Blabla de l'auteur : Salut à tous. Tout d'abord désolée de poster si tard, mais vous savez ce qu'on dit ? Enfin j'espère moi je sais plus lol. J'espère que ce chapitre, plus transitif qu'autre chose, vous plaira. Merci tout particulièrement à aureliascott3, Gabrielle Raven Malfoy, nouna et Love-Read pour leurs reviews. Merci de laisser vos coms les filles. Ça me touche.
Disclaimer : L'univers, ainsi que ses lieux, et ses personnages, ne m'appartient toujours pas ! (Hélas) C'est toujours la propriété de Disney ! Je ne fais que l'emprunter un court instant ! Et naturellement, je ne touche absolument rien, mais vous avez le droit de me laisser votre avis ! :p Et les corrections de chris87
PS : Je ne le précise pas mais on ne voit que la version de Mitchie. Bon si finalement, je le précise !
Chapitre 13
Le reste du week-end passa rapidement. J'avais passé mon samedi à bosser mes cours, afin de prendre un peu d'avance dans toutes les matières, tandis que les garçons répétaient. Le dimanche, alors que j'étais en pleine balade solitaire au parc, j'avais croisé Heather, la mère de Shane. J'avais rapidement rencontré deux de ses jeunes cousins, puisque j'avais sauté sur la première excuse pour partir. Seulement voilà, elle m'avait invitée à dîner et ne sachant dire non, j'avais accepté. Logique, me direz-vous ! Sauf que je savais que je ne pouvais pas, puisque ma famille arrivait vendredi et ne repartiraient que dimanche, puisque mon oncle ne travaille pas le lundi. Margaret, ma tante, ne travaille pas du tout, quand à Dylan… J'imagine qu'il va sécher les cours… Ses parents sont assez coulant sur ce point, et puis bon, il n'est qu'en première ! Enfin bref, petite parenthèse déjà refermée.
Nous étions jeudi et j'étais en Espagnol, en train de dessiner distraitement une guitare, comme celle que j'avais toujours dans les cheveux. Sans trop savoir pourquoi, j'ajoutais un anneau, comme celui que Shane portait. Pour terminer le tout, je fis deux yeux rieurs, et un grand sourire. J'adore les cours d'espagnol !
« - Oh, je vois que mademoiselle Torrès fait preuve de beaucoup de talent artistique, commenta la prof avec son accent acheté au rabais dans le supermarché le plus proche. Vous semblez croire que votre niveau vous autorise à ne pas suivre mon cours, je suppose ?
« - Non, madame, répondis-je embarrassée d'être le point de mire de ma la classe.
« - Vous vous fichez de moi, en plus ?
« - Je… Non, je vous écoutais, affirmais-je sachant que c'était faux.
Elle me demanda de répéter son cours, et un discret coup d'œil au tableau m'apprit qu'on décortiquait encore La vie est un songe. J'avais déjà lu la pièce mais c'était à une autre époque, quand j'habitais à Salt Lake, enfin, ce n'est pas l'heure de réfléchir. Sachant qu'on apprenait, encore, les tournures de phrases du théâtre, je lui donnais une réponse approximative sur le sujet. Réponse qui lui fit froncer les sourcils, et repartir sans un mot. Visiblement, j'avais tapé juste. Trop fort, je suis ! Me retenant de secouer la tête devant ma bêtise, je me concentrais sur son cours, feignant de ne pas m'y intéresser comme quand je dessinais. La sonnerie retentit, et elle me demanda de rester. Encore ? Flûte alors ! Dis madame, si je te dis que j'ai rendez-vous avec un garçon gentil comme un bisousnours, et que je te fais un grand sourire innocent, tu me laisses partir ? Non, bon tant pis, je vais garder ma mine sérieuse. Elle me demanda d'être plus attentive en cours, si je ne voulais pas être collée. Selon elle, mon niveau, bien que plus que satisfaisant, ne devait pas me permettre de prendre son cours avec légèreté. En fille sage, j'acquiesçais lui promettant, sans trop y croire, de ne plus dessiner sur mon cahier, puis elle dut être satisfaite de mon air penaud, et me libéra. Merci ma poule ! Je ramassais mes affaires et sortis en pouffant. Ce n'est pas demain, que je lui dirais ce genre de chose ! Je sortis du bâtiment pour voir passer mon bus, et soupirais. Bon je rentrerais seule, une nouvelle fois. Tant pis, ce n'est pas la mort. Et ça me laissera le temps de trouver une solution aux deux dîners de vendredi. Je rejoignis l'arrêt en poussant un soupir bruyant, et j'entendis un rire qui me manquait presque. Levant les yeux, je vis Shane assis tranquillement, et lui demandais ce qu'il faisait encore là, son portable en main, alors que le bus venait de partir.
« - Je t'attendais et j'allais t'envoyer un message quand je t'ai entendu ! Alors ma… La belle, qu'est-ce qui te fait soupirer ainsi ?
« - Rien, rien, éludais-je. Tu allais m'appeler comment avant de te rétracter ? Ma… Quoi ?
« - J'allais dire ma belle, mais je ne suis pas sûr que tu apprécierais cette marque d'appartenance.
« - En fait… ça me plait bien. J'adopte, enfin, je te donne l'autorisation de m'appeler comme ça, souris-je.
Il rit doucement, et tapotant la place à ses côtés me demanda, une nouvelle fois, pourquoi je semblais en pleine réflexion. Du bout des lèvres, je lui relatais mon problème, bien qu'il soit déjà au courant que j'étais attendue chez lui. Nous réfléchîmes ensemble à une solution, quand il me fixa d'un coup :
« - Tu penses que Connie refuserait de te laisser libre vendredi ? Surtout que ce cher Dylan est présent, ajouta-t-il froidement.
« - Mes parents ne sont pas au courant Shane, soupirais-je avant de ramener mes genoux contre ma poitrine. En fait, tu es le seul ! Même Sierra, que je connais depuis que je sais marcher, n'en a jamais rien su ! J'imagine qu'elle doit avoir compris qu'il s'était passé quelque chose, sinon comment expliquer qu'avant Noël, je me laissais doucement séduire par Marc, qui faisait la fameuse fête, et qu'à partir de la rentrée, je le fuyais comme la peste. J'ai même hurlé le jour où il m'a agrippé le bras.
Notre bus arriva, et nous y montâmes, mais une nouvelle fois, nous ne descendîmes que près du Colibri. Je commençais à apprécier ce café. Avant de monter, nous passâmes commande à Brian, et je précisais à Shane que c'était à mon tour de l'inviter. Il grimaça, mais je réussis à avoir gain de cause, et souris fière de moi, puis nous allâmes à notre table. Durant quelques secondes, je restais les yeux dans le vide, à réfléchir à une solution. Non pas pour le dîner, au pire, je pense que maman ne refusera pas que je passe la soirée ailleurs, mais la nuit ? Je serai bien obligée de dormir chez moi. Or avec mon cousin sous le même toit, je suis certaine que je ne pourrais pas dormir, terrifiée à l'idée qu'il vienne. Le serveur nous apporta nos boissons, et quand nous fûmes seuls, Shane se dévoua pour prévenir ma mère de mon invitation à dîner chez eux.
« - C'est gentil, mais ce n'est pas ce qui m'inquiète le plus. Ils arrivent vendredi, et ne repartent que dimanche. Tu sais ce que ça veut dire ? Deux nuits sous le même toit que lui. Insurmontable !
Je poussais un long soupir, pour donner du poids à ma dernière phrase, puis croisais les bras sur ma poitrine en m'affalant contre le dossier. Je devais trouver un moyen discret de l'empêcher de m'approcher. La journée, c'était jouable, je n'aurais qu'à la passer avec les adultes, mais la nuit ? Je ne pouvais pas demander à mes parents de dormir avec eux, ça serait ridicule.
Durant deux heures, nous discutâmes, puis il me proposa de rentrer. Nous avions nos devoirs à faire après tout, et je devais prévenir maman. Durant le trajet, je lui posais des questions sur sa vie, et il y répondit avec joie avant de me demander d'où me venait cette soudaine curiosité. S'il savait ! En fait, c'était simple tant qu'il me parlait, je devais me concentrer sur ce qu'il me disait, et ainsi j'oubliais mes petits problèmes. Pas plus simple ! Et puis, c'est un de mes amis, et je ne savais pas grand-chose de lui. Comme des deux autres, mais je n'avais que lui, sous la main, donc… Le bus nous déposa devant chez moi, et il me raccompagna, une nouvelle fois, m'expliquant qu'il comptait prévenir maman ce soir. Je l'arrêtais sur le perron, et me tournais face à lui :
« - Je te préviens, mes parents s'imaginent qu'on sort ensemble, vu que tu me raccompagnes tout le temps, donc t'étonnes pas s'ils font de drôle d'allusions, d'accord ?
« - C'est pas les seuls, marmonna-t-il.
J'ouvris la porte, en lui demandant la liste, et il m'expliqua que sa mère était également persuadée que nous étions un couple ainsi que certaines mauvaises langues du lycée, et Jason. Marrant, je ne m'attendais pas à entendre son prénom dans la liste. Intriguée, je lui demandais l'avis de Nate sur le sujet, tout en pendant mon manteau, et il me taquina sur mon éventuel béguin pour son ami.
« - Euh, non. Je l'aime comme un ami, je vous aime tous les trois de la même façon, mais comme je connais également ton avis la question, et qu'il est contraire à celui de Jay, je m'interroge.
Il rit et me rassura. Nate était persuadé que nous n'étions qu'amis, même s'il avait compris qu'il s'était passé un truc qui nous avait rapproché, mais il était loin du compte, et ça me rassura. Nous allâmes au salon pour voir mes parents s'embrasser. Pas très agréable ! Riant, ils s'éloignèrent et papa nous demanda la raison de cette visite surprise. Avant que je n'aie le temps de parler, Shane se chargea d'expliquer la situation, de manière claire et posée. Ce que j'aurais été incapable de faire.
« - Excusez-moi de vous déranger, mais maman a invité Mitchie à manger chez nous, ce vendredi, et comme il est impossible de dire non à Heather Gray, votre fille a accepté ! Je sais que vous recevez de la famille ce week-end, mais je me disais qu'avec un peu de chance, vous accepteriez de me prêter mon petit… Mitchie, pour une soirée. Je vous promets de la ramener intacte.
Je rougis en songeant qu'il avait été à deux doigts de leur confier un de mes surnoms, mais finalement ils acceptèrent, et je fus soulagée. Bien, j'avais réglé mon problème le moins important. Restais la suite ! Sachant que la suite de la conversation ne le concernait, officiellement, pas il prétexta des devoirs à faire et s'éclipsa rapidement. Je le raccompagnais cependant jusqu'à la petite barrière et le pris dans mes bras, embrassant sa joue du même coup, pour le remercier de m'avoir enlevé une épine du pied.
« - Fais-moi signe à la prochaine, je garde ma pince à épiler sous la main.
« - Mais t'as fini de te moquer de moi comme ça ?
« - Qui aime bien, charrie bien !
« - Non, c'est châtie en logique, le corrigeais-je.
« - Ouais, mais je n'ai pas envie d'être blessant. Qui sait ? Libérée comme tu es, tu serais capable de nous tourner le dos, et je n'ai pas envie que tu t'éloignes de moi, souffla-t-il en me regardant dans les yeux.
Je n'ajoutais rien, mais lui fis un second bisou avant de lui dire de rentrer s'il ne voulait pas que sa mère ne le punisse. Riant, il s'éclipsa en me donnant rendez-vous dans le bus le lendemain, et je rentrais. Maman était à la cuisine, occupée à cuisiner, et me harcela gentiment sur l'intensité de notre relation. Plus par habitude que par réelle exaspération, je m'indignais, puis montais dans ma chambre, drapée dans ma pseudo dignité. Elle rit de bon cœur, et je courus commencer mes devoirs. Décidément, la vie d'une adolescente, c'est compliquée. Mettant un fond sonore, je bossais, et au bout d'une heure papa vint me prévenir que le repas était prêt. Les rejoignant, je souris en entendant maman parler de son service traiteur. Il ouvrait lundi, et elle avait hâte de s'y mettre.
La soirée fut calme à souhait, même s'ils parlaient tous deux de l'arrivée imminente de ma famille. Feignant de ne pas y attacher d'importance, je demandais où ils allaient dormir, et maman m'expliqua que Dwight et sa femme seraient dans la chambre d'amis, alors que Dylan dormirait dans le salon. Génial, comme ça, il pourra monter tranquillement pour venir me voir. A cette pensée, je frissonnais de dégoût, et me murais dans le silence. J'allais devoir trouver un moyen de fermer ma chambre à clé, ça devenait urgent !
J'y consacrais toutes mes pensées, sitôt que j'eus terminée mes devoirs, sans trouver de solutions valables. Et même durant le vendredi, pendant le trajet en bus, ou encore au cours du repas et la pause, je cherchais une échappatoire sans la trouver pour autant. Soupirant, je posais, sans douceur, ma fourchette sur la table, et Nate me regarda étonné.
« - Un problème ?
« - Non ! Enfin oui, mais non !… Sauf que si en fait, soupirais-je.
Ils me regardèrent tous les trois amusés, sans doute par ma réponse qui ne ressemblait à rien, mais bon. Je décidais de leur donner un complément d'information.
« - C'est juste que ça plusieurs mois que j'ai envie de mettre un verrou à ma chambre, sans trouver d'explication valable pour mes parents, et si je leur dis maintenant, ils vont s'imaginer que c'est pour que je sois tranquille avec Shane, quand il vient, puisqu'ils s'imaginent, à tord, qu'on est ensemble.
Ils ne dirent rien, mais je notais le regard curieux de Jason. A tous les coups, il devait se demandais si je disais ou non la vérité, mais je n'avais pas la tête à m'expliquer avec lui. Surtout que voilà, on est juste amis non ?
La journée passa rapidement, et Shane me proposa de venir accueillir ma famille avec moi. Oui, parce que c'était quand même le minimum d'être là pour leur arrivée non ? J'acquiesçais donc. Ils arrivaient à seize heures, mais je pourrais toujours prétendre qu'on avait prévu de bosser nos maths ou autre chose.
Finalement, je n'eus pas besoin d'excuse. Mes parents n'étaient pas là quand nous arrivâmes, et nous nous installâmes au salon pour travailler, comme les élèves sérieux que nous n'étions pas vraiment. J'appréciais qu'il soit là pour mes retrouvailles avec Dylan, même si la rencontre allait être glaciale. Tant pis ! Mes parents arrivèrent alors que je lui donnais un cours d'espagnol, parce qu'il peinait dans cette matière. Ils étaient accompagnés par ma famille, et je me levais d'un bond, mal à l'aise. Seulement voilà, j'étais vraiment ravie de revoir Dwight, et je lui sautais au cou. C'était mon oncle préféré, et mon parrain. Il passait des heures à faire le pitre, ou à raconter des blagues, parfois tellement nulles, qu'elles me faisaient rire. A bien des égards, je le retrouvais un peu en Jason. Il m'embrassa avant de me demander si j'avais un copain, vu mon air épanouit. Cette question me figea, et il en profita pour me taper sur le haut de la tête, sans doute pour me rapetisser, allez savoir ! Secouant la tête, j'embrassais Margaret, puis Dylan, avec le même enthousiasme que j'avais manifesté pour sa mère, puis leur présentais Shane. Aussitôt, je regrettais mon geste. Mon cousin le fusilla du regard, avant de lui serrer la main. Ils s'étaient tenus un peu trop longtemps à mon goût mais bon, puis mon oncle détendit l'atmosphère.
« - Alors, c'est toi le petit péteux qui tourne autour de ma nièce préférée ? Ne lui fais pas de mal, ou je te jure que j'achète un rouleau compresseur juste pour m'occuper de ton cas.
Tout le monde rit, en sachant que Dwight n'avait même pas le permis de tricycle, alors bon, puis j'ajoutais, pour défendre mon ami :
« - En fait, c'est grâce à lui que je suis si épanouis tonton ! Il m'a pris sous son aile au lycée, et en plus il me protège de tous les péteux insipides qu'il y a là-bas.
« - Finalement, faut te décerner la médaille du mérite. Mignonne comme elle est, dit-il en me désignant, tu dois avoir beaucoup de mal à les éloigner.
« - Non, croyez-moi, elle n'a pas tant besoin de moi. Elle peut se montrer très… Convaincante quand elle s'y met.
Je rougis et décrétais que j'allais me changer, puis nous pourrions y aller. Maman se chargea d'expliquer que j'étais invitée à manger, quand ma tante demanda où je comptais partir. Ils devaient être un peu déçus, mais j'entendis peu après tout le monde rire, Shane également et je me demandais ce qu'avait bien pu raconter mon oncle. J'enfilais un jeans bleu, ainsi qu'une tunique blanche que j'adorais. Elle avait un col rond quasiment bateau, des manches ballons, et était très vaporeuse. J'ajoutais une ceinture d'anneaux en fer, qui pendait sur ma hanche, puis rejoignis tout le monde. Je dus avoir fait une faute de goût puisqu'ils me regardèrent tous étrangement.
« - Dis-moi Steve, demanda mon parrain. T'es sûr qu'il n'y a rien entre eux ? Non, parce quelle me parait bien apprêtée pour aller dîner chez un ami. Elle est peut-être amoureuse et veut plaire.
« - C'est de son âge après tout, ajouta Shane en souriant et je le fusillais des yeux.
Je boudais légèrement, et embrassais tout le monde promettant à Dwight de ne pas le quitter de l'après-midi, puis nous prîmes nos affaires, et sortîmes. Une fois dehors, je lui demandais la raison de leur poignée de main qui semblait un peu musclée.
« - Elle l'était, sourit-il. Il voulait sûrement me faire comprendre de ne pas te toucher. Comme si j'allais oser tiens.
Rassurée, je posais ma tête sur son épaule le remerciant d'avoir été présent, et il sourit avant de poser son bras sur mon épaule, décrétant que je paraissais trop fragile pour qu'il ne s'occupe pas de moi. Le tout chuchoté à l'oreille. Je souris à mon tour, puis nous arrivâmes chez lui. C'était la première fois que j'y entrais et la maison était décorée avec goût, y a pas à dire. L'entrée était dans des tons crème, la cuisine d'un vert très pâle que j'adorais déjà, quant au salon, il était dans des tons plus chauds. Une sorte de rouge orangé. On sentait l'amour qu'il y avait dans cette maison, et je me sentis tout de suite à l'aise. Nous nous assîmes au salon, et Heather vint me saluer, avant de demander à son fils si sa journée avait été agréable. Très, fut sa réponse, et je fronçais les sourcils. L'interrogeait-elle chaque soir ? Elle nous proposa de monter à l'étage, mais avant que je n'aie pu dire un mot, il prétexta qu'il n'avait pas fait sa chambre, et que c'était préférable qu'on reste en bas, si elle ne voulait pas me voir partir en courant. Nous rîmes, et elle s'affaira à la cuisine. Je lui proposais mon aide, mais elle la refusa, en décrétant qu'une invitée n'avait pas sa place aux fourneaux. Bon tant pis ! Nous nous mîmes face à face avec Shane, sur le canapé, et je l'écoutais me parler, fascinée par son amour pour la musique. Il semblait ne vivre que pour elle, à certains moments ! Je notais cependant qu'il semblait plus heureux chez lui ! Au lycée, il devait sans cesse jouer le jeu, faire comme s'il ne voyait et n'entendait pas les filles l'observer. Ça devait le mettre un peu mal à l'aise, alors qu'ici, sur le canapé de ses parents, il semblait plus libre, et plus fougueux. Je souris à l'image que j'avais de lui, puis sursautais quand la porte claqua. Je supposais que j'allais revoir son père, qui m'avait fait bonne impression durant le fameux repas de maman. Il me salua avec gentillesse puis demanda à sa femme le menu. Elle le lui dit et pour ma part, je me régalais d'avance. Shane me proposa de passer dans la salle à manger, et m'expliqua, une fois assis à table, que son père aimait regarder les infos dans le calme lorsqu'il rentrait du travail. J'aurais pu me scandaliser de le voir regarder les infos qu'ils recevaient, mais je n'étais que l'amie de leur fils, c'était donc logique, je crois, qu'il ne change pas son habitude. Et puis, il faut bien se tenir au courant de l'état de santé du monde.
Nous étions en plein débat sur le livre que nous étudions tous les deux en cours, quand son père nous demanda de nous taire. Je m'exécutais aussitôt, mal à l'aise. J'allais m'excuser d'avoir parlé trop fort, mais Heather fut plus rapide et dit à son mari que s'il voulait du calme, il n'avait qu'à monter. A ce moment, la situation s'envenima, et je me figeais. C'était de ma faute s'ils se hurlaient dessus, et j'étais vraiment mal à l'aise. J'allais même leur dire que j'allais partir, en m'excusant d'avoir dérangé, quand Shane me prit la main. Incapable de réaction, je le suivis docilement à l'étage et il me fit entrer dans une chambre verte. Il y avait un grand lit, une armoire et un bureau assorti, le tout dans un bois foncé. Sûrement du chêne. Cependant, à l'inverse de moi, il n'avait pas de bibliothèque mais une colonne à cd de ma taille, ainsi qu'une guitare électrique sur un socle. Laissant mes yeux vagabonder, je notais sa chaîne sur son bureau, les amplis dispersés, l'une sur son armoire, l'autre près de son lit, et son portable fermé sur le bureau.
« - En effet, c'est vraiment sale, dis-je comprenant que j'étais dans sa chambre.
Bizarrement, je n'étais pas spécialement mal à l'aise, même si j'aurais préféré qu'il laisse la porte ouverte, mais bon. Il sourit, puis s'assit sur son lit.
« - On va attendre un peu, et j'ouvrirais la porte une fois que la dispute sera terminée, rassure-toi !
A croire qu'il avait lu dans mes pensées ! J'acquiesçais, et lorsqu'il me proposa de s'asseoir, j'optais pour sa chaise de bureau. J'étais à l'aise avec lui, mais me retrouver seule, dans une chambre avec un garçon me dérangeait. Me mordant la lèvre, je m'excusais d'avoir causé la dispute entre ses parents, mais il haussa les épaules.
« - T'y es pour rien ! Depuis plusieurs mois, c'est comme ça. A croire qu'ils vont divorcer. Depuis la mort de grand-père en fait. Le père de mon père ! Avant, il n'aurait jamais élevé la voix, mais je crois que perdre son modèle l'a chamboulé en quelque sorte. Depuis, ils se disputent tous les soirs ou presque. Pourtant, je sais qu'ils s'aiment encore, ça se voit dans leurs yeux, mais… Je ne sais pas, il doit être perdu, désorienté ! Je lui proposerais bien d'aller voir un psy, mais je n'ai pas envie qu'il me perce les tympans. Mais bien sûr, tu ne dis rien. Pas que je n'ai pas envie que ça se sache, mais ce sont mes histoires de famille, ça ne regarde pas le lycée. Et ça ne m'empêche pas de jouer ou de travailler, ajouta-t-il joyeux. Il n'y a que Jason et Nate qui le savent, vu qu'on n'a aucuns secrets les uns pour les autres, hormis le tien.
J'acquiesçais simplement, mais je vis que ça le peinait quand même un peu. Soupirant, je me levais et m'approchais de lui, avant de lui faire un câlin, et chuchotais à son oreille :
« - Promis, je ne dirais rien !
Sur ces mots, je m'éloignais puis, comme un blanc s'était installé, je lui demandais s'il savait vraiment jouer de la guitare. Il me fusilla gentiment des yeux, puis je le mis au défi de me le prouver en jouant un morceau. Il sourit, prit son instrument de musique, et le cala contre lui. Il réfléchit quelques secondes, les yeux dans le vague, puis commença un morceau. Je le reconnus dès les premières notes, puisque c'était la chanson que j'avais écrite en pensant à Salt Lake. Il s'arrêta cependant avant la fin, m'expliquant qu'il n'avait pas encore trouvé toutes les notes, et je souris. Il alla reposer sa guitare, et en profita pour rouvrir la porte. Je me sentis mieux, et le félicitais pour ses recherches. La discussion se fit toute seule, et je restais assise sur son lit, en lui faisant face.
A dix-neuf heures, sa mère nous appela, et nous descendîmes. Alors que nous étions dans les escaliers, il m'arrêta, en posant sa main sur mon poignet. Intriguée, je le regardais, et il me dit :
« - J'ai oublié de te le dire tout à l'heure, mais ton oncle a raison ! T'es super mignonne ce soir.
Les joues rouges, je le remerciais, puis nous reprîmes notre route. Quand nous arrivâmes à table, ses parents s'excusèrent de s'être disputés devant moi, et je souris.
« - C'est pas grave ! Mamie dit toujours que là où il y a des disputes, y a de l'amour, ajoutais-je avec un sourire.
Ils rirent, puis le repas commença. Même si nous n'étions que quatre, l'ambiance fut géniale et je sus que j'allais me souvenir longtemps de cette soirée. Je décidais d'oublier Dylan, et tout le reste, le temps de trois heures.
Nous étions en train de manger le repas principal, quand sa mère me mit dans l'embarras, sans le savoir.
« - Rassurez-moi tous les deux, vous n'avez pas fait de bêtises à l'étage ?
« - Maman, soupira mon ami. Je te l'ai dit cent fois, on est juste ami. C'est tout ! D'accord, Mitchie est très mignonne, tu me le répètes quinze fois par jour, mais… C'est une amie, dit-il en articulant ses derniers mots.
« - Si c'est le cas, pourquoi est-elle aussi rouge ?
« - Oh ça ? C'est rien, elle serait aussi rouge, si elle était dans un lieu public et qu'un inconnu, lui demandait son chemin, déclara-t-il.
« - Bien sûr, bien sûr !
Visiblement, elle ne le croyait pas ! Son mari, dont le prénom m'échappait, ajouta :
« - Bon va falloir qu'on mette des sous de côté, pour préparer le mariage.
Comme j'étais en train de manger, j'avalais de travers et commençais même à m'entrucher sérieusement. Fort heureusement, son père connaissant les gestes de premiers secours, pratiqua la méthode d'Heimlich sur ma pauvre petite personne, et je pus de nouveau respirer. J'avalais, doucement cette fois-ci, et le remerciais, une fois la bouche vide. Ils me regardaient tous légèrement inquiets, et je leur assurais que ça allait, puis croisais le regard de leur fils.
« - Je t'avais prévenus qu'ils étaient aussi convaincu, que tes parents, de notre hypothétique histoire ! Ils n'arrivent pas à croire qu'on est juste amis.
« - Vous n'agissez pas comme, opposa son père.
« - Bah si ! Bon, je prends le bus avec Mitchie tous les jours, mais juste parce qu'on habite le même quartier et que prendre le car me fatigue. Et puis Nate et Jason agissent comme moi ! Alors à moins qu'on ait oublié de me prévenir qu'on formait un couple à quatre, on est juste amis, s'amusa Shane.
Pour ma part, j'étais toute rouge, mais ça ne les empêchait pas de rire à mes dépends.
« - Ah oui ? Nate et Jason l'invite aussi à aller boire un verre en tête à tête ? Et la prenne dans leur bras dès que possible ?
« - Euh non, certes, mais c'est pour une autre raison, beaucoup plus personnelle, qui ne concernent que Mitchie, éluda mon nouvel avocat.
« - Bien sûr, bien sûr, reprit sa mère. Et les regards que vous vous lancez, depuis le début de cette conversation intéressante, ils ont aussi une raison personnelle ?
« - Quel regards, demandais-je perdue.
Je levais les yeux, et croisais le regard chocolat de son fils. Visiblement, il ne semblait pas pouvoir m'éclairer sur ce point, et je regardais sa mère, en attendant une explication.
« - Et bien, vos regards ! A chaque phrase, vous vous surveillez des yeux vérifiant que l'autre est bien, et quand on parle de votre histoire, vous vous regardez encore plus souvent. En plus, comme tu es la première fille que Shane ramène à la maison, j'observe comment il agit avec elles. Enfin toi, en l'occurrence !
« - Oh, comme un parfait gentleman, je vous assure. Très galant, et protecteur ! En fait, il agit comme un frère avec moi, et c'est super agréable, parce que j'ai toujours voulu avoir un grand frère, et comme il est plus âgé que moi, c'est parfait.
Elle hocha la tête, et Shane raconta une anecdote du lycée, et la conversation s'éloigna de ce sujet. Durant le dessert, je les écoutais parler de leurs années de lycées, dressant une sorte de tableau comparatif, quand Heather me regarda :
« - En tout cas, on ne peut pas dire que tu parles beaucoup !
« - C'est que… J'ai rien à dire, avouais-je en sentant mes joues chauffer.
« - Elle est toujours comme ça ! D'ailleurs durant notre première conversation, elle m'a dit que deux mots. Merci, pour l'avoir aidé à ranger ses affaires de cours, et Utah, quand je lui ai demandé d'où elle venait. Avec Nate et Jason, on a dut patienter un mois, et s'armer de courage, pour l'entendre faire la conversation, mais ça reste occasionnel. Elle préfère écouter.
« - Je vois, c'est une sorte d'oreille immense, se moqua son père.
« - Pas si grande, je fais à peine un mètre soixante cinq, me défendis-je.
Ma remarque les fit tous rire, et Shane ajouta que j'étais vraiment minuscule. Genre ! Il fait quoi, cinq centimètres de plus que moi ? Allez soyons sympa, disons dix ! Et il ose dire que je suis minuscule. Attends-lui !
« - Et alors, tout ce qui est petit est mignon, me défendit sa mère.
« - Et ce qui est grand est charmant, rétorqua-t-il.
« - Alors sois charmant et va chercher de l'eau, la cruche est vide, se moqua son père.
Il grimaça, en levant les yeux au ciel, mais se leva quand même. Je croisais son regard, et il sourit avant de s'éclipser. Détournant la tête, je croisais celui de sa mère, qui semblait ravie, et je me demandais une seconde quelle en était la raison. Il revint, et je les écoutais parler encore un peu puis, Shane me proposa de remonter afin qu'on les laisse en paix. J'acquiesçais en proposant tout de même à sa mère de l'aider à débarrasser mais, une fois encore, elle refusa et me dit de monter puisque visiblement, Shane semblait ravi que je sois seule avec lui. Cette insinuation me mit mal à l'aise, et il s'en aperçut. Quand nous fûmes seuls, il s'excusa de l'insistance de ses parents, mais je haussais les épaules. J'allais subir bien pire avec Dwight, de toute façon. Non, ce qui m'ennuyait c'était ces insinuations ! Je le lui avouais, du bout des lèvres, et il me promit de faire son possible pour qu'elles cessent, sans révéler mon secret, puis me prit dans ses bras. Au début, je fus tendue, repensant sans arrêt à la conversation principale du repas, à savoir qu'on formait un couple secret, puis finit par me détendre. Qu'il était agréable d'être contre lui. Je fermais les yeux en souriant légèrement, puis mon portable sonna. Il me relâcha, et je répondis. Maman voulait savoir quand je comptais rentrer, et j'avisais l'heure. Il n'était que vingt-deux heures, seulement, elle n'avait pas tord. Je devais abuser de leurs temps. Je lui demandais d'attendre et interrogeais mon ami. Celui-ci promis de me raccompagner pour minuit, et je le dis à maman avant de raccrocher.
Dix minutes avant minuit, je pris congé et il me proposa de me raccompagner jusqu'au perron de chez moi. J'acceptais en souriant, et je fis semblant de ne pas voir le regard qu'échangeait ses parents, puis nous sortîmes. Durant le trajet, je me rapprochais de lui, et sans savoir pourquoi, je lui pris la main. Il s'arrêta une seconde, en me regardant d'une nouvelle façon, puis sourit. Il venait de se passer quelque chose, je le sentais mais j'ignorais complètement ce que c'était ! Nous fûmes devant chez moi trop rapidement, et je ralentis le pas. Je n'avais vraiment pas envie de rentrer. Lorsque je lui dis, il m'avoua que c'était réciproque, puis me proposa de grappiller un peu en restant un peu dehors. Je souris, remontais l'allée, sa main toujours dans la mienne. Lorsque nous fûmes devant la porte, il me prit dans ses bras, et je mis ma tête dans son cou. J'inspirais longuement l'odeur qui émanait de lui, et sursautais lorsque la porte s'ouvrit à la volée. Dylan était devant nous, visiblement furieux. Il me regarda un instant et j'en frissonnais de peur. Nous nous étions écartés lorsqu'il avait ouvert, mais lorsque je le sentis me déshabiller du regard, je cherchais la main de Shane. Je finis par la trouver, et la serrais fort. Je n'avais vraiment pas hâte d'aller au lit, je vous le dis. Papa se joignit à nous, et nous dit de rentrer. Shane chez lui, et moi… Bah chez moi, ça va de soit ! Il m'embrassa la joue, et me souhaita bon courage avant de s'éclipser. Pour ma part, je rentrais et passais devant papa, afin d'instaurer une distance entre mon cousin et moi.
Et voilà, c'est terminé ! Mais que va-t-il se passer ? La réponse au prochain chapitre ! mdr ! J'espère que ça vous a plu !
Miss Tagada (L)
