Merci à Mimi70 pour sa review. Et merci à Jessijed pour avoir mis ma fic dans ses favoris.
Bonne lecture !
DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à J. R. R. Tolkien, sauf Ellora, Hélène, Steve et cie.
Chapitre 14 :
Une mystérieuse disparition
Ellora fit un pas. Tout allait bien. L'énorme pile de quinze livres sur sa tête tenait bien en équilibre.
Un simple observateur aurait pu croire qu'elle se servait de ses jambes pour que le tout tienne sur sa tête, mais il n'en était rien. Ellora s'exerçait à la télékinésie depuis deux jours maintenant, Gandalf lui avait dit de s'exercer tandis qu'il s'occuperait avec Elrond de préparer le voyage de la Communauté, ils essayaient de trouver le meilleur jour pour le départ du groupe.
Voilà pourquoi aujourd'hui, Ellora s'exerçait à marcher dans la bibliothèque du seigneur Elrond tout en utilisant sa magie pour faire tenir les livres en équilibre sur sa tête.
À partir de six livres, l'exercice devenait difficile, mais Ellora avait tenu bon jusque-là. Elle en était à quinze maintenant. Marcher devenait plus dur, les livres pesaient lourd. Ses pouvoirs lui permettaient de rendre la pile moins lourde sur sa tête, mais cela exigeait plus de concentration et la jeune fille devait continuer à marcher en ligne droite.
Allez ma vieille ! Encore un bouquin pour la route… ou deux, se dit-elle tout en tendant la main vers l'étagère la plus proche.
Elle en sortit deux volumes épais. Dans l'ouverture laissée par les livres, la tête d'un des jumeaux d'Elrond apparut.
« Bouh ! »
Ellora ne put se retenir, elle hurla de peur. La pile de livres céda, la jeune fille se retrouva étalée au sol sous les volumes.
Furieuse, elle leva les yeux vers le responsable. Ce dernier était sorti de derrière l'étagère et s'approchait avec l'air gêné.
« Désolé, je ne pensais pas que ça vous ferait un tel effet ! » dit-il en s'agenouillant pour l'aider à ranger les livres.
Ellora leva les yeux au ciel. Aragorn l'avait prévenu que les jumeaux pouvaient être de vilains farceurs, mais là !
« Elrohir ? C'est quoi, ce bruit ? » dit la voix de son jumeau.
Ce dernier apparut bientôt de derrière une étagère et fit la grimace en voyant les précieux ouvrages de son père étalés par terre, tandis qu'Ellora et son frère s'empressaient de les remettre dans les étagères correspondantes.
« Elorhir ! Qu'as-tu encore fait ? » soupira Elladan.
« Rien, il m'a juste fait peur, et je n'ai pas su contrôler ma magie », dit Ellora, peu désireuse de provoquer une dispute entre eux.
Elrohir haussa un sourcil. Tiens, elle reportait toute la faute sur elle ?
« Je suis désolé que mon frère vous ait importuné », dit Elladan en lui tendant le dernier ouvrage à ranger.
« Ce n'est rien. »
Une fois la tâche finie, Ellora se dirigea vers un banc servant pour la lecture et là, elle poussa un soupir.
« Pourquoi faisiez-vous un exercice d'équilibriste avec tous ces livres sur la tête ? » demanda Elrohir.
« Je m'entraînais à la télékinésie. Gandalf m'a dit de m'exercer pendant son absence, et comme il n'y avait rien de vraiment utile pour m'entraîner dans ma chambre, je suis venue ici. »
« Si j'en juge le nombre de livres qui vous recouvraient, vous deviez avoir une grande force magique pour en faire tenir autant sur votre tête », dit Elrohir.
Ellora lui accorda un léger sourire. Mais soudain, un rire méprisant résonna. Les trois amis se retournèrent pour voir Boromir qui se tenait devant eux, les bras croisés.
« Si vous perdez votre sang-froid pour si peu, qu'est-ce que ce sera pendant le voyage ! » dit le Gondorien.
Ellora serra les poings. Les jumeaux se tendirent. Ils avaient assisté à la prise de karaté d'Ellora dans l'aire d'entraînement et ils savaient, comme beaucoup d'autres, combien le Gondorien haïssait la jeune fille. Aragorn s'efforçait de la protéger depuis, mais il n'était pas tout le temps disponible. Legolas prenait le relais dans ces cas-là, mais le prince aussi avait des obligations.
Aragorn avait demandé aux jumeaux d'avoir un œil sur elle, si jamais Boromir essayait de s'approcher à nouveau d'elle.
« Oh, rassurez-vous, je ne vous dérangerai pas, je suis de nature modeste, moi, contrairement à d'autres ! » dit Ellora.
Boromir lui lança un regard noir, mais s'abstint de l'approcher. Il ne voulait pas qu'elle le plaque à nouveau au sol, il avait eu un tour de reins la dernière fois, et cela avait mis du temps à disparaître, malgré les soins d'Elrond.
Aussi se contenta-t-il de la fusiller du regard avant de quitter la salle.
« Vous ne devriez pas rentrer dans son jeu. Si vous quittez Fondcombe en entretenant d'aussi mauvaises relations avec un des membres de la Communauté, les choses risquent de mal se dérouler », dit Elladan.
« Je sais ! Mais j'y peux rien, il me met hors de moi ! » dit Ellora dans un soupir. « Croyez-moi, j'aimerais être amie avec lui, vraiment ! Mais je n'ai jamais été douée pour ça. Je n'avais qu'une amie chez moi, une seule ! »
Les jumeaux se regardèrent, puis un sourire complice éclaira leur visage.
« Si vous avez terminé votre exercice de magie, que diriez-vous de nous accompagner pour une ballade à cheval ? » dit Elrohir.
« À cheval ? » dit Ellora en relevant brusquement la tête, les yeux pétillants de plaisir.
« Je crois que ça veut dire oui ! » rit Elladan.
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Au nord-est de la vallée, assez loin de Fondcombe, se trouvait un village d'humains. Ces derniers n'entretenaient guère de relations avec les Elfes, mais les habitants accordaient l'hospitalité aux Rôdeurs qui souhaitaient s'y arrêter avant de reprendre la route dans leur quête contre les Forces du Mal.
Aujourd'hui, alors qu'Ellora se dirigeait vers les écuries en compagnie de ses deux nouveaux amis, une autre jeune fille répondant au nom de Rana s'efforçait de s'amuser chez elle, au grenier. Elle jonglait habilement avec des balles.
Elle en était déjà à six, et elle espérait bientôt dépasser ce record. Mais bientôt, les balles lui échappèrent et tombèrent au sol. L'une d'elles rebondit et alla heurter un vieux coffre aux dorures écaillées.
Avoir des amis, on en fait toute une histoire. Mais moi, j'ai besoin de personne pour m'amuser ! Se dit l'adolescente.
Elle s'approcha de la fenêtre. Dedans, on pouvait voir le reflet de la jeune fille : des cheveux noirs retenus en chignon, une robe marron avec une chemise ample et grise en dessous. Elle n'était guère riche, ses parents étaient morts quand elle était petite, elle avait dû se prendre en charge seule après ça.
Soudain, elle aperçut par la fenêtre trois jeunes filles qui sortaient en riant, chacune un panier à la main. Elles se dirigèrent vers le marché, toutes contentes à l'idée des robes et des parfums qu'elles allaient s'acheter avec l'argent que leurs parents avaient daigné leur accorder.
Rana les connaissait, c'était les filles des plus riches marchands du village.
Mais soudain, l'une d'elles, une jolie blonde aux yeux bleus, leva la tête vers la fenêtre où Rana les observait. Elle parut surprise, presque gênée, puis suivit ses deux amies vers le marché.
Rana détourna tristement la tête.
« Tu te dis ça pour te consoler, ma pauvre ! Je voudrais tellement que tout soit comme avant ! Quand j'avais des amies, moi aussi… » soupira la jeune fille, les larmes aux yeux.
Elle sortit du grenier. Elle ne s'aperçut donc pas que le coffre avait bougé après qu'elle eut parlé. Le couvercle s'ouvrit doucement et un œil bleu lumineux perça l'obscurité à l'intérieur.
XxXxXxXxXxXxX
Ellora sortit de la salle de bains en fredonnant gaiement un air. Elle était revenue de la ballade à cheval couverte de poussière et fatiguée, mais heureuse. Dans son monde, elle suivait des cours d'équitation avec Parvati et adorait ça.
Retrouver ce passe-temps ici en compagnie des jumeaux lui avait fait du bien, d'autant que ces derniers l'avaient bien fait rire pendant la promenade, en lui racontant des tours qu'ils avaient joué à leur père, Glorfindel ou d'autres habitants de Fondcombe quand ils étaient enfants. Aragorn avait même participé à certaines de leurs farces.
Une fois propre, Ellora mit une robe. Elle aurait préféré une tunique, mais Arwen avait insisté pour qu'elle en porte une au moins le soir, pendant le dîner, en compagnie des autres.
Ellora avait refusé au début, mais en même temps, si cela lui permettait d'avoir l'air plus jolie aux yeux de Nendir…
Raaaah, non ! Pourquoi est-ce que je pense encore à lui ? Se demanda la jeune fille en se giflant le front.
Mais elle n'y pouvait rien, l'elfe hantait toujours ses pensées. Dès qu'elle le voyait, elle se sentait à la fois heureuse et troublée.
Même si elle savait que ce genre de relations était mal vu, Aragorn et Arwen l'encourageaient à passer autant de temps que possible avec lui. Même Legolas s'y était mis, il la croisait souvent dans un couloir et entamait un sujet de discussion avec elle en l'entraînant toujours vers un endroit où se trouvait Nendir. Et là, le prince de Mirkwood s'éclipsait avec un sourire malicieux.
Ellora était heureuse que le prince des Elfes de la Forêt Noire soit devenu son ami, mais elle avait peur, car elle savait que jamais elle ne pourrait considérer Nendir comme un simple ami. Elle avait envie qu'il soit plus que ça.
Soudain, on frappa à la porte.
« Une minute », dit Ellora avant de saisir une robe au hasard et de l'enfiler.
Une fois habillée, elle alla ouvrir. C'était Nendir ! Oh non, pourquoi avait-il fallu qu'elle lui ouvre alors qu'elle ne s'était même pas encore coiffée ? Elle devait avoir une mine horrible !
« Je vous dérange ? » demanda le prince.
« Oh non, pas du tout ! Entrez », dit-elle, désireuse de ne pas paraître impolie.
Une fois dans la chambre, elle allait lui proposer de s'asseoir, mais le prince prit la parole : « Le seigneur Elrond m'a demandé, à moi ainsi qu'à Legolas et Aragorn, d'aller au village au nord-est de Fondcombe. Il dit qu'il se passe des choses étranges, là-bas. Gandalf a jugé que votre présence pourrait s'avérer utile. Je suis donc venu vous demander si vous souhaitiez nous accompagner. »
Ellora fronça des sourcils. Gandalf avait dit ça ? Pourtant, il savait que son apprentissage n'était pas terminé. Alors, il devait avoir une idée derrière la tête. Peut-être que Legolas avait parlé en sa faveur pour qu'elle vienne et passe un peu plus de temps avec Nendir, du coup ?
« Des choses étranges, vous dites ? De quel genre ? » demanda Ellora.
« La fille d'un riche marchand a disparu. Les habitants se demandent si les elfes ne sont pas responsables, ils croient que nous leur volons leurs plus belles filles », dit Nendir en levant les yeux au ciel.
Ellora se retint de lui dire que c'était possible, elle-même se sentait impuissante face à la beauté de Nendir !
Le lendemain matin, la jeune fille quitta sa chambre en tenue de voyage. Les deux Elfes et le Rôdeur attendaient déjà à l'écurie, leurs chevaux sellés. Aragorn avait même sellé celui de la jeune fille.
Une fois tous à cheval, ils quittèrent Fondcombe. Ellora inspira profondément. L'air de Fondcombe était si pur, et elle avait toujours aimé l'odeur de la végétation baignée de rose le matin.
Il faisait encore frais, le soleil n'était pas complètement levé. Ils arrivèrent bientôt au village. Des gens commençaient déjà à sortir pour commencer à nourrir leur bétail ou partir travailler dans les champs.
Ils arrivèrent bientôt devant la maison de celle qui avait disparu. Tandis qu'Aragorn s'entretenait sur le pas de la porte avec le père de la fille disparue, les deux Elfes et la jeune fille regardèrent autour d'eux.
Les gens s'éloignaient d'eux, la présence des Elfes les inquiétait. Ellora se sentit mal à l'aise. Apparemment, le racisme et l'intolérance existaient aussi sur d'autres planètes, même sur celle-ci où on croyait à la magie et aux monstres !
La porte claqua brusquement. Aragorn se tourna vers ses amis avec un sourire crispé. Le père n'avait pas voulu dire grand-chose, juste que sa fille avait disparu hier en allant au marché avec deux de ses amies. Puis il avait claqué la porte.
Soudain, Legolas aperçut quelque chose posé sur le rebord de la fenêtre de la maison : une petite touffe de poils bruns. Curieux, il s'approcha et la prit entre ses doigts. Ça sentait fort le fauve.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Ellora.
« On dirait des poils d'ours », dit Legolas.
« Oh, c'est courant, dans cette région », dit Aragorn.
Ellora leva les yeux et aperçut soudain un visage depuis une fenêtre au sommet de la maison d'en face.
Elle se retourna et dit : « Attention, ne regardez pas mais j'ai l'impression que quelqu'un nous observe depuis la maison d'en face. »
Les trois hommes tournèrent aussitôt la tête vers ladite fenêtre.
« Oh, vous êtes pas discrets ! » dit Ellora, énervée.
Aragorn se dirigea vers la maison et frappa. La porte s'entrouvrit. Le visage méfiant d'une fille de l'âge d'Ellora apparut.
« Belle journée, jeune demoiselle. Nous venons de Fondcombe et nous aimerions vous poser quelques questions », dit Aragorn.
« Si cela ne vous dérange pas, bien entendu ! C'est au sujet de la fille disparue du marchand juste en face » dit Ellora, avec un sourire aimable.
« Si vous faites allusion à Meryl, on ne se parle plus depuis l'enfance. Si elle n'a pas de temps à me consacrer, moi non plus ! » dit la fille, avant de leur claquer la porte au nez.
« Eh ben ! Les gens sont polis dans ce village ! » dit Ellora, les poings sur les hanches.
« J'ai l'impression qu'elle nous cache quelque chose », dit Aragorn, les sourcils froncés.
XxXxXxXxXxXxX
Rana attendit, l'oreille collée contre la porte d'entrée. Lorsque le bruit de pas de ses visiteurs se fut éloigné, elle courut vers l'escalier, le monta et s'arrêta. L'intérieur de la maison avait changé : les murs, auparavant sombres et vétustes, étaient peints en blanc et ornés de magnifiques peintures de fleurs et d'étoiles.
Des jouets jonchaient le sol, et les meubles avaient changé eux aussi, tous arboraient une belle couleur rose et des rubans ornaient les pieds des tables et des chaises.
« Oh ! Je suis si contente, tout est à nouveau comme avant ! » dit Rana en dansant sur elle-même, sa longue jupe tournoyant autour d'elle comme la robe d'une princesse.
Soudain, une petite voix fluette résonna depuis le coffre du grenier : « Laisse-moi sortir, je t'en prie ! J'veux pas rester là-dedans ! »
Rana perdit le sourire et se dirigea vers le coffre. Il était vide, mais, tout au fond, dans un coin, elle put voir une petite poupée. Elle avait des cheveux blonds et une robe semblable à celle de la fille du marchand disparue.
« Sors-moi d'ici, je t'en supplie ! Je veux rentrer chez moi ! » pleurnicha la voix.
Rana prit délicatement la poupée entre ses doigts et lui sourit.
« Ne t'inquiète pas ! Tout va très bien se passer. Teddy me l'a promis ! » dit Rana.
Les lèvres de la poupée tombèrent vers le bas, comme pour exprimer du mécontentement.
« De quoi tu parles ? C'est qui, ce Teddy ? » dit la petite voix.
« T'as rien à craindre, Meryl. Il ne nous laissera jamais tomber », dit Rana, avant de poser la poupée sur son lit.
