Raté pour Noël. Mais je suis quand même heureuse de vous poster ce chapitre avant la nouvelle année.
Il m'a prit du temps et j'espère qu'il vous plaira.

Encore une fois, un immense merci à vous tous. A commencer par ma Cin (Vanille-Fraise) ma Jumelle de coeur, celle sans qui je ne pourrais pas vraiment exister.
Ma Bêta Lyly7 qui est toujours aussi parfaite dans son rôle. Qui supporte mes caprices d'auteur avec une réelle patience.
Enfin à vous mes "Fidèles". c'est grâce à vous que tout est possible.
StephAlic, Lili Carter, estrella'zz, Judee D, Elodu92, FiindLove, Pyrane, LovehermyDrago.
Merci aux nouvelles lectrices, et heureuse de vous compter parmi nous : pep's42, Harmonia Necteri, pauline-helo, Aliopatre et Senara38
Ensuite un mot à mes Revieweuses anonymes: Nana (toute la nuit en traduisant, je suis énormément touchée *_*), Vera Bennett, London123, Phaedra.

Pas encore vu HP7 (imaginez?) avec cette neige. Rah! Mais je compte bien résoudre ça avant le prochain chapitre...

Bref. Bonne lecture à tous.


Chapitre 14

Elle ouvre les yeux difficilement. Engourdie, elle n'a jamais passé une aussi douce nuit qu'au QG, lovée sur le canapé du Salon. Entre ses bras, le petit Aidan s'est endormi. Paisible. Son regard fouille la Salle et elle se revoit arriver au QG, un bras enroulé autour de celui d'Harry, une main glissée dans celle du petit garçon et Ron marchant un pas derrière eux.
Le Square Grimmaurd s'étend devant elle, si semblable et si différent de ses souvenirs. Ron est installé sur l'accoudoir d'un fauteuil voisin au canapé sur lequel elle est installée.
Elle murmure son prénom, interrogative. Il s'approche d'elle, le front plissé.

- Pardonne-moi, Hermione, gémit-il la voix cassée.

Elle ouvre les yeux, les limbes s'échappant brusquement de son esprit. Elle hoche la tête à demi.
Son visage est tout près, elle peut sentir son souffle chaud la caresser doucement.

- Ne dis rien s'il te plaît.

Elle opine doucement, figée.

- Je t'aime, Hermione. Et j'ai toujours été trop lâche pour te l'avouer. Aujourd'hui, je me rends compte que c'est ce qui nous a éloignés. Je crois que… J'avais toujours espéré que ce soit toi qui fasses le premier pas. Mais tu ne l'as jamais fait. Et j'ai laissé ma lâcheté prendre le dessus. Je crois que jamais je ne pourrais vivre avec l'idée que toi et Malefoy...

Il s'interrompt, le visage crispé, et elle baisse les yeux, torturée. Son ventre est noué.

- Mais je te promets d'essayer de faire avec. Comme un boulet dont j'essaierais d'occulter la présence. La vérité c'est que… Je ne peux pas me passer de toi, Hermione. Et je resterais à tes côtés même si je sais que j'aurais toujours le rôle de l'ami fidèle.

Elle le contemple, les yeux brillants. Elle ne sait quoi dire, elle ne peut dire quoi que ce soit. Cet aveu lui déchire le cœur autant qu'elle brise le sien.

- Ne dis rien, répète-t-il.

Puis il se penche doucement vers elle et dépose un léger baiser à la commissure de ses lèvres. Elle ferme les yeux. Il baisse les siens puis quitte la pièce, la laissant hébétée et brisée.


Elle soupire avec peine. Ses doigts glissent dans l'épaisse chevelure de son amie étendue. Luna ne s'est pas réveillée et cette pensée l'attriste énormément. Sa main balaie le front pâle, effaçant les petites perles de sueur qui s'y sont accrochées. Elle ressemble à une poupée fragile. Inerte.

- Hermione.

La voix dans l'encadrement de la porte la fait sursauter. Elle n'a pas entendu ses pas légers se rapprocher. Ginny s'approche doucement du lit de Luna et Hermione lui sourit légèrement, un peu tristement aussi.
Le retour au QG n'est pas celui qu'elle espérait. Elle voulait retrouver un endroit chaud, comme un chez elle. Elle pensait qu'y pénétrer lui conférerait le peu de chaleur qui lui manque tant. Ne flottent que les regrets et l'amertume.

- Tout va bien, Ginny?

Celle-ci hausse les épaules. Ses traits sont tirés, épuisés, et ses yeux sont froids et distants. Hermione frissonne. Elle n'est plus que l'ombre de la jeune rouquine pleine de vie qu'elle était autrefois.

- Je dois te demander quelque chose, Hermione.

La voix est étonnement dure, râpeuse.

- Je veux être là, demain.

- Quoi? Bégaie la jeune femme, les yeux écarquillés.

Elle secoue déjà la tête pour refuser mais Ginny s'empare de son poignet avec force, dardant sur elle un regard déterminé, presque dément.

- Vous avez besoin d'aide. Et je vais devenir folle si je dois encore attendre l'annonce de votre mort ici, toute seule.

Hermione baisse les yeux, elle comprend. Tellement. Elle a ressenti une fois la douleur profonde de ne pas voir ses amis, d'attendre une nouvelle, et elle ne veut plus jamais que ça se reproduise. Jamais. Elle imagine sans peine l'isolement de Ginny à tourner en rond dans ce QG minuscule. Sans but.

- Il faudrait voir avec Harry, c'est lui qui dirige les opérations, murmure-t-elle à mi voix.

Ginny la lâche brusquement avec un air dédaigneux collé au visage.

- Tu connais déjà sa réponse, Hermione. C'est pour ça que je voulais te le demander à toi. Je sais que tu me comprends.

Ses traits se détendent légèrement et un instant, le cœur d'Hermione se comprime douloureusement devant le désespoir qui anime son amie.

- Je t'en prie. Tu sais ce que ça fait d'être mise à l'écart, fait-elle le regard suppliant.

La gorge d'Hermione se serre et ses yeux s'embuent quelque peu.

- Je ne peux pas, Ginny, gémit-elle. Tu me demandes de choisir entre toi et Harry.

Ginny se relève brusquement et plante sur elle un regard si déçu qu'il lui brise le cœur.

- Ne gâche pas ta salive, Hermione. Je connais déjà le choix que tu vas faire…

- Ginny… Tempère la jeune femme avec douceur.

Elle n'a qu'une envie, effacer l'amertume qui s'accroche au visage de son amie.

- De toute façon, ça n'a jamais été que vous trois, quoi que je fasse. Je n'étais jamais assez bien pour faire partie de vos petites expéditions.

Hermione ouvre la bouche, surprise par la froideur qui émane de son amie. Ses yeux glacials et sa mâchoire serrée.

- Comment peux-tu dire ça? Fait-elle abasourdie. Tu oses comparer une mission de Guerre à des jeux de… gamins!

- A échelle moindre, c'est la même chose, Hermione. Il n'y a jamais eu de place pour quelqu'un d'autre. Tu ne sais pas ce que c'est, toi, d'être la cinquième roue du carrosse.

- Es-tu vraiment en train de me faire une crise de jalousie, Ginny? Siffle Hermione, outrée.

La rouquine se contente de darder un regard flamboyant sur son amie qui écarquille brutalement les yeux. Elle a du mal à tolérer l'injustice qui lui est faite. Comme si elle avait choisie d'être balancée dans cette Guerre aux côtés de ses amis.

- Mais vas-y, je serais plus que ravie d'échanger ma place avec toi! Demain, je serais peut-être morte, tout ça parce que j'ai un jour croisé la route d'Harry Potter…

Ginny ouvre la bouche pour répliquer mais Hermione ne lui en laisse pas le temps, elle lève une main pour interrompre la diatribe qu'elle prépare.

- Si c'était à refaire, je le referais. Ne te méprends pas sur mes propos. Harry est la meilleure chose qui me soit arrivée. Mais il n'a pas demandé tout ça! Et Ron et moi nous faisons ce que nous pouvons pour l'épauler au mieux. Mais quand l'espoir de milliers de sorciers repose sur lui, la mission est délicate. Parce que… nous n'avons aucune idée de comment procéder! Nous n'avons que dix huit ans! A notre âge, nous devrions nous amuser, ne penser qu'à ce que nous porterons le lendemain. Ou à ce que nous voudrions faire dans le Futur… Mais tu vois Ginny, moi, je ne suis pas certaine d'en avoir un, de futur. Alors, quoi? Tu vas m'en vouloir parce que je refuse que tu te fasses tuer avec nous? Parfait! Mais au moins l'une de nous vivra et tant pis si tu dois passer le reste de tes jours à me détester.

Et Ginny ne dit rien. Elle reste figée, hébétée à la fixer de ses yeux marines. Elle veut dire quelque chose mais semble ne pas s'y résoudre. Mais Hermione n'en a que faire, elle ne veut pas écouter, elle ne veut plus rien entendre. Elle se lève, tremblante de colère, et le monde tangue brusquement, la tête lui tourne.
Ginny encense un pas vers elle mais alors que tout s'est enfin stabilisé, elle quitte la pièce, sans un regard pour la jeune Weasley.


- Tu as parlé à Ginny?

Hermione lève à peine le nez de l'énorme livre qu'elle est en train de feuilleter. Une main est encore plongée dans les cheveux d'Aidan qui s'est endormi contre elle. Elle ne répond pas. Neville soupire bruyamment et la jeune femme daigne finalement lui accorder toute son attention. Sans bruit, elle ferme l'ouvrage et plante un regard déterminé dans le sien.

- Neville, nous ne sommes plus dans les couloirs de Poudlard. Tu n'as pas à venir jouer les entremetteurs comme ça. Ginny a dit ce qu'elle avait à dire et moi aussi. Je n'ai rien à ajouter.

Le jeune homme esquisse une légère grimace. Elle sait qu'il n'aime pas vraiment les tensions. Il en a trop souffert étant jeune. Hermione soupire avant de poser une main avenante contre son bras, abandonnant le visage du petit garçon. Elle lui offre un léger sourire, un peu terne, il est vrai, mais un vrai sourire tout de même.

- Ça passera, Neville, ne t'en fais donc pas.

Il hoche lentement la tête, les yeux baissés. Elle finit par lâcher son bras avant de replonger dans le bouquin sur les sorts et enchantements. Neville ne bouge pas, il reste près d'elle, n'osant souffler mot. Puis finalement, il dit:

- J'ai veillé Luna comme tu me l'as demandé.

- Tu as été parfait Neville, fait-elle avec tristesse. Néanmoins, je doute qu'elle ne se réveille un jour…

Neville serre la mâchoire.

- Ne dis pas ça. Il faut garder espoir.

Elle hoche la tête rapidement.

- Bien sûr. Je ne le perds pas.

- Elle a parlé… Lorsqu'elle était endormie.

Hermione pivote vers lui brusquement, l'encourageant à lui en dire plus.

- Crié ou gémi plutôt… Se reprend-il. Mais j'ai distingué un nom là dedans.

- Lequel? Fait la jeune femme le cœur battant.

- Bellatrix Lestrange.

Hermione ferme les yeux brutalement essayant de retenir le flot de haine qui enfle en elle. Sa main trouve naturellement le chemin de son pendentif et elle s'y accroche brutalement.


Tic-Tac Tic-Tac Tic-Tac. Le murmure de la grosse horloge entame sa litanie entêtante. Elle peut presque entendre les battements de son cœur se caler sur cette cadence. Le silence plane dans la cuisine du Square Grimmaurd. Les nez sont plongés dans les assiettes et les regards évitent soigneusement de se croiser.
Le repas de Mme Weasley est terriblement savoureux pour eux, qui n'ont connu que les repas dans les Grottes. Molly pince les lèvres, elle brûle de parler mais sa bouche reste sèche. Arthur n'a de cesse de jeter des coups d'œil anxieux dans sa direction. Hermione le sait, elle désapprouve totalement l'idée de les laisser prendre part au combat. Encore une fois. Elle sait également que bien qu'elle les considère comme ses propres enfants, elle n'a pas son mot à dire en ce qui concerne Harry et Hermione. Elle a tenté par tous les moyens de les décourager à suivre cette voie. Mais ils n'ont pas faibli. Jamais, même devant son regard suppliant et déchiré.
Rompant le silence gênant, la porte du QG s'ouvre avec un grincement sinistre qui les oblige à se figer, l'oreille tendue. Le mécanisme se déclenche et la voix lasse de Remus Lupin s'élève.

- Ce n'est pas moi qui vous ai tué, Albus.

Tous les visages se tournent vers lui dès qu'il pénètre dans la pièce mais c'est Hermione qu'il fixe lorsqu'il prend la parole d'une voix sombre:

- Les Nés Moldus ont été évacués vers la Chaumière aux Coquillages. Nous avons subi de nombreuses pertes.

Sa voix est triste, lasse.

- Nous avons retrouvé Charlie Weasley et les trois jeunes filles qui l'accompagnaient.

Molly laisse échapper un gémissement de soulagement.

- Tu leur as probablement sauvé la vie, Hermione, lui dit-il les yeux pétillants de fierté.

Hermione baisse les yeux. Elle se sent apaisée de savoir qu'ils sont en vie. La matriarche des Weasley pose sur elle un regard empli de gratitude qui fait s'emballer son cœur.

- Merci, Hermione, fait-elle.

Elle hoche la tête, presque intimidée, alors qu'Harry pose une main tendre sur ses genoux, lui conférant le soutien qu'elle attend. Elle finit par se lever, un petit sourire crispé flottant sur ses lèvres. La tête lui tourne à nouveau, trop violemment pour qu'elle ignore. Elle s'agrippe au dossier d'une chaise, priant pour que cela passe.

- Hermione? Fait la voix inquiète de Ron un peu lointaine.

Elle sent Harry tout proche d'elle mais elle distingue très mal les sons, les couleurs. Puis tout cesse. Elle respire enfin.

- Je vais bien, fait-elle en brassant l'air d'un geste de la main devant la masse de regards inquiets qui la fixe.

Persistent encore les yeux inquisiteurs d'Harry et Remus qui la fixent intensément. Elle se détourne d'eux et finit par monter à l'étage rapidement.


Elle pose deux doigts contre son front pâle. Elle déteste ce sentiment atroce, que le contrôle lui échappe inexorablement. Elle soupire, préférant laisser ses soucis de côté pour l'instant.

- Hermione? Fait une voix dans l'encadrement de la porte.

Elle se tourne légèrement avant de croiser le regard anxieux de Remus.

- Remus, souffle-t-elle. Que se passe-t-il? C'est au sujet des grottes?

- Non, Hermione.

Il s'approche d'elle, le front barré d'un pli soucieux.

- Je m'inquiète pour toi, pour ta santé.

Elle secoue la tête, les lèvres pincées.

- Je vais bien, Remus, répète-t-elle d'une voix égale.

- J'aimerais que tu vois Devon… Lui confesse-t-il d'une voix tendue.

- Ce ne sera pas nécessaire puisque tout va bien, fait-elle un peu plus abruptement.

Il fronce les sourcils.

- C'est un ordre, Hermione. Je ne veux pas que mon unité soit défaillante.

Elle cille brusquement. Elle n'a pas d'arguments valables à opposer à cela. Il prend soin d'elle et ce n'est qu'un prétexte. Elle voudrait que tous cessent de s'inquiéter pour elle et pensent au lendemain.
Harry apparaît derrière l'épaule de leur ancien Professeur, lui apportant un soutien solide. Le goût amer du coup monté flotte un instant avant qu'elle ne lâche, mâchoire crispée:

- Parfait, dans ce cas…

- Et je t'amène tout de suite.

Elle soupire, résignée.


Les deux hommes se parlent à voix basse et elle n'apprécie pas du tout. Remus est tendu alors que Devon jette des coups d'œil anxieux vers elle. Elle a presque envie de dire qu'elle est là, elle est à deux doigts de se transformer en petite fille capricieuse qui tape du pied. Elle angoisse, c'est indéniable .Puis Remus s'approche d'elle, à pas lents.

- Hermione, commence-t-il avec une voix prudente qu'elle déteste immédiatement. Toi et Ron…

Elle plisse les paupières, il a ce ton prudent de celui qui va vous dire quelque chose que vous ne souhaitez pas entendre.

- Ou Jon peut-être ?

Il s'éclaircit la gorge. Il hésite, fuit son regard. Elle le sent anxieux, désireux de se trouver ailleurs que dans cette pièce, avec elle et en ce moment.

- De quoi parlez-vous, Remus? Demande-t-elle, plus égarée que jamais.

Alors Devon le dit. De sa voix froide et assurée. Celle dont il se sert quand il parle aux Membres de l'Ordre autour d'une table de marbre. Il le dit avec concision, précision, il essaie de faire ça avec détachement, comme si ça ne l'affectait pas.

- Tu es enceinte.

La phrase claque. Presque comme s'il l'avait hurlé au creux de son oreille. Elle se fige, une main crispée posée sur son ventre. Elle regarde le vide. L'information a du mal à passer, elle est là, aux portes de son esprit, mais refuse d'en franchir le seuil.

- Hermione, fait une voix douce au creux de son oreille qui la fait sursauter.

Ses yeux tombent dans ceux de Remus, il est infiniment tendre, peiné aussi.

- Impossible… Murmure-t-elle d'une voix hachée.

Ses mains tremblent et ses yeux affolés courent sur les deux hommes qui lui font face.

- Non.

Elle secoue la tête avec violence, les sanglots se massant avec force au fond de sa gorge. Devon esquisse une grimace devant son visage barré de douleur. Remus pose une main sur son épaule. C'est un faible réconfort et il le sait.

- Non, répète-t-elle, moins fort cependant.

- Hermione, commence Devon prudemment. Le père…

- Non, je…

Elle ne veut pas qu'ils posent de questions. Elle veut simplement qu'ils la laissent dans cet abîme profond dans lequel elle s'est plongée. Mais ils ne partent pas, ils se contentent de rester là, près d'elle. Jusqu'à ce que ses pleurs se tarissent et que ses gémissements s'apaisent.


Ses joues enfantines, son regard tendre et ses boucles brunes la touchent plus que de mesure. Il l'observe comme s'il voulait la retenir encore près de lui.

- Pourquoi es-tu triste? Fait-il de sa voix chantante.

Elle sent la tendresse la submerger avec douleur. Elle lui adresse un sourire aussi doux qu'elle le peut et ses mains se perdent dans ses cheveux bruns.

- Je vais devoir partir et je ne sais pas quand je reviendrais.

Elle voit son regard se ternir avec brutalité et son cœur se comprime douloureusement. Il a déjà tant perdu.

- Je reviendrais, lui fait-elle.

- Tu me le promets?

Elle hésite.

- Oui

Il a un sourire qui fleurit sur son visage et elle se dit que c'est probablement la plus belle chose qu'elle n'ait jamais vue.

- Il faut dormir maintenant. Et peut-être que lorsque tu te réveilleras, je serais là.

Il se love dans le lit, l'air apaisé. Elle caresse sa joue fraîche, la gorge obstruée par des sanglots muets. Elle attend jusqu'à ce que sa respiration se régule, jusqu'à ce qu'il soit plongé dans un sommeil profond, celui où personne ne peut plus l'atteindre. Puis elle se lève doucement et gagne sa chambre, l'esprit embué.
Ses doigts gourds défont le lacet qui retient sa cape. Elle a chaud brusquement. Ses yeux glissent sur le grand miroir qui surplombe sa chambre. Le reflet lui renvoie l'image d'une jeune femme qui lui est étrangère. Elle se reconnaît à peine.

- Tu ne peux pas y aller, Hermione.

Elle soupire vivement, cela devient une habitude à présent.

- J'y vais, Remus. Je n'abandonnerai jamais Harry.

Il soupire bruyamment, ses traits sont infiniment las.

- Rien de ce que je pourrais te dire ne te feras changer d'avis, n'est-ce pas?

Elle l'observe un instant. Il a pris dix ans, soudain. Son visage est pâle et ses yeux soulignés de cernes violacés qui refusent de quitter son visage depuis des mois. Elle finit par secouer la tête, désolée.

- Mais ton enfant…

Elle lève une main, elle ne désire pas en parler pour l'instant. Elle n'a pas envie qu'on enfonce le couteau un peu plus profondément dans la plaie. Ses yeux brillent mais elle empêche les larmes de franchir la barrière de ses yeux Elles se pressent tout contre, pourtant.

- Remus, je…

Il hoche la tête. L'empêchant de continuer, de finir sa phrase.

- C'est juste qu'avec Tonks qui…

Il hausse les épaules, un éclat douloureux traversant son regard miel. Elle porte une main à ses lèvres, horrifiée. Fixée sur son petit enfer personnel, elle n'a pas pensé une seule fois que sa situation faisait écho à l'histoire de Remus. Elle déglutit difficilement,et tremble un peu.

- Pardonnez-moi, je…

Il s'approche d'un pas mais ne fait rien. Ses yeux brillent de douleur.

- Abandonne, je t'en prie. Ne prends pas le risque de vous tuer tous les deux.

- Je ne suis pas Tonks, fait-elle en sentant ses sanglots lui échapper.

D'une main tremblante, il efface les quelques larmes qui noient son visage émacié. Elle le fixe un instant, les yeux fondus l'un dans l'autre, puis doucement, il soupire,avant de l'attirer contre lui, la laissant pleurer et inonder sa cape en feutre. Il a cette stabilité étonnante qu'un homme de son âge peut lui apporter. Elle se sent forte près de lui. Il pourrait être comme un père pour elle. Ou un parrain. Une force tranquille, solide. Un appui inébranlable.
Avec douceur, il finit par la détacher lentement de lui.

- Je ne veux pas que Jon soit encore responsable d'un malheur.

Elle plisse les yeux. Elle a du mal à saisir ses paroles. Puis la lumière se fait. Elle secoue la tête, emprisonnant sa lèvre inférieure entre ses canines.

- Jon n'a rien à voir là dedans.

Il fronce les sourcils. Il avait l'air d'y croire réellement.

- Ron? Souffle-t-il.

- Non, répond-elle d'une voix atone.

Il ouvre la bouche, plus perdu que jamais. Elle peut presque entendre les rouages de son esprit fonctionner à toute vitesse. Il l'observe un instant, les yeux ancrés dans les siens. Puis sa main se porte à la poche de sa cape et il en ressort un mouchoir en papier qu'il lui tend.

- Allez, viens. Il est temps de rejoindre les autres.

Le sentiment de gratitude qui envahit la jeune fille est immense en cet instant. Elle s'empare du mouchoir et essuie les larmes encore accrochées à ses cils. Avant de jeter un dernier regard sur le petit garçon qui dort à point fermé. Elle se battra pour lui. Remus quitte la pièce et elle s'empresse de le suivre. Il la précède, dévalant les marches avec rapidité. Elle cale son pas au sien. A l'étage inférieur, les mines sont grises. Harry et Ron sont prêts. Ils fixent la fenêtre avec anxiété. Tous sont regroupés dans le petit Hall. Les visages se tournent vers Hermione mais elle n'a d'yeux que pour son meilleur ami. Elle imagine sans peine le tumulte qui l'agite, la responsabilité que cette mission implique. Elle frissonne et s'approche de lui. Elle veut lui apporter tout son soutien. Toute sa force. Mais quand elle arrive à son niveau, elle peut voir que ce n'est pas cela qui l'inquiète le plus. Il vrille son regard au sien, l'interrogeant silencieusement. Il pense à sa visite chez Devon. Elle lui renvoie un sourire qu'elle veut apaisant mais elle voit qu'il n'est pas dupe. Il a bien dû voir l'éclat de douleur dans son regard, sentir la tristesse qui émane d'elle. Ça a toujours été ainsi entre eux. Mais il ne dit rien. Il la connait trop bien. Son regard balaie les visages inquiets en face de lui. Et Hermione l'imite. Ses yeux glissent sur Ginny qui détourne les siens quand elle les croise. Son cœur se serre brutalement. Pourtant, elle sent qu'elle a pris la bonne décision. Molly Weasley ose à peine les regarder, les larmes brillent dans ses yeux. Arthur est là. Il est prêt à partir. Sa baguette passe d'une main à l'autre, sa nervosité à peine dissimulée. Remus s'éclaircit la gorge.

Ils sont sur le départ.


Respirations saccadées, regards fuyants, Hermione observe à la dérobée les cinq hommes qui constituent son unité. L'un d'eux s'appelle Hervey Don, ses cheveux noir et son front dégarni prouvent son âge avancé, c'est un père de famille. Un fils de Moldu. Il est fort et rapide. Indispensable. Pen Harris, n'a pas encore vingt ans, il a un regard bleu délavé et ses cheveux clairs tombent sur ses épaules avec grâce. C'est un combattant hors-pair. Waine Fletcher a une fille dans les cachots, une Sang Mêlée, il se battra jusqu'à la mort avec eux. Ech Stern est un fin stratège. Et Lila Parker sait se battre comme peu de femmes. Elle a seize ans à peine et des cheveux rouge abondants.
Au départ, certains ont un peu protesté. Ils n'ont pas aimé l'idée qu'Hermione dirige ce groupe. Mais la jeune femme n'est pas un chef. Elle n'a pas l'étoffe du leader. Il n'y a pas vraiment de guide dans son groupe. Elle laisse place à chacun. Elle ne décide pas pour eux.

Elle attend, le cœur battant, ses espoirs se faisant la malle à chaque minute qui passe. Puis c'est le moment. Le temps est rapide, il ne suspend pas son vol. Elle a juste le temps de sentir l'air lui manquer qu'ils font un pas en avant et pénètrent dans la fosse aux lions, terrorisés.
Elle pose une main sur son ventre. Et la douleur se comprime au fond de son cœur.
Le QG fait écho aux cachots de Poudlard. Sombre. Bordé de pierres humides et à l'odeur nauséabonde. Elle frémit. Ses pas la guident d'eux mêmes. Elle pense aux onze membres de l'Ordre qui ont péri pour infiltrer le QG. Irvin Carter et tous les autres, ceux qui leur permettent d'être ici. C'était quand, déjà? Elle en a oublié le cours du temps…
Ses doigts sont enroulés autour de sa baguette. Elle glisse, ses mains sont trop moites. La peur lui noue le ventre mais elle avance quand même. Elle le doit.
Ils doivent être extrêmement prudents. L'unité d'Harry a normalement dégagé l'accès aux cachots. Il était censé déblayer devant elle pour leur permettre de ne s'occuper que d'une chose: la libération des prisonniers.
Elle avance en tête, tous sont derrière elle, et Hervey et Pen qui ferment la marche sont un pas derrière eux. Ils veillent. Elle arrive tout près. Et l'odeur la saisit, violente. Le sol dallé est recouvert de sang séché et d'entrailles à moitié putréfiées. Son cœur se soulève. Elle déglutit difficilement. Les yeux de Lila brillent brusquement et la jeune fille s'éloigne d'un pas pour vomir son dégoût. Hermione serre les dents. Les gémissements emplissent brutalement ses oreilles. La douleur règne en maître. Elle approche d'un cachot, sa main tremblante s'étend, elle va lancer le sort mais brutalement, une silhouette fond sur elle. Elle s'attend à un impact, sa baguette a été dégainée hâtivement. Mais Waine est plus rapide. Une lame brille dans l'obscurité et le Mangemort s'effondre à terre dans une marre de sang. Il a une main enroulée autour de sa gorge tranchée, il agonise.

- Je croyais que Potter avait fait le ménage, grince-t-il.

Hermione ne répond pas. Elle détourne le regard et termine d'ouvrir la porte du cachot. Elle tente d'ignorer le sentiment oppressant d'angoisse qui la paralyse presque lorsqu'elle songe à Harry.
Elle fait un signe de tête et les autres s'affairent pour sortir les prisonniers à leur tour. Pen surveille le couloir. Hermione pénètre dans la cellule et elle sent la bile remonter à ses lèvres.
L'homme a les yeux vitreux. Son teint est cadavérique. Il lui manque un bras et la plaie est à vif. Elle ne saurait dire quel âge il a tant son visage est déformé par les coups qu'il a reçus. Il marmonne des paroles incompréhensibles, comme fou. A ses pieds, deux autres prisonniers gisent, morts. L'un d'eux depuis plusieurs jours déjà. Plus que du dégoût, c'est la haine qui déferle dans les veines de la jeune femme. Elle arrache un pan de sa cape et s'approche de lui à pas rapides. Elle pose une main sur son épaule et c'est un glapissement terrorisé qui lui tord l'estomac qui sort de la bouche de l'homme.

- Je suis Hermione Granger de l'Ordre du Phoenix, nous venons vous aider… Murmure-t-elle, se confondant en paroles apaisantes.

Au bout d'un instant, il finit par s'apaiser. Et elle noue le morceau de tissu autour de son moignon ensanglanté. Elle passe un bras sous lui et le sort du cachot. Ech le réceptionne difficilement. Ses pas sont rapides et elle s'empresse d'ouvrir une nouvelle cellule.
Elle vacille à nouveau mais elle tient le coup, il le faut. Ce n'est que le début. Celui-ci est déjà mort et les vers ont entrepris de se charger de sa dépouille dont il ne reste presque rien.
Dans la troisième cellule, une fillette est recroquevillée dans un coin. De larges plaies sont ouvertes sur son corps et il ne reste presque rien de ses vêtements. Hermione délace sa cape et s'approche d'elle, murmurant des parles à voix basse. La jeune fille finit par lever de grands yeux bleus vers elle, elle se sent faiblir sous l'espoir qui naît de ses prunelles. Elle passe la cape autour de ses épaules et l'aide à se relever.

- Ina… Tremble une voix à ses côtés.

Waine a passé ses bras autour de la jeune fille et Hermione se sent soulagée pour lui. Mais son corps tremble et ses yeux ne reflètent plus que la colère assourdissante qu'il ressent. Elle frémit.
Ses yeux balayent le couloir et les visages pâles et affligés de son groupe. Il n'y que quatre prisonniers encore en vie. Sur les quinze cachots qu'ils ont ouverts. Un homme tient encore sur ses jambes. Il porte de multiples hématomes mais il a l'air mieux loti que les autres. Elle s'approche d'Ech et murmure doucement.

- Vous les sortez de là et vous les protégez à tout prix.

- Granger, fait Waine d'une voix hachée. Que fais-tu?

- Je dois aider les autres, murmure-t-elle. Je ne sors pas d'ici sans Harry et Ron.

Tous la toisent, hésitant quant à la démarche à adopter.

- Il faut que vous les sortiez de là.

C'est Lila qui prend les devant. Elle hoche la tête, déterminée. Waine s'approche alors d'elle et il a du mal à lui céder le corps fragile de sa petite fille, lovée entre ses bras.

- Prends soin d'elle, s'il te plaît.

Lila observe les grands yeux sombres de l'homme qui lui fait face et finit par acquiescer.

- Je te le promets.

Elle enroule un bras autour d'Ina. Et la petite fille se serre contre elle nerveusement.

- Quoi? Fait Hermione interloquée.

- Je viens avec toi, fait Waine en se tournant vers elle.

Puis son regard glisse à nouveau sur sa petite fille et sa mâchoire se crispe dangereusement.

- Papa, gémit-elle en dardant un regard azur sur lui.

- Je reviens, promet-il d'une voix hachée en glissant une main tendre sur sa joue.

Lila réfute les larmes qui affluent. Et Hermione sent son cœur se briser.

- Tu n'es pas…

Waine pivote à nouveau vers elle, le regard dur.

- Je veux faire payer à ces raclures tout le mal qu'ils lui ont fait.

Elle hoche la tête, déterminée. Puis son regard glisse sur Ech, Pen, Hervey et Lila.

- Soyez prudents.

Ils acquiescent avant de se détourner d'eux, une main protectrice autour des prisonniers. Waine darde sur elle un regard qu'elle lui renvoie. Ils se mettent en marche.

Des bruits de pas, une course rapide, presque folle.

- Merde, grince Waine. Ils les ont repérés.

Hermione galope déjà. Elle fonce vers le centre du QG, l'autre sur ses talons. Elle a la baguette dégainée et sa haine n'a toujours pas baissé. Toujours pas. C'est comme si elle enflait à mesure que le temps passe. Elle court un peu plus vite, sa respiration heurtée. Les pas s'accélèrent. Au détour d'un couloir, deux Mangemorts les attendent. Elle s'immobilise, parant les sorts du mieux qu'elle peut. Ils sont forts, presque trop. Elle recule. Une douleur brûlante lui saisit le bras et elle sait qu'elle est touchée. Elle gémit, Waine parvient à en mettre un à terre. Il s'écroule, mort. La violence est palpable. Il est aux prises avec le second. Ses traits sont déformés par la rage. Mais le Mangemort a l'avantage. Waine faiblit.

- Avada Kedavra.

Elle l'a lancé. Pour la seconde fois. Elle se demande si elle finira par s'habituer. S'il y a un nombre à atteindre pour que cet acte ignoble devienne quelque chose de plus facile. Waine vrille sur elle un regard étonné. Elle ne le regarde pas et ils continuent d'avancer. Ils parviennent rapidement au centre. Elle y voit à peine sous la pluie de sorts qui déferlent de toutes parts. Elle pare un sort, se baisse pour en éviter un autre. Elle en lance un, plus puissant que les autres, vers un Mangemort hargneux. Elle tremble. Elle essaie de cherche Harry, Ron. Pour l'instant elle ne les voit pas.
Brutale, une main vient s'enrouler autour de sa bouche, empêchant le moindre son d'en sortir. Elle se débat furieusement. Elle tape, frappe, griffe, mord presque, mais la poigne ne faiblit pas. Elle se sent emportée loin des combats. La peur s'infiltre partout en elle, elle la transpire. Une bouche s'approche de son oreille alors qu'elle sent qu'elle est déjà loin du Centre du QG, déjà loin de ses alliés. Elle entend à peine les cris.

- Ne hurle pas, s'il te plaît.

Son corps se relâche instantanément. Juste parce qu'elle l'a reconnu. Parce qu'il est là. Il délie sa main avec douceur. Et elle pivote brutalement vers lui. Elle se sent happée par son regard métallique brûlant. Elle chancelle un pas. Ses yeux sont nuageux. Il a la mâchoire serrée.

- Qu'est-ce que tu fous ici, bordel? Siffle-t-il.

- Je libère mes amis, répond-elle, un éclat de défi brûlant au creux de sa pupille.

- Tu vas te faire tuer, Granger, répond-il laconique.

Elle frémit.

- Pas sans avoir tué un ou deux Mangemorts au passage, claque-t-elle.

Il hausse un sourcil, un sourire s'imprime sur ses lèvres fines.

- Je ne te connaissais pas cette verve dévastatrice, Granger.

Elle plisse les yeux.

- Il ne faut t'en prendre qu'aux diables de ton espèce, Drago. J'ai vu ce que vous aviez fait aux prisonniers. C'est inhumain. Vous êtes des monstres de la pire espèce et vous méritez de brûler en enfer.

Elle lui crache sa rancœur et sa haine au visage. Un instant, elle le voit ciller. Puis doucement, elle le voit pencher la tête sur le côté. Amer.

- Je te l'avais dit.

Elle secoue la tête vivement.

- Pourquoi tu fais ça? Tu prends part à un combat auquel tu ne crois pas.

Il sourit un peu tristement. Et sa main vient frôler sa joue râpeuse.

- Je n'ai nulle part où aller. Mon père est ici. Je me range aux côtés d'idéaux qui ont bercé mon enfance et même si je n'y crois pas, ils font partie de moi.

Elle baisse les yeux. Et l'Ordre ne voudra jamais de lui, quoi qu'il décide.

- Il y a un combat auquel je crois.

Elle relève les yeux vers lui. Son visage est impassible mais ses traits sont doux. Elle frémit.

- Lequel? Fait-elle la gorge nouée.

Il a un petit sourire qui fleurit sur ses lèvres. Lointain.

- Toi.

Son cœur loupe un battement et il capture ses lèvres avec douceur. Elle s'agrippe à lui presque douloureusement. Il cherche ses lèvres, elle les trouve avec délice. Elle se perd dans son odeur et son nez se perd dans ses cheveux broussailleux. Il la respire avec félicité.
Brutalement, elle se retrouve à terre. Secouée, son regard fouille la pièce et frappée d'horreur, elle voit Remus Lupin pointer une baguette féroce sur Drago à terre, prêt à lui lancer un sort.

- Merlin, Remus, non!

Elle a hurlé et le loup-garou a interrompu son geste, son bras suspendu en l'air. Il pivote la tête vers la jeune fille qui le fixe, terrifiée, les yeux écarquillés. Il hésite, elle peut le lire au fond de ses prunelles miel. Son cœur réprime un battement violent.
Malefoy tourne son regard vers elle, le visage dur. Mais pour une fois, ce n'est pas lui qu'elle observe, c'est son ancien professeur. Elle lui adresse un regard suppliant, déchirant et avec lenteur, il baisse son arme, dardant un regard dégouté au jeune homme à terre. Il finit par s'approcher d'Hermione à pas rapides et l'attrape par le bras, l'entraînant loin du Mangemort. Par-dessus son épaule, elle lui jette tout de même un regard brûlant auquel il répond sans hésitation. Mais ses pas se calent sur ceux de Remus et bien vite, elle ne l'aperçoit plus dans son champ de vision. Le lycanthrope la traîne vers le centre avant de s'immobiliser brutalement.

- Remus… commence-t-elle.

Mais sa voix meurt dans sa gorge quand elle voit le regard qu'il lui adresse.

- C'est lui le père, n'est-ce pas?

La voix a claqué, un peu sèche. Un peu rauque. Elle baisse les yeux. Honteuse, réellement. Il secoue la tête, le visage dur et reprend sa marche. Elle le suit. La baguette serrée dans ses mains.
Ils retournent vers la bataille qui fait rage. Elle a la démarche hésitante. Il est dur pour elle d'avancer sans faiblir. Elle voit encore la déception se peindre dans les beaux yeux ambrés de Remus. Sa gorge est obstruée.
Elle peut voir Harry et Jon dans une position délicate. Elle ne réfléchit plus. Ses pas la mènent près d'eux et les sorts qu'elle lance semblent ne pas ralentir les Mangemorts. Remus a pris part à la Bataille lui aussi. Ron est introuvable. Des Membres de l'Ordre sont à terre mais des Mangemort aussi. Merlin, comment vont-ils s'en sortir.?

- Ça suffit, tonne une voix glaciale.

Elle ne l'avait entendue que dans ses pires cauchemars. Mais elle se rend compte que les rêves étaient bien plus doux. Il a ce ton froid et dur des maîtres du monde qui ont détruit des millions de vies. Un timbre égal et empli de cruauté.
Et il apparaît là, au beau milieu du théâtre des Horreurs. Un frisson glacé descend le long de sa colonne vertébrale. Ses yeux rouges fixent un point derrière elle et son visage pâle la paralyse de terreur.

- Et bien, Harry. Bienvenue chez moi, susurre-t-il d'une voix suave.

Alors instinctivement, elle fait un pas en avant. Un pas pour protéger Harry.


Alors? Verdict? Lancé de pierres? :$