L, sur le chapitre 11 (Oh GOD, pardon pour le retard :$) : détester Victor est bon pour la santé, et trouver John et Sherlock mignons aussi, alors tu peux continuer ;p Merci pour la review :)
L, sur le chapitre 12 : protège ton petit coeur malmené, parce que ça va aller de mal en pis pour Sherlock ;p merci pour la review !
L, sur le chapitre 13 : Lestrade a de bonnes raisons d'agir ainsi, tu le découvriras en temps utile et oui la drogue c'est mal les enfants ! Je ne suis pas sure que le prochain chapitre te plaise, cela dit... ;p (mais bravo pour le cadeau hehe ) encore un immense merci pour la review ! :)
Pearl, sur le chapitre 12 : Oui, Victor et Seb dans une chambre avec Sherlock est quelque chose de très très mauvais... Et vous n'avez pas découvert le pire ! Les choses ne vont pas s'améliorer tout de suite... :p Merci pour la review :)
Pearl toujours, sur le chapitre 13 : oh, crois moi, je vais faire bien pire pour vous faire souffrir ! On arrive bientot à l'apothéose du mal ;p Le cadeau, vous saurez plus tard mais ça a une importance assez limité de toute manière :) Encore merci pour la review ;)
Normalement, j'ai rattrapé tout mon retard de retard, encore merci infiniment pour votre patience et vos reviews *coeur coeur coeur*
Et surtout... préparez au pire dans ce chapitre ! ;p
Bonne lecture !
Le Royaume de sa paume
Partie 4
Chapitre 14
Il n'y avait pas un endroit sur ce fichu campus où Sherlock était tranquille. Où qu'il allait, il les voyait. John, sa main dans celle de la jolie blonde. John, sa main autour de la taille de la jolie blonde. John, qui se pavanait au bras de la jolie blonde. Et la jolie blonde qui exsudait de fierté, rayonnait de bonheur, irradiait d'allégresse.
Sherlock n'avait peut-être plus de cœur, d'âme, ni plus grand chose à l'intérieur de son corps, devenue vaine coquille vide, mais il avait encore des yeux et des oreilles.
Ainsi voyait-il John tous les deux jours sur le campus, toujours accompagnée de sa greluche. Et ne pouvait s'exonérer des rumeurs. Une université comme la leur était un microcosme : tout le monde y connaissait tout le monde, et les ouïes-dires allaient de bon train. Qui sortait avec qui, qui détestait qui, qui était brillant, qui allait révolutionner le monde, qui dominait sa promo (Sherlock avait longtemps été le nom dans toutes les bouche, concernant les trois dernières informations, avant qu'il ne confie sa vie à Victor et chute lentement), on pouvait tout savoir en écoutant les ragots.
Et en ce qui concernait le couple de John Watson et la jolie Mary, il n'y avait même pas besoin de tendre l'oreille pour en entendre parler. John était connu sur le campus, pour sa gentillesse et son incroyable capacité à se faire des amis partout, ne jamais se disputer avec personne, être toujours de bonne humeur (il semblerait que personne n'ait jamais vu John comme Sherlock le connaissait, capable de sautes d'humeur terribles, d'une colère froide, et d'engueuler Sherlock comme du poisson pourri quand il transgressait un peu trop les règles de leur lycée). Son couple avec Mary avait donc rapidement fait le tour de l'université, et même quand il ne les voyait pas parader, il en entendait parler.
Il n'avait plus de cœur, mais quelque part au fond de lui, ça faisait mal quand même.
- Sherlock, tu m'écoutes ?
- Non.
Victor secoua la tête de dénégation. Il avait depuis longtemps renoncé à apprendre la politesse à son esclave. C'était ce à quoi servait Sherlock : utiliser son cerveau. Et s'il fallait supporter l'arrogance et l'impolitesse du jeune homme, c'était un faible prix à payer considérant tout ce qu'il rapportait. Victor n'avait jamais été aussi riche depuis qu'il utilisait Sherlock. Même après le partage des gains avec Seb, cela restait important. Quant à Sherlock, tant qu'il avait ses doses, il ne demandait rien, et le rapport coût/avantage était énorme. Victor réfléchissait désormais aux prochaines étapes à franchir.
L'année prochaine Seb ne serait plus à l'université, et il leur ouvrirait de nouvelles portes, mais laisser pourrir Sherlock à UCL était une bêtise. D'ailleurs, lui-même ne comptait pas rester plus longtemps ici. Sept ans qu'il hantait le campus, il aspirait désormais à d'autres horizons, rendus possibles par le jeune génie, toujours même pas majeur.
- Bien, est-ce que maintenant j'ai toute ton attention ? exigea-t-il.
- Oui, Victor, répondit Sherlock comme un automate.
- J'ai un nouveau travail pour toi. Maintenant que tu es devenu plutôt bon au poker...
C'était un doux euphémisme. Victor avait appris les règles à Sherlock, et le même soir, il les plumait tous les deux, Seb et lui. Il avait ensuite organisé des tournois clandestins sur le campus, avec le même résultat. Sherlock lisait dans ses adversaires avec une facilité qui frisait l'indolence. Il y avait tant d'argent à se faire avec un cerveau aussi brillant. Victor, par mesure de prudence, n'avait décidé de l'introduire que dans un petit cercle de jeu, pour vérifier que ses talents fonctionnaient aussi bien sur des joueurs aguerris et professionnels que sur la moitié des étudiants d'UCL crédules.
- … tu vas pouvoir faire des parties à enjeux. Seul.
- Seul ? demanda Sherlock d'une voix atone, comme s'il demandait confirmation de quelque chose qu'il aurait mal entendu sans y trouver le moindre intérêt.
En temps normal, Victor et Seb l'accompagnaient toujours. Ne serait-ce que pour vérifier qu'il n'outrepassait pas la limite de la bienséance. Il jouait la plupart du temps en planant, ce qui le rendait d'autant plus génial et plus égocentrique qu'à l'accoutumé.
- Seul, confirma Seb.
- À ma plus grande inquiétude, poursuivit Victor. C'est pour ça que je te préviens. Tu dois bien te comporter. Contente-toi de lire le jeu de tes adversaires, gagne les manches, mais pas toutes pour ne pas attirer les soupçons de triche, et rapporte-nous le gain final. Tu peux faire ça ?
- Je ne lis pas le jeu de mes adversaires, je...
Seb leva les yeux au ciel et Victor fit taire Sherlock en lui plaçant d'autorité une main sur la bouche. Le génie recula aussitôt, le souffle coupé et l'air dégoûté. Le dealer faisait progresser depuis des mois ses attouchements, et si Sherlock avait cessé de reculer aux mains posées sur ses épaules, ses bras ou son dos, il ne supportait toujours pas le contact de Victor sur son visage. Qu'importait, Victor travaillait activement à la question. De toute manière, l'essentiel était que Sherlock se soit tu. Il ne supportait pas de l'écouter pérorer sur sa science de la déduction, à laquelle il ne comprenait rien. Sherlock était un génie, et qu'importait comment il procédait, seul était le résultat.
- Et si tu te comportes bien, tu auras une récompense, ajouta-t-il.
Sherlock posa sur un lui un œil vaguement intéressé. Il avait déjà assez de doses pour couvrir sa consommation journalière. Ce qu'il rapportait à Victor lui valait d'être grassement abreuvé de poudre, et c'était tout ce qui comptait.
- Promis, tu vas aimer ça encore plus encore que la cocaïne.
Victor lui tendait une seringue d'héroïne. Le sang pulsa dans les veines de Sherlock à une vitesse affolante, presque douloureuse. Quelque chose de plus puissant, qui durait plus longtemps, qui lui ferait oublier, encore un peu plus fort, le regard de John posé sur la jolie blonde ?
- Ok, accepta-t-il.
- John, mon vieux, je n'arrive toujours pas à savoir si tu es le mec le plus chanceux ou le plus grand crétin que je n'ai jamais rencontré !
C'était la soirée pizza mensuelle dans la chambre de Greg et John, juste les deux colocataires, beaucoup de pizza, de la bière, et surtout aucun cahier de révisions. Rituel qu'il avait instauré depuis quelques mois, quand ils avaient compris qu'après deux ans passé ensemble, Greg partirait de l'université pour intégrer l'école de police, où il suivrait une formation pratique (notamment la maîtrise des armes à feu et de l'autodéfense avant de prendre un poste, du simple commissariat aux enquêtes de Scotland Yard, en fonction de leurs notes à l'école). Ils avaient eu cette révélation et vu la nécessité de passer du temps juste tous les deux, histoire de renforcer leur amitié bien entamée.
- Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, répondit John d'un air dégagé en lorgnant sur la dernière part de pepperoni.
- Oh, si tu le sais parfaitement ! Ta jolie Mary et toi, trois mois que ça dure quand même !
John prit l'air le plus dégagé de sa collection et attrapa la part convoitée. Si Greg attaquait sur ce sujet-là, il avait bien mérité de finir cette pizza-ci.
- Oui, et ?
- Et toujours rien de plus que des bisous ?
Malgré tous ses efforts, John ne put rien pour cacher les rougeurs de ses joues.
- Ça ne te regarde pas le moins du monde.
- Certes, mais ça m'intéresse terriblement. John, John, John, mon petit, tu vas avoir vingt ans en septembre, et pour autant que j'en sache, tu es toujours puceau !
- Il y a peut-être des choses que tu ne sais pas, proposa John pour le détourner de son objectif.
Mais Greg avait déjà vidé un nombre conséquent de bières, et cela avait sur lui un effet certain sur sa capacité à ne pas dévier du sujet qui l'intéressait. À voir sa ténacité, il allait de soi qu'il ferait un excellent flic.
- Sauf que tu n'es pas juste un bête puceau de bas étage, tu es un puceau qui se balade les trois quarts du temps avec une très jolie fille pas du tout farouche à son bras !
John soupira. Si Greg prononçait encore une fois le mot puceau, il ne répondait pas de lui. C'était déjà assez pénible de ne pas pouvoir avoir une chambre à soi et de devoir passer ses érections matinales à l'eau froide de sa douche (alors qu'il y avait bien d'autres moyens plus plaisants de remédier à la question), mais ne rien pouvoir cacher de ces petits désagréments à son colocataire, également un homme atteint des mêmes problèmes que soi, c'était franchement lassant.
- Alors tu m'expliques pourquoi vous en êtes encore à vous bisouiller gentiment ?
- Premièrement, on a dépassé ce stade il y a quelques temps.
- Mais vous n'avez pas franchi le suivant.
- Deuxièmement, comment veux-tu qu'on ait la moindre intimité ? Tu vis dans ma chambre, tu te souviens, on est coloc' ! Et Mary partage la sienne avec Alice !
Greg leva les yeux au ciel en attrapant une part de quatre fromages.
- Foutaises et billevesées !
Quand il avait bu, il avait parfois tendance à s'exprimer comme au siècle dernier, ce qui faisait toujours beaucoup rire John.
- Tu n'as qu'à me demander gentiment d'aller faire un tour dehors un soir et tu l'aurais eu, ton intimité !
- Et que tu saches la date et l'heure ? Sincèrement, très peu pour moi, grimaça John.
Greg leva les yeux au ciel derechef.
- Sincèrement John, elle a déjà été patiente pendant des mois à attendre que tu te décides, tu vas la faire poireauter encore longtemps ?
John haussa les épaules. Il ne voulait pas répondre à cette question. Il ne voulait surtout pas réfléchir à cette question.
- John ? Alice est de sortie ce soir, ça te dit de passer ? Venir dîner ?
La voix de Mary tira John de ses réflexions sur le nombre de métatarses d'un pied d'adulte vs ceux d'un bébé.
Un mois s'était écoulé depuis sa dernière discussion sur le sujet avec Greg, et Mary avait toujours été patiente depuis... jusqu'à aujourd'hui. Elle n'aurait pas pu être plus flagrante.
- Ça nous ferait du bien, une petite soirée de pause tous les deux ensembles au milieu de toutes nos révisions, non ?
John faillit objecter que ce n'était pas du tout le moment, au contraire. Ils étaient début juin, et leurs partiels commençaient dans trois jours, pour deux semaines très intenses qui allaient les laisser sur les rotules. Dîner avec Mary était la dernière chose à laquelle il pensait en ce moment. Il avait été rétrogradé de vice-major à la troisième place de leur promotion le semestre dernier, et sa fierté avait été mise à mal. Il voulait retrouver sa place, voire détrôner le major si possible. C'était dans les trois premières années de médecine générale que tout se jouait. Après, ils choisiraient leur spécialité, et plus leur classement était bon, plus ils avaient l'embarras du choix. Bien sûr, que John soit troisième ou deuxième ne changeait pas grand-chose à sa spécialité, il obtiendrait ce qu'il voudrait, mais pour son ego, il travaillait deux fois plus.
Mais Mary ne semblait clairement pas attendre de réponses négatives à sa proposition. Alors vaillamment, il lui sourit, et acquiesça :
- Bien sûr. Rien ne saurait me faire plus plaisir, jura-t-il.
- Ça va ?
C'était une question parfaitement ridicule car la réponse était évidemment non, mais d'une certaine manière John était content que Mary la lui ait posée. Au moins cela brisait le silence oppressant qui régnait sur la petite chambre.
- Ce n'est pas grave, tu sais. Je ne m'attendais pas à ce que tu sois... Enfin, tous les hommes sont... ont des difficultés lors de leur première fois... Ça ne remet pas en cause ta virilité, ou...
Elle essayait vainement d'engager le dialogue, mais John était résolument tourné vers l'autre bout de la chambre, assis nu au bord du lit dans lequel Mary était toujours couchée, nue également.
- John, parle-moi ! Ce n'est pas grave !
- Je suis désolé, répondit-il.
- Je ne t'en veux pas, ce n'est rien. On ne peut que s'améliorer comme ça, non ?
Il pouvait entendre son sourire, la manière dont elle essayait de s'en convaincre, il sentait même la chaleur de la main qu'elle tendait en direction de son dos sans oser le toucher.
- Je suis désolé, répondit-il. Je crois que je ferais mieux d'y aller.
Leur première fois avait été catastrophique. Ils savaient tous les deux ce qui allait se produire le soir-même et ils y avaient mis sans doute trop de forme, trop de pression, trop d'angoisse au lieu de laisser les choses se faire naturellement. John aurait pu sans doute se cacher derrière ses excuses pour expliquer sa piètre performance, mais cela aurait été des mensonges. Il le sentait au fond de lui : il y avait quelque chose qui l'avait empêché de s'épanouir avec Mary. Il ne savait pas quoi, mais il y avait quelque chose : il avait mis un temps incroyablement long à obtenir une érection convenable, alors même que Mary était jolie et douce et parfaite physiquement. Plus honteux encore, il avait mis un temps encore plus long à jouir. Il en aurait presque préféré être éjaculateur précoce, cela aurait plus logique pour sa vraie première fois (avec autre chose que sa main droite au fond de son lit ou de sa douche). Au lieu de ça, Mary avait fini par être gêné, et la fin de leur rapport avait eu quelque chose de mécanique et désagréable, un automatisme sans plaisir.
Et le pire de tout cela, John n'oserait jamais l'avouer à Mary, mais c'était ce qui était apparu sous ses paupières quand il avait fermé les yeux et qui lui avait enfin permis de réussir à finir.
- Alice ne rentre pas ce soir, tu peux rester tu sais ! lança-t-elle dans un effort désespéré de le retenir.
Mais c'était déjà vain, puisque John s'était relevé et avait prestement enfilé son boxer, ne supportant pas de rester nu, et cherchant ses autres vêtements sur le sol.
Mary se redressa dans le lit, couvrant son corps de la couette, gênée à son tour.
- John, s'il te plaît...
- Tout va bien Mary, assura-t-il avec un sourire qui vacillait. C'est juste que... je suis désolé. Je ferais mieux d'y aller. Mais on se voit demain, d'accord ? Promis.
Elle lui sourit faiblement en retour. La promesse de se revoir dès le lendemain prouvait que leur couple, même s'il était mis à mal, n'était pas fini, et elle comprit que ce serait la seule victoire qu'elle obtiendrait ce soir. Il s'était déjà rapidement rhabillé et se dirigeait déjà vers la sortie.
- D'accord, demain. Pas de souci. N'oublie pas qu'il ne s'est rien passé de grave, hein. Tu m'embrasses avant de partir ? supplia-t-elle dans une moue.
John fit demi-tour, se rapprocha du lit et se pencha pour déposer un baiser sur les boucles blondes qui tombaient sur le front de la jeune femme.
- À demain, promit-il.
Il s'enfuit aussitôt.
John était épuisé, ce qui était probablement la raison pour laquelle il se trouvait devant cette porte. Il n'avait plus toute sa tête pour se trouver là, de toute évidence.
Les deux semaines précédentes, il s'était jeté à corps perdu dans ses examens et ses révisions, prétextant à Mary qu'il révisait à fond, qu'il la verrait après la fin des partiels, que là il n'avait vraiment pas le temps. Compréhensive et également étudiante en médecine, Mary avait acquiescé, et proposé de réviser ensemble mais John avait juré être plus efficace seul dans sa chambre, ce qu'il n'avait jamais encore jamais fait. Mais une fois encore, Mary avait dit oui, l'avait embrassé légèrement, et avait accepté de ne pas le voir pendant presque quinze jours.
Suite aux examens, comme tous les étudiants de médecine d'UCL, John s'était effondré sur son lit et avait dormi une vingtaine d'heures d'affilée. Ce qui avait à peine suffi à combler son quota de sommeil mis à mal ces derniers temps.
Et quand il s'était réveillé, en plein milieu de la nuit, à quatre heures et demie du matin, la seule chose intelligente qu'il avait trouvé à faire avait été de s'habiller silencieusement (Greg ronflait à l'autre bout de la pièce) et traverser la moitié du campus endormi. Pour se retrouver là, dans un couloir sombre, devant la porte de Sherlock.
John n'était qu'un idiot. Il ne savait pas pourquoi il était venu là. Pourquoi il revenait toujours à la charge quand Sherlock l'éconduisait, pourquoi il pardonnait toujours, pourquoi il avait ce besoin si viscéral de voir Sherlock, d'écouter Sherlock, de suivre Sherlock dans ses projets fous, de rire avec lui et de le trouver si brillant. Pourquoi il éprouvait, en cet instant précis, le besoin vital et féroce de s'effondrer sur le lit de Sherlock, lui raconter Mary et leur relation qui prenait un tour désastreux, ses examens et son épuisement.
Il était stupide, et Sherlock allait encore l'envoyer paître. Surtout qu'il était maintenant cinq heures du matin. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Alors il leva la main et frappa au battant.
La porte n'était pas fermée et s'ouvrit aussitôt sous la pression. Et le sang cessa de circuler brutalement dans le corps de John, qui perdit une douzaine de degrés en une poignée de secondes.
Victor n'avait pas menti. L'héroïne était meilleure que la cocaïne. Les effets, directement injectés dans son sang, étaient plus immédiat. Mais pourtant, Sherlock avait une petite tendance à la cocaïne. À force de pouvoir en demander quand il voulait à Victor (vu ce qu'il rapportait durant ses sessions de poker, le dealer ne pouvait définitivement rien lui refuser), il avait créé une petite solution chimique à base de cocaïne 7% qui était ce qu'il préférait. L'héroïne laissait trop de marques sur ses bras, et les nausées qui en découlaient après un fix étaient un peu trop violentes. Il ne supportait pas autant d'effets secondaires avec la cocaïne (à part une forte tendance à la mégalomanie, dixit Seb, mais il était génial, c'était un fait, il n'allait pas s'en cacher).
Cependant, pour faire plaisir à Victor, il acceptait les doses d'héroïne. Sans toutes les consommer. Sans savoir qu'en faire. Sa chère solution à 7% était tout ce qui comptait.
Et puis un jour, Victor souhaita qu'il partage une dose, ensemble, dans la chambre de Victor. Bien plus fortement dosé que d'habitude. Sherlock plana, très très haut. Il sentit les mains de Victor sur lui, bien plus que d'habitude, qui ne s'arrêtaient pas à simplement se poser sur ses bras, comme il le faisait d'habitude. Elles allaient plus loin, s'insinuaient partout comme des tas de serpents glissant sur l'épiderme de Sherlock.
Au fond de lui, une voix disait non. Il ne voulait pas de ça. La drogue, en revanche, disait oui.
- Tu es d'accord ? ronronna Victor en ouvrant sa chemise et en glissant ses doigts sur ses flancs.
- Oui, répondit la partie droguée de son cerveau qui avait pris le pas sur le reste.
Il fut étonnant de constater que sous l'effet du fix, il était parfaitement consentant. Revenu à lui le lendemain, il ne put cependant que se dégoûter et se haïr. Il avait cédé, une fois de plus à Victor. Comme pour la cocaïne, comme pour l'héroïne. Et comme pour la drogue, le dealer allait exiger cela régulièrement, désormais.
Ce fut à compter de ce moment-là qu'il se mit à collectionner les doses d'héroïne sans les consommer.
Et ce fut quand il revit la jolie blonde de John, plusieurs semaines après, qu'il prit la résolution de toutes les consommer... d'un coup.
Elle avait ce sourire, cette manière de se comporter, d'agir, de respirer. Sherlock mit quelques temps à comprendre de quoi il s'agissait. Et quand il comprit, il s'enferma dans sa chambre. John lui avait finalement entièrement cédé, à cette pauvre greluche. Elle avait tout obtenu, et elle ne le lâcherait jamais. De là à dire que ce n'était qu'une de ses intrigantes qui s'inscrivaient en médecine pour draguer des futurs médecins et s'assurer un futur train de vie confortable, il n'y avait qu'un pas que Sherlock franchit allégrement.
Mais bizarrement, il ne méprisa ni Mary, ni John.
Elle avait gagné, il avait perdu. C'était de sa faute, après tout. Il avait laissé Victor entrer, et John partir.
Cela n'aurait pas dû lui faire si mal. Mais c'était ainsi.
Alors après des jours à ruminer dans sa chambre, à se morfondre, il aligna toutes les doses d'héroïne sur son lit. Prévoyant, il pensa même à aller ouvrir sa porte. C'était le milieu de la nuit, personne ne viendrait l'embêter. Mais il était important qu'on ne le découvre pas dans plusieurs jours. Victor essayerait probablement de passer dans la journée. À ce moment-là, Sherlock serait parti depuis longtemps.
Dénué de tout sentiments, ses mains préparèrent la seringue, relevèrent sa manche, serrèrent le garrot autour de son bras gauche. Puis une par une, il poussa les ampoules au creux de ses veines, le plus rapidement possible, pour ne pas perdre conscience avant d'avoir pu aller jusqu'au bout.
Il finit par s'effondrer au trois quarts de son œuvre. Qu'importait. Il avait déjà injecté suffisamment de substance dans son système pour le tuer en quelques heures. La dernière chose qu'il vit avant de fermer les yeux et de s'évanouir fut l'heure sur le radioréveil de sa table de nuit : 4h27.
Prochain chapitre le Me 09/08/2017 ! Reviews ? :)
