J'ai fais quelques changements au niveau du titre et du résumé. J'ai toujours pour projet de raconter toute la vie de notre Sirius, mais j'ai décidé de séparer la fiction en plusieurs "partie". Donc cette partie relate les années Poudlard.

Bonne lecture :)


Chapitre 13 : Astronomie et révélations

Le mois de Novembre arriva, froid et pluvieux. Au grand désespoir de James qui devait jouer son premier match de Quidditch en tant que membre de l'équipe. Le jour du match, le temps était encore pire qu'il ne l'avait été jusque-là. La pluie tombait sans discontinuer depuis la veille et les nuages étaient épais et gris. Il allait être très difficile de voir quelque-chose sur le terrain.

Quand James descendit dans la Grande Salle ce matin-là, il n'en menait pas large. Il avait jusqu'à présent fait preuve d'une assurance infaillible et semblait satisfait de ses séances d'entraînement. Mais aujourd'hui, il était discret et ne mangeait presque pas.

- Allez il faut que tu avales quelque-chose, dis-je, ce n'est pas en ayant le ventre vide que tu vas les battre ces Serpentards !

Il hocha la tête, grignotant pensivement un toast. Je n'insistai pas. Vêtu de nos capes les plus chaudes, préalablement imperméabilisées par un sort qu'avait découvert Remus, nous nous rendîmes sur le terrain.

Le match dura un certain temps, la visibilité était très réduite et les deux attrapeurs tournaient sans relâche, essayant d'apercevoir le vif d'or à travers les trombes d'eau. Les poursuiveurs des deux équipes se livraient une bataille sans merci. James était très bon et jouait parfaitement avec ses deux équipiers. Mais les poursuiveurs de Serpentard étaient également excellents. Cela faisait déjà trois heures que le match avait commencé. Le score était de soixante à soixante dix en faveur de Gryffondor. Quand soudain, Lucius Malefoy marqua un but que Dubois ne put arrêter et égalisa. La fatigue des joueurs se faisaient sentir, ils devaient être trempés jusqu'aux os. Et aucune des deux équipes ne prenaient d'avance significative.

Soudain, il y eut un mouvement de foule. Les deux attrapeurs fonçaient en piqué. Je plissai les yeux. Oui je pouvais le voir, le vif d'or n'était plus qu'à quelques mètres à présent. J'encourageai l'attrapeur de Gryffondor avec les autres. Il y était presque, plus qu'un seul mètre, cinquante centimètres… Oui ! Il l'avait attrapé ! La victoire revenait à Gryffondor. Nous nous précipitâmes sur le terrain pour féliciter notre équipe et surtout notre poursuiveur préféré. Il rayonnait, bien que trempé et couvert de boue. Il était fier car il avait marqué trois des sept buts.

Nous célébrâmes la victoire dans la salle commune de Gryffondor. La fête dura assez tardivement. Remus, Peter et moi avions fait une rapide excursion jusqu'aux cuisines afin d'avoir de quoi festoyer dignement.

Le mois de Novembre passa, nous nous étions un peu calmés sur les entorses au règlement et les blagues, les professeurs nous gardaient particulièrement à l'œil depuis l'incident d'Halloween. Mais nous faisions profil bas, attendant une baisse de vigilance de leur part.

Il y avait quelque chose qui nous préoccupait toujours et nous empêchait de nous consacrer corps et âme à la réalisation d'autres méfaits, nous n'avions toujours pas découvert ce que nous cachait Remus.

Parmi les cours que je détestais le plus (en dehors de celui d'Histoire de la magie qui était soporifique), il y avait celui d'Astronomie. Un des motifs de cette désaffection était que tous les noms d'étoiles ou de galaxies me faisaient penser à des membres plus ou moins appréciés de ma chère famille. D'ailleurs quand on avait parlé de « Sirius », l'étoile la plus brillante du ciel, mes soi-disant amis n'avaient pas manqué de se moquer de moi et j'en avais entendu parler pendant une semaine. Mais la principale raison était que ces cours avaient souvent lieu le soir, car il était plus facile d'observer les étoiles à la nuit tombée.

Le premier jeudi du mois de décembre, alors que nous achevions de dîner, Remus se leva avant même que nous ayons terminé et nous ressorti sa vieille excuse : « Ma mère est malade, je dois aller la voir ».

- Mais, dit Peter, tu vas louper le cours d'Astronomie, le professeur Liouba nous a dit que ce qu'on allait voir allait probablement tomber aux examens.

- Elle comprendra, dit Remus en regardant nerveusement sa montre, excusez-moi mais je dois vraiment y aller.

- Sérieusement, c'en est trop, dit James tandis qu'il s'en allait précipitamment, quand il revient on l'enferme dans le dortoir et on ne le laisse pas sortir avant qu'il nous ait dit la vérité.

- Hum… Je doute que ça marche, répondis-je pensivement.

A onze heures, nous montâmes en trainant les pieds, les escaliers qui menaient au sommet de la plus haute tour du château. Vraiment, je détestai avoir cours le soir, surtout après manger. Le professeur Liouba était une femme de haute taille, mince avec un air un peu mystérieux. On ne parvenait pas à lui donner un âge précis, mais elle était surement beaucoup plus âgée que ce qu'elle avouait.

- Bonsoir, dit-elle de sa voix grave, cette nuit est particulièrement propice à l'étude des mouvements des planètes et des étoiles. Comme vous avez pu le constater, c'est la pleine Lune et nous allons nous concentrer sur ses cycles. Miss Evans, pouvez-vous distribuer ces calendriers lunaires à vos camarades ? Je vous remercie.

J'écoutais à peine les instructions qui suivirent, mes pensées étant tournées vers Remus. Je pris distraitement le parchemin que me tendait Lily et le fixai pendant un moment. Quelque-chose me frappa alors, et pendant un instant je fus incapable de dire quoi. Le cours m'ennuyait profondément, je ne parvenais pas à me concentrer.

Après le cours, nous nous attardâmes encore un peu dans la salle commune, Peter et James bavardaient dans les fauteuils prêts du feu. Assis à côté d'eux, je ne participais pas à la conversation. Préoccupé, je ressortis le calendrier lunaire qui nous avait été distribué en classe. Et puis soudain, je crus mettre le doigt sur ce qui m'avait frappé en premier lieu. J'étais horrifié. Non, ça ne pouvait pas être ça ?

- Tu es devenu un mordu d'Astronomie Sirius ? se moqua James, où c'est parce que tu as l'impression que ça parle de toi ?

- Peter, dis-je en ignorant James et en m'efforçant de contrôler ma voix, tu as toujours le parchemin sur lequel on a noté les absences de Remus ?

- Oui bien sûr, il est dans le dortoir, je vais le chercher, répondit-il en me jetant un coup d'œil surpris.

- Qu'est-ce que…

Je levai la main pour empêcher James de parler. Peter monta rapidement l'escalier qui menait au dortoir et en redescendit avec le morceau de parchemin. Intrigués, ils me regardèrent le comparer avec le calendrier que je tenais toujours dans la main.

- Par tous les caleçons de Merlin, murmurai-je, ce n'est pas possible…

- Nom d'une gargouille tu vas nous dire ce qu'il t'arrive ?

Sans un mot je tendis à James les deux parchemins. Il les regarda un moment sans comprendre, puis son expression changea. Il pâlit.

- Euh vous pouvez m'expliquer ce qu'il se passe ? demanda Peter.

- Regarde, expliqua James la voix tremblante en lui montrant les deux parchemins, ici sont marquées les dates de pleine Lune et ici ce sont les absences de Remus que nous avons relevées.

- Tu veux dire qu'à chaque fois qu'il est absent, c'est la pleine Lune ?

- James hocha lentement la tête. Peter sembla un instant un peu perdu, puis ses yeux s'écarquillèrent de frayeur.

- Mais alors, ça voudrait dire que Remus est…

- Un Loup Garou, achevai-je à voix basse.

Peter se mit à trembler. Je pouvais comprendre. Je ne savais pas tout sur les Loups Garou mais ce n'était un secret pour personne qu'il valait mieux s'en éloigner. Mais là c'était différent, Remus était notre ami, il n'était pas dangereux et puis il n'avait sûrement pas choisi sa condition. Ce n'était pas de sa faute. On ne pouvait pas le laisser tomber…

- Qu'est-ce qu'on va faire ? demanda Peter.

- Ca ne va rien changer bien sûr, répondit James d'une voix féroce, c'est notre ami rien ne pourra changer ça.

James n'était pas proche d'énormément de gens, mais il était d'une indéfectible loyauté envers ceux qu'il aimait. Je l'admirais pour cela.

- Evidemment, ajoutai-je, en plus si Dumbledore est au courant c'est qu'il a pris des précautions. Donc on ne doit pas l'ébruiter.

- Ca va de soi.

- On va lui dire qu'on sait ? demanda à nouveau Peter.

- Oui, il le faut, répondis-je, comme ça il pourra se confier en plus, il doit en avoir besoin. Et j'aimerais bien savoir où il va ces nuits là… Il ne reste sûrement pas à l'infirmerie.

- Il va paniquer, affirma James, il faudra vraiment qu'on soit discret sur ce coup les gars. Pas question de dévoiler le secret.

- Attends, dis-je, il faudrait qu'on en soit certains quand même.

- Qu'est-ce qu'il te faut de plus comme preuve ? Il est absent à toutes les pleines Lune, il revient avec des griffures et des bleus et il a l'air au bord de l'épuisement. Sans compter ses excuses bidons et le fait qu'il soit mal à l'aise à chaque fois qu'on lui pose des questions…

Je dormis mal cette nuit là, ressassant dans ma tête ce que nous avions découvert. Une partie de moi ne voulait pas y croire. Pauvre Remus, comme il devait souffrir, et comme ça devait être horrible pour lui de nous le cacher. Les Loups Garous n'étaient pas très bien vus dans la société sorcière, son malaise était tout à fait compréhensible.

Remus nous rejoignit lors du déjeuner du lendemain, après avoir raté une matinée de cours. Il avait l'air complètement épuisé et ne pris pas garde à nos regards insistants. Nous ne fîmes pas allusion à notre découverte de la journée, ne voulant bien sûr pas en parler devant tout le monde. Mais le soir venu, nous nous arrangeâmes pour nous retrouver tous les quatre dans notre dortoir. Alors que Remus s'apprêtait à redescendre dans la salle commune pour faire ses devoirs, je lui barrai la route.

- On est au courant, lui dis-je de but en blanc.

- Au courant de quoi ?

- De ce que tu fais quand tu t'absentes de l'école, une nuit tous les mois…

- A la pleine Lune, compléta James.

Remus nous regarda les uns après les autres, interdits. Puis, voyant devant nos regards sérieux que ce n'était pas une plaisanterie, il fut agité de violents tremblements.

- Vous… vous savez ? Mais co… comment ? bégailla-t-il.

- On a noté tes absences et hier le professeur Liouba nous a distribué le calendrier lunaire, répondit James.

- Vous avez noté mes absences ? Vous m'espionnez ? s'énerva-t-il.

- Eh du calme, dis-je d'une voix que je voulais apaisante, on s'inquiétait pour toi c'est tout.

- Ah oui ? Et bien maintenant que vous savez, qu'est-ce que vous allez faire ? Le dire à tout le monde ? Pour que je sois renvoyé ?

- Quoi ? s'indigna James, pas du tout ! On ne va le dire à personne. Comment tu peux penser ça ? On est amis depuis plus d'un an maintenant.

- Il y en a qui tournent le dos à leur propre famille quand ils l'apprennent, dit Remus d'une voix sombre.

Mais son ton s'était radouci. Il s'assit sur son lit et se prit la tête dans les mains. Nous attendîmes en silence qu'il reprenne la parole.

- Quand j'avais sept ans, raconta-t-il, mon père a eu une altercation assez violente avec un certain Fenrir Greyback…

- Ca me dit quelque-chose, coupa James pensif.

- C'est un Loup Garou aussi, répondit Remus, sauf que lui, il est plutôt content de son sort. Il aime attaquer les gens, surtout les enfants. Il veut en contaminer le plus possible.

Il s 'arrêta et frissonna. Un peu dégoûté, je m'assis à mon tour sur mon lit, en face de celui de Remus. Peter et James s'assirent par terre.

- Bref, reprit-il, ce n'est pas le genre de personne qu'il faut énerver. Un jour mon père l'a empêché d'agresser un autre sorcier, alors qu'il était sous sa forme humaine. Il ne savait pas que c'était un Loup Garou… Greyback n'a pas apprécié, et il est revenu à la pleine Lune pour se venger, sur moi.

Le silence était pesant. Je me sentais vide et froid. Je passais mon temps à me plaindre de ma famille, de mon enfance. La vie de Remus était bien pire. Autant moi, j'avais l'espoir que ça s'arrange une fois mes études terminées. Autant lui n'en avait aucun.

- Et ensuite, demanda timidement Peter en brisant le silence, tu as quand même été accepté à Poudlard ?

- Oui, dit Remus, ses yeux s'illuminant soudainement, Dumbledore est vraiment formidable. Je crois qu'avec un autre directeur je n'aurais jamais pu avoir la chance de venir ici. Mais il s'est occupé de tout…

- Mais, intervins-je, où tu vas alors ? C'est quand même un peu dangereux d'avoir un Loup Garou dans l'infirmerie…

- Je ne reste pas dans le château bien sûr, vous voyez le saule cogneur dans le parc ? Il y a un moyen de l'immobiliser, en appuyant sur un nœud à la base du tronc. En dessous, il y a un passage secret qui mène à une maison abandonnée. C'est là que je me transforme et ainsi je ne risque pas de blesser des gens.

- Je me disais bien qu'il devait y avoir une raison pour planter un arbre frappeur dans une école, marmonna James.

- Et… c'est douloureux ? demandai-je.

- Pire que ça, répondit Remus à mi-voix.

- Il… il n'y a vraiment aucun moyen de… « guérir » ? demanda Peter.

Question stupide, c'était impossible je le savais. Remus secoua la tête tristement.

- Vous n'allez vraiment rien dire hein ? murmura Remus.

- Bien sûr que non !

Nous avions tous les trois répondu en même temps. Remus sourit, c'était la première fois que je le voyais sourire de cette façon. Sans aucune retenue. Il n'avait pas du avoir beaucoup d'amis avant nous, cela expliquait son comportement distant.

Nous veillâmes tard ce soir là, à parler dans notre dortoir. Nous interrogions Remus, un peu curieux. Au début réticent, il accepta de répondre à nos questions. Plus tard, dans mon lit, je repensai à ce que devait endurer mon ami. Comment pouvait-on supporté un tel calvaire, seul, si jeune ? J'aurais tellement aimé pouvoir être avec lui, le soutenir dans ces moments. Mais c'était impossible… Non, impossible n'était pas Gryffondor, et je me jurai de trouver un moyen de l'aider à atténuer ses souffrances.

Bien des années plus tard, quand je devais repenser à cette nuit là, je me dirais que cet instant avait marqué un tournant dans notre amitié. Nous partagions un lourd secret, mais nous étions à ce moment, plus unis que jamais.