Non, vous ne rêvez pas, voici enfin le chapitre 14...

C'est mon petit cadeau de Noël.

J'ai connu une longue période de blanc, je n'arrivais pas à écrire, même si j'en avais envie. Je commençais, écrivais deux lignes et me laissais distraire. Le Nanowrimo 2016 m'a redonné goût à l'écriture, j'ai repris cette habitude et réussi à dépasser (enfin) les blocages.

Je m'excuse pour cette longue absence.

Sachez que ce sont vos reviews, vos encouragements qui m'ont poussé à continuer. Voir que certains suivent encore cette fic, près de deux ans après son dernier chapitre m'a touché. C'est pourquoi je me suis mis un coup de pied aux fesses pour écrire la suite. J'espère ne plus vous faire subir cela.

Merci aux reviewers : La liste est trop longue mais je vous ai tous lu et vous avez tous contribué à ce chapitre.

Concernant la publication de la suite : Je vais essayer de publier un chapitre par mois de nouveau. Je suis plus au clair dans ma progression alors cela devrait aller.

Concernant une autre fic en préparation : Je vous avais fait voter pour choisir celle que je devais écrire et bien entendu c'est l'autre qui m'a inspiré. Je ne la publierai qu'une fois terminée mais elle est bien avancée.

Concernant ce chapitre : On entre dans le vif du sujet et on rattrape le tome 1 !

Date de publication : 25/12/2016

Fin du chapitre précédent : Il était une heure du matin quand les quatre amis quittèrent leur chambre, fiers de leur plan, pour tomber nez à nez avec Gemma Farley.

Merci à tous et bonne lecture !

Chapitre 14

La Trappe

Gemma avait du sortir en même temps qu'eux de son dortoir, sa tenue corroborait cette hypothèse. La jeune fille brune, les cheveux dans tous les sens, portait son pyjama et semblait vraiment surprise de les trouver là.

- Je peux savoir ce que vous faites ?

Alexander se mordit la lèvre. Quelle malchance ! Tout ce temps perdu, peut être pour rien... Mais la préfète semblait ne pas suivre les ordres de Higgs, peut être qu'ils pouvaient la convaincre de fermer les yeux. Il allait argumenter mais elle l'en empêcha.

- Higgs a été très clair, toute personne qui vous laisse quitter la maison serpentard devra subir ses foudres et je n'y tiens pas. Retournez dans vos chambres.
Si ces ordres avaient déjà fait le tour de la maison, ils n'allaient pas être tranquilles. Surtout si même les plus indépendants, comme elle, les mettaient en application. Il fallait absolument la convaincre, trouver un moyen, un argument qu'elle ne pourrait pas rejeter.

- Nous voulons juste nous assurer que Draco va bien. S'il te plaît laisse nous passer. Demanda Blaise, dont les yeux cernés trahissaient la fatigue.

Supplier n'aurait certainement aucune efficacité, si même Blaise ne parvenait pas à la faire flancher. Le jeune fille leva les yeux au ciel. Que croyait-il ? Qu'elle allait risquer sa tranquillité pour eux ? Elle n'occupait déjà pas la place la plus confortable, désobéir serait bien trop dangereux.

- Hors de question. Vous ne vous baladerez pas seuls dans les couloirs.
Son ton était désormais autoritaire et sec, comme le premier soir lorsqu'elle les guidait à travers les couloirs de Poudlard. Cette fois-ci, ce ne fut pas Alexander qui trouva les arguments pour faire céder la jeune fille, mais une Hermione armée de sa logique. La petite fille s'avança, releva le menton et d'un ton pédagogue qui aurait dû vexer une cinquième année puisqu'il venait d'une petite griffondor d'un mètre quarante, elle expliqua :

- Écoute, nous savons tous que dès que tu auras le dos tourné, nous tenterons de sortir. Nous allons finir par réussir et lorsque Higgs cherchera, il verra bien que tu as été la dernière à nous voir et cela te retombera dessus. Tu as donc deux solutions : être ferme et aveugle à toute forme de logique en nous demandant de retourner dormir ou te comporter en serpentarde et décider de nous accompagner afin de t'assurer qu'il ne se passe rien.

La préfète observa quelques instants la griffondor, étonnée et presque choquée par son argumentation, remarquant le regard ferme de la petite fille, elle sut qu'elle n'avait pas d'autres solutions.

- Par Salazar ! Que fais-tu chez Griffondor ? Serdaigle ou Serpentard t'auraient certainement accueilli avec joie... Très bien, je vous accompagne et au moindre problème on rentre tous. Attendez quelques minutes, je vais chercher ma cape.

Lorsqu'elle disparut en direction des dortoirs des filles, Alexander n'hésita à féliciter son amie en hochant la tête, Blaise lui adressa un grand sourire joyeux et Théo se contenta de secouer la tête devant l'attitude de ses deux camarades.

Quelques minutes plus tard, ils arrivaient aux escaliers. La présence de Gemma embêtait cependant les quatre enfants, qui se gardèrent bien de sortir la carte du maraudeur. Elle restait une préfète... Ils observaient donc avec inquiétude les couloirs pour l'instant vides, sursautaient au moindre bruit, craignant de se faire prendre. Ils s'engouffrèrent dans les escaliers espérant que pour une fois, ils n'en feraient pas qu'à leurs têtes. En effet, depuis qu'ils vivaient dans le château, les premières années avaient maintes fois été perdu par ces escaliers ensorcelés qui semblaient prendre un malin plaisir à taquiner les plus jeunes. Ils se calmaient avec le temps, les autres élèves ne rencontraient plus ce problème au bout de quelques mois. C'était en quelques sortes un signe de bienvenue que l'école leur envoyait et dont ils se seraient bien passés.

Si la plupart des premières années étaient heureuses de voir que le phénomène s'était calmé, ce n'était pas le ressenti d'Alexander. Jamais il ne pouvait être tranquille, il devait toujours prévoir quinze bonnes minutes d'avance, sachant qu'il serait certainement trimbalé à travers les étages, comme si Poudlard souhaitait lui faire visiter ses moindres recoins.

C'est ainsi que malgré la présence de Gemma, ils se retrouvèrent au troisième étage, devant un couloir sombre qu'ils ne connaissaient pas. L'escalier disparu ensuite, fier de son œuvre.

- Par Merlin ! Qu'est ce qui leur prend à ceux là ? Râla la préfète, qui commençait à sérieusement regretter d'avoir accepté la proposition de sa cadette.

Ils avancèrent, gardant les escaliers à l'œil. Ils ne pouvaient pas rester dans le hall, à attendre de se faire prendre, il fallait avancer et se dissimuler dans la pénombre du couloir.

Les plus jeunes observaient avec fascination ce couloir qu'ils ne connaissaient pas, c'est pourquoi ils faillirent tomber lorsque Gemma qui marchait en avant tout en les éclairant d'un lumos, s'arrêta brusquement.

- Il faut faire demi tour et tout de suite. Je sais où nous sommes. C'est le couloir interdit du troisième étage. Nous devons partir, tant pis si on nous voit. Si nous nous faisons prendre ici, la punition sera bien plus terrible.

A peine eut-elle dit ces mots que la fragile lumière d'une lanterne apparut au bout du couloir, accompagnée de deux yeux brillants près du sol.

- Par Salazar ! Rusard ! Suivez moi ! Chuchota-t-elle.

Elle se dirigea vers la porte la plus proche. Elle appuya sur la poignée mais cette dernière lui résista et elle dut lancer un alohomora.

Sans réfléchir, ils s'engouffrèrent à sa suite, priant pour ne pas avoir été vu.

Gemma, Théo et Hermione étaient appuyés contre la porte, tendant l'oreille, tentant de savoir si le concierge était passé, s'il s'était assez éloigné pour sortir. Ils ne voyaient rien, une nuit totale s'était abattue sur eux, de toute façon, ils ne se préoccupaient que de cette porte et de ce qui était derrière. Il en allait autrement pour leurs deux camarades.

Dans ces ténèbres profondes, six yeux luisaient et Blaise et Alexander les avaient remarqué dès leur entrée. Le premier tenait fermement le bras du second qui semblait vouloir se diriger vers le monstre qui se tenait devant eux.

- Gemma, éclaire !

La jeune fille se retourna enfin, prête à refuser, trop de risques que la lumière soit remarquée. Mais elle se figea en remarquant enfin qu'ils n'étaient pas seuls.

Son lumos fusa et ils purent observer leur compagnon de cachette.

Un grand chien à trois têtes se tenait devant eux, malgré leurs yeux ouverts, les têtes semblaient endormies. Il était énorme, pratiquement de la taille d'une locomotive du Poudlard Express. A présent qu'ils y prêtaient attention, ils entendaient sa respiration, profonde et sourde. Ils reculèrent tous, s'appuyant davantage sur la porte, sauf Alexander. Ce dernier l'observait, comme subjugué par l'apparition.

- Un chien à trois têtes. Murmura-t-il.

Ce dernier sembla s'animer face à l'agitation, il se redressa lentement et commença à grogner, prêt à attaquer.

- Nous devons sortir ! Maintenant ! Je préfère être puni que dévoré. Expliqua Théo.

Ils se préparaient à suivre cette idée sans réfléchir à ce qu'ils risquaient si Rusard les attrapait quand Alexander les calma.

- Mais non, il est enchaîné, il ne peut rien nous faire du moment que l'on ne s'approche pas plus.

Les élèves restèrent septiques face à cette déclaration. Il ne pouvait peut être pas les dévorer, mais qui savait si les chaînes étaient assez solides... Blaise retint son ami par l'épaule alors qu'il s'avançait comme s'il était assez fou pour désirer aller le caresser. Décidément, cette horrible bête l'attirait comme des chouettes trouvant du Miam Hibou au milieu d'une volière. Ils restèrent ainsi, silencieux et glacés, contrôlant leur respiration, contractant leurs muscles afin de ne pas esquisser le moindre geste. Le fils Black observait la créature, il avait abandonné tout espoir de l'approcher, conscient que ses amis s'y opposeraient alors il se contentait de la regarder, de graver dans sa mémoire chaque détail. Cela l'aiderait certainement dans de futures recherches...

Il faudrait aussi qu'il revienne, qu'il tente une approche, mais plus tard, sans ses compagnons qui étaient soudain bien peureux. Il sourit en imaginant la tête de Sophia lorsqu'il lui raconterait cette rencontre. Perdu dans son observation fascinée, il ne remarqua pas tout de suite un carré sous les pattes de l'animal, un carré de bois assez large qui ressemblait fortement à une trappe. Lorsqu'il posa les yeux dessus, sa curiosité fut piquée comme jamais. Ce chien gardait la trappe qui devait cacher un sacré trésor. Poudlard était souvent décrit comme l'un des lieux les plus protégés du monde. Quiconque y cacherait quelque chose, en le faisant en plus garder par un tel monstre, ne tenait vraiment pas à ce qu'on le lui vole. Cela laissait présager d'un objet d'une grande valeur magique...

Alexander sourit, Dumbledore était certainement derrière tout cela et il rêvait d'embêter le vieux sorcier. Il avait après tout plusieurs vengeances à prendre. Il se jura alors qu'avant la fin de l'année scolaire, il tiendrait entre ses mains le trésor gardé par cet animal à trois têtes. Il ne dit rien de ses projets, il voulait d'abord les partager avec Draco qui serait blessé s'il en allait autrement et il craignait de plus de voir ses camarades ne pas soutenir l'idée. La présence de Farley le gênait, il ne savait pas encore s'il pouvait lui faire confiance et se gardait donc de parler librement devant elle.

Finalement, ils ressortirent quelques minutes plus tard, Gemma, encore sous le choc de la découverte les guida en marmonnant mille tortures jusqu'à l'infirmerie où Draco dormait. Par chance, ils ne croisèrent plus personne, même Pomfresh semblait être absente de son antre. C'est avec soulagement qu'ils purent rejoindre leur ami et ainsi se rassurer.

Aussitôt, Alexander tira une chaise afin de s'asseoir aux côtés de son frère de cœur. Les autres restèrent debout, se sentant presque de trop. La préfète était restée à la porte et les surveillait d'un œil. Ils ne souhaitaient pas déranger les deux cousins et regrettaient presque de l'avoir accompagné. Le fils Black était désormais silencieux, totalement concentré sur son ami et plus rien ne semblait exister pour lui si ce n'est ce corps juvénile, allongé dans un lit blanc. Les trois accompagnateurs allaient partir et rejoindre Farley quand Draco bougea un peu, semblant sortir doucement du sommeil.

Il soupira, s'étira et ouvrit bientôt les yeux, une grimace lui échappa, signe que ses douleurs étaient toujours présentes. Mais la présence de ses amis semblait l'avoir tiré de l'inconscience. Il ouvrit lentement les yeux, sentant une présence rassurante à ses côtés. Il connaissait cette présence et pouvait la reconnaître les yeux fermés.

- Alex...

C'était plus un gémissement qu'autre chose, mais cela suffit à rassurer quelque peu le jeune Black. Il lui prit la main, la serrant de manière réconfortante.

- Je suis là Draco, ainsi que nos amis Blaise, Théo et Hermione. Farley nous a accompagnés, nous ne pouvons plus quitter le dortoir seuls, je te raconterai. Nous étions tous très inquiets pour toi.

Le blondinet sembla essayer de se redresser, mais une grimace prouva que ce n'était pas une bonne idée. Alexander se releva et le maintint couché, lui signifiant qu'il devait rester ainsi. Leurs compagnons finirent cependant par approcher, comprenant que leur camarade souhaitait les voir. Ils lui sourirent tous, tentant ainsi de masquer leur inquiétude car voir un ami allongé dans un lit d'infirmerie et entouré de bandages n'avait rien de rassurant.

Finalement, ils restèrent un petit quart d'heure, lui racontant les ordres que son père avait donné et la découverte des catalyseurs ainsi que la surveillance dont ils faisaient l'objet à présent. Il soupira, sachant parfaitement que rien ne pourrait contrer le côté sur-protecteur de son père.

Remarquant que le blessé baillait et fatiguait déjà, les enfants, conseillés par Gemma, décidèrent de le laisser. Ils devaient encore raccompagner Hermione à son dortoir et le réveil du lendemain risquait d'être assez difficile. Alexander ne semblait pas décidé à quitter son cousin, le couvant du regard, le veillant comme s'il risquait de s'envoler.

- Je reste avec lui et c'est non négociable. Je ne le laisserai pas, n'importe qui pourrait l'attaquer ici.

Comprenant qu'il serait inutile d'argumenter, ses camarades le laissèrent, entamant le chemin du retour.

Alexander tira légèrement sa chaise, ne lâchant pas la main de son ami.

- Et tu me reproches d'être trop protecteur Alex... murmura Draco.

Ce dernier allait répliquer, mais il remarqua le sourire apaisé de son cousin. Il semblait très heureux de le savoir à ses côtés. A vrai dire, l'infirmerie était grande et froide en cette nuit d'Octobre et Draco se sentait bien seul. La présence rassurante de son ami le réconfortait, le ramenait au palais Black, quand ils s'endormaient l'un contre l'autre lors d'une longue soirée d'hiver, Sophia entre eux. Cela le ramenait à ces instants bénis où leurs seules préoccupations étaient les jeux ou inventions du lendemain. Poudlard avait brisé cela. Depuis des semaines, malgré les rencontres et leurs nouvelles amitiés, les garçons n'avaient pas relâché leur masque, leur attention. Poudlard n'était pas un endroit sur pour eux. Ainsi, ils ne s'étaient pas lâchés d'une semelle, restant pratiquement toujours sous le regard de l'autre.

- Dors, je reste là, signifia Alexander en détournant le regard.

- Tu ne vas pas monter la garde toute la nuit...

Le jeune Black se tourna de nouveau vers son ami et à la vue de ses sourcils froncés et de son regard soudainement si sérieux, Draco sut que rien ne le ferait changer d'avis. Il soupira, il en aurait certainement fait de même. Ils avaient toujours été fusionnels, mais depuis cet événement étrange qui était survenu dans le bureau de Dumbledore, c'était encore pire. Sentant la fatigue le vaincre, le fils Malfoy serra à son tour la main de son presque frère le remerciant silencieusement de sa dévotion.

Madame Pomfresh soupira lorsqu'elle remarqua en se levant la présence d'Alexander Black aux côtés de Draco Malfoy. Le blessé dormait profondément, mais l'autre enfant était enfoncé dans une de ces chaises inconfortables qui meublaient l'infirmerie et fixait la porte, comme s'il attendait un intrus, certainement un ennemi à en croire son expression, à tout instant. Elle aurait pu s'insurger contre les règlements à coup sûr bafoués, rappeler l'interdiction de rester dans l'infirmerie quand on n'était pas blessé, mais elle n'en fit rien. Non, elle n'en fit rien car la situation l'a mis plus mal à l'aise qu'autre chose : cet enfant se comportait comme en terrain ennemi, semblait certain qu'une attaque pouvait avoir lieu ici et ce n'était certainement pas en lui hurlant dessus que cela changerait. Depuis quand les étudiants ressentaient-ils ce genre de chose ? Les murs de l'école ne suffisait visiblement plus à éloigner l'atmosphère sombre de la guerre.

Elle s'approcha du duo, sentant le regard la suivre, méfiant, quand il comprit qu'elle désirait examiner son patient, Alexander se pencha vers lui et le réveilla. Draco émergea doucement, la présence de son ami lui avait permis de dormir plus sereinement, même si quelques douleurs l'avaient réveillé au court de la nuit.

- Monsieur Black, les cours vont commencer, vous devriez vous préparer.

Les deux serpentards échangèrent un regard.

- Vas-y Alexander, je ne risque rien.

Ce dernier abandonna donc là son camarade afin de repasser au dortoir prendre ses affaires avant d'aller en cours de potions. Vu l'horaire avancé : les cours venaient de commencer, il eut la chance de ne croiser personne jusqu'au cachot qui servait de salle de classe à Snape. Les escaliers lui obéirent pour une fois et ils put arriver dans le cours avec seulement cinq minutes de retard. Il était épuisé d'avoir veillé toute la nuit et savait qu'il aurait du mal à terminer cette journée sans dormir, mais pour l'instant, il avait encore assez de forces pour avancer.

Il entra après avoir frappé et attendu l'invitation du professeur.

Les élèves étaient déjà tous installés, leurs affaires sorties et les ingrédients étalés devant leurs tables.

- Monsieur Black, nous nous faisons une joie de vous voir vous joindre à nous. Pouvez-vous m'expliquer ce retard ?

Comme d'habitude en pareilles circonstances, la voix du professeur était pleine de sarcasmes malgré un calme olympien. Alexander se contenta d'un regard las et fatigué.

- J'étais avec Draco à l'infirmerie et je n'ai pas vu l'heure professeur.

Ce dernier lui fit signe de s'asseoir, il avait tout de suite remarqué les profondes cernes sur le visage de son élève et deviné l'état d'épuisement et d'inquiétude de ce dernier. Comme tout le monde à Poudlard, il avait entendu parler de la blessure du serpentard causée par une chamaillerie en plein cours de vol, mais le plus grave restait la découverte qui avait suivi. Draco Malfoy possédait un catalyseur et d'après Lucius Malfoy il n'était pas le seul. Dumbledore avait espéré pouvoir utiliser cette information contre leurs familles, entraînant ainsi la chute de quatre familles de sang-purs, les Black, Malfoy, Zabini et Nott auraient été poursuivi et condamné pour maltraitance. Malheureusement, Hermione Granger en supportait un aussi ce qui prouvait bien qu'il s'agissait là d'une idée des enfants et non de leurs parents. Le directeur avait été obligé de menacer tout élève utilisant dorénavant un catalyseur de renvoi par crainte de voir d'autres étudiants suivre l'exemple des premiers. La révélation des raisons de la faiblesse magique de ces cinq là avait fait frémir la Grande Salle et l'ensemble des professeurs... Cela expliquait beaucoup de choses, mais surtout, cela n'augurait rien de bon : quels élèves pourraient avoir de telles idées ?

Severus Rogue réfléchissait donc à la situation quand une voix insolente se fit entendre :

- Vous voyez il avantage bien les serpentards, je vais en parler à Dumbledore, c'est injuste et pas du tout professionnel, brailla Henry Potter.

Severus sentit aussitôt l'ambiance se tendre. Alexander s'était tourné vers son ancien frère adoptif et semblait réfléchir à mille tortures. Ses amis se tenaient prêts, comme si un combat risquait réellement de s'engager dans le cachot, ils se montraient fidèles et loyaux. Et étonnamment, il n'était pas les seuls. Les élèves de première année s'étaient tous tournés vers le griffondor, comme un seul sorcier, ils étaient à deux doigts de faire ravaler cet affront au jeune Potter. Severus fronça les sourcils. Jamais, depuis qu'il était directeur de cette maison, il n'avait pu observer une telle solidarité. Dans ses jeunes années, c'était le cas, mais la guerre contre Voldemort avait scindé cette maison en trois clans qui ne se mélangeaient plus : les fidèles aux idéaux de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, les neutres et ceux qui refusaient de prêter allégeance au mage noir, ne partageant pas ses idéaux de valeur du sang. Et aujourd'hui, sans que personne ne l'ait vu venir, les premières années semblaient s'être soudées autour d'un jeune sorcier brun, plutôt petit pour son âge mais d'un pouvoir indiscutable.

Ce gamin avait définitivement quelque chose de spécial... Il attirait à lui les sorciers et semblait déjà bien entouré. Il se souvint du serment dont il avait été témoin dans le bureau de Dumbledore. Un serment du prince, il s'était renseigné depuis et avait découvert que les derniers à avoir eu assez de pouvoir pour déclencher de telles promesses s'étaient éteins au début du siècle, lorsque les grandes familles gouvernant moldus et sorciers avaient été renversé. Seules quelques monarchies avaient résisté, celles qui avaient depuis longtemps coupé les liens avec le monde magique, comme en Grande-Bretagne. Certains murmuraient que ce n'étaient peut être pas un hasard, mais nul ne se lançait dans une étude qui pourrait révéler des informations dangereuses. Certaines choses devaient demeurer cachées.

Il se reprit rapidement et désamorça la situation en enlevant dix points à Griffondor pour récompenser Potter de son insolence et le cours put commencer.

Exceptionnellement, Black s'assit aux côtés de Granger, qui fit la majorité du travail, il dormait debout et Snape eut pitié, ce qui ne lui ressemblait vraiment pas. Il allait sérieusement devoir se reprendre...

Les heures passèrent, les cours s'enchaînèrent Potions, sortilèges puis enfin botanique. Ce fut dans ce cours que Alexander craqua et s'endormit finalement, appuyé sur l'épaule de Blaise qui frémit. C'était une sacrée preuve de confiance et il se sentit honoré. Il devinait que son camarade n'était pas du genre à choisir la première épaule venue pour s'appuyer. Théo se contenta de lever les eux au ciel quand il lui fit par de ses déductions, se moquant gentiment de sa joie.

Finalement, le professeur ne sembla pas remarquer le sommeil de son élève ou ne s'en formula pas. Chourave avait bien entendu vu toute la scène, mais l'infirmière lui avait parlé de ce qu'elle avait vu le matin même, à savoir un jeune garçon de onze ans qui gardait son camarade par crainte d'une attaque et qui avait certainement veillé toute la nuit. Comme beaucoup de professeurs, cette révélation lui avait serré le cœur. Elle regrettait elle-aussi le temps où Poudlard était un refuge pour tous les petits sorciers.

Les heures s'égrainèrent et enfin, Alexander put rejoindre son cousin qui se sentait un peu mieux. Il s'endormit à ses côtés, alors que Draco montait la garde, luttant contre le sommeil et surveillant la porte. Il se réveilla dans la nuit et ils échangèrent leurs rôles. Ils ne sentaient pas du tout en sécurité en dehors du dortoir et dormirent donc chacun leur tour.

Ce petit manège continua durant toute la durée du séjour à l'infirmerie de Draco, à savoir pratiquement une semaine. Très vite, Higgs avait compris que l'interdiction de sortir du dortoir n'était pas la solution pour mater ces serpentards. Il organisa donc un système de filature complexe, les cinq amis ne pouvaient plus faire un pas en dehors du regard protecteur de leurs aînés qui prenaient leur mission très à cœur. Ce qui n'était qu'un moyen de rentrer dans les bonnes grâces de Lucius Malfoy devint bientôt une fin en soi. Lorsqu'ils virent ce que risquaient leurs cadets, leurs aînés laissèrent parler leurs instincts protecteurs. Higgs lui-même comprit ce que risquaient vraiment les cinq premières années quand un groupe de Griffondor de septième année s'en prit à eux, violemment, au détour d'un couloir.

Draco venait tout juste de sortir de l'infirmerie et ils riaient, heureux de s'être retrouvés. Higgs les suivait d'un pas rapide, maugréant, il avait bien mieux à faire mais devait remplir sa mission. Afin de ne pas perdre totalement son temps, il lisait son manuel de potions septième année en même temps. Les ASPIC approchaient et il souhaitait ardemment réussir à obtenir un optimal dans cette discipline. Il remarqua d'un œil distrait qu'ils arpentaient un couloir peu fréquenté et se demanda ce qu'ils pouvaient bien y faire sans toutefois y prêter plus attention.

- Je te dis que la salle d'arithmancie n'est pas par là Blaise ! Râlait Hermione. Et de toute façon, je ne vois pas pourquoi vous désirez parler à au professeur Vector. Nous ne pourrons prendre cette matière qu'en troisième année.

- Mais cela m'intéresse, je veux juste savoir en quoi une technique de divination peut influencer les sorts. Savais-tu que les plus grands briseurs de sortilèges sont tous de brillants arithmanciens ? Argumentait Draco.

- Je suis sûr que c'est par ici, ou en tout cas dans un couloir comme celui-ci, se justifia Blaise.

- Tu veux dire un couloir avec des armures et des peintures ? Railla Théo.

Alexander restait silencieux, il avait un mauvais pressentiment qui se justifia quand une voix moqueuse les interpella.

- Regardez, ne serait-ce pas les petits cracmols ?

Trois adolescents se dressèrent face à eux, des griffondors, de septième année dont ils ne connaissaient pas les noms. Le premier était un grand roux à l'air rêveur, le second était plus petit, aux cheveux bruns et loin d'être un modèle de beauté et le troisième, celui qui les avait appelé était un brun aux airs séducteurs. Aussitôt, Alexander se tendit et par réflexe s'empara de sa baguette.

- C'est qu'il a de bons réflexes celui là, s'exclama l'un d'entre eux, le brun au visage disgracieux. Dommage pour lui qu'il ne puisse pas faire de magie.

Ils s'arrêtèrent et Higgs leva les yeux du livre qu'il lisait tout en marchant. Ces idiots n'avaient pas remarqué sa présence.

- Et puis il a la petite griffondor, tu devrais cesser de traîner avec eux, sinon il risque de t'arriver des bricoles au dortoir... ajouta le séducteur.

Blaise frémit et d'un geste protecteur se plaça devant elle, n'appréciant pas la menace voilée.

- Vous savez, en ces temps de guerre, il n'était vraiment pas malin de vous couper de votre magie. Qui sait ce qu'il pourrait vous arriver ? Expliqua le troisième.

Les enfants savaient qu'ils risquaient de passer un sale quart d'heure et anticipaient déjà la bataille.

- Fais gaffe, Black est sous sortilège du gardien, je n'ai pas envie de voir débarquer la folle furieuse qui a torturé Potter.

Le plus grand des trois avança alors.

- Ce n'est pas bien grave, nous allons nous contenter de donner une leçon à ses camarades, cela suffira. Ils n'auront qu'à s'en prendre à eux même, il vaut mieux s'éloigner de certaines personnes, elles n'apportent que des ennuis.

Alexander se sentait impuissant et bouillonnait de rage. Il allait les tuer, tous, si jamais ils touchaient un seul cheveux de ses amis. Ces derniers ne reculaient pas, sachant très bien que fuir ne les épargneraient pas. Ils se rassuraient en imaginant la punition que ces trois recevraient ensuite, quand Alexander raconterait ce qui leur était arrivé.

Le plus proche leva sa baguette et lança un sort :

- Expelliarmus !

Le sortilège de désarmement aurait pu les toucher et les blesser en les repoussant fortement sans l'intervention salutaire de leur aîné.

- Protego !

Une bulle de protection entoura aussitôt les cinq enfants qui soupirèrent de soulagement. Alexander observa avec gratitude une ombre s'approcher, une ombre que tout Poudlard commençait à craindre.

Higgs n'avait pas une carrure impressionnante, contrairement à Marcus Flint, qui n'était pourtant qu'en cinquième année mais qui inspirait déjà crainte et respect grâce à la largeur de ses épaules. Il n'était pas non plus effrayant à la manière d'un James Matthew qui s'amusait à faire peur aux plus jeunes avec un plaisir sadique, ce qui expliquait sa réaction le premier soir, lorsque Alexander avait clairement établi qu'il ne craindrait personne. Cependant, personne ne s'amusait à le provoquer ou à lui chercher des ennuis. Sa silhouette fine et gracieuse, dissimulait une grande puissance. Il était le chef de la maison Serpentard, l'un des deux prefets en chef de Poudlard et il se murmurait que Voldemort lui-même cherchait à le recruter. Et il avait réussi tout cela malgré un handicape important : son statut de sang-mêlé, qui le plaçait à l'origine aux marges de cette maison si conservatrice. Le jeune homme d'une taille moyenne n'en imposait que par sa stature et son charisme et même trois imbéciles de Griffondor pouvaient comprendre qu'ils risquaient gros.

- On ne peut pas vous laisser seuls deux minutes sans qu'il ne vous arrive quelque chose tous les cinq, indiqua-t-il d'un ton presque paternel aux plus jeunes. Je comprends à présent pourquoi Lord Malfoy nous a demandé de veiller sur vous.

L'air de rien, il avait avancé, maintenant le sortilège du bouclier. Il se plaça aux côtés de Alexander, devant les autres.

- Trois septième année contre cinq premières années, je ne vous félicite pas. Trente points de moins pour Griffondor et je vais faire un rapport directement au professeur Snape. Il est ce qu'il est mais il n'apprécie pas que l'on s'en prenne à ses élèves.

Sa voix était douce mais ferme et transpirait l'autorité. Le jeune Black se fit la réflexion qu'il l'avait peut être rangé un peu trop vite dans la catégorie « imbéciles rêvant d'être au service d'un mage noir plus puissant ».

- Higgs, tu es seul contre trois, même un petit mage noir comme toi ne peut rien, affirma le plus proche d'un air arrogant.

- Cela fait des années que je rêve de prendre ma vengeance sur lui ! Ajouta un autre.

Higgs se pencha alors vers eux.

- Courrez dès que le combat commence. Je ne pourrai pas me battre et vous protéger. Cherchez un adulte ou un serpentard et dites leur que Levis McLaggen, James Volen et Bill Brown nous ont attaqué.

Les cinq enfants hochèrent la tête. Alexander sentit son cœur se serrer. Cela ressemblait presque à un sacrifice.

- Tu n'es pas obligé...

Mais le préfet en chef balaya son objection d'un geste de la main.

- Vous restez des serpentards, même si nous avons eu des désaccords. Je ne fais pas cela parce que Lord Malfoy me l'a demandé, c'est juste une bonne occasion de tabasser du Griffondor, ajouta-t-il, un sourire de combattant aux lèvres.

Les trois autres levèrent leurs baguettes.

- Courrez !

Et sans discuter les cinq enfants suivirent l'ordre, ils coururent comme si leur vie en dépendait, conscients que plus ils trouveraient de l'aide rapidement et moins Higgs risquait d'être blessé. Ils déboulèrent comme un troupeau d'hippogriffes dans le couloir principal, bousculant un professeur Snape stupéfait.

- Vite, nous sommes envoyés par Higgs ! Il nous a défendu quand des griffondors nous ont attaqué tous les cinq ! Expliqua Draco, faisant fi de l'expression choquée de leur professeur.

Ce dernier les observa quelques instants avant de se contenter de répondre :

- Tous les cinq ?

C'est à cet instant qu'ils remarquèrent que Alexander n'avait pas suivi.

Plus loin, le combat se faisait acharné. Malgré ses dons et sa puissance, Higgs peinait. Il maintenait le sortilège du bouclier ce qui l'empêchait de riposter. Ce sort avait cependant le défaut de consommer beaucoup de magie, surtout pour un sorcier aux affinités plus ténébreuses. Cela restait un sort de magie blanche après tout. Il savait qu'il ne tiendrait pas très longtemps face aux sortilège de désarmement que les trois autres lui lançaient. A chaque sortilège il sentait le bouclier frémir. Il remarqua alors la mine étonnée des trois adolescents et espéra que de l'aide arrivait, une petite silhouette réapparut à ses côtés et il maudit cet enfant de ne pas lui avoir obéi.

Alexander avait failli suivre ses amis, puis une petite voix le lui avait interdit. Il écoutait toujours ses intuitions, sa mère avait l'habitude de dire qu'elles venaient de sa magie. Alors, il avait fait demi tour et observé le début du duel. Aucun doute, Higgs les surclassait facilement, mais il avait du mal à gérer son énergie et restait surtout beaucoup trop sur la défensive. Il devait l'aider, même si ses faibles réserves magiques le lui interdisaient, après tout, il n'était pas du genre à laisser les autres prendre les coups à sa place.

- Black ! Dégage. Je ne vais pas tenir très longtemps !

Tout cela n'aurait servi à rien si l'enfant en sortait blessé. Ce dernier lui accorda alors un regard. Il se plongea dans le regard azur et comprit qu'il devait accepter son aide et que discuter serait inutile. Sans un mot, Alexander tendit sa baguette, il savait que réussir ce sort risquait de faire appel à toutes la puissance que son catalyseur lui autorisait, même plus. Il ferma les yeux, priant pour que sa magie trouve le chemin vers sa baguette.

- Expelliarmus !

Rien ne se passa et le sourire moqueur des adolescents lui brisa le cœur. Personne n'avait le droit de se moquer. Il allait effacer ces sourires de leurs visages.

- Expelliarmus !

Il agitait pourtant sa baguette convenablement. Higgs lui saisit le bras, comprenant le problème.

- Fuis, tu ne peux pas te battre, ton catalyseur te bloque.

Alors Alexander fulmina. Ce ridicule petit objet n'avait pas le pouvoir de lui interdire totalement sa magie. Il le savait. Il creusa, chercha une faille et quelques instants plus tard un sourire malsain prit place sur son visage. Il connaissait la solution.

Le professeur Snape courrait, accompagnés de quatre enfants à travers les couloirs. Il suivait les hurlements, craignant d'avance ce qu'il allait trouver au bout de sa course. Face à la scène devant lui, il s'arrêta, complètement interdit.

Alexander Black se tenait seul face à trois adolescents qui faisaient le double de sa taille. A ses côtés, Higgs maintenait un sortilège du bouclier totalement inutile, comme s'il en avait oublié de le lever, trop stupéfait par ce dont il avait été témoin. Au sol, trois griffondors hurlaient, alors qu'ils ne semblaient ne présenter aucune blessure.

- Alex ! Cria Draco se précipitant vers lui.

Ce dernier ne bougea pas, comme victime d'un stupefix. Higgs tourna la tête vers lui avant de s'approcher rapidement, recevant un Alexander inconscient dans les bras.

Le professeur accourut, accompagné de ses élèves, le préfet en chef le tenait délicatement. Il se redressa doucement tout en le portant.

- Il a du vider ses réserves de magie. Il a fait appel à une puissance folle. Il ne devrait pas en être capable avec un catalyseur.

Snape observa les trois griffondors qui convulsaient encore de douleur au sol.

- Quel sortilège ?

Higgs grimaça.

- Aucun, plutôt comme une vague de magie qui nous a entouré. Je ne pense pas qu'il sache lui-même. Il a eu l'air d'agir d'instinct.

Snape s'approcha des trois victimes. Il préférait ne rien tenter sans l'avis de Pomfresh, une mauvaise décision pourrait trop facilement aggraver leurs blessures.

- Conduisez Monsieur Black à l'infirmerie, il doit être examiné pour vérifier que sa magie se régénère seule. Prévenez Pomfresh que j'ai besoin d'aide ici.

Le plus âgé des élèves hocha la tête et partit en direction de l'infirmerie, son camarade toujours évanoui dans ses bras. Draco, Blaise, Théo et Hermione suivaient, n'osant pas parler, craignant de subir la colère du serpentard. En effet, les traits de ce dernier étaient tirés et un rictus témoignant de son énervement avait pris place sur son visage.

Il suivit les ordres de son directeur et bientôt il put déposer Alexander sur le lit blanc. L'infirmière était partie secourir les agresseurs, se contentant d'un coup d'oeil sur le plus jeune. Une fois encore, les ennuis les avaient trouvés. Il craignait déjà les conséquences de cette altercation.

- Je lui ai demandé de partir. Pourquoi n'a-t-il pas obéi ? Demanda pensivement Higgs.

Il se tenait debout à côté du lit. Alexander était pâle et fiévreux. Il était en carence magique ayant fait appel à une bien trop grande puissance. Cela arrivait souvent aux jeunes sorciers, lorsqu'ils faisaient de la magie instinctive par exemple. Une dépense inhabituelle affaiblissait le sorcier, le faisant même tomber dans l'inconscience parfois. Fièvre, cauchemar et fatigue extrême étaient les symptômes suivants.

- Alexander n'est pas du genre à accepter que l'on se batte pour lui. Il ne peut pas laisser d'autres se sacrifier, expliqua Draco qui épongeait le front blanc de son ami avec un tissu propre.

Higgs s'approcha.

- Je ne m'attendais pas à ce qu'il m'aide, sans lui, je serai certainement dans ce lit à sa place. Lorsqu'il se réveillera, dites-lui que je désire lui parler.

Draco sentit que quelque chose se tramait. Higgs était bien trop sérieux. Qu'avait-il pu voir à travers la magie de Alexander ? Mais d'un autre côté, avoir un véritable allié pourrait être intéressant...

Bientôt, l'infirmerie fut bondée, professeurs, parents des blessés et camarades cherchaient vainement à soigner les trois griffondors. Les serpentards se sentaient de trop mais n'aurait laissé leur ami pour rien au monde, ils craignaient bien trop les vengeances. Higgs avait fini par prendre place aux côtés des enfants et voir un adolescent proche de l'âge adulte veiller un petit étonna bien des spectateurs. Finalement, Dumbledore s'approcha, alors qu'il avait lui-même échoué à lever le sortilège qui malmenait toujours les adolescents.

- Nous devons le réveiller. Il faut qu'il nous dise ce qu'il leur a fait.

- Le dossier de Monsieur Black stipule bien qu'aucune démarche médicale non vitale ne peut être entreprise sans l'accord de ses parents. Affirma Pomfresh, pas du genre à passer au dessus des demandes des patients.

Le vieux sorcier leva les yeux au ciel et soupira.

- Alors contactez les.

Il essaya ensuite tant bien que mal de renvoyer les serpentards dans leur dortoir, mais ce fut un échec. Ils s'insurgèrent contre les différences de traitement puisque bien des griffondors veillaient leurs amis et argumentèrent que l'heure des visites n'était pas passée et finirent donc par obtenir gain de cause.

C'est ainsi que Sirius Black trouva son fils, alité, entouré de ses amis, silencieux et attentifs. Il remarqua bien vite la présence de cet élève plus âgé qui semblait étrangement veiller sur la bande. Décidément, son fils avait le don pour attirer autour de lui bien des sorciers. A peine fut il entré dans l'infirmerie que celle qui l'avait tant de fois soigné lorsqu'il était adolescent l'interpella.

- Monsieur Black, nous désirons réveiller votre fils afin qu'il nous indique quel sortilège il a bien pu lancer sur ses agresseurs, expliqua Pomfresh. Nous avons cependant besoin de votre autorisation.

Cela fit remarquer son arrivée à tous ceux qui se concentraient auparavant seulement sur les blessés.

- Ses agresseurs ? Avez-vous vu dans quel état se trouvent ces élèves ? S'insurgea McGonagall.

De nombreuses voix s'élevèrent alors afin de soutenir les paroles de la vieille sorcière. Dumbledore observait la scène de son regard calculateur, attendant la suite.

- Il ne fait aucun doute qu'ils ont commencé. Lorsque ces quatre là m'ont trouvé, ils étaient paniqués et apeurés. Monsieur Higgs et monsieur Black n'ont fait que se défendre, usant peut-être d'une force disproportionnée, mais ils sont dans leurs droits, ajouta le professeur Snape.

Sirius dévisagea les enseignants. Il avait l'impression que des clans étaient en train de se former, certains soutenaient déjà son fils face aux injustices que Dumbledore tentait de lui faire subir. Cela ne l'étonnait pas de la part de Pomfresh, elle le connaissait très bien lorsqu'il était étudiant après tout. Par contre, il était agréablement surpris par Snape qui ne semblait pas faire payer à Alexander leurs querelles d'enfants. Ils devraient un jour avoir une discussion, afin de remettre les choses à plat, de débattre de leurs points de vue différents. Un allié à Poudlard pourrait se révéler très utile. Et si il pouvait briser le front uni de l'équipe enseignante de Poudlard, c'était une occasion à saisir au plus vite.

- Je vais attendre d'entendre la version de mon fils avant de me faire une idée de la situation. Quant aux trois griffondors, laissez-moi les voir.

Il n'attendit pas l'autorisation pour s'avancer vers eux, il n'attendait plus l'autorisation de personne pour faire ce qu'il désirait depuis des années.

Il observa les visages fiévreux, les rictus de souffrance et les spasmes de douleur des adolescents. Son fils avait du faire appel à de la magie très sombre pour aboutir à un tel résultat. Il grimaça, ce n'était pas beau à voir. D'un geste de la main, il tenta de capter les résidus de magie de son aîné. Il savait reconnaître cette dernière, ainsi que celle de Sophia et de Katrina. De longues heures d'entraînement avaient été nécessaire, mais en tant que Lord, savoir capter ces ondes pouvait s'avérer très utile. Il fronça les sourcils. Il avait un problème, aucune trace de magie. Rien, pas le moindre petit résidu.

Severus Snape se tenait en retrait, ainsi qu'une McGonagall aux yeux brillants de colère, accompagné de Pomfresh et d'un Dumbledore bien silencieux depuis l'arrivée de Black. Il observa avec étonnement la calme de ce sorcier si incapable de tenir en place lorsqu'ils étaient enfants. Ce dernier se tenait à côté du lit et faisait quelques gestes de la main, semblant chercher quelque chose.

Soudain, il se retourna, le visage blanc et les yeux écarquillés. Sans un mot, il se dirigea vers le lit de son fils et fit signe aux élèves de s'éloigner. Délicatement, il prit le petit garçon à l'air si fragile alors qu'il était endormi et fiévreux contre lui et enleva le haut de pyjama dont on l'avait habillé. Le torse blanc, presque maladif fit tiquer Snape. Sirius assit l'enfant en le retenant de son bras et fit signe à Draco d'approcher. Il étudia alors son dos, aidé de son neveu qui soutenait son cousin. Finalement, il se stoppa, comme statufié. Il resta ainsi quelques instants, blême, comme effrayé par ce qu'il venait de trouver.

Sans un mot, il rallongea son fils et se redressa, l'air à présent plus pensif, calculateur, même si une lueur de panique ornait encore son regard.

- Seul Alexander pourra faire cesser leur état.

- Par Merlin, Black, dites nous ce qu'il a fait, peu importe le sort utilisé, nous ne le poursuivrons pas ! Se révolta McGonagall.

Un sourire malsain apparut alors sur les lèvres du Lord, un sourire que Higgs reconnut aussitôt pour l'avoir observé chez le fils quelques minutes plus tôt.

- Jeune homme, si je ne me trompe pas, Alexander n'a pas lancé de sort n'est-ce-pas ?

L'adolescent hocha la tête, ne comprenant pas où il voulait en venir.

- C'était une vague de magie non ? Une vague t'a englouti toi aussi.

Higgs fronça les sourcils, il n'avait pas pu voir grand chose, entouré de ces ténèbres si hypnotisantes.

Sirius éclata alors de rire.

- Vous croyez vraiment qu'un enfant de onze ans sous catalyseur peut lancer un informulé si puissant que même le grand Albus Dumbledore ne puisse le briser ?

Severus blêmit à son tour, il avait compris. Il jeta un coup d'œil sur l'enfant endormi, cela changeait tout. Un tel don allait renverser l'ordre des pouvoirs parmi les élèves de Pouldard, dans un premier temps.

- Où voulez-vous en venir Black ? Ce n'est pas le moment de jouer, pensez à ces trois enfants, expliqua Dumbledore qui sentait la situation lui échapper.

Théâtralement, le Lord Black prononça alors ces mots qui firent frémir les trois adultes qui n'avaient pas encore compris.

- Alexander n'a jeté aucun sort à ses agresseurs. Non, aucun. Il s'est contenté de lancer une malédiction ancestrale. Cela doit tourner autour de ce jeune homme. Alexander a du craindre pour sa vie et laissant parler ses instincts protecteurs, il l'a jeté, certainement sans savoir ce qu'il faisait. Je devine que cela doit être quelque chose comme « Toute personne qui attaquera cet adolescent sera maudit... » Il faudra lui demander lorsqu'il se réveillera. Les mots sont importants. En tout cas, même lui ne pourra pas la lever. Il va falloir remplir les trois conditions sacrées afin de les libérer.

Sous le choc, les témoins de la scène observèrent l'enfant endormi, qui avait utilisé une forme de magie considérée comme perdue et disparue à jamais. L'une de ces trois magies primordiales que les sorciers pratiquaient lors des premiers âges mais dont le savoir s'était peu à peu évanoui. Décidément, Alexander Black était des plus surprenants.

A suivre

Voilà enfin la fin de ce chapitre qui m'a tant donné de mal.

J'espère qu'il vous aura plu, n'hésitez pas à me faire connaître votre avis grâce aux reviews.

Joyeux Noël !