Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.

Genre : Policier/ Tranche de vie.

Lectrice 01 : Arlia Eien.

Acteurs : Heero, Duo, Wufei.


Chapitre 13


Duo revient de sa promenade à vélo à 17 heures, le restaurant est prévu pour 18h30. Trowa, les y retrouve, cependant Maxwell emmène les deux autres. Heero lui a demandé de venir le chercher, même si le natté ne comprend pas trop les raisons de son collègue, il ne va pas chercher à savoir. S'il a fait le pas d'en faire la demande c'est que c'est nécessaire.

-« Finis de te préparer à ton aise, Wufei. Je vais chercher Heero. » Lâche Maxwell.

Il a pris une douche rapide. Puis il a passé un jeans et un polo rouge. Il va juste mettre une veste par dessus. Il tient à être libre de ses mouvements pour jouer au bowling.

Le chinois n'a pas le temps de lui répondre que le natté claque la porte.

Il est 18h10, Duo sonne à l'appartement de Heero, celui-ci arrive rapidement. Il a passé un jeans et un polo mais dans les tons bleus. Il a une veste en jeans en main à croire qu'ils se sont donnés le mot.

-« Hilde ne râlait pas trop ? » S'informe le brun en se souvenant de la réaction de la jeune fille l'autre jour.

-« Non, je lui ai dit que c'était une réunion des pilotes. Elle a bien tenté de me demander de passer après le bowling. Je lui ai rappelé que Wufei restait jusqu'à lundi matin. Là, elle a plus râlé. » Rit le natté.

Tout en discutant, les deux jeunes gens sont revenus à l'appartement du natté.

-« Wufei doit être prêt. » Précise-t-il en mettant la clef dans la serrure.

Celui-ci arrive de la salle de bain dans un pantalon de toile bleu pâle serré à la taille, un tee-shirt sans manche qui lui moule le torse. Il a laissé ses cheveux lâchés, en voyant apparaître son amant, le chinois lui sourit.

-« Pile à l'heure. » Lâche Maxwell.

-« Yuy. » Dit Chang en tendant la main en guise de bonjour.

Heero la serre et hoche la tête.

-« Vous êtes prêts ? » Demande par acquis de conscience Duo.

-« Le temps de prendre ma veste. » Répond Wufei.

-« Pas la blanche. » Râle Maxwell en le voyant la prendre.

-« Pourquoi ? Je tiens à honorer mes morts ? » Sourit Wufei en venant voler un baiser au natté qui reste surpris du geste devant témoin.

Heero ne peut que constater que le Chinois tient à marquer son territoire sur le châtain. Il aurait presque envie de lui dire que c'est ce qui perd Hilde. Cependant quand il voit Duo lui sourire tendrement passer ses bras autour du cou de son amant, lui remettre une mèche derrière l'oreille, c'est plus sa relation avec Hilde qu'il ne comprend plus.

Ce n'est pas par besoin physique puisqu'il ne voit les deux jeunes gens que le week-end. Yuy secoue la tête surpris, lui, par ses réflexions.

-« Ca ne te dérange pas de t'asseoir à l'arrière ? » Interroge Maxwell en déposant son regard sur le brun.

-« Hn »

-« Alors on est parti. » Lâche le natté en passant un bras autour de la taille de Chang.

Il a bien changé le fier guerrier pour permettre ce genre de gestes devant témoin, quoiqu'il est persuadé que s'il laisse faire Duo c'est plus pour lui dire que Maxwell est une chasse gardée et qu'il le partage déjà assez à son goût.

Durant tout le trajet, Duo questionne Wufei sur ce qu'il fait en soirée quand il ne travaille pas. Intérieurement, ça fait sourire Yuy que Duo essaie de monopoliser la discussion pour ne pas l'obliger à participer. Alors que là où il est installé, il ne voit que les lèvres de Chang répondre avec de plus en plus d'exaspération sur le visage. Il sait bien que Duo ne l'aurait pas interrogé, donc si Wufei avait voulu lui poser une question, il l'aurait vu.

Le calvaire du Chinois ne dure que dix minutes, Maxwell se gare sur le parking réservé à la clientèle. Il sort de sa voiture et attend les deux autres pour vérifier que toutes les portières sont bien fermées, il se dirige à grandes enjambées vers le restaurant impatient de savoir si Trowa est déjà arrivé.

Celui-ci les attend installé à la table qu'avait fait réserver le natté. Il se lève pour accueillir les jeunes gens. Heero s'installe en face de Trowa, Wufei vient lui taper sur l'épaule.

-« Tu glisses, je préfère être à côté de Duo. »

-« J'aurai cru que tu préférais pouvoir le regarder dans les yeux. » Répond Yuy en changeant de place.

Barton observe le brun, une étincelle de plaisir dans l'œil. Heero le connaît assez pour savoir que son attitude, sa façon de lui tourner le dos a poussé le brun-roux à fouiller de manière à mieux comprendre son comportement.

Les jeunes gens sont installés, le serveur arrive pour prendre leur commande au bout de dix minutes qui leur ont permis de choisir ce qu'ils vont manger.

-« Tu repars pour combien de temps dans les colonies ? » S'informe Duo en regardant Trowa.

-« Pour au moins un an. Dommage que Quatre ne soit pas là, ça aurait été bien. » Rétorque Barton.

-« C'est très bien comme ça ! » Tranche Wufei sèchement.

Le brun-roux regarde le Chinois, puis Maxwell avant de chercher des explications dans le regard de Yuy qui soulève les épaules.

Le serveur amène les boissons, ce qui fait une diversion, la situation devenant un peu gênante. C'est Duo qui a organisé, s'il ne veut pas que ça tourne en pugilat, il doit trouver un sujet de discussion.

-« Où est-ce qu'aura lieu ta promenade ? » Demande Maxwell en regardant le métis cette fois.

Tous les regards convergent vers lui.

-« Sur le morceau appelé les « trois frontières. » » Répond Yuy après un moment d'hésitation.

-« Vous allez ensemble ? » Questionne Chang à la recherche d'informations que Duo aurait omis de lui transmettre.

-« Non, quand le lieu ne m'attire pas, Duo me dit où il a fait sa promenade cycliste. » Répond le brun.

Là, c'est les yeux de Barton qui se fixe sur le natté.

-« Il y a longtemps que tu fais du vélo ? » Interroge le brun-roux avant de porter son jus d'orange à sa bouche.

-« Un an et demi, neuf mois que je suis dans un club. Et je crois qu'en septembre je vais en changer. » Avoue le châtain.

-« Seul ? » Interroge le Chinois.

-« Oui seul et sans prévenir Hilde. » Admet le natté en mettant sa main sur celle de son amant tout en lui souriant.

Les traits de ce dernier se détendent.

-« Et toi, tu es dans ton club depuis combien de temps ? » Questionne Trowa en regardant Heero.

-« Quatre mois. »

-« Comment t'es venu cette passion pour les promenades ? » S'informe Barton de plus en plus intrigué.

Yuy regarde rapidement Maxwell, celui-ci hausse des épaules.

-« J'ai vu la mort de trop près une fois de trop. La nature c'est reposant, c'est calme, ça ressource. » Expose le brun qui n'en dira pas plus sur le sujet, son herbier c'est son petit jardin secret.

-« Tu n'as pas de loisirs ? » Demande Duo en se tournant vers Trowa.

-« La lecture, la musique. En jouer ou l'écouter. Même si je n'ai plus trop le temps d'en faire. » Répond le brun-roux.

-« Et quel est le genre de livres qui t'intéresse ? » Questionne Wufei de suite plus intéressé.

Heero ne peut s'empêcher de sourire au natté en face de lui. Il lui aurait bien demandé s'il savait que Barton aimait la lecture pour aborder le sujet des loisirs et le détourner de sa personne. En tout cas, lui ne le savait pas.

-« Style roman, le sujet m'importe peu. » Admet Barton.

-« Pas d'étude de société ? » Soupire le Chinois.

-« Si, si c'est romancé. » Sourit le brun-roux.

-« Tu as lu « vendues de Zana Munshen » ? » Interroge Wufei.

-« Non, quel est le sujet ? » S'informe Trowa.

Durant tout le repas, les jeunes gens discutent de leur lecture. Il y a des grands classiques qu'ils ont tous lu, d'autres plus spécifiques. Wufei essaye de motiver Duo à certaines lectures.

Tanguy de Michel Del Castillo quand je le lis, je me dis que tu as dû connaître certaines des choses qu'il a vécues pendant la deuxième guerre mondiale. »

-« D'accord Wufei, prête-le-moi et je le lis. » Admet Duo en appelant le serveur.

Les jeunes gens divisent la note en quatre et sortent pour se rendre au bowling au coin de la rue, ils y vont à pieds.

-« Une seule partie. » Précise Yuy quand ils ont chacun leurs chaussures. « Je suis attendu. »

-« Je voudrais pourtant te voir en particulier. » Dit Barton en s'asseyant à côté du métis pour mettre ses chaussures.

-« Viens Wufei, on va commander les boissons au bar. » Dit Maxwell pour leur laisser juste ce temps là et ne pas bousiller les plans d'Heero.

-« Qu'est-ce que tu veux Trowa ? » Demande Yuy ses chaussures en main.

-« Pourquoi me repousses-tu et m'évites-tu ? Qu'est-ce qu'il y a de différent dans ta vie pour que tu ne me considères plus comme ton ami ? »

-« Rien, je vois la vie sous un autre aspect. Je n'ai plus envie de faire du coup par coup. »

-« Et c'est pour ça qu'on ne peut plus être ami ? Que tu te sauves dès que je reprends contact ? »

-« Tu es trop entreprenant. » Rétorque Yuy même s'il sait que ce n'est pas vrai.

Même avec Gary, ils en sont plus maintenant dans une relation d'amitié qu'autre chose. Oui, avec le recul, il doit admettre qu'il voit la vie différemment. Il a envie d'avenir et non en rester à vivre au jour le jour et de se contenter de joie éphémère.

La réponse du brun fait sourire Trowa.

-« Maintenant que je sais. »

-« Oui mais pas aujourd'hui, je suis vraiment attendu. »

-« La prochaine fois que je passe, on se fait un restaurant sans rien d'autre ? » Propose Barton.

-« D'accord. »

µµµ

Le reste de la soirée se passe agréablement, chacun joue à son tour. Au moment d'envoyer sa dixième boule, Heero fait un Sms qu'il envoie à Gary pour le prévenir qu'ils sont à la fin de leur jeu.

Ils ont joué pour le plaisir sans vraie compétition, même si les strikes d'affilée ont finis par attirer beaucoup de monde pour les regarder jouer. Ce qui arrange Heero, il y a encore plus de bruit et ils voient ses ex-coéquipiers répéter plusieurs fois la même chose, se calant sur Duo, il fait répéter au moins une fois sur trois en soulevant un sourcil alors qu'il est le seul qui n'est pas gêné par l'ambiance bruyante.

En sortant du bowling, Duo propose un dernier verre à Trowa avant de le conduire à son motel près de l'aéroport.

En temps normal, Heero aurait bien proposé son appartement, mais il y a bien trop de modifications qui ont été effectuées pour qu'il puisse le risquer.

Yuy dit au-revoir et se dirige vers l'entrée du parking. Une voiture rouge s'arrête à la hauteur du métis, ce dernier ouvre la portière passager.

Duo calcule rapidement la distance et fait un sprint pour se rendre près de l'auto qui n'a pas encore redémarré.

Gary qui regarde dans le rétro pour partir, voit le natté arriver vers eux. Il montre le rétroviseur et fait semblant de mettre une vitesse. Le brun met sa main sur celle du jeune homme pour permettre à Duo d'arriver à eux, il baisse la vitre.

Pendant ce temps, Gary a sorti son calepin et écrit en langage abrégé : C'est lui qui sait ? Heero acquiesce.

-« Salut, je tape l'incruste juste une minute, je voulais vous rencontrer. »

Gary montre ses oreilles et soulève un rien les épaules.

-« Oh et vous discutez comment ? » Interroge Maxwell.

Heero prend le carnet et le montre.

-« On y va, je lui transmettrai tes salutations. Si ça traîne de trop, Trowa va se ramener, ça sera plus dur pour Gary de s'en sortir. » Explique Heero en commençant à remonter la vitre.

-« Je comprends à lundi Ro'. »

µµµ

Satisfait de son week-end, Heero arrive au QG à 7 heures tapantes. Il reprend son rapport abandonné vendredi soir. Ils en ont encore pour la semaine à établir le dossier pour le juge d'instruction.

Comme souvent quand une enquête s'achève, Heero se demande sur quel genre d'enquête on va le mettre, d'un côté il l'attend avec un brin d'impatience et de l'autre pas. Parce que ça voudrait dire que la police n'arrive pas à déjouer les malfrats, les Preventers n'interviennent qu'à partir du cinquième crime semblable, d'une enquête qui traîne depuis plus d'un an ou comme le cas de l'infanticide de Maxwell quand un nouvel élément arrive dans un dossier classé sans suite.

Donc il ne peut pas souhaiter recevoir une mission, du moins il essaie de s'en convaincre quand on lui affecte des dossiers de demandeurs d'asile.

Heero est déjà au travail depuis une heure trente quand Bruce arrive.

-« Cette après-midi, tu viendras avec moi voir l'avocat conseil preventer, Mademoiselle Stassen l'a demandé, il viendra avec nous lui rendre visite. »

-« Bien capitaine, ce que j'ai fait ça allait ? » Demande légèrement inquiet le bleu en s'installant.

-« Bien sûr si ça n'allait pas c'est vendredi que je te l'aurai dit et on aurait revu ça avant de continuer. »

-« Je dois dire que ça m'a un peu tracassé le week-end. » Sourit le bleu en s'installant.

Vers 10 heures, le téléphone sonne, Bruce tend la main pour décrocher. Heero continue son travail, il attend juste de revoir la main du jeune déposer le cornet pour relever la tête afin d'obtenir l'information qu'il a reçue.

-« Mademoiselle Stassen veut vous voir, elle a une déposition à faire, c'est ses dires. » Explique Bruce.

Le capitaine sauvegarde ce qu'il fait, puis il fait signe au jeune qu'il est prêt. Il prend un dictaphone, Bruce sait que ce sera à lui de vérifier que la déposition est retranscrite correctement, qu'ils n'ont rien omis. Avec le temps, le bleu se pose de plus en plus de questions sans oser les formuler. Il en a parlé avec Sacha qui ne doit pas faire ce genre de travail lui, pourtant son lieutenant est réputé pour être celui qui fait le plus participer son bleu. Or là non, c'est lui qui met la main à tout, alors qu'il a entendu dire que son capitaine est réputé pour être celui qui laisse le moins participer et avec qui on apprend le moins. C'est ce qu'on lui a dit quand il a tiré le nom d'Heero Yuy juste avant le stage.

Enfin ça tourne un peu dans sa tête cette habitude de lui laisser le travail auditif mais il ne va pas s'en plaindre.

µµµ

Arrivé à la prison, Heero conduit son bleu jusqu'à une salle d'audition, une petite pièce capitonnée avec une table et trois chaises. Dès qu'ils sont installés, mademoiselle Stassen est appelée. Dans les cinq minutes, elle entre dans la pièce, le capitaine enclenche le dictaphone.

-« Je n'ai pas encore eu le temps de contacter l'avocat qui s'occupe des affaires internes. » Commence Yuy quand elle s'assied en face de lui.

-« Ce n'est pas important, j'ai réfléchi ce week-end, quoi que je fasse ou dise je suis coupable. Mon idée était malfaisante dès le début. Je n'aurai pas dû proposer ça à mon petit frère pour qu'il puisse se créer un pécule pour se réinsérer plus tard dans la vie. »

-« Votre petit frère ? » Interroge Yuy.

-« Thomas Orban ! » S'étonne mademoiselle Stassen.

-« Vous n'avez pas le même nom de famille. » Crie presque Bruce en s'avançant sur sa chaise.

-« Nous sommes frère et sœur par ma mère. Vous n'aviez pas encore fait le lien ? » Questionne la jeune femme.

-« Non. » Admet le brun. « Pourquoi dites-vous que c'est votre idée ? »

-« Quand Thomas a commencé à pouvoir sortir un week-end par mois, il était paniqué à l'idée de devoir se réinsérer. Il n'a jamais travaillé et a passé quinze ans de sa vie derrière les barreaux. Il ne savait pas s'il pourrait se soumettre à des conditions de travail, surtout quand je lui racontais mes histoires de bureau. »

Mademoiselle Stassen s'arrête de parler, elle bouge sur sa chaise, ce qu'elle allait dire avait l'air particulièrement déplaisant.

-« Dans les personnes qui faisaient appel à la société, j'avais la charge de Madame Biquette, elle était seule au monde, vieille fille et fille unique, de parents enfants uniques. » Précise la jeune femme pour bien prouver qu'elle était seule avant de continuer. « J'allais souvent lui rendre visite le samedi. Quand sa femme de ménage passait par l'agence, je la questionnais un peu sur Madame Biquette, comment elle gérait la situation, voir si elle passait un peu de temps avec elle, discutait, je sais que ce n'était pas son rôle mais elle était tellement gentille, Madame Biquette. »

Bruce regarde son capitaine, plisse du front preuve qu'il ne comprend pas trop les paroles de la jeune femme, ni où elle veut en venir. Lui non plus, mais autant la laisser parler à son rythme.

-« Depuis un moment, elle se plaignait d'avoir beaucoup de rhumatismes et que ça la faisait souffrir le martyre. C'est vrai que lors de mes visites, elle gémissait beaucoup. Sa femme de ménage m'a confirmé la même chose qu'elle se plaignait et qu'elle l'entendait gémir quand elle faisait le ménage dans d'autres pièces. La dernière fois que j'y ai été, Madame Biquette me disait qu'on était plus humain avec les animaux, qu'elle avait euthanasié son caniche quand il a commencé à gémir continuellement. »

Mademoiselle Stassen s'arrête pour reprendre son souffle, elle se triture à nouveau les mains, soupire un coup avant de reprendre son récit.

-« Quand Thomas est venu à mon appartement pour sa sortie pénitentiaire, je lui ai parlé d'elle, de ses souffrances. Il m'a demandé s'il y avait une raison à ce discours. C'est seulement à partir de ce moment là que, oui, j'ai réalisé que j'aurai aimé qu'il abrége les souffrances de Madame Biquette, comme il avait tué l'amant de sa copine et celle-ci, il m'avait souvent dit qu'il avait regretté qu'ils n'aient pas plus soufferts pour le mal qu'ils lui avaient fait. Et je lui ai demandé s'il pourrait le faire, il m'a dit : « sans problème, surtout qu'elle est vieille et souffrante, c'est plutôt une bonne action. » Le samedi suivant, j'en parlais à Madame Biquette, elle était d'accord, elle voulait me signer des papiers pour que je puisse toucher l'héritage et je lui ai précisé que ce n'était pas pour ça. Elle a bien compris que c'était un secret puisque la femme de ménage n'a pas été au courant. »

Bruce n'en peut plus, ça se voit de plus en plus sur son visage, il devient cramoisi, il finit par lui couper la parole.

-« Vous n'allez pas faire passer vos six crimes pour des bonnes actions. » S'indigne-t-il.

-« Bien sûr que non. Mais en y réfléchissant, ça aurait été suspect, elle fait un testament et elle meurt. Là on serait remonté rapidement à nous. C'est quand Thomas à vu l'appartement après avoir fait ce qu'il devait faire qu'il m'a dit. « On ne va pas laisser tout ça à l'Etat. Autant prendre tout ce qu'on peut revendre facilement pour me faire un magot pour ma sortie. » Je n'y voyais pas grand tort puisqu'elle voulait tout me léguer. »

-« Si vous avez agi à deux, comment Maître Lengli est mêlé à cette histoire ? » Interroge Heero.

-« Quand le crime a été relaté dans les journaux, il a reconnu la façon de procéder de mon frère, il est venu me trouver, pour savoir combien j'avais retiré de l'histoire. Je ne savais pas comment écouler la marchandise. Je lui ai dit rien pour l'instant quand il m'a prouvé par A + B qu'il était certain que c'était mon frère et qu'il pouvait faire ressortir le dossier facilement pour aiguiller la police. Il s'est proposé d'écouler la marchandise et de me verser 3000 crédits. C'était une belle somme je trouvais. »

-« Et pour les autres crimes ? » Insiste le capitaine.

-« C'est lui qui est à nouveau venu me trouver en me disant qu'on avait un bon filon. Il m'a dit de faire le relevé des personnes âgées seules, riches que mon frère assassinerait, lui écoulerait la marchandise volée et me verserait 3000 crédits à chaque fois comme si c'était la mention spéciale d'un héritage. »

-« Pourquoi ne pas l'avoir dénoncé avant les autres crimes ? » Demande le brun.

-« Il aurait entraîné Thomas et lui voulait le faire pour se faire un petit pactole pour sa sortie, il disait qu'on ne le soupçonnerait jamais puisqu'il était sensé être en prison et qu'il arrêterait quand il sortirait vraiment. Il a toujours été colérique, ce n'était pas récent qu'on plie quand il insiste. Vous pouvez taper la déposition, je la signerai. » Achève mademoiselle Stassen le regard un peu voilé par la tristesse.

µµµ

Maintenant qu'ils ont la chronologie des faits, c'est plus facile de rédiger le dossier pour le juge d'instruction surtout qu'ici mademoiselle Stassen se fait aussi partie civile contre Maître Lengli. Elle assume sa culpabilité mais ne peut pas se porter garante des réactions de son frère puisqu'elle ne peut pas lui parler.

Pendant la semaine de la rédaction du dossier, Heero et Bruce se sont rendus plusieurs fois à la prison, déjà la première fois pour faire signer la déposition, les autres fois pour avoir des précisions sur certains faits.

Yuy rentre son dossier complet à Lady Une pour qu'elle le transmette au juge d'instruction dans le courant de la semaine.

Dans une dizaine de jours, Bruce quittera le QG, le capitaine ne voit pas la fin du stage de son bleu de façon sereine, il se demande comment il va gérer les appels téléphoniques. Il ne peut pas faire installer un vidéophone ce serait trop suspect et puis rien ne dit que tous les appelants en auraient un, les prix des communications étant bien trop élevés.

En revenant de chez Lady Une, Heero a un dossier de demandeur d'asile. Il se doute qu'ils n'auront que ça à traiter durant les dix jours restants.

A Suivre…