BONJOUR BONJOUR !

Comment allez-vous en cette veille de 14 juillet ! :D Les fêtes se préparent j'imagine :p

En guise de cadeau je vous livre aujourd'hui le Dernier chapitre de cette histoire ! ( oui y aura un épilogue Fluffy pas très long je pense mais présent et Fluffy xD)

Bon ce n'est pas le chapitre dont je suis le plus fière malheureusement j'ai du mal avec les fins mdr BREF

Mille Mercis pour vos commentaires, vous avez eu majoritairement la réaction à laquelle je m'attendais donc je suis un peu fière de mon coup quand même... surtout que vous êtes trop mignon à me dire que c'était cruel mais que vous ne m'en voulez pas trop quand même :D :D OUI c'était cruel ! je SAIIIS je suis désolée ! T_T Mais c'était pour le bien de l'histoire promis !

Alors... pour vous dire que je vais adorer recevoir vos reviews c'est que j'ai essayé un truc sur ce chapitre... vous saurez sans doute identifier quoi car c'est dès le début... et pour le coup je doute un peu de l'effet que ça va avoir... dans le sens où j'ai l'impression que ça va un chouilla vite... mais bon... j'avais ça en tête et j'arrivais pas en m'en défaire alors je l'ai fait.

Réponse Ano :

Guest : Dans ce cas je te laisse découvrir :) j'espère que tu n'as pas trop attendu :p

Gege : OUIIII JE SAAAAAIIIIS :D :D :D :D La voici ! enjoy.

Raphi5930 : tu es toute pardonnée :) en même temps vu le temps que je mettais à publier je ne vais pas avoir l'audace de t'en vouloir ce serait vraiment naze comme réaction mdrrr Merci pour ces reviews toujours super enthousiastes ! :D ça fait vraiment trop plaisir ! mettre tes nerfs à rude épreuve c'est mon boulal muahahahahaa et bonus tu as le chapitre peu de temps après que tu aies fini le 13 ! mdr en tous cas j'ai hâte que tu me dises ce que tu en as pensé :) BISOUS !

Bonne lecture les amis !


« - Régina ? »

C'était étrange, elle entendait la voix de sa sœur, Zéléna. Qu'est-ce que Zéléna faisait dans cet entrepôt crade et sombre ? Est-ce qu'elle était en train de rêver ? elle ne devait pas rester là, elle allait se faire tuer !

Elle avait l'impression de flotter dans cette pièce, comme si elle était là sans être là. Pourquoi le film de ses cauchemars impliquait soudainement sa sœur ? Elle ne les avait pourtant pas suivies, elle était à la maison avec Tara, du moins au dernière nouvelle.

Un coup de feu…il y a eu un coup de feu !

Son corps lourd se tendit alors que des flashs se succédèrent dans son esprit. Emma à genoux devant elle, le visage tuméfié et le corps ensanglanté, ses yeux verts plein d'espoir la fixant intensément, Jones, un combat, Emma se battait pour elle, pour les sauver. Et encore ce coup de feu, il n'a de cesse de raisonner dans sa tête ! Elle a fermé les yeux. Elle ne voulait pas voir ça. La détonation raisonna encore une fois dans sa tête la faisant sursauter dans son coma. Qu'est-ce qu'il se passe ? Une part d'elle voulait ouvrir les yeux, mais la peur de voir le corps d'Emma tomber comme celui de Daniel la faisait se raviser.

« -Emma ? interrogea-t-elle dans son demi-sommeil. »

Inquiète, Zéléna posa sa main sur son avant-bras dans l'optique de la rassurer comme elle pouvait. Elle ignorait totalement ce qu'il s'était passé dans cet entrepôt et n'était pas pressée de le savoir. Tout ce qui importait maintenant était la santé de sa petite sœur. Quelle frayeur elle avait eu en recevant l'appel de David Nolan lui annonçant qu'elle était à l'hôpital. Il l'avait briefée rapidement sur les évènements mais n'avait pas pris le temps d'épiloguer sur l'histoire devant se rendre dans les plus brefs délais au poste de police. Zéléna avait alors abandonnée son bureau pour venir jusqu'ici et rester auprès de sa sœur. En entrant dans la chambre elle eut un choc. Elle n'était pas entre la vie et la mort, dieu merci, pourtant la vue de ses contusions lui mit les larmes aux yeux. Jamais elle n'avait vu sa petite sœur dans tel état et cela lui brisa le cœur. Les médecins affirmèrent cependant qu'elle était bel et bien hors de danger, ce qui la soulagea. Elle ne se voyait pas annoncer à leur père, à son fils, que Régina n'était plus de ce monde.

« - Régina je t'en prie réveil toi, supplia la rousse en serrant sa main au tour de celle de sa sœur.

- Emma ! »

Ça y est, elle était sortie de son sommeil ! Heureuse de la retrouver Zéléna se leva et se mit dans son champ de vision mais cela n'eut pas l'effet escompté. Régina était agitée, balaya la pièce de fond en comble cherchant à savoir où elle se trouvait, mais surtout où se trouvait Emma.

« - Gina tout va bien, tu es à l'hôpital, tu es saine et sauve tout est terminé !

- Zéléna ? Qu'est-ce que…

- Je suis là, tout va bien. Tu m'as fait très peur Gina, je suis tellement contente que tu sois là ! »

Comment s'était-elle retrouvée ici ? Où était Emma ?

Elle chercha des yeux encore une fois autour de la pièce une tignasse blonde qu'elle ne vit pas. Son cœur se serra d'appréhension, pourquoi n'était-elle pas là ? Sa place était désormais à ses côtés, quoi qu'il arrive, alors pourquoi n'était-elle pas là ? Elle voulut se relever mais fut prise d'un tournis, les médicaments présents dans son corps ne semblaient pas s'être totalement dissouts. Avec l'aide de Zéléna elle parvint à se relever jusqu'à appuyer son dos contre l'oreiller. Son cœur ne cessait de s'affoler en ne voyant pas sa femme, sa respiration s'accélérait et les moniteurs s'emballèrent, prise d'une crise de panique elle suffoqua à moitié.

Une armée de médecins ou d'infirmier, Zéléna ne savait pas vraiment apeurée par l'état de sa sœur tout son jugement s'envolait, déboula dans la chambre.

« - Madame Mills, vous êtes à l'hôpital, vous avez eu des contusions et un énorme choc émotionnel qui vous a plongé dans un léger coma. Calmez-vous Madame Mills, tout va bien.

- Où est Emma ?!

- Calmez-vous Madame Mills, continua à dire l'infirmier comme si le mantra finirait par faire effet. »

Après quelques minutes son état redevint stable grâce aux légers tranquillisants qu'ils lui avaient administré, les médecins vérifièrent ses constantes et quittèrent finalement la chambre.

L'inquiétude de Régina ne s'était pourtant pas tarie.

« - Gina ? »

Elle éclata en sanglots. Pourquoi personne ne voulait lui dire où se trouvait Emma ? S'il lui était arrivé quelque chose elle était en droit de savoir. Alors que le coup de feu raisonna encore une fois dans sa tête elle s'accrocha à Zéléna dans un sursaut de peur.

« - Léna dis-moi ce qui est arrivé à Emma.

- Tu devrais te reposer avant.

- Dis-moi, s'il te plait.

Zéléna soupira. Elle ne voulait pas lui mentir, mais lui annoncer ça comme ça quelques minutes après son réveil… cependant, en plongeant dans le regard suppliant de sa petite sœur elle se dit qu'elle ne pouvait pas la laisser dans l'ignorance, de toute façon elle l'apprendrait tôt ou tard.

- Emma est sortie du bloc opératoire il y a six, sept heures. Certaines de ses blessures lui ont fait perdre beaucoup de sang et les chirurgiens devaient rapidement la soigner. Mais elle est en vie. Ils attendent son réveil à elle aussi. Tu devrais te reposer Régina.

- Je veux la voir, emmène-moi.

- Ce n'est pas une bonne idée, reste allongée.

- Ne me dis pas ce que je dois faire ou non, je veux voir Emma, j'ai besoin de la voir, répondit Régina d'un ton aussi menaçant que pouvait lui permettre son état. »

Cela ne servait à rien de lutter contre elle. Elle baissa les yeux dans un accord silencieux et Régina retira toutes ses perfusions et ses capteurs pour se lever, aidée par sa sœur elles prirent la direction de la sortie. Elles furent rapidement arrêtées par une infirmières alertées par son biper qu'il y avait un problème avec les moniteurs de la chambre cent-huit. Les yeux pleins de reproches, elle fixa Régina.

« - Madame Mills vous devriez vous reposer, il n'est pas recommandé dans votre état de vous lever.

- Laissez-moi passer, je dois voir Emma. Si vous ne me laissez pas passer, une fois dehors je ferai de votre vie un véritable enfer ! Et croyez-moi que vous n'avez pas envie que cela arrive.

L'infirmière ne semblait pas effrayée, ce qui intrigua Zéléna. Un coup d'œil sur sa sœur lui confirma que malgré ses dires elle demeurait extrêmement fragile et par conséquent en tantinet moins impressionnante qu'à l'accoutumé. Pourtant elle savait aussi qu'elle serait capable de mettre ses menaces à exécution. La compagnie d'Emma l'avait peut-être apaisée d'une certaine manière, mais elle restait la PDG de Mills&food, une femme d'affaire au caractère bien trempé et particulièrement féroce lorsqu'il s'agissait d'obtenir quelque chose, que ce soit un contrat ou une information, en général personne n'osait lui refuser quoi que ce soit.

- Ecoutez, elle a eu une très mauvaise journée, elles ont vraiment passés un sal quart d'heure, ça la rassurerait de voir Mlle Swan, essaya de tempérer Zéléna. Et croyez-moi, en pleine possession de ses moyens ma sœur n'hésitera pas un seul instant à faire ce qu'elle vient de dire, si vous voulez mon conseil obtempérez. »

L'infirmière paraissait gênée et pesait le pour et le contre, elle n'avait pas réellement le droit de laisser Madame Mills déambuler dans les couloirs. Pourtant sa peine la toucha et elle laissa les deux sœurs Mills passer à la seule condition qu'elle soit présente et qu'elle ne reste pas plus de cinq minutes.

Le cortège arriva finalement jusqu'à la chambre d'Emma à l'étage supérieur aux soins intensifs. Régina sentit des perles mouillées dévaler ses joues tandis qu'elle regardait sa compagne dans ce lit d'hôpital endormie et branchée de partout. Elle était à la fois soulagée de la savoir en vie car elle n'aurait pas pu vivre sans sa présence, mais horrifiée par ce spectacle sortant tout droit d'un cauchemar. Cette fois il ne suffirait pas d'un peu de désinfectant et d'un pansement de super-héros pour la soulager. Elle n'avait pas su la protéger et ce sentiment d'impuissance lui déchira le cœur.

« - je peux entrer ? demanda-t-elle la voix serrée. »

L'infirmière ne dit rien et ouvrir la porte vitrée, elle et Zéléna accompagnèrent la brune jusqu'au chevet d'Emma Swan toujours inconsciente. Une fois les deux femmes hors de la pièce Régina prit la main de sa compagne et la serra désespérément. Elle n'arrivait pas à croire que cela se soit terminé de cette façon. Si seulement David avait été plus rapide à coincer Jones, rien de tout ça ne serait arrivé. Elle ne lui rejetait pas la faute, il a fait tout son possible et elle n'avait pas l'esprit à chercher un coupable. La seule chose importante à ce moment précis se trouvait dans un lit d'hôpital.

Elle devait se réveiller au plus vite pour qu'elles puissent ensemble guérir leurs blessures et reprendre leur vie là où elles l'avaient laissée avant tout ça.

« - Emma, je suis là, je vais bien, tu m'as sauvée, mon preux chevalier, dépêche-toi de te réveiller, j'ai besoin que tu me serres fort entre tes bras.

Elle marqua une pause espérant que ces paroles suffiront à la sortir de sa torpeur. Elle embrassa sa main puis y cala sa joue malgré l'inconfort que procurait la perfusion.

- Je t'aime tant Emma, par tous les saints ne me laisse pas seule. Je sais que tu vas te réveiller, les médecins ont dit que tu n'étais plus vraiment en danger, mais j'ai peur que quelque chose arrive, qu'une dernière chose arrive et que cette fois elle parvienne à nous séparer. J'ai si peur. J'ai tellement besoin de toi. »

Au bout de cinq minutes l'infirmière entra dans la chambre et posa doucement sa main sur l'épaule de Régina lui indiquant qu'il était tant qu'elle retourne dans son lit. Elle lui lança un regard noir mais la suivie malgré tout consciente de la chance qu'il lui avait été accordée.

« - Ne vous en faites pas Madame Mills, votre femme sortira bientôt du coma. L'opération s'est bien déroulée il faut juste que son corps se remette du choc physique et psychologique de l'épreuve qu'il vient de traverser. Nous avons bon espoir qu'elle se remette d'ici deux jours au plus tard.

- Merci. Et désolée pour tout à l'heure, je n'aurais pas dû vous parler comme ça.

- Il n'y pas de problèmes Madame, je vous assure. J'aurais fait pareil à votre place. »

Elle raccompagna les deux sœurs jusqu'à la chambre de Régina l'aida à se remettre dans son lit et lui dit qu'elles se reverraient pour le dîner.

« - Combien de temps je suis restée inconsciente ?

- Presque vingt-quatre heures. Tu es arrivée hier dans la nuit en mauvais état et inconsciente, les médecins t'ont soignée et placées dans cette chambre. Ils se sont aussi occupés d'Emma qui était dans un état plus grave.

Zéléna se tut un instant et servit un grand verre d'eau à sa sœur. Elle s'assit sur le lit en lui tendant le gobelet en plastique.

- Tu veux en parler ?

- Je ne saurais pas quoi te dire. Tout s'est passé très vite et je… je n'ai pas envie de m'en souvenir. Lorsqu'Emma sera réveillée et en état de quitter cet hôpital, on rentrera à la maison et on oubliera cette histoire.

- Les policiers sont venus pendant ta sieste, avertit Zéléna en essayant de paraître amusante. Ils avaient des questions à te poser mais bon tu n'étais pas très loquace ce matin. Ils repasseront demain j'imagine.

- Je ne sais pas ce qu'il s'est passé après ma perte de connaissances.

- Killian Jones est mort. David m'a confirmé ça quand il est venu avec son coéquipier ce matin.

Régina poussa un soupir soulagé. Il ne viendrait donc plus jamais les menacer, il ne leur poserait plus jamais de problèmes, quelle bonne nouvelle !

- Ils ont attrapés tous les membres présents dans le hangar où vous étiez retenues, ils ont arrêtés Jack Bean. C'est tout ce qu'il a pu me dire.

- C'est enfin terminé.

- Oui. Tu vas pouvoir retourner à ta vie de chef d'entreprise lesbienne nouvellement découverte. »

Elle décrocha un sourire en dépit du profond accablement pesant sur son estomac. Zéléna avait ce don parfois de soulager les peines en allégeant l'ambiance d'une blague ou deux. Cependant minimiser la situation ne ferait pas sortir Emma de son coma plus vite, Régina perdit rapidement cette naissance de sourire en pensant à son amante encore coincée dans le néant comatique.


Le lendemain Régina reçut la visite de son père ainsi que de son fils qu'il avait pris soin de récupérer de chez son autre grand-père. Tous devaient faire le deuil de la mort de Daniel Colter. Par politesse les parents de Daniel envoyèrent à Régina un bouquet de fleurs avec une note de condoléance. Elle se dit qu'une fois dehors elle leur retournerait la politesse, après tout ils venaient de perdre leur fils et c'est un évènement traumatisant pour des parents que d'enterrer leur enfant.

Henry Jr était inconsolable. Il venait de perdre son père et avait presque perdu sa mère, il s'inquiétait aussi beaucoup pour Emma qu'il aimait beaucoup. Lorsque les deux Henry arrivèrent dans la chambre de Régina, le garçon se dirigea tout droit dans les bras de sa mère en pleurant.

« - Je suis désolée Henry, pleura-t-elle alors qu'elle consolait son fils.

- Toi tu es vivante. Je t'aime maman. Papa il, il reviendra jamais et je…

- Je sais Henry. Il est mort en me protégeant, il s'est sacrifié pour que je puisse rester avec toi. C'est de ce courage dont tu dois te rappeler.

- Et Emma ? elle va pas mourir hein ?

- Non, elle est dans le coma pour l'instant mais les médecins ont dit qu'elle s'en sortirait.

- Je veux pas qu'elle parte elle aussi, tu sais je l'aime bien.

- Ne t'inquiète pas mon chéri, elle va s'en sortir et on rentrera à la maison tous ensemble. »

Il resta blotti contre sa mère de longues minutes jusqu'à ce le chagrin l'emporte dans un sommeil réparateur. Zéléna l'installa alors sur le fauteuil près du lit.

« - J'ai eu peur pour toi Gina, avoua Henry Sr en prenant sa fille dans ses bras. Tu aurais dû m'en parler.

- Je suis désolée, je ne voulais pas t'impliquer.

- Le principal c'est que tu sois saine et sauve, je n'oublierai pas de remercier Emma de t'avoir sauvée.

Père et fille prirent un temps pour se prendre dans les bras.

- Papa, tu sais avec le recul je pensais à laisser la direction de la société. J'ai failli mourir et je me suis dit que je n'avais pas envie de mourir sans avoir réalisé mes rêves.

- Je comprends ma chérie. Mais nous réfléchirons à tout cela plus tard, pour l'instant Malicia s'en sort très bien alors prends tout le temps qu'il te faut pour y penser.

- D'accord. Tu restes ?

- Autant que tu voudras, rassura le vieil homme en souriant. »


Comme prévu par Zéléna, David et son coéquipier, Graham, vinrent lui rendre visite pour lui poser quelques questions sur ce qu'il s'était passé. Malheureusement, Régina ne leur fut pas d'une grande aide si ce n'est la reconnaissance faciale de toutes les personnes présentes dans ce hangar. Elle leur raconta qu'elle avait été enlevée par Jack après qu'elle eut immobilisée Emma à l'aide d'un mouchoir de chloroforme, qu'elle l'avait ensuite emmenée dans l'entrepôt et l'avait livrée à Jones. Il ne l'avait pas autant brutalisée qu'Emma mais frissonna aux souvenirs de ces heures pénibles. Elle a vu Jones tirer sur son ex-mari qu'il s'opposait à lui alors qu'il allait la tuer, puis tout s'était emballé, Emma avait surgit derrière lui et avait essayé de le maitriser. Jones avait pointé son arme sur elle et Régina avait fermé les yeux à cet instant. Puis au second coup de feu elle avait perdu connaissance. Et elle s'était réveillée presque vingt-quatre heures plus tard dans un lit d'hôpital.

« - Qu'est-ce que vous savez sur ce qu'il s'est passé ensuite ? demanda Régina essayant de comprendre comment elles avaient pu s'en sortir.

- Emma a tiré sur Jones. Lorsque nous sommes arrivés suite à son appel passé du portable d'un de ses complices, ils étaient tous ligotés, Emma tenait à peine debout et elle vous tenait serrée contre elle. On était à peine entré dans l'entrepôt quand elle perdit connaissance à son tour.

- J'ai eu si peur David. Elle se battait alors qu'elle était blessée !

- D'aussi loin que je me souvienne elle a toujours été une battante, je suis certain qu'elle savait ce qu'elle faisait.

- Elle m'a fait comprendre qu'elle voulait tenter quelque chose et j'ai essayé de l'aider comme j'ai pu. Je m'en veux de ne pas avoir pu faire plus.

- Ce que vous avez fait lui a permis de réaliser son plan. Vous vous êtes sorti de ce pétrin ensemble, vous pouvez être fière. Je comprends que ce ne soit pas facile Régina, mais vous avez fait ce qu'il fallait. »

Régina hocha la tête à moitié convaincue par ce discours. Si elle avait pu elle aurait tiré elle-même sur Jones pour sauver son amante.

Après quelques autres mots d'encouragement les deux hommes quittèrent la chambre laissant la famille se retrouver.

David avait immédiatement prévenu Mary de ce qu'il s'était passé. Il quitta le bâtiment en la croisant, ainsi que Scarlett et Salomé, leur indiquant que Régina n'était pas en forme et qu'Emma se trouvait toujours dans le coma.

La petite brune entra dans la chambre de Régina suivie par ses deux amies, la mine triste et inquiète. Elle la serra dans ses bras, heureuse qu'elle s'en soit sorti presque indemne. Henry Jr, Henry Sr et Zéléna s'éclipsèrent pour ne pas surcharger en présence la minuscule pièce attribuée à la chef d'entreprise, ils en profitèrent pour aller se chercher des boissons.

« - On peut aller voir Emma ? demanda Scarlett.

- Je ne sais pas, j'ai pu la voir quelques minutes hier mais comme je dois rester dans mon lit…ils sont pires que des gardiens de prison.

- Je suis désolée pour Daniel, continua Mary. Je sais qu'il n'était pas vraiment un homme bien, mais Henry doit être dévasté.

- Oui, merci Mary.

- Si vous avez besoin de quoi que ce soit Madame je peux m'en occuper ! intervint Salomé jusqu'alors silencieuse.

Régina sourit à cette remarque digne d'une assistante. Elle avait fait le bon choix en choisissant cette jeune femme, elle était une perle dans son genre.

- Ça ira Salomé, merci. Comment ça se passe à l'entreprise ?

-Madame Malicia est sur tous les fronts, tout se passe bien. Vous ne tracassez pas vis-à-vis de ça.

- Madame Malicia ?

- Oui elle m'a demandé de l'appeler par son prénom, mais je n'y arrive qu'à moitié, rougit la secrétaire. »

Scarlett se moqua gentiment de sa copine sous le regard bienveillant bien qu'un peu envieux de Régina.

L'infirmière passa quelques instants prendre les constantes et Mary demanda s'il était possible de voir Emma. Elle répondit que c'était possible, mais qu'une personne à la fois et seulement quelques minutes. Elles emmenèrent Régina avec elles, malgré les contres indications de l'infirmière, cependant elle ne s'opposa pas aussi farouchement qu'hier à cet écart.

Au tour de Régina toutes les filles observèrent par la porte vitrée, l'air triste.

« - J'espère qu'elle ne tardera pas à se réveiller, c'est insupportable de la voir comme ça.

- Tu l'as connais Scarlett, elle se bat pour sortir du coma le plus vite possible.

- Cette enflure…j'aimerais qu'il soit en vie juste pour que je puisse le désosser moi-même.

- On est deux. Venez, on va les laisser tranquille jusqu'à ce qu'on vienne nous dire que c'est terminé pour aujourd'hui. »


Cette journée se passa sans qu'Emma ne s'éveil. Régina ne désespérait pas, l'infirmière lui avait bien dit la veille que cela prendrait plusieurs jours. Cependant elle n'était pas reconnue pour être patiente et l'absence de son amante pesait lourdement sur son moral.

La solitude de sa chambre la rendait encore plus triste si cela était possible. Au moins la présence de son fils, de sa famille ou de ses amis, rendait l'épreuve plus supportable. Là toute seule sur son lit, elle ne cessait de se remémorer cette horrible soirée passée entre les mains d'un psychopathe à prier pour s'en sortir. Et elle pleurait, tout le temps, le flot de larmes ne voulait pas s'amenuiser ne serait-ce qu'un peu. Pour réussir à dormir elle était obligée de prendre des cachets. Mais même ça ne parvenait pas à taire ses cauchemars.

Elle se réveilla la tête lourde et douloureuse vers quatre heures du matin. Il n'y avait plus personne dans les couloirs à cette heure-ci. D'un pas lent et mal assuré elle se rendit le plus discrètement possible à l'ascenseur. Son cœur battait la chamade, elle voulait voir une nouvelle fois son amante, peut-être arriverait-elle à dormir si elle la voyait quelques minutes de plus.

Elle finit par arriver à la chambre d'Emma et fut stupéfaite de l'effervescence qui régnait autour de son lit. Médecins et infirmières s'affairaient autour d'elle et la respiration de Régina se bloqua. Qu'était-il arrivé ?

S'approchant plus près la peur au ventre qu'il soit arrivé un malheur, elle posa sa main sur la vitre implorant silencieusement l'univers de l'épargner.

« - Madame Mills ? fit une infirmière surprise de la croiser ici.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?!

- Retournez vous coucher Madame.

- Répondez-moi !

- Mlle Swan s'est réveillée à l'instant nous lui retirons son aide respiratoire, j'allais vous l'annoncer demain.

- Je ne bouge pas d'ici et j'exige de la voir !

L'infirmière toisa sa patiente, mécontente, et leva les yeux au ciel accordant silencieusement ce droit à titre exceptionnel.

- Veuillez patienter dehors. »

Emma avait les yeux ouverts ! Ce n'était pas un rêve ! Le soulagement allégea instantanément son corps, les tensions semblaient partir les unes après les autres et un immense sourire illumina son visage fatigué. A travers la vitre elle croisa le regard de son amante.

Tout se termina rapidement et elle fut enfin autorisée à entrer. Grâce au ciel elle ne s'était pas rendormie et souriait même, faiblement, à la vue de son amante. Demain elle sera transférée à l'étage du dessous et Régina avait évidemment exigé qu'elle soit placée dans sa chambre.

A peine arrivée au bord du lit elle tendit la main attrapant celle de la blonde et se tint debout, devant-elle pour qu'elle puisse voir son visage.

« - Salut, articula Emma. Comment j'suis ?

- Rayonnante, comme d'habitude.

- Menteuse.

- Je te promets. Même amochée tu restes magnifique.

- T'gentille.

- Comment tu te sens ?

- Douloureuse, mais en vie.

Régina passa prudemment sa main sur les contours du visage de son ange blond en souriant tendrement.

- Tout est fini Gina.

- Oui, il ne viendra plus jamais nous ennuyer, grâce à toi. Tu as été si courageuse. Je suis désolée de ne pas avoir pu t'aider.

- Tu l'as fait bébé, sans toi je ne me serais pas battu.

- Et dans ta tête ça va ?

- Je sais pas, c'est embrouillé.

- Tu ferais mieux de te reposer, tu as besoin de récupérer.

- J'ai dormi plus de trois jours Gina, j'ai pas envie de dormir.

Emma tenta de bouger mais ses blessures encore douloureuses l'en empêchèrent et elle grimaça inquiétant sa compagne dans la foulé.

- Je sais pas si la morphine fait effet, j'ai super mal quand je bouge.

- C'est normal, et c'est pourquoi tu devrais dormir.

- Tu restes ?

- Je ne te lâcherai plus jamais Emma. Même si les infirmières vont faire une crise cardiaque… »

La grande blessée sourit d'amusement, sa femme avait vraiment un caractère problématique pour le commun des mortels, parfaitement ingérable.

Régina s'assit dans le fauteuil et tenta de trouver une position relativement confortable. Main dans la main les deux amantes s'endormirent presque en même temps, heureuses d'être enfin réunies.


Régina fut autorisée à sortir de l'hôpital deux jours plus tard, à son plus grand soulagement. Malicia ainsi que Zéléna l'accompagnèrent jusqu'à chez elle où elle put enfin avoir la sensation de reprendre sa vie en main. Malgré l'absence d'Emma dans cette grande bâtisse, elle était heureuse de retrouver sa maison, ses affaires, son mobilier, sa chère cuisine. Quelques vagues de souvenirs revinrent à elle au moment où Jack lui avait mis la main dessus, mais grâce à la présence de sa sœur et de son amie elle ne s'y attarda pas autant que si elle avait été seule.

Cela dit, elle ne resta pas bien longtemps dans cette maison. Emma toujours à l'hôpital sa place devait être à ses côtés. Elle confia donc la garde d'Henry à son père et les clés de l'entreprise à Malicia pour encore quelques temps.

De retour à l'hôpital elle constata que David et Graham se trouvaient dans la chambre de sa compagne, un carnet de notes à la main.

« - Bonjour Messieurs, fit-elle en entrant.

- Bonjour Régina. Excusez-nous, nous avons quelques questions à poser à Emma, ce ne sera pas long. »

Elle jeta un regard à Emma qui lui fit un petit sourire signifiant qu'elle se sentait prête à le faire. Cependant elle ne refusa pas la main chaleureuse qui se nicha dans la sienne en guise de soutien.

Emma se mit à raconter ce qu'il s'était passé, David prit des notes la mine sombre, plus elle parlait plus il semblait en colère mais ne dit rien. Régina imaginait qu'il s'en voulait énormément de ne pas avoir attrapé Jones avant qu'elle se fasse kidnappée et torturée.

Tout en serrant sa main, la brune lui procurait des caresses sur le bras essayant tant bien que mal d'apaiser les soubresauts de son chagrin tandis qu'elle revivait douloureusement ces images.

« - Lorsque Daniel est tombé je me suis précipitée sur lui pour le désarmer, ou tenter quelque chose. J'avais mal partout mais il fallait que je le fasse, pour Régina et pour nous. On s'est battu et je lui ai planté son crochet dans l'épaule, ça a été ma chance. Quand il a braqué son arme sur moi, j'étais terrifiée mais je voyais qu'il avait moins de force, j'ai réussi à retourner l'arme contre lui, de justesse, et j'ai appuyé sur la détente. Avant que ses sbires n'arrivent sur moi j'ai pris l'arme, je les ai menacés et ensuite j'en ai obligé un à attacher ses collègues, puis j'ai attaché le dernier moi-même, et je suis allé libérer Régina. Elle était évanouie, elle n'a rien vu de tout ça. Et je t'ai appelé. »

Régina constatait qu'elle tremblait au fur et à mesure de son histoire. Lorsqu'elle évoqua le coup de feu tiré sur Jones elle eut un tremblement plus violent que les autres. S'en voulait-elle d'avoir tué un homme ? Même si c'était de la légitime défense, Emma avait tiré sur cet homme, elle l'avait tué. Le traumatisme d'avoir pris la vie d'un humain était lourd à porter. Mais elle ne devait pas s'en vouloir, elle a fait ce qu'elle devait faire pour survivre, n'importe qui aurait fait pareil dans ces circonstances.

David termina d'écrire sa phrase et avisa son amie d'un œil compatissant.

« - Je suis heureux que tu n'aies rien de plus grave. Tu as fait ce qu'il fallait Em' tu n'as pas à t'en vouloir. Le principal c'est que vous soyez toutes les deux en vie, dit-il en alternant ses yeux bleus entre les deux femmes. Et si vraiment tu as besoin de parler je connais un très bon spécialiste. Il m'a beaucoup aidé à mes débuts. La première fois que j'ai tiré sur un homme j'ai beaucoup culpabilisé, et il m'a appris comment gérer ces traumatismes. »

Emma hocha la tête, remuée par son témoignage. Les policiers et amis s'éclipsèrent après quelques mots d'encouragements laissant les deux femmes seules.

A peine la porte fut-elle close que la blonde se glissa dans les bras de sa femme cherchant son réconfort et sa présence rassurante. Régina lui parsema le crâne de délicats baisers en lui promettant que tout irait pour le mieux, qu'elles allaient rentrer à la maison très bientôt avec Henry, qu'elles pourraient parler de leur projet, de leur avenir. Elle abaissa la tête de lit et s'allongea à ses côtés, craignant de lui faire mal, elle se mit sur le côté sa tête reposant sur sa main et l'admira une petite étincelle brillant dans ses prunelles sombres. Epuisée, Emma s'endormit quelques instants plus tard, devoir tout raconter à David l'avait vidé de ses forces, elle souhaitait ne plus jamais avoir à reparler de cet épisode. Elle voulait aller de l'avant avec Régina et Henry.


L'état d'Emma s'améliorait de jour en jour pour le plus grand soulagement de ses amis et surtout celui de Régina. Au fur et à mesure elles ne parlèrent plus de ce qu'il s'était passé préférant surmonter l'épreuve en allant voir le spécialiste recommandé par David. En attendant de pouvoir mettre définitivement cette histoire aux oubliettes, elles avaient pris la décision de se concentrer sur le rétablissement d'Emma et bien sûr, son retour imminent à la maison. Car le médecin en charge assura à sa patiente qu'elle pourrait partir d'ici la fin de la semaine, soit dans quatre jours, à condition qu'une infirmière passe changer les pansements tous les deux jours.

Les yeux pétillants et ravis elle remercia le médecin avant de se mettre à rire nerveusement. Tout serait bientôt derrière elles. Quelle délivrance !

« - Je suis tellement contente Gina ! Je vais bientôt rentrer à la maison ! dit-elle avec excitation.

- Oui, enfin. La maison est trop calme sans toi.

- J'ai commandé sur internet un uniforme d'infirmière pour toi.

- Quoi ?!

Emma explosa de rire face à la mine déconfite et colérique de son amante.

- Je rigole ma puce, mais ta tête vaut vraiment le détour !

- Espèce de … elle souffla ravalement son insulte. Je constate que tu vas beaucoup mieux, je me demande vraiment pourquoi ils veulent encore te garder.

- Viens là. »

Elle attira son amante par la main jusqu'à ce qu'elle s'asseye sur le bord de son lit faisant ainsi remonter légèrement sa jupe sur ses cuisses, détail qu'elle ne manqua pas.

De son index elle lui fit signe de s'approcher un peu plus. Régina s'exécuta et posa sa main au travers du corps de sa blonde atteignant l'autre côté du matelas, ainsi installée elle put à loisir détailler les traits de son amante. Les bleus commençaient à devenir jaunes, sa lèvre étaient presque entièrement guérie, son magnifique cocard se résorbait lentement mais sûrement, ses blessures de guerre allumèrent étrangement le feu sacré de Régina qui se mordilla la lèvre. Si elle s'écoutait elle lui ferait l'amour sur ce lit d'hôpital… cela dit, la possibilité qu'une infirmière déboule sans prévenir sans parle de l'état général du corps d'Emma parvenait à brider ses pensées déviantes.

Emma n'avait rien perdu du spectacle vivant, dansant dans les yeux de son amante un sourire carnassier agrippé à ses lèvres. D'un vif mouvement elle captura sa bouche dans un baiser tendre mais fiévreux, témoin de leur presque irrésistible envie l'une de l'autre. Tandis que Régina entourait sa joue de sa main, elle s'était mise à lui caresser l'intérieur de la cuisse, juste un peu au-dessus du genou au début, puis remontait langoureusement un plus haut, encore un peu, et encore jusqu'à ce que la jupe soit quasi entièrement remontée le long de la cuisse ferme et matte. Emme ne voulait pas éteindre les flammes de désir qu'elle avait aperçues tantôt, bien au contraire. Et si elle en jugeait par les soupirs de contentements de Régina, il n'était pas prêt de s'éteindre.

Les doigts diaboliquement agiles s'agitant sur la peau tendre de sa cuisse, tels des dizaines de petits serpents, commençait à lui faire perdre la notion de pudeur dût à l'endroit où elle se trouvait. Ravie de voir que sa compagne allait vraiment mieux, elle la laissa faire, après tout ce n'était pas très grave, si ? Elle sentit Emma de plus en plus ardente et téméraire, ce qui fit augmenter son rythme cardiaque et affola les papillons dans son ventre. Bien qu'elle est ait désespérément envie, elles ne devaient pas céder, c'était trop tôt pour le corps d'Emma.

« - Attends, attends, Emma, parvint-elle à articuler entre ses soupirs.

- Quoi ?

- Chérie tu es convalescente, je ne suis pas certaine que ce soit une idée très brillante.

- Mais si, assura-t-elle en redéposant un baiser dans son cou.

- Emma, s'il te plait. Je n'ai pas envie que tu retournes au bloc parce que tes points auront sautés et que tu feras une hémorragie.

- Tu dramatises.

- Peut-être, mais je suis sérieuse, j'en ai plus qu'envie crois-moi, mais je ne veux pas te faire mal.

- Rabat-joie, soupira la blonde. »

Elle déposa quelques derniers baisers sur les lèvres charnues tant adorées et puis se remit sagement, presque sa main n'aillant pas quitter le confort offert par la cuisse de Régina, dans son lit.

« - Ne fais pas la tête, c'est pour ton bien.

- Si un jour Henry se casse le poignet et qu'on soit obligé de revenir ici, je t'assure que je réaliserais ce fantasme !

- Je ne savais pas que ça en faisait partie.

Emma arborait une mine renfrognée, boudeuse, comme une enfant à qui on aurait dit non pour une sucrerie.

- Si vraiment les infirmières te font fantasmer, quand tu seras rentrée à la maison et en forme, je reconsidèrerais peut-être le costume d'infirmière, ajouta Régina tentant de dérider sa compagne.

- Vrai ?

- Si t'es sage. Sinon ce sera le fouet !

- Ça me va aussi tu sais ?

- Tu n'es vraiment qu'une obsédée… et cesse donc de te faire des films tu as l'air débile avec cet air niais et baveux !

- Pas de ma faute si l'idée de vous voir en talons haut et petite tenue un fouet à la main m'enchante Mme Mills. »

La dite Mme Mills sourit en se penchant sur son amante et lui déposa un baiser sur les lèvres.

Qu'il était bon de revenir à des discussions légères. Régina avait l'impression que cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas eu ce genre de moments détendus avec Emma. Avant que cette histoire ne se termine, elles s'étaient efforcées de vivre leur vie le plus normalement possible, essayant de se créer des souvenirs, de ne plus penser aux menaces, au danger. Mais maintenant tout semblait plus facile, plus serein. Elles n'étaient plus pressées de vivre. Et cet état de quiétude les soulageait les faisait sourire et surtout les rendait confiante pour leur avenir à construire.


Comme promis Emme sortit quatre jours plus tard au matin. Avec l'aide de sa compagne elle atteignit la voiture sans heurts et se glissa avec plus ou moins de facilités dans l'habitacle. L'euphorie et le contentement transpiraient par tous les pores de sa peau à tel point que Régina parvenait à le sentir dans son propre corps.

Finalement à la maison elle laissa échapper un long soupir de bien-être.

Henry se trouvait dans sa chambre, Régina l'aillant récupérer la veille pour qu'il puisse l'accueillir. Et puis il en avait marre d'être chez son grand-père. Il préférait pour l'instant rester avec sa mère et Emma. Il descendit les escaliers rapidement et se posta devant Emma un sourire à paradoxalement triste et heureux. Elle lui mit une main sur l'épaule parfaitement consciente de ce qu'il traversait.

« - Ca va Henry ?

- Je suis heureux que tu ailles bien, répondit-il simplement. »

Emma jeta une œillade à sa compagne l'air confus. Il n'était pas totalement prêt à dire qu'il allait bien avec le décès encore trop récent de son père, mais il demeurait sincère dans ses propos et cela réchauffait le cœur de la blonde.

« - Je te présente mes excuses Henry. Pour ton père.

- Merci. Il me manque beaucoup.

- Ca guérira avec le temps.

- Combien de temps ?

- Je ne sais pas, ça dépend des gens.

- Il est parti en vous sauvant toutes les deux, alors je sais qu'il va bien là-haut, dit-il en regardant le plafond. »

Emma ne sut que répondre. Elle préféra lui frictionner l'épaule l'encourageant par ce geste dans cette épreuve difficile. Contre toute attente le garçon s'approcha d'elle et la pris doucement dans ses bras pour ne pas lui faire mal puis retourna dans sa chambre.

« - Il est très triste, constata Emma.

- Malgré ses idées rétrogrades et son goût pour le pouvoir et l'argent, il a toujours été un bon père. C'est normal qu'il soit triste il ne connaît pas les faces cachées de Daniel que toi et moi connaissons. Et je n'ai pas l'intention de lui dire. Je ne veux pas qu'il ait une mauvaise image de son père qu'il ne pourra jamais revoir.

- C'est louable de ta part. Après tout ce qu'il nous a fait endurer il l'aurait mérité.

-Peut-être mais ça ne concerne pas Henry directement alors je ne vois pas l'utilité de salir sa mémoire. »

Elle admirait cette femme, du plus profond de son cœur. Une telle abnégation ne pouvait qu'être admirée par tous. Elle n'aurait jamais été capable de faire ça. Un connard de la trempe de Daniel devait toujours payer le prix fort ! Mais selon Régina sa mort est le prix qu'il l'attendait et qu'il était inutile d'en rajouter. La mort n'était-elle pas le prix le plus cher après-tout ? De plus cela n'aurait soulagé en rien la peine d'Henry. La transformer en haine et en colère n'était pas une solution viable pour faire son deuil.

Elle suivit sa compagne jusqu'à une pièce qu'elle pensait jusqu'alors être son bureau, mais fut surprise de découvrir une chambre. Un lit double, une armoire et le bureau de Régina décalé dans un coin de la pièce, sommaire mais visiblement temporaire.

« - J'ai aménagé la pièce, le temps que tu te remettes complètement. Je n'ai pas envie de te retrouver inconsciente après une chute d'escalier, expliqua Régina.

- Tu es adorable ! J'imagine que tu n'as pas déplacé tout ça toute seule.

- Exact. David et Graham m'ont un peu aidé… Ils s'en veulent beaucoup de ne pas avoir agis à temps pour empêcher…ce qui s'est passé, alors ils m'ont dit que c'était le moins qu'ils puissent faire pour toi.

- Rassure-moi tu ne vas pas me laisser seule dans cette chambre ?! dit-elle paniquée de ne pas pouvoir passer ses nuits dans les bras de sa compagne.

- A ton avis ? Tu ne vois pas que ce lit a deux places ? »

Emma se posa une main sur le cœur en soufflant. Dieu merci !

« - tu as faim ?

- Tellement ! avoua Emma d'un air dramatique.

- Pizza ?

- Comment tu sais ?

- Je commence à te connaître tu sais…et puis vu ce qu'ils donnent dans les hôpitaux je pense que ça ne peut pas te faire de mal !

- Régina Mills tu es définitivement la femme la plus parfaite qui existe sur cette planète ! »

L'air supérieur de Régina fit sourire Emma moqueusement. Elle suivit la maîtresse de maison dans la cuisine et prépara la pizza avec elle. Pizza certes mais pizza selon Régina Mills ! Aucun plat non préparé par ses mains ne franchira un jour le seuil de cette maison. Peut-être qu'un jour Emma aimera faire la cuisine. En tous cas la faire avec l'amour de sa vie était un milliard de fois plus intéressant et amusant que de la faire seule dans son ancien petit appartement.

Tout serait plus amusant à faire avec Régina, car elles le feront ensemble. La béatitude de cette perspective lui gonfla le cœur de joie.

Henry descendit une nouvelle fois en sentant les bonnes odeurs émanant du four et se jeta presque sur sa chaise lorsque sa mère annonça qu'il fallait se mettre à table. Pour la forme elle avait préparé une salade verte, sait-on jamais.

Le repas se passa dans agréable allégresse. Personne autour de la table ne mentionna Daniel, Killian ou toute autre forme de mauvaises expériences. Et lorsque tout le monde fut rassasié, ils décidèrent de passer l'après-midi à jouer aux jeux vidéo. Sans surprises Henry écrasa sa mère sur au Mario Kart et Mario Bros mais ce fut une toute autre paire de manches avec Emma qui, malgré sa condition restreinte, était une redoutable adversaire pour le jeune homme. Enfin quelqu'un dans cette maison pourrait lui tenir tête !

La journée se termina dans la bonne humeur et lorsqu'il fut l'heure pour Henry d'aller se coucher, il ne rechigna pas et laissa les deux femmes seules dans le salon. Régina se prépara une tisane et servit un grand verre de jus de pomme à Emma qui n'aimait définitivement pas les tisanes.

« - J'aimerais qu'on parte en vacances. Tous les trois, annonça Régina.

- C'est une bonne idée. Je pense qu'on le mérite.

- Oui. On va attendre que tu ailles mieux évidemment. Mais j'aimerais partir en France.

- Sérieux ?

- Je n'y ai jamais mis les pieds que pour des raisons professionnelles, et c'est un beau pays que j'aimerais visiter.

- Alors vendu ! Ce que ma Reine veut, ma Reine l'obtient. Et pour les cours d'Henry ?

- Et bien nous partirons pendant ses vacances. Encore que je ne pense pas que prendre l'air lui fasse plus de mal que la perte de son père. Il n'a pas été à l'école depuis enfin il y a été sans y être vraiment. Mary m'a dit qu'il ne parvenait pas à se concentrer, qu'il semblait toujours sur le point de pleurer et se lâchait une fois seul, isolé quelque part dans la cours.

- Tu as raison, ça lui ferait sans doute du bien de partir quelques jours loin de tout ça.

- Quand reprends-tu le travail ?

- Jamais, avoua Emma en déposant son verre sur la table. Je n'ai plus envie de faire ça, je ne m'épanouie pas, et passer si près de la mort m'a fait réfléchir. Tu te souviens de ce dont on a discuté avec ton père ?

- Oui. Que tu aimerais ouvrir ton affaire.

- J'aimerais le faire maintenant. La vie est trop courte, ou passe trop vite, et je ne veux pas servi des cafés toute ma vie au Starbucks. J'ai besoin de plus. Et je veux que tu sois fière de moi.

- Emma je suis déjà fière de toi ! Mais si cela te tient à cœur alors je te soutiendrai.

- Cool ! parce que j'avais dans l'idée que cette affaire soit aussi la tienne !

- Ah oui ? interrogea Régina surprise.

Emma hocha la tête l'air malicieux.

- J'ai entendu dire un jour que tu avais toujours rêver d'ouvrir un resto. Alors je me suis dit qu'on pourrait se lancer dans cette aventure ensemble ! moi je ferai les meilleurs cafés et chocolats de Boston, et toi les meilleurs plats !

- C'est un beau projet, mais que fais-tu de mon actuel poste de PDG ?

- Laisse-le à Malicia, elle a l'air de s'en sortir et d'aimer ça.

- Tu as réponse à tout, ma parole ! Néanmoins pendant ton séjour à l'hôpital, j'ai déjà pris mes dispositions pour laisser à Malicia la direction. Je resterai la présidente du conseil d'administration, mais je n'aurais pas, ou disons moins de responsabilités puisque je vais déléguer à Mal. Ce sera elle qui représentera l'entreprise. Mes seules obligations au final seront de faire acte de présence au conseil d'administration et de surveiller ce qu'il se passe dans l'entreprise, mais j'ai toute confiance en Mal pour me faire des rapports réguliers et détaillés pour que je n'ai pas à m'impliquer plus que de raison.

- Woah. Je ne savais pas que tu y songeais.

- J'y songe depuis plusieurs mois à vrai dire. Au début j'aimais bien c'est vrai mais encore une fois c'était la volonté de ma mère, pas la mienne.

- Et ton père il est …

- D'accord avec l'idée.

- C'est génial ! »

Durant de longues heures elles parlèrent de leur restaurant idéal, là où il devait être, la décoration, les plats, le bar à café. Régina se moquant gentiment des idées farfelues que pouvait parfois avoir Emma, mais admirant ses yeux pétillants à l'évocation de n'importe quel aspect du projet. Cela lui tenait à cœur. Elle avoua à demi-mot que ce serait comme avoir un premier enfant ensemble. La comparaison, bien que saugrenue, la toucha car ça voulait aussi dire qu'Emma était prête à s'engager avec elle sur de nombreuses choses.

Finalement épuisées par tous ces beaux projets d'avenir, elles allèrent se coucher, sereines pour la première fois depuis des jours.

Elles avaient plusieurs fois fait des cauchemars sur la nuit passée dans ce hangar, elles en avaient parlé mais que pouvaient-elles faire de plus ? Emma était hantée par la mort de Jones, elle avait tué un humain et s'en voulait. Prendre la vie de quelqu'un est un traumatisme difficile à accepter même si elle l'avait fait pour sauver la vie de sa compagne. Il y aurait dû avoir une autre solution ! Encore aujourd'hui elle se demandait si ça aurait pu se passer autrement.

David lui avait rendu visite deux jours avant sa sortie, une visite en tant qu'ami et non en tant que flic. Bien sûr qu'il lui affirma avoir fait ce qu'il fallait, que grâce à elle, elle et Régina seraient en sécurité. Alors qu'elle ressassait les images lorsqu'elle dégagea le corps mort de Jones du siens, elle s'était mise à pleurer, à angoisser.

Quant à Régina, elle rêvait de ce qui aurait pu arriver de pire et se réveillait transpirante et dans l'incapacité de se rendormir. Même en rêve elle ne pouvait supporter l'image de sa compagne sans vie. L'idée même que cela aurait pu arriver la faisait éclater en sanglots.

Mais à partir d'aujourd'hui ce serait différent, elles feront face ensemble pour oublier. Et même si Régina ne pouvait pas encore totalement se blottir dans les bras de sa compagne, la savoir à ses côtés la rassurait et lui faisait du bien.

Elles étaient en vie toutes les deux, elles étaient ensemble, et si l'une faisait un cauchemar, l'autre la bercera pour la rassurer. Et chaque fois qu'Emma culpabilisera de la mort de Jones, Régina lui rappellera que sans cet acte, elle ne serait plus là l'abandonnant à une vie triste et sans amour.

Tout irait mieux désormais, c'était certain.


Mhm...définitivement il ne me plait pas ce chapitre... trop rapide, trop court...je pense que j'ai manqué d'inspiration... qu'en pensez-vous ?

En fait l'idée de base c'était surtout ne pas m'attarder trop dans le hangar et les faire se retrouver... C'est pour ça que j'ai fait ce bond dans le temps. Mais j'aurais peut-être dû mettre la fin de la prise d'otage en live plutôt qu'en pseudo flash back... L'idée est intéressante je trouve mais je l'ai mal géré xD enfin selon mon auto-critique jamais contente... Mais comme d'habitude je vous laisse juge :)

J'ai hâte de vous lire vraiment, j'angoisse un peu sur ce coup mdrrr

Love,

Em'