Bring me to the light
Chapitre XIV : L'acharnement du mauvais sort
Auteur : Shizuka Kurai
Genre : Dark fic, angst
Série : Gravitation
Pairing : Yuki X Shûichi, léger Seguchi X Yuki
Persos :Seguchi Tôma et Mika, Uesugi Tatsuha, Kannô Midoriko (secrétaire de Tôma), Sakamoto Tetsuyaa (médecin de Shuichi)
Disclaimer : Persos de Maki Murakami
Commentaires : Un quatorzième petit chapitre pour cette histoire qui dure depuis un peu plus de deux ans déjà. Aaaah, nous sommes bien loin de cette période où Seguchi était encore un « gentil » et tolérait encore la présence de Shuichi dans la vie de son beau-frère adoré. Aujourd'hui encore, j'ai du mal à croire que Tôma ait pu être bon un jour dans cette fic. Je crois qu'il s'agit là de ma plus belle fic, et de la plus développée au niveau du scénario. Je commence même à réintroduire d'autres personnages de la série, notamment le grand retour de Tôma, absent des précédents chapitres (c'est qu'il avait beaucoup à faire pour mettre au point ses plans machiavé… heuuuu… Non, non, je n'ai rien dit, Tôma était juste très occupé avec sa société). Bon, je vous laisse lire et moi je dois partir garder les gamins de ma frangine ! Bye bye et bonne lecture !!!
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Résumé du chapitre précédent : Venue rendre visite à son frère, Mika lui apprend qu'elle est enceinte de Sakano-san. Yuki décide d'aller voir Seguchi pour tenter de le raisonner et laisse Shuichi à la garde de sa sœur…
(Note : toutes les dates sont prises en fonction de l'année 2007)
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Chapitre XIV : L'acharnement du mauvais sort
Vendredi 13 avril (1), Siège de N.G. Productions, Bureau de Seguchi Tôma
_ « Je dois voir le président, immédiatement, » insistait sèchement un magnifique jeune homme blond face à une secrétaire idiote non moins blonde de cheveux mais bien plus de cerveau.
_ « Je viens de vous le dire, Seguchi-san est en réunion, il ne peut vous recevoir tout de su… »
_ « Ça je le sais, vous venez de me le dire ! la coupa-t-il d'un ton agacé. Par contre, ce que je peux vous dire, moi, c'est que votre patron risque ne de pas être très content d'apprendre que vous m'avez fait attendre de la sorte. Savez-vous seulement QUI je suis ? »
_ « Heuuu… hésita la blonde, prise au dépourvue. Hé bien, vous… vous ressemblez un peu à ce célèbre romancier qui écrit de si belles histoires d'amour. Vous savez, Yuki Eiri. Je l'adore, il est vraiment trop sexy, et il écrit siiii bien ! J'en suis folle ! » ajouta la secrétaire, complètement partie dans son délire de fan.
_ « … Gnnn… grogna ledit célèbre sexy romancier, tentant de se retenir de massacrer cette blonde qui aurait besoin de lunettes, ainsi que de neurones. Sachez que JE suis LE Yuki Eiri en question, et accessoirement le beau-frère de votre patron. »
_ « Kyaaaa ! » s'exclama la blonde, autant de satisfaction de rencontrer son idole, que de stupéfaction de ne pas l'avoir reconnu.
_ « Calmez donc votre joie, petite idiote, la refroidit l'écrivain d'un ton glacial. Si vous voulez conserver votre place au sein de cette agence, je vous conseillerais de faire savoir à Seguchi que je suis ici et que je désire le voir. »
_ « Ha… Haï !!! obtempéra-t-elle aussitôt en se jetant sur l'interphone. Seguchi-san ? Le séduisant Yuri Eiri-san désirerait vous voir. »
_ « Vraiment ? entendit-on dans l'appareil. Envoyez-le tout de suite dans mon bureau. »
_ « Bien, Monsieur, répondit la jeune femme avant de s'adresser au blond. Par ici, je vous prie. »
Elle conduisit le romancier jusqu'à une grande double porte située à quelques mètre à droite de son bureau, et l'ouvrit avant de laisser le passage à l'écrivain puis de refermer derrière lui. Sans savoir vraiment pourquoi, Yuki sentit une vague angoisse l'étreindre quand la porte claqua doucement sur lui. Il jeta un regard autour de la pièce, tout en avançant vers le grand bureau qui trônait devant une immense baie vitrée occupant tout un pan de la pièce. La pièce semblait vide, mais un bruit derrière lui démentit le contraire. Et ce son plutôt inquiétant était celui d'une clé tournant dans un verrou.
Eiri était désormais enfermé à double tour dans cette immense pièce avec pour seul compagnie l'homme qui se tenait en face de lui, une lueur à la limite de la démence brillant dans son regard. Seguchi Tôma. Celui-ci, vêtu d'un pantalon couleur crème, d'un top noir et de son sempiternel manteau noir bordé de fourrure, affichait son air affable habituel. Le romancier toisa silencieusement son beau-frère, méfiant à l'extrême. Après tout, Seguchi avait volé un baiser au blond, baiser qui était la cause de toute cette histoire, et il avait fait bien pire encore comme tenté de tuer Shuichi. Dans ce cas-là comment ne pas redouter qu'il essaie de s'en prendre à l'écrivain et cette fois-ci, de lui prendre plus qu'un vulgaire smack ? Non, Seguchi n'oserait pas. Pas ici, dans ce bureau inconfortable, où il n'y avait que des sièges matelassés, et un… lit ? Le blond ne se rappelait pas avoir jamais ce lit dans cette pièce, qui paraissait d'ailleurs plus grande que d'habitude. D'un regard rapide, l'écrivain comprit : le mur gauche de la pièce était en fait constitué de plusieurs portes coulissantes qui masquaient aux visiteurs ce lieu de repos. Là, Eiri commençait vraiment à trouver ça suspect.
L'atmosphère semblait être devenue pesante autour des deux blonds. Enfin surtout pour Yuki, car le président de N.G. affichait un sourire satisfait et presque carnassier, un peu comme le loup qui a réussi à attirer l'agneau dans son antre. C'était bien la première fois d'ailleurs que l'écrivain éprouvait ce sentiment de crainte devant quelqu'un, mais il admettait qu'il avait toujours éprouvé une certaine appréhension de cet aspect quasi animal de Seguchi, qu'il ne montrait que dans les moments où il voulait protéger son petit Eiri. Ce fut finalement l'ex-pianiste qui brisa la glace que le romancier refusait de faire fondre.
_ « Eiri-san ! Quel bon vent t'amène ici ? » s'exclama le président d'un ton exagérément guilleret tout en ôtant son manteau.
_ « Certainement pas un vent de très bon augure… murmura le romancier entre ses dents avant d'ajouter à voix haute. Je suis surpris de te voir arriver si vite, je te croyais en réunion. »
_ « Oh ça, fit l'ex-pianiste en balayant l'air d'un geste de la main. C'est juste un prétexte pour éconduire les indésirables quand je suis occupé ou que je prends une pause. Tu veux un verre ? » demande Seguchi en se dirigeant vers le mini-bar situé sur le coté droit du grand bureau pour se servir un grand verre de whisky.
_ « Non merci, » refusa aussitôt Yuki, peu enclin à s'embrumer l'esprit dans les vapeurs d'alcool.
_ « Tu n'as pas idée du nombre de personnes qui viennent ici dans le seul but de m'agresser. Des mécontents sans doute. Je dois bien assurer un minimum ma sécurité, » expliqua le président en rejoignant son beau-frère au centre de la pièce.
_ « Je suis certain que tu es très doué pour "assurer ta sécurité". Seulement, à force de t'enfermer derrière les portes de ton bureau, tu en oublies que tu as une épouse qui t'attend à la maison. »
_ « Huh ? Que viens faire Mika là-dedans, Eiri-san ? » s'enquit le musicien, l'air véritablement étonné.
_ « Elle vient faire qu'elle est ta femme et qu'avec tes délires obsessionnels à propos de moi, tu la délaisses complètement. Et tu te permets en plus de persécuter Shuichi auquel tu sais très bien que je tiens beaucoup. »
_ « Je suis vraiment navré de devoir te faire remarquer, mon cher petit Eiri, que ta sœur n'est pas un modèle de vertu, répliqua le président d'un ton grinçant qui fit frémir l'écrivain. Je m'attendais à avoir une épouse fidèle et obéissante en la fille aînée de l'illustre famille des Uesugi, mais ta charmante sœur m'a trompé avec mon secrétaire. Si je ne lui ai pas encore demandé le divorce, c'est que mon mariage avec elle m'est bénéfique dans mon travail. Je pense qu'elle devrait s'estimer heureuse que j'entretienne son train de vie actuel et que je n'ai pas ruiné sa réputation en faisant d'elle la traînée qu'elle est en réalité. »
_ « Je t'interdis d'insulter ma sœur ! » s'exclama le romancier, indigné.
_ « Quand à ton petit chanteur à deux yens, continua Tôma sans se soucier de l'intervention de Yuki, cette pute qui écarte les jambes devant tous les hommes qu'elle croise ne mérite même pas une once de mon attention. »
Cette dernière insulte fut la goutte qui fit déborder le vase de la patience d'Eiri. Celui-ci envoya son poing au coin de la mâchoire de son beau-frère, qui échappa son verre et alla percuter assez violemment le bureau. Sonné, le président resta assis sur le sol froid et dur, le dos appuyé contre le meuble derrière lui.
_ « Shuichi n'est pas une pute, mais mon amant, et il n'ouvre pas les cuisses à n'importe qui ! éructa le romancier, hors de lui. C'est toi qui a essayé de le violer quand il était chez ses parents, et ça, je ne pourrai jamais te le pardonner. Shuichi est bien plus pur et délicat que toute l'espèce humaine réunie. »
Un rire narquois répondit à l'écrivain, tandis que l'ex-pianiste essayait le sang qui coulait à la commissure de ses lèvres d'un revers de la main.
_ « Cesse de rire stupidement, Seguchi, fit froidement Eiri, profondément agacé par ce rire moqueur. Tu es encore plus pathétique. »
_ « C'est toi qui est devenu pathétique, mon pauvre petit Eiri-chan, lui répondit trop calmement son beau-frère en se relevant. Te mettre dans un état pareil pour un gamin pareil, c'est vraiment le summum de la déchéance. Où est passé le Eiri que j'aimais tant, celui qui n'acceptait la présence de personne d'autre sauf la mienne ? Celui qui ne regardait que moi ? »
_ « Ce gamin a grandi, il n'existe plus, Seguchi. Fais-toi une raison, répliqua sèchement le blond. Tu n'es pas le centre de l'univers. »
_ « Vraiment ? fit moqueusement le musicien. N'oublie qui je suis, Eiri-chan. Je suis Seguchi Tôma, le plus célèbre claviériste du groupe japonais le plus en vogue encore aujourd'hui, et je suis également le président multi-milliardaire de la plus grande boîte de production nippone. Le monde est à mes pieds. Ce que je désire, je l'obtiens d'un claquement de doigt. J'aurais facilement pu me débarrasser de ton petit chanteur il y a longtemps déjà, mais tellement c'était plus jouissif de m'en occuper moi-même plutôt que de faire appel à des hommes de seconde main. »
Tout en parlant, Seguchi se rapprochait lentement de l'écrivain. Celui-ci reculait instinctivement, impressionné malgré lui par l'éclat démoniaque luisant dans les yeux du président. Soudain, avant même d'avoir pu réagir, Eiri se retrouva plaqué au sol par une poigne de fer. Le musicien avait beau être plus malingre que le romancier, il n'en avait pas moins de force, du haut de ses trente années bien entamées. Le top noir qu'il portait moulait admirablement les muscles de son torse, et on pouvait voir aussi à ses bras laissés nu que cet homme entretenait régulièrement son corps. C'étaient donc ces deux bras virils qui retenaient l'écrivain sans qu'il parvienne à se dégager. Mais le plus gênant était ce genou placé à un endroit délicat (2), qui retenait le romancier d'entreprendre un quelconque mouvement de rébellion sous peine de faire la Castafiore (3) pendant au moins deux semaines.
_ « Lâche-moi ! » ordonna Yuki d'un ton féroce.
_ « Tu es à moi, Eiri-chan… lui susurra le pianiste en ignorant totalement cette injonction. Et je ne laisserai personne t'enlever à moi… Tu m'appartiens pour l'éternité… »
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Pendant ce temps, appartement de Yuki Eiri…
En se réveillant, Shuichi ouvrit lentement les yeux. La lumière filtrant à travers les persiennes l'éblouissait. L'artiste se redressa d'un coup : la lumière "l'éblouissait" ? Il se retourna vers les fenêtres, et effectivement, il s'aperçut que les rayons du soleil gênaient ses petits yeux encore embués de sommeil. N'osant croire à tant de bonheur, l'adolescent jeta un regard tout autour de la pièce. Dans la pénombre, il pouvait distinguer le placard, les meubles, la porte, le lit sous lui, et étendu à côté de lui, son amant. Transporté de joie, Shuichi s'extirpa aussitôt des couvertures et se mit à secouer son compagnon couché sur le flan, dos à lui.
_ « Yuki ! Réveille-toi ! C'est trop génial ! Je vois ! C'est un miracle, je vois, Yuki ! Je vois ! »
Malgré les secousses énergiques du chanteur, le romancier ne bougeait pas d'un pouce. L'artiste trouva singulier que la peau de son amant soit si froide, quand soudain, avec une inertie étrange, le corps du blond retomba en arrière. Les yeux clos, l'écrivain semblait dormir, mais les deux orifices sanguinolents, l'un en plein torse, l'autre au beau milieu du front, ne laissaient aucun doute là-dessus : Yuki était bel et bien mort, assassiné.
Devant l'horreur d'un tel spectacle, Shuichi resta tétanisé, fixant avec consternation les plaies fatales d'où suintaient encore des gouttes de sang. Il ne pouvait pas y croire, c'était impossible ! Il retrouvait donc la vue pour contempler ça ? Il était tellement choqué qu'il ne pouvait même pas crier. Sa voix restait coincé au fond de sa gorge. Mais le cauchemar était loin d'être terminé.
La voix qui interpella Shuichi lui glaça le sang. L'adolescent leva les yeux et découvrit Tôma, debout dans l'embrasure de la porte, pointant une arme sur lui. Son regard, et surtout son sourire malsain, trahissait sa perte totale de raison.
_ « Adieu, Shindô… » cracha le président avec un rire mauvais.
_ « NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!! » hurla Shuichi avant que ne retentisse une déflagration assourdissante et que tout ne bascule dans le noir…
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Cela faisait une bonne demi-heure que l'écrivain était parti, quand soudain Mika entendit un hurlement provenant de la chambre. Elle s'y précipita aussitôt pour y trouver Shuichi accroupi sur le sol au pied du lit.
_ « Shindô-kun ? »
À peine sorti de son cauchemar, le musicien était encore déboussolé. En se réveillant, il n'avait pas compris pourquoi il faisait soudain si noir alors qu'il voyait encore si bien il y avait encore quelques minutes à peine, et en cherchant à tâtons le corps de son amant, affolé, il était tombé du lit. Alors qu'il tentait de se relever, il entendit une voix familière, mais dont il n'arrivait plus à identifier le propriétaire. Ou plutôt LA propriétaire, puisque cette voix était féminine, comme il le comprit au moment où la personne lui adressait à nouveau la parole.
_ « Shindô-kun ? Tout va bien ? » fit la voix, inquiète.
_ « Qui êtes-vous ? Où est Eiri ? » demanda glacialement le chanteur en se redressant.
La voix hésita un instant avant de répondre.
_ « Je suis Mika, la sœur d'Eiri, fit la jeune femme. Eiri est simplement sorti faire une course, mentit-elle, et il m'a demandé de veiller sur toi le temps qu'il revienne. »
_ « VOUS MENTEZ !!! hurla le musicien, pris d'une rage sourde. Eiri ne m'aurait jamais laissé tout seul ! Et surtout pas avec la femme de ce salaud de Seguchi ! Qu'est-ce que vous avez fait d'Eiri ??? »
_ « Mais… »
_ « Seguchi a déjà emmené le corps pour le faire disparaître, hein ? Et il vous a envoyé pour finir le travail. C'est ça, hein ? AVOUEZ ! »
_ « Shindô-kun, calme-toi, voyons, tenta de l'apaiser la brune. Tu as simplement fait un cauchemar. Eiri est bien vivant, et je ne te veux aucun mal. »
_ « NE ME TOUCHEZ PAS !!! » vociféra l'artiste en sentant la main de Mika l'effleurer.
D'un geste brusque, Shuichi repoussa la jeune femme qui chuta lourdement en arrière. Il s'apprêtait à s'enfuir quand il entendit des gémissements plaintifs. Même si elle était l'épouse de Seguchi, Mika restait une femme, et l'artiste redouta d'avoir été trop violent avec elle.
_ « Mi… Mika-san ? » commença-t-il à s'inquiéter.
_ « Aaah… Hugnnn… Tu… tu n'as rien à craindre de moi… Shindô-kun… Aah » balbutia la brune, le corps vrillé par la douleur.
_ « Mika-san ? » appela à nouveau Shuichi, l'angoisse le gagnant progressivement.
_ « J'ai… mal… Hun… »
Cette fois-ci, l'adolescent réalisa qu'il avait vraiment blessé la jeune femme. Longeant le lit à tâtons, il se dirigea vers l'endroit d'où venait les gémissements. Son pied buta légèrement contre un obstacle, et il avança la main pour identifier une jambe.
_ « Mika-san ? » gémit-il d'une voix angoissée en constatant que la femme était recroquevillée sur elle-même.
_ « Mon… bébé… aaah… »
_ « Hein ? »
Shuichi avait cru entendre le mot "bébé". Il ne comprenait pas ce que la brune voulait dire, mais en tout cas, elle avait l'air de souffrir.
_ « Je… je vais aller chercher le téléphone, Mika-san. On… on va appeler mon médecin de l'hôpital, il viendra vous soigner. »
Le musicien aurait pu dire simplement qu'ils auraient appelé une ambulance, mais dans son affolement, et à cause de sa cécité, il n'avait pensé qu'à son médecin traitant, seul référent qu'il arrivait à assimiler dans les ténèbres de son environnement.
_ « Shin… Shindô-kun… »
Mika n'eut même pas le temps d'être reconnaissante, car une nouvelle lancée de douleur lui fit presque perdre connaissance. Le chanteur commençait à avoir du mal à respirer tellement il était paniqué. Il savait qu'il devait aller chercher le téléphone, mais il avait peur de tomber sur son pire cauchemar : Seguchi. Pourtant, à côté de lui, Mika souffrait terriblement. Prenant son courage à deux mains, le musicien se leva et franchit les quelques mètres qui le séparaient de la porte de la chambre.
La brune resta dans les vapes jusqu'à ce que l'artiste revienne, le combiné dans les mains. Shuichi eut du mal à la tirer de sa torpeur pour lui faire chercher le numéro du docteur Sakamoto dans le répertoire électronique. Mais une fois le numéro lancé, il put prendre les choses en main. Il supplia son médecin de venir immédiatement avec une ambulance car une jeune femme était blessé, et tandis qu'il attendait les secours, il s'évertua à soulager Mika en lui donnant un coussin, une couverture et un peu d'eau.
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En arrivant au pied de l'immeuble où il habitait, l'écrivain soupira d'agacement en découvrant une ambulance tout gyrophare en marche qui attendait visiblement un patient. Il était déjà passablement énervé par ce qu'il venait de vivre dans les locaux de N.G. Productions, il aspirait maintenant à un peu de paix et de tranquillité. En y repensant, Eiri avait vraiment échappé au pire, et de justesse.
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(Flashback…)
_ « Tu es à moi, Eiri-chan…Et je ne laisserai personne t'enlever à moi… Tu m'appartiens pour l'éternité… »
Telles avaient été les dernières paroles de Seguchi avant qu'il n'embrasse son beau-frère à pleine bouche. Yuki s'était débattu mais le musicien le retenait fermement. Le seul recours du romancier avait été d'ouvrir la bouche comme le quémandait avidement la langue du président, et d'en profiter pour le mordre hargneusement. Quand Tôma avait relevé la tête avec un grognement de douleur, l'écrivain lui avait envoyé un grand coup de tête dans le nez, ce qui avait eu pour effet de faire lâcher prise au pianiste, qu'Eiri avait ensuite envoyé bouler en arrière d'une bonne droite.
_ « Compte là-dessus, espèce de salopard ! s'était écrié Yuki en se relevant. Je ne suis plus le gamin effarouché et sans défense que j'étais en Amérique il y a 9 ans (4)! Si tu veux tirer un coup, tu n'as qu'à t'engager des prostitués, homme ou femme, c'est ton problème. Mais ne me mêle plus à tes délires sordides. »
_ « C'est vrai, Eiri-chan, s'était mis à ricaner l'homme d'affaires, en se redressant sur un coude, tout en essuyant son nez ensanglanté de l'autre main. Tu as bien grandi maintenant, tu n'es plus un enfant. Et tu es devenu encore plus séduisant qu'avant… Même si j'adorais ta petite frimousse pleurnicharde de l'époque. Tu étais tellement mignon. »
_ « Va te faire soigner, espèce de malade pédophile… » avait craché l'écrivain, à la limite du dégoût.
_ « Tu es mon seul remède, Eiri… » lui avait répondu gentiment le président en plantant son regard bleu acier dans celui du blond.
Jusqu'à la dernière minute, Eiri avait voulu croire qu'il pourrait raisonner Seguchi en lui faisant comprendre qu'il aimait sincèrement Shuichi, et qu'il lui serait vain de tenter de les séparer. Mais après ça, l'écrivain avait la certitude que son beau-frère avait complètement perdu l'esprit. Aucune des paroles de bon sens qu'on lui adressait n'atteignait plus son cerveau dérangé quand il s'agissait d'Eiri. Et l'écrivain s'était jeté tout seul dans la gueule du loup, lequel animal à apparence humaine devenait de plus en plus menaçant pour la vertu du romancier. Le président s'était relevé et dardait sur son beau-frère un regard brûlant à la fois de passion et de folie.
Aveuglé par le soleil traversant la baie vitrée derrière Tôma, Yuki n'avait pas vu le président se rapprocher avant que celui-ci ne soit sur lui. C'était au moment où Seguchi s'apprêtait à s'emparer de lui que le romancier avait pu réagir, et tenté de se soustraire à son agresseur. L'écrivain s'était retourné pour rejoindre la porte, mais le pianiste l'avait saisi en passant un bras autour de son cou, puis il lui avait fait un croc-en-jambe pour le plaquer au sol. Cette fois-ci, Eiri s'était vraiment retrouvé coincé. Le président lui avait bloqué les deux bras dans le dos, et avait commencé à lui dégrafer son pantalon.
Avec la force du désespoir, le romancier avait réussi à dégager un de ses bras dont il s'était servi pour se redresser et faire basculer le poids lourd qui le retenait. Tôma, avachi sur le sol après sa chute, avait saisi la cheville du blond dans l'espoir de le faire tomber, mais Eiri ne s'était pas laissé faire et avait shooté directement dans la tempe du P.D.G., l'assommant net. Après s'être assuré de ne pas avoir tué le musicien, et aussi après avoir rajusté son pantalon entrouvert, Yuki était sorti du bureau en prétextant que le président s'était trouvé mal et que dans sa chute, il avait heurté le bureau et s'était assommé tout seul. Dans la panique qui s'ensuivit, le romancier avait pu s'éclipser discrètement et regagner ses pénates.
(Fin du Flashback…)
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C'était donc passablement troublé que l'écrivain était retourné chez lui. Il se souvenait encore des mains baladeuses de son beau-frère s'insinuant sous sa chemise pour lui caresser le ventre avant de venir s'occuper de sa braguette. Brrrr ! Eiri en avait encore des frissons de dégoût. Comment avait-il pu se laisser peloter de la sorte ? Le seul qui avait le droit de faire ça était Shuichi, car contrairement à des obsédés déjantés à la Seguchi, le chanteur avait une curiosité et une douceur qui faisait penser à un enfant pur et innocent. Il n'y avait aucune mauvaise pensée dans tout ce qu'il faisait, et c'était cette naïve candeur qui le rendait unique et si attachant.
À la pensée de son amant, Eiri rosit légèrement et se demanda si tout s'était bien passé avec Mika pendant son absence. C'est en arrivant devant l'ascenseur après avoir garé sa voiture que le blond fut pris d'un doute terrible. Et si l'ambulance était là pour parce qu'il était arrivé un drame chez lui ? En se réveillant, Shuichi avait peut-être paniqué de se retrouver seul avec Mika et aurait tenté de se suicider. Ou alors, il se serait blessé en tombant alors qu'il tentait de fuir. L'écrivain échafaudait les hypothèses les plus incongrues tandis qu'il attendait avec impatience en martelant le bouton d'appel cet ascenseur de m… qui ne venait pas. Rageant contre cette fichue technologie qui n'apportait que des problèmes, Yuki se précipita par la porte des escaliers. Il ne sut jamais qu'au moment où la porte se refermait derrière lui, un « ting » joyeux retentissait et les portes de l'ascenseur s'ouvrirent en grand sur un parking vide de romancier…
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Quand le blond arriva enfin, essoufflé, à l'étage où il habitait, ses doutes se confirmèrent aussitôt : des ambulanciers transportant un brancard sortaient de son appartement, prenant mille précautions pour ne pas malmener leur patient. Cependant, quand il s'approcha, Eiri put constater que la personne allongée inconsciente sur la civière n'était pas celui qu'il craignait.
_ « Mika ? s'exclama-t-il, déconcerté. Mais que… ? »
Au moment où l'écrivain s'approchait, un infirmier l'arrêta.
_ « Reculez, Monsieur, et laissez-nous passer. »
_ « Mais attendez ! protesta le blond. Il s'agit de ma sœur et vous sortez de mon appartement. Alors je pense que je suis en droit d'avoir quelques explications. »
_ « Vous êtes l'occupant des lieux ? » fit l'ambulancier.
_ « Oui, c'est bien ça, et cette jeune femme est ma sœur aînée. Allez-vous m'expliquer ce qui se passe ? » s'énerva le romancier en saisissant l'homme par le col de sa chemise blanche.
_ « Calmez-vous, je vous en prie ! » supplia l'infirmier.
_ « Yuki-san ? »
Eiri se retourna en entendant son nom, et dans l'encadrement de la porte d'entrée, il aperçut le médecin de Shuichi. Hésitant entre la panique et le soulagement, l'écrivain lâcha l'ambulancier et apostropha le docteur :
_ « Hé ! Dites- moi ce qu'il se passe ici ! Vous êtes bien le médecin de Shuichi, non ? Yamamoto-san ? »
_ « C'est Sakamoto, Yuki-san. Je vous expliquerai tout en détail dès que votre sœur sera dans l'ambulance, mais pour l'instant, il conviendrait de… »
_ « Où est Shuichi ? » le coupa le blond.
_ « Pour le moment, il s'est enfermé dans le bureau, mais… »
_ « Shuichi ! » s'écria l'écrivain en se précipitant dans l'appartement.
Tandis qu'il suivait du regard le jeune homme blond, Sakamoto-san pria les ambulanciers de descendre la patiente, avant de rejoindre le romancier. Arrivé devant la porte du bureau, Eiri avait trouvé porte close.
_ « Shuichi ? Shuichi, c'est Eiri ! Réponds-moi ! »
_ « … »
_ « Shuichi ! »
_ « Yuki-san ? »
_ « Hum ? Quoi ? » fit le blond d'un ton bourru.
_ « Je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé, mais j'ai cru comprendre que Shindô-kun avait pris peur et fait tomber la jeune femme dans un réflexe défensif. Je lui ai administré un sédatif, mais il semble beaucoup s'en vouloir d'avoir blessé involontairement votre sœur. Il s'est aussitôt enfermé dans le bureau juste après que je me sois occupé de lui.»
_ « … Et Mika ? Comment va-t-elle ? » demanda le romancier après un silence.
_ « Sa vie n'est pas en danger, et tout semble bien aller pour son bébé. Pour plus de sécurité, nous la garderons quelques jours à l'hôpital, mais tout devrait bien se passer. »
_ « Prenez bien soin d'elle, onegai shimasu. Elle a déjà fait une fausse couche, et elle appréhende beaucoup cette grossesse. Si elle devait perdre son bébé, elle pourrait ne pas s'en remettre. »
_ « Ne vous inquiétez pas, tout ira bien. »
_ « Je l'espère… lâcha le blond dans un souffle. Shuichi ? Sors de là s'il te plaît. »
_ « Ei… Eiri ? » fit une voix timide derrière la porte.
_ « Shuichi ! » s'écria Yuki.
Dans les minutes qui avaient suivi la chute de Mika, Shuichi avait tenté de réprimer son angoisse, et avait réussi, avec l'aide de la jeune femme, à appeler des secours. Dans la mesure de ses moyens, il avait essayé de rendre l'attente plus confortable à Mika et, sans toutefois oser la bouger, il s'était occupé d'elle, la réchauffant d'une couverture et lui donnant un peu à boire. Quand les ambulanciers étaient arrivés, le musicien n'avait accepté d'ouvrir la porte qu'en entendant la voix de Sakamato-san. L'agitation qui régna dans l'appartement une fois le personnel médical introduit dans les lieux créa une véritable crise de panique chez l'adolescent qui obligea son médecin à lui faire une piqûre de tranquillisant pour l'aider à retrouver son calme.
Cependant, l'artiste ne s'en trouva pas rassuré, même s'il était moins agité. Une fois qu'il avait su la jeune femme aux bons soins des ambulanciers, il était parti s'enfermer dans le lieu de travail de Yuki, et s'était caché sous le bureau de l'écrivain, son Kumagoro dans les bras. Là, le chanteur laissa libre court à ses larmes, autant parce qu'il s'en voulait d'avoir blessé Mika, qu'à cause de son cauchemar dont il se remémorait chaque terrible moment. Ce ne fut donc pas sans surprise qu'il entendit, après de longues minutes de solitude extrême, la voix de son amant.
_ « Shuichi ? »
_ « Eiri ? appela le musicien en s'extirpant lentement de sa cachette. Eiri, c'est toi ? »
_ « Bien sûr que c'est moi ! lui répondit de derrière la porte une voix étouffée et agacée. Qui voudrais-tu que ce soit ? »
_ « C'est… c'est vraiment toi ? » demanda encore l'adolescent qui s'était rapproché de la porte.
Même à travers l'épaisseur du bois qui les séparait, le romancier pouvait sentir la peur et l'angoisse qui perçait dans cette voix plaintive.
_ « Oui, Shu, c'est vraiment moi, acquiesça l'écrivain d'une voix plus douce. C'est Eiri. »
Sur le chemin du retour, Yuki avait pensé pouvoir se remettre de ses émotions dans les bras de son amant. Mais là, il devait passer outre sa petite mésaventure à N.G. pour soutenir son compagnon. Eiri avait fait la bêtise de le laisser seul avec une autre personne sans le prévenir, et il était normal que le musicien en est était troublé. Et ce qu'il s'était passé ensuite n'était pas forcément prévisible, mais ça ne pouvait laisser à Shuichi que ses séquelles que le pauvre adolescent n'était pas encore en mesure d'affronter psychologiquement. Il était trop fragile en ce moment et seul le temps aurait raison de sa détresse. Le temps et Yuki. Car l'écrivain n'allait pas s'avouer vaincu et laisser l'artiste affronter ses fantômes tout seul.
_ « Ouvre-moi, s'il te plaît, Shu… »
Le silence qui suivit laissa croire au blond que l'adolescent n'allait pas répondre du tout et qu'il lui faudrait enfoncer la porte, ce qui ne manquerait certainement pas de marquer un peu plus l'esprit déjà bien tourmenté du musicien. Mais il fut bien vite détrompé par la réponse timide qui lui fut faite :
_ « Je… je peux pas… »
_ « Hein ? Comment ça, "tu peux pas" ? »
_ « Tu… tu vas m'en vouloir…»
_ « Pourquoi je t'en voudrais, Shu ? »
_ « … »
_ « Réponds-moi, Shu. »
_ « Parce que… Parce que j'ai fait du mal à… à ta sœur… Je voulais pas faire ça, mais je… je lui ai fait mal… Je suis désolé, Eiri, je suis tellement désolé ! »
L'adolescent s'était mis à pleurnicher en prononçant ces derniers mots. Yuki soupira un instant, conscient que les prochaines paroles qu'il allait prononcer seraient décisives.
_ « C'était un accident, Shuichi, seulement un accident. Tu n'as pas à t'en vouloir pour ça. »
_ « Non, c'était pas un accident ! s'écria l'adolescent d'une voix désespérée en se laissant tomber à genou devant la porte. J'ai cru qu'elle était avec Seguchi et je l'ai poussé ! J'ai poussé Mika-san et elle est tombée ! C'est moi qui lui ai fait mal ! Volontairement ! »
_ « Pfff… Écoute, Shu. Peut-être que oui, tu as volontairement fait mal à Mika. Mais je pense que c'est à moi de juger si oui ou non je t'en veux pour ça. Et pour moi, tout ça n'était qu'un accident. Un accident dû à ma négligence et à ma stupidité de ne pas t'avoir prévenu que je le te laissais seul un moment avec elle. Alors je pense que s'il y a quelqu'un qui doit se faire des reproches, ce n'est pas toi, c'est moi. »
_ « … »
_ « Tu as juste eu peur et tu as réagi en conséquence. Tu n'as pas à t'en vouloir, Shu. C'était seulement un accident. Ouvre-moi maintenant. »
_ « … Naaaan… » fit la voix sanglotante du chanteur.
_ « Demo… commença le romancier en s'accroupissant près de la porte avant d'y appuyer le front. Aï shiteru, watashi no tenshi… » (Traduction : Mais je t'aime, mon ange)
À cet instant, Eiri semblait avoir complètement oublié la présence de Sakamoto-san et sa sœur en train de rejoindre l'ambulance. Il n'y avait plus que Shuichi qui comptait. Il voulait le serrer dans bras, tant pour le rassurer que pour apaiser son propre cœur troublé par les événements qui avaient eu lieu avec Seguchi. Il voulait retrouver son petit monde à part qu'il avait créé avec Shuichi pour les protéger tout deux du monde extérieur. Il espérait en cet instant que son amour pourrait atteindre le cœur de Shuichi fermé derrière cette porte de bois. Les quinze secondes d'hésitation du musicien parurent une éternité au romancier. Quand enfin l'écrivain entendit le déclic de la serrure, il ne put s'empêcher d'esquisser un micro-sourire soulagé. Il se releva et ouvrit avec précaution la porte du bureau.
_ « Shuichi ? » appela le blond.
_ « … Ici… » fit une voix éteinte juste à côté de lui.
Shuichi était resté appuyé contre le mur derrière la porte. La tête basse, il gardait le nez enfoui entre les oreilles de son Kumagoro en peluche.
_ « Shu… »
L'artiste avait le teint horrible de quelqu'un qui vient de pleurer longuement, et il faisait vraiment peine à voir. Ses cheveux étaient sans doute aussi en bataille que l'était son esprit en cet instant.
_ « Gomen, Eiri… Gomen nasaï… »
_ « Chuuut, tout va bien, Shu… fit le blond d'une voix rassurante tout en rajustant un peu les mèches folles de son compagnon. Je suis là maintenant. »
_ « Oh Eiri ! Tu es vivant ! s'écria soudain l'adolescent en se jetant dans les bras du romancier. Tu es vivant… »
_ « Huh ? Bien sûr que je suis vivant, Shu. »
_ « Dans mon cauchemar, tu étais mort ! s'exclama le musicien. Seguchi t'avait tué et moi j'avais retrouvé la vue juste pour te voir mort ! Et après, " il " a tenté de me tuer aussi mais je me suis réveillé… Ne m'abandonne pas, Eiri… »
_ « Non, bien sûr que non, Shuichi ! »
_ « Eiri… Mika-san… Quand on attendait l'ambulance, elle m'a tout dit… Elle m'a dit qu'elle ne voyait plus son mari et qu'elle ne me voulait aucun mal… Parce que je lui rappelais un peu toi quand tu étais plus jeune… Elle m'a dit qu'elle regrettait de ne pas avoir pu arrêter son mari à temps, avant qu'il ne me fasse du mal… »
_ « Shuichi… »
_ « Je m'en veux, Eiri… Je lui ai fait et je m'en veux… Parce que Mika-san est vraiment une personne bien… Après tout, c'est ta sœur… »
_ « Ne pense plus à tout ça, Shuichi. Tu dois te reposer maintenant. »
_ « Gomen nasai, Eiri… Je voulais pas lui faire du mal… » fit l'artiste dont les larmes redoublaient de plus belle.
_ « Je sais, Shu, je sais… » fit doucement l'écrivain en soutenant le corps de son compagnon qu'il sentait devenir de plus en plus flasque.
_ « Eiri… Aï shiteru, Eiri… »
_ « Moi aussi, Shu… »
Lentement, l'adolescent glissa dans le sommeil sans cesser d'appeler son amant et de s'excuser auprès de lui. À présent à genou au sol, soutenant l'artiste qui avait enfin retrouvé un peu de calme, le romancier retenait avec difficulté ses larmes. La détresse toujours grandissante de Shuichi le désespérait. Que pouvait-il faire pour l'aider ? Comment pouvait-il le soutenir et l'aider à sortir de cette épreuve ? Eiri l'ignorait. Mais il reconnaissait dans cet adolescent meurtri un désespoir presque comparable à celui qui avait été le sien en Amérique. Une douleur qui ne peut s'exprimer avec des mots. Une peur et une angoisse permanente qui vous vrille les intestins. Une détresse muette qui n'arrive pas à appeler au secours mais parfois laisse échapper un appel à l'aide timide.
Shuichi ne devait pas sombrer dans les ténèbres dans lesquelles l'écrivain avait sombré il y a 9 ans. Yuki s'y refusait. Il ferait tout pour Shuichi. Même s'il se souvenait à peine des quelques mois qui avaient suivis son viol, voir Shuichi ainsi faisait remonter à sa mémoire les souvenirs perdus de cette époque. Et pour rien au monde, il ne voulait que le chanteur plonge comme il l'avait fait. C'était Seguchi qui avait maintenu le romancier dans cet état de détresse et de noirceur, tout en prétendant l'aider. Le président avait voulu se rendre l'unique soutien de son jeune beau-frère, car déjà à l'époque, il aimait Eiri plus que de raison. Alors maintenant, Yuki devait tout faire pour préserver Shuichi de l'influence néfaste de Seguchi. D'autant que cette fois-ci, l'ex-pianiste vouait une haine viscéral à la personne qu'il tourmentait psychologiquement.
Serrant doucement son amant contre lui, l'écrivain se jura une nouvelle fois de le protéger. Il avait besoin de lui. Même si ces derniers temps, c'était plutôt Shuichi qui avait besoin de son amant. Désespérément. Le romancier serait sans doute resté encore un long moment ainsi si le médecin ne s'était rappelé à lui.
_ « Yuki-san ? Votre sœur va partir avec l'ambulance. Si vous voulez l'accompagner, il faut partir maintenant. Je resterai avec Shindô-san jusqu'à votre retour. »
Le blond allait lui exprimer son refus de laisser une nouvelle fois Shuichi seul, mais une voix venant du couloir l'interrompit.
_ « Aniki ? »
_ « Tatsuha ? » s'étonna Eiri en reconnaissant la voix de son jeune frère.
_ « Aniki ! s'exclama le brun en rejoignant l'entrée du bureau. Aniki, j'ai vu qu'on emmenait Mika dans une ambulance en bas. Qu'est-ce qui se passe ? »
_ « Je n'ai pas vraiment le temps de te raconter, Tatsuha. D'autant plus que je ne connais pas encore tous les détails. Il faudrait que l'un de nous accompagne Mika à l'hôpital. Tu peux le faire ? Je ne veux laisser Shuichi seul avec quelqu'un d'autre sans le prévenir. »
_ « Quoi ? Mais je ne comprends rien à ce qui se passe là ! Mika est malade ou quoi ? Et Shuichi ? »
_ « Tatsuha… Mika ne t'a rien dit ? »
_ « Rien dit à propos de quoi ? Elle allait très bien quand je l'ai quitté hier. Même si elle semblait un peu pâlichonne. »
_ « Pardonnez-moi d'intervenir, Yuki-san, fit Sakamoto-san, s'immisçant dans la conversation, mais je pense qu'il vaudrait mieux que ce soit vous. Visiblement, votre frère n'a pas l'air au courant pour l'état de votre sœur. »
_ « … Oui, je le pense aussi… conclut l'écrivain avec un soupir ennuyé. Je vais aller avec Mika, et toi, tu restes ici avec Shuichi, Tatsuha. Tu ne le quittes pas de yeux, compris ? »
_ « Ha… haï… » balbutia son frère, perplexe.
_ « Et surtout, tu ne tentes rien avec lui, ok ? Sinon, je te jure qu'à mon retour, je te fais la peau. J'ai déjà assez d'emmerdes comme ça, je veux pas en plus que tu traumatises un peu plus Shuichi. »
_ « Haï, aniki… » acquiesça le moine, complètement pris au dépourvu.
C'est ainsi que le jeune Uesugi Tatsuha se retrouva avec un jeune chanteur endormi sur les bras et un médecin en blouse blanche, assistant au départ précipité de son frère aîné qui claqua violemment la porte en quittant l'appartement.
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Cela faisait un peu plus d'une heure que Yuki était parti avec l'ambulance et sa sœur. Tatsuha avait couché Shuichi et le médecin et lui s'était installé au chevet du musicien pour le veiller. Sakamoto-san avait un peu briefé Tatsuha sur la situation, lui annonçant avec réticence que Mika était enceinte. Le moine apprit donc que Shuichi, visiblement resté seul avec sa sœur aînée, avait pris peur et l'avait bousculée sans le vouloir, faisant tomber la jeune femme au corps fragilisé par sa grossesse. Même s'il n'était pas spécialisé en gynécologie, Sakamoto-san avait pu faire un diagnostic encourageant de l'état de Mika. Cependant, des examens plus poussés seraient malgré tout nécessaires afin que la suite de la grossesse se passe sans encombre.
Le médecin avait aussi expliqué à Tatsuha que cet accident avait mis Shuichi dans un état d'agitation extrême, et qu'il avait dû lui donner un calmant. Il était donc probable qu'à son réveil, il soit un peu déboussolé et qu'il ait besoin du soutien de ses proches. Le brun hocha la tête en silence, un peu décontenancé. Shuichi ne semblait pas aller guère mieux depuis la dernière fois qu'il l'avait vu. Et depuis quand Mika était-elle enceinte ? Pourquoi ne lui en avait-elle pas parlé ? Peut-être ne le savait-elle pas depuis longtemps et qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de le lui annoncer. En tout cas, il devrait demander quelques éclaircissements à son frère.
Le moine, resté seul un instant dans la chambre tandis que le docteur Sakamoto était aux toilettes, en était là de ses pensées quand il entendit un gémissement. Dans le lit, Shuichi semblait se réveiller. Les larmes qui perlaient sous ses paupières encore closes inquiétèrent aussitôt le brun.
_ « Shuichi ? » appela-t-il doucement en se penchant vers le lit.
_ « Huum… Nyuki ? » fit l'adolescent d'une voix ensommeillée en ouvrant légèrement les yeux.
Voulant éviter une méprise, mais désirant ne pas effrayer le musicien, Tatsuha ne démentit pas qu'il était Yuki, mais il ne dit pas non plus qui il était.
_ « Là, tout va bien, Shu-chan, fit-il simplement. Repose-toi encore un peu. »
_ « Tu es vivant, Eiri… se mit soudain à sangloter le gamin avec un maigre sourire de soulagement. Mon cauchemar était tellement horrible tu sais. Sniif ! Je retrouvais la vue et tu étais mort là, juste sous mes yeux ! C'était… snif… vraiment trop horrible… »
_ « Chuuut, calme-toi. Tout va bien maintenant, » fit le brun en commettant l'erreur de caresser délicatement les cheveux roses du chanteur.
Shuichi se figea un instant à ce contact. Tatsuha se mordit la lèvre, conscient d'avoir gaffé, mais le mal était fait : l'artiste avait compris qu'il n'était pas Yuki.
_ « Ne t'inquiète pas, Shuichi, s'empressa de dire le moine. Tout va bien. Eiri est parti avec Mika à l'hôpital, mais il devrait plus tarder maintenant. »
_ « Tatsuha-kun, l'interrompit le chanteur. Je t'ai reconnu. Je ne vais pas paniquer comme j'ai fait avec Mika-san… »
_ « Shu-chan… »
_ « Tu dois m'en vouloir toi aussi, Tatsuha-kun… »
_ « Raconte pas n'importe quoi, Shu ! s'emporta le brun. Et puis pourquoi tu dis "moi aussi" ? Eiri n'était pas du tout en colère contre toi. Ni moi d'ailleurs. »
_ « Tu es en colère là pourtant… »
_ « Oui, mais c'est parce que tu crois qu'on t'en veut pour Mika. Eiri était vraiment très inquiet pour toi, et il s'en veut. »
_ « … »
_ « Shu-chan, arrête de pleurer, onegaï… » supplia le brun en posant sa main sur la tête du musicien qui s'était remis à pleurnicher.
_ « Mais… Snif snif… C'est ma faute pourtant… Sniiiif… C'est à cause de moi si Mika-san est à l'hôpital maintenant. »
_ « C'était un accident, Shu-chan, rien de plus. Tu n'as pas à t'en vouloir. »
_ « Je veux voir Eiri… Snif snif… Même si je peux pas le regarder… Je veux pas qu'il soit mort, Tatsuha-kun. Je veux mon Eiri… Ouiiiin !!! »
_ « Shu, calme-toi voyons, ça ne sert à rien de te mettre dans un état pareil. »
_ « Je veux mon Yuki. Sniiiif… »
Tatsuha ne savait plus quoi faire pour apaiser le chagrin du jeune chanteur. Il l'aurait bien pris dans ses bras pour le bercer, mais il avait promis à son frère qu'il ne le toucherait pas. Et puis, il craignait d'effrayer Shuichi en faisant ça. Mais il n'eut pas à réfléchir longtemps là-dessus. Soudain, l'artiste se redressa, et dès qu'il eut trouvé à tâtons le moine, il s'accrocha à son coup en sanglotant.
_ « Ouiiiiin ! Gomen ! Gomen nasaï ! Tout ce qui arrive est de ma faute ! Je suis désolé ! » ne cessait de s'excuser l'adolescent en larmes.
_ « Mais non, Shu, tu n'as rien à te reprocher voyons, » essayait de l'apaiser sans succès le brun.
Comme par hasard, c'est juste à ce moment-là que le romancier choisit de rentrer. En pénétrant dans l'appartement, il tomba sur Sakamoto-san qui sortait des toilettes. Ils discutèrent une poignée de secondes, puis le médecin annonça qu'il allait partir après avoir ausculté une dernière fois Shuichi et ils se rendirent ensemble dans la chambre. Le blond se trouva alors quelque peu agacé par le spectacle sur lequel il tombait.
_ « Je croyais t'avoir dit de ne pas le toucher, Tatsuha… » cracha l'écrivain d'une voix encolérée…
_ « Eiri ? s'étonna Tatsuha en tournant la tête vers la porte, surpris de voir son frère. Eiri, comment va Mika ? »
_ « Elle, elle s'en sortira, répondit le blond dont les yeux lançaient des éclairs. Par contre toi, c'est beaucoup moins sûr… Qu'est-ce que tu as fait à Shuichi pour qu'il pleure ? Lâche-le et explique-moi ! »
_ « Hé ho ! Calme-toi, Eiri ! C'est pas ma faute, il s'est jeté dans mes bras tout seul ! »
_ « Foutaises ! Tu as bien dû l'y forcer pour qu'il pleure ainsi ! »
_ « Shuichi s'en veut énormément pour Mika. C'est pour ça qu'il pleure. Alors que voulais-tu que je fasse, aniki, hein ? Que je le repousse et que je le laisse chialer tout seul dans son coin pendant que tu n'étais pas là ? »
_ « Eiri ? » les interrompit soudain la voix timide de Shuichi.
_ « Shuichi ! » s'exclama le blond en rejoignant le lit.
_ « Eiriiii… Gomen nasaï ! sanglota le chanteur, de grosses larmes coulant le long de ses joues. Vous disputez pas tous les deux. C'est ma faute. Vous disputez pas, onegaï ! C'est tout à cause de moi… Huuh… Sniif…»
_ « Mais on ne se disputait pas, Shuichi, affirma Tatsuha. On discutait, c'est tout. »
_ « Naaan, vous vous disputiez… Snif… à cause de moi… Gomen… Sniiif… » bredouilla l'artiste d'une voix hachée de pleurs tandis qu'il s'écartait du moine.
_ « Shuichi, viens là, » fit le romancier en attrapant la main de son amant avant qu'il aille se cacher sous les couvertures.
Le musicien continua à sangloter, la tête enfouie dans ses genoux repliés contre lui, se faisant prier pour rejoindre son compagnon. Yuki insista un peu plus en attirant doucement la main du chanteur, mais ce qui fit fondre l'obstination du gamin furent les quelques mots du blond.
_ « Watashi no tenshi… »
Cette fois-ci, Shuichi craqua et se laissa entraîner dans les bras de son amant sans résister, où il laissa libre cours à ses larmes. Sans savoir pourquoi, Tatsuha éprouva comme une sorte de pincement au cœur en assistant à cette scène : une fois que Yuki était là, il n'existait plus aux yeux de Shuichi… Aux yeux ?
"Mais voyons, se gourmanda intérieurement le moine. Shuichi ne me voit plus puisqu'il est aveugle. Mais je pensais quand même que j'étais son ami… Pourquoi ça me rend si triste qu'il m'ignore ainsi ?"
Ce n'était certainement pas ici qu'il trouverait la réponse à ses interrogations. Dépité d'être si vite écarté alors qu'il était arrivé en plein drame peu auparavant et avait dû rester avec Shuichi sans aucune explication, Tatsuha se leva et quitta discrètement la pièce. Il avait mis ses chaussures et enfilait son blouson quand la voix de son frère l'arrêta.
_ « Tatsuha ? Où vas-tu ? »
Le brun tourna la tête pour apercevoir son aîné qui l'avait rejoint dans l'entrée.
_ « Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, aniki, fit-il en finissant de fermer sa veste. Je vais aller voir comment va Mika, et prévenir le paternel qu'elle est à l'hôpital. »
_ « Tu ne veux pas savoir ce qu'il s'est passé ? »
_ « J'en sais assez avec ce que tu m'as dit. Et puis, Mika me racontera bien quand j'irai la voir. Allez, je vous laisse. À bientôt. »
_ « Tatsuha, » l'arrêta son frère avant qu'il n'ouvre la porte.
_ « Hum ? »
_ « Je m'excuse pour aujourd'hui. Je t'ai demandé de t'occuper de Shu pendant mon absence et en revenant, je n'ai su que t'agresser parce que tu essayais de le consoler. »
_ « … Ah ben ça c'est une première ! » s'esclaffa le brun.
_ « Quoi ? » fit le blond en rougissant malgré lui.
_ « Mon frangin qui s'excuse d'avoir envoyé chier son monde ! Elle est pas mal celle-là ! Hahahaha ! »
_ « Si tu préfères, je t'envoie carrément chier ailleurs la prochaine fois… » bougonna l'écrivain, vexé.
_ « Non, non, c'est bon, désolé, aniki. Mais je dois admettre que Mika avait raison sur ce point : Shuichi t'a transformé. »
_ « … »
_ « Aniki ? »
Le brun s'attendait à ce que son frère s'en défende avec véhémence, mais le blond se contenta de hocher tristement la tête.
_ « Aniki, ça va ? »
_ « C'est vrai, Shuichi m'a changé. Mais tu sais, Tatsuha, il y a vraiment des fois où je me dis que je n'aurais jamais dû laisser ce gamin m'approcher… »
_ « Quoi ? Mais enfin, aniki… »
_ « C'est parce que je n'ai pas su l'éloigner à temps qu'aujourd'hui il souffre… Et maintenant, il est trop tard pour l'éloigner de moi et le préserver… »
_ « Aniki… »
Les cheveux blonds du romancier recouvraient ses yeux. Tatsuha ne savait pas si Eiri pleurait ou non, mais au moment où il tendait la main vers lui pour s'en assurer, l'écrivain releva la tête. De ses iris couleur d'ambre, le romancier fixait son frère avec une détermination renouvelée.
_ « C'est pour ça que je dois le protéger. Je dois prendre soin de lui et le protéger car il a tout perdu à cause de moi. Je le lui dois. »
_ « Et aussi parce que tu l'aimes, je me trompe ? » le taquina gentiment le brun.
Le blond rougit furieusement mais acquiesça malgré tout d'un signe de tête.
_ « Hahahaha ! En fait, tu es un grand timide, aniki ! » se prit à rire le moine.
_ « Raconte pas n'importe, sale mioche ! » s'emporta le romancier en attrapant son frère par le col de son blouson.
_ « Hahahahaha ! Bon je te laisse avec ton amoureux, Eiri-chan. Je vais aller voir Mika à l'hôpital. Bye bye ! »
Laissant son aîné fulminer de rage sur le palier, le jeune bonze alla prendre l'ascenseur puis il fila à l'hôpital sur sa moto d'un rouge flamboyant, acquisition qu'il avait faite juste après son retour du séminaire. L'après-midi touchait à sa fin quand le motard parvint à l'hôpital, et déjà le soleil amorçait sa descente vertigineuse vers les ténèbres de la nuit. Tatsuha se présenta comme le frère de Seguchi Mika et fut autorisé à la voir quelques instants avant la fin des heures de visite autorisées. La jeune femme s'était réveillée et semblait se porter assez bien malgré sa pâleur. Elle put expliquer à son cadet les événements de la journée, plongeant son jeune frère dans un silence attristé.
_ « Tatsuha ? s'inquiéta la brune devant le mine sombre du moine. Ça va ? »
_ « Mika… Je suis un monstre… »
_ « Hein ? »
_ « Je… je crois que je suis amoureux de Shuichi… Vraiment amoureux… »
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À SUIVRE …AU PROCHAIN EPISODE : Sombre désespérance…
(1) Vendredi 13 avril :Oui je sais, il s'agit d'un jour porte-malheur, mais c'est pas ma faute si ça tombe comme ça. En fait, j'ai basé cette histoire à partir du calendrier de l'année 2007, et donc à partir de ce chapitre, je vais rajouter la chronologie des jours pour que vous situiez bien le déroulement de la fic. De plus, je vais rajouter cette datation des événements dans les précédents chapitres.
(2)le genou bien placé : Manifestement, Seguchi adore cette position. Il avait déjà plaqué Shuichi de cette manière quand il a essayé de le violer dans le chapitre 8. Hihihihihi…
(3)La Castafiore : Je ne sais pas si tout le monde connaît les albums de Tintin et la célèbre cantatrice qui apparaît dedans et répondant au nom de « La Castafiore ». Mais bon, en bref, pour ceux qui ne connaissent pas, sachez que cette dame est une soprano qui chante très aigu, et ma phrase signifie là que Eiri risque fort de parler avec une voix de fille pendant un moment s'il on lui fait bobo « là », si vous voyez ce que j'veux dire… Et dans ce cas-là, on pourra appeler Yuki : La "Castra-folle" (ou Castra-fiolle si vous préférez) !!! MWAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !!! FIUUUUUUUUU ! AAAAAAH !!! LE DICOOOO !!! BLAAAAM !!! Aaargeuuuh…
(4) « Il y a 9 ans » : Ben oui, chronologiquement, entre mon histoire et le manga d'origine, la scène se passe quand Shuichi va fêter ses 20 ans. Or, dans le manga, Shu avait 18 ans et à cette époque, Yuki en avait 23 et ça faisait 7 ans qu'il avait été violé. Donc si mes calculs sont bons, 7 + 2 = 9 ans après le viol
Yuki : Bravo, je vois que tu t'améliores en mathématique, baka. Tu arrives à rajouter 2.
Shizu : je t'ai rien demandé, tonton…
Commentaires de fin : Bon allez, j'arrête ce chapitre ici, sinon vous n'aurez pas de chapitre avant que je parte en formation à Limoges et ce serait dommage. J'espère que vous vous êtes régalé quand même avec ces 12 pages d'histoire (oui, 12 sur mon logiciel d'écriture Words). Je sais, je sais, je suis sadique. MWAHAHAHAHA ! Juste un poil. J'aurais voulu introduire la fin de cette journée dans ce chapitre, mais ça ferait vraiment un chapitre trop long après et je sais pas si je pouvais simplement le poster (les tailles de fichiers à envoyer sont bien limitées, non ?). Bref voilà un chapitre, et je vais tout faire pour vous en envoyer un autre avant l'année prochaine (6 mois d'attente pour un chapitre, ça fait un petit chouia long, non ?). Prévenez-moi si y a des erreurs, je poste ça à la va-vite. Allez bonne lecture et à bientôt !!!! Bisous bisous !!!
Lexique :
Ai shiteru : Je t'aime
Aniki : frère aîné, grand frère
Arigatô / arigatô gozaimasu : merci
Chan/kun/san : Diminutif que l'on ajoute au nom (ou prénom) pour marquer l'affection envers une personne (Chan), une certaine marque de respect envers un camarade (Kun), ou marquer une certaine hiérarchie avec des personnes que l'on connaît peu ou plus âgées (San)
Gomen / Gomen Nasaï : pardon, désolé, excusez-moi
Haï : oui
Onegaï / onegaï shimasu : s'il te plaît / s'il vous plaît
Seme : le « dominant » dans un couple homosexuel, du verbe « semeru » = attaquer
Uke : le « dominé » dans le couple homosexuel, du verbe « ukeru » = recevoir, généralement plus petit et plus efféminé que le seme
Watashi no Tenshi : mon ange
Yaoi : genre apparu dans les années 70 au Japon, c'est un genre dérivé du shoujo manga (manga pour filles). Il dépeint les relations sentimentales et sexuelles entre 2 hommes.
- serait l'acronyme de « Yama nashi, Ochi nashi, Imi nashi » = « no climax, no point, no meaning » en anglais, ou en bon français = sans dénouement, sans utilité, sans sens » (en gros un PWP = Plot what plot)
- viendrait aussi de l'expression « YAmete Oshiri ga Itai » = littéralement « arrête j'ai mal au cul ». Les Japonais préfèrent d'ailleurs à cette expression un peu crue le terme « boy's love ». Personnellement, j'aime beaucoup la 2e définition, pas vous ? héhéhé…. Nyark nyark nyark…
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