi qui à l'habitude est si calme et contrôlée. Mais d'un autre côté, je n'étais pas pour te laisser moisir.

- J'ai baissé dans ton estime ?

Il y eut un vague silence et Marguerite sourit.

- Une fraction de seconde. Puis j'ai compris ce qui se passait alors j'ai décidé de ne pas juger.

- Je suis désolée.

- Ne t'excuse pas. Je sais que tu ne vas pas le refaire. Et puis toi… tu m'as pardonnée de toutes ces atrocités que j'ai dis sur toi au secondaire. Et puis d'ailleurs, c'est à ça que servent les amis non ? C'est pas juste des bons moments dans la vie.

Véronica se mit à rire et acquiesça.

- Merci… mais tu me laisses m'excuser pour quelque chose ?

- Quoi ?

- Pour t'avoir embrassé… je n'arrive toujours pas à réaliser ou à comprendre !

La brunette rit un peu et fit un signe de la tête prouvant qu'elle lui pardonnait. Puis, elle se tourna vers elle :

- Si tu recommences Layton, tu vas passer un mauvais quart d'heure ! s'exclama Marguerite en finissant de rire.

Soudainement, les chevaux cessèrent d'avancer et hennirent, nerveux. Les deux femmes se mirent sur leurs gardes et regardèrent autour d'elles.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Sortant des bois, un animal s'avança vers elles.

- Un… un loup ? s'enquit Véronica.

- N… non, c'est un husky je crois. Mais les chevaux ont l'air d'avoir peur.

- Doucement… doucement… chuchota-t-elle au cheval blanc qui s'affolait.

Marguerite serra les brides et tenta de faire demi tour à l'étalon, mais ils firent face à un autre chien. Ils ne semblaient pas menaçants, seulement égarés et curieux, mais les chevaux s'affolaient. Et quand le chien s'approcha, Marguerite ne put rien faire. Elle sentit les muscles de l'étalon se tendre et il se mit à galoper hors du sentier, à travers les branches et les arbres croches ou effondrés.

- Marguerite !

Elle ne put pas répondre. Elle sentit les branches d'arbres déchirer son manteau et égratigner son visage.

- Stop !

Elle tira de toutes ses forces sur la bride et le cheval s'affola de plus belle, endolori de partout à causes des branches qui se cassaient dans sa chair et de la tige de métal désagréable entre ses dents.

Marguerite ne pouvait que suivre le mouvement de l'animal. Elle se pencha et tenta d'adopter le rythme rapide de la course, sentant les muscles du cheval travailler et voulant oublier la douleur. Puis, elle aperçut le petit lac glacé, qui ne survivrait certainement pas à leur poids. Encore une fois, elle tenta d'arrêter le cheval, mais rien à faire.

« Reste calme, reste calme Marguerite. »

Elle sortit ses pieds des étriers et lâcha la bride au moment où les sabots de l'animal fracassèrent la glace et s'y enfoncèrent. Toute la glace du petit étang se fragmenta et l'animal s'enfonça dans l'eau glacée en paniquant.

L'eau n'atteint pas immédiatement Marguerite, mais elle eut du mal à rester en surface avec ses bottes et son manteau. Elle grimaça et nagea du mieux qu'elle put vers le bord. Incapable. Elle ferma les yeux et prit une grande respiration. En dix secondes, sous l'eau glaciale et pleine d'adrénaline, elle s'était débarrassée de ses bottes, de son manteau et de ses gants. Elle remonta à la surface, ne sentant plus aucune partie de son corps, ayant la sensation qu'on lui avait planté des couteaux dans sa chair. Elle nagea de peine et de misère jusqu'au bord – qui se trouvait seulement à deux mètres, mais qui en eau glacée et avec un manteau semblait se trouver à un kilomètre – et rampa dans la neige… et s'évanouit. Le cheval sombra dans l'eau glacée…

Hannah sortit de nulle part, faisant sursauter Véronica.

- Aidez-moi, s'il-vous-plaît, elle ne respire presque plus.

Sans un mot, elle l'aida à placer Marguerite sur le cheval blanc et toutes deux se dépêchèrent à retourner sur le site aux écuries. Roxton et Malone les attendait là, la partie de ballon balai terminée. Hannah le remarquant, elle se dépêcha de disparaître, Véronica sans souciant peu vu la situation.

Roxton se leva précipitamment et accouru vers Véronica, rapidement suivit de Malone. Les responsables des écuries accoururent aussi.

- Qu'est-ce qui se passe ! s'alarma Roxton.

À bout de souffle à fort de courir dans la neige en traînant un cheval terrorisé, Véronica jeta un regard noir à Roxton signifiant qu'elle n'était pas en état de répondre. Roxton empoigna Marguerite et l'emmena d'urgence à l'intérieur. Les deux responsables s'occupèrent du cheval et Véronica réussit à leur souffler :

- L'autre cheval s'est noyé.

À ces mots, l'un deux accourut dans la forêt avec son walkie-talkie. Ned le dévisagea.

- C'est ça, occupez-vous des chevaux, on va s'occuper de Marguerite.

Seule Véronica l'entendit et elle accepta volontiers l'épaule qu'il lui tendait pour l'aider à marcher jusqu'au petit chalet de repos non loin des écuries. Arrivés là, ils remarquèrent l'attroupement d'une dizaine de personne autour de Marguerite, Roxton et une femme leur étant inconnue.

Malone aida Véronica à enlever son manteau et ses bottes et il la regarda dans les yeux.

- Tu vas bien ?

- Oui, oui, murmura-t-elle.

Elle se racla la gorge.

- J'ai eu peur. Et j'ai encore peur. Mais je vais bien. Aide-moi à me lever.

Il aida Véronica à se remettre sur pied. Elle ignora le fait qu'elle était plutôt trempe de sueur et de neige et elle s'approcha de Marguerite.

- Elle est en hypothermie, expliqua la jeune femme qu'elle ne connaissait pas.

- Vous êtes médecin ?

- Oui. Lauren Dumoulin.

- Véronica Layton. Je suis son amie.

- Et bien il va falloir m'aider à la dévêtir. Rapprochons la du feu d'abord.

Ils déplacèrent délicatement du foyer et Lauren demanda à ce qu'on écarte la foule. Malone et Véronica se chargèrent de demander au gens de changer de pièce et ils demandèrent à un jeune garçon de ramener une couverture propre et sèche. « Court ! » lui dit Malone.

Les vêtements de Marguerite étaient étendus prêt du foyer quand le jeune garçon revint. Roxton entoura Marguerite de la couverte, camouflant son tatouage sur son omoplate. Une marguerite qui rappelaient à tous de bons souvenirs. Roxton avait toujours son piercing et Véronica et Malone toujours leurs tatoos, mais ils voyaient rarement celui de Marguerite. Pour Véronica son petit cœur sur sa poitrine était sa marque de commerce sur ses photos en décolletés. Et pour Malone, un petit aigle sur l'avant-bras ne passait pas inaperçu. Mais Marguerite portait rarement des camisoles l'hiver (compréhensible) et l'été non plus. Comme si elle voulait cacher tout signe distinctif de sa personnalité.

Lauren l'examina encore quelques minutes pour s'assurer de son état et elle hocha la tête.

- Son état est stable. Elle va être épuisée à son réveil, mais elle va s'en sortir. Je ne pense pas qu'on aille besoin de se rendre à l'urgence, sauf si elle commence à faire de la fièvre ou qu'elle ne se réveille pas d'ici trente minutes.

Mais à ces mots, Marguerite fronça les sourcils. Lauren sourit.

- Je vais vous laisser. Je suis dans le chalet 4 s'il se passe quelque chose.

- Merci infiniment, remercia Roxton, Marguerite bien blottie dans ses bras, enroulée de la couverture.

La femme médecin sortit de la pièce et Marguerite s'éveilla doucement. Elle gémit un peu, mais cessa de bouger en constatant son état. Elle grimaça et leva les yeux vers Véronica.

- Si je trouve ces deux huskies, ils vont passer un mauvais quart d'heure.

Véronica éclata de rire, soulagée.

- Je vois que tu es toujours dans ton état naturel.

- Très drôle.

Quand les deux filles eurent fini d'expliquer ce qui c'était passé, Marguerite se rhabilla rapidement et ils repartirent vers leur chalet. Ils se changèrent tous et prirent une heure pour discuter un peu, soulagés de voir que Marguerite se remettait vite et que sa crise d'hypothermie avec été plutôt courte.

Quand le soleil commença à décliner dans le ciel, vers cinq heures, Véronica et Malone décidèrent de se diriger vers la salle principale pour les activités du soir. Marguerite, trop épuisée, resta au chalet avec Roxton. Ils mangèrent un peu et Roxton remarqua que Marguerite tombait de sommeil.

- La journée a été dure… t'as bien faillit y laisser ta peau, même si tu fais tout pour le cacher. Tu peux bien aller te coucher.

- Je ne veux pas te faire faux bond…

- Quoi, même après quatre ans ? Pff, allez fais-toi plaisir pour une fois et envoie-moi promener !

- Hahaha…

Marguerite rit de bon cœur et hocha la tête.

- Je vais prendre ma douche et je vais aller me coucher.

Roxton hocha, puis, il dit doucement :

- Marguerite…

- Oui ?

Elle se retourna vers lui et le regarda dans les yeux. Elle vit bien que quelque chose le tracassait, elle s'approcha donc de lui, inquiète.

- John ?

Il fronça les sourcils. Il allait dire quoi ? « Marguerite, je crois que tu me mens. » Mauvais plan.

- Marguerite je… je…

Elle attendit qu'il finisse sa phrase et il se ravise.

- Je suis content que tu ailles bien, j'ai eu peur pour toi.

Bon. D'accord, c'était l'entière vérité et c'est ce qui l'avait poussé à vouloir être totalement honnête avec son amour. Il avait faillit la perdre aujourd'hui.

Marguerite sourit et s'approcha de lui.

- Ce que j'aime avec toi, c'est que tu dis tout ce que tu penses.

Il sourit ironiquement alors qu'elle passait ses bras autour de son cou. Et ce faisant, Marguerite sentit pour la première fois un grand vide entre eux deux. Quelque chose les avait éloigné et avait étouffé leur désir et leur amour. Peut-être le mensonge… et Marguerite s'en sentit drôlement coupable et avec raison.

Elle l'avait trompé.

Elle hésita avant de l'embrasser, sentant leur couple en train de se briser. Il passa ses bras autour de sa taille, ayant peur qu'elle ne lui échappe et ils s'embrassèrent pour s'excuser mutuellement. Marguerite du mal qu'elle avait fait et Roxton de ne pas vouloir l'avouer, mais cultivant de la colère contre elle sans encore savoir pourquoi.

Ils voulaient oublier que leur amour s'égrainait jour après jour. Ils voulaient encore s'aimer comme au tout premier moment et sentir leur cœur battre aussi fort quand ils se voyaient. Ils ne voulaient pas que leur couple se détruise. Pas si c'était à cause d'eux.

Ou plutôt, à cause de Marguerite. Et John en avait assez des mystères qui l'entouraient.

Ils voulaient oublier ces problèmes et s'aimer. S'aimer pour toujours.

Leur baiser enflammé témoignait de ce vœu et des craintes qu'ils n'avoueraient pas. Et puis, ils se dévêtirent rapidement, sans vraiment prendre le temps d'apprécier, trop pressés de mettre fin à leurs craintes.

Et quand ils furent soulagés et bien blottis l'un contre l'autre, un sourire naquit sur chacun de leur visage. Malgré tout, malgré les craintes, la culpabilité et la colère, ils sentaient encore de l'amour en eux.

Véronica et Malone avaient dansé toute la soirée au concours de danse et s'étaient amusés comme des gamins. Ils s'étaient rendus en finale et avaient perdus contre un couple de professionnels. À part le couple vainqueur, tous n'étaient que des amateurs et si les juges avaient toujours qualifié Ned et Véronica pour l'étape suivante, c'était à cause de leur audace. Et puis, voir des gens si connus agir comme tout le monde impressionnait la populace.

Ils avaient dansé un tango sur Toxic de Britney Spears et à la fin, ils étaient essoufflés, échevelés et la bretelle de la camisole noire de Véronica ne cessait de tomber. Bien sûr, tous les avaient reconnus grâce à leurs tatoos.

Quelques personnes (des adolescents surtout) avaient osés les déranger pour demander un autographe à l'un ou à l'autre. Puis le concours terminé, le bar était resté ouvert et la piste de danse aussi. Tous deux étant jeunes, de grands adolescents, de très jeunes adultes, ils s'étaient permis de boire… et de boire encore un peu plus. Enchaînant danses rythmées ou reggaes langoureux, ils avaient finis par ne plus avoir la notion du temps, ni des gens qui les observaient avec insistance. Peut-être était-ce en partie pourquoi ils s'étaient mis à autant boire. Bon, ils se souviendraient de tout le lendemain et ils marchaient encore droit, mais ils avaient perdus leurs inhibitions.

Ils sortirent de l'endroit vers une heure du matin et se dirigèrent tranquillement et silencieusement vers leur chalet.

Ils entrèrent discrètement dans leur chambre et sans même se parler ou se poser de questions, commencèrent (ou plutôt recommencèrent) à s'embrasser et enlever leurs vêtements. Leurs mouvements étaient ralentis par l'alcool et un peu maladroits dans la noirceur et la confusion et ils trouvaient alors le moyen de ricaner.

Malone embrassa doucement Véronica dans le cou et celle-ci sourit. Elle le laissa la basculer sur le lit et sous l'influence de l'alcool ne réfléchirent pas beaucoup.

Cette nuit où Véronica avait consommé de l'ecstasy, si elle avait été si malade, c'est parce que la drogue avait réagit avec ses pilules contraceptives. Le médecin lui avait fortement conseillé de cesser ses pilules un moment et donc, Ned et elle faisaient plus attention ces derniers temps.

Mais aujourd'hui la lune pleine les étourdissait. Enlacés, évaporés et définitivement amoureux, ils ne firent que profiter de leur nuit. Leurs caresses, leurs baisers, leurs soupirs et gémissements s'éteignirent progressivement au fil de la nuit et quand ils s'endormirent, Véronica oublia rapidement les images prémonitoires qui avaient affluées devant ses yeux.

À quatre heures du matin, Roxton fut éveillé par des voix. Il ouvrit les yeux et s'assit. Dans la cuisinette éclairée par la lumière de la pleine lune, il vit Marguerite parler avec une rouquine. Elles parlaient une langue bizarre. Pas de l'anglais, ni de l'espagnol. Il lui semblait entendre quelque chose comme du gaélique.

- Je ne suis pas très contente Hannah. Je n'ai même plus le droit à une vie privée.

- Je… je devais m'assurer de votre silence.

- Mais rentrer dans la maison ! Quand même !

- Le patron craint que vous aillez trop de remords et que vous avouiez tout à John.

- Mais bordel ! En quoi mes remords vous concernent-ils nom de Dieu !

- Mais je m'inquiétais pour vous. Ce n'est pas en rapport avec votre mission ou la mienne, mais je m'inquiétais des répercussions de l'hypothermie !

Elles chuchotaient violemment, puis soudainement Marguerite sembla se calmer. Roxton eut le temps de remarquer que la rouquine avait à peu près le même âge qu'eux. Peut-être un peu plus jeune. Elles discutèrent encore un peu, beaucoup plus doucement et la rouquine quitta les lieux. Voyant Marguerite fermer la porte, Roxton se replaça dans la même position que lors de son réveil et il ferma les yeux. Et surtout parce que Marguerite vint se coller contre lui, il n'arriva pas à se rendormir de la nuit.

Elle lui cachait définitivement quelque chose de plus gros qu'il ne le pensait. Il avait compris à force de se tenir avec elle qu'elle avait un don avec les langues, mais elle n'osait pas en parler. Mais à l'entendre parler ainsi, il avait peur qu'elle ne fasse partie d'une secte ou quelque chose dans le genre. Et il commençait à avoir peur.

Peur de la perdre. Peur de la tempête imminente et inévitable qui grondait au loin. Et surtout peur des ravages que la tempête causerait entre eux deux.