Nous venions tout juste de quitter les autres. Je savais que nous n'allions pas au CDI. Il m'emmena derrière la serre du lycée. A peine arrivé, qu'il me fit basculer contre la paroi de la serre avant de me piéger en plaçant ses bras de chaque côté de mes épaules. Il approcha son visage du mien, tel un prédateur et s'arrêta à quelque millimètre de mes lèvres.
Nathaniel : Je t'avais bien dit que je serrais le prochain à t'avoir entre mes bras.
Moi : Ne sois pas jaloux…
Nathaniel : Pourquoi donc ? Tu vois bien la façon dont il te regarde.
Moi : Il me regarde de la même façon qu'Ambre le fait.
Nathaniel : Pourquoi diable faut-il que tout le monde te dévore des yeux…
Moi : On en parle de Melody ?
Nathaniel : Nous en avons déjà parlé je te rappelle, ce n'est qu'une amie.
Il avait particulièrement insisté sur sa dernière phrase. Il me regarda un instant avant de finalement m'embrasser.
Nathaniel : C'est dur de ne pas pouvoir t'embrasser quand je le veux…
Moi : Il va pourtant falloir s'y habituer.
Nathaniel : Quand pourrons-nous être un couple normal ? Se tenir la main en public par exemple, ou s'embrasser.
Moi : Bientôt, je te le promets.
Cette fois, c'est moi qui l'embrassai en posant mes mains sur chacune de ses joues qui devinrent rouges. Les miennes ne tardèrent pas non plus. Après cela, j'esquissai un sourire très léger.
Moi : Allons-y.
…
Le reste de la journée c'était très bien passé. Nathaniel et moi avions gardé nos distances tout en continuant à s'échanger de vifs regards. Lorsque l'on quitta le lycée à côté de nos sœurs respectives, il me fit un dernier sourire que je lui rendis discrètement. Après cela, on rentra tous les deux chez nous. A peine arrivé dans ma chambre que j'accélérai le pas vers mon ordinateur afin de voir les appréciations du jour sur mon nouveau chapitre. C'était très bon.
Moi : Parfait.
Au même moment, je recevais un message. Je pris donc mon portable dans ma poche de pantalon et allais voir. C'était Nathaniel, il me disait « Ça te dit une sortie cinéma samedi ? J'ai des tickets ». J'acceptai sans hésiter. J'étais heureux qu'il me propose une sortie, je lui répondis donc « Ok mais je t'invite au café ». Il me répondit « Marché conclut, je t'aime ». A ce même moment, mon cœur accéléra. Je couvris mon visage avec mes mains tellement j'étais gêné. Je n'avais même pas le courage de répondre… C'était de la provocation à ce niveau-là… Finalement, je tentai de lui répondre par un « moi aussi » mais la porte de ma chambre claqua. C'était Rosalya.
Rosalya : Je veux savoir !
Moi : Frappe avant d'entrer…
Rosalya : Mais je n'en peux plus ! Je veux vraiment savoir, pitié !
Moi : Je…Je…
Rosalya : Pourquoi t'es rouge ?
Moi : Pour rien.
Rosalya : Menteur.
Moi : Non.
Rosalya : Montre-moi ton téléphone.
Moi : Même pas en rêve.
Rosalya : Tu l'auras voulu.
Avant même que je ne puisse faire quoi que ce soit, Rosalya couru vers moi et me sauta dessus. On tomba sur le sol.
Moi : T'es lourde !
Rosalya : Donne-moi ce portable !
Je lâchai le portable et le fis glisser au loin. Rosalya voulut courir pour aller le chercher mais je l'attrapai par la cheville, la refaisant tomber. Je la tirai et l'écrasai.
Rosalya : Ne cherche pas ! Tu ne fais pas le poids !
Elle se débattait. Elle faillit m'échapper mais je la rattrapai avant de me lever et d'aller chercher mon portable en courant mais lorsque je touchais l'objet de ma convoitise de mes doigts, prêt à le saisir, elle me sautait dans le dos. Je tombais tête la première contre le parquet.
Rosalya : Je l'ai !
Je voulus me retourner pour attraper mon portable…Mais lorsque je lui fis face, c'était trop tard. Son visage était figé, elle avait les yeux grands ouverts. Qu'allait-elle donc bien penser ? Je fermais les yeux, les cachant de mes mains.
Rosalya : Gaël…
Mon action n'avait servi à rien. Je retirai mes mains et ouvris timidement les yeux, prêt à voir son visage décomposé…La seule chose que je vis sur le visage de ma sœur, c'était des larmes et un grand sourire.
Rosalya : Petit cachotier…
Elle abordait un grand sourire malgré ses larmes. Soudain, elle se jeta dans mes bras et me serra contre elle. Je ne pu m'empêcher de passer mes bras autour de sa taille. A ce même moment, je sentis des perles salées coulaient le long de mes joues. Je la serrai un peu plus fort. Je serrais également les dents, espérant stopper les larmes mais ce fut l'effet inverse qui arriva. Elle me vit pleurer et sur le front vint m'embrasser avant de plonger son regard dans le mien. Nous nous étions souri avant de rire à l'unisson. Si vous saviez à quel point j'étais heureux.
…
Nous étions assis dans mon lit. Elle était près de moi, sa main sur la mienne. Elle avait tenu à ce que je lui raconte toute l'histoire, ce qui avait pris beaucoup de temps. Au début, j'avais eu peur qu'elle redoute ma relation avec Nathaniel mais elle semblait en être plus qu'heureuse.
Rosalya : Et alors ? Quand allez-vous vous faire un autre rendez-vous ?
Moi : Samedi normalement…Un cinéma et un café…
Rosalya : Oh, c'est mignon…
Moi : Je t'avoue que j'ai un peu peur…
Rosalya : Pas de problème ! Ta sœur chérie est là !
Moi : Comment ça ?
Rosalya : Je vais t'aider à avoir confiance en toi ! On va commencer par ton apparence ! Viens ! On va te préparer la tenue parfaite !
Sans attendre, elle m'attrapa le poignet et m'emmena vers mon armoire. Elle l'ouvrit et se mise à fouiller celle-ci.
Rosalya : Il a plein de belles pièces ! On peut faire quelque chose !
On dira une aventurière en train de fouiller dans un coffre au trésor. Elle était mignonne comme ça. Elle ne tarda pas non plus à me trouver des vêtements. On commença par un jean clair, un t-shirt noir et une chemise à carreaux bordeaux. Elle disait « nous avons la base ». S'ensuivit de l'arrivée d'un gilet noir à capuche, d'une veste en cuir et de bottines cavalière en cuir.
Rosalya : Parfait ! Pour ce qui est de la coiffure, je te le ferais avant que tu ne partes !
Moi : Merci sœurette.
Rosalya : Je t'en prie, comme ça tu seras le plus beau et Nath n'aura d'autres choix que de garder ses yeux posés sur toi ! Par contre…Faut vraiment faire quelque chose pour tes lunettes…
Moi : Mais ce sont des nouvelles…
Rosalya : Tu es tellement mieux sans ! Mets des lentilles ! Je suis sûre que ça plairait à Nathaniel de voir encore plus tes beaux yeux !
Moi : C'est surtout à toi que ça plairait.
Rosalya : Aussi...Alors pitié…Portes des lentilles…
Moi : Ce n'est pas comme si j'allais les avoirs avant samedi…
Rosalya : Ben si ! Tu peux même les avoirs à partir de demain !
Moi : Quoi ?
Rosalya : J'ai demandé à maman de te commander des lentilles en même temps que tes nouvelles lunettes…
Moi : Rosa…
Rosalya : Quoi ?! On ne sait jamais ! Imagine que tu casses tes lunettes !
Moi : Cela n'arrivera pas.
Rosalya : On ne sait jamais.
Après cette discussion, Rosa était partis chercher ses fameuses lentilles qu'elle m'avait forcé à essayer. Après dix minutes de longues tentatives, j'avais réussi…
Moi : Ça pique…
Rosalya : C'est le prix à payer pour plaire mon cher frère !
Moi : Mais ça fait mal…
Rosalya : Une question d'habitude.
Elle avait l'air déterminée. Elle m'avait même dit que demain elle me confisquerait mes lunettes pendant mon sommeil, j'avais protesté mais elle ne m'avait pas écouté.
…
Elle m'avait bien prise mes lunettes pendant la nuit…La peste affichait un air de conquérante. Comment avait-elle fait pour les trouver alors que je les avais cachés avant d'aller coucher ? Elle avait des ressources… Néanmoins, j'avais été forcé de mettre les lentilles qui me faisaient moins mal. Nous approchions du lycée. J'appréhendais la réaction des autres face à mon « changement ». L'établissement n'était plus qu'à quelques mètres. Je voyais le portail ouvert avec Boris devant. D'un coup, Rosa aperçut ses amis et détala après m'avoir faits un grand sourire. Lorsqu'elle s'en alla, j'enfilai ma capuche en vitesse et m'approchai du lycée la tête base. Je passai le portail et me faufilai à travers la foule d'élèves afin d'aller vers la salle de cours, j'avais art plastique. Une fois arrivé, j'entrai dans la salle. Le prof était déjà là.
Moi : Bonjours Monsieur.
Pierrick : Oh ! Bonjour Gaël, que faites-vous donc avec cette capuche ?
Moi : C'est une longue histoire…
Pierrick : Pourriez-vous la retirez ? C'est juste que nous sommes dans le lycée alors…
Je m'exécutai. Rien qu'à sa tête, il avait compris le problème. Je rougis de honte.
Pierrick : Votre sœur ?
Moi : Oui…
Pierrick : Ne faite donc pas cette tête, cela vous va très bien !
Moi : Si vous le dite…
Pierrick : Un peu d'enthousiasme mon petit Gaël ! Vous allez voir, le cours d'aujourd'hui va vous redonner le moral.
Avant qu'il ne puisse m'en dire plus, les autres étaient arrivés et tous firent une tête… Le premier à me sauter dessus fit Alexy. Ambre fit la grimace pour ne pas avoir pu le devancer.
Alexy : Gaël ! T'es trop mignon !
Armin vint rapidement le décoller, Castiel en profita pour se rapprocher de moi.
Castiel : Salut beau gosse.
Moi : N'en rajoute pas…
Castiel : T'inquiète, j'arrête. N'empêche, t'es vachement sexy sans lunettes.
Moi : Castiel !
Pierrick : Du calme les jeunes, asseyez-vous, le cours va débuter.
J'étais terriblement gêné. Pour être tranquille, j'allais m'assoir près de Kentin qui me soutint car lui aussi avait connu cette « modification ». Il était très beau, je n'avais jamais eu l'occasion de le voir avec des lunettes mais il m'avait toujours dit qu'il ne valait mieux pas. Après avoir discuté avec lui, mon regard c'était porter sur Nathaniel qui était très loin. Lorsque je croisai son regard, il se mit à rougir et à regarder ailleurs. J'espérais que les propos de Rosalya n'étaient pas vrai…J'espérais ne pas lui faire tant d'effet…
A suivre…
