Coucou !

Bon bon bon MERCIIIII à tous ceux qui ont posté une review et qui nous suivent fidèlement !^^ ça nous fait -on sait on radote vraiment- très plaisir !

Sinon pour répondre à Nononyme : Effectivement les filles vont former le groupe des coeurs brisés ;), on te remercie pour tes compliments et on espère bien sûr te relire bientôt !

Bonne lecture à tous,

PS : pour voir les robes que portaient les filles au bal, allez sur notre blog il y a un article avec leurs tenues à toutes !


Chapitre 14 : I have no idea for it

Mon regard critique est à l'affut dés que je pénètre, au bras de mon cavalier, de mon pas impérial et assuré dans la Grande Salle, décorée d'une façon, chaque année, plus éblouissante. Autour de moi, chacun se presse, détaille ma robe que j'ai pris bien des heures à choisir. Elle est verte émeraude, au somptueux tissu chiffonné avec élégance. Une robe à corset, lacée dans le dos et tombant jusqu'à mes pieds. Une ceinture de soie plus foncée est nouée à ma taille et pend en une longueur idéale… aucun défaut, le must du bon goût.

Mais je dois avouer que je ne suis pas la seule à avoir sorti le grand jeu –quoique moi, ce n'est plus vraiment le grand jeu, c'est mon terrain de jeu, tous frais payés. Jess, qui me sourit comme si c'était le plus beau jour de sa vie, est resplendissante dans sa robe bleu-vert foncé, sexy et classe à la fois, suivant le tracé de ses formes à la nuance prés. Ya pas à dire, Jess est l'une des plus belles filles de Poudlard, elle n'aura aucun mal à finir mannequin. Je croise le regard de ma plus grande rivale, Isabella, et, après une brève analyse de sa tenue, j'éclate de rire. Il doit y avoir seulement un dixième de son corps qui n'est pas à nu ! Mais je ne peux que la féliciter… après tout, elle a réussi chaque mec dans la salle doit rêver de la peloter sur la piste de danse. Tina, elle aussi, est époustouflante dans sa robe bleue, fantaisiste et simple. Un paradoxe qui fait un carton ! Je note d'autres tenues qui arrivent à satisfaire mes clauses vestimentaires… à vrai dire, un bon nombre. Toutes les filles ont décidé de se faire la plus belle possible, ce soir. Après tout, c'est LE bal de l'année. Rendez-vous des niaiseries habituelles… l'occasion pour certaines de rencontrer enfin le Prince Charmant –sans commentaire-, pour d'autres de perdre leur virginité… d'autres encore fantasment sur le diadème qui doit revenir à la Reine –ou Roi- de la soirée. Les Septième Années seulement ont leurs chances et ça se joue par votes. Mais, pour moi, les dés sont déjà jetés. Ouais, je manque dangereusement de modestie mais les faits sont là, je suis la reine de Poudlard, c'est comme ça. Je suis pas la plus belle, ni la plus intelligente, je ne suis certainement pas la plus riche non plus –mais pas de loin, alors !-, mais je serai la Reine de la soirée.

Je me retourne légèrement pour apercevoir, bien plus loin derrière moi, Nunie qui s'accroche aux bras de Kevin. Et oui, cette traîtresse a accepté d'aller au bal avec mon fanatique perso ! Quand j'ai appris ça, j'en suis restée le cul par terre ! Non mais c'est vrai, quoi ! Lui qui me casse les citrouilles depuis des années avec ses déclarations d'amour névrosées, il sort avec ma meilleure amie ! Hypocrite et manipulateur, en plus d'être complètement givré, c'est le pompon ! Et Nunie qui me répète sans se lasser que mes rapports amoureux –sexuels- sont malsains… en plus, le fait que ma meilleure amie soit une romantique invétérée, me fait redouter le pire… j'ai comme un très mauvais pressentiment. Vous savez, un pressentiment du genre de celui que vous avez avant de monter sur un balai pour le plus grand match de Quidditch de votre vie et que, deux-trois jours plus tard, collé dans un lit d'hôpital, les deux jambes cassées et le bras pouvant servir d'équerre –mais dans le mauvais sens-, vous vous dites : « ouais, p't-être que cette fois-ci, j'aurais dû tenir compte de mon pressentiment, j'aurais dû arrêter le sport, en commençant par cesser de me lever de mon lit chaque matin».

Ça ne change pas que Nunie, désavantagée par ses rondeurs et sa beauté très particulière, brille dans sa propre création multicolore, car oui, quand je disais que Madame était une artiste, c'était à ne pas prendre au bas mot ! Tout lui réussit, c'est fou ! L'écriture, la photographie, le dessin, la peinture, le stylisme… elle a même des notes excellentes en cours ! Ya bien que la musique qui lui résiste… alors que moi, j'arrive à peine à dessiner un cœur et une tulipe, que ce que j'écris n'a ni queue ni tête - dés la première phrase, je suis capable d'enchaîner les discordances de temps et de sens- et que la dernière fois que me suis assis à un piano, j'ai comme qui dirait «édenté » l'instrument. Et tentez le destin en me tendant une aiguille, juste histoire que je recouse un bouton, et je pourrais vite fait provoquer une extinction de la race humaine. Croyez-le ou non mais une aiguille peut-être bien plus dévastatrice que cette espèce de petit objet mesquin ne le laisse paraître…

-Hey, ma tigresse, j'espère bien que ton cavalier te prendra pas pour son balai… parce que vu ce qui lui est arrivé, la dernière fois, je vends pas chère de ta peau douce et délicate, se moque Rogie, dés qu'il nous rejoint, en compagnie d'Amina qui semble être au Paradis.

D'ailleurs, elle est si heureuse qu'elle me lance un énorme sourire. Légèrement ironique, j'y réponds. Etonnant de voir comme l'amour change les gens… elle dont j'ai jamais croisé le regard –à part lorsque j'étais dans le corps de Tina, bien sûr- fait presque bien semblant d'être folle de joie à l'idée de me supporter, le temps que son cavalier se décide à lui offrir une danse. Mais si j'ai bien tout compris au film, elle n'en a pas encore pour longtemps. Dommage, la joie lui allait bien au teint.

A mes côtés, mon cavalier tressaille de rage et j'observe avec amusement sa mâchoire se crisper, tandis qu'il se retient d'étriper mon meilleur ami. L'équipe de Quidditch de Gryffondor et de Serdaigle sont les meilleurs, cette année, ce qui explique les légères tentions entre les deux maisons… mais bon, de toute façon, Rogie est bien trop compétiteur pour se retenir de provoquer ses concurrents.

-Tu sous-entends que j'ai la gueule d'un balai ou je délire ? ironisais-je.

-J'en sais rien… entre les deux, mon cœur balance !

-Et si on allait danser ? me propose mon cavalier –bon, d'accord, je sais toujours pas son nom…

-Très bonne idée ! lui répondis-je. A tout', lançais-je aux deux autres, en me laissant entraîner par celui-ci.

xOxOx

Après m'être battue avec ma robe pour parvenir à l'enlever –vous avez déjà tenté l'aventure de détacher un corset à lacet… dans le dos ?-, je reviens dans le dortoir, en petite culotte sous mon peignoir, bien décidée à me plonger directement dans le lit. Il est trois heures du matin, fermeture officielle du bal. La soirée a eu ses longs passages d'ennui entre les slows forcés avec mon cavalier qui n'a aucune conversation –faut pas lui en vouloir, il était trop occupé à calculer mentalement ma taille de bonnet… on peut pas tout faire, quand même !-, les discours émus du dirlo et de l'adjointe et ma quête éperdue pour dénicher ne serait-ce qu'une goutte d'alcool. En vain. Tina a veillé au grain. C'est désespérant… J'ai même dû danser avec Matt puisqu'il a été élu Roi de la soirée –Charles a tiré une de ses gueules, le pauvre… dépouillé par son propre ex-meilleur ami, c'en était hilarant… mais quand même, j'en reviens toujours pas, ça me semblait tellement évident que ce serait cet espèce de merde polygame qui serait choisi. Bon, c'est vrai que Matt est craquant -même carrément sexy !-, mais ce qui est naze avec lui c'est qu'il ne joue pas le jeu ! A jamais dépasser le niveau de ma taille et à me lancer un regard accusateur dés que je me collais un peu trop à lui… au début, j'ai vraiment cru que j'allais m'emmerder pendant tout le temps que durerait la danse mais, en fait, non ! Je me suis beaucoup amusée à le pousser dans ses retranchements, à l'aguicher et à retenir mes fou-rire pendant ses réprimandes. Mais la soirée ne se termine pas trop tôt, j'aime autant vous le dire ! De toute manière, tout ce qui est légale n'est pas drôle…

-… Quelle pauvre tâche ! pouffe Brunie, une des tartes de mon dortoir.

-Tu l'as dit, chérie ! Jeter un des mecs les plus hot de Poudlard, au bal de l'année, en plus ! ajoute Lara, sa copine –tout aussi tarte, je vous rassure.

-C'est parce qu'elle veut se taper Charles, tout le monde le sait ! affirme la première.

Génial. Topissime. Jouissif. Mesdames-je-traite-toutes-les-autres-d'allumeuses-alors-que-je-suce-le-premier-qui-me-tripote-la-poitrine ont décidé de jacasser alors que j'ai envie de dormir. Elles peuvent faire ça quand elles veules, vraiment, je n'y pose aucune objection… mais si elles m'empêchent de pioncer, je les décapite pour lancer une nouvelle mode, section déco murale. Elles font une pause dans leurs commérages quand elles m'aperçoivent, juste le temps de flatter la robe et la coupe que j'ai choisie pour le bal, avant d'ajouter qu'elles sont toutes les deux « folles de joie » que j'aie écopé de la couronne de la Reine de la soirée alors qu'elles en crèvent de jalousie et me détestent jusqu'au plus profond de leurs âmes. Souriante, je fais mine d'être flattée. Bien décidée à ne pas perdre plus de temps pour me pelotonner dans les bras de ce sexy de Morphée –mon plus bel amant !-, je ne prends pas la peine de troquer mon peignoir contre ma nuisette et me colle au lit. Mais, bien sûr, il fallait que ces dindes ne comprennent pas que quand quelqu'un se couche, c'est qu'il veut dormir et donc, que le silence est tout désigné.

-J'ai jamais pu la voir, cette pimbêche ! Elle se croit tellement attirante… Ferrars, révèle-t-elle enfin, en un regard de fierté en ma direction.

Tout le monde sait que je ne peux pas m'encadrer cette blondasse de Ferrars. A vrai dire, dés qu'on se voit ou se croise, c'est le signal de départ pour un échange de piques aiguisées. A ce jeu, je dois dire qu'on se débrouille très bien l'une et l'autre, ce qui a le don d'amuser autant d'agacer Tina. En tout cas, ce n'est certainement pas en crachant sur Caroline devant moi qu'elles remonteront dans mon estime… Mais m'apprendre qu'elle et Dan –je viens de faire le rapprochement… et si, et si, c'est possible !- sont séparés… là, peut-être que j'ai une meilleure opinion de ces deux poires !

-Pas vrai, Lexie ? me lance Brunie, sourire mielleux aux lèvres.

-Hum, c'est clair… on pourra causer de ça, demain, je suis out, là.

Obéissantes, elles acquiescent et me souhaitent une bonne nuit, avant de quitter le dortoir pour aller certainement continuer cette conversation dans la Salle Commune. Tina va être ravie de les surprendre en plein « cramage » de l'une de ses meilleures amies, quand elle rentrera du rangement de la fête… En attendant, j'ai le dortoir pour moi toute seule –puisque les deux autres copines des poules-jacasseuses sont certainement en pleine partie de jambes en l'air avec deux pauvres types. Ah, le paradis !

xOxOx

Avachie sur ma table, un bras pendant et l'autre faisant office d'oreiller, j'observe les spécimens qui m'entourent, en essayant surtout d'oublier mon envie de drogue. En ce moment, c'est un manque perpétuel, une démangeaison lascive… un fossé qui peu à peu se creuse, me dévorant, s'ouvrant là, quelque part dans mon corps fébrile. J'ai beau en prendre deux fois par jours, ça ne suffit plus. Je me demande si je ne devrais pas passer à trois doses. Un sourire goguenard me vient… c'est étrange, j'ai toujours exécré la dépendance et, maintenant, je me découvre une certaine jouissance à le devenir. Comme une montée d'adrénaline, le grand saut.

Ok, c'est possible que je m'écrase à l'atterrissage, mais et c'est bien le risque à payer, non ?

Mon regard plutôt hagard s'accroche sur un couple d'amis qui occupe une table Matt et Tina. Accoudé, le brun la regarde copier son cours, muet, immobile et presque… fasciné. J'hausse un sourcil. Je les savais proches mais son regard, cette étincelle… je plisse les paupières. Alors, comme ça, Matt pourrait bien être le Prince Charmant de la capitaine de Pompom Girls ? Je vais mener ma petite enquête, tiens…

On est en Histoire de la Magie, ce qui explique certainement les allées et venues incessant des élèves qui ne se gênent pas pour faire ce dont ils ont envie. Ce pourquoi je fus moyennement étonnée en sentant la chaise à mes côtés être tirée. Le truc qui me surprit réellement, c'est de reconnaitre Kevin… C'est pas vrai… Quelle plaie, ce mec !

-Salut, Alexiana…, me chuchote-t-il, comme si déranger mon silence était un crime inqualifiable.

Faut dire, il a pas tort.

-'Lut, grommelais-je.

-Je sors avec Nunzia, fit-il mine de m'apprendre, gêné.

-Pas croyable !

-Si, si…

Je me redresse légèrement, m'étire avec souplesse puis me tourne complètement vers lui qui ose à peine me regarder. Cet échange est de loin le plus chelou que j'ai eu le malheur d'avoir dans toute ma vie et Merlin sait qu'il m'est arrivé bien des trucs bizarres… on dirait qu'il m'annonce qu'il me trompe avec ma mère. Ce qui, en soit, ne serait pas bien étonnant, vu le niveau de nymphomanie du côté maternelle mais là, n'est pas la question ! J'aimerais bien savoir pourquoi Kevin se sent-il obligé de venir me raconter sa vie sentimentale –pitié, pas sexuelle, pitié, pas sexuelle !- avec ma meilleure amie !

-Pourquoi tu viens me dire ça ? lui demandais-je, agacée.

-Je… tu sais, je…, se met-il à bégayer en piquant un fard. Je t'aime toujours, Alexiana, mais j'essaye de passer à autre chose, m'éloigner, tu comprends ?

-T'éloigner… ah oui, bien sûr. Et t'as pas trouvé plus près que ma meilleure amie ? grinçais-je. C'est pas une baguette de secours, Brosh ! Alors, si c'est juste pour « passer à autre chose », trouve-toi une autre cruche que Nunie car si tu la blesses, t'auras beaucoup plus de mal à m'oublier après ce que je te réserve, c'est compris ?

Je sens le sang battre à mes tempes, la chaleur monter et ma vue se voiler. Le manque qui fleurit enflamme mes nerfs et ma colère est, en plus d'être facilement engendrée, redoublée. Je serre la mâchoire. Un léger vertige me prend et je préfère m'accouder à la table pour me tenir la tête qui me parait s'alourdir.

-ça va pas ? s'alarme-t-il en commençant à me caresser le dos. Je suis désolé, Alexi…

-Va-t-en, claquais-je, en le repoussant d'un bras las. Et cette fois-ci, reviens pas. Je t'aimerai jamais, Brosh. S'il y a bien une chose que je sais, c'est ça, alors dégage.

Sa main se détache de mon dos et j'ai juste le temps de tourner la tête pour cerner son regard avant qu'il s'en aille brutalement. Un regard blessé, furieux et offensé. Et c'est bien la première fois qu'il m'en adresse un de ce genre… j'aurai peut-être la paix. Je n'ai aucune envie qu'un espèce de triangle amoureux pervers s'installe. Si Nunzia tombe amoureuse de cet idiot, j'aimerais autant qu'il m'ait complètement oubliée.

Je sens un regard cuisant sur ma nuque et je me retourne. Dan me fixe et, voyant que je le regarde aussi, il me sourit, malicieux. A côté de lui, des mecs sont en plein fou-rire et lui donnent des coups de coude, surement pour qu'il partage leur délire, mais j'ai d'autres plans bien plus intéressants… après tout, c'est à son tour. Un petit défi. Je suis en manque, j'ai les nerfs à fleur de peau, ma meilleure amie se fait avoir en beauté et je suis crevée, alors je crois bien que je mérite un petit réconfort…

Bien décidée à prendre sur moi pour calmer mon manque, je me lève et me dirige vers Dan qui ne m'a toujours pas quittée du regard.

-Tiens, Lexie…, me salut-il.

-Danette !

Mais avant qu'il n'ait pu râler de son surnom –encore une fois…-, je me penche vers son oreille pour y murmurer :

-Au concert de Noël, chiche de venir en sexy petite ballerine ?

Je m'éloigne juste assez pour pouvoir admirer la mine décomposée du guitariste des Dust Fingers. Je lui souris avec un air de défi.

-Hey, Lexie, je…, commence l'un des mecs, avec un sourire charmeur, aux côtés de Dan.

-Non… non, attends, là, c'est…, gémit Dan, horrifié.

-Oh, allez, je suis sûûûûre que ça ira à merveille avec ta guitare ! roucoulais-je avant de me retourner vers les copains de Dan, A plus, les mecs !

Je leur lance un clin d'œil et pivote pour aller chercher mon sac tandis que la sonnerie retentit… faut vraiment que je fonce à la salle-de-bain !

xOxO

Je suis en plein brossage de dents, déjà vêtue de ma nuisette et me lorgnant dans le miroir qui me fait face, quand Tina vient me rejoindre. Elle est légèrement moins bien coiffée que d'habitude, sa cravate est mal nouée et elle a l'air littéralement crevée. Et son sourire joyeux jure radicalement avec l'abattement qui brille dans ses yeux bleus… Cette espèce de merde de Charles l'a vraiment détruite, ça ne fait pas l'ombre d'un doute.

Elle ferme la porte derrière elle et me demande si ça va et si ma journée s'est bien passée. La brosse à dent dans la bouche, j'essaye de lui répondre que tout roule mais le résultat est surement pas super distinguée puisqu'elle éclate de rire. Pouffant de rire moi-même, je me retourne pour me rincer la bouche.

-Il faut que je te raconte quelque chose ! m'annonce-t-elle avec un haussement de sourcil malicieux.

-Ohoh… c'est coquin ? m'enquis-je avec un regard suggestif et le sourire qui va avec –quand même !

-T'es pas croyable ! rit-elle. En fait, ça concerne Charles, me révèle-t-elle.

Instantanément sur mes gardes, je relève le menton et fronce les sourcils. Qu'est-ce qu'il a encore fait, ce connard ?

-Tu te rappelles quand je t'ai dit que j'étais prête pour me venger avec toi ? me demande-t-elle, mais sans attendre la réponse, elle poursuit, Et ben, fallait me prendre au mot ! Au bal…

-Au bal ? m'enquis-je, littéralement excitée à présent.

-Oui, oui ! Tu sais, aux nominations du roi et…

Elle se tait brusquement, son regard toujours ancré dans le mien, et, fébrile tant la suite m'intéresse, je ne comprends pas pourquoi elle ne continue pas. Elle n'a pas du tout la tronche de quelqu'un qui veut faire peser le suspense. Elle déglutit et lâche finalement, avec une amertume quasiment voilée mais que je perçois parfaitement :

-… et de la reine –toutes mes félicitations, d'ailleurs !- j'ai menti. Ce n'était pas Matt, le roi, c'était Charles.

Je fais semblant de ne pas avoir compris qu'elle désirait être élue Reine de la soirée et accentue plutôt ma fausse surprise. Car c'est clair, Tina voulait l'être, rien qu'à sa façon d'aborder le sujet et de se forcer de me féliciter, je le devine. Moi qui croyais que tous les trucs de ce genre lui passaient au-dessus de la tête…

-T'as truqué les votes ? m'exclamais-je, admirative.

-Quoi ? Mais non, pas du tout ! J'ai pas touché aux votes ! se défend-elle avec sérieux. J'ai juste…

-T'as juste fait une erreur de lecture… après tout, Matt, Charles… Charles, Matt, ça sonne pareil ! ironisais-je.

-Exactement !

J'éclate de rire. Ah non, mais, franchement…

-Et après, je suis allée montrer le papier avec son propre nom à Charles avant de le brûler sous ses yeux ! m'apprend-elle, enfin.

-Oh, caliente !

-Tu l'as dit !

-Décris-moi la tronche qu'il a tiré ! m'excitais-je en sautillant quasiment sur place.

-Lexie…, fait-elle mine de me calmer.

-Genre, tu veux pas qu'on se foute de sa gueule ? me moquais-je.

-Bon, ok ! s'exclame-t-elle, en cédant devant mon enthousiasme. Alors, tiens-toi bien parce que c'est du Charles Dinozzo comme t'en as jamais vu !

xOxO

-Hey, Malicia ! appelais-je alors que Nunie et Rogie essayaient de me trainer jusqu'à la bibliothèque.

La bassiste se retourne, étonnée d'entendre son prénom criée sur un ton proche de la jouissance –bah quoi, elle est mon issue de secours, elle est l'ange tombé du ciel pour venir me sauver de mes deux amis de traitres qui veulent m'empoisonner… si, si ! Mais son air surpris ne fait que s'accentuer à vitesse grand V quand elle découvre que c'est moi qui l'aie hélée.

-Attends-moi ! lui lançais-je avant de me retourner vers mes amis.

Arborant un faux sourire petit sourire contrit et essayant de retenir le fou-rire qui mordille mes joues, je fais mine de m'excuser et leur sors que j'ai « pleeeeiiin de choses » à dire à Malicia.

-Depuis quand tu connais son prénom ? ironise Nunie.

-Espèce de feignasse…, commence Rogie.

-Ciao, mes amours !

Et m'enfuyant presque, je vais rejoindre Malicia qui n'a pas bougé d'un poil. Je passe un bras sous le sien et l'entraine n'importe où, au hasard.

-Sale garce ! entendis-je Rogie ajouter.

J'éclate de rire en me retournant un instant pour lui lancer une bise imaginaire suivie de près par un petit doigt d'honneur, tout ce qu'il y a de plus charmant.

-Qu'est-ce qui se passe ? me demande ma sauveuse, presque ahurie.

-Ils voulaient me faire bosser…

-Oh !

-Ouais, tu te rends compte ? m'indignais-je. Tu comptais faire quoi, au fait, toi ?

-Rien.

-ça tombe bien, moi aussi !


Voilà ! *prend la voix de la voix dans secret story* "c'est tout, pour le moment !"

Les chapitres suivants vont peut être (pas sûr hein) avoir du retard à cause de nos bac respectifs mais on espère que ça ne tuera pas votre assiduité :)

Une petite review *o* ?