Bonsoir tout le monde!
Un léger retard pour la publication de ce chapitre, j'en suis désolée! J'étais censée le publier hier soir mais la relecture a pris plus de temps que prévu et je n'ai pas eu le temps de répondre aux reviews ce qui m'a amené à repousser à aujourd'hui... Chose qui n'a servit à rien, vu que ce soir non plus je n'ai pas pu répondre personnellement à chacun. Je suis vraiment, vraiment désolée, parce que il y a eu de formidable commentaire dont j'aurais voulu prendre la peine de répondre mais ça me faisait repousser à demain & je pense que vous préférerez tous avoir la suite ce soir! (suite aussi longue que la précédente!)
Je ferais en sorte de me rattraper pour le prochain (surtout que je sens que ce chapitre va amener pas mal de réactions ^^)
Anyway, je vous suis extrêmement reconnaissante pour tous vos merveilleux messages! Sincèrement, je puise vraiment ma motivation dans tous les retours que vous m'envoyer et pour ça je vous dis merci!
Je vous avouerais aussi que cette partie m'a donné un peu de difficulté, parce que je la voulais vraiment parfaite... Je n'en suis pas pleinement satisfaite mais j'ai fais au mieux de mon mieux!
Trêve de blabla & bonne lecture à vous!
LSAfor'
(qui attend vos avis avec impatience!)
Chapitre 14:
- Tu es dans un pétrin pas possible! lança Mark dans un grognement.
Callie le lorgna d'un regard désabusé avant de porter son troisième shot de tequila à la bouche et le descendre d'une traite. Elle était attablée au bar de Joe's avec son meilleur ami à qui elle venait de raconter ce qu'il s'était passé à Chicago.
Elle n'avait pas prévu de se confier au sujet des sentiments qu'elle portait pour la Présidente des États-Unis, ni même de raconter ce qu'il s'était passé durant son séjour chez les Robbins, mais elle devenait folle. Complètement folle…
Parce que la veille, elle s'était réveillée avec un sentiment de bien-être qu'elle n'avait jamais connu. Alors qu'elle s'était endormie à une distance raisonnable d'Arizona, elle avait émergé de son sommeil en sentant son visage enfouie contre sa nuque tandis que son souffle lui torturait merveilleusement la peau. Les jambes de la blonde étaient emmêlées avec les siennes et son bras encerclait fermement sa taille.
Et elle n'avait jamais connu une sensation aussi merveilleuse de toute sa vie. Sans réellement prendre conscience de ce qu'elle faisait, elle avait glissé sa main dans les cheveux d'Arizona et était restée de longues minutes à les lui caresser, profitant pleinement de la sensation grisante que lui procurait leur étreinte.
Jusqu'à ce qu'Arizona se réveille à son tour.
Elle l'avait sentie bouger doucement, enfouissant un peu plus son nez contre son cou. Elle avait été prise d'un frisson lorsqu'elle l'avait entendu pousser un soupir et qu'elle avait sentie un sourire se dessiner sur les lèvres de la blonde qui étaient posées sur sa peau.
Et lorsqu'Arizona avait enfin ouvert les yeux, elle lui avait soufflé un «bonjour» auquel elle avait répondu sur le même ton. Et après ça, elles étaient restées immobiles pendant de longues secondes, se contentant seulement de se fixer jusqu'à ce qu'un bruit dans le couloir n'attire leur attention et qu'Arizona se dépêche de rejoindre la chambre où elle était censée dormir.
Elle avait quitté la pièce précipitamment, laissant Callie frustrée. Puis lorsqu'elles s'étaient retrouvées quelques minutes après, elles avaient fait comme si de rien été, comme à chaque fois. Sauf que Callie était de plus en plus confuse. Confuse de ses sentiments qui se faisaient de plus en plus envahissants. Confuse des agissements d'Arizona qui lui indiquaient pendant un instant qu'elle ressentait exactement la même chose et que celui d'après ils ne lui montrent tout le contraire.
Oui, Callie était complètement désemparée après ce fameux séjour à Chicago, parce qu'à chaque fois qu'elle voyait Arizona, son cœur lui donnait l'impression qu'il allait s'arrêter d'une seconde à l'autre. À chaque fois qu'elle l'apercevait, elle n'avait qu'une envie, c'était la prendre dans ses bras et se laissait envouter par son odeur exquise.
Arizona lui souriait et tout ce qu'elle désirait, c'était parcourir la distance qui les séparait pour l'embrasser. Elle l'a regardait et elle s'imaginait rester des heures à se noyer dans ses magnifiques yeux bleus.
Arizona Robbins était devenue la seule et unique pensée qui occupait son esprit et elle ne pouvait plus le supporter.
Et c'est ce qui l'avait amené à se trouver au bar de Joe, un jour après son retour de Chicago, à essayer d'oublier des sentiments de plus en plus difficile à ignorer, qu'elle éprouvait pour la dernière personne pour qui elle devait les éprouver.
- Je le sais très bien, grommela-t-elle en buvant un nouveau shot.
- Qu'est ce que tu vas faire? questionna Mark en la fixant d'un air inquiet.
- Je n'en sais rien, répondit-elle en soupirant.
Elle attrapa le dernier verre plein qui se tenait devant elle et le but d'une traite.
- Je sais qu'il ne peut rien se passer entre nous, continua-t-elle, j'en ai pleinement conscience… Mais dès que je suis avec elle Mark, j'oublie tout… Je – je perds toute rationalité ! Je – Elle m'obsède! Je n'arrête pas de penser à elle… Tout le temps!
- Tu m'as l'air sacrément mordue, constata-t-il.
Sa remarque la fit grimacer et l'amena à laisser sa tête retombée sur la table d'un geste anéanti.
- Qu'est ce que je vais faire Mark? demanda-t-elle désespérée.
Mark la regarda avec compassion. Il ne l'avait jamais vu dans cet état, même à l'époque où elle était dans une relation durable. Elle avait Arizona Robbins complètement dans la peau et pourtant il ne s'était encore rien passé entre elles. Comment était-il possible de ressentir quelque chose d'aussi fort pour quelqu'un avec qu'il n'y avait rien? C'était un mystère complet pour lui. Mais ce dont il avait conscience c'est que sa meilleure amie était misérable et qu'il était hors de question qu'il la laisse se consumer pour une femme avec qui tout était perdu d'avance.
- Tu sais ce qu'on dit, déclara-t-il d'un ton suggestif, rien de mieux pour oublier une personne que de passer à quelqu'un d'autre…
Il fit un signe de tête en direction du bar où Jasmine la serveuse était occupée à servir des clients.
Callie se redressa légèrement et la fixa pendant quelques secondes avant de pousser un profond soupir.
- Alors selon toi, la meilleure façon que j'ai d'oublier Arizona, c'est de me taper quelqu'un d'autre?
- Yep!
- C'est si simple que ça?
- Aussi simple que ça, affirma-t-il.
Après un moment à fixer la barmaid, elle se leva lentement de sa chaise sous le regard triomphant de son meilleur ami et enfila sa veste.
- Je rentre chez moi… informa-t-elle, faisant ainsi perdre son sourire goguenard à Mark.
C'était peut-être une solution qui fonctionnait pour lui, mais pour Callie, le fait simple de s'imaginer avec Jasmine ne faisait qu'intensifier son envie d'être avec Arizona.
Avec un dernier regard en direction de son meilleur ami, elle se dirigea vers la porte du bar et sortit.
Le lendemain, c'est avec une énorme gueule de bois que Callie pénétra dans le Bureau Ovale. Comme à son habitude, elle posa le gobelet de café Starbuck sur le bureau en face d'Arizona et se laissa tomber sur une des chaises devant elle.
La blonde leva les yeux de ses documents pour les poser sur elle et esquissa un sourire amusé en voyant la tête qu'elle tirait.
- Bonjour à toi aussi! s'exclama-t-elle d'un ton guilleret.
Callie ferma les yeux et se massa la tempe douloureusement.
- Je t'en prie évite de parler fort, supplia-t-elle, ce qui fit rire Arizona.
- Soirée intense? demanda cette dernière.
- Tu n'as pas idée, répondit Callie.
Arizona la regarda enfouir son visage dans ses mains et se mordit la lèvre résistant à lui poser la question qui la travaillait. Mais sa curiosité l'emporta rapidement et elle demanda:
- Qu'est-ce que tu as fait?
- Partie boire un verre avec Mark chez Joe, énonça la voix étouffée de Callie. Un verre s'étant bien-sûr transformé en une dizaine…
- Tu cherchais à te noyer dedans? plaisanta Arizona.
Non, seulement mes sentiments pour toi, pensa Callie. Elle retira ses mains de son visage et regarda en direction de la femme face à elle. Femme qui était responsable de son état misérable et qui ne cessait de torturer chacune de ses pensées.
Cette dernière continuait de la regarder d'un air amusé, ignorant complètement l'état intérieur dans lequel se trouvait Callie.
- Tu as conscience que je suis ton employeur et que le seul fait de débarquer dans mon bureau avec la gueule de bois est suffisant pour te faire virer? taquina Arizona.
- Je t'en prie, rétorqua Callie dans un rire, je te suis trop indispensable pour que tu puisses, ne serait-ce qu'oser y penser…
Le sourire d'Arizona se fana doucement face à ses paroles. Parce qu'elles étaient absolument vrais. Sa Chef de la Sécurité les avaient dit en plaisantant, mais elle ne pouvait tomber plus juste… Callie lui était devenue indispensable.
- Parce que je suis trop gentille et trop géniale, déclara Arizona en ignorant délibérément de répondre à ce qu'elle venait de dire, je vais tout faire pour te ménager aujourd'hui. C'est promis…
- Quelle bonté! répondit Callie d'un ton goguenard.
Un bruit à la porte retentit et leur signifia qu'on venait de toquer. Callie n'eut pas la force de se tourner pour voir qui venait d'entrer mais ferma les yeux en serrant des dents lorsqu'elle entendu la voix frétillante d'April Kepner lancer un «bonjour!».
- Vous n'avez pas vraiment bonne mine, Agent Torres! s'exclama-t-elle avec un sourire.
Une nouvelle fois, Callie grimaça avant de lever les yeux vers elle et lui adresser un regard noir.
- Ta voix est toujours comme ça? questionna-t-elle.
- Comment? demanda April en fronçant les sourcils.
- Agaçante… répondit Callie en se massant de nouveau la tempe.
Arizona étouffa un rire qu'elle réussit à transformer subtilement en un toussotement lorsqu'April la darda d'un regard meurtrier. Cette dernière ignora la remarque blessante de l'Agent Torres et fit face à la Présidente.
- Johanne a une nouvelle fois appelé, informa-t-elle en adoptant une voix monotone. Elle souhaiterait que tu l'as rappel.
Elle n'attendit pas de réponse et sortit du bureau sans manquer de lancer un dernier regard féroce à Callie.
Arizona attendit que la porte se referme avant de se tourner vers la Latina.
- Tu es vraiment horrible avec elle! reprocha-t-elle sans pour autant se dépêtrer de son sourire.
- Je t'en prie, sa voix de crécelle représente une véritable torture pour tout le monde, répondit Callie. Alors imagine avec une gueule de bois…
Elle la vit secouer la tête d'un air dépité avant de reporter son attention sur le rapport qu'elle était occupée à compléter avant qu'elle n'arrive. Callie la regarda quelques secondes silencieusement avant de reprendre la parole:
- Qui est Johanne? questionna-t-elle.
Arizona s'arrêta d'écrire un instant avant de continuer.
- Une amie de la fac, répondit-elle sans lever les yeux vers elle.
Callie remarqua son changement d'attitude mais décida de ne rien dire et se leva de sa chaise.
- Il faudrait peut-être que j'aille travailler, déclara-t-elle avec un sourire.
Arizona leva enfin les yeux vers elle et esquissa un sourire à son tour.
- Essayes de ne pas t'endormir sur ton bureau, conseilla-t-elle avec une pointe de taquinerie.
- Je vais faire de mon mieux, répondit Callie. Je repasserais te voir plus tard…
- J'y compte bien… À tout à l'heure.
Callie lui adressa un dernier sourire avant de lui donner le dos et s'éloigner vers la porte. Lorsqu'elle fut sûre qu'Arizona ne pouvait plus la voir, elle perdit son expression enjoué et poussa un profond soupir.
En fin d'après-midi, Callie se retrouva à fixer la porte qui menait au bureau d'Arizona, hésitant à toquer.
Elle ne l'avait pas vu de la journée, parce qu'elle avait passé tout son temps dans son propre bureau à rattraper le retard dans sa paperasse qui n'avait cessé de se cumuler ces dernières semaines.
Habituellement, elle trouvait un bleu parmi ses agents pour s'occuper de tout l'aspect administratif de son travail, mais ce jour-là elle l'avait fait elle-même. Parce qu'elle y avait trouvé l'excuse idéale pour éviter Arizona le reste de la journée…
La Présidente l'avait appelé, comme à son habitude, à l'heure du déjeuner pour qu'elles mangent ensemble mais elle avait décliné l'offre prétextant qu'elle était énormément occupée alors que la véritable raison était qu'elle n'arrivait plus à faire comme si de rien était autour de la blonde.
Chicago avait été l'élément de trop, celui qui l'avait achevé définitivement et qui avait fait qu'elle ne pouvait tout simplement plus vivre avec son attirance pour Arizona. Donc au lieu de retrouver celle qui occupait chaque composante de ses pensées, elle s'était enfermée dans son bureau et s'était plongée dans ses rapports.
Sauf qu'en fin de journée, elle s'était rendu compte qu'Arizona lui manquait. Autant être en sa présence et ne pas pouvoir lui déclarer ce qu'elle ressentait réellement étaient difficile, autant son absence était tout simplement impossible à supporter.
Donc, elle avait quitté son bureau et s'était dirigée vers l'aile présidentielle, l'amenant à ce moment précis où elle se tenait devant les doubles portes du Bureau Ovale. Avec un soupir, elle finit par toquer et entrer à l'intérieur.
- Hey, salua Arizona en la gratifiant d'un énorme sourire.
Callie ne put s'empêcher d'y répondre alors que sa morosité disparaissait tout d'un coup. C'était un des pouvoirs que la blonde avait sur elle, réussir à améliorer son humeur avec un seul de ses sourires.
- Hey, répondit-elle en s'avançant jusqu'au siège qu'elle avait quitté plus tôt dans la journée.
Elle s'installa dessus et regarda dans la direction d'Arizona qui ne la quittait pas des yeux.
- Je ne t'ai pas vu de la journée, fit remarquer cette dernière sur un ton de reproche. Chercheriez-vous à m'éviter Agent Torres?
Callie la vit ponctuer sa question par un mordillement de sa lèvre inférieur, ce qui amena de nouveau une multitude de papillon à se déchainer dans son estomac.
- Si je répondais oui, que feriez-vous Madame la Présidente? rétorqua-t-elle sur le même ton mutin.
Flirter avec Arizona était devenue comme une seconde nature… C'était facile, naturel et absolument addictif.
Arizona n'eut pas le loisir de répondre car la porte de son bureau s'ouvrit pour laisser entrer Alex Karev qui était plongé en pleine conversation avec une femme que Callie n'avait jamais vue. Cependant, il lui parut plutôt clair qu'elle n'était pas étrangère à Arizona qui perdit immédiatement son sourire lorsqu'elle la vit à son tour.
La femme était très jolie, accorda Callie. Elle était assez grande de taille, surement aussi grande qu'elle. Son corps était élancé et elle ne put s'empêcher de remarquer qu'elle avait de magnifiques courbes. Elle avait aussi de jolies cheveux bruns et des yeux d'un vert presque surnaturel.
- Johanne? prononça Arizona surprise, ce qui amena Callie à froncer les sourcils.
Elle avait souvenir d'avoir entendu April parler vaguement d'une Johanne qu'Arizona avait indiqué être une amie de fac. Mais au vu du regard gêné de la blonde, elle vit ses soupçons se confirmer. Cette femme représentait beaucoup plus qu'une simple amie.
- Zo'! s'exclama l'interpellée en lui adressant un grand sourire.
Callie leva les yeux au ciel en entendant le surnom ridicule. Cependant, ce détail ne sembla pas déranger Arizona qui esquissa un sourire à son tour.
La Latina regarda la dite-Johanne s'approcher d'elle et la prendre dans ses bras, ce qui l'amena à détourner les yeux.
- Qu'est-ce que tu fais là? questionna Arizona en se dégageant de leur étreinte.
- J'ai un séminaire, ici à DC, informa Johanne. Chose que tu saurais si tu avais répondu à mes multiples appels!
Arizona se recroquevilla légèrement et lui adressa un sourire d'excuse.
- Je suis désolée, je n'ai pas eu une minute à moi aujourd'hui…
Callie leva un sourcil dans sa direction, parce qu'elle était quasiment sûre que la journée de la Présidente avait été plutôt calme, mais Arizona fit comme si elle ne l'avait pas vu et continua de fixer mal-à-l'aise l'autre femme.
- Johanne était entrain de m'expliquer qu'elle passait encore une nuit à Washington avant de retourner à San Francisco, informa Alex en lui adressant un regard appuyé qui ne passa pas inaperçu auprès de Callie.
Ne se sentant plus à sa place, elle se leva et fit un pas en direction de la porte de sortie.
- Je vais vous laisser, déclara-t-elle.
- Quoi? répondit Arizona en se tournant vivement vers elle. Non, reste! Je suis désolée… Johanne, je te présente notre Chef de la Sécurité, l'Agent Torres. Calliope, voici Johanne Mills, on était à la fac ensemble…
- Voyons Zo', nous n'avons pas seulement été à la fac ensemble, minauda Johanne en se tournant enfin vers Callie.
Callie se força à lui adresser un sourire poli avant de lui tendre une main.
- Enchantée de faire votre connaissance, déclara-t-elle.
- De même, répondit simplement Johanne en ignorant la main tendue avant de reporter son attention sur Arizona.
Callie laissa retomber son bras le long de son corps et toisa l'autre femme d'un regard plein de dégout qui ne passa pas inaperçu auprès d'Arizona qui grimaça.
Elle avait tout fait pour éviter d'avoir Johanne ici, ignorant ses multiples appels et ses messages vocaux. Et bien-sûr, il avait fallu qu'elle débarque directement à la Maison Blanche et pour couronner le tout, au moment où Callie se trouvait déjà là.
- Je vais devoir y aller, déclara finalement Johanne au plus grand soulagement de la Latina qui ne savait pas combien de temps elle pouvait supporter cette bonne femme sans lui mettre son poing dans la figure. Je vous dis à ce soir, ajouta-t-elle à l'adresse d'Alex et Arizona avant de se décaler pour rejoindre la porte.
Elle passa devant Callie qu'elle ignora délibérément et sortit de la pièce.
- Ce soir? questionna Arizona en se tournant vers Alex.
- Je lui ai dit qu'on dinerait avec elle à son hôtel, répondit Alex.
- Quoi?! s'exclama la blonde.
- Il est temps que tu te changes un peu les idées et Johanne est la personne parfaite pour ça! Et au moins avec elle, on peut être sûr que vos ébats ne se retrouveront pas dans les tabloïds le lendemain!
Arizona se mordit l'intérieur de la joue avant de jeter un regard en direction de Callie. Elle vit cependant qu'elle ne semblait pas affecter par ce que venait de dire Alex.
La blonde ne se doutait pas que malgré l'air détaché qu'elle arborait, Callie bouillonnait de l'intérieur et faisait tout pour ne pas laisser échapper le cri de frustration qui menaçait de la quitter.
- Et si je n'en ai pas envie? rétorqua-t-elle malgré tout, en croisant ses bras sur sa poitrine d'un geste défensif.
Alex laissa échapper un léger rire.
- Oh je t'en prie Az, depuis quatre ans, à chaque fois que vous vous voyez, il y a des étincelles qui se produisent et vous finissez par passer la nuit ensemble!
Comme si ce n'était pas déjà assez pour Callie de devoir faire avec des sentiments pour une personne qu'elle savait impossible à avoir, il fallait maintenant qu'elle reste là, à écouter le meilleur ami de cette même personne clamer haut et fort qu'il fallait qu'elle s'envoie en l'air ce soir, chose à laquelle Arizona ne semblait pas si réticente.
Décidant qu'elle en avait assez entendu, elle essaya de s'éclipser discrètement en direction de la porte mais Alex prononça son prénom au moment où elle posa sa main sur la poignée. Le maudissant de tous les noms, elle se tourna vers lui et retrouva son sourire professionnel, évitant tout contact visuel avec Arizona.
- Oui?
- Agent Torres, pourriez-vous organiser une sortie officieuse pour la Présidente ce soir? questionna-t-il. À l'hôtel Lincoln's…
- Alex, avertit Arizona.
- Écoutes, déclara-t-il avant qu'elle ne puisse ajouta autre chose, on va boire un verre comme au bon vieux temps, rien de plus… Après, ajouta-t-il avec un sourire en coin cette fois-ci, si tu veux aller plus loin dans l'exploration de tes souvenirs, je m'éclipserais et vous laisserez seules…
- Dans combien de temps faut-il que tout soit prêt? demanda Callie d'une voix neutre, devançant ainsi la blonde qui s'apprêtait à parler de nouveau.
Elle croisa le regard d'Arizona qui fronça les sourcils mais détourna le sien, jouant l'indifférence jusqu'au bout.
- Une heure serait l'idéal, répondit Alex.
- Je m'en occupe, répondit Callie avant de prendre congés et sortir de la pièce.
Une heure plus tard, Arizona tournait en rond dans son bureau, attendant que Callie vienne la chercher pour rejoindre Alex et Johanne.
Si elle voulait être complètement honnête avec elle-même, elle admettrait qu'elle n'avait pas du tout envie d'y aller, ce qui était complètement ahurissant parce que, comme l'avait souligné Alex, à chaque fois que son ex était dans les parages, elle finissait par passer la nuit avec.
Il n'y avait jamais rien eu de sérieux entre elles et c'est ce qui l'avait toujours attiré chez Johanne jusque-là.
Sauf que maintenant, tout était différent pour elle. Parce que maintenant, il y avait Callie.
Callie pour qui elle éprouvait des choses qu'elle n'arrivait toujours pas à comprendre mais qu'elle savait intenses. Très intenses...
Ses sentiments allaient bien au-delà de l'attirance physique et même si elle savait que la connexion qui existait entre elles-deux était présente depuis le début, ce n'était que maintenant qu'elle en prenait réellement conscience. Ou plutôt depuis la nuit qu'elle avait passée chez ses parents, dans le lit de son défunt frère, à côté de la personne qui avait réussir à lui faire fermer les yeux plus de deux heures. Elle s'était endormie et réveillée avec le même sentiment: celui de pure bonheur. Et la raison n'était qu'une seule et même personne: Callie Torres.
Donc non, elle n'avait pas envie d'aller à ce rencard déguisé que son meilleur ami lui avait organisé pour soi-disant l'aider à oublier le travail. Tout simplement parce qu'elle n'avait pas besoin de coucher avec une de ses ex pour oublier son stress quotidien. Il lui suffisait de croiser le regard de Callie et de la voir sourire pour oublier qu'elle était la Présidente. Et même si cette dernière n'avait montré que de l'indifférence à l'annonce qu'elle allait peut-être passé la nuit avec une autre femme, elle s'en fichait.
Parce que même si son être tout entier désirait l'autre femme. Même si la seule envie qu'elle avait à chaque fois qu'elle l'a voyait était de la plaquer contre le mur le plus proche pour lui faire follement l'amour, elle pouvait se contrôler. Parce que le principal était que Callie soit dans sa vie, peu importait de quel façon.
Elle n'avait besoin que de Callie…
C'est pour cela qu'elle allait quand même aller à ce fichu diner, qu'elle allait passer la soirée avec deux de ses amis puis qu'elle rentrerait à la Maison Blanche, sans répondre aux avances de Johanne. Et s'il n'était pas trop tard au moment de son retour, elle inviterait Callie à boire un dernier verre avec elle et espérer pouvoir seulement passer un moment seule en sa compagnie. Un moment où elle se sentirait de nouveau complète en l'entendant parler, rigoler ou ne serait-ce que la regarder.
Cependant tous ses plans tombèrent à l'eau au moment où la porte de son bureau s'ouvrit pour laisser apparaître Cristina Yang à la place de Callie.
- Votre voiture est prête, Mme la Présidente, déclara l'asiatique d'un ton impersonnel, comme à son habitude.
Arizona ne bougea pas, se contentant de la regarder avec un froncement de sourcil.
- Où est l'Agent Torres? demanda-t-elle lentement.
- Elle ne se sentait pas bien, informa Cristina. Elle a mis en place tout le protocole pour ce soir mais m'a demandé de gérer la permanence…
Sans qu'elle ne comprenne réellement pourquoi, Arizona sentit une colère grandissante lui envahir la totalité de son corps.
- Où est-elle? interrogea-t-elle d'une voix étonnamment calme malgré la rage qui menaçait de creuser un trou dans sa poitrine.
- Dans son bureau, répondit l'agent.
Arizona n'attendit pas une seconde de plus avant de se diriger vers la sortie de son bureau.
- Annulez la voiture, ordonna-t-elle par-dessus son épaule.
- Mais je –
- Faites ce que je vous dis! s'exclama Arizona avant de quitter la pièce.
Elle s'avança d'un pas décidé et passa devant le bureau d'April qui la fixa d'un regard incrédule.
- Arizona?
- Appel Alex et annule notre diner, intima-t-elle sans pour autant arrêter de marcher.
- Mais – où est-ce que tu vas? questionna la rousse en se levant de sa chaise.
- Régler quelques comptes, répondit Arizona avant de s'enfoncer dans le couloir menant au bureau de sa Chef de la Sécurité.
Callie était concentrée sur son ordinateur lorsque la porte de son bureau s'ouvrit brusquement. Elle leva les yeux pour voir la dernière personne qu'elle s'attendait à voir entrer à l'intérieur.
- Arizona? lança-t-elle surprise.
Cette dernière s'avança et referma la porte derrière elle.
- Qu'est ce que tu fais là? demanda Callie en se levant doucement de son siège. Je pensais que tu serais déjà parti.
- Comment veux-tu que je sorte sans mon agent? rétorqua sèchement Arizona.
- Je t'ai envoyé Cristina…
- ELLE N'EST PAS TOI! s'écria la blonde.
Callie referma la bouche immédiatement, prise au dépourvu par la colère évidente de la femme face à elle. Elle semblait enfin remarquer qu'Arizona était hors d'elle, ce qui l'amena à faire précautionneusement le tour de son bureau pour s'appuyer dessus, juste devant elle. Il fallait absolument qu'elle garde son calme et qu'elle continue de la jouer comme si tout était normal.
- Je suis désolée, s'excusa-t-elle. Je ne me sentais pas très bien après ma cuite d'hier…
- Oh je t'en prie! s'exaspéra Arizona en lui lançant un regard noir. Tu as assuré des permanences dans des états pire que celui-ci! Tu as toujours insisté pour être là dès que je mettais un pied dehors et aujourd'hui tu vas me faire croire que tu te défile à cause d'une gueule de bois?!
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise Arizona? demanda Callie d'un ton excédé. Je ne me sentais pas bien, j'ai laissé ma place à Cristina, rien de plus…
- Arrête de mentir Calliope! lança Arizona d'un ton agacé.
Elle poussa un soupir et la regarda détourner les yeux.
- C'est à cause de Johanne, n'est-ce pas?
- Qu'est-ce qu'elle vient faire là-dedans? rétorqua Callie.
- J'ai vu comment tu la regardais tout à l'heure, répondit Arizona. Tu la déteste et je suis sûre que c'est à cause de ça que tu ne viens pas ce soir… Mais je t'assure qu'elle n'est pas si désagréable qu'elle en à l'air lorsque tu apprends à la connaitre.
Callie la fixa quelques secondes avant de laisser échapper un rire sans joie devant l'ironie de la situation. Arizona pensait que si elle se dérobait, c'était à cause de Johanne Mills. Et c'était bien le cas.
Mais pas pour les raisons qu'elle semblait croire.
- Tu te fais des idées, déclara-t-elle lentement.
- Et toi tu continues de me mentir! s'énerva Arizona.
L'attitude désinvolte de Callie commençait à réellement lui taper sur les nerfs et elle ne savait pas combien de temps elle pouvait encore supporter les barrières qu'elle érigeait systématiquement autour d'elle. Elle adorait le côté inatteignable de l'autre femme, c'était une des choses qu'elle aimait et qui la séduisait le plus chez elle. Mais à cet instant, elle n'avait qu'une envie, c'était l'étriper et la faire parler, parce qu'elle avait le don de la rendre folle.
- Ce n'est pas la première fois que Cristina me remplace, soupira Callie avec un haussement d'épaule. Pourquoi est-ce si important que ce soit moi qui fasse la surveillance ce soir?
- Parce que tu es importante pour moi! répondit de but en blanc Arizona.
Parce qu'elle espérait bêtement qu'elle l'était aussi pour Callie. Assez pour qu'elle ne la laisse pas aller dans un hôtel rejoindre une autre femme…
Callie leva enfin les yeux vers elle et ouvrit la bouche pour parler.
- Je – commença-t-elle avant de s'arrêter.
Arizona la vit détourner les yeux avant d'ajouter un « laisse tomber » qui eut le don de l'énerver pour de bon.
- Très bien! s'exclama-t-elle. Moi aussi je laisse tomber! Je ne vois pas pourquoi je m'obstine à essayer de te faire parler alors qu'il est évident que tu n'en à rien à faire!
Ce furent ces derniers mots qui amenèrent Callie à perdre tout faux-semblant et à laisser enfin parler la frustration et la colère qu'elle canalisait depuis ce qui lui semblait être une éternité.
- Je n'en ai rien à faire?! s'écria-t-elle. Tu t'attendais à quoi? À ce que je te tienne la main jusqu'à la suite de ton ex petite-amie et que je chante une sérénade pendant que tu t'enverrais en l'air?
- Je ne t'ai jam- commença Arizona avec un froncement de sourcil.
- Tu veux la vérité Arizona?! interrompit furieusement Callie.
Elle se redressa du bureau et fit totalement face à Arizona.
-La vérité c'est que si je me suis «défilée» c'est parce que je ne supportais pas l'idée de t'accompagner jusqu'à une suite d'hôtel pour t'entendre te taper une autre femme toute la nuit!
Arizona se figea brusquement, comme si elle venait de se prendre une gifle. Elle la fixa abasourdie, la bouche ouverte, ne sachant quoi dire.
Cependant, ça ne sembla pas arrêter Callie qui, maintenant qu'elle était lancée, n'arrivait plus à s'arrêter.
- La vérité c'est que je préfèrerais qu'on m'arrache les yeux plutôt que de te voir sortir de cette suite avec cette Johanne! Je préfèrerais perdre la raison plutôt que de savoir que tu vas te réveiller dans les bras d'une autre alors qu'i peine deux jours c'était dans les miens que tu dormais… Tu voulais la vérité Arizona?! C'est ça la vérité!
Elle ne baissa pas le regard et continua de fixer Arizona droit dans les yeux, parce que bon sang, elle avait rêvé de dire ces mots depuis des semaines! Et peu importe ce qui en sortirait de cet aveux, peu importe ce qu'il en adviendrait, ce qui était sûr c'était qu'elle se sentait libérée d'un poids.
Cependant son avis changea rapidement lorsque le silence d'Arizona se prolongea, amenant son sentiment de soulagement à disparaître pour laisser place à de la tristesse.
À quoi s'attendait-elle en clamant tout ça? À ce qu'elle oublie son rencard avec la femme qui amenait « des étincelles » dans sa vie pour lui tomber dans les bras?
Elles ne pouvaient pas être ensemble, c'était aussi simple que ça. Alors pourquoi diable venait-elle de tout gâcher en balançant ce qu'elle ressentait au visage d'Arizona?
- Tu devrais y aller, déclara-t-elle finalement d'une voix triste.
Elle se dégagea complètement du bureau et fit un pas sur le côté pour s'éloigner du regard toujours choqué d'Arizona. Cependant, la blonde l'arrêta en lui attrapant le bras l'amenant à tourner les yeux vers elle pour croiser à nouveau les siens.
- Qu'est-ce qu–
Une seconde après et sans qu'elle ne s'y attende, elle fut coupée par les lèvres d'Arizona qui emprisonnèrent délicatement les siennes. Elle ne put résister une seule seconde à fermer les yeux pour savourer pleinement l'étreinte, sentant son rythme cardiaque s'emballer à une vitesse folle alors que la pression sur ses lèvres augmentait.
Mais lorsqu'Arizona glissa ses deux mains sur son visage pour approfondir un peu plus le baiser, son cerveau se remit en marche et l'amena à puiser au plus profond d'elle la volonté nécessaire pour se dégager soudainement.
- Il faut vraiment que tu arrêtes de faire ça, souffla-t-elle d'un ton haletant en maintenant ses yeux fermés pendant une longue seconde.
Elle les rouvrit pour se plonger directement dans l'océan bleu qui composait le regard d'Arizona et qui s'était assombri suite au baiser.
- Il faut que tu arrêtes de m'embrasser à chaque fois que tu veux me faire taire…
Et sans ajouter quoi que ce soit, Callie s'éloigna en direction de la porte et sortit de son propre bureau, laissant derrière elle une Arizona à qui la scène lui donna une impression de déjà-vu.
Quelques semaines plus tôt, elles avaient été dans l'exacte même position et avaient échangé leur premier baiser après une dispute.
Et comme la dernière fois, Arizona se retrouvait à fixer le dos de Callie alors que cette dernière s'en aller.
En repensant à ce souvenir, elle sortit de sa léthargie et quitta la pièce à son tour pour se mettre à sa recherche. Parce que cette fois-ci, il était hors de question qu'elle la laisse partir sans qu'elle ne lui fasse part de ce qu'elle ressentait. Elle avait commis cette erreur une fois, elle n'allait pas la laisser se reproduire.
C'est avec cette conviction qu'elle tourna à l'angle du couloir qui lié l'Aile Ouest à l'étage de ses quartiers personnels et s'avança d'un pas précipité vers Callie qu'elle repéra à quelques mètres devant elle.
Elle arriva à sa hauteur, lui attrapa le bras et l'obligea à la suivre.
- Qu'est-ce que tu fais?! s'exclama Callie, prise au dépourvu.
Arizona ne dit rien et les fit entrer par la première porte qui se trouvait à sa gauche et qui donnait sur ses appartements personnels.
Arrivée à l'intérieur, elle lâcha enfin son bras et referma la porte derrière elle avant de lui faire de nouveau face. Callie se recula légèrement et la lorgna d'un regard incompréhensif.
- Le jour où je t'ai embrassé pour la première fois, dit Arizona, tu m'as dis que tu en avais marre de mes incertitudes. Tu t'es tenue devant moi, et tu m'as demandé ce que je voulais…
Elle fit un pas en avant et la regarda d'un air plein de conviction.
- C'est toi Calliope, déclara-t-elle. C'est toi que je veux…
La déclaration suscita une vague d'émotion chez Callie qui eut l'impression que son cœur venait soit d'arrêter de battre, soit qu'il s'était tellement accéléré qu'elle ne le sentait plus.
Ce qui était sûre c'est qu'une immense euphorie venait de la gagner.
Et qu'elle disparut presque aussitôt pour laisser place à un sentiment de tristesse.
- Arizona, on ne peut pas –
- Je sais! l'interrompit Arizona. Je le sais très bien qu'il ne doit rien se passer entre nous, parce que tu travailles pour moi et que ce ne serait ni éthique ni professionnel, sans parler du danger… Je le sais tout ça Calliope! Mais sincèrement je n'en ai plus rien à faire!
Lorsqu'elle vit que Callie s'apprêtait à parler de nouveau, elle la coupa d'un geste de la main. Maintenant qu'elle laissait enfin son cœur parler, il était hors de question qu'elle n'aille pas jusqu'au bout.
- Je n'en ai rien à faire des protocoles et des règles qui nous interdisent d'être autre chose que des collègues, affirma-t-elle. Parce que je te veux Calliope et je ne peux plus faire comme si ce n'était pas le cas.
Elle s'avança lentement sans quitter Callie des yeux, jusqu'à se retrouver à quelques centimètres d'elle. Cette dernière la regarda faire sans bouger et ferma les yeux brièvement au moment où elle sentit la chaleur émanant du corps d'Arizona.
- Je t'en prie arrêtes…
Son ton était suppliant, presque désespéré.
- Je ne peux pas, répondit Arizona.
Elle ne fit cependant aucun autre mouvement pour la toucher. Fixant Callie d'un regard intense, elle laissa ses bras à quelques centimètres de son corps et ne céda pas à l'envie lancinante qui l'implorait de lever ses mains vers le magnifique visage de la Latina et réitérer le baiser qu'elles avaient échangé quelques minutes plus tôt.
Elle se consumait pour cette femme, son corps entier s'enflammait à l'idée qu'il puisse avoir les mains de Callie sur lui et elle n'attendait que ça.
Mais elle ne voulait pas la brusquer.
Elle voulait que Callie en ait envie autant qu'elle…
- Il faut vraiment que tu te recule, somma Callie dans un souffle.
- Je ne peux pas, répéta Arizona.
Parce que c'était comme si une force invisible la maintenait en place, son corps frôlant presque celui de Callie tandis que son visage était à seulement quelques centimètres du sien.
- Toi recules, souffla-t-elle d'un ton haletant.
- Je ne peux pas…
Malgré elle, Callie baissa les yeux vers les lèvres d'Arizona et ses dernières barrières s'effondrèrent. Sans qu'elle ne réalise ce qu'elle était entrain de faire, elle leva ses mains et les glissa dans sa chevelure soyeuse. Elle referma ensuite les dernières distances entre leurs deux visages et emprisonna d'un geste lent et tortueux ses lèvres. Immédiatement, elle sentit les mains d'Arizona remonter le long de son dos, caresser doucereusement ses bras puis les poser sur les siennes.
Fermant les yeux, Arizona sentit son cœur exalter au moment où ce qui semblait être un feu d'artifice explosait dans sa poitrine.
Le baiser ne ressemblait pas au premier qu'elles avaient échangée pendant lequel la tension sexuelle entre elles, avait enfin été libérée. Il ne ressemblait pas à celui qu'elles avaient eu quelques minutes plus tôt et qui avait surtout été une manifestation de ce qu'elles avaient cherché à cacher ces dernières semaines et qui était toujours freiné par les interdictions qui pesaient sur elles.
Non celui-ci était totalement différent. Elles n'étaient qu'elles seules. Arizona et Callie. Pas de Présidente. Pas de Chef de la Sécurité. Pas de devoir patriotique ou de professionnalisme.
Elles n'étaient que toutes les deux. Rien que toutes les deux, guidaient par leur désir et attraction mutuelle.
Ce baiser était pur. Il était tendre et explorateur.
Il était tout ce qui s'apparentait à un rêve.
Lorsque le souffle leur manqua, elles s'éloignèrent pour se regarder intensément avant de s'embrasser de nouveau, cette fois-ci beaucoup plus fougueusement que la première fois.
Au moment où Arizona sentit la langue de Callie effleurer timidement la sienne, une vague de désir l'envahit brusquement, l'amenant à resserrer ses bras autour de sa nuque au moment où celle dans son dos descendaient jusqu'à ses hanches.
- Calliope, gémit Arizona.
Se laissant guider par son désir qui ne cessait de croitre de seconde en seconde, Callie fit reculer Arizona jusqu'à ce qu'elle heurte la table de la salle à manger qui se trouvait derrière elles et sans quitter une seule seconde ses lèvres, elle la souleva pour la faire s'asseoir dessus et se positionna entre ses jambes. Elle se dégagea ensuite de ses lèvres pour embrasser langoureusement sa nuque et remonter jusqu'à son oreille, alors que ses mains exerçaient leurs magies sur ses jambes nus.
Elle les descendit ensuite jusqu'à ses pieds et lui enleva ses chaussures avant de les remonter lentement sous la robe d'Arizona pour caresser le long de ses cuisses, provoquant une multitude de frissons sous ses doigts. Son rythme cardiaque gagna un peu plus en vitesse lorsqu'elle entendit la blonde pousser un nouveau gémissement.
- Je te veux Calliope, répéta Arizona d'un ton haletant alors qu'elle lui mordillait délicieusement le lobe de son oreille. J'ai envie de toi…
Callie arrêta ce qu'elle faisait, avant de se dégager lentement pour pouvoir plonger son regard dans le sien. Elle garda ses mains sur les jambes d'Arizona mais cessa de les lui caresser et chercha la signification des mots qu'elle venait de prononcer en scrutant ses magnifiques prunelles.
Une effusion de chaleur la gagna lorsqu'elle remarqua que ses pupilles s'étaient dilatées et elle su à ce moment-là.
Elle sut ce qui allait se passer.
- Tu es sûre de vouloir…
Elle laissa sa phrase en suspens, la terminant avec son regard. Arizona ne répondit pas verbalement. Elle dégagea ses mains de la nuque de Callie pour les descendre doucement jusqu'au col de son blazer et le lui retira avant de le laisser tomber au sol.
Callie baissa les yeux vers les mains d'Arizona au moment où elle s'attaqua à l'holster où se trouvait son arme de service qu'elle enleva tout aussi précautionneusement. Elle le posa ensuite à côté d'elle, sur la table où elle était toujours assise, sans la quitter une seule seconde des yeux.
Callie leva de nouveau le regard pour le sceller au sien au moment où elle commençait à déboutonner un à un les boutons de sa chemise. Lorsqu'elle fut complètement ouverte et qu'elle dévoila sa poitrine fermement enfermé dans un soutien gorge noir, la blonde sentit sa respiration s'arrêter brusquement et la pulsion présente au bas de son ventre se décupler.
- Tu-tu es magnifique, souffla-t-elle sans la quitter des yeux.
Elle lui retira la chemise et caressa du bout des doigts ses épaules avant de déposer un baiser sur la clavicule désormais nue de Callie.
Cette dernière laissa échapper un gémissement tandis qu'un frisson lui parcouru l'échine au moment où les lèvres qui se trouvaient contre sa peau remontèrent peu à peu vers sa nuque puis son menton avant de retrouver le chemin de sa bouche pour l'embrasser langoureusement. Leurs lèvres se lancèrent dans une valse sensuelle bercée par les légères caresses entre leurs langues.
Arizona sentit les mains de Callie dans son dos, descendre tout doucement la fermeture éclair de sa robe et elle ne put s'empêcher de rouler des yeux de plaisir au moment où elles rentrèrent en contact avec sa peau.
Un nouveau gémissement s'échappa de sa bouche lorsque la jambe de Callie accentua la pression entre ses jambes, l'amenant à les resserrer instinctivement autour de sa taille.
- Oh mon dieu…
Elle était dans un état second, complètement en transe et le touché expert et méticuleux de la magnifique femme qui l'embrassait ne faisait que lui faire perdre de plus en plus pied.
- Le lit, pantela-t-elle contre les lèvres de Callie.
Cette dernière raffermit leur étreinte en la tenant fermement contre elle et la porta. Arizona resserra ses jambes contre sa taille alors que ses mains lui encerclaient sa nuque, et la laissa les guider à l'aveuglette jusqu'à son lit qui se trouvait à quelques mètres de là où elles étaient.
Callie n'arrêta pas de l'embrasser une seule seconde pendant le chemin. C'était comme si elle en était tout simplement incapable. Le cumul des dernières semaines où elle avait dû contenir tout son désir pour l'autre femme se libérait enfin et elle avait peur qu'en s'arrêtant ne serait-ce qu'une seule seconde, la magie du moment s'envolerait.
Donc elle tenue Arizona contre elle et continua de l'embrassait fougueusement jusqu'à ce que ses jambes atteignent le bord du lit. Précautionneusement, elle la fit s'allonger sur le dos et l'aida à retirer sa robe qu'elle balança par-dessus son épaule. Elle s'arrêta ensuite quelques secondes pour la regarder.
Elle était divine. Tout simplement divine. Et elle n'avait pas souvenir d'avoir jamais vu une personne aussi belle et somptueuse qu'Arizona Robbins.
- Je n'ai jamais vu une personne aussi belle que toi, déclara-t-elle dans un souffle.
Son regard était d'une intensité qui fit accélérait le rythme saccadé de la respiration d'Arizona.
On l'avait qualifié de belle dans le passé. Mais jamais il n'avait eu un effet aussi éloquent qu'à ce moment-là et la façon dont la fixait la splendide femme au-dessus d'elle ne faisait que l'accentuer.
- Tu vas te contenter de regarder ou tu vas te décider à me toucher? questionna-t-elle doucement.
Parce qu'elle ne pouvait plus attendre plus longtemps.
- Oh je vais définitivement toucher, répondit Callie d'une voix anormalement éraillée.
Elle continua de la fixer quelques secondes avant de se baisser de nouveau pour retrouver le chemin de ses lèvres. Tout en veillant à équilibrer son poids sur ses coudes, elle se colla un peu plus à Arizona et étouffa un grognement de plaisir lorsque leurs peaux nues entrèrent de nouveau en contact.
D'habitude, lorsqu'elle avait une relation avec quelqu'un, Callie cherchait à atteindre le plaisir rapidement. Ce qu'elle voulait, c'était des rapports véloces et efficaces, ne cherchant jamais réellement autre chose que le plaisir instantané dans ses relations sexuelles.
Mais cette fois-ci, c'était totalement différent. Elle prenait le temps de profiter de chaque contact avec le corps d'Arizona. Elle cherchait à mémoriser le gout délicieux qu'avait sa peau contre ses lèvres, son odeur enivrante, la sensation de ses courbes sous son toucher et le son de ses gémissements.
Elle voulait se souvenir de ce moment-là et en profiter pleinement parce qu'elle savait que rien n'était acquis.
Elle savait que ce qui était en train de se passer en cet instant précis était susceptible de ne jamais se reproduire.
Et lorsqu'elle retrouva le chemin des lèvres d'Arizona et que cette dernière l'embrassa langoureusement, elle avait l'impression qu'elles ne s'apprêtaient pas seulement à coucher ensemble.
Elle avait l'impression qu'elles allaient faire l'amour…
Et il n'existait surement aucune anticipation aussi exaltante que celle-ci.
