Amy était en colère. Elle n'aurait pas du suivre le Victorieux. L'année 1914 n'était pas si terrible au côté de l'idée de suivre ce fou. Il lui avait menti. Son intention n'avait jamais été de la ramener au docteur et maintenant, le Galliférien et la policière étaient prisonniers. Et quelques part, elle se sentait responsable de leur sort.

- Je ne vous suivrai plus, cria-t-elle au victorieux. Je m'en vais.

Mais le victorieux avait déjà poussé un levier de la console et l'élément central avait commencé à s'activer. Amy comprit que le Tardis était en route.

- Il est trop tard pour vous en aller, Amy Pond.

Amy ne se rappelait pas lui avoir donné son nom. Elle comprit qu'il devait préparer son enlèvement depuis longtemps.

- Où m'emmenez-vous, dit-elle sèchement ?

- Vous allez adorer, s'exclama-t-il en souriant !

Il revient à la console et activa quelques contrôles de plus.

- Allez-y, dit-il visiblement satisfait. Vous allez adorer cet endroit.

Elle hésitait à ouvrir la porte.

- Allons, ne craignez rien, c'est un endroit génial !

Elle poussa la porte et fit quelques pas. L'endroit était effectivement génial : une île paradisiaque, couverte de palmier et encerclée d'une mer d'un bleu indigo. Il ne manquait que les meubles en bambous et on se serait cru sur l'île de Gilligan.

Amy fit quelque pas dans le sable chaud.

- C'est magnifique, mais que voulez faire ici ? Il n'y a personne.

- Ça c'est ce que vous croyez, ajouta le docteur alors qu'il se tenait dans l'entrebâillement de la porte. Regardez la mer. Ne voyez vous pas un grand voilier au loin.

Elle fit quelques pas vers la plage en plissant les yeux.

- Je ne voix rien, avoua-t-elle. À quelle époque…

Elle entendit soudain un bruit qu'elle reconnaissait trop bien: le Tardis qui décollait sans elle. Elle fit volte-face et courut vers la cabine, mais elle se dématérialisait déjà.

Folle de rage, elle ramassa une pierre qu'elle jeta à l'emplacement où il vendait de disparaître, bien inutilement.

- Ça ne sert à rien, Amy, dit une voix derrière elle, il ne reviendra pas.

Elle fit volte face vers une personne qu'elle reconnut immédiatement.

- C'est vous ! S'étonna-t-elle. Ne me dites pas qu'ils vous a eut vous aussi.

La nouvelle venue lui adressa un sourire énigmatique.

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Ils coururent à prendre haleine au travers les rues déserte de la ville. Puis, ils arrêtèrent à un coin de rue pour reprendre leur souffle. En observant les alentours, ils constatèrent que l'enfant de sang avaient disparu.

- Elle nous retrouvera, expliqua le docteur, nous allons devoir nous déplacer.

- Mais que veut-elle ?

- La même chose que Bloody Mary: sortir d'ici. L'énergie vitale d'un Seigneur du temps lui donnerait cette chance.

- C'est après vous qu'elle en a, comprit Joe. Vous êtes un… Seigneur du temps.

- Le seul et l'unique, ajouta-t-il. Du moins, si on ne considère pas mon double démoniaque.

- Justement, d'où sort-il ce double qui ne vous ressemble même pas ?

Le docteur se redressa.

- Vous avez repris votre souffle, nous devons bouger avant qu'elle ne nous retrouve.

Il partit dans une direction choisie au hasard, Joe le suivit.

- Marcher ne vous empêche pas de parler, maugréa la policière.

- Tout à fait d'accord, mais parlons plutôt d'une façon pour sortir d'ici.

- Sans votre vaisseau, je ne vois pas comment. Mais, c'est vous le spécialiste de ce genre de truc.

- Excellent ! Très bien, alors commençons dès maintenant. Venez !

Sans avertir, il brandit son tournevis sonique et déverrouilla la porte d'une boutique dans laquelle il s'engouffra.

- C'est une entrée par effraction, fit-elle remarquer.

- Non, pas du tout, dit-il. Ha voilà !

Il venait d'apercevoir un miroir qu'il examina sans plus attendre.

- Désolée, dit Joe en réalisant le non-sens de sa précédente remarque.

- Je sais : déformation professionnelle. Ça arrive aux meilleurs, ajouta-t-il avec un clin d'œil.

- Mais je me demandais, ajouta-t-elle sans tenir compte du commentaire. Dans le monde réel, qu'adviendra-t-il de la serrure que vous venez de forcer et de la porte que vous venez de pousser ?

- Nous sommes dans le monde réel, mais déphasé. Nous n'avons aucune prise sur la réalité. Je n'ai pas déverrouillé la porte, je vous ai seulement laissé croire que je l'avais fait.

- Et pourquoi ?

Il passa sa main au travers le mur devant une policière éberluée.

- Nous n'avons aucune prise sur la matière. Ce monde n'est qu'une image dans laquelle nous sommes enfermés. Et l'esprit refuse parfois d'y croire.

- Mais nous n'avons pas traversé la porte, vous l'avez ouverte.

- Je voulais éviter les questions, nous manquons de temps. J'ai fait un grand geste, comme si j'ouvrais la porte et ç'a altéré votre vision de la réalité. Vous avez vu ce que vous vouliez voir. Ce monde n'est pas la réalité, c'est un monde d'images et d'illusions.

- C'est le monde du miroir, si je comprends bien, un reflet, une image avec laquelle on peut créer des illusions.

- Exactement, dit le docteur visiblement heureux d'être compris !

Mais la nouvelle abattit la Montréalaise.

- Nous allons mourir ici, dit-elle tristement.

Le docteur retourna au miroir.

- Nous n'allons pas mourir ici, dit-il finalement et vous savez pourquoi ?

Josianne Tessier secoua la tête.

- Regardez, dit-il en pointant le miroir.

Elle s'approcha du miroir, mais au lieu de voir son reflet, elle vit celui d'une femme qui se mit à hurler en la voyant.

- Parce que, dit le docteur, ici, on a accès à tous les miroirs de la ville et donc à tout le monde. Nous pouvons communiquer, nous ne sommes pas totalement impuissants.

L'optimisme du docteur était si contagieux que Joe y crut. Il restait cependant un point à régler.

- Très bien, gros malin, dit-elle, avec qui devons-nous communiquer ?

- Ça, c'est à vous de me le dire.