Bonjour tout le monde !

Ca y est, j'suis rentrée de vacances, et Paris me déprime ! Fait tout moche, il pleut, ça craint... Enfin bref, merci pour toutes vos reviews que j'ai trouvé en rentrant et merci à Sygui d'avoir tenu la boutique pendant mon absence (elle a même passé l'aspi et la serpillière, c'est tout propre ! ^^)

Sans plus tarder, voilà le nouveau chap ! Bonne lecture !


Chapitre 14 : Un vieux cimetière londonien

L'atmosphère était studieuse, comme au bon vieux temps. Ginny regardait avec tendresse sa fille et sa femme penchées sur un parchemin, en train de relever les derniers éléments pouvant interférer avec leur ballade prévue pour la soirée.

Ginny eut un sourire ému et jeta un coup d'œil à sa montre. 18h15. Elle referma le livre devant elle et le repoussa en grimaçant. Elle avait fini le passage racontant une légende sur la mort d'un nécromancien. Et c'était peu ragoûtant. Pour se débarrasser définitivement de ces nuisibles, il fallait leur trancher la tête, leur arracher le cœur, brûler chaque partie séparément et répandre les cendres aux quatre coins du globe.

Minerva et Rogue se disputaient à voix basse et cela attira l'attention du professeur de vol.

- Non, non et non ! pestait le directeur adjoint.

- Ce point n'est pas négociable, Severus ! rétorqua froidement McGonagall.

- On peut savoir ce qui vous arrive… grogna Rose. J'arrive pas à me concentrer.

- Normal, à embrasser un Potter, on perd de précieux neurones, répondit sèchement le maître des potions.

Rose se leva et toisa son parrain du regard. Ce dernier fit de même. La tension était palpable dans la pièce et Minerva, excédée, tapa du poing sur la table.

- Ca suffit vous deux ! Vous ferez équipe, ça vous apprendra !

Les deux anciens Serpentards se tournèrent vers la directrice de Poudlard, mais n'ajoutèrent rien devant son air revêche.

- Hermione et Ginny, vous partirez ensemble pour visiter les cimetières du nord de Londres. Rose et Severus, vous ferez le sud, sud-est, il y en a moins.

- Et vous ? demanda Ginny.

Minerva n'eut le loisir de répondre. Quelques coups furent tapés à la porte qui s'ouvrit sans attendre de réponse. William passa la tête et son sourire était un brin machiavélique.

- J'ai un visiteur qui est venu pour, je cite : « le service après-vente »…

Il retint visiblement un ricanement et ouvrit la porte en grand. Pansy apparut, sa sacoche de médicomage à la main.

- Alors, comment va notre reine des zombis ? ironisa l'ancienne Serpentard.

Elle observa l'assemblée et haussa un sourcil.

- Ne me dites pas que vous avez préparé une soirée bataille sorcière et que vous ne m'avez pas invitée ? demanda-t-elle, faussement vexée.

- Non, on s'apprêtait à faire la tournée des cimetières… répliqua Hermione. Histoire de relever quelques cadavres pour qu'ils t'attaquent cette nuit.

- J'aurais préféré une séance sacrificielle de Poufsouffles sur la tombe du grand Salazar, mais je saurai m'en contenter, rétorqua Pansy, acide.

Rose ferma les yeux et se massa les temps du bout des doigts. Elle sentait la migraine venir.

- Et bien, ça vous fait une partenaire, Minerva… grogna Rogue.

- Sérieusement, quels sont les plans pour la soirée ? demanda Parkinson en s'installant dans un fauteuil sans y avoir été invité.

- Nous devons débusquer le nécromancien dont je vous ai parlé, expliqua Rose.

La médicomage fronça les sourcils et réfléchit un instant.

- Vous avez composé des groupes de deux pour pourchasser un sorcier suffisamment doué pour pénétrer le peu d'esprit qu'a Granger ? Vous êtes suicidaires ?

- On doit se taper tous les cimetières de la région. On n'a pas vraiment le temps de tous les visiter à six en une nuit, répliqua froidement Ginny.

Pansy éclata d'un rire méprisant qui fit sourire Rogue.

- Réflexion typiquement Gryffondor, donc d'une stupidité abyssale. On fait deux groupes de trois en essayant d'équilibrer les éléments forts et les compétences. Le professeur Rogue a quelques connaissances médicales et…

- Vous vous oubliez, Miss Parkinson.

- Oui, moi aussi je vous aime, professeur. Donc, le grand ténébreux et moi-même ne pouvons être dans la même équipe. Ensuite, Granger, tu ne comptes pas t'évanouir ou nous vomir dessus ?

Hermione croisa les bras sous sa poitrine et lui jeta un regard amusé.

- Je prends ça pour un non. Donc, Granger avec moi, et le professeur McGonagall avec son directeur adjoint. Reste une Weasley et Rosie chérie…

La jeune femme serra les poings et ravala une remarque acerbe qui lui brûlait la langue.

- Ma chérie, tu viens avec nous, proposa Hermione à sa femme. Ca laissera le temps à Severus et à Rose de discuter.

Pansy voulut répliquer mais Minerva acquiesça.

- Bien, tout le monde est prêt ? demanda la directrice de Poudlard. En route !

Parkinson sortit son tube de vicodine et fourra deux comprimés sous sa langue. Pour supporter toute une soirée avec Granger et Weasley, elle aurait besoin d'au moins ça.


- Y'en a encore pour longtemps ? demanda Pansy en s'allumant une cigarette.

Ginny, qui marchait devant l'ancienne Serpentard, se retourna et la foudroya du regard.

- Eteins-moi ça, tu vas nous faire repérer… chuchota le professeur de vol. Et parle moins fort, tu fais trop de bruit.

- Nous faire repérer par qui ? demanda Parkinson en élevant la voix. Il n'y a que des morts, ici. On ne risque pas de les déranger…

C'était le septième cimetière qu'elles visitaient, et la médicomage en avait plein le dos. Et sa tenue n'était définitivement pas adaptée pour crapahuter dans les herbes folles à la tombée de la nuit. Si elle avait su, elle n'aurait pas mis ses satanées chaussures à six centimètres de talon. Mais elles mettaient parfaitement en valeur son tailleur pantalon noir, col mao. Sa chemise blanche cintrée présentait un décolleté plongeant qui faisait passer ses seins pour deux melons à la pesée. Et elle était plutôt fière de leur apparence vu son âge. Un long manteau noir qui lui tombait jusqu'aux genoux complétait sa tenue. A côté d'elle, Granger et Weasley ne supportaient pas la comparaison. Elles ressemblaient à deux orphelines d'un pays en voie de développement. Granger avait un jean déchiré aux genoux, des chaussures en cuir montantes, un pull gris et sa veste en cuir noir arrivant aux hanches. Quant à Weasley, un pantalon en lin, des escarpins à talons presque plat, et une veste chaude nouée à sa taille l'habillaient sans grâce particulière. Les trois avançaient parmi les tombes, baguette à la main, et tandis que la médicomage et la rousse s'engueulaient copieusement, Hermione ne disait pas un mot.

Tout à coup, Pansy sentit sa nuque picoter et ses poils se hérisser. Elle détourna son regard de Weasley qui s'était brusquement arrêtée de parler, et les deux sorcières reportèrent leur attention sur Granger. Elle était entourée d'un halo de magie qui tournoyait.

- Tu as quelque chose ? murmura Ginny.

- Je ressens sa magie… dit sombrement la neuvième sage. Le pouvoir qu'il m'a volé m'appelle…

- C'est pas trop tôt, répliqua Pansy.

Ginny soupira en fusillant la médicomage du regard, et s'élança à la suite de sa femme qui s'était mise à courir entre les tombes. Parkinson les suivait de loin, ne faisant manifestement pas le moindre effort pour tenter d'être à leur rythme.

Les deux anciennes Gryffondors pénétrèrent dans un mausolée de pierre grise, une gargouille surplombant l'édifice. Un caveau se dressait au fond de la pièce. Hermione scrutait la pièce sombre.

- Il n'y a rien ici… marmonna Ginny.

- Je sens la magie… Il est là, répliqua gentiment Hermione.

- Evidemment qu'il est là, mais demande pas à Weasley d'avoir une once de jugeote…

Pansy venait d'arriver et souffla sa fumée dans le mausolée. Elle écrasa son mégot sur la porte et pénétra à son tour dans la salle. Elle passa sa main sur les murs, donnant quelques légers coups de poings de temps à autre pour en tester la résonnance. Après avoir fait le tour de la pièce, elle reporta son attention sur le caveau. Elle tira sa baguette de la manche droite de son manteau et l'agita en un mouvement sec. La lourde plaque de marbre glissa lentement pour tomber au sol dans un bruit assourdissant et se briser. Elle jeta un œil dans la tombe et sourit à la vue d'un escalier qui s'enfonçait dans les ténèbres.

- Et voilà le passage secret ! s'exclama-t-elle, réjouie. Qui descend là-dedans ?

- Après toi, Parkinson… grogna Ginny.

- C'était de l'humour, Weasley ? La prochaine fois, préviens-moi avant, que je décroche un léger sourire… répliqua la médicomage.

Hermione ne semblait pas entendre la dispute entre les deux sorcières. Elle tira son katana hors du fourreau accroché dans son dos. Rose avait eu la présence d'esprit d'aller le chercher pendant que la neuvième sage se reposait à l'infirmerie. L'enchanteresse claqua des doigts et une boule de lumière apparut, flottant devant elle. Hermione la lança dans le caveau et l'obscurité disparut. L'ancienne Gryffondor enjamba la tombe et descendit les marches.

Ginny inspira profondément et imita sa femme, ne voulant la perdre de vue. Pansy sembla hésiter quelques instants, puis haussa les épaules.

- Putain de Gryffondor… Toujours à foncer tête baissée dans les emmerdes sans prendre le temps de réfléchir… grogna-t-elle en suivant les deux femmes dans le passage secret.

Elle baissa la tête et arriva en bas des marches. Hermione scrutait le couloir et Ginny assurait leurs arrières.

- Tu t'es décidée à venir ? demanda le professeur de vol d'une voix doucereuse.

- Faut bien que quelqu'un vous tire d'affaire si ça tourne mal, répliqua Pansy avec un rictus. Alors Granger, il est où ton copain de bac à sable ?

La neuvième sage avança prudemment jusqu'à un carrefour et prit le chemin de droite, suivit de près par les deux sorcières.


Minerva était assise sur une tombe, jambes croisées et observait Rogue et Rose qui se disputaient. Son coude reposait sur son genou et son menton était soutenu par la paume de sa main. Elle avait décidé de ne pas se mêler de la conversation houleuse. Ces deux là devaient vider leur sac, et le plus tôt serait le mieux. Ensuite, ils se remettraient en quête d'Ah Puch.

- Mais qu'est-ce que ça peut te foutre ? hurla Rose, le visage rouge de colère.

- Ne me dis pas que tu es laide au point qu'aucune autre personne en dehors de Potter ne veuille te toucher ? rétorqua froidement Severus.

- Ce n'est pas le problème !

- Et bien si ! Tu as l'embarras du choix et tu jettes ton dévolu sur ce fils d'ab…

- JAMES N'EST PAS HARRY ! rugit la dixième sage.

- Pas loin ! Franchement, il y avait le jeune Lupin, un Serdaigle. Ou même, pour te prouver que je ne suis pas aussi sectaire que tu le penses, le petit Londubat. Il est aussi fantasque que cette pauvre Lovegood, mais au moins lui voit plus loin que le bout de son nez…

- Tu es jaloux du père d'Harry, voilà tout ! Tout ça parce qu'il s'est marié avec Lily Evans ! Et tu reportes ta haine sur ses descendants…

Dès que ces paroles franchirent ses lèvres, Rose les regretta amèrement. Rogue blêmit et serra les poings. Il fit deux pas en direction de sa filleule, mais Minerva se leva et s'interposa entre les deux anciens Serpentards.

- Qui t'a raconté ça ? demanda Severus d'une voix glaciale.

- Parrain, je suis désolée, je…

- C'est cette vermine de survivant ?

Le maître des potions s'était encore rapproché. Cependant, McGonagall l'avait arrêté en posant sa main sur le torse du directeur adjoint.

- Tu ne sais pas de quoi tu parles… Tu ignores tout de cette histoire. Ne prononce plus jamais son nom ! articula froidement Severus.

- Vraiment, parrain, je ne voulais pas… dit Rose d'une voix blanche.

- Je pensais t'avoir appris à réfléchir avant de parler… Finalement, vous ferez un beau couple d'ingrats sans cervelle. J'ai honte pour toi.

Rogue tourna les talons et s'éloigna à grandes enjambées.

- Reste ici, je vais le calmer, dit doucement Minerva. Fais attention, il y a quelques goules dans ce cimetière. Si elles approchent, utilise des sorts de feu. Elles en ont peur.

McGonagall s'élança et rattrapa rapidement le directeur adjoint. Rose les observa de loin. Elle voyait Rogue faire de grands gestes tandis que la directrice de Poudlard tentait de maintenir un contact apaisant.

- Severus, c'est en vous obstinant à vouloir la séparer de James que vous allez la persuader de poursuivre avec lui.

- Ne me dites pas que vous cautionner cette… union contre nature !

- Je ne souhaite que son bonheur, rétorqua doucement Minerva.

- Moi aussi, mais pas avec Potter !

- Arrêtez d'accabler ce garçon parce qu'il est le fils d'Harry et le petit-fils de James. Il n'a rien à voir avec eux.

Rogue lui jeta un regard dédaigneux.

- Mais là où je vous rejoins, c'est que je doute fortement que ces deux-là formeront le couple idéal. James est l'opposé de Scorpius, et je pense que Rose se rendra compte tôt ou tard que ce jeune homme n'est pas fait pour elle.

- Mais quand ? demanda Severus avec humeur.

- Quand elle s'ennuiera avec lui… soupira Minerva. Ensuite, elle finira par sortir avec une personne qui lui correspondra. Elle est jeune, Severus. Laissez-lui le temps.

- Je me demande qui pourra bien supporter une pareille mégère…

- Elle ne l'a pas encore rencontré, répondit l'animagus en chassant l'image de Parkinson qui flottait à la surface de son esprit. Et puis, j'arrive bien à vous supporter !

Rogue allait protester quand Minerva posa rapidement ses lèvres sur les siennes.

- Allons-y, voulez-vous ? Il nous reste encore deux cimetières à visiter, et j'aimerais bien dormir quelques heures avant le petit-déjeuner…

Le maître des potions acquiesça. Il prit la main de McGonagall dans la sienne et se dirigea d'un pas lourd vers sa filleule qu'il gratifia d'un regard noir en la croisant.


- J'ai l'impression qu'il ne t'a pas attendu… marmonna Pansy en haussant un sourcil dédaigneux.

Elle observait la pièce dans laquelle les trois sorcières se trouvaient maintenant. De la mousse couvraient les murs et la salle dégageait une forte odeur d'humidité. Un vieux lit agrémenté d'un matelas usé reposait au centre de ce qui semblait être une chambre, et une statue en pierre d'homme vêtue d'un pagne trônait à chaque coin. Pansy dévisagea l'une d'elle. L'homme sculpté tenait en sa main droite une petite larme courbée, une sorte de couteau sacrificiel, de pierre elle aussi. Elle parcourut les quatre statues du regard, et il lui sembla qu'elles étaient toutes identiques.

- Quelqu'un s'y connait en mythologie sud-américaine ? chuchota Ginny en s'approchant lentement de l'une des sculptures.

- Miss Je Sais Tout ? demanda narquoisement Pansy.

Hermione haussa les épaules.

- Désolée de vous décevoir, mais je confonds allégrement mayas, aztèques et incas.

- Ta réputation serait-elle usurpée ? Je ne m'en remettrai jamais… ironisa la médicomage.

Cette dernière sortit des tubes à essai de sa poche et inspecta le lit sans le toucher. A l'aide de sa baguette, elle emprisonna dans les tubes de verres des cheveux, des poils et réussit même à collecter des petites peaux mortes.

Pendant ce temps, Hermione observait un petit bureau qui se trouvait le long d'un mur. En passant le doigt sur la surface boisée, elle trouva un peu de cire fondue encore tiède.

- Et merde… Il nous a échappé de peu… grogna-t-elle.

Un cri retentit dans la pièce, et la neuvième sage se retourna aussitôt. Ginny avait été attrapée par sa veste par l'une des statues et la lame en pierre se tenait à quelques millimètres de la gorge de la rousse. Hermione leva la main pour attaquer, mais trop tard. La lame trancha la gorge du professeur de vol et un puissant jet de sang atteignit la neuvième sage et la médicomage. La statue projeta le corps de Ginny qui s'affaissa contre un mur. L'enchanteresse hurla à plein poumon et se précipita sur sa femme.

- Putain de vérole de moine… lâcha Pansy, d'une voix blanche.

Le mur s'était transformé en une espèce de baie vitrée donnant sur un paysage morne, froid, angoissant. Et de l'autre côté de la vitre, une autre Ginny regardait sa femme en criant. Aucun son ne leur parvenait. Le regard d'Hermione passa du corps allongé à sa femme de l'autre côté de la vitre. Elle sentait son cœur s'affoler et se mordait nerveusement la lèvre inférieure. La statue sembla ouvrir les yeux et une voix métallique résonna dans la pièce.

- Le Dieu de la Mort attend son sacrifice. Une livre de chair, une livre de sang. Honorez notre dieu, et la femme vous sera rendue. Entrez de votre plein gré dans la première strate du monde souterrain, combattez le Seigneur de la Nuit, et vous regagnerez le monde des vivants. Telle est notre parole, telle est notre loi.

Parkinson se pencha sur le corps de Ginny et referma sa blessure d'un coup de baguette. Elle fit quelques examens rapides sous le regard mortifié d'Hermione et soupira.

- Elle est encore vivante, mais pour combien de temps ?

Hermione passa doucement ses doigts dans la chevelure de sa femme, puis se redressa et s'approcha de la statue. De l'autre côté de la vitre, l'image du professeur de vol jeta un regard horrifié à sa dépouille, semblant prendre conscience qu'elle errait entre la vie et la mort.

- Que dois-je faire ? demanda-t-elle d'une voix forte.

- Le sang est la vie, le sang est le pouvoir. Les créatures nocturnes s'en nourrissent pour vivre, les dieux s'en délectent. Un sacrifice apaisera la colère divine. Offrez votre sang, offrez votre puissance au Dieu de la Mort, et votre femme vous sera rendue, pour peu que vous passiez les épreuves…

Un léger bruit retentit derrière l'ancienne Gryffondor qui se retourna. Pansy venait de s'allumer une clope.

- C'est vraiment le moment ? s'emporta Hermione.

- Laisse-moi réfléchir à un moyen de nous tirer de là. Parce que ton sorcier, il nous a bien baisé…

Elle inspira une longue bouffée qu'elle recracha au visage de la statue.

- Excusez-moi d'vous déranger, mais il vous faut une mort ? demanda la médicomage.

- Exactement… Le sang doit couler.

- Il y a une quantité précise ? insista Parkinson.

- Le sang doit couler, répéta la statue.

La médicomage fit une moue, tira une nouvelle bouffée de sa cigarette et l'expira lentement.

- Ok Granger, j'ai une idée. Tu ne m'interromps pas, tu m'écoutes jusqu'au bout, car c'est assez capilotracté. Et on n'a pas de temps à perdre. Ton copain, tu aurais me préciser que c'était un dieu en passant, a besoin de sang. Pourquoi ? Parce que la magie, la puissance circule dans ce fluide vital. Et avant de m'accuser de ségrégation, pense aux propriétés du sang de dragon. Ensuite, en magie noire, une blessure qu'on s'inflige à soi-même s'appelle une petite mort. C'est utilisé pour des sortilèges mineurs.

Elle fit une pause, haussant un sourcil, tentant de se rappeler de quelque chose.

- La petite mort est à mettre en opposition, surtout dans le vaudou, à la chèvre blanche, autre nom du sacrifice humain. Nous allons donc jouer à ça avec cette sculpture de bas étage. Il va s'attendre à un beau sacrifice avec cœur arraché, et il n'aura qu'une petite coupure du doigt.

- Et je fais comment, pour passer de l'autre côté du miroir ? demanda Hermione.

- Ca, j'ai ma petite idée. On pourrait te faire saigner assez pour que tu tombes dans les pommes, mais j'ai l'impression que ce ne sera pas une bonne idée de donner plus de puissance à ce nécromancien de mes deux. Donc, tu te coupes le doigt, et je te provoque une bonne overdose de vicodine…

La médicomage sortit le tube de sa poche et en vida le contenu dans sa main.

- Dix cachets… Ca va te faire décoller, tu vas adorer !

- Et tu vas faire comment pour me réveiller, ensuite ?

- Laisse faire la pro… On s'occupera des petits détails plus tard.

Hermione décida de faire confiance à la femme qui l'avait déjà sauvée une fois. Elle se tourna vers la statue, lui arracha la lame des mains et s'entailla le bout de l'index. Elle grimaça. Pourquoi les blessures les plus petites faisaient-elles toujours le plus mal ? Deux gouttes de sang coulèrent sur la lame qui s'illumina. Elle remit la courte épée dans les mains de la statue et se tourna vers Pansy. Cette dernière avait conjuré un verre qu'elle lui donna et y jeta les dix comprimés.

La neuvième sage renifla le verre et grimaça.

- Du whisky ?

- Fais-moi confiance. Tu n'auras pas bu la dernière goutte que tu seras déjà inconsciente. Allez, cul sec !

Hermione ferma les yeux et avala le contenu du gobelet. Elle sentit l'amertume de l'alcool et les comprimés qui commençaient à se dissoudre descendre le long de son œsophage. Une fois le verre bu, il glissa de sa main pour tomber au sol dans un bruit qui lui sembla assourdissant. Elle tomba à genoux et ouvrit brusquement les yeux. Le paysage devenait flou et sa respiration se bloquait. Elle porta les mains à sa gorge. Ses yeux semblaient vouloir sortir de leurs orbites.

- Bonne nuit Granger… murmura Parkinson.

L'ancienne Gryffondor tomba en avant, mais était déjà inconsciente quand sa tête toucha le sol.


Voilà ! La suite la semaine prochain !

Passez un excellent week-end,

Bises,

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