Disclamair:Les personnages de Naruto ne m'appartiennent en aucun cas. Ils sont à Masashi Kishimoto.

Résumé:Naruto et Sasuke sortent ensemble depuis le collège. Malgré la durée de leur relation, Naruto sent chaque jour que Sasuke s'éloigne de plus en plus de lui et il a peur. Peur de se retrouver tout seul, peur d'avoir mal, peur de souffrir. Et quand il découvre que Sasuke le trompe, il se dit que ce n'est pas grave tant que celui-ci i reste avec lui mais quand cette personne s'avère être l'un de ses meilleurs amis, Naruto est brisé. Si seulement l'histoire se terminait là mais non elle continue. Et au fur et à mesure nous montre un Naruto brisé par la vie. Qui le sauvera? Quelqu'un prendra t-il sa main? Dépêchez vous, in ne tiendra pas longtemps. Entendez ses cris et sauvez le.

Couples :NaruNeji, NaruSasu, GaaraShino, SasuNeji, KibaHIna, NaruSai, SaiHaku, NaruIta. Ca va d'un seul baiser à un lemon.

Genres: OOC, UA, POV Naruto, Romance, Humour.

Merci encore pour vos reviews, on approche des 100 reviews

Ce chapitre a été corrigé par ma bêta-correctrice Misaki-sama. Encore merci ma belle.

Chapitre 13

Je me réveille plus tard dans la journée les reins en feux et les cuisses collantes. Je tâtonne un peu le lit pour voir si Sasuke est encore là mais je ne sens pas sa présence. Me tournant et me retournant encore et encore sur le lit, je manque de tomber quand l'un de mes pieds touche le bord du lit. Avec un grognement, je me rattrape in-extremis aux draps mais me cogne quand même un orteil. La douleur est si aiguë que je n'arrive pas à retenir le petit cri qui sort de ma bouche juste au moment où la porte de la chambre s'ouvre sur Sasuke. Il me regarde deux secondes avant de se mettre à rire.

- Moi qui pensait te trouver endormi, qu'est-ce que tu fais à attraper ton orteil ?

Je lui lance un regard noir sans succès et caresse mon orteil douloureux.

- Je me suis cogné au bord du lit. C'est vraiment dangereux ses trucs là.

Tout en parlant, je lui désigne l'un des montants en fer du lit que Sasuke regarde un moment avant d'hausser les épaules.

- Si tu le dis.

Il ferme la porte puis s'assoit à côté de moi pendant que je remonte la couverture sur mon torse nu. Malgré les mots simples qu'on s'est échangé, à voir son visage je sens directement qu'il compte me reparler de nos ébats matinaux alors qu'il est plus ou moins avec Neji. Je ne sais même pas où ils en sont dans leur relation. Il fait semblant de ne pas remarquer mon geste et esquisse un petit sourire en regardant mon orteil puis sans préambule, son visage arbore un pli sérieux.

- Écoute Naruto, j'aimerais qu'on parle de ce...de ce qui s'est passé ce matin.

Il hésite sur la fin comme si c'est une chose honteuse puis bloque son regard dans le mien. Je ne détourne pas la tête et le contemple à mon tour. Après plusieurs secondes de combat visuel, il baisse les yeux et c'est avec un sourire désabusé que je continue sur sa lancée.

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je ne regrette pas ce qui s'est passé.

Il relève aussitôt la tête et me regarde les yeux ronds.

- Je ne voulais pas dire ça comme ça. Moi non plus je ne regrette pas ce qui s'est passé. C'est juste que... maintenant je suis avec Neji et que je n'ai pas envie de le blesser.

Je prends un air offusqué à cause de ses propos, c'est comme si par là Sasuke me soupçonnait d'avoir couché avec lui dans le but de blesser Neji.

- Je n'ai pas non plus envie de le blesser si c'est ce que tu veux insinuer. Je ne coucherai jamais avec toi pour me venger de Neji.

Voyant que je m'emporte légèrement, Sasuke prend mes mains comme hier soir et les caresses. Je pense que c'est sa façon à lui de me demander pardon. Enfin je l'espère.

- Je sais bien que tu ne ferais jamais ça. Je veux juste dire que ce qui s'est passé ce matin est un...malentendu. Oui c'est ça, on était tous les deux bouleversés par la
disparition d'Hinata et on n'a pas réussi à se contrôler.

Dans un mouvement sec, je retire ma main et m'éloigne de lui. J'emmêle les draps autour de mon corps en guise de protection. Sans montrer que ses mots m'ont blessés, je quitte le lit en remontant les draps sur mes genoux pour ne pas tomber et fait volte face vers lui.

- Je savais très bien ce que je faisais et ce n'est pas toi qui me diras le contraire. Si ça te plaît de croire que tout ça est un malentendu, alors soit, considère le ainsi. En tout cas, moi je ne prendrais pas ma première fois en tant que passif comme étant une vengeance envers qui que ce soit.

Il essaie de me retenir quand je franchis la porte mais je me dégage une nouvelle fois et rentre dans notre ancienne chambre. Je me précipite aussitôt sur mon lit et remonte la couverture sur moi. Sans pourvoir m'empêcher de pleurer, j'essaie de me dire que Sasuke n'a pas voulu me dire ce qu'il a dit ni que
cette première fois ensemble ne compte pas pour lui. J'essaie tellement que le sommeil me prend une nouvelle fois mais j'y résiste car je n'ai pas envie de dormir avec son odeur sur moi. Je me lève péniblement et prends la direction de la douche pendant que l'interphone sonne. Je ne prends pas la peine d'aller voir puisque j'entends d'ici la voix de Sasuke qui répond au visiteur. Sous la douche, les images de ce matin me reviennent en mémoire et je m'y noie dans un bonheur de plaisir. Même si la réaction de Sasuke me blesse, savoir qu'il a été mon premier homme m'enchante autant que ça m'angoisse. Il ne sera pas seulement mon premier homme mais aussi le dernier, du moins dans le rôle du dominant. Malgré mon apparence fétiche et plus qu'androgyne, je n'aime pas être le dominé dans un couple, cela renforcerait le fait que je suis faible.. Pour moi être le soumis est une preuve de soumission envers un autre et je ne pense pas pouvoir l'accepter. Tout en moussant mes cheveux qui commencent à pousser et m'atteignent à la nuque, j'entends Sasuke me crier de venir dans le salon. C'est avec regret que je quitte la douche et m'enroule dans un large peignoir rouge. Le rouge étant ma couleur préférée. Prenant tout mon temps, je ferme la porte de ma chambre et me dirige à pas feutrés vers le salon, vu le temps que j'ai mis à prendre ma douche ça m'étonnerait beaucoup que notre visiteur soit encore là. Apparemment je me suis trompé, notre visiteur est bien là et c'est avec surprise que je le reconnais.

- Sai ? Qu'est-ce que tu fais là ?

Il me répond par un minuscule sourire et me montre la tasse de thé devant lui.

- Je voulais un peu de thé alors je suis venu chez toi. Je le regarde circonspect avant de sourire à mon tour.

- Tu as fait tout ce chemin juste pour boire un thé ? Il émet un petit rire et hausse les épaules d'un ton légèrement fataliste.

- Eh ouais, j'ai des envies comme ça parfois.

En disant cela il me fait un clin d'œil puis reprend son thé. Je me rapproche un peu de lui et vois du coin de l'œil Sasuke avec un journal à la main et qui fait semblant de ne pas nous écouter. Je ne m'attarde pas trop sur lui et reporte mon regard sur Sai qui fait la navette entre Sasuke et moi. Il remarque que je le regarde et me fait un micro sourire. Je m'installe près de lui et me demande comment il a fait pour venir à l'appartement alors qu'il ne connaît pas mon adresse.

- Comment tu as fait pour venir jusqu'ici ?

Il repose sa tasse et fouille son sac qu'il a laissé tombé à côté du fauteuil et en sort un portefeuille où plein de stickers de renards sont collés.

- J'ai pensé que tu voudrais le récupérer. Il me le tend et nos mains se frôlent quand je récupère mon portefeuille. Je jette un coup d'œil à Sasuke et vois qu'il est un peu tendu et qu'un bout de son journal est froissé.

- Merci, je ne savais pas que je l'avais oublié chez toi.

- Je ne l'ai vu que ce matin sur mon lit, il était coincé entre deux draps.

Je pose mon portefeuille sur la petite table en bois devant moi et au moment où je veux croiser mes jambes, je me rends compte que je suis toujours en peignoir et rougis quand Sai me détaille.

- Je crois bien que je devrais aller m'habiller.

Sans lui laisser le temps de répondre, je cours vers ma chambre et entrebâille la porte. Pendant que je fouille mon armoire à la recherche de vêtements, Sasuke entre et ferme la porte derrière lui et s'installe sur le lit.

- C'est qui ce Sai ?

J'attends un peu avant de lui répondre, en me demandant ce qu'il veut dire par là.

- C'est un ami.

Je ne développe pas plus, il n'a pas besoin d'en savoir plus. Je n'ai pas encore oublié ce qu'il m'a dit ce matin et s'il compte faire comme s'il ne m'avait pas blessé et bien il se met le doigt dans l'œil . Aussi fort que je puisse l'aimer, je ne suis pas prêt à lui pardonner ses insinuations douteuses sur le fait que j'ai couché avec lui pour me venger de Neji.

- Quel genre d'ami ? Tu es aussi proche de lui jusqu'à aller dormir dans son lit ?

Il paraît en colère quand il prononce le mot dormir.
Non mais c'est quoi cette question, je me retourne vers lui et lui crache au visage,

- Je n'ai pas couché avec lui si c'est ce que tu veux dire. Je ne suis pas une traînée.

Je lui jette un regard mauvais qui le surprend puisqu'il recule un peu sur le lit. C'est la première fois que je m'adresse à lui d'un ton aussi mauvais.

- Maintenant si tu veux bien m'excuser j'aimerais m'habiller.

Il ne fait pas de geste pour sortir et reste à sa place, ce qui m'énerve encore plus. Je ne pense même pas qu'il m'ait écouté, c'est sans doute pour cela qu'il continue à me parler.

- Je n'ai jamais voulu dire que tu avais couché avec lui. Je me demande juste pourquoi tu as dormi chez lui.

Je défais le nœud de mon peignoir et le laisse tomber à terre. Puisqu'il ne veut pas sortir, je dois m'habiller devant lui.

- Quand je suis parti de l'appartement, j'ai pris le bus et c'est là qu'on s'est vu. Comme je ne savais pas où dormir il m'a proposé de venir chez lui.

Sasuke s'approche de moi et passe ses bras autour de ma taille. Je ne fais rien pour l'empêcher de remonter sa main sur mon dos. Il me caresse le long de ma colonne puis il m'aide à refermer mon pull. .

- Il ne s'est rien passé d'autre ?

Tout en disant cela, il frôle mon épaule et dépose un baiser aérien dessus. Je ne peux m'empêcher de frissonner. Malgré la situation, le fait que Sasuke me touche alors que ce matin encore il refusait l'idée d'avoir couché avec moi, me fait ressentir de l'espoir, que toute cette histoire ne soit qu'une farce finalement . J'ai l'impression qu'il joue avec moi, m'utilisant quand il le veut et me jetant quand je ne lui sers à rien. Il y a deux mois je ne m'en serais pas plaint mais là, je ne peux plus le supporter. Il a beau m'avoir détruit psychologiquement et moralement, je ne le laisserais pas avoir la seule chose que je détiens encore, ma fierté.

- Arrête Sasuke...je n'ai pas envie que tu me touche.

Il stoppe ses doigts et s'éloigne un peu de moi. J'essaie de savoir pourquoi il m'a obéi aussi vite et n'entrevois que son visage où un petit sourire triste flotte sur ses lèvres.

- Excuse-moi, je ne me suis pas contrôlé.

J'aimerais pouvoir lui dire quelque chose mais rien ne sort. Alors pour la centième fois depuis deux mois ma colère s'envole et je souhaite que Sasuke ne soit qu'à moi, à moi tout seul. Pour l'éternité s'il le faut.

- Ce n'est pas grave. On ferait mieux de partir dans le salon. Sai doit nous attendre.

Je sors de la chambre avec Sasuke sur mes talons.

Dans le salon, je vois Sai entrain d'admirer une photo qu'Hinata a prise de Sasuke et moi alors qu'on s'embrassait. Il reste debout à la regarder avant que je ne tousse pour lui annoncer mon arrivée. Il fait volte-face et me regarde un instant avant de prendre son sac.

- Je dois partir Naruto, mon frère m'attend.

- Tu ne veux pas rester encore un peu ?

Il est un peu surpris par ma demande mais hoche négativement la tête.

- Non je ne peux pas, je suis déjà un peu en retard et mon frère n'est pas du genre patient.

Il passe devant moi et m'effleure légèrement l'épaule avant de se tourner vers Sasuke *.

- J'ai été ravie de te rencontrer, Sasuke.

Sasuke lui répond que lui aussi même si je suis certain qu'il ne le pense pas. Sai met son manteau et le ferme alors que je le suis jusqu'à l'entrée. Il se tourne vers moi avant de sortir et me fait la bise sur la joue. Heureusement que Sasuke ne l'a pas vu, je ne sais pas comment il l'aurait prit sinon. Même si nous sommes séparés, je ne tiens pas à ce qu'il pense que je suis un mec facile et sans sentiments. Ca m'étonnerait beaucoup vu que dans l'histoire c'est quand même lui qui passe pour le salaud. D'ailleurs je me demande ce que Sai pense de Sasuke, c'est la première fois qu'il se rencontre et même si Sai n'est pas vraiment un de mes amis proches, je tiens à avoir son avis sur Sasuke. Si je ne me trompe pas, c'est la personne avec qui je passerai le plus de temps dans les prochains jours étant donné que je compte rester le moins possible dans l'appartement à regarder Neji et Sasuke se dévorer des yeux.

Ce qui me fait d'ailleurs penser qu'il faudrait que j'aille voir Hiashi pour lui demander s'il a des nouvelles d'Hinata. Je me doute qu'il a du avoir une conversation avec Hanabi à propos des aveux d'Hinata. Encore aujourd'hui je n'arrive pas à réaliser pourquoi elle a autant menti sur sa sœur, ce n'est pas seulement pour être l'héritière ? Il doit y avoir quelque chose d'autre de caché.

- A bientôt, Naruto.

Sai me sort de mes réflexions, caresse légèrement ma joue avant de partir. Je ne sais pas comment prendre ce geste. Je ne voudrais pas qu'il s'imagine des choses qui risquent de ne jamais arriver. Cela ne fait qu'un mois et demi que nous nous connaissons et on s'est à peine vu trois fois depuis. Il n'est pas assez présent dans ma vie pour que je le considère comme vraiun ami et encore moins quelqu'un avec qui j'aurais une relation. Pour le moment, il est dans la catégorie copain .

Sasuke me sort de mes pensées en m'appelant du salon, je m'y précipite en entendant un peu de panique dans sa voix et le trouve avec un téléphone à la main. Il parle doucement, de cet air qu'il prend habituellement pour réconforter quelqu'un. A l'entendre, je devine tout de suite qu'il s'adresse à Neji, supposition qu'il confirme en parlant plus fort.

- Calmes-toi Neji, je suis sûr qu'elle va bien. Elle ne voulait peut-être pas qu'on la retrouve si facilement.

Il laisse passer un moment de silence puis recommence à parler à Neji sur un ton plus calme cette fois. Après cinq minutes de conversation, il raccroche en poussant un soupire. Pendant qu'il était au téléphone, j'ai préparé du thé pour deux. C'est avec un sourire qu'il s'installe à côté de moi.

- Je viens d'avoir Neji au téléphone. La police aurait retrouvé Hinata mais elle s'est enfuie aussitôt. Ils la cherchent encore mais il y a peu de chance qu'ils la retrouvent. Elle semble avoir disparu de la circulation.

Cette constatation ne me plaît pas. J'ai l'impression qu'Hinata joue à cache-cache avec la police. Elle devrait peut-être penser à rentrer, maintenant que tout le monde est au courant de la situation elle sera mieux traitée par sa famille. Et puis, je la vois mal s'en sortir sans ses parents. Malgré le fait qu'elle les déteste, elle n'a jamais connu la misère étant donné qu'elle a grandi dans le luxe. Partir avec le peu d'argent qu'elle a réussi à obtenir de la banque à Manhattan, je ne crois pas qu'elle puisse vivre indéfiniment avec ça. Bientôt elle devra rentrer si elle ne se trouve pas un boulot très vite. Quoique elle a tout de même marqué dans sa lettre qu'elle avait planifié sa fugue depuis ses douze ans, elle doit avoir prévu tous les conséquences d'un tel acte alors.

- Est-ce qu'il y a une chance pour qu'on la retrouve ? Sasuke pose sa tasse puis reste pensif un moment.

- Je ne sais pas. Son père a demandé à ce qu'on la recherche dans tous les pays mais ça ne durera pas longtemps. Si d'ici un mois elle n'a pas réapparu, ils devront la considérer comme portée disparue. J'espère qu'on n'en arrivera pas là.

- Moi non plus.

Nous restons silencieux pendant quelques minutes avant que je ne me lève pour aller me coucher. Je dois encore rattraper mon manque de sommeil de ce matin, je n'ai dormi que quatre heures après que nous ayons fait l'amour. Sasuke me dit qu'il a encore du travail à finir même si nous sommes en week-end et que la reprise des cours se fera dans trois jours. Je crois bien qu'il a besoin de réfléchir à ce qui s'est passé aujourd'hui entre lui et moi.

Ce que je crains le plus, c'est que Neji l'apprenne, je n'ai pas à m'en vouloir mais j'ai l'impression après coup de l'avoir trahi et c'est une chose que je n'arrive pas à accepter, j'ai l'impression de lui avoir fait ce qu'il m'a fait, même si je sais que ce ne sont pas les mêmes circonstances. J'ai l'intention de tout lui avouer pour ce matin je ne vais pas faire comme lui a fait avec moi, me mentir, ... me mentir pendant un an. Je ne sais pas si Sasuke va apprécier mais je m'en moque. Pour une fois j'ai envie de ne penser qu'à moi . Peut-être aussi que c'est parce que j'ai, au fond de moi, cette envie de blesser Neji comme il m'a blessé. Le pire c'est que j'en suis conscient et que ça ne m'effraie pas le moins du monde. Si je dois faire souffrir une personne, alors mon choix se fait directement sur Neji et non sur Sasuke. Neji est un ami qui m'a trahi tandis que Sasuke est mon amant qui m'a trahi. La différence vient dans la qualification de ces deux personnes. Faire du mal à Neji me soulagerait d'une part et me ferait mal d'une autre tandis que pour Sasuke, cela risque de me détruire. C'est bien connu ça, quand votre amant vous trompe avec votre meilleur ami, vous avez plutôt tendance à accuser l'ami et à chercher des raisons à l'amant. Malheureusement pour moi, j'appartiens à ceux qui accusent l'ami.
Finalement je m'endors le cœur tourmenté, redoutant ma prochaine discussion avec Neji .

Je me réveille trois heures plus tard, la tête encore lourde de sommeil. Pour la deuxième fois dans la journée, je prends une douche et sors de la chambre en quête de nourriture. Du couloir me parviennent. des bruits de conversation et aux voix que j'entends je devine tout de suite que c'est Sasuke et Neji. D'un pas lent, je rentre dans le salon et vois Neji recroquevillé sur lui-même, ses cheveux cachant son visage. Sasuke lui caresse doucement le dos et lui murmure des mots doux à l'oreille. Neji relève la tête et m'aperçoit. Je lui fais un petit sourire en guise de bonjour mais il ne me le rend pas. Je m'installe sur un fauteuil à côté de lui et met ma main sur son épaule.

- Qu'est-ce qui s'est passé, Neji ?

Il prend une grande inspiration avant de me répondre.

- Hanabi nous a révélé l'identité de celui qui a violé Hinata.

Je me crispe un peu sur le fauteuil. Neji le remarque et pose à son tour sa main sur mon épaule. Je n'y accorde pas trop d'attention, mon cerveau doit encore enregistrer l'information que je viens de recevoir. Je ne pensais pas qu'on aurait aussi vite le nom du violeur. Pour moi, c'est un nom qui devrait être dit en famille en présence d'Hinata. Déjà rien que de parler de ce viol me met à l'aise, j'ai l'impression que c'est une injure envers Hinata. Un viol c'est intime, c'est une souffrance que l'on a dû mal à partager.. On ne doit pas en parler, on ne peut pas en parler, ça nous touche personnellement. Que notre famille soit présente pour nous, que l'on voit un psy ou encore qu'on l'écrive dans un journal, pour la personne c'est difficile d'en parler. Je sors de mes pensées et écoute ce que Neji est entrain de nous dire. Je retiens mes questions pour l'instant, je ne pense pas non plus qu'il ait envie de s'étaler sur le sujet.

- Hanabi a annoncé ça en plein dîner. Il y avait un policier avec nous...mon oncle était tellement furieux, il n'a pas arrêté de répéter que c'est de sa faute. Ma tante n'a fait que pleurer, elle ne voulait pas y croire. Hanabi, elle, est restée calme, c'est comme si ça ne la concernait pas. Mon dieu...c'était affreux.

Il s'arrête de parler et resserre un peu plus ses mains sur ses genoux. Il a vraiment dû subir un choc pour réagir comme ça.

- Qui l'a violé, Neji ? demande Sasuke.

Moi je reste juste là, à encaisser les choses, les accepter quand il le faut ou les rejeter quand elles me déplaisent. Mais en bon charognard que je suis, je me nourri du malheur des autres pour rendre ma vie plus intéressante, moins ennuyeuse par moments. Alors oui Neji, si cette histoire, ne concernait pas Hinata, je ne serais pas là à te taper dans le dos pour te réconforter. Non, je crois bien qu'en ce moment tu aurais un pieu dans le cœur. Cette constatation ne me fait ni chaud ni froid. A la guerre tout est permis, les coups bas sont même les bienvenus. Si pour toi maintenant les choses s'arrangent entre nous, tu te trompes. Ma nature pacifiste agit pour le moment, elle a toujours le contrôle sur mes autres personnalités. Pour l'instant du moins. Une fois cette histoire conclue, plus rien ne nous reliera, plus rien ne m'empêchera de me venger. C'est juste que la douleur m'anesthésie pour le moment, elle est bien trop forte pour que je réagisse à ta trahison. Ce n'est pas le fait que Sasuke m'ait trompé qui me révolte, après tout c'est un homme, je savais que tôt ou tard il le ferait, c'est inscrit dans ses nos gènes. Non, ce que j'ai le plus de mal à concevoir, c'est que ce soit avec toi, mon meilleur ami, mon frère de sang. Un coup de poignard ne m'aurait pas fait plus mal. Mais ce n'est pas moi qui te ferais du mal, non. Sasuke s'en sort déjà très bien. Une fois qu'il t'aura montré son vrai visage, je me demande si tu l'aimeras toujours autant.
Peut-être est-ce parce qu'il a remarqué que je ne l'écoutais pas ou bien est-ce pour une autre raison mais Sasuke me lance un regard d'incompréhension auquel je ne réponds rien. L'état émotionnel de Neji ne m'intéresse en aucun point, je veux juste savoir le nom du violeur d'Hinata et aller me promener. C'est fou ce qu'on peut penser quand plus rien ne nous ne nous touche véritablement. Je ne m'étais jamais autant détaché des problèmes des autres. Pour une fois, j'ai vraiment l'impression de réfléchir pour moi-même et non pas pour quelqu'un. Depuis deux mois, je me fais du mal à essayer de savoir pourquoi Neji et Sasuke m'ont trompé alors que la réponse est toute simple. Ils sont tout le temps collés ensemble, j'étais bien trop amoureux de Sasuke pour ne serait-ce que penser qu'il me tromperait avec Neji. Une chose en amenant une autre, ils ont forcement finis par bien se connaître et se sont découvert des points communs. Il leur suffisait juste de se rendre compte qu'ils étaient attirés l'un par l'autre pour finir par coucher ensemble. Bien sûr la culpabilité de Neji à dû freiner leurs ardeurs mais vu où ils en sont, elle n'a pas dû être très forte . Ils ont couchés ensemble, me l'ont cachés, se sont vus derrière mon dos, m'ont fait croire que je pouvais leur faire confiance. Et le moment venu, un an après, je découvre leur relation et ils me jouent le rôle du meilleur ami et petit ami qui regrettent. Classique mais qui marche à tous les coups. Je me savais naïf mais pas à ce point. Je reviens au moment présent quand Neji avoue enfin le nom du violeur.

- C'est un membre de la branche principal.

Hinata devait l'épouser à l'âge de seize ans quand elle était encore l'héritière du clan. Je reste pensif un instant, j'ai l'impression de connaître son nom mais il m'échappe.

- Tu veux parler d'Akito ? Ton cousin qui traînait tout le temps avec toi quand tu étais petit ?
Neji hoche la tête et se renverse sur le fauteuil. Maintenant que j'y pense, Neji nous avait parlé de lui une fois. Apparemment Akito serait l'unique enfant de la famille la plus riche dans la branche principale.

Même si les Hyûga sont séparés en deux clans, il existe aussi des positions dans un même clan. La famille d'Hinata est celle qui commande tous les clans, c'est la famille originelle. Les autres familles sont réparties selon l'héritage familial ou selon leur richesse. La famille originelle a beau être celle qui commande, elle n'en demeure pas moins la deuxième famille la plus riche de tout le clan. Chaque famille possède ses coutumes et traditions. Le seul élément qui les lie tous est sans doute le sang qu'ils partagent. Si ça ne tenait qu'à eux, cela ferait longtemps qu'il n'y aurait plus de clan. Pour une raison que j'ignore, ils semblent tous obéir à une règle importante que je ne connais pas. Hinata a toujours été vague sur les particularités de son clan, elle ne m'a jamais dit pourquoi ils sont répartis comme ça et surtout pourquoi les mariages ne se font qu'entre membres des Hyûga. Neji non plus n'est pas très bavard sur le sujet, il reste muet comme une carpe dès que je pose une question sur le clan. Ce doit être l'une des nombreuses choses que je ne dois pas savoir comme par exemple le fait que je ne sache pas ce qui s'est réveillé en Neji l'année dernière. Je vais finir par croire qu'il y a quelque chose de surnaturelle dans cette histoire.

Après un moment de silence, Neji passe ses mains dans ses cheveux et les caressent doucement avant de nous dire enfin le fin mot de cette histoire.

- Akito, Hinata et moi avons grandi ensemble depuis nos quatre ans. Il vient de la plus riche famille de la branche principale. Hinata et lui étaient censés se marier quand elle aurait eu seize ans. Apparemment c'était pour unir leurs deux familles. Il était toujours calme quand on jouait. Il n'aimait pas se mêler à la foule et passait son temps à la bibliothèque à lire des livres. Son père n'était pas très présent pour lui et sa mère était bien trop occupée à soigner son frère malade. Il était plutôt solitaire, je ne l'ai jamais vu jouer avec un enfant du clan.

Quand il était avec nous, il paraissait plus enjoué, moins triste qu'à l'accoutumée. Hinata et lui s'entendait bien, elle disait qu'il était son ange protecteur parce qu'Akito passait son temps à la materner et n'aimait pas quand d'autres garçons s'approchaient trop près de sa petite fiancée. Même s'il avait quatre ans de plus que nous, il paraissait beaucoup plus enfantin. Plus tard j'ai dû déménager avec mes parents et Hinata avait des problèmes avec ses parents même si je ne savais pas exactement lesquels. Je me rappelle qu'à cette époque, Akito avait commencé à changer. Il évitait Hinata et passait moins de temps à lire. Il était toujours occupé et prétextait que son père avait besoin de lui dans son travail. Je n'ai jamais compris pourquoi d'ailleurs, même s'il était l'héritier, sa formation en tant que tel ne devait commencer qu'à ses seize ans. Plus tard, alors que j'étais à l'étranger, j'ai reçu un message d' Hinata qui me disait que la mère et le frère d'Akito étaient morts dans un accident de voiture et que son père lui mettait trop la pression pour qu'il reprenne au plus vite l'entreprise. J'ai essayé de le joindre mais il ne prenait jamais mes appels, je ne pouvais pas revenir ici sans mes parents. Hinata a donc dû le surveiller mais les choses allaient de plus en plus mal de son côté aussi. Après huit mois sans nouvelles, j'ai reçu un message d'Akito qui s'excusait de ne pas m'avoir répondu et qui m'assurait que tout allait bien pour lui. Par la suite, on s'est échangé des nouvelles mais très vite on a de nouveau perdu contact. Je ne l'ai revu qu'il y a deux ans, il a vraiment changé, j'ai failli ne pas le reconnaître.

Un silence s'instaure pendant lequel je réfléchis sur les mots de Neji. Moi qui pensais qu'Hinata avait été violée sans raison, je me suis trompé. Si j'ai bien compris ce que Neji nous a dit sur Akito, celui-ci semblerait avoir été amoureux d'Hinata quand ils étaient petits, même si ça n'explique pas ce qu'il lui a fait. La question est de savoir pourquoi il l'a violé s'il l'aimait. Il y a vraiment quelque chose de sordide dans cette histoire. C'est comme si, on me cachait un élément capital dans la compréhension de cette histoire.

- Je croyais que vous étiez amis aussi avec Kiba ? Akito et lui se connaissaient ?

Neji me lance un regard étonné, sans doute a-t-il pensé que j'avais oublié ce détail. Je ne sais pas si je dois m'énerver ou rigoler.

- Kiba est aussi notre ami d'enfance, d'ailleurs ces deux-là se détestaient. Je crois bien qu'ils étaient tous les deux amoureux d'Hinata. Ils se disputaient tout le temps pour elle et essayaient de savoir qui elle aimait. Hinata a eu beau leur dire qu'elle les aimait tous les deux, ils étaient incapables de rester seuls sans s'étriper. C'était assez drôle de les voir se battre, ils finissaient toujours par se faire gronder par Hinata.

A ses souvenirs, Neji sourit tendrement, je pense que c'est sans doute les moments préférés de son enfance.
Je l'envie, moi j'ai passé mon enfance à me terrer chez moi tellement l'école m'effrayait. Les rares fois où je sortais c'étaient sous l'injonction de Kabuto qui était alors ma nounou. Il n'aimait pas que je m'enferme à la maison, Zabuza aussi détestait ça, d'ailleurs il n'a jamais su que je me faisais malmené par mes camarades. Je ne voulais pas qu'il s'en mêle. Être le gosse de riche considéré comme n'ayant pas de parent était un statut un peu difficile à tenir quand on considère que la plupart des parents de mes camarades avaient quelques difficultés financières pour tenir les deux bouts. Et moi qui venais en cours habillé de vêtements de marques, cela les a incités à me brimer. Mais bon, je n'ai pas eu trop à en souffrir, ils avaient également peur que je les dénonce aux enseignantes et que celles-ci en parlent à Zabuza. Faut dire aussi qu'avoir un père adoptif avocat, était assez impressionnant.

Le seul souvenir agréable que je garde de toutes ces années reste la fois où nous sommes allés visiter les locaux de la Namikaze Corporation. Ce jour a sans aucun doute été le plus beau de ma vie, pour la première fois, j'ai vraiment aimé quelque chose. Voir l'organisation de cette entreprise, découvrir son mode de fonctionnement, connaître son histoire depuis sa création, m'a donné un rêve. Un rêve que je croyais ne jamais avoir, un rêve qui aujourd'hui encore me remplit de bonheur. Le rêve qu'un jour je puisse moi aussi avoir quelque chose d'aussi beau que ça. Un rêve qu'aujourd'hui j'essaie de réaliser. Oui, un bien joli rêve.

Je sors de mes pensées quand je vois Sasuke se lever ainsi que Neji. Trop perdu dans mes souvenirs je n'ai pas écouté la suite de la conversation.

- Vous allez où ?

Neji se tourne vers moi pendant que Sasuke se dirige vers la porte d'entrée.

- Sasuke va faire des courses pour qu'on puisse manger quelque chose. Moi, je vais aller me faire un petit café. Tu en veux aussi ?

J'hoche la tête et le suis dans la cuisine pour l'aider. Je ne sais pas comment lui annoncer que j'ai couché avec Sasuke. Ce n'est pas tant sa réaction que je redoute mais la façon dont les choses vont se passer après. Étant donné que je ne compte pas rester avec eux dans cet appartement,... d'ailleurs je devrais songer à me chercher un autre appartement ou même un studio. Je n'ai pas trop à m'inquiéter pour l'argent, j'en ai assez pour toute ma vie. Pendant que Neji met en route la cafetière, je sors les mugs du placard et les pose sur la table. Il se retourne et souris en voyant ceux-ci.

- Ils sont marrants ces mugs. Qui les a décorées ?

Je ne lui réponds pas d'abord, car j'ai envie de garder le silence.

- C'est moi qui les ai dessiné.

Je n'en rajoute pas plus, je ne tiens pas à ce qu'il en sache plus. Il y a certaines choses que j'aimerai qu'elles restent entre Sasuke et moi, surtout au vu de notre brutale séparation. Nous restons silencieux le temps de boire notre café. Après un bref débat avec moi-même, je décide de commencer les hostilités avec Neji.

- J'ai couché avec Sasuke ce matin.

Sans prendre de gants, sans passer par des phrases vides de sens, sans chercher à atténuer la douleur causée, je lui balance la vérité en plein visage. Quand on a mal, on cherche quelqu'un sur qui déverser cette douleur. Neji s'est trouvé au mauvais moment et au mauvais lieu. Mais surtout il s'est trouvé avec la mauvaise personne. Reste plus qu'à savoir comment il va réagir la balle est dans son camp.
Il ne dit rien dans un premier temps, trop stupéfait peut-être pour réagir. Je le regarde sans détourner les yeux, le mug bien placé dans ma main. Au bout de longues minutes, Neji parvient enfin à bouger mais fuit mon regard. Il se déplace dans la cuisine en faisant semblant de ne pas me voir. Je remarque tout de même que ses mains tremblent et que sa lèvre inférieure est agitée de soubresaut. Ses yeux sont dans la vague et ne fixent rien en particulier. Son comportement commence tout de même à m'inquiéter. Peut-être que je n'aurais pas dû lui en parler maintenant, avec tous les problèmes qu 'il a, avec la disparition d'Hinata. Mais il aurait fallut à un moment ou un autre qu'on ait cette discussion. Déposant mon mug sur la table, j'attrape Neji par les épaules et le retourne pour qu'on se retrouve face à face. Je le fixe dans les yeux et répète encore ma phrase.

- J'ai couché avec Sasuke ce matin.

Il se dégage brutalement de moi et me regarde avec colère.

- J'espère que tu es fier de toi, maintenant. Tu as eu ce que tu voulais alors laisse-moi tranquille.

Il sort de la cuisine au moment où Sasuke revient. Neji ne fait pas attention à lui et prends son manteau pour sortir.

- Tu vas où, Neji ?

Il ne prend pas la peine de lui répondre et claque la porte d'entrée. Moi, je reste planté dans la cuisine, un peu dépassé par la rapidité avec laquelle Neji a réagit. Sasuke me trouve au milieu de la pièce et m'interroge du regard pour savoir ce qui s'est passée. En haussant les épaules, je réponds aussi brièvement que possible.

- Je lui ai dis pour nous.

Il me regarde pendant deux secondes avant de soupirer et de prendre son manteau et de partir à la recherche de Neji. Bizarrement, ça ne me fait rien du tout de le voir partir chercher Neji. Peut-être que je suis entrain de guérir. Enfin, je l'espère. Ni une ni deux, je prends mes clés et sors à mon tour pour aller faire un tour.

En sortant de l'immeuble, je croise le concierge qui me jette à peine un coup d'œil. Visiblement il a l'air de mauvais poil, je parie qu'il s'est encore disputé avec sa femme. Je ne fais pas attention à lui et poursuis ma route. Au lieu de me diriger vers l'arrêt de bus, je prends le chemin de la vieille usine désaffectée. Il n'y a jamais personne qui y traîne. C'est plutôt tranquille là bas même si ce n'est pas mon endroit préféré. Pendant les quinze minutes de trajet qu'il me faut, je repense encore à la réaction de Neji. Pour une raison que j'ignore et qui m'énerve, je me sens mal de lui avoir dit pour Sasuke et moi. Même si je lui en veux de m'avoir pris Sasuke, il reste quelque parts en moi un peu de la tendresse que j'avais pour lui. Après tout, il a été mon meilleur ami pendant deux ans, ce n'est pas une chose qui s'oublie du jour au lendemain. Tout ce que j'espère, c'est que je parviendrais à surmonter cette épreuve et pourquoi pas, leur pardonner à tous les deux. Non, là c'est un peu trop. Ne pas les détester suffira amplement pour l'instant. Chaque chose en son temps comme on dit.

J'arrive plus tôt que prévu devant l'usine. Pas un chat ne s'y promène. A bien y réfléchir, personne ne le fait. C'est comme si elle était maudite. Je ne sais pas si c'est à cause de son allure morbide ou de son étrangeté mais à chaque fois que je viens ici, je me sens bien. Je ne sais pas vraiment décrire le sentiment de calme et de plénitude qui s'empare de moi quand je la vois. C'est quelque chose que les mots ont du mal à décrire. Peut-être est-ce parce qu'elle a l'air seule cette usine, qu'elle m'attire autant. Arrivé devant le seul poteau qui tienne encore debout en face de l'usine, je bifurque à droite pour emprunter un petit sentier de cailloux. Au bout de quelques secondes, j'atterris dans un petit jardin laissé à l'abandon, où quelques fleurs poussent ici et là. N'ayant pas de connaissances sur la flore, je suis incapable de dire quelles sortes de fleurs poussent encore ici même si leur couleur rouge me rappelle les roses ou encore les camellias. N'y faisant pas plus attention, je pose ma veste par terre, au pied d'un arbre et malgré le froid, je me couche dessus. Je n'ai pas vraiment dormi ces jours-ci. Il me reste tellement d'heures de sommeil à rattraper que parfois je m'étonne de ne pas m'être encore écroulé de fatigue. Avec le peu de chaleur que m'apporte ma veste, je ferme lentement les yeux alors qu'une petite brise secoue les branches de l'arbre.

Je ne sais pas combien de temps j'ai dormi mais c'est une main qui me secoue doucement. Ne voulant pas encore me réveiller, je serre mes paupières et chasse la main qui me secoue comme si c'était un vulgaire moustique. Cependant et à mon plus grand regret, la main persiste et me chatouille même les côtes pour me réveiller. Voyant qu'il ne sert plus à rien d'essayer de rester endormi, j'ouvre les yeux et distingue une tache grise. Sceptique par ce que je vois, je fais l'effort de me relever et adopte une position assise. Les yeux à demi ouverts, je passe ma main pour éloigner les derniers limbes du sommeil et voit enfin la silhouette devant moi. Au début, je ne parviens pas à savoir qui c'est puis, au bout de quelques secondes, je reconnais cette silhouette tellement familière. Avec une appréhension mais aussi une certaine joie, je caresse doucement son visage alors que son nom franchit mes lèvres.

- Kabuto.

Il me sourit doucement puis me caresse la joue. Son geste m'a tellement manqué que j'appuie ma peau sur sa main pour avoir plus de contact.

- Tu as beaucoup grandi, mon ange.

Il me l'a murmuré tellement bas que j'ai eu du mal à l'entendre. Me rapprochant de lui, je passe ma main sur son visage et caresse le contour de ses lèvres comme quand j'étais petit. Il attrape ma main et embrasse ma paume avant de me prendre dans ses bras. Pendant de longues minutes qui me paraissent durer des secondes, il se détache de moi et m'aide à me relever. Une fois sur mes pieds, je détourne la tête complètement gêné par la situation. Même si ça me fait un bien fou de le revoir, je n'en oublis pas moins qu'il est parti sans moi malgré sa promesse de toujours être avec moi. Il remarque ma gêne et me propose gentiment de venir boire un café chez lui. Je relève aussitôt la tête et le regarde avec un peu de méfiance dans le regard.

- Tu es la deuxième personne qui me propose de venir prendre un café chez lui. Vous vous êtes passés le mot ou quoi ?

Il ne semble pas comprendre ce que je veux dire par là et prend un air coupable que je ne lui avais jamais vu jusque là.

- Écoutes Naruto, je suis vraiment désolé d'être parti mais il le fallait. On m'y a obligé.

Il baisse la tête pour la relever aussitôt avec cette fois, une pointe de détermination dans le regard.

- Si tu veux bien, j'aimerais qu'on redevienne comme avant. J'ai appris pour Zabuza, je suis vraiment désolé de n'avoir pas été là pour te soutenir.

Je ne le laisse pas finir et lui tourne le dos. Je prends ma veste que j'ai laissé tomber par terre et l'époussette pour enlever les quelques feuilles qui s'y sont collés. Kabuto ne fais aucun geste et semble attendre ma réponse. Après quelques secondes, je me tourne vers lui avec un petit sourire.

- Je n'aime pas trop le café, je préférerai du thé si ça ne te gêne pas.

Il hoche plusieurs fois de la tête et me fais signe de le suivre. Après avoir remis ma veste, je lui emboîte le pas. Kabuto nous entraîne vers un deuxième petit jardin cette fois décoré de fleur de lys et de lilas. C'est avec plaisir que j'hume leurs parfums que j'ai toujours adoré. Durant quelques furtives secondes, je nous revoie Zabuza et moi ensemble dans un parc avec lui entrain de me montrer ces fleurs en disant à quel point il les aimait. Je suppose que c'est à cause de lui qu'elles me fascinent autant. Kabuto finit par s'arrêter devant une porte carmin, dissimulée. Avec l'aide d'une clé, il l'ouvre et m'incite à entrer. J'obéis pour me retrouver dans une pièce sombre et entends Kabuto fermer la porte à clé après être entré. Sur le coup, la peur m'envahit mais elle se dissipe vite quand Kabuto allume une petite lampe.

- Désolé, c'est un peu sombre ici. Je vais ouvrir les rideaux.

Il se dirige vers une grande baie vitrée et tire les rideaux en grands, faisant entrer le peu de Soleil encore présent. C'est là que je me rends compte qu'il est vraiment tard et que j'ai dormi plus que de nécessaire. Kabuto attache les rideaux et prend la direction de ce que je suppose être la cuisine. Il me dit de me mettre à l'aise pendant qu'il s'occupe des boissons. Je prends place sur l'un des nombreux fauteuils du salon et observe le décor alentour. La pièce est peinte dans les tons beiges avec des touches de marron. Les meubles, tous modernes, sont disposés en diagonale, de sorte que la table se retrouve au milieu. La seule lumière présente provient des grandes baies vitrées qui donnent un aspect chaleureux à la pièce. Il n'y a aucun tableau ou photo, Kabuto n'aimant pas exposer sa vie privée. Tous les objets sont là pour une bonne raison et il n'y a aucun excès dans le choix. Juste ce qui peut servir au stricte minimum comme une télé, un ordinateur, une chaîne hi-fi ou encore une petite bibliothèque au coin du mur. Je m'arrête dans ma contemplation quand Kabuto rentre dans le salon avec un plateau dans les mains. Il pose une petite tasse en porcelaine devant moi et garde un mug dans sa main. Puis il s' installe dans le fauteuil en face de moi sans me quitter des yeux. Malgré sa fixation, je me sens à l'aise et esquisse même un petit sourire qu'il me rend aussitôt. Après quelques secondes où seul le bruit du vent dehors gêne, Kabuto me parle enfin.

- Tu vas bien ? J'ai cherché à te revoir il y a deux ans mais je n'ai pas réussi. Apparemment tu as déménagé il y a six ans.

Je prends le temps de boire une gorgée avant de lui répondre.

- Oui, c'est parce que je voulais m'éloigner un peu de...Zabuza. A chaque fois que je rentrais à notre appartement j'avais l'impression qu'il était encore vivant, que tout ça n'était qu'un cauchemar...Mais c'était réel...tellement réel que je ne pouvais le supporter.

Je marque une pose et reprends un peu de thé. Parler à nouveau de Zabuza est plus dure que ce que je croyais. Il semble que je n'ai pas encore réussi à faire son deuil. Kabuto n'insiste pas plus et enchaîne sur d'autres questions banales pour connaître ma vie jusqu'à maintenant. J'y réponds volontiers sauf la partie sur Sasuke. Je ne sais pas comment le lui dire ni comment il va le prendre. Parler de mon orientation sexuelle avec lui me gêne déjà alors lui avouer que mon petit ami m'a trompé avec mon meilleur ami est carrément impossible. Il ne semble pas avoir remarqué que j'esquive certaines de ces questions et à la fin de notre conversation, il me propose de rester dîner avec lui. C'est à ce moment-là que choisit mon portable pour vibrer dans ma poche. Avec un sourire d'excuse, je le prends et vois que Sasuke m'a laissé un message. Fébrile, je le lis avant de sauter sur mes pieds et de ramasser mes affaires. Je m'excuse vite fait devant Kabuto et décline son invitation avant d'ouvrir la porte d'entrée. Cependant, avant de partir je me retourne vers lui et remarque qu'il se tient juste derrière moi.

- Je suis désolé Kabuto mais j'ai une urgence là. Je ne peux pas manger avec toi aujourd'hui.

Il secoue la tête pour dire que ce n'est rien et me tend un bout de papier où un petit mot est griffonné.

- C'est mon numéro de portable. Appelles-moi quand tu auras le temps.

J'hoche la tête pour lui dire oui et dépose un baiser sur sa joue avant de partir. Heureusement pour moi, j'arrive à attraper le dernier bus en direction de la périphérie de la ville. Après plusieurs minutes de trajet, j'arrive à quelques mètres de la demeure des Hyûga et voit un serviteur se diriger vers moi au pas de course. Il me guide jusqu'à l'entrée et me montre la pièce où se trouve tout le monde. Je le remercie brièvement et cours à mon tour jusqu'au grand salon. A peine la porte franchie, j'entends des cris et des larmes et voit Neji qui tremble dans les bras de Sasuke. Le seul qui semble m'avoir entendu entrer est le père d'Hinata. Il a les traits tirés par la fatigue et par autre chose que je n'arrive pas à décrire. Il me fait signe de m'asseoir pendant que l'agent que j'ai vu la dernière fois me regarde méfiant. Je m'installe sur une chaise pendant que le père d'Hinata tente de calmer sa femme. Celle-ci hurle qu'elle veut revoir sa fille et se débats comme un diable dans les bras de son mari. Hanabi, assise plus loin, semble blême et jette de fréquents coups d'œil à l'agent. Sentant que quelqu'un l'observe, elle me surprend entrain de la regarder et me jette un regard apeuré. Je ne sais pas pourquoi elle me fixe comme ça. On dirait qu'elle a peur ou quelque chose comme ça. Je détourne les yeux quand je sens que quelqu'un me secoue l'épaule. Sasuke se penche sur moi et me murmure d'aller près d'Hiashi qui veut me parler. Je me lève doucement du canapé et vais voir Hiashi qui tient encore sa femme dans ses bras. Il la repose sur un divan près de lui et me fait signe de le suivre. Nous nous éloignons un peu de tout le monde, et Hiashi m'explique la situation.

- Ce matin, nous avons reçu un communiqué d'Hinata. Elle se trouve actuellement en Californie, il semblerait qu'elle se dirige vers le Nevada. Cependant, les policiers ont remarqué qu'elle ne suivait pas un parcours logique. C'est comme si elle voulait qu'on perde sa trace. J'avoue que je ne sais plus quoi en penser.

Il s'affaisse dans un fauteuil et passe sa main sur son visage. C'est à ce moment-là que sa femme s'approche de lui et passe ses bras autour de son cou. Je reste assez surpris devant ce geste de tendresse et détourne les yeux. C'est assez étrange de la voir changer de comportement. Une seconde avant, elle est hystérique et la seconde d'après elle est affectueuse ? C'est à n'y rien comprendre. Je m'éloigne du couple et cherche Sasuke du regard. Je le vois assis sur l'accoudoir du fauteuil de Neji avec un bras passé autour de sa taille. Je me demande pourquoi cette image me choque, je devrais y être insensible après que je les ai vu coucher ensemble. Mais voir Sasuke être si tendre avec Neji me donne des frissons désagréables. Ils ont vraiment l'air de s'aimer et ça, ça me rends encore plus fou de jalousie. Je suis interrompu dans mes pensées par la voix de l'agent qui me tapote l'épaule.

- Etes-vous monsieur Uzumaki ?

J'acquiesce pour lui dire oui et il m'ordonne de prendre place sur un des fauteuils pendant qu'il passe une vidéo. J'obéis sans essayer d'en savoir plus et m'assieds sur un fauteuil blanc qui fait face à l'énorme écran du salon. Je vois du coin de l'œil les parents d'Hinata s'approcher ainsi que Neji et Sasuke. Ils prennent tous place sur le divan et restent silencieux. Peu après, les lumières s'éteignent pendant que la vidéo commence. Je remarque avec stupeur qu'il y a Hinata dessus même si les images semblent un peu brouillés. Au début, il n'y a aucun bruit puis des bouts de phrases nous parviennent. Je suis obligée de me pencher un peu pour parvenir à entendre ces brides de paroles.

- Ce message est à l'intention de mes parents...je suis désolée...Trop dur à supporter...ne me cherchez...je regrette...Hanabi doit...Neji soit...Je t'aime pe...Oubli...Elle...réveillée...Adieu.

Pendant son monologue, le visage d'Hinata prend plusieurs expressions mais celle qui prédomine est la détermination. Je ne l'avais jamais vu être aussi déterminée par ce qu'elle faisait. S'il n'y avait pas l'image, j'aurais cru que c'était une autre personne. La vidéo s'arrête au bout de quelques secondes et nous sommes plongés dans le noir. Quelqu'un bouge pour allumer la lumière tandis que je réfléchis encore. Il m'est encore difficile de croire qu'Hinata a vraiment fuguée mais qu'en plus, elle compte disparaître. Une fois la lumière revenu, Hanabi gigote sur son siège en lançant des regards effrayés à ses parents. Son comportement est de plus en plus bizarre, ce qui j'avoue m'intrigue un peu. Aurait-elle encore quelque chose à se reprocher outre le fait qu'elle soit en partie responsable du départ de sa sœur ?

- Nous ne pouvons pas rester sans rien faire. Il faut absolument la retrouver.

Tous les regards se tournent vers la mère d'Hinata, alors que celle-ci se redresse d'un coup. Elle est vraiment lunatique cette femme. Je me demande si Hanabi n'a pas pris cette partie de sa personnalité.

- Que veux-tu que l'on fasse ? On ne sait même pas où elle peut se trouver en ce moment.

- Mais chéri, on ne peut pas abandonner. Hinata est autant notre fille qu'Hanabi.

- Je le sais bien. Je n'ai pas dit le contraire. Arrête d'essayer de me culpabiliser. Je te signale que c'est en partie de ta faute si elle est partie.

Devant son ton sec, elle baisse la tête et ferme les yeux. La voir comme ça, aussi impuissante, me donne envie de dire à Hiashi que lui aussi avait une responsabilité dans la disparition de sa fille. Mais je n'interviens pas car je risquerais d'envenimer encore plus la situation. A la place, je me contente de m'enfoncer encore plus dans mon fauteuil et d'observer l'agent qui ouvre la bouche et la referme aussitôt comme s'il souhaitait dire quelques choses. Au bout de quelques secondes, il se décide enfin à parler.

- Il y aurait peut-être une solution pour la retrouver.

Aussitôt, tous les regards se braquent sur lui. Sans le savoir, il vient de souffler une vague d'espoir sur nous. Devant nos regards, il gigote mal à l'aise avant de se racler la gorge avec hésitation.

- Votre fille a dit qu'Elle s'était réveillée. Si on La cherche, on pourrait trouver Mlle Hinata.

Apparemment, tous semblent avoir compris à part moi. Cependant, je reste silencieux tout en les écoutant faire des suppositions sur cette nouvelle trouvaille. S'ils peuvent retrouver ma meilleure amie grâce à « Elle », qui suis-je pour m'y opposer ?

Après deux heures de mise au point, Hiashi nous permet enfin de rentrer chez nous. Il nous prête un de ses chauffeurs pour qu'on ait pas à prendre le bus aussi tard, puis après un dernier au revoir, nous prenons le chemin de notre appartement. Dans la voiture, Sasuke dort pendant que Neji essaie de rester éveillé. Moi je ne parviens pas à dormir. Ma sieste de l'après-midi semble m'avoir redonné toute mon énergie même si je ne compte pas veiller tard. Trente-minutes plus tard, nous voici devant l'appartement, Neji et moi soutenant un Sasuke endormi. On ne s'est pas parlé depuis le début de l'après-midi. Même si j'ai ressenti un certain plaisir malsain à lui révéler que Sasuke et moi avions couché ensemble, je sens quand même une petite pointe de culpabilité. Même s'il m'a vraiment blessé, Neji reste tout de même mon premier meilleur ami. C'est une chose qui ne peut être changé. Nous traînons Sasuke jusqu'à ce qui était notre chambre puis je sors de la pièce alors que Neji le couche sur le lit. Je m'efforce de ne pas me sentir jaloux face à ce que je considérais être mon devoir mais j'ai beau essayé, ça fait toujours aussi mal. Il est maintenant impératif que je me cherche un nouvel appartement si je veux sauvegarder le peu de santé mentale qu'il me reste. Après une bonne douche qui m'a relaxée, je prends la direction de la chambre d'ami tout en jetant un coup d'œil dans notre ancienne chambre. La lumière y est éteinte, je suppose qu'ils doivent dormir maintenant. Une fois dans mon lit, je prends mon portable et enregistre le numéro de Kabuto. Avant de m'endormir, je lui envoie un petit message pour lui souhaiter bonne nuit pour qu'il enregistre à son tour mon numéro.

Le cœur un peu plus léger, je m'endors paisiblement en pensant à la rentrée scolaire dans deux jours.