Hé là, un nouveau chapitre, en une semaine, si c'est pas génial!

Bonne lecture


Hannah nettoyait le bar rageusement. Aujourd'hui encore, elle s'était prise la tête avec Mike. Il ne comprenait pas qu'elle ne veuille pas passer le soir du réveillon de Noël avec lui et sa famille. Il ne cherchait même pas à comprendre ce que pouvait représenter Noël pour elle. Après tout, son père ne l'avait pas recontacté, elle était comme orpheline. Elle ne se sentait pas du tout capable d'aller chez les Perks et d'être heureuse pour cette soirée. Depuis qu'elle était revenue dans le monde moldu, elle avait passé le vingt-quatre et le vingt-cinq chez son père. Même si la joie n'y était pas vraiment, ils étaient en famille, malgré l'absence de Elisa, sa mère. Ils se soutenaient, et s'aimaient comme ils ne pouvaient au moins une fois dans l'année. Mais voilà, depuis son altercation avec lui, elle n'avait plus de nouvelles.

Elle avait donc décidé de travailler le vingt-quatre au soir pour se changer les idées, même si Tom avait essayé de la convaincre de ne pas venir au Chaudron. En début d'après-midi, son petit ami avait donc quitté leur appartement en claquant la porte, pour se rendre dans la demeure familiale des Perks, et elle avait reçu un hibou de Sally-Ann qui la suppliait de venir. Mais Hannah avait été intraitable, elle ne désirait pas passer son réveillon avec eux, du moins pas cette année.

Elle était partie de chez elle quelques minutes après Mickael, avait relevé son courrier et l'avait fourré dans son sac sans même prendre la peine de le regarder, et avait marché jusqu'au bar, pour se changer les idées. Mais cela n'avait pas si bien fonctionné, vu qu'elle était encore énervée contre lui et surement contre elle-même aussi, alors que l'après-midi touchait à sa fin.

« Joyeux Noël! » pensa-t-elle amèrement.

Alors qu'elle observait Tom servir quelques clients frigorifiés par le froid de décembre, elle entendit un bruit provenant d'une des fenêtres qui donnaient sur le Chemin de Traverse. C'était le hibou de Sally-Ann. Elle hésita quelques secondes, puis finalement pris la lettre qui lui était adressé. Elle était étonnement lourde, et Hannah s'empressa de l'ouvrir. Elle y trouva une longue lettre d'excuses de la part de Mike, qui lui mit un baume au coeur. Puis au fond de l'enveloppe se trouvait son cadeau. C'était un magnifique bracelet d'argent, orné de figurines miniatures. Il fallait immédiatement qu'elle lui réponde, qu'elle s'excuse elle aussi. Elle attrapa son sac, dans lequel le présent qu'elle lui avait réservé attendait patiemment et conjura un parchemin, sur lequel elle s'empressa d'écrire ce qu'elle avait sur le coeur.

Elle donna sa réponse et le cadeau au hibou, et vérifia d'un coup d'oeil que Tom n'ait pas besoin d'elle pour l'instant. Elle fouilla à nouveau dans son sac, et étala son courrier sur la petite table de la réserve dans laquelle elle s'était installée pour écrire. Peut-être avait-elle reçu un mot pour Noël de quelqu'un de sa famille? Elle fit disparaître les prospectus, il ne lui restait que deux lettres, une carte de meilleurs voeux assez banale qui lui venait d'une cousine éloignée, et une lettre où une main tremblante avait écrit son adresse.

Son coeur se mit à battre plus fort. Le bruit de la salle du bar devint inaudible, elle n'entendait que ses propres battements intérieurs. Elle le savait avant même de l'ouvrir, c'était une lettre de son père. La réponse tant attendue. Fallait-elle qu'elle l'ouvre? Et s'il la reniait définitivement? « Mais non, pourquoi m'aurait-il écrit sinon? ». Elle la déplia avec lenteur et commença sa lecture.

Hannah, ma chérie, ma toute-petite fille,

Si tu savais à quel point, il m'est difficile de t'écrire. Tu dois t'en douter, après tout, cela fait plus de trois mois que tu es passée à la maison, pour la dernière fois. Je ne savais pas quoi te dire pour te rattraper, pour te retenir, pour t'empêcher d'y retourner. Mais, j'ai enfin compris, que la « magie » faisait partie de toi, au même titre qu'elle faisait partie de ta mère. Tu me la rappelles tellement. Je crois que c'est son souvenir, et tes mots qui m'ont obligé à réfléchir. J'ai été long, trop long. J'espère que tu pourras encore me pardonner. Je comprendrais si ce n'est pas le cas.

Je veux que tu reviennes dans ma vie, qu'on reparte à zéro, qu'on s'aime comme avant. Je t'en supplie, ma Hannah, ne rejette pas ton imbécile de père...

Je ne sais plus combien de fois j'ai essayé de t'écrire, d'exprimer tout ça, mais je n'ai jamais eu le courage de t'envoyer mes tentatives de lettres. Ce soir c'est différent, je le sens. Dans quelques jours c'est Noël. On le passait ensemble avant. J'imagine que cette fois ce ne sera pas le cas. Ne fais pas attention aux tâches qui ornent mon écriture, elles sont dues à mes larmes et au tremblement de ma main. J'ai peur, ma chérie... Peur de ce qui pourrait t'arriver dans ce monde qui m'est inaccessible, de te perdre comme j'ai perdu ta mère... J'essayais de te protéger, vraiment... Mais je comprend qu'aujourd'hui tu veuilles vivre ta vie, et si celle-ci se trouve dans le monde sorcier, je ne peux pas te retenir... Tu n'es plus mon petit bébé, celui que je pouvais tenir dans mes bras des heures entières sans ressentir autre chose qu'un grand bonheur, celui qui nous regardait, ta mère et moi, avec amusement, avec amour, ou parfois avec mécontentement. Tout cela a changé, tu es adulte, et je ne peux pas t'empêcher d'être toi. Excuse-moi encore, pour mon attitude, pour mes mots, pour tout.

Tu sais j'ai vu hier, ce que tu as fait au cimetière. Je crois que finalement, je dois t'en remercier, Elisa aurait réellement aimé, adoré, c'est vraiment magnifique et je dois avouer; magique.

Sache que je t'aime plus que tout, pardonne-moi.

Papa.

De chaudes larmes coulaient sur les joues de Hannah. Du soulagement, de l'amour, de la joie. Tellement d'émotions la traversaient qu'elle se mit à rire, en serrant sa lettre contre son coeur. « Oui, joyeux Noël... » pensa-t-elle. Elle n'entendit pas Tom l'appeler « Y'a quelqu'un qui veut te voir, jeune fille! », comme elle n'entendit pas les pas s'approcher doucement de la réserve. Elle réfléchissait, il fallait qu'elle aille voir son père au plus vite, pour lui dire qu'elle lui pardonnait tout, pour qu'il parlent...

- Hannah? Demanda une voix masculine en entrant dans la réserve.

La petite blonde essaya de reprendre rapidement ses esprits, et se retourna, les yeux encore emplis de larmes, et se retrouva face à Neville apparemment plus que gêné de la déranger.

- Merlin, Hannah? Qu'est-ce-que tu as?

- Je crois que... je suis heureuse, je... oui, je crois, bafouilla-t-elle avec un sourire.

Devant l'air sceptique de son ami, elle décida de tout lui raconter, alors même qu'elle avait préféré ne dire que les grandes lignes à Mickael. Elle sentait qu'elle pouvait tout dire au jeune homme qui lui faisait face, qu'il la comprendrait. Car c'était l'unique problème de son histoire avec Mike, la compréhension. Elle était incapable de lui parler de ses parents, de la guerre, et lui n'abordait pas le sujet, de peur de retrouver une Hannah sombre et taciturne. Pourtant c'était une partie d'elle-même qu'elle ne pouvait rejeter, et elle se retrouvait obligée de la cacher à son petit ami. Le temps n'y avait rien fait, alors qu'elle espérait qu'il lui permettrait d'être définitivement guérie. Malgré tout, elle était heureuse avec lui, donc elle passait outre ses problèmes de deuil, elle les oubliait. Neville lui comprenait, elle ne savait pas s'il avait perdu quelqu'un, mais il avait vécu les mêmes moments, la même guerre, la même bataille. Alors elle se confia naturellement, lui expliquant la dispute qu'elle avait eu avec son père, les mois d'attente, et enfin la lettre, son merveilleux cadeau de Noël. C'est probablement à partir de ce soir que leur relation évolua vers quelque-chose de plus fort, de plus personnel.

Hannah lui déclara en riant qu'elle ne s'était pas étalé ainsi sur sa vie depuis vraiment longtemps, et que même son petit ami ne connaissait pas tous les sentiments qui la traversaient quand elle parlait de la guerre ou de ses parents.

- Tu sais moi non plus, je ne parle pas vraiment de mes parents à Lydia, ni à personne d'ailleurs.

Le regard de la jeune fille se vrilla dans le sien.

- Ne te sens pas obligé de m'en parler, je comprend très bien que tu ne veuilles pas, ce n'est parce-que je t'ai fait des confidences que tu dois m'en faire...

Il la fit taire en posant un doigt sur sa bouche, puis s'installa confortablement, plus serein qu'il avait pu l'imaginer et commença son récit.

- Je ne crois pas avoir eu honte de mes parents. Non, jamais. C'était juste... Trop dur d'accepter la différence. Aujourd'hui, Harry m'a expliqué, plusieurs choses qui m'ont fait comprendre en partie l'absence de mes parents.

- Harry? Harry Potter? Mais pourquoi?

- C'est un peu compliqué, tu as du entendre parler de toute cette histoire d'Élu pendant la sixième année, et de prophétie... C'était vrai, en fait, c'est du moins ce qu'il m'a fait comprendre. Mais il m'a également dit qu'il aurait pu ne pas être cet élu, que deux garçons correspondaient à la prophétie, et que seul le choix de Voldemort avait déterminé qui serait « le garçon qui a survécu ». C'était Harry, ou moi... aussi étonnant que cela puisse paraître. C'est surement pour cette raison que...

Une sorte de haine s'empara de son corps et l'expression de son visage se changea en douleur lorsqu'il continua.

- Que Bellatrix, cracha-t-il, que les Lestrange sont venus chez moi, dès la chute de leur foutu seigneur!

Hannah posa doucement ses mains sur celles de son ami, l'encourageant à continuer, et lui assurant son soutien. Il n'arrivait jamais à raconter cette histoire, son histoire, sans être boulversé. Alors après avoir pris plusieurs longues inspirations, avec les yeux brillants de larmes, il déclara:

- Torturés, l'Endoloris, jusqu'à la folie. Je crois que c'est bien pire que la mort, bien pire. Je... Je ne les ai jamais connu, tu sais, je ne vois que leurs épave à chaque fois, à St-Mangouste, des épaves, qui m'offrent des papiers de bonbons, des mouchoirs, des morceaux de journaux, peut-être qu'ils se souviennent que j'ai compté pour eux, et qu'ils comptent pour moi...

- Chuuut, calme toi, lui répondit-elle la voix émue, en le prenant dans ses bras.

Il s'y abandonna de longues minutes et lorsqu'il fut calmé, il la regarda dans les yeux, et un timide « merci » sortit de sa bouche..

- Merci à toi, Neville, tu es vraiment formidable, tu sais? Allez viens, on a bien besoin d'un verre tous les deux, et puis je suis sensée bosser moi, lui dit-elle avec un clin d'oeil, pour lui remonter le moral.

Le simple sourire de son ami lui suffit comme réponse, et elle l'entraina dans la salle du bar. Alors qu'elle allait s'excuser d'avoir déserté son poste, Tom lui fit signe de se taire, et balaya ses excuses d'un geste de la main. Le bar s'était quelque peu vidé, l'heure du diner approchait: peu de personnes restaient au Chaudron pour le réveillon. Il n'y avait que deux chambres d'occupées à l'étage ce soir-là. Alors que le vieil homme commençait à leur servir du Whisky-Pur-Feu, une discrète sonnerie retentit pour annoncer l'heure. Si Hannah par habitude n'y fit guère attention, son ami lui sursauta.

- Par Merlin, il est déjà dix-neuf heures! J'étais sensé réservé une table au Cerf d'or blanc, pour ce soir. Lydia va me tuer! Faut vraiment que j'y aille.

Il s'arrêta et se tourna vers la jeune fille qu'il serra dans ses bras dans un geste vif, en lui murmurant un nouveau merci, et un « Joyeux Noël ». Dans son empressement, il ne vit pas le rougissement de celle-ci.

- A la prochaine Tom, bonnes fêtes!


Voilà, prochain chapitre: point de vue de Neville, et probablement une dispute (attendue?) entre lui et Lydia!

J'espère que cela plait toujours autant ;)