Résumé : Au dernier chapitre, nous avions laissé Harry en très mauvais posture… Aux mains de Greyback qui venait d'assassiner devant ses yeux une des filles de Whitechapel, Elizabeth Stride, et recherché par les Old Nichols… Voilà enfin la suite…
Désolée, je viens de finir de déménager d'où le retard impressionnant accumulé sur toutes mes histoires (mais comme vous le voyez, je continue encore…) Bonne lecture et à bientôt, Lilywen.
Littérature du dix-neuvième siècle
Chapitre 14 : L'ombre de Westminster
Remus avait bien tenté de se reposer quelques instants. Il avait choisi un recueil de sonnets de Lord Byron parmi les nombreux ouvrages précieux de la bibliothèque du manoir. Il s'était ensuite installé confortablement sur l'un des fauteuils en cuir sombre, avec le secret espoir de savourer la tasse de thé que lui avait portée Dobby, sans se laisser à nouveau happer par ses sombres pensées. Malheureusement, il n'avait guère tenu plus de dix minutes avant que toutes ces interrogations obsédantes ne reviennent en force et ne l'obligent à se relever.
Nerveusement, il se dirigea vers l'immense fenêtre donnant sur le parc de la vaste propriété victorienne des Snape et observa le jardin. L'harmonie des teintes dégradées de ce tableau impressionniste trahissait déjà les prémices des premiers jours de l'automne et si, d'ordinaire, il aurait sans doute trouvé fascinant le ballet des feuilles, dansant au gré du vent, l'angoisse incontrôlable qui le tenaillait désormais, l'empêchait de profiter sereinement de ce spectacle magnifique.
A nouveau, Remus arpenta la pièce, de long en large. Où était-il ? Avec qui ? Que faisait-il ? Etait-il en sécurité… Etait-il seulement encore en vie ? Il retint à peine un cri désespéré à cette dernière pensée.
Dire qu'au début de cet été, quand il était arrivé au manoir, Remus avait immédiatement considéré la bibliothèque comme une sorte de refuge chaleureux. Au contraire des autres pièces de la grandiose demeure qui lui laissaient une désagréable sensation d'oppression, il avait l'impression d'être ici, dans un lieu hors du temps, un havre de paix et de sérénité, mais, force était de constater que ce fragile équilibre avait été définitivement brisé quand, l'avant-veille, Frederick lui avait appris la disparition d'Harry.
Il s'arrêta, fixant avec amertume la porte d'entrée. Il se sentait comme un animal en cage, tournant rageusement dans cet espace confiné alors que le jeune homme n'avait donné aucun signe de vie depuis plusieurs jours. Il était là, misérable, attendant le passage de l'inspecteur de Scotland Yard tandis que les événements s'enchaînaient inexorablement et l'entraînaient toujours plus profondément dans les noirceurs de ce monde, dans un abyme sans fond d'horreurs…
Déjà, lorsqu'il était arrivé à Portsmouth, il avait découvert aux côtés de Severus, non son meilleur ami, tel qu'il apparaissait encore dans ses plus heureux souvenirs mais un homme défait, malingre, malade. Depuis, le docteur Flitwick venait au manoir, chaque matin au lever du jour pour s'enquérir de son patient et invariablement, il repassait chaque soir pour faire le point sur l'état de santé de l'ancien prisonnier qui avait si brusquement empiré dans les derniers jours de son voyage de retour des Indes. Quant à Severus, il n'avait pas quitté le chevet de Sirius.
Comme si cela n'était pas suffisant, tous les journaux londoniens titraient sur l'escalade de violence qui avait ensanglanté l'East End la nuit qui avait suivi son départ pour Portsmouth et une semaine après cet abominable double assassinat, l'inspecteur de Scotland Yard était passé le voir au manoir. Remus avait naïvement pensé qu'il venait pour l'informer des recherches menées par la police suite à ce nouveau drame, mais, il réalisa au visage livide du policier que ce qui l'amenait jusqu'ici, était bien plus terrifiant. Frederick lui avait alors avoué son impuissance, son terrible sentiment d'échec…
En fait, personne n'avait vu Harry dans les quartiers de Whitechapel depuis les meurtres sauvages d'Elizabeth Stride et Catherine Eddowes. Frederick avait tout tenté pour le retrouver : il avait même été personnellement voir Vernon Dursley, cet homme sans cœur avait simplement rétorqué dans un rire gras qu'il ne savait pas dans quelle couche le rejeton avait pu se foutre et que c'était bien le cadet de ses soucis. Même la vieille Figg et Marie Jane ne paraissaient pas avoir la moindre idée de l'endroit où se trouvait l'adolescent.
Dieu ! Il ne pourrait jamais se pardonner s'il était arrivé malheur à Harry. Pourquoi n'avait-il pas suivi son instinct ? Pourquoi ne l'avait-il pas supplié de quitter cet horrible endroit pour venir avec lui lorsqu'ils s'étaient retrouvés dans cette pièce abandonnée du poste de police de Whitechapel ? Le plan de Severus n'avait plus de sens à ses yeux depuis déjà de trop longues semaines.
Quand ils avaient conçu de retrouver l'enfant des Potter afin de lui rendre fortune et rang, volés des années auparavant par les manigances de Lord Riddle, ils ignoraient tout de la crasse sordide dans laquelle le garçon avait été élevé. Certes… Ils se doutaient bien que la vie d'un jeune orphelin au cœur de l'East End ne tenait, selon toute vraisemblance, aucune comparaison avec celle d'un enfant protégé de la haute société aristocratique victorienne… Mais de là, à s'imaginer… De là à concevoir l'inimaginable… Pourquoi, au nom de Dieu, n'avait-il pas fait fi des recommandations de Severus quand il avait finalement découvert toute la vérité sur l'histoire d'Harry ?
Remus se laissa lourdement tomber sur l'un des fauteuils en cuir, se tenant la tête entre les mains. Il avait eu tout loisir, enfermé dans ce manoir, de songer aux sentiments troubles qui l'habitaient depuis son retour à Londres et avait, au fil des semaines, admis qu'il trouvait Harry des plus désirables. Probablement, avait-il été séduit, dès leur première rencontre, par son innocence fragile, par sa douceur désarmante, son physique délicat, presque féminin, mais, désormais, il ne cherchait plus du tout à nier l'évidence. Il ne s'agissait pas que d'une question d'attirance, d'un désir inassouvi. Il était simplement tombé amoureux d'Harry… Eperdument amoureux… Ses pensées étaient perpétuellement tournées vers ce merveilleux jeune garçon et à chaque instant passé loin de lui, il se sentait plus méprisable de n'avoir pas su gérer la situation, plus misérable de n'avoir pu le sauver de sa parenté… Le savoir en danger, aux prises avec des personnes aussi viles que Greyback, aussi dangereuses que ce mystérieux Lord qu'Harry avait désigné à Frederick comme étant l'éventreur de Whitechapel…
Un bruit sourd le sortit brutalement de ses réflexions. Il se contenta d'asséner un bref « entrez » et aussitôt, Dobby poussa la porte sculptée en chêne massif et s'avança vers lui. Le majordome s'inclina respectueusement puis se redressa vivement :
« Monsieur. L'inspecteur Abberline vient d'arriver à l'instant au manoir. Il attend dans le vestibule d'entrée.
- Très bien, Dobby… Très bien… Conduisez-le jusqu'ici immédiatement.
- Dois-je prévenir également Monsieur Snape ?
- Ne vous inquiétez pas. Severus est déjà au courant de la venue de Frederick, je l'ai informé tout à l'heure au petit-déjeuner mais il m'a dit vouloir rester auprès de Sirius, au moins tant que ce dernier est éveillé. Il m'a promis de nous rejoindre ensuite.
- Bien, Monsieur. »
Dans un mouvement gracieux, Dobby prit congé de Remus et s'éclipsa avec sa discrétion habituelle. Il ne fallut guère plus d'une minute pour qu'un nouveau coup ne résonne contre la porte, s'ouvrant pour laisser passer l'inspecteur de Scotland Yard.
Remus se releva et se dirigea vers l'homme au complet gris. Il le salua chaleureusement et le conduisit vers les fauteuils en cuir.
« Vous voulez une tasse de thé, Frederick ?
- Volontiers. »
Aussitôt, Remus versa le liquide encore chaud dans la tasse en porcelaine blanche qu'il tendit à l'autre homme :
« Merci, Remus.
- Autre chose ? Une pâtisserie, peut-être…
- Non, je n'ai vraiment pas grand appétit. Désolé.
- Soit… »
Et comme si cela mettait fin aux usages, les deux prirent chacun place dans un fauteuil et se fixèrent quelques instants :
« Sans vouloir vous paraître impoli et rude, Frederick, ne tournez surtout pas autour du pot et dites-moi la raison de votre venue. Est-ce Harry ?
- Hélas, mon ami, je crains de n'avoir aucune bonne nouvelle pour justifier ma présence au manoir aujourd'hui, mais, je vous avais promis que dès que nous aurions quelques informations, aussi infimes soient-elles, je vous avertirais… Et bien, je suis là.
- Vous ne l'avez donc pas retrouvé.
- Non. Je ne vais pas vous mentir sur un sujet si préoccupant. Pour autant, je peux vous affirmer que nous avons progressé…
- Que voulez-vous dire ?
- Voyez-vous… Un de mes hommes… Matthew Peakes est un jeune sergent, il est tout juste diplômé… Très intelligent et surtout débrouillard. Il m'a suggéré de procéder… Disons… D'une façon assez peu conventionnelle… Autant vous dire que personne en haut lieu n'est au courant de notre initiative et que j'ai certainement engagé ma carrière dans cette histoire. Bref… Peakes vient de me faire parvenir un message par le biais d'Anderson qui est toujours chargé de surveiller l'auberge des Dursley. Il a réussi à s'infiltrer parmi les Old Nichols en s'attirant les faveurs du vieux Mondingus. Apparemment, il lui a simplement offert quelques verres du meilleur tord-boyau du Britannia et, en retour, cet ivrogne l'a conduit jusqu'au repaire des mangemorts.
- Vraiment ? Même avec l'aide de Marie Jane, je n'ai jamais pu savoir où se situait exactement leur lieu de rencontre.
- C'est désormais chose faite. Ils se trouvent dans une sorte d'hangar à l'abandon, dans une arrière cour, à quelques rues des docks de l'East End.
- Qu'a-t-il appris de plus ?
- Plusieurs choses… Assez troublantes, quoique tout sauf rassurantes…
- S'il vous plaît, Frederick…
- D'abord, notre chère connaissance commune… Greyback. Il s'est montré assez discret et bien peu présent ces derniers jours auprès de son groupe de vauriens. A vrai dire, depuis que Peakes a réussi à s'infiltrer dans leur organisation, il a remarqué que Greyback était venu deux ou trois fois tout au plus, et il n'est guère resté plus de quelques minutes à chaque fois.
- C'est tout. C'est assez surprenant. De ce que j'avais compris lors de mon séjour à Whitechapel, c'est qu'il était au contraire très présent pour gérer sa petite troupe… Sans doute, pour être certain qu'aucun d'entre eux n'aient l'idée saugrenue de vouloir s'accaparer sa place…
- Je sais. C'est aussi ce qu'Anderson et moi avions découvert au fil de nos journées d'enquête et je dois reconnaître que comme les absences prolongées de Greyback coïncident avec la brusque disparition d'Harry, je commence à craindre que… »
Devant l'air affolé de son vis-à-vis, Frederick s'arrêta et prit le temps d'avaler une petite gorgée du thé que lui avait servi Remus dès son arrivée. Il laissa quelques instants à l'autre homme pour qu'il puisse reprendre un peu son sang-froid avant de murmurer :
« Je n'ai aucune certitude, mon ami, mais, c'est malheureusement une possibilité à ne pas négliger.
- Je… Je suppose…
- Nous avons appris autre chose qui ne va certainement pas apaiser vos inquiétudes, Remus. Plusieurs des Old Nichols discutaient entre eux d'une mission que leur aurait donnée le fondateur de leur organisation, ce mystérieux Voldemort dont nous avons parlé au début de notre enquête.
- Ce qui nous confirme déjà qu'il ne s'agit pas d'une simple légende inventée par les filles de Whitechapel, comme nous nous en doutions, n'est-ce pas ?
- Effectivement, le sergent Peakes est également persuadé qu'il existe vraiment et… Oh seigneur ! Je suis désolé, Remus, mais il semblerait que lors de la dernière apparition de cet homme, il est exigé de ces mangemorts l'immédiate capture… »
Remus se releva brusquement, peut-être espérait-il naïvement que sa fuite lui permettrait d'éviter l'affreuse réalité mais il tourna son regard doré vers l'inspecteur et il constata que ce dernier le fixait avec autant de sérieux que d'affliction :
« Je suis navré, Remus… Bien plus qu'aucun mot ne saurait le transcrire… Mais il semblerait effectivement que ce fameux Voldemort soit réapparu au repaire des Old Nichols et que sa demande ait été la capture d'Harry. Cependant, d'après Peakes, nous pouvons nous réjouir d'au moins une chose… Harry a réussi à leur échapper et aucun d'eux ne semble savoir où il se cache à l'heure actuelle.
- Greyback.
- Quoi ? Comment cela, Greyback ?
- Marie Jane ou Miss Figgs auraient pu cacher Harry pour le protéger mais elles vous auraient dit qu'il était en sureté avec elles si c'était le cas et sincèrement, je ne vois pas d'autres personnes, vivant à Whitechapel, prendre un tel risque s'il s'agit d'un mot d'ordre des mangemorts. Les habitants du quartier ont bien trop peur de ces malfrats, d'autant plus s'il est question d'une décision de leur mystérieux dirigeant. Dursley… La simple idée que cette ordure vienne en aide à Harry est des plus risibles... Le seul qui pourrait aller à l'encontre de cet ordre est Greyback : tout d'abord parce qu'étant le second de Voldemort et le chef de ces bandits, il se croit au-dessus de toute cette engeance, il use et abuse de ces prétendus privilèges, je l'ai assez longtemps observé lors de mon séjour pour en être convaincu… Et ensuite… »
Remus soupira et se laissa lourdement retomber sur le fauteuil en cuir face à l'inspecteur.
« Et ensuite, Remus… Dites-moi ce à quoi vous pensez, si difficile soit votre argument.
- Je pense que c'est le moyen qu'il espérait tant pour pouvoir contrôler et posséder Harry.
- Il risque cependant assez gros en allant à l'encontre d'une décision prise par Voldemort lui-même, non ?
- Sans doute, mais il s'agit d'Harry. Il le veut depuis si longtemps. Il ne laissera rien, ni personne se mettre en travers de son chemin, je suis bien placé pour le savoir.
- Vous êtes sérieux ?
- Est-ce que Peakes a pu savoir depuis quand les Old Nichols recherchent Harry ?
- Hélas… C'est là que je voulais votre avis sur le développement de notre affaire. Peakes a pu établir que la visite de Voldemort coïncidait également avec le double meurtre d'Elizabeth Stride et Catherine Eddowes et quand il s'est renseigné auprès de quelques jeunes recrues des Old Nichols, ils ont dépeint une personne très différente des habitués de Whitechapel… »
Remus releva brusquement le visage et fixa intensément Frederick.
« Comment cela ? Différent… Par pitié, cessez de parler par énigme quand il s'agit de la vie d'Harry…
- Ne m'en voulez vous, je vous en prie… Je n'ai plus aucun doute sur l'affection sincère que vous portez à ce jeune homme, plus que quiconque dans ce quartier ou parmi sa parenté et je m'inquiète pour vous. Votre visage paraît si pâle et je jurerai que vous n'avez pas dormi depuis ma dernière visite, n'est-ce pas mon ami ?
- Ne vous souciez pas de moi. Seul Harry doit nous importer à présent. Alors, dites-moi.
- Les recrues des Old Nichols ont dépeint à Peakes un homme distingué qui correspond en tout point à la description que m'avait faite Harry au Ten Bells… Un homme grand, brun aux yeux sombres, portant une large cape noire, un chapeau haut-de-forme.
- Vous pensez…
- Je voulais votre avis d'abord, mais, oui, cette ombre, ce Voldemort dont nous n'avions jusqu'à présent aucune preuve réelle de son existence, s'avère être, non seulement, présent au repaire des Old Nichols le soir même où deux filles de Whitechapel sont mortes, sauvagement assassinées mais, en plus, il correspond exactement à la description faite par Harry de notre principal suspect… Un lord, probablement en lien avec les Etablissements de Salazar puisqu'il a rencontré Harry suite aux recommandations de Lord Malefoy… Je n'ose plus croire à une coïncidence malheureuse, d'autant que souvenez-vous… Nous avions été surpris lorsque nous avions appris que Greyback avait été libéré plus rapidement que nous ne l'escomptions suite à l'intervention de cet avocat… Slughorn. Ce dernier ne travaillerait certainement pas pour un malfrat de l'East End, par contre, il était forcément commandé par un puissant lord de Westminster… Je pense vraiment que nous n'avons affaire à une seule et même personne.
- Et il pourchasse maintenant Harry. »
L'inspecteur Abberline se leva et rejoignit Remus. Il posa une main réconfortante sur son épaule, comme pour lui témoigner sa présence et sa sincère sollicitude.
« Oui, mon ami. C'est effectivement ce que je crois. Quant à l'enquête, je dois vous avouer qu'il y a encore un élément des plus troubles à ajouter. Cela concerne la nuit du 30 septembre et le double assassinat d'Elizabeth et Catherine.
- Qu'y a-t-il d'autre ?
- Je dirai… Une étrangeté… Un doute et je n'arrive pas à me l'ôter de l'esprit. Vous vous souvenez du meurtre de Martha, j'étais le seul à Scotland Yard à penser que cette dernière était le premier crime de l'éventreur et lorsque nous nous sommes rencontrés, vous étiez arrivé aux mêmes conclusions que moi à ce propos… J'avais été impressionné par votre regard neuf… Vos raisonnements brillants…
- Oui… Où voulez-vous en venir ?
- Je doute que les deux meurtres du 30 septembre soient le seul fait de l'éventreur.
Remus se recula, ses yeux dorés le fixaient et paraissaient exorbités.
« Vous n'êtes pas sérieux, par pitié, Frederick… Vous ne pensez pas que l'éventreur ait en plus, un complice, un autre fou capable de telles horreurs.
- Non… Ce n'est pas ce que je voulais dire. J'ai besoin de vous pour y voir plus clair, mon ami… Il se trouve que les deux meurtres ont été commis dans un très court intervalle, une heure… même peut-être un peu moins…
- Ce qui n'implique pas deux meurtriers… Une seule et même personne pouvait matériellement tuer Elizabeth et Catherine, non ?
- Oui, c'est effectivement possible mais un autre élément me chagrine.
- C'est-à-dire ?
- La méthode, la manière… Vous étiez d'accord pour dire que depuis Martha, tous les meurtres avaient… Disons… Une sorte de signature, une mise en scène macabre… Certes, les blessures sont de plus en plus profondes et violentes, mais le corps de Catherine Eddowes a visiblement subi le même type d'attaques que Mary Ann Nichols et Annie Chapman. L'assassin a fait preuve d'une cruauté inédite avec Catherine. Elle a été retrouvée complètement défigurée et une partie de ses organes posées comme une décoration sur son épaule, exactement comme Annie…
- Alors, qu'est-ce qui vous gêne ? Je ne comprends pas.
- Le meurtre d'Elizabeth Stride ne correspond pas aux méthodes de l'éventreur.
- Vous pensez donc qu'elle a été tuée par un autre meurtrier.
- Je ne vous cacherai pas qu'une nouvelle fois, mes théories ont été accueillies avec une grande circonspection en haut lieu mais je n'arrive pas à m'ôter cette hypothèse de l'esprit.
- Et en quoi ce meurtre vous paraît-il si différent ?
- Elizabeth avait une profonde entaille à la gorge mais le médecin spécialiste qui a examiné sa blessure était tout aussi perplexe que moi car elle ne ressemble en rien à celle des autres victimes. Elle est beaucoup plus grossière si vous me passez l'expression…
- Avez-vous envisagé la possibilité que le meurtrier ait été interrompu par un témoin ? S'il n'a pas eu le temps d'achever son crime, cela pourrait aussi expliquer le second meurtre aussi proche dans le temps et l'acharnement qu'il semble avoir mis dans la mise à mort de Catherine Eddowes.
- Certes, mais le médecin semble penser que le coup mortel a été fait avec un poignard beaucoup plus large et plus court alors qu'il avait établi que l'éventreur utilisait une arme fine, très tranchante.
- Dans ce cas, je comprends parfaitement vos doutes et, à mon avis, ils sont légitimes… Quelle logique aurait l'éventreur ? Il utilise la même arme pour Mary Ann et Annie, exceptons Martha plus qu'elle n'est pas officiellement attribué à ce meurtrier. Il aurait utilisé une arme différente pour Elizabeth et à peine une heure après l'assassinat de cette dernière, il aurait à nouveau eu recours à son arme de prédilection… Vous avez raison, ça n'a aucun sens… Aucune logique…
- Exactement, mon ami, exactement… »
Frederick soupira profondément et reprit après quelques instants :
« Nous voilà arrivés presque au terme de cette enquête, Remus. L'ombre qui, secondée par Greyback, dirige depuis des années Whitechapel par le biais des Old Nichols, n'est autre qu'un lord de Westminster un homme grand, aux yeux sombres, portant une large cape noire aux dires d'Harry qui a fait sa connaissance au début du mois de juillet. Cet homme est venu à l'auberge des Dursley, sous les recommandations d'un de ses confrères, lord Malefoy, puisqu'ils travaillent ensemble pour les Etablissements de Salazar. A la même époque, est créée une petite entreprise, l'impero society, succursale fantôme des Etablissements de Salazar, chargée de racheter et réhabiliter des bâtiments de l'East End et l'ombre de Westminster, prêt à tout pour la réussite de son projet financier, entreprend de terroriser Whitechapel pour que le quartier n'ait plus aucune valeur commerciale. Il tue de façon abjecte les prostituées de l'East End. Harry, comprenant le lien entre les visites de son mystérieux client et les meurtres qui se succèdent, le démasque et devient mon témoin clef… Et il est porté disparu, sans doute aux mains de Greyback, le second de notre homme, de l'éventreur de Whitechapel… »
A suivre…
Catherine Eddowes, dite « Kate Kelly » :
Quatrième meurtre officiellement attribué à Jack l'éventreur. Tuée le 30 septembre 1888, elle fut horriblement mutilée et retrouvée dans un parc public. Catherine Eddowes, dite « Kate Kelly » fut soumise à un véritable martyre. Elle fut retrouvée gisant dans une mare de sang, le ventre ouvert. La victime était complètement défigurée. Le corps était quasiment décapité, l'estomac et les intestins posés sur l'épaule droite, le foie coupé, les reins et les organes génitaux enlevés. Son meurtre suivit de peu celui d'Elizabeth Stride d'où les hypothèses concernant celui de cette dernière (Est-il le fait de Jack l'éventreur ou d'un autre tueur ? Jack l'éventreur s'est-il acharné sur Catherine Eddowes car interrompu dans le meurtre d'Elizabeth Stride)…
