Mardi 6 novembre 2007
Chère Emilie,
Je prends ma plume, comme par habitude maintenant. T'écrire est devenu indispensable, un geste mécanique. Sitôt rentrée je ressens le besoin de t'écrire. J'attends même rarement, d'être rentré pour te narrer mes états d'âme du moment. Dans mon lit à cinq heures, lorsque l'insomnie me rattrape, au bureau le matin, lorsque Riza est au club de tir, à la cantine alors que Ed tente désespérément de lire par-dessus mon épaule ou encore à la bibliothèque quand j'ai tellement tenté (en vain) de transmuté un objet que mes mains me brûlent. Mais même si j'écris toute la journée, m'asseoir à ce petit secrétaire noir est devenu comme un rituel. Comme un lien invisible qui existerait entre toi et moi. C'est idiot mais je me dis que tu attends mes lettres. En faite, c'est un moyen de me raccrocher à la réalité, à notre réalité ! Je pense que le jour où j'arrêterais de t'écrire marquera la fin de tout espoir. Tant que je te confie ces mots, je garde une chance d'un jour te les transmettre. Tu es ma petite bouée de sauvetage qui me rappel que quelque part on m'attend.
Ton ami un peu déboussolée par un jour pluvieux.
PS je relis ma lettre, qui n'en est pas réellement une… Je m'excuse de t'infliger ça, la prochaine fois, je tenterais réellement de t'écrire un truc intéressant. Si le temps le permet.
Mercredi 7 novembre 07
Chère Emilie.
Grande nouvelle pour la petite Royaiste que tu es : il y a enfin eu du nouveau dans ma mission Roy-et-Riza-ne-savent-décidément-pas-avouer-leurs-sentiments !
En quelques heures, notre « affaire » a eu une avancée phénoménale ! Je n'en reviens toujours pas. Je reste impressionnée par mon propre géni. Et les chevilles ? Ça va merci, mais que veux tu… Lorsque tu sauras le fin mot de l'affaire, tu pourras me pardonner cette faute de modestie.
Comme tu le sais, par mes lettres et par notre manga favori, jamais, ô grand jamais Riza n'accepterai de laisser libre cours à ses sentiments, au travail de surcroît ! Quant à notre coureur de jupon entêté, il serait préférable qu'il se décide à avouer les siens au lieu de se consoler avec la première paire de jambes qui passera sous ses fenêtres. Paire de jambe dont le nombre de chaussure a le privilège sur celui de neurones.
Quoi qu'il en soit, j'ai fini par comprendre, qu'aucun de nos deux tourtereaux ne se déclarerai au bureau. Car après tout quoi de pire qu'Armstrong qui débarque à l'instant exact où il y a la moindre possibilité que l'on puisse envisager peut être quelque chose entre eux. Les pauvres sont déjà peu téméraire quand il s'agit d'histoire de cœur, si en plus on les coupe dans leurs élans , des touristes extraterrestres rouges à pois bleus auront envahi la terre, qu'ils ne se seront pas embrassé !
J'en suis donc venu à la conclusion suivante : il faut qu'ils se voient HORS du travail.
Problème suivant : Comment faire ?
C'est là que j'ai trouvé LA solution.
En faite j'avais pratiquement abandonné. Alphonse étions dans la bibliothèque à réviser mon alchimie, enfin il faisait des recherches sur la pierre philosophale, (bien qu'il ne me l'ai pas dit) mais cela ne l'empêchait pas de consacrer du temps à mes questions. A la fin, il finit par totalement arrêter ses recherches pour m'aider. Alors que je commençais à en avoir marre, Alphonse me proposa une pause. Il m'apprit de charmant tours qui relevaient plus de la passe-passe que de l'alchimie, il n'empêche que nous rîmes une bonne demi heure d'affilée. Il me proposa alors une partie de carte. Il gagna incontestablement et par 3 fois. Je restais abasourdi, une telle chance était impossible. A moins que… Je le regardais avec suspicion. Alphonse ne put alors retenir son fou rire qui le menaçait depuis le début de la partie.
De l'alchimie ! Il m'avait bien eu, il n'empêche que je ne comprenais toujours pas comment il s'y était pris. J'observais avec attention les cartes, pour découvrir dans un coin un cercle d'alchimie. Non, en faite, c'était un cercle, tout ce qu'il y a de plus simple. J'abandonnais et je demandais à Alphonse de m'enseigner l'astuce.
- L'alchimie attire l'alchimie me dit il simplement.
Ça avait beau être une évidence pour lui, je ne comprenais définitivement pas ! Devant ma mine plus que sceptique, il décida de s'expliquer …
- Un cercle vide recherche en permanence à se remplir, il se rapproche alors de toute forte d'alchimie la plus proche. Or mon armure fonctionne grâce à l'alchimie.
- Oui mais comment … Je n'achevais pas ma phrase, et me précipitait sur le jeu. Toutes les figures étaient marquées d'un cercle. Peu rancunière j'explosais de rire. Puis je m'arrêtais et le fixais avec un regard malicieux : avec Alphonse, j'avais réellement trouvé le complice idéal ! Je lui exposais mon plan, qu'il approuva (du moins la partie que je lui dis).
Je me précipitais alors à la salle de tir. Sans surprise j'y trouvais alors Riza. Elle s'entraînait avec la férocité coutumière. Celle qui suit souvent l'apparition d'une blonde décolorée à forte poitrine (dont le cerveau a mystérieusement disparu) dans le lit du colonel. Je m'approchais doucement d'elle en attendant qu'elle ait finit. Je lui demandais le plus innocemment possible si je pouvais essayer à mon tour. Elle me présenta une carabine et je ratais inexplicablement tous mes tirs. Dans mon dos Riza riait doucement. Je l'accusais le plus injustement du monde que son rire était la cause de ma non performance.
- Quelle mauvaise foi !
- C'est faux ! Je pourrais bien être tireuse d'élite que tu ne t'en rendrais pas compte !
- Ne te moque pas de moi. Tu ne tiens même pas ton arme comme il faut !
- Oui mais avec toi qui ris tout le temps comment veux tu que je me concentre ?
- Bon t'as gagné je m'excuses…
- J'ai une idée, on va compliquer l'enjeu : si je mets les trois suivant dans la cible, tu as un gage, sinon, c'est toi qui m'en donne un !
- Sur les dix, tu n'en as pas mis un… Ta stupidité n'a d'égal que ton orgueil.
- Tu acceptes ?
- Oui !
Je me retournais vers ma cible satisfaite. Je fixais ma cible, j'inspirais profondément et je tirais les trois plombs suivants sous le regard médusé de Riza. Les trois arrivèrent au cœur de la cible.
Je savais qu'accompagner mon frère à ses compétitions de tir au pistolet me servirait un jour ! En faite, non. J'avais flashé sur le fils de l'entraîneur, et j'avais pris quelques cours. Il s'était finalement révélé que le fils était un imbécile notoire, mais que j'avais un don dans cette discipline. A mon arrivée au lycée, j'avais du arrêté cette activité, mais je constatais avec fierté que je n'avais pas trop perdu la main.
Enfin, du calme Emilie, tu m'imagines déjà en tireuse d'élite, ou même tueuse à gage, je le sais. Mais mes compétences se résument à des cibles immobiles avec une carabine à air comprimé. Elles ne me servent qu'à dévaliser les forains du stand de tir, pas à faire la guerre ou quoi que ce soit !
Riza protesta que j'avais triché et je me défendis que je l'avais prévenu. Finalement bonne joueuse (ou peut être parce que je la menaçais de me rouler par terre, et qu'elle savais, comme toi, que tu en étais capable…), elle accepta finalement la légitimité du pari. Elle me devait un gage. D'un rapide coup d'œil su ma montre, je vérifiais l'heure. Je lui proposais alors de rentrer au bureau.
Et là nous « surprîmes » enfin du moins elle, car cela faisait parti de mon plan démoniaque. (Je sais que c'est dur avec une lettre, mais imagine mon rire diabolique. Hum… Avant de refermer cette parenthèse, essayons de nous rappeler ou je m'en étais arrêté)
Nous surprîmes une dizaine de militaire, assis en tailleur en plein milieu du bureau. Alphonse, après mon départ, s'était mis en tête de jouer au « jeu de la casquette », il avait réuni, je dois l'avouer pas mal de monde, pour ce jeu plutôt stupide, mais assez drôle, qui consiste à écrire un gage sur une feuille et le déposer dans une casquette ( nan sans blague ? tu imagine si le jeu avait été inventé en hiver et s'était nommé le jeu de l'écharpe, c'eut été moins pratique…) Chacun doit ensuite piocher un gage dans le fameux couvre chef. Lorsque nous interrompîmes le jeu, les participant n'en étaient qu'à la phase d'écriture. Quand les militaires reconnurent Riza, un frisson parcouru l'assemblée. Le colonel, qui avait été le premier à quitter son poste, dégluti difficilement. Riza avait déjà sorti ses révolvers que je l'attrapais par le bras et la tirais hors de la salle.
- Voila Rizz c'est ça ton gage !
- Pardon ?
- Tu dois laisser les militaires libres de jouer et en plus tu dois y participer !
- Mais, c'est injuste ! Ça me fera deux gages alors !
- Ps de mais Rizz ! Tu as promis, et de toute façon si tu ne participes pas, je hurle que tu es amoureuse de ton supérieur chéri.
- Tu ne ferais pas ça Léa… En plus je t'ai déjà dis mille fois que Roy et moi…
Je la regardais avec un sourire démoniaque. (il semblerait que ce soit devenu ma marque de fabrique !)
- Qui te parle de Mustang ma chérie ?
- Et m…
- Pas de grossièreté voyons ! Allons, en route le jeu n'attend pas !
Riza bougonna et je lui tirais la langue. Elle rit de ma maturité et nous rentrâmes dans la salle où tout semblait être rentré dans l'ordre. Je m'approchais joyeusement d'Alphonse et lui demandait malicieusement et assez fort pour que tout le monde entende s'il y avait encore de la place pour deux participantes de dernières minutes. Trois mâchoires se décochèrent, un soldat tomba d'en les pommes, j'ai cru voir une larme sur la joue du colonel et une cafetière est portée disparu (paix à son âme).
Doucement, mais sûrement, le cercle de joueur se reforma. Nous nous assîmes à coté du colonel, qui tremblait comme une feuille persuadé d'un piège. Mais finalement, tout le monde s'assit. Je demandais gentiment à mon amie :
« Alors Riza ? Prête à jouer ?
- Décidément Léa tu me tueras…
- Allons c'est pour ton bien ma chère Rizz
- Entre ça les jupes et le maquillage… (je ne saurais jamais la fin de sa phrase car un des soldats nous interrompit)
- Alors c'est à vous que nous devons ce miracle ? Je dois dire que voir débarquer notre premier lieutenant radieuse ET maquillée au travail ça m'a fait un choc…
Pendant que Riza rougissait comme une gamine (et c'est moi l'ado immature ?) en apprenant que ses faits et gestes étaient suivi avec intérêt par certains militaires, je continuais.
- Oh non je n'y suis pour rien, je l'ai initié, elle est assez grande pour se débrouiller toute seule.
- Félicitation ! Continua un autre soldat. En réalité, la majorité d'entre nous pensait que vous aviez trouvé un petit copain…
Remarque, cela expliquerait la mauvaise humeur du colonel ces dernier temps….
- Allons intervint le colonel. Laissez le lieutenant et sa vie privée tranquille ! Elle est magnifique comme ça, mais maintenant ça suffit histoire ! Bon on joue oui ou non ?
Lui ? Jaloux ? Où va tu chercher ça ?
Et comme de bien entendu, nous jouâmes. Je pris soin de dessiner un cercle sur mon gage. Quand tout le monde eu placé son morceau de papier dans la fameuse casquette éponyme, Al s'empara du chapeau.
- à vous l'honneur colonel.
Comme prévu, le colonel avait ses gants, comme prévu il tira mon papier. La tête qu'il fit à cet instant était… indéchiffrable. Chacun reçu son papier, pour ma part, je du chanter à tue tête une chanson ridicule et devant le généralissime. Mais le ridicule ne tue pas. Et puis, dans la même journée, on vit Havoc en tutu, un militaire du subir la collection de photo de Hugues Fuery manger du savon alors qu'un illustre inconnu survit 5minutes dans la même pièce qu'Armstrong, Riza quand à elle porta l'uniforme féminin : oui, une jupe !
A la fin de la journée, seul le colonel n'avait pas réalisé son gage.
Riza ne s'en souciait guère, elle finissait un dossier, lorsqu'une rose rouge vint perturber son champ de vision. Elle releva l tête pour apercevoir le colonel au moins aussi rouge que la fleur qu'il tenait entre les mains.
- Qu'est ce que cela signifie ?
- Lieutenant, me ferez vous l'honneur de votre compagnie ce soir ? Je vous invite, tenue de soirée oblige.
- C'est une blague ?
- Non, un gage.
Sans autre forme de procès, il déposa un morceau de feuille en piteux état sur son bureau.
Invitez votre voisin au restaurant ce soir même. Amusez vous !
Riza reconnu mon écriture, je crus bon de m'éclipser.
Pour connaître la suite, toi comme moi devrons attendre la fin de la colère de Riza.
Ton cupidon personnel
