Et voilà un nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira.

Chapitre 14 : Video meliora proboque deteriora sequor

(Je vois le bien, je l'aime et je fais le mal)

[…] Sa main était devenue transparente.

Hermione poussa un cri de stupeur, tandis que son colocataire semblait garde son calme. La main de Tom était presque invisible à l'oeil nu, on ne pouvait en distinguer que de vagues contours.

- Mais qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle

Elle se saisit de sa main devenue transparente. Au moins elle pouvait la sentir, même si elle ne pouvait plus la voir.

- J'en sais rien, répondit Tom.

La brune serra la main du jeune homme dans la sienne. Elle espérait provoquer un changement, même minime. Mais son intervention n'eut aucun effet. Le cerveau de la sorcière tournait à plein régime. Elle se leva soudain de sa chaise et se saisit du carnet qu'elle avait posé sur la table basse. Elle l'ouvrit, et se mit à chercher la description du sort que lui avait lancé Malefoy. Mais l'écriture de ce dernier était illisible, et elle avait du mal à déchiffrer ce qu'il avait écrit. Pour chaque mot qu'elle comprenait elle regardait la main de Jedusor, affolée.

- Je n'ai pas mal. Alors concentre-toi sur le carnet au lieu de te disperser.

Sa voix était froide, son ton mordant. Cela faisait bien longtemps qu'il ne lui avait plus parlé de la sorte. Il devait être vraiment inquiet pour changer comme cela. Mais Hermione dut admettre qu'il avait raison, et elle se concentra de nouveau sur le carnet. Quand elle trouva enfin la page où Lucius Malefoy décrivait son sortilège elle poussa un soupir de soulagement. Ses yeux parcoururent rapidement la page, et s'écarquillèrent lorsqu'elle lut les derniers mots qu'elle contenait. Le carnet s'échappa de ses mains, et s'écrasa sur le sol.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? questionna le jeune homme

Hermione se prit la tête entre les mains. Elle était complètement perdue.

- Putain.. jura-t-elle

Tom réitéra sa question. Elle leva la tête, ses cheveux courts encadrant son visage tendu.

Tu es en train de mourir.

Ils s'observèrent sans prononcer un mot. Le visage de Tom n'avait pas changé d'expression. Le sorcier restait désespérément silencieux. Devant le manque de réaction du brun, Hermione se leva et donna un coup de pied dans le carnet.

- Tu vas mourir Tom, t'entends ? Alors dis quelque chose !

Elle avait hurlé.

- Qu'est-ce que tu veux que je dise ? Je vais trouver une solution au problème, voilà tout.

Ces paroles eurent l'effet d'une douche glacée sur Hermione. Il semblait ne pas se rendre compte de la gravité de la situation.

- Quand est-ce que tu vas réaliser que tu n'es pas immortel ? Ce sort est en train de te tuer, Tom ! Alors réagis au lieu de prendre ça comme s'il s'agissait d'une simple épine dans ton pied !

- Il suffit de trouver un contre-sort. Ca ne me prendra pas trop de temps. Je ne comprends pas pourquoi tu t'inquiètes de la sorte.

Après avoir prononcé ces paroles, Tom replaça sa tête sur le canapé. Il ressentait encore le contrecoup du sort de magie noire qu'il avait du exécuter durant la soirée. Il releva la tête quand il entendit la porte d'Hermione claquer.

- Personne ne me tuera si facilement, ajouta-t-il pour lui-même.

Pourtant, il ne pouvait empêcher ses mains de trembler. Hermione s'était quant à elle réfugiée sous sa couverture. Elle n'arrivait pas à digérer ce qu'elle venait de lire, et ne comprenait pas la réaction de Jedusor. Il allait mourir. Ce sort allait le dévorer petit à petit, jusqu'à ce qu'il s'éteigne. Mourir. Elle répétait ce mot mentalement. Mourir, mourir, mourir.

Elle songea à tout ce qui s'était passé depuis son arrivée à Poudlard. La manière dont elle le détestait au début. Puis quand elle avait commencé à l'apprécier. Et maintenant... Maintenant elle ne savait plus où elle en était. Et lui allait mourir. Mourir. Tout ça à cause de Malefoy. A la pensée du mangemort, elle se mordit les lèvres de manière incontrôlable. Il était la source de tous ses problèmes depuis le début. Il avait causé ses cauchemars horribles, allant jusqu'à la violer durant l'un d'eux. Elle sentait encore ses mains avides sur son corps, et son souffle haletant dans le creux de l'oreille. Elle étouffa un cri dans l'un de ses coussins. Même si rien de tout ça n'avait été réel, elle l'avait senti en elle. Elle avait été souillée de manière irréversible. Et maintenant Tom allait mourir.

Elle jeta son coussin par terre, et sanglota doucement. Il ne pouvait pas l'abandonner. Pas maintenant, alors que tout ne faisait que commencer.. Quand elle entendit sa porte s'ouvrir elle ne releva pas la tête.

- Ma main est redevenue normale. Pas la peine de te faire autant de soucis, je te l'avais dit.

Hermione réprima un haut le coeur. Ils savaient tous les deux pertinemment que sa main n'avait été qu'un signe avant-coureur, et que le phénomène n'allait pas s'arrêter là. Il allait mourir. Elle se leva, et s'avança vers lui. Elle l'attira soudainement à elle, et l'embrassa avec toute la force de son désespoir. Après quelques instants de flottement, Tom répondit à son baiser. Il passa la main dans ses cheveux courts d'un mouvement précipité. Puis il interrompit le baiser et la serra dans ses bras.

- Tu vas mourir Tom. Mourir.. chuchota Hermione

- Je ne laisserais pas ça arriver, je te le promets.

La jeune femme manqua de tomber, accablée par son soudain désespoir. Elle s'accrocha à la chemise de son colocataire. Voyant qu'elle faiblissait, ce dernier la souleva. Il la porta ensuite jusqu'à son lit, où il la déposa avant de s'allonger à côté d'elle. Hermione pleurait silencieusement. Des larmes coulaient sans discontinuer le long de ses joues, avant d'aller s'écraser sur l'uniforme de Jedusor. Ce dernier lui caressait doucement la tête, tentant vainement de la rassurer. Ils restèrent dans cette position durant des heures, n'ayant aucune mesure du temps qui s'écoulait. Ils s'endormirent ainsi, dans les bras l'un de l'autre.

Mais quand Hermione ouvrit les yeux le lendemain matin, elle était seule dans son lit. Elle fouilla la pièce du regard, et réalisa bien vite que Tom n'était plus là. Avec un profond soupir, elle s'assit sur le matelas, et se frotta les yeux. Elle n'avait pas fait de cauchemars cette nuit, ce qui ne lui était pas arrivé depuis bien longtemps.

- Hum hum..

La sorcière se retourna vers la source du bruit, qui se trouvait être le miroir magique de sa chambre.

- Je ne voudrais pas vous embêter Miss, mais il me semble que vous êtes en retard..

Les yeux de la brune se posèrent sur le réveil.

- Oh non !

Elle se leva d'un bond, et courut dans la salle de bain. Les cours commençaient dans à peine dix minutes. Elle prit sa douche en une vitesse record, et retourna dans la chambre pour s'habiller. Une fois dans la pièce, elle jeta un oeil navré à son uniforme. Elle avait dormi avec, et il était réellement très froissé. Dans un soupir, elle ouvrit son armoire pour se saisir de son autre uniforme. Quand la brune regarda de nouveau le réveil, elle réalisa qu'il ne lui restait qu'une minute pour rejoindre sa salle. Après un glapissement de terreur, elle franchit la porte d'entrée et s'élança dans le couloir. Le sport n'avait jamais été son fort à l'école. Aussi, quand elle arriva dans la salle quelques minutes plus tard, ses joues avaient pris une teinte rouge brique et elle avait le visage luisant de sueur.

- Mlle Granger ! On ne vous attendait plus ! s'écria Monsieur Zopin quand elle arriva dans la salle.

Elle s'efforça de lui faire un sourire, avant de se diriger vers la place que le professeur lui désignait. A côté de Jedusor. Quand elle s'assit, ce dernier la regarda avec un sourire narquois.

- Alors, Hermione ? Panne de réveil ?

Elle grommela, et commença à sortir ses affaires de son sac.

- Et évite de t'approcher de moi, ça m'insupporte de t'entendre souffler comme un phoque.

Cette phrase lui fit l'effet d'un coup de poing. Elle savait qu'elle n'était pas très sportive, mais de là à lui faire une remarque dessus.. Surtout qu'après qu'ils aient dormi ensemble, elle espérait qu'il serait un peu plus gentil. Apparemment elle pouvait s'asseoir sur une prétendue gentillesse. Soudain, la vérité l'assaillit. Elle l'avait embrassé.. Elle tourna la tête vers lui, la bouche grande ouverte. Dans la précipitation de ce matin, elle avait omis ce détail. Tom ne sembla pas remarquer son désarroi, son attention fixée sur le professeur.

- Pssst !

Hermione se retourna vers son meilleur ami, qui l'appelait de la table d'à côté.

- Ca va Hermione ? Pourquoi tu as été en retard ? chuchota-t-il le plus discrètement possible

La sorcière lui fit comprendre à grand renfort de gestes qu'elle lui expliquerait après le cours. Après avoir sagement acquiescé, le survivant se pencha vers les notes de Ron, son voisin, et rattrapa le peu de retard qu'il avait pris. Les yeux de Hermione croisèrent ceux du Weasley. Ce dernier lui jeta un regard noir, avant de détourner la tête avec un air de dégoût. Hermione haussa les épaules. Rien de ce qui provenait du roux ne pouvait l'atteindre désormais. C'en était définitivement fini de l'époque où elle l'aimait. Ou croyait l'aimer.

Le genou de son voisin effleura le sien. Tremblante, elle observa Jedusor, toujours passionné par le cours. Il n'avait apparemment pas fait exprès. Merlin, comme elle se maudissait de réagir au quart de tour pour tout ce qui concernait le brun.. Elle observa avec attention sa main droite, qui voltigeait au rythme du discours du professeur. Il n'y avait aucun signe visible du moindre changement. Pourtant elle savait que ce sort était bien en lui, en train de le ronger jusqu'à la moelle. Dans un soupir, elle décida de se concentrer sur le cours. Penser à ça maintenant ne l'avancerait pas beaucoup.

Durant toute la journée, elle s'efforça d'être attentive à son environnement. En vain. Elle n'arrivait pas à soutenir une conversation normale, même avec Harry. Ce dernier s'en était d'ailleurs rendu compte, car il avait bien vite arrêté de tenter d'établir un dialogue. Même en cours, Hermione était absente. Evidemment, elle était capable de répondre aux questions des professeurs s'ils l'interrogeaient. Mais elle n'écoutait que d'une oreille distraite. Son esprit n'était focalisé que sur une seule chose : Jedusor, qui allait mourir. Et plus elle y pensait, plus l'étau qui lui comprimait le coeur se resserrait. Quand elle le voyait agir normalement, elle ne pouvait s'empêcher de se dire que tout cela n'était qu'un masque. Et qu'au fond, il devait avoir peur aussi. Même s'il ne montrait rien, la sorcière en était intimement persuadée.

C'est pourquoi, une fois le couvre-feu passé, Hermione se munit de la carte du Maraudeur et de la cape d'invisibilité de Harry afin d'aller rendre une visite au tableau de Dumbledore. Elle savait qu'il ne lui serait d'aucune aide maintenant qu'il était mort, mais elle ne pouvait s'empêcher de vouloir entendre ses conseils. Seul lui connaissait la vérité, et serait en mesure de la conseiller.

Après avoir vérifié une énième fois que McGonagall était absente de son bureau, Hermione souffla le mot de passe. La gargouille qui en gardait l'entrée s'effaça dans un bruit rocailleux. Elle monta l'escalier en colimaçon et arriva bientôt dans la pièce. Celle-ci n'avait pas changé depuis sa dernière visite. Elle n'avait pas d'ailleurs changé depuis que Dumbledore était mort. La directrice devait vouloir honorer sa mémoire en ne touchant à rien. Hermione fut soudain empreinte de nostalgie. Cela lui rappelait les moments où le trio se faisait convoquer par le directeur. Ils avaient toujours tout affronté ensemble.. D'un mouvement de tête, elle chassa ses pensées sombres. Elle observa la pièce, et repéra le tableau du directeur. Qui en était absent.

- Oh non ! pesta-t-elle. Je rêve ! J'ai besoin de lui..

Elle avisa un personnage dans le tableau d'à côté, et lui demanda où était le directeur. Ce dernier lui répondit d'un air maussade qu'il devait être dans son portait du ministère. De rage, Hermione appela d'une voix forte « Professeur Dumbledore ! Monsieur ? ». Alors qu'elle avait perdu tout espoir, elle entendit un froissement de tissu au-dessus de sa tête. Le directeur était revenu dans son tableau.

- Oh monsieur ! J'ai cru que vous n'alliez jamais revenir !

Le vieil homme rigola doucement, et lui jeta un regard empreint de douceur par-dessus ses lunettes en forme de demi-lune. Il avait toujours aimé la jeune fille, qui lui rappelait lui-même étant jeune. Talentueux, avide de savoir. Trop avide peut-être. Après lui avoir galamment offert un bonbon au citron -la boîte du bureau en était toujours remplie-, il lui indiqua qu'il était curieux de savoir ce qui l'amenait ici. N'ayant pas pu parler sincèrement de cette histoire depuis longtemps, Hermione en fut soulagée. Elle en avait marre de cacher la vérité à tout le monde.. La directrice, les professeurs, ses amis.. Aussi, elle vida complètement son sac. Elle recommença son récit depuis le début, même si Dumbledore le connaissait déjà. La brune expliqua comment elle avait décidé de modifier Jedusor au début, et comment elle s'était laissée entraîner dans son propre jeu.. Plus elle avançait dans son récit, plus le sourire sur le visage parcheminé du vieil homme s'agrandissait. Hermione ne comprenait pas vraiment pourquoi, mais elle continuait son monologue, ne laissant que de courtes pauses entre chaque étape du récit. Quand elle eut enfin fini, après ce qui lui sembla être un long moment, le silence se fit dans la pièce.

- Je vois.. fut tout ce que répondit Dumbledore

- Excusez-moi Monsieur.. Mais que voyez-vous exactement ? demanda Hermione

Elle était venue trouver des réponses, pas entendre les fameuses phrases énigmatiques propres à son ancien directeur.

- Eh bien, j'avais raison. La plus grande peur de Tom, n'est-ce pas..

Il passa la main dans sa barbe. Hermione pensa fugacement qu'elle ne comprenait pas pourquoi il faisait cela, vu qu'il n'était qu'un tableau. Mais après tout, peut-être qu'il sentait réellement sa barbe à l'intérieur du tableau ? Elle avait lu un livre sur les tableaux magiques une fois. Mais elle ne s'en rappelait pas vraiment. Le professeur interrompit soudain son questionnement intérieur.

- Eh bien, Mademoiselle Granger. La situation ne semble pas être si désespérée.

- Mais Monsieur, Tom est en train de mourir ! Comment osez-vous dire ça ? S'il meurt, tout sera changé dans notre époque..

- N'avez-vous pas lu la théorie de Nicolas Flamel à ce sujet ? l'interrompit Dumbledore

- Si, mais elle n'a pas été prouvée, avança Hermione. Je ne sais pas si c'est vraiment sage de construire un plan à partir d'une théorie qui n'a pas encore été démontrée..

Un petit rire secoua les épaules de Dumbledore. Il lui répondit calmement.

- Vous vous souvenez que Nicolas et moi avons été bons amis j'imagine ? Eh bien, je peux de ce fait vous affirmer que cette théorie est juste. Nous ne pouvons pas en apporter la preuve concrète, mais Nicolas avait totalement raison.

- Alors, qu'est-ce que ça veut dire ?

- Cela signifie, Mademoiselle Granger, qu'en effectuant ce voyage dans le temps, Tom Jedusor a créé une nouvelle réalité. C'est scientifiquement impossible à expliquer en un laps de temps si court, mais en résumé, notre présent n'est plus relié à son passé dorénavant. Donc sa mort n'aura aucun effet sur notre monde. Elle ne remettra pas en cause ce qu'il s'est passé auparavant.

De rage, Hermione tapa du poing sur le bureau directorial. Ses yeux étaient emplis de larmes.

- Mais vous ne pouvez pas le laisser mourir comme ça, n'est-ce pas ? Vous ne pouvez pas...

La brune imagina le corps froid et rigide de Tom. Mort. Il allait mourir finalement..

- Voyons Mademoiselle, calmez-vous ! Je n'ai jamais dit ça.

Une lueur d'espoir s'empara de la sorcière. Alors comme ça tout n'était pas perdu ?

- Je vais demander à McGonagall de s'occuper de ce problème. Je pense que ce Kingsley ne pourrait pas me refuser une petite faveur.. Je lui demanderais donc de mettre ses meilleurs chercheurs en sortilège sur le coup, qui seront assistés par votre directrice. Cela vous convient-il ?

Hermione acquiesça avec ferveur. Enfin, une issue à ce cauchemar semblait pointer le bout de son nez ! Elle en avait plus qu'assez de ce sortilège qui lui gâchait la vie depuis quelques mois.

- Je ne peux cependant pas vous assurer une totale réussite, ajouta Dumbledore depuis son portrait. Monsieur Malefoy est très doué en magie, et je ne doute pas que le sort qu'il a inventé soit extrêmement complexe.

- Evidemment. Je comprends, répondit-elle.

- Je n'en attendais pas moins de vous. Bien, maintenant vous pouvez vous concentrer de nouveau sur vos études.

Hermione rougit en réalisant qu'elle avait été distraite pendant les cours, et pas qu'aujourd'hui.

- De plus, dit Dumbledore, j'ai appris que c'est vous qui organisiez le bal de la St Valentin cette année ? J'en suis enchanté ! Je suis sûr que ce sera un moment féérique. Mais faites attention, il ne vous reste que deux semaines. J'espère que vous serez en mesure de créer des souvenirs inoubliables pour tous les élèves.

- J'y travaillerais Monsieur !

- Bien. Dans ce cas il ne me reste qu'à vous souhaiter bon courage et bonne nuit.

Dans un sourire, Hermione le remercia. Elle lui assura une nouvelle fois qu'elle allait donner son maximum afin que le bal soit un succès. Puis elle se retira, soulagée. Même si l'avenir était encore incertain, des gens compétents faisaient leur maximum pour les tirer d'affaire. La vie de Tom reposait sur ces inconnus à présent.

Quand elle rentra finalement dans les appartements des préfets, tout était plongé dans l'obscurité. Elle avait espéré que Jedusor l'attendrait, mais apparemment il s'était couché. Hermione ne savait pas sur quel pied danser avec lui. Après tout ils s'étaient embrassés.. Mais vu la conduite de son colocataire cela n'avait été qu'un vague égarement pour lui. A cette pensée, son coeur se serra. C'est vrai qu'après tout, ce n'était peut-être qu'un égarement. Au fond d'elle, elle était déçue de la conduite de Jedusor. Mais elle ne voulait pas se l'avouer. Hermione finit par aller elle aussi au lit, le coeur plus léger que la veille. Elle aurait beaucoup de choses à raconter à Tom le lendemain.

Le lendemain était un mardi. Hermione profita de l'absence de leur professeur de potions, Mr Taylor, pour proposer à Tom de prendre le petit-déjeuner en sa compagnie dans leurs appartements. Voyant qu'elle avait une nouvelle importante à lui annoncer, il accepta de bonne grâce. Elle lui raconta alors son entrevue avec le directeur, et la solution qu'il avait trouvé à leurs problèmes. La brune était si enthousiaste que Jedusor ne put s'empêcher d'être soulagé lui aussi. Ils tenaient une solution du bout des doigts. La directrice devait passer dans la matinée pour récupérer le carnet de Malefoy, afin d'aider l'équipe dans leurs recherches.

Celle-ci toqua à la porte à dix heures et demi, alors qu'ils étaient en train de finir leur déjeuner. Quand Hermione lui ouvrit, elle s'aperçut que McGonagall avait l'air d'excellente humeur.

- Bonjour ! Ne vous embêtez surtout pas pour moi, je ne fais que passer.

La sorcière demanda alors à Hermione où se trouvait le carnet, avant de s'en emparer. Elle feuilleta quelques pages, grimaçant à la lecture de certains passages. Puis elle le referma d'un ton sec, affirmant qu'elle devait vite retourner rejoindre l'équipe d'experts en sortilèges. Avant de partir, elle lança à Hermione.

- Surtout n'oubliez pas Mademoiselle Granger ! Vous avez rendez-vous à dix-huit heures avec votre homologue masculin, Blaise Zabini. Il faut que vous finissiez les plans du bal. Je veux que tout soit parfait !

La directrice s'en alla alors, chantonnant doucement. Hermione afficha un air estomaqué, avant de se retourner vers Jedusor. Décidément, McGonagall était bizarre aujourd'hui.. Tom haussa les épaules, avant de se replonger dans la lecture de son livre.

Durant les cours de Métamorphose et Sortilèges de l'après-midi, Hermione se creusa la tête pour finaliser sa vision du bal de la St Valentin qui prenait place deux semaines plus tard. Elle avait des idées à profusion, mais ne savait pas comment les organiser afin de rendre le bal magique. Ce fut finalement son rendez-vous avec Blaise Zabini qui l'aida à tout mettre en ordre. En parlant avec lui, tout semblait couler de source. Ils pensaient à la même chose au même moment, partageant le même point de vue sur la décoration ou le buffet.. Bientôt, ils eurent fini de régler les moindres petits détails. En regardant les feuilles qui s'étalaient devant eux et contenaient le plan du bal, Hermione se sentit confiante. Ce bal n'allait décidément pas être comme les autres. Il allait être époustouflant.

Durant la première semaine, Hermione fut chargée de prévoir et anticiper les moindres petits détails pour le bal. Elle avait besoin de musiciens, devait trouver quelle sorte de décorations mettre au moyen de quels sorts.. Son programme était donc chargé. Mais elle effectuait sa tâche avec beaucoup de sérieux, ne voulant pas décevoir la directrice et Dumbledore. Elle savait que l'ancien directeur ne pourrait pas assister à ça, mais elle était sûre qu'il allait en avoir des échos. Et elle ne voulait pas que ces échos soient négatifs.

Durant le week-end précédent le bal, Harry vint la voir. Il savait qu'elle avait beaucoup à faire, mais il avait besoin de lui parler. Ils se rendirent donc aux Trois Balais le samedi après-midi. Etre en huitième année et avoir le droit d'aller à Pré-au-Lard quand ils voulaient était un avantage dont ils aimaient profiter. Ils se réunirent donc devant une Bièraubeurre. Harry semblait fatigué. Des cernes cerclaient ses yeux verts, lui donnant un teint maladif. Quand Hermione s'enquit de sa santé, il chassa ses inquiétudes d'un mouvement de main.

- Ne t'inquiète pas pour ça, je vais très bien. C'est juste que j'ai beaucoup réfléchi ces derniers temps, à propos de ce que tu m'as dit. Pour moi et Ginny, précisa-t-il devant l'air interrogateur d'Hermione.

Cette dernière hocha la tête, se souvenant parfaitement de l'ultimatum de Ginny.

- J'y ai donc beaucoup réfléchi. Et j'ai réalisé que je ne pouvais plus vivre sans elle. Je sais qu'on est encore jeunes, ajouta Harry, mais je sens au fond de moi que c'est la bonne. Tu comprends ?

Le visage de Tom s'imposa soudain dans l'esprit de la brune. Oui, elle comprenait parfaitement. Elle hocha donc la tête.

- J'ai donc décidé de lui dire tout ce que je ressens pour elle le soir du bal de la St Valentin. Je sais que ça fait un peu cliché, mais je pense que c'est une bonne occasion..

- C'est l'occasion idéale, assura son amie.

- Ah, tu me rassures. Donc, comme j'ai dit je vais lui dire tout ce que je ressens pour elle.. Et je voudrais lui montrer certains de mes souvenirs avec une pensine.

- C'est une idée géniale ! Mais où est-ce que tu trouveras la pensine ?

- Ne t'inquiètes pas, répondit-il, McGonagall a déjà accepté de me prêter celle de Dumbledore. Le seul problème, c'est que j'aimerais que ce moment soit unique et inoubliable.. C'est pour ça que j'aimerais que tu aménages un petit endroit dans le parc où je puisse lui faire voir mes souvenirs.. Si c'est possible.

Harry semblait gêné, et se tortillait nerveusement les doigts. Hermione éclata de rire.

- Mais bien sûr ! Je serais vraiment ravie de t'aider, et de faire en sorte qu'elle n'oublie jamais ce moment.

Quand elle lui annonça son accord, Hermione crut que Harry allait pleurer de soulagement. En effet, il n'était que peu à l'aise avec l'idée d'exprimer pleinement ses sentiments, et le fait qu'Hermione accepte de s'occuper du cadre le rassurait. Durant le reste de leur rendez-vous, Hermione lui soumis les idées qui lui venaient en tête. Ils discutaient alors des différents avantages et inconvénients de chacune, afin de trouver celle qui serait la meilleure. Ils se décidèrent finalement, et Hermione avait pour tâche de la mettre en oeuvre.

C'est pourquoi durant la semaine suivante Hermione n'eut pas une seconde à elle. Elle était préoccupée par les détails du bal, ainsi que par le projet « Quand Harry rencontre Ginny ». Elle avait renommé ce plan ainsi car le couple la faisait penser au film moldu.

Quand finalement le samedi soir fut là, Hermione pouvait à peine tenir debout. Elle était exténuée. Avant de se préparer pour le bal qui commençait dans une heure à peine, elle prit une potion pour se revigorer. Elle répugnait à faire ça d'habitude, mais elle n'avait pas le choix en l'occurrence. Soit elle prenait cette potion, soit elle s'effondrerait en plein milieu de la piste. Et elle ne voulait rater le bal qu'elle avait organisé pour rien au monde.

Le miroir magique de sa chambre l'aida lors de sa préparation. Comme elle ne lui demandait jamais de conseils, il était ravi d'avoir enfin un peu d'occupation. Il lui fit essayer des dizaines de robes, des dizaines de coiffures, des dizaines de maquillage différents. Quand finalement le miroir décida qu'il avait choisi la bonne combinaison, il la laissa s'admirer des pieds à la tête. Quand elle vit enfin son reflet dans la glace, Hermione resta pantoise. Le miroir magique avait bien fait son travail. Elle ne se reconnaissait pas. Elle portait une robe bustier d'un bleu nuit. La robe était longue, et très légèrement échancrée. Comme la sorcière ne savait pas marcher avec des talons, le miroir lui avait conseillé de mettre de simples ballerines crème. Ce qui allait en effet être beaucoup plus confortable pour danser. Son visage était très légèrement maquillé. Elle ne savait pas se maquiller, et même les conseils avisés du miroir n'avait pas pu changer cet aspect d'elle. Par contre, la jeune femme s'était donnée beaucoup de mal pour sa coiffure. Elle s'était fait un chignon d'apparence simple, mais avec des boucles savamment travaillées. Elle avait de plus piqué des fleurs blanches dans son chignon pour rappeler ses chaussures. En bref, la Hermione peu soignée de d'habitude avait disparu le temps d'une nuit.

- C'est l'heure d'y aller, Mademoiselle ! Je vous rappelle qu'en tant que préfète en chef c'est vous qui devrez ouvrir le bal avec votre cavalier.

- Je sais.. répondit la jeune femme. Merci pour tout, vraiment.

- Mais de rien. Je savais qu'on pouvait faire quelque chose de vous !

Hermione laissa échapper un petit rire, avant de sortir de la pièce. Tom était déjà descendu dans la Grande Salle avec les autres élèves. Quant à son cavalier, il était censé l'attendre devant la tapisserie de Tristan et Iseult qui dissimulait l'entrée des appartements des préfets. Et en effet, quand elle sortit elle le vit posté devant la porte.

- Je ne t'ai pas trop fait attendre ? demanda-t-elle, gênée.

- Pas du tout, assura-t-il. Mais nous devrions nous dépêcher, tout le monde doit nous attendre. Tu es très en beauté ce soir en passant.

- Merci.

Ils descendirent alors les différents escaliers. Les élèves les attendaient dans la Grande Salle, car les deux préfets devaient lancer le bal. Quand ils arrivèrent dans la vaste pièce, un brouhaha régnait. Les élèves semblaient surexcités à l'idée d'aller dans le parc, ce qui les changeait du classique bal dans la Grande Salle.

Cependant, en voyant les deux préfets, le silence se fit. Tous savaient que le moment d'ouvrir les festivités était arrivé. La foule s'écarta pour laisser passer Hermione et Blaise Zabini. La brune essaya de repérer vaguement ses amis dans la foule, sans succès. Elle continua donc sa lancée, et arriva bientôt devant les lourdes portes qui menaient au jardin. Blaise et elle se jetèrent un regard, puis Blaise dirigea sa baguette contre sa gorge afin d'augmenter le son de sa voix.

- Chers élèves, voici le moment que vous attendiez tous avec impatience. J'annonce donc ouvert le bal de la St Valentin !

Hermione poussa à cet instant les portes en bois, qui laissèrent entrevoir le parc. Les élèves, mus par la même frénésie, se hâtèrent vers la sortie ce qui créa un mouvement de foule. Quand tout le monde fut bien sorti, Hermione tapa dans ses mains. Soudain, des milliers de lucioles s'allumèrent, plongeant le parc dans une ambiance tamisée. Un sort s'étendit sur le parc, protégeant tout le monde du froid. Quelques notes de musique résonnèrent alors près du lac. Tout le monde se retourna, et aperçut un groupe très connu du monde sorcier entamer une balade langoureuse. A côté de la scène étaient disposé des buffets chargés de victuailles. Les aliments et plats avaient été choisis avec soin. Devant ces buffets se trouvait une piste de danse. Elle était faite d'herbe plus courte.

Les élèves s'élancèrent vers la piste. Des fleurs blanches et jaunes se mirent alors à briller au sol de manière intermittente, créant l'illusion d'étoiles. Des bancs avaient été disposés dans tout le parc afin de donner aux étudiants l'occasion de se reposer. Ces bancs étaient recouverts de ces mêmes fleurs, qui brillaient faiblement. Des sorts avaient été jetés afin que les élèves puissent s'y asseoir sans écraser les fleurs qui les recouvraient.

Toute la décoration du parc n'était que raffinement. Hermione et Blaise Zabini avait prévu des jeux de lumière sur toute la surface du parc, ce qui rendait le décor surréaliste. A la vue des visages éblouis des élèves, leur effet était réussi. Soudain, Hermione sentit quelqu'un lui sauter sur le dos.

- C'est génial Hermione ! C'est le plus beau bal que j'ai jamais vu ! s'écria Ginny.

Hermione gloussa. Elle se retourna vers son amie, qui s'était préparée pour l'occasion. Elle portait une robe vert d'eau, et était tout simplement sublime.

- Sauf que tu ne peux pas en profiter pour l'instant, dit-elle à la rouquine.

Devant le regard interrogateur de Ginny, Hermione tapa une nouvelle fois dans ses mains. Une luciole s'approcha des deux amies, et se mit à tournoyer autour d'elles.

- Tu dois suivre cette luciole Ginny.

- Où est-ce qu'elle va m'emmener ? demanda son amie

- Tu verras bien ! En tout cas je veux que tu me fasses un compte-rendu détaillé demain !

- C'est promis, maman ! gloussa Ginny en suivant la luciole

Elle s'était élancée après l'insecte, se doutant qu'Harry était derrière tout ça. Hermione la regarda partir, une pointe de jalousie lui transperçant le coeur. Son amie avait vraiment de la chance d'avoir quelqu'un comme Harry. La sorcière scruta alors la foule autour d'elle. Pas la moindre trace de Tom.

Elle soupira, et commença à faire un tour dans le parc. Elle voulait vérifier que tout se déroulait comme prévu. Apparemment c'était bien le cas, et tout le monde semblait s'amuser. Elle repéra dans la foule la directrice danser avec un homme qu'elle ne connaissait pas. Elle semblait radieuse, et la brune se demanda si le comportement bizarre de la vieille femme n'avait pas un rapport avec cet inconnu. Fatiguée malgré la potion qu'elle avait prise, elle s'assit sur un banc à l'écart. Ce bal l'avait vidé de toute son énergie. Elle n'était même plus capable d'en profiter. Soudain, elle sentit quelqu'un s'asseoir à côté d'elle. Hermione tourna sa tête avec espoir, avant de s'apercevoir que ce n'était que son homologue, Blaise Zabini.

- Est-ce que ça va ? lui demanda ce dernier. Tu sembles fatiguée.

- Oui, ça va. Mais c'est vrai que je suis crevée. C'est vraiment du boulot d'organiser un événement de cette taille, pas vrai ?

- Totalement d'accord, acquiesça le métisse. On ne m'y reprendra plus jamais !

Ils s'esclaffèrent tous les deux. Soudain, Blaise regarda la brune. Cette dernière tourna la tête vers lui, et ses yeux noisettes rencontrèrent ceux de son homologue. Le jeune homme approcha doucement sa tête de celle de Hermione. Cette dernière venait de réaliser dans quelle situation elle s'était fourrée, et ne savait pas comment réagir. Elle s'apprêtait à dire quelque chose, quand Blaise fut coupé par une voix.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda la voix glacée de Tom

- Rien qui ne te concerne à ce que je sache, répondit le métisse.

Tom rit sèchement avant de s'approcher.

- Bien au contraire, je crois que cela me concerne directement. Hermione est à moi. Alors maintenant dégage.

- Je pense qu'on pourrait lui laisser la parole, objecta le préfet. Hermione ?

Cette dernière regarda successivement les deux élèves. Puis elle se résigna et tourna la tête vers Blaise.

- Désolée, Blaise.

A l'entente de ces mots, le jeune homme baissa la tête.

- Très bien, je m'incline. Bonne soirée.

Puis il se leva, et partit en direction de la piste. Hermione se leva elle aussi et s'approcha de Jedusor. Ce dernier la regardait avec un sourire victorieux sur le visage. Il était habillé en costard, ce qui le rendait très séduisant.

- « Hermione est à moi » ? lui demanda-t-elle sèchement. Je ne suis pas ton objet Jedusor !

- Je sais. Mais j'avais besoin de le faire partir.

Après un regard méprisant, elle s'apprêta à tourner les talons. Mais Tom la retint par le bras.

- Je ne voulais pas te blesser. Mais le voir près de toi m'a dégoûté, dit-il.

- Ah oui ? Et pourquoi ça ?

- Tu sais très bien pourquoi, siffla-t-il.

- Eh bien non, je ne sais pas pourquoi ! Je ne te comprends pas Jedusor.

Elle esquissa un geste pour se retirer, mais le jeune homme attrapa sa main, et l'obligea à lui faire face. Il avança fébrilement la main vers sa joue, et la caressa lentement. Hermione ferma les yeux, savourant ce contact.

- Pour ça, chuchota-t-il.

Puis il s'approcha d'elle, et déposa un baiser sur ses lèvres.