-Dépêche, Sam.
-Quoi, tu veux vraiment partir ? C'est toi qui abandonnes ?
-J'abandonne pas, je sauve les gens. Alors, oui, on va quitter cette ville, mais avant, on ira dégommer cette garce.
-Je te vois souvent remonté, mais alors comme ça…
Le silence s'installa entre les deux durant quelques instants.
-On leur dira quoi, à la crim', reprit Sam.
-On a besoin de leur dire quelque chose ?
-Sérieusement, Dean. Je sais que t'es attachés à eux tout autant que moi, alors oui, on se doit de leur dire ne serait-ce qu'au revoir dès qu'on aura terminé le travail.
-…
-Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
Dean soupira et s'assit sur le rebord de son lit.
-T'aurais pas oublié quelque chose, par hasard, dit celui-ci.
-Je vois pas de quoi tu parles.
-Allez, Sam, t'es complètement bouché, ou quoi ? J'aimerais bien savoir ce que tu diras à Tori, en t'en allant.
-Ce ne sont pas tes affaires. Et de toutes façons, qu'est-ce que cela changerait ?
-Je suis pas forcément le mieux placé pour dire, ça, je le reconnais, mais… Franchement, Sam, tu croyais vraiment que je l'avais pas remarqué ? Je me doute bien que tu l'aimes. Même si tu ne la connais pas non plus depuis des années.
Sam baissa la tête.
-Comment voudrais-tu que je lui expliques pourquoi je m'enfuie comme ça ? Je peux pas lui dire la vérité. De un, elle ne me croirait pas. Et de deux, cela la mettrait en danger. Mais tu as raison, on est obligés de s'en aller. On met trop de personnes en danger, ici.
Sam boucla son sac et le balança sur son épaule gauche.
-Alors on achèvera Abigaïl dans quelques heures. Et on s'en ira juste après.
. . . . . . . .
Sam s'avança dans le couloir.
« Tori
Je suis vraiment désolé, mais il va falloir que nous quittions New-York, mon collègue et moi. »
Il salua machinalement une infirmière, qui lui sourit.
« Je sais que tu aurais préféré que je te le dise en face, mais je ne peux pas. Je suis peut-être lâche, c'est vrai. Mais je le suis pour protéger les autres. J'aurais vraiment souhaité pouvoir rester plus longtemps ici, mais c'est impossible. Je ne peux pas t'en parler, c'est trop compliqué. Je te mettrais en danger, si tu étais au courant de quoi que ce soit. Une de ces preuves est que tu m'appelles Ken, alors que ce n'est même pas mon prénom. »
Il s'arrêta devant la porte frappée du numéro 301.
« La situation a été assez difficile, ces derniers temps, et sache que c'est de ma faute si tu t'es retrouvée ici, dans cet hôpital. Tu ne pourras pas me demander pourquoi, car je serais sûrement loin quand tu liras cette lettre. »
Il soupira et fit tourner la poignée.
« Sache qu'à mes yeux, que tu es une des personnes les plus incroyables que je n'ai jamais connues, et qu'il me faudrait plusieurs vies pour commencer à t'oublier. »
Il entra dans la chambre d'hôpital, qui demeurais vide. Elle avait dû s'absenter quelques minutes. Il avança jusqu'à la table de nuit, et déposa lentement sa lettre sur celle-ci.
« En espérant que tu parviennes, toi, à m'oublier pour continuer à avancer.
Au revoir.
S-W. »
. . . . . . . .
-Il est quelle heure ?
Ryan regarda rapidement sa montre.
-Il est dix heures moins le quart. Il se fait tard, c'est vrai, dit-il en regardant Kate, mais Esposito et moi, on a décidé de rester ici, on va poursuivre les recherches.
-Tant mieux. On aura besoin de toutes nos équipes, si on veut boucler cette affaire, fit Beckett. Lanie a téléphoné, et c'est la même chose pour nos trois nouvelles victimes. Le tueur, qui est en l'occurrence une femme, était assez enragée pour s'acharner sur eux avec une dague, un couteau, peu importe. Nous nous devons de la retrouver coute que coute. Vous avez carte blanche, vous m'entendez ?
-Oui chef, dirent les quelques officiers qui les avaient rejoints.
-Parfait. Alors, au boulot, tout le monde. Ryan, Esposito, vous avez vu Hastings et Taylor ?
-Non, pas depuis quelques heures. Ils doivent être partis pour se reposer.
-Mh. Ça doit être ça…
. . . . . . . .
-Accélère un peu, Dean. J'aimerai que l'on se tire d'ici le plus vite possible, pour éviter de revenir en arrière.
Dean appuya sur la pédale de l'accélérateur, puis jeta un coup d'œil en direction de son frère. Aucune expression n'était visible sur son visage.
-Bon, on va arriver à la grange, finit-il par dire à son petit frère. Tu attrapes le sac d'armes derrière toi ?
Il s'exécuta, tandis que Dean commença à ralentir. Ils arrivèrent près d'un sentier. Ils tournèrent à gauche, puis Dean coupa le contact de la voiture une fois arrivés.
-T'as pris tout ce dont on a besoin ?
-Si tu veux dire : sel, eau bénite, armes anti-démons et autres, alors c'est oui. Et toi, t'as pensé à la peinture pour tracer les pièges ?
Dean se mit à regarder en l'air, comme si de rien n'était. Sam soupira.
-Crétin.
-Enfoiré.
Ils prirent le reste dans le coffre puis partirent en direction de l'ancienne grange abandonnée.
. . . . . . . .
« Tiens bon, Kate, tiens bon » se disait-elle en tenant sa tête entre ses mains.
-Beckett, ton café, dit Ryan en lui tendant une tasse remplie à ras-bord.
-Merci, répondit-elle en l'attrapant des deux mains.
Ils virent Velasquez se pencher dans l'embrasure de la porte de la salle média.
-Capitaine, Ryan, Espo, venez, j'ai quelque chose.
Ils la rejoignirent et elle leur expliqua la situation.
-Beckett, vous vous souvenez, vous m'avez demandé de faire quelques recherches sur ces deux hommes évanouis dans la nature…
-Oui, effectivement.
-Pas si évanouis, apparemment. Un flic, nommé Henriksen, a tenté d'effacer tous les dossiers les concernant, ils y a environ huit ans. Mais je crois qu'il est mort avant d'avoir pu entièrement effectuer cette tâche.
-Un flic les a fait disparaitre ? Pourquoi ?
-De nombreuses arrestations, l'un pour meurtres, notamment, et l'autre pour des délits du même genre. Mais, à chaque fois, ils ont su s'échapper par on ne sait quel moyen. Ce Henriksen, dont je vous ai parlé, ils est mort il y a huit ans dans une explosion. C'était un agent du FBI, et son poste a explosé, alors lui et quelques-uns de ses collègues se trouvaient à l'intérieur.
-Ok… On a des noms, pour les deux hommes ?
-Je crois que oui. Et ils correspondent avec John Winchester. Ils s'agissaient de Sam et Dean Winchester, deux cinglés qui prétendaient des tas de choses plus cinglées encore.
-« S'agissaient » ? Tu as bien dit au passé ?
-Mh. La veille de cette explosion, ils ont tous les deux perdus la vie lors de leur transfert en prison. L'hélicoptère les transportant s'est craché.
-Ca ne peut pas être une coïncidence, dit Kate.
-Je ne pense pas non plus, reprit Velasquez, et il f…
Elle stoppa net sa phrase.
-Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
-Je… je viens de recevoir des images, des photocopies de portraits robots des deux hommes, mais… C'est… C'est impossible…
-Pourquoi cela ?
-Parce qu'ils étaient dans ce poste de police il y a moins d'une heure…
Les trois flics en restèrent bouche bée.
-Montre-nous les images, s'il te plait.
Elle fit pivoter son ordinateur portable dans leur direction. Ils reculèrent, incapables de prononcer le moindre mot durant les quelques instants qui suivirent, les portraits de Sam et Dean devant leurs yeux.
-C'est… C'est une blague, ou quoi, murmura Ryan.
Kate se mit à regarder dans toutes les directions.
-Les gars… Ou est Castle ?
. . . . . . . .
Dean sortit rejoindre son frère, qui faisait le guet à l'extérieur.
-Alors ?
-Rien. Ces foutus démons détestent vendre la mèche. Surtout à nous, les Winchester. On a assez mauvaise réputation, auprès d'eux.
-Nan, sans rire ? Pour rester sérieux, elle a vraiment rien dit ?
-Nope. Je crois que je vais retourner l'achever, cette…
-Chh…
-Quoi, qu'est-ce qu…
-Tais-toi, Dean ! J'ai entendu un truc, par là-bas…
Ils tendirent l'oreille. Effectivement, quelque chose remuait entre les hautes herbes à leur droite. Dean s'avança prudemment vers celle-ci. Il sortit son arme, par simple précaution.
-Vas-y en utilisant la discrétion, lui chuchota son frère.
-Ok… Sortez de là, où je tire, cria-t-il.
-Eh, non, tirez pas, les gars !
-Castle ?
Dean rangea son arme dans son étui et rejoignit l'écrivain.
-Qu'est-ce que vous fichez ici ?
-Bah, heu… je… Je vous ai suivis, c'est tout…
. . . . . . . .
-Il ne répond pas, son téléphone ne doit plus avoir de batterie, ou il ne l'entend pas.
-Velasquez, on a besoin que tu localises son portable.
-Je vais voir ce que je peux faire, Capitaine.
Kate s'assit à son bureau, la tête entre les mains
-Merde, comment j'ai pu passer à côté de ça ? Depuis le début, on bossait avec des criminels qui ont simulé leur propre mort…
-On a tous été trompés, Beckett, dit Esposito. On sait ce qu'ils cachaient maintenant…
-Vous passez quand même à côté d'un truc important, reprit Ryan. Vous pensez vraiment qu'Hastings aurait volontairement allumé cet incendie pour risquer sa vie en étant à l'intérieur ?
-Je… Je sais pas, Kevin, je sais plus quoi penser. Ecoute, il est arrivé tant de trucs aux personnes de cette équipe que je deviens parano à l'idée qu'il arrive quelque chose à l'un d'entre nous. Et là, c'est de Castle, que l'on parle. De l'homme que j'ai épousé, et qui n'est même pas capable de tenir entre ses mains une arme à l'endroit.
-On va le retrouver, Beckett. Mais vous savez, tout prend tout son sens, à présent. Hast… Enfin, Les deux frères Winchester qui essayent de tout faire pour enquêter de leur côté, parce qu'ils étaient mêlés à cette histoire. Mais vous pensez qu'ils ont contribué à commettre ces meurtres ?
-Dean Winchester a assassiné plusieurs personnes, d'après le dossier que l'on a retrouvé. Mais ils se sont montrés si bien, avec nous, que je me demande comment ils ont pu dissimuler leur jeu de la sorte.
. . . . . . . .
-Vous nous avez suivis ? Pourquoi, enfin, qu'est-ce qui vous est passé par la tête ?
-Bah… En fait, vous agissez si secrètement, comme des agents secrets, alors… Vous êtes quoi ? Des Men In Black ? Des agents de la CIA ? Vous travaillez pour le Gouvernement Russe ?
Sam et Dean se regardèrent, puis tournèrent à nouveau leur tête vers l'écrivain.
-On lui dit quoi là, on est un peu mal, je crois, murmura Sam à son frère.
-T'es malade ou quoi, Sam, répondit-il en haussant la voix.
-Ah ah, vous êtes des agents doubles !
-Quoi ?
-Vous venez d'appeler Hastings par le prénom Sam… C'est quoi, c'est votre deuxième prénom ?
-Prénom tout court, dit-il en regardant l'écrivain, puis à nouveau son frère. Sérieusement, Dean, on est juste dans la merde, là, je crois, et…
Une sonnerie de téléphone se fit entendre, et Castle répondit.
-Heu… Allô ?
-La vache, Castle, tu vas bien ! On cherche à te joindre depuis des heures ?
-Ouais, désolé, mon portable était en silencieux. Qu'est-ce qu'il y a, Esposito ?
Sam et Dean tournèrent la tête vers lui, qui relevait lentement les yeux au fur et à mesure de ce qu'il apprenait par Javier.
-Attends… Quoi ?
L'aîné des deux chasseurs se dirigea vers lui, attrapa son téléphone, le balança dans les airs et le dégomma en tirant dedans.
-Mais… Je venais de renouveler mon abonnement !
-Qu'est-ce qu'il vous a dit ?
-Quoi ? Bah… Je sais pas trop, il parlait vachement vite, en fait, et j'ai pas tout saisi… Juste des prénoms, des histoires de meurtres, et…
-Ok, parfait, fit Dean en entrainant Castle avec lui vers la grange. Pour faire court, Je suis Dean Winchester, et là, c'est mon frère, Sam.
-Vous êtes les deux hommes que Beckett arrête pas de rechercher depuis des semaines ?
-Voilà. Et on a des dizaines de flics aux trousses qui veulent notre peau parce qu'ils sont tarés. Pas autant que nous, mais bon.
-Vous êtes qui, au juste ?
Sam ouvrit la porte de la grange, et ils entrèrent tous les trois. Une fois celle-ci verrouillée, Dean, se contenta de dire à Castle, qui n'avait pas l'air de comprendre
-Voilà qui nous sommes. Ce que nous faisons.
Il marqua un temps de pause, avant de reprendre
-Nous sommes des chasseurs de démons.
