Bonjour, bonsoir ! J'espère que vous avez attendu ce chapitre, et si c'est le cas, j'espère que j'ai pas été trop longue ! Des fois j'aimerais bien avoir les doigts qui bougent tout seuls sur le clavier sans que j'aie besoin de me casser la tête sur les formulations et la grammaire... Enfin bref, trêve de bavardage, voici la suite !
Chapitre 14 : Apprends-moi à me souvenir
La tempête passée, le bateau volant tranquillement dans les airs, le calme est retombé sur le pont. Malheureusement, ce n'est pas un calme dont je peux profiter. Couché sur le banc du salon-aquarium, voilà maintenant cinq minutes que le Cook est recroquevillé sur lui-même, tremblants, les mains serrées contre son torse et le front en sueur. J'ai essayé de le secouer, de lui parler, mais il ne me répond que par des gémissements et une respiration saccadée. Un peu paniqué, je m'abaisse à sa hauteur et tente de communiquer à nouveau.
-Sanji, parle-moi, supplié-je.
Encore une fois, seuls quelques sons plaintifs sortent de sa bouche. Pourtant, il semble se calmer peu à peu et tente de reprendre le contrôle.
-Dis-moi ce qui se passe.
Il me lance un regard plein de détresse.
-Dans... poitrine... douleur... comme un... trou... Arrive-t-il à articuler entre ses dents serrées.
Je tressaille. Cette image ne m'est pas étrangère, mais je la chasse rapidement de mon esprit. Il faut d'abord que je trouve une solution pour réduire sa douleur. Seulement, Sanji n'étant pas vivant, je n'ai aucune idée de ce que je peux faire.
Calmement et avec tendresse, je lui prends les mains et l'oblige à les détacher de son torse. Il faut avant tout que je sache si son « corps » est intacte. Je défais les boutons de sa chemise et l'ouvre en grand tandis que le cook reprend peu à peu une respiration régulière. Ce que je vois me laisse bouche bée.
Un cercle irrégulier burn-verdâtre est dessiné sur sa poitrine en sueur, comme incrusté dans sa peau. On dirait presque l'oeuvre d'une sorcière. Je n'ose pas la toucher, mais je suis certain que la consistance de cette forme est semblable à de la moisissure.
Sanji, qui a récupéré un état plus ou moins normal, se redresse et s'assied sur le banc. Dans ses yeux reflète une lueur que je ne connais pas, mais qui ne manque pas de m'inquiéter.
-Zoro, murmure-t-il. J'ai froid... extrêmement froid...
Je suis complètement perdu. Tout ce que je peux faire est de l'écouter en le fixant avec un air idiot, tandis qu'il essaie de mettre des mots sur ce qu'il ressent.
-C'est pas une sensation normale, je l'ai déjà ressentie auparavant... une fois.
...
Oh.
Alors finalement, ce moment est arrivé.
-Comme la douleur, continue le cook sur un ton calme. Je l'ai déjà ressentie une fois il y a quelques temps.
Je pose une main sur son épaule. Je sais ce qui va se passer maintenant, et je ferais n'importe quoi pour le fuir, mais je sais que le blondin ne me laissera pas me défiler. Je vois dans son regard qu'il a deviné mon malaise. Je vois aussi qu'il est déterminé et qu'il ne le prend pas en compte.
-Zoro.
Un frisson parcours mon corps.
-Comment est-ce que je suis mort ?
Je baisse les yeux machinalement.
-Réponds-moi.
Sa voix est entre la sévérité et la douceur. J'hésite.
-Comment ça se fait qu'on arrive sur ce sujet maintenant... ? Demandé-je en espérant retarder un peu la réponse que je suis censé donner.
-Quand tu as crié mon nom en essayant de rattraper ma main. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est là que la douleur m'a foudroyé. J'ai déjà vécu cette scène, et je suis sûr que ça a quelque chose à faire avec ma mort. Pareil pour cette marque bizarre sur ma poitrine. Maintenant arrête de fuir, et dis-le moi.
-...
« Fuir »... c'est vrai ça. Pourquoi je fuis ? Pourquoi n'ai-je pas envie de lui dire la raison de sa mort ? Certainement... parce que je ne veux pas m'en souvenir. Et je pense que je peux au moins m'avouer à moi-même que j'ai peur. Peur que lui révéler cette histoire réveille en lui quelque chose qui changerait tout. Quelque chose qui le ferait disparaître...
Ça y est, encore un truc que j'avais pas envie de m'avouer : je veux plus le laisser partir.
Je le savais. Je savais que ça allait arriver. Et maintenant je me retrouve comme ça, devant lui avec mon air de con, à essayer de cacher une simple histoire qu'il a le droit de connaître.
-Je t'écoute, soupire le cook en voyant mon hésitation.
Il s'assied en tailleur et pose son regard décidé sur le miens. Bon... A quoi bon fuir éternellement ? Un soupir, un main qui gratte mes cheveux, des yeux qui se closent, puis se rouvrent. Je suis prêt.
-Eh bien...
Deux mois plus tôt...
Le soleil brillait, déjà haut dans le ciel. Nami avait réuni tous les membres de l'équipage dans la cuisine d'où s'échappait l'odeur délicieuse du repas de midi. Debout autour de la table, tout le monde se réjouissait de l'annonce de la navigatrice.
-Nous arriverons sur la prochaine île dans l'après-midi, déclara-t-elle joyeusement. C'est une île qui semble plutôt tranquille, une fois sur place, nous pourrons prendre le temps de faire les courses et de se reposer un peu.
-Quel est le nom de cette île ? Demanda Robin.
-Erika.
L'archéologue plissa les yeux comme si elle réfléchissait.
-Eri... ka...
-Un problème Robin ?
La noiraude sembla hésiter un instant mais finit par reprendre son sourire habituel en balayant la question d'un geste de la main.
-Ce n'est rien, il me semblait juste en avoir déjà entendu parler.
Nami soutint son regard quelques instants puis retourna à ses explications sans porter plus d'attention à sa camarade.
-Bien, donc je disais, vous devrez être prêts à accoster cet après-midi. Compris ?
Tout le monde acquiesça en choeur, impatients de poser pieds sur terre après tant de semaines en mer. Le repas, enfin prêt, commença donc dans la joie et la bonne humeur. Le capitaine profitait comme jamais de ce moment avec ses camarades. Et c'est en s'emparant de l'assiette d'Usopp qu'il lança joyeusement :
-Je me suis jamais autant régalé !
Le sniper gronda contre son capitaine mais fut obligé de répondre avec autant d'enthousiasme.
-C'est vrai, c'est délicieux !
-Ha ha, je ne saurais dire mieux, intervint Nami. Mais après tout, c'est comme d'habitude !
Elle se retourna vers la cuisinière en souriant.
-N'est-ce pas, Sanji-kun ?
Le cuisinier se retourna, des plats somptueux à la main, le sourire aux lèvres.
-Tu m'en vois ravi, Nami-swan !
Zoro lança un regard méprisant au gentleman, agacé par son air d'amoureux transi. Pourquoi donc était-il le seul à penser que ses expressions faisaient fausses ?
L'après-midi arriva. Le petit équipage accosta dans la bonne humeur, impatient de découvrir toujours plus de nouvelles choses. L'île était accueillante, malgré le peu d'habitations qui bordaient la mer, si bien que les mugiwara eurent vite fait le tour de tous les éléments civilisés de cette petite part de terre. A l'arrière du village se trouvait une forêt qui recouvrait la pente d'une falaise impressionnante, dont le côté opposé était presque verticale et finissait en écueil couvert de pics pointues sculptées par l'eau à son pied. Un peu déçus par la civilisation, les pirates s'apprêtaient à demander une table à la seule bâtisse qui ressemblait plus ou moins à une auberge, lorsque Franky leur fit une proposition :
-Eh ! Y a pas grand chose à voir ici, pourquoi ne pas aller jeter un oeil à la partie naturelle de l'île ? On pourrait faire un pic-nique près des bois !
Tout le monde accepta avec joie. Le temps d'aller chercher quelques provisions sur le bateau, les assembler aux maigres achats de l'après-midi, et les voilà partis en direction de la forêt.
Bien installés sur une nappe étendue dans l'herbe, l'équipage profitaient gaiement de la tranquillité de la nature. Ils mangeaient avec appétit, comme à leur habitude, et parlaient de tout et de rien.
-Dites, interpella Chopper, vous trouvez pas que ce village est bizarre ? C'est comme si quelque chose les avait ravagé moralement parlant.
-A propos de ça, répondit Robin, j'ai quelques doutes... J'ai cru lire dans un livre que « Erika » était une île où...
-Pas maintenant ! La coupa Luffy avec amusement. On va pas se soucier de l'histoire de l'île pendant qu'on mange !
Robin sembla hésiter mais n'insista pas. Brook, lui, eu soudain une grande envie de parler.
-Haa... c'est pas intéressant de voir les culottes de vieilles femmes comme celles de ce village... N'est-ce pas Sanji ?
-Quel que soit l'âge du femme, c'est de notre devoir d'homme de les chérir, Brook. On est pas non-plus tout le temps obligés de regarder leurs culottes !
-Quelle déception... soupira le squelette. En parlant de femme, je pense qu'on est tous d'accord ici pour dire que Sanji semble d'avantage distant avec elles ces temps-ci, non ?
-... Qu'est-ce que tu veux dire ? Interrogea le cuisinier, perplexe.
Brook rit de sa voix aiguë, comme une fangirl devant une scène croustillante.
-Dis, Sanji-san. On se demandait avec les autres si t'étais pas un peu amoureux de Zoro ?
Zoro, qui jusqu'à maintenant n'avait pas ouvert la bouche, s'étouffa avec sa boisson en même temps que le blondin.
-Mais qu'est-ce que tu me sors là ?! S'indigna Sanji, les joues rouges pivoines.
-... On peut savoir qu'est-ce que j'ai à faire là dedans ? Grogna le bretteur en rougissant légèrement à son tour.
Brook éclata de rire, tandis que les autres hésitaient entre l'amusement et la gêne.
-C'est pas moi qui ai eu l'idée ! S'esclaffa le musicien. Le premier à en avoir parlé c'était Usopp !
Le cuisinier lança un regard meurtrier au sniper et s'approcha dangereusement de lui. Le noiraud sentit la sueur couler sur son front.
-Usoooopp... gronda Sanji. Qu'est-ce que tu t'amuses à mettre dans la tête de cet imbécile de squelette... ?
Usopp recula tout en gémissant.
-A... Attends ! En vérité c'est pas moi, c'est Robin qui a eu l'idée!
-Ouais c'est ça... essaie de te défendre! Viens par ici sale long nez!
-C... calme-toi Sanji ! C'était pour.. pour rire ! Juste pour voir ta réaction.
-Ma réaction hein ? Et ben tu vas voir si elle est pour rire ma réaction !
À ces mots, le blond se jeta sur le sniper, qui prit immédiatement ses jambes à son cou dans un petit cri de panique. Sanji, vexé mais d'humeur joueuse, s'élança à sa poursuite en direction de la forêt.
-Usopp! Sanji! Revenez!
Les mots de Franky se perdirent dans le vide. L'équipage les regarda disparaître derrière les arbres et rirent de cette situation pathétique pour le menteur. Seuls deux personnes faisaient exception à l'amusement : Zoro, qui était irrité quant à la blague d'Usopp, et Nami, dont la forêt n'inspirait pas confiance.
-Dîtes, intervint la rousse. On devrait pas les suivre... ? J'ai peur qu'il leur arrive quelque chose dans une forêt comme celle-là...
-Mais non Nami ! S'exclama Chopper. Ne t'inquiète pas, laissons-les se débrouiller. Je pense que Sanji a besoin de mettre les points sur les « i » de quelqu'un ou de rester seul un peu pour se calmer. Ils ne vont pas tarder à revenir.
-Mouais... tu dois avoir raison.
La navigatrice et le renne se sourirent et tout le monde se remit à manger, plaisantant sur la colère de leur cuisinier et la lâcheté de leur sniper.
Après une dizaine de minutes, Usopp ressortit de la forêt, tout essoufflé. Ses camarades le saluèrent, le félicitèrent pour être encore en vie et lui demandèrent ce qu'il avait fait du blondin.
-Sanji ? Répondit-il. Je ne me suis concentré que sur ma course, je sais pas où il est. Mais il devrait arriver, je cours vite vous savez, c'est pas facile de m'attraper !
Les pirates acquiescèrent en riant et invitèrent le fugitif à s'asseoir. Leur joyeuse agitation devait être bruyante, car une vieille femme ne tarda pas à les rejoindre, intriguée par autant d'enthousiasme. Luffy lui raconta qu'ils étaient des simples pirates qui prenaient une pause au soleil, et lui résuma en riant l'aventure de leur cuisinier. Le visage de la femme, qui jusque là respirait la bonne humeur, devint sombre et inquiétant.
-Depuis combien de temps votre compagnon est-il parti ? Demanda-t-elle l'air grave.
-Je dirais 15-20 minutes, répondit Franky, intrigué tout comme les autres.
-C'est pas bon... Les autres villageois ne vous ont-il rien dit à propos de cette île ?
-On a pas vraiment parlé avec les autochtones donc...
Le visage de la femme se renfrogna.
-Alors je ne vais pas être longue : Cette forêt est dangereuse. Elle est habitée par des êtres entre la vie et la mort que nous appelons Akarin. C'est à cause d'eux que nous somme si peu sur cette île. Autrefois le bord de la montage était recouvert de maisons, mais les Akarin on fait en sorte que la forêt s'agrandisse et on ravagé nos habitations. Depuis personne n'ose s'y aventurer. On dit que si tu t'y risques trop longtemps, les Akarin finissent par te repérer et transforment la forêt en prison afin de s'emparer de toi.
Tout le monde écoutait, les yeux écarquillés. Brook se plaqua la main sur la bouche.
-Mais alors Sanji-san...
-Je ne sais pas de quoi est capable votre ami, mais peut-être qu'à l'heure où je vous parle il est déjà mort, renchérit la femme.
-« Capable » ? Y a-t-il un moyen de vaincre ces monstres ?
-Ils ne peuvent pas mourir, mais ils restent plus ou moins normaux dans leur constitution. Vous pouvez essayer de les assommer et de vos enfuir, même si les chances son minimes.
-J'avais entendu parlé de cette île et des Akarin, murmura Robin. C'est ce que je voulais vous dire, mais je ne savais rien d'autre sur eux et cette forêt...
Chopper commença à sangloter.
-Mais alors Sanji...
Tout le monde se regarda d'un air inquiet. Nami serra les poings et se leva d'un bond.
-On va le chercher !
Luffy se redressa à son tour, suivi de Zoro.
-On s'en occupe avec Zoro et Nami. Vous autres, regagnez le bateau et tentez d'assembler le plus d'informations possibles. Je ne veux pas mettre trop de personnes en danger.
Le reste de l'équipage acquiesça et tous commencèrent à ranger les affaires tandis que le capitaine, la navigatrice et le bretteur s'enfonçaient dans la forêt.
Cela faisait maintenant une vingtaine de minutes que Sanji était entré dans les bois avec Usopp. Au bout d'un petit moment, le cuisinier avait perdu la trace du sniper et s'était donc mis à chercher un peu au hasard, pris au jeu. Voyant qu'il ne le retrouvait pas, il décida finalement de retourner vers les autres. La forêt était sombre et dense, ce qui aurait empêché un idiot comme Zoro de s'y retrouver, mais le blond n'eut pas besoin de réfléchir et commença simplement à descendre la pente, qui le ramènerait forcément vers ses compagnons. Seulement, après dix minutes de marche, le cook n'arrivait toujours pas au bout de cette forêt. Il passa plusieurs fois devant les mêmes arbres et les mêmes rochers, se disant qu'il devait être fatigué et confondre les éléments de la végétation, mais plus le temps avançait, moins il était certain d'être sur la bonne voie. Soudain, une pensée toute bête lui arriva à l'esprit.
« Je suis perdu. »
Un sourire crispé apparut sur son visage.
-Moi ? Perdu ? Non mais je m'appelle pas Zoro non-plus ! C'est pas une petite forêt comme celle-là qui va m'avoir !
Un rire nerveux sortit de sa bouche, tandis qu'il reprenait sa route, toujours en descendant. Mais après encore un moment de marche pendant lequel il se sentait étrangement observé, il dû finir par se rendre à l'évidence : il n'arrivait pas à retrouver son chemin. Il ne savait même plus s'il montait où descendait, et l'atmosphère de la forêt lui pesait de plus en plus. Il se concentra, refusant de perdre son calme et haussa les épaules.
-Bon ben y a plus qu'à essayer des feintes.
En pensant ces mots à haute voix, il pivota sur les talons et commença à marcher en direction du sommet de la montagne. Mais contrairement à ce qu'il avait pensé, la forêt ne sembla plus lui jouer de tour. Il avançait normalement, sans avoir l'impression de tourner en rond. Ce changement de situation l'inquiéta et le rassura à la fois.
-Bordel, mais où diable vais-je finir moi ?
...
Assiette. Oui je sais, ça m'a aussi embêtée de devoir couper le flash back ici, mais si je continuais, ce chapitre aurait été beaucoup trop long. Bon, du coup je vais me démerder pour vous sortir le prochain le plus vite possible ! En attendant, j'espère que vous avez aimé celui-ci ! À la prochaine~. Review ? (pleaaaase~).
