Et encore un chapitre de plus! Ca commence à en faire beaucoup^^ Celui là est l'un de mes préférés.

Sinon a part ça, c'est les vacances et je viens juste de me couper les cheveux! C'était effrayant de voir les paquets de cheveux tomber, mais je suis vivante^^

Allez j'arrête mes conneries, bonne lecture tout le monde! et à bientôt!

Chapitre Treize

27 Avril CE 81

Il allait devenir fou. Il n'en pouvait plus de cette chambre, de ces murs blancs, de cette absence de fenêtre, d'horloge, de compagnon de chambre. Rien ! Il n'y avait rien ! Il était seul ! Seul parmi ces fous ! Et il allait bientôt devenir fou… comme eux.

Il hurla et hurla encore.

« Laissez-moi sortir ! Laissez-moi sortir bande de fous ! »

Il voulait tant sortir dehors. Dehors hors de cette chambre, de cette prison pour fou ! Il allait devenir fou. Oui il commençait même déjà à devenir fou… La solitude et l'ennuie le rendaient fou. Il ne pouvait rien faire. Pas de télévision, pas de livres, pas de journaux, pas de compagnie. Rien, il n'y avait rien à faire. Il passait ses journées à supplier qu'on le laisser sortir, qu'on le laisse voir l'extérieur, qu'on le laisse voir Airi… Oh sa Airi…Elle était partie… Il l'avait perdue… Elle l'avait laissée comme tout le monde… Il était seul, seul au monde, sans personne…

Et il hurlait. Hurlait jusqu'à temps que quelqu'un ouvre cette porte. Mais jamais il ne sortait. Non, il était cloitré dans cette chambre blanche, morne, monotone, silencieuse et vide…

On l'avait envoyé dans cet hôpital psychiatrique après son procès. On ne l'avait pas crû quand il avait dit avoir prémédité tout, avoir tout pensé et tout planifié. On avait crû qu'il avait perdu l'esprit, toute raison. Et il avait eu beau s'évertuer à crier qu'il n'était pas fou, qu'il savait parfaitement ce qu'il faisait, qu'il avait fait ça pour se venger de lui. De cet Athrun Zala qui en plus de lui avoir pris sa vie lui avait fait perdre sa femme ! Si seulement il n'avait pas existé ce cafard, si seulement elle ne l'avait jamais rencontré, rien, rien de tout cela ne serait arrivé ! Il aurait épousé Cagalli et l'aurait trompée sans remord ! Il aurait eu sa vie de rêve, avec sa maitresse, sa Airi… Oh sa chère Airi… Pourquoi l'avait-elle laissée elle aussi… ? Pourquoi ne l'avait-elle pas comprise… ?

« Cafard ! Pourriture ! Ordure ! Oh je te tuerai de mes mains ! Je t'étranglerais moi-même et je te regardais mourir droit dans les yeux. Zala je te tuerai ! Tu entends je te tuerai sale cafard ! »

La porte s'ouvrit. Trois hommes en blouse blanche entrèrent et s'emparèrent de lui. On le jeta au sol, le cloua par terre et il sentit un aiguille entrer dans sa nuque. Et voilà, on le sédatait encore…Mais pourquoi ne le laissait-on pas sortir ? Il voit juste la voir elle…

Il se sentit partir et ferma lentement les yeux. Il tenta de résister mais la dose était trop forte…Il retomba dans les limbes d'un sommeil forcé.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, une jeune femme était là. Assise sur le bord de son lit, elle le regardait tendrement, amoureusement.

« Airi… »

La femme esquissa un sourire. Elle était si belle…

« Airi…, gémit-il. »

La jeune femme avança sa main doucement sa main vers son visage et effleura sa joue. Il ferma les yeux et se laissa calmer par sa douceur et sa délicatesse. Même dans ses rêves, elle venait le hanter… Elle lui manquait tellement…

Le lendemain lorsqu'il se réveilla à nouveau, il était seul. Encore et toujours seul…

Avril CE 81

(POV Athrun)

Quelqu'un repoussait des cheveux de mon front. Cette personne était tendre et douce, elle agissait comme une mère le ferait envers son enfant.

A côtés d'elle, il y avait quelqu'un avec qui elle discutait à voix basse. Je ne comprenais pas ce qu'ils se disaient mais leurs voix m'étaient familières. Très familières. Une femme et un homme, un couple.

« Athrun ! M'appela la voix féminine. »

Maman ! Non ce n'était pas elle…

Les deux personnes se chuchotèrent quelque chose et la femme reprit, toujours d'une voix douce :

« Athrun, mon chéri, c'est l'heure de se réveiller ! »

Maman…si c'était elle. Il n'y avait qu'elle qui pouvait m'appeler ainsi.

« Hey, marmotte ! M'interpella la voix masculine. »

Je grognai.

« C'est qu'il a toujours autant de mal à se réveiller, Léonore !

- Voyons Patrick, après ce qu'il a vécu c'est normal. »

Léonore ? Patrick ? Mes parents vivants ? Non c'était impossible…

La main effleura à nouveau mon front.

« Athrun ! Réveille-toi mon chéri ! »

Je tournai la tête vers la personne que je supposai être ma mère en gémissant. J'avais beaucoup de mal à sortir de mon sommeil. J'avais l'impression d'avoir dormir profondément pendant plusieurs jours d'affilés et pourtant j'étais toujours aussi fatigué.

J'ouvris lentement mes yeux plus les refermai immédiatement. Mes paupières étaient si lourdes…

« Patrick regarde il se réveille ! »

Une main puissante pris la mienne.

« Courage fiston ! Le plus dur est passé ! »

Je serrai la main et me forçai à rouvrir les yeux. Petit à petit un décor se dessina. Des murs… une étagère remplie de livre…un bureau sur lequel était posé plein de pièces et d'outils… Ma chambre sur December City. Au premier plan deux visages souriants et familiers apparurent. L'un était encadré par de longs cheveux soyeux, de la même couleur que les miens et l'autre était beaucoup plus flou.

Je fronçai les yeux et me concentrai pour obtenir une vision claire. Des détails sur les visages se firent de plus en plus nombreux et je découvris ma mère assise sur le bord du lit qui me regardait avec émotion ainsi que mon père assis sur une chaise juste à côté de ma mère qui serrait ma main dans la sienne.

« Papa…Maman…, murmurai-je péniblement

- Oui, mon chéri. C'est bien nous.

- Où suis-je ?

- Sur Terre, dans une chambre d'hôpital. »

Je clignai plusieurs fois des paupières. Une chambre d'hôpital me disait-elle. J'aurais plutôt dit ma chambre, chez nous sur les Plants…

« Mais…, voulus-je contester.

- Laisse-moi terminer, m'ordonna-t-elle en posant son index sur mes lèvres. »

Je hochai la tête.

« Tu te trouve là-bas, dans cet hôpital à… Comment s'appelle cette ville déjà, Patrick ?

- Yamagata.

- Ah oui, Yamagata c'est vrai. Donc je te disais, tu te trouve là-bas. Mais là nous sommes dans un de tes rêves, mon chéri. »

J'étais dans un hôpital sur Terre mais là on était dans un de mes rêves. Que voulait-elle dire ?

« Je suis… mort ?

- Non ! Tu dors. Tu reprends des forces.

- Je ne comprends pas…

- Ne t'inquiète pas. Après ce que tu as subi, c'est normal que tu sois un peu perdu et déboussolé mais ca va revenir lentement. On va t'aider à te souvenir, n'est-ce pas Patrick ?

- Oui, fiston on va s'occuper de toi jusqu'à temps que tu aies suffisamment de force pour te réveiller complètement. »

Mais de quoi me parlait-il ? Que s'était-il passé ? Pourquoi étais-je si fatigué… ?

Je refermai les yeux mais une main se posa sur mon visage et me força à les rouvrir.

« Non mon chéri, tu ne dois pas te rendormir.

- Laisse-moi dormir Maman, je suis tellement épuisé…. »

Mes paupières se refermèrent toute seule. J'avais tant sommeil…

« Non Athrun ! Tu as suffisamment dormi comme ça ! »

Je sursautai à la grosse voix de mon père et une vive douleur au ventre me fit gémir. Je portai ma main libre au point de départ de celle-ci et serrai mon bras autour de mon ventre.

« Tu as mal, mon chéri ? M'interrogea ma mère. »

Je ne répondis rien. J'étais tellement absorbé par ma douleur que je n'avais pas la force de lui répondre. Une main s'insinua entre mon bras et mon ventre pour se poser sur l'endroit le plus douloureux, prés de mon côté gauche. La chaleur qui se dégagea de cette main rendit lentement la douleur de plus en plus diffuse et supportable. Elle finit par disparaître et j'essayai de me redresser.

« Ne bouge pas, mon chéri

- Oui écoute ta mère fiston. Tu dois rester allongé.

- Pourquoi… ?

- Parce que tu as été gravement blessé.

- Comment… ?

- Quel est ton dernier souvenir, mon chéri ? »

Mon dernier souvenir ?

Des cris s'élevèrent dans ma tête.

« Mais parle bon sang ! Défends-toi ! Explique-moi pourquoi subitement tu as changé ! »

Une dispute… Entre moi et Cagalli. Des larmes se mirent à couler le long de mes joues, je n'arrivais pas à les retenir

« Je me suis disputé avec Cali… Je crois parce que je lui ai mentis…Je lui ai caché quelque chose… quelque chose de grave… Je n'arrive pas à me souvenir quoi…

- Essaie mon chéri. »

Je cherchai dans ma mémoire.

« Des lettres… Oui c'est ça des lettres de menace contre notre famille…

- Continue fiston.

- On s'est disputé violement… Elle avait mal que je la mette de côté… Mais moi, je ne voulais pas qu'elle souffre à cause de moi… Je l'aime tellement… On s'est disputé et je suis parti chercher Léonore… Kira était là… Il était inquiet… On est rentré…et ensuite je me souviens plus…

- Vous êtes rentrés et tu as conduit. Tu te rappelles de ça ?

- Oui… Enfin je crois… Léonore était devant… Elle me parlait, elle me demandait où on pouvait trouver le code de la route… »

Je me mis à rire doucement.

« Elle veut toujours tout savoir… Tous les jours, elle veut apprendre quelque chose de nouveau, elle me pose toujours plein de questions…

- Oui, elle est aussi curieuse que toi. Toi aussi tu voulais toujours tout comprendre. Tu nous posais plein de questions à ton père ou à moi. Tu n'arrêtais pas. »

Je me remis à rire en rappelant comment j'étais lorsque j'étais plus jeune. Comme ma fille, aussi curieux et avide de savoir.

Mes parents me suivirent quelques secondes plus tard et j'en profitai pour les observer. Ils étaient si proches, si souriants. Comme avant, avant Junius Seven.

« Elle te ressemble Maman…

- Elle a beaucoup pris de sa mère aussi, me fit remarquer mon père. Non ?

- Oui, acquiesçai-je. Elle a ses magnifiques cheveux et son beau sourire. »

Cagalli…Où était-elle ?

« Tu as une merveilleuse famille, mon chéri. Ta femme est éblouissante et charmante, et ta fille… Oh ta fille est si belle…

- J'aimerais tellement que vous les connaissiez…Cagalli est…. Tu te serais entendue à merveille avec elle… Vous me manquez tellement… »

Je me mis à pleurer. C'était si dur de vivre sans eux…

« Chut mon chéri…

- Nous seront toujours là, fiston, m'assura mon père en serrant ma main. »

Ils me firent tous les deux un grand sourire que je leur rendis. Mon père soupira.

« Ca serait avec plaisir que nous passerions des heures à parler avec toi fiston… Mais là, maintenant, tu dois te souvenir. Léonore te parlait et ensuite que s'est-il passé ? »

Je fouillai dans mes souvenirs.

« J'ai regardé dans le rétroviseur… Et quand j'ai reposé mon regard sur la route, il y avait… il y avait un fou qui allait griller le stop…. Je me suis jeté sur ma fille, notre voiture a fait un tonneau… puis il y eut de la fumée, Léonore toussait. J'ai tout fait pour sortir et… et…Après c'est le noir… »

Je fermai les yeux et essayai de me souvenir.

« Léonore ? Où est Léonore ? Je me redressai brusquement et cela m'arracha un cri de douleur. »

Je me pliai en deux et ma respiration s'emballa. Ma fille ? Où était ma fille ?

Mon père lâcha ma main, se précipita vers moi et me rallongea.

« Léonore ? Où es ma fille ?

- Athrun, calme-toi. Ta petit fille va bien. Ta famille va bien. C'est toi qui… »

C'est moi qui quoi ? Que s'était-il passé ?

« Mon chéri, tu as perdu connaissance. Tu as été frappé par un débris de ta voiture et tu t'es écroulé par terre. Celui qui s'en prenait à ta famille, il… il t'a tiré dessus. Ton ami, Kira, il t'a maintenu en vie jusqu'à l'arrivée des ambulanciers et depuis tu es dans le coma mon chéri. Ta famille est prés de toi. Ta femme t'attend, tu ne l'entends pas ? »

Une voix lointaine et faible parvint soudainement à mes oreilles.

« Athrun…Athrun, mon cœur… »

Cagalli ! Pourquoi ne l'avais pas entendue avant. Je fermai les yeux et je l'entendis encore plus distinctement. Sa voix, sa douce et mélodieuse voix… Je me mis à sourire.

« Si. Maintenant si, annonçai-je en rouvrant les yeux. »

Je vis alors la pièce commencer à se désagréger. Mes parents s'éloignèrent et leur image se fit de plus en plus pâle.

« Ta famille t'attend mon chéri. Ton heure est loin d'être arrivé. Tu as encore plein de chose à vivre. Sois heureux, Athrun.

- Non… Papa ! Maman !

- Fiston, prends soin de ta femme ! C'est une perle rare. »

Ils m'adressèrent un dernier sourire avant de disparaitre à leur tour. Le noir m'entoura brusquement et je fermai les yeux, apeuré et angoissé. Qu'allait-il se passer maintenant ?

« Athrun… »

Cagalli ! C'était sa voix ! Elle était là, elle me tenait la main. J'ouvris les yeux lentement.

Le décor avait de nouveau changé, il y avait beaucoup de lumière maintenant. Elle m'aveuglait même.

Elle lâcha ma main et courus quelque part puis revint. Ses doigts effleurèrent mon front et elle écarta d'un geste tendre mes cheveux.

« Athrun, mon cœur… »

Je me laissai guider par sa voix et rouvris les yeux. A ma droite, il y avait elle. Elle qui me souriait et me regardait tendrement.

23 Avril CE 81

(POV Cagalli)

« Kira ! Kira réveille toi ! Hurlai-je »

- Hein ? Quoi ? Qu'est ce qui se passe ? »

Un bruit métallique déchira le silence régnant dans la chambre. Kira s'était réveillé en sursaut et était tombé de sa chaise. Il se releva précipitamment et s'approcha de moi, affolé :

« Qu'est-ce qu'il y a Cagalli ?

- Ses paupières ont frémis ! Kira, je crois qu'il se réveille… »

Athrun tourna la tête vers moi et battit faiblement des paupières.

« Oh mon dieu Kira, il se réveille ! M'exclamai-je les larmes aux yeux. »

Il fronça les sourcils et les doigts de sa main gauche se plièrent légèrement. Il serra faiblement ma main en fronçant de nouveau les sourcils. Il se réveillait ! Après deux semaines passées dans le coma, il se réveillait !

« Reste calme Cagalli ! Je vais chercher les médecins ! »

Mon frère sortit de la pièce en courant et en appelant le personnel médical. Sa voix se fit de plus en plus lointaine et je reportai mon entière attention sur mon mari.

« Athrun…, l'appelai-je »

Ses paupières se soulevèrent faiblement et il referma tout de suite les yeux. La lumière ! Elle l'aveuglait ! Je courus l'éteindre et repris sa main dans la mienne. Je dégageai son front de ses mèches en l'appelant.

« Athrun, mon cœur… »

Il rouvrit lentement les yeux et des larmes coulèrent le long de mes joues. Il était sorti du coma ! Il était de retour parmi nous !

Il plongea son regard dans le mien et mon cœur se mit à battre à tout rompre. Il était réveillé !

Le temps s'arrêta, se figea. Je n'entendis pas les bruits de pas de plusieurs personnes venant vers sa chambre, ni les ordres lancés par une voix masculine que je connaissais bien. Non tout ce brouhaha me semblait lointain, hors de mon temps. Mon monde se limitait à lui que je venais de retrouver, à son regard fatigué rivé dans le mien.

Ce fut le claquement des portes battantes qui me fit reprendre pied à la réalité. Quelqu'un passa ses bras autour de ma taille et m'éloigna de mon mari. Nos mains se séparèrent et je tentai de rattraper la sienne mais la personne continua à me tirer. Nos doigts s'effleurèrent et je hurlai :

« Non ! Lâchez-moi ! »

Je me débattis. Il essaya de m'appeler mais le tube qu'il avait dans la gorge l'empêcha de prononcer le moindre mot.

« Non ! Ne parle pas mon cœur ! Ne parle pas, je t'en supplie. »

On continua à m'éloigner de lui et je me débattis encore plus. Mon coude heurta la joue de la personne qui me maintenait prisonnière mais elle ne lâcha pas prise.

« C'est moi Cagalli ! S'écria-t-elle. »

Kira.

« Calme-toi ! Laisse faire les médecins !

- Non ! Laisse-moi Kira ! Il a besoin de moi !

- Laisse-les travailler ! M'ordonna-t-il durement. »

Il me tira hors de la chambre et les portes se refermèrent. Ma vision s'embruma de larmes et je le perdis de vue. Il y avait tellement de personnes tout autour de lui. Kira me retourna et me serra contre lui.

« Calme-toi ! »

Je m'agrippai à son haut et frappai son torse. Il n'avait pas le droit de m'éloigner de lui, de me mettre à l'écart ! Il n'avait pas le droit ! Je le martelai encore et encore mais il ne lâcha pas prise.

« Arrête Cagalli ! Calme-toi !

- Je lui ai promis de rester avec lui… Tout le temps…, sanglotai-je

- Je sais Cagalli. Je sais… »

Il passa sa main dans mes cheveux et me colla contre son torse. Pourquoi ne me laissait-il pas y aller s'il savait ?! Pourquoi me forçait-il à rompre ma promesse ?!

« Pourquoi Kira ?!

- Chut ! Calme-toi petite sœur. Calme-toi. »

Sa voix et son contact m'apaisèrent et je me détendis un peu.

« Tout va bien maintenant. Il est réveillé. Les médecins vont s'occuper de lui et après tu pourras retourner prés lui. »

Sa phrase résonna dans ma tête. Retourner prés de lui. Tenir ma promesse. Retourner prés de lui. Lui demander pardon.

« Mais d'abord, il faut que tu manges quelque chose d'accord ?

-Non ! Je n'ai pas faim, Kira ...

- Toi non peut-être, mais votre enfant, lui, a besoin que tu t'alimentes ! Tu m'avais promis ! »

Notre enfant…Son enfant. L'enfant qu'il voulait que nous ayons. Le fils, le petit frère qu'il attendait pour Léonore. Ma tête se mit à bourdonner. Encore un malaise…

« Je ne me sens pas bien Kira…

- Tu ne tomberas pas cette fois, je te tiens, m'assura-t-il. Viens, accroche-toi à moi et marche doucement. »

Je me pendis à son bras et le suivis en regardant mes pieds pour ne pas tomber. Il se dirigea vers les sièges installés dans le couloir, contre le mur, et me fit asseoir.

« Je reviens tout de suite, me promit-il. »

Il lâcha ma main et disparut. Je ramenai mes jambes contre ma poitrine, posai ma tête entre mes genoux et fermai les yeux. J'avais l'impression que le monde autour de moi tournait. J'entendais mon sang battre dans ma tempe. Je me savais prête à tomber dans les pommes à cause de mon manque d'alimentation mais je résistai. Non pas maintenant, je ne devais pas flancher. Il avait besoin de moi, là tout de suite maintenant.

« Tiens, bois-ça. »

Je relevai la tête au son de la voix de mon frère. Il s'était assis à côté de moi et me tendait un gobelet rempli d'eau. Je l'acceptai et le bu à petite gorgée. Je l'entendis froisser du papier.

« Et mange-ça aussi. »

Il me fourra une barre chocolatée dans les mains en même temps qu'il me retira mon gobelet vide. Je la regardai mi-écœurée mi-amusée. Du chocolat…

« Je suis désolé, c'était ça ou une barre à la pêche.

- C'est très bien.

- Alors enfourne-moi ça ! »

Je croquai dedans et pris un instant pour savourer l'amertume du cacao. Je me mis à sourire. Elle me rappelait toutes les matinées où je l'avais fait lever à cause de mes envies de chocolat.

« Heureux de te voir sourire comme ça…

- Représentante ? M'interpella quelqu'un.

- Madame Zala, repris-je en relevant la tête. »

Le médecin était là et me souriait.

« Il vous demande, m'annonça-t-il. »

Je me redressai et commençai à me diriger vers sa chambre.

« Attendez ! »

Il m'attrapa le bras et je me retournai vers lui.

« Avant, j'ai quelques recommandations à vous faire. Pas trop de bruit. Pas trop de monde, maximum trois personnes car il est encore très fatigué. Et surtout ne le faîte pas trop parler.

- Et… ? Voulus-je commencer.

- Bien-sûr votre fille pourra rester avec vous cette nuit.

- Merci, parvins-je à articuler malgré l'émotion. »

Il se décala et je me précipitai dans sa chambre, Kira derrière moi. Je m'arrêtai quelques secondes devant la porte. Il était extubé. Ses yeux étaient clos et sa tête légèrement tournée vers le tabouret sur lequel j'étais assise quelques minutes plus tôt.

Ma main se posa sur l'un des battants et j'hésitai à le pousser. Peut-être qu'il fallait mieux que je le laisse se reposer ?

La paume de Kira se posa sur le dos de ma main et il appuya sur la vitre en verre. La porte s'ouvrit et il souleva lentement ses paupières en gémissant faiblement. Son regard se posa sur moi, puis sur Kira et il nous offrit un petit sourire.

« Cali…, m'appela-t-il faiblement. »

Sa voix était rauque et très faible. Je m'avançai vers lui et m'installai juste à côte de lui. Je repris sa main droite dans les miennes et y déposai un léger baiser. Ses doigts effleurèrent ma joue et je lui murmurai.

« Je suis là, mon cœur. Je suis là. »

Des larmes de joie se mirent à couler le long de ses joues.

« Pardonne-moi, me demanda-t-il.

- Il n'y a rien à pardonner. C'est à moi de te demander pardon. »

Il voulut me répondre mais je posai mon index sur ses lèvres.

« Plus tard. Repose-toi, mon cœur.

- Je t'aime, me rappela-t-il en fermant les yeux. »

Il était exténué. Mais au moins, il est était réveillé.

« Moi aussi je t'aime, chuchotai-je en caressant sa joue. »

Je me levai et embrassai son front.

« Je t'aime Athrun. »

Un sourire naquit sur ses lèvres et je laissai couler librement mes larmes. J'étais tellement heureuse que j'en pleurais.

Une main se posa sur mon épaule et mon frère m'annonça tout doucement

« Je vais prévenir tout le monde et chercher Léonore et Ryũ.

- Merci Kira. Merci pour tout ce que tu as fait. »

Il me serra faiblement l'épaule puis me conseilla :

« Repose-toi un peu.

- Je vais essayer. »

La porte battit quelques instants et le silence s'installa dans la pièce.

Je le regardai dormir. Dormir... Oui maintenant il dormait simplement. Il était plongé dans un sommeil dont il pouvait se réveiller à tout moment. Il dormait paisiblement.

Le poids sur mon cœur avait disparu. Je n'avais plus peur maintenant. Je me sentais sereine.


Quelqu'un frappa à la porte et je vis ma tante en tenue d'infirmière derrière la vitre. Elle avait quitté son service pour venir le voir. Je lui fis signe de rentrer et elle poussa la porte.

Elle vint s'installer en face de moi et posa sa main sur son bras gauche avec la tendresse d'une mère.

« Comment va-t-il ?

- Fatigué mais de retour.

- Je reviendrais vous voir après ma garde

- D'accord Caridad. »

Elle passa sa main dans ses cheveux et le regarda avec tendresse. Puis partit et je me retrouvai de nouveau seule avec lui. Je le regardai jusqu'à temps que mes yeux se ferment tout seul. Je tentai de résister mais mon corps réclamait le repos que je lui avais refusé pendant deux semaines.


Je fus réveillée par le doux contact de ses doigts sur ma joue. Il l'effleurait timidement et avec tendresse. Je souris et ouvris les yeux. Je tournai la tête vers lui et ses doigts parcoururent mon visage. Ils s'arrêtèrent sur mes lèvres et je le laissai les caresser. Ils repartirent ensuite vers ma joue pour s'y stopper définitivement. Sa paume entra en contact avec ma peau et je serrai sa main contre mon visage.

Il ferma les yeux et se rendormit. Il souriait. Mon mari était de retour. Le Athrun que j'avais connu et que j'avais épousé était de nouveau là prés de moi.

Plus jamais de disputes, plus jamais un mot plus haut que l'autre, me promis-je.

Plusieurs dizaines de minutes s'écoulèrent avant que des personnes, chuchotant à voix basse, n'entrent dans la pièce. Je me retournai et découvris que Kira était de retour avec Ryũ et Léonore. Mon frère et notre « fils » me firent un petit signe et je compris qu'il ne lui avait pas dit pourquoi il l'avait emmenée là.

Je l'invitai à venir sur mes genoux et elle s'empressa. Elle s'installa en face de son père et prit délicatement sa main dans les siennes. La porte battit et je jetai un coup d'œil à ma droite. Ils n'étaient plus là, ils étaient partis pour nous laisser seuls quelques instants.

Le bruit que la porte fit en se refermant tira mon mari du léger sommeil dans lequel il était retourné. Il serra la main de notre fille et elle poussa un cri de surprise.

« Papa ? L'appela-t-elle. »

Il réagit à sa voix et Léonore s'écria :

« Maman, Papa se réveille ! Regarde, il se réveille !

- Je sais, ma puce. »

Il ouvrit les yeux et rencontra le regard de sa fille.

« Bonjour ma petite princesse, murmura-t-il. »

Elle lâcha sa main et se jeta à son cou en pleurant.

« Papa !! »

Athrun étouffa un gémissement de douleur mais m'arrêta d'un geste de la main lorsque je me levai pour l'éloigner de lui. Il hocha la tête et je me rassis. Il bougea son bras droit jusqu'à son dos et la serra contre lui. De nouvelles larmes se formèrent au coin de mes yeux. Ma fille et son père de nouveau dans les bras l'un de l'autre. Depuis quand ne l'avait-il pas serrée contre lui comme ça… ?

Les minutes passèrent et il la garda contre lui. Il pleurait silencieusement en la serrant contre son torse. Il avait dû avoir tellement peur de la perdre quand ils avaient eu leur accident…

Je n'en revenais d'ailleurs toujours pas qu'il ait eu le courage de se détacher pour lui faire bouclier de son corps. A sa place j'aurais été paralysée par la peur, mais lui avait su garder son sang froid et analyser la situation rapidement. Il était vraiment un père extraordinaire !

Un long moment s'écoula et je les observai tous les deux. Athrun s'était rendormi mais tenait toujours Léonore contre lui. Notre fille, elle, ne bougeait pas non plus. Je me levai et me penchai vers elle. Elle dormait, contre son père.

La porte s'ouvrit et deux personnes parlant tout bas rentrèrent dans la pièce. Kira et Ryũ étaient revenus. Ils s'arrêtèrent de discuter

« Ils se sont endormis, annonçai-je.

- On voit ça !

- Léonore n'a pas beaucoup dormi cette nuit, m'appris Ryũ. Elle n'a pas arrêté de faire des cauchemars.

- Je rentrerais plus souvent le soir. Oui maintenant qu'il va mieux, je rentrerais plus souvent c'est promis.

- Elle avait surtout très peur qu'Athrun ne se réveille pas. Tout va aller de mieux en mieux Cagalli

- Oui, je sais… »

Léonore poussa un gémissement plaintif. Nous allions finir par la réveiller à force de parler…

Kira s'approcha de moi et me murmura à l'oreille.

« Je vais rentrer Cagalli. Yzak doit atterrir cette après-midi et je vais le chercher.

- D'accord. »

Il m'embrassa sur le front et me conseilla encore une fois de manger un peu. Je savais qu'il était inquiet mais je n'avais pas faim du tout. Je lui promis cependant de grignoter un peu ce midi. Il fallait que je me force, pour notre enfant.

Kira sortit mais Ryũ ne le suivit pas.

« Tu restes ?

- Oui. »

Je souris.

« Il sera content de te voir. »


Plus tard dans la matinée, Athrun se réveilla et nous offrit son plus beau sourire. Il observa ensuite la chambre dans laquelle il se trouvait et m'interrogea d'un regard sur tous les bouquets qui se trouvaient là.

« Celui-ci est de tes élèves, celui-là de Ledonir et sa femme, celui-là des émirs… Mmm…celui-là de Meyrin… Ils ont tous pensé à toi… »

Des larmes me montèrent aux yeux. Je repensais à ce jour terrible.

« J'ai eu si peur, Athrun… Tellement peur de te perdre… »

Il quémanda ma main et la serra doucement.

« Ne pleure pas… C'est fini... »

Je dégageai ma main de sa faible emprise et la posai sur mes genoux à côté de l'autre. Je serais mes poings et laissai mes larmes couler. Je n'étais pas digne de lui… Pas après ce que j'avais fait…

« Si tu savais à quel point je regrette Athrun… Tout ce que je t'ai dis… Tout ce que je t'ai reproché… Je ne le pensais pas une seule seconde… Je m'en veux tellement… J'aurais dû… »

Je m'arrêtai. Sa paume s'était posée sur mes joues et il essuyait avec tendresse mes larmes.

« Ne pleures pas… Tu es tellement plus belle quand tu souris…

- Athrun…

- Je t'en prie, ne pleures pas… Je n'aime pas te voir pleurer… »

Je reniflai et essuyai mes larmes.

« Pardon, mon cœur. Mais je m'en veux tellement… Si seulement j'avais essayé de te comprendre, tu…

- Approche, s'il te plaît, me coupa-t-il. »

Je le regardai, surprise. Que voulait-il ? Avait-il mal quelque part ? Sa voix ! Mais oui, je ne devais pas trop le faire parler. Je m'affolai.

« Tu as mal quelque part ? Tu veux que j'aille chercher les médecins ?

- Non. »

Il me fit un petit sourire amusé.

« Viens s'il te plais Cali. »

Je le dévisageai mais m'exécutai. Je me levai et m'approchai de lui. Il m'invita à me pencher et j'obtempérai. Il m'intriguait.

Lorsque nos visages ne furent plus qu'à quelques millimètres l'un de l'autre, je sentis ses lèvres se poser sur les miennes. Un baiser court et éphémère tel une douce caresse qui me rappela le mois et demi que j'avais vécu sans mon mari. Depuis mon agression, il ne m'avait pas embrassée, ni même touchée. Il me protégeait…

« Je t'aime. Je t'aime Cali. »

Ces trois petits mots me firent fondre en larmes.

« Pardon… Pardon de t'avoir mise à l'écart, s'excusa-t-il en caressant ma joue.

- C'est fini. Oublier. N'en parlons plus. Repose-toi, c'est le plus important maintenant. »

Je coupais court à la discussion ainsi mais il fallait. Je ne voulais plus repenser à tout ça, ni le lui faire revivre. Nous avions faits des erreurs. Il fallait aller de l'avant maintenant et vivre pour le présent…et le futur.

Il referma les yeux et se rendormit instantanément, notre fille toujours contre lui. Je me laissai tomber sur le fauteuil que je venais de quitter et soufflai.

« Tu veux que je te laisse un peu seule Cagalli ?

- Non, c'est bon Ryũ reste.

- Tu es sûre ?

- Oui, affirmai-je. Tu as réussi à faire ton devoir de maths ?

- Oui. Yzak m'a aidé. »

Je ris. J'aurais aimé voir ça tiens. Yzak en professeur, mon pauvre Ryũ avait dû ne plus avoir d'oreille après ça.

« Ca va, il n'a pas trop hurlé ?

- Heu… »

Il leva les yeux au ciel.

« Un peu. Bon c'est sûr que ce n'est pas Athrun mais il ferait un bon professeur quand même. »

J'esquissai un sourire. Ce chez Yzak, toujours le même.

« On ne dirait pas mais sous ses airs d'homme glacial se cache un cœur d'artichaut.

- C'est pas rien de le dire. Vous comptez beaucoup pour lui. »

Je posai mon regard sur Athrun et posai ma main sur mon ventre encore plat.

« Sans lui, je crois que j'aurais fait une énorme connerie.

- Tu comptes lui dire quand ?

- Bientôt… Quand il ira mieux… »

5 Mai CE 81

Presque deux semaines s'étaient écoulées depuis qu'il s'était réveillé et il avait été transféré dans une autre chambre seulement quelques jours plus tard : ne nécessitant plus autant d'attention qu'avant, il n'avait plus besoin d'être en réanimation.

Il se rétablissait plutôt vite et les médecins lui prévoyaient encore un mois, voire un mois et demi au grand maximum, avant de pouvoir rentrer à la maison. Le temps de faire un peu de rééducation pour retrouver les muscles qu'il avait et allait encore perdre durant son repos absolu.

Pour le moment, il n'avait pas le droit de quitter son lit sans aide et n'avait été autorité que seulement deux jours plus tôt à quitter sa position semi couchée pour celle assise. Il avait accueillit la nouvelle avec joie et s'était empressé de s'asseoir en tailleur pour observer les environs par sa fenêtre.

Je plaignais vraiment les infirmières et les médecins qui avaient dû batailler avec lui jusqu'à ce jour-là pour qu'il respecte leurs indications. Ils avaient eu beau lui répéter qu'il revenait de loin et que le moindre faux-pas pouvait ralentir sa guérison, il les écoutait d'une oreille distraite et n'avait qu'une seule hâte : sortir et retourner à la maison. Mais bon à force de lui rabâcher, il avait arrêté de ronchonner et attendait désormais patiemment ce jour bénit que serait son retour au manoir.

Bien sûr, même s'il ne me disait rien, je voyais bien qu'il s'ennuyait à mourir et que le moment de la journée qu'il préférait était notre arrivée. Dés qu'il nous voyait son visage se parait d'un magnifique sourire et il passait toute la fin d'après-midi à parler avec nous. Souvent, pendant que Ryũ faisait ses devoirs avec lui, Léonore lui racontait en détail sa journée d'école et moi je les écoutais tout en travaillant.

J'avais en effet repris mon poste à plein temps une semaine après son réveil et les enfants étaient retournés à l'école le jour de la rentrée. Du coup, il se retrouvait seul une grosse partie de la journée. Kira essayait de lui tenir compagnie autant qu'il pouvait mais ces derniers jours il se battait avec ses supérieurs pour obtenir encore quelques semaines de permissions. Il essayait tant bien que mal de leur exposer la situation, seulement ils ne voulaient rien entendre et estimait que maintenant que son beau-frère allait beaucoup mieux il n'avait aucune raison valable de rester et qu'il devait rentrer dans les plus brefs délais. C'était à croire qu'ils aimaient lui mettre des bâtons dans les roues….

Pour lui faire passer le temps pendant que nous n'étions pas là, nous lui avions donc fait mettre la télévision qu'en fait il ne regardait que très peu et préférait à la place dévorer les livres que je lui amenais. Tellement il s'ennuyait, il m'avait supplié de lui amener le paquet de devoirs sur son bureau, dont il en terminait actuellement la correction, ainsi que son ordinateur portable pour préparer ses cours.

Je soupirai. Comment allais-je réussir à le faire rester encore un mois… ? C'était presque mission impossible. Il prévoyait déjà de retourner travailler alors… Jamais il ne changerait… En sept ans il ne s'était pas assagi, ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait commencer. C'était fou ce besoin qu'il avait de toujours s'occuper. Incapable de tenir en place !

Heureusement que je restais avec lui une soirée sur deux, sinon je crois bien qu'il ferait tout en sorte pour rentrer le plus rapidement possible. Heureusement aussi d'ailleurs qu'il ne savait toujours pas que j'étais enceinte parce qu'il m'aurait interdit de faire tous ces allers et retours par peur d'un quelconque problème. A croire que pour lui, je devenais aussi fragile que de la porcelaine.

Je soufflai une nouvelle fois. Il fallait que je lui dise, je le savais… Seulement je n'avais toujours pas trouvé le bon moment, je ne voulais pas qu'il se force. J'avais eu de la chance jusqu'à présent qu'il ne remarque rien, ni mes nausées, ni mon petit appétit, ni les attentions excessives de Ryũ et Kira. Mais ça n'allait pas durer…et je ne voulais pas qu'il l'apprenne par quelqu'un d'autre.

Bon allez, aujourd'hui j'allais lui dire ! Je commençais un peu plus tard pour une fois, c'était l'occasion ou jamais. Et puis cela nous permettrait de parler un peu d'autre chose que des récents évènements. J'en avais marre de l'entendre tout le temps s'excuser platement. J'étais autant en faute que lui. Je voulais qu'on passe à autre chose, qu'on oublie tout ce qui s'était passé et que l'on pense uniquement au présent.

Il bougea en grognant faiblement. Il se réveillait. Mon cœur se mit à battre plus vite. Je stressai. J'avais tellement peur de la façon dont il allait réagir à cette nouvelle... Mais bon sang il n'avait aucune raison qu'il ne soit pas heureux ! Il l'avait autant voulu que moi !

« Bonjour Cali… »

Il se releva un peu trop rapidement et grimaça en serrant son bras contre son ventre. Et voilà…

« Athrun… »

Je me précipitai vers lui pour l'aider à s'asseoir.

« Combien de fois t'a-t-on répété de prendre ton temps pour t'asseoir ? »

Il râla.

« Je sais Cali…Mais j'en ai tellement marre. Cette chambre me ressort par les yeux ! »

Je levai les yeux au ciel en soupirant. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas entendu celle là. !

« Ecoute mon cœur… Tu as encore un mois à tenir, ce n'est rien.

- Quoi ? Encore un mois cloué sur ce lit ?

- Non, pas cloué sur ce lit. Tu vas pouvoir marcher avec le kiné bientôt.

- Je n'ai pas besoin d'un kiné pour marcher ! Je vais bien…

- Athrun !

- Quoi Cali ?

- Il n'y a pas de « quoi Cali ? », Athrun ! Tu vas marcher avec ce kiné, un point c'est tout ! Et si je te vois debout sans lui à tes côtés, je m'arrangerais moi-même pour que tu restes encore un bon moment cloué dans ton lit, suis-je assez claire ?

- Tu ne frapperais pas ton mari blessé quand même ?

- Si, s'il continue à faire son gamin !

- Mais… »

Je l'interrompis par un baiser.

« Fais le pour nous Athrun.

- Bon d'accord, je marcherais avec ce kiné.

- Bien.

- Mais…

- Il n'y a pas de mais qui tienne, tu n'es pas en position de force.

- Mais je veux en échange que tu manges un peu plus… »

Il avait remarqué…

« Je n'ai pas faim, Athrun…, essayai-je de me défendre.

- Il faut te forcer où sinon tu vas rentrer dans un cercle vicieux. Crois-moi, je sais de quoi je parle Cali….

- J'essaye. J'essaye Athrun… mais tu sais ce n'est pas… »

Je me sentis pâlir… Ah non pas encore…. Non pas ces foutues nausées !

« Cagalli… ? »

Je mis ma main devant ma bouche et courus aux toilettes pour y vider le contenu de mon estomac. Foutues nausées ! Qu'est ce que j'en avais marre ! Vivement que cette douzième semaines soit passé, je n'en pouvais plus !

« Cagalli ? Cagalli, tu vas bien ? »

Athrun était en train de s'affoler… J'aurais dû lui dire plus tôt !

« Tout va bien Athrun, tentai-je de le rassurer. »

Je me penchai au dessus du lavabo et inspirai à fond. Mes bras tremblaient et je me sentais toujours un peu faible. Je ne pouvais pas revenir comme ça, j'allais l'inquiéter encore plus…

J'entendis un petit gémissement de douleur. Qu'avait-il fait encore… ? Je me passai de l'eau sur le visage pour retourner prés de lui au plus vite.

La porte de sa chambre s'ouvrit.

« Quelle bande de vieux con ! Lâcha Kira. Bonjour Athrun… »

Quelque chose tomba au sol et je sortis en quatrième vitesse de la salle de bain. Il se passait quelque chose…

Lorsque je revins dans la pièce, il n'était plus sur son lit… et il y avait quelqu'un allongé par terre… Il ne s'était pas…

« Cagalli, appelle les infirmière. Athrun ne peut pas se relever ! »