Oha-yoooooo ! o/

Merci pour vos reviews sur les chapitres précédents~ Ainsi que vos brisages de feels~ C'était délicieux ! ( ^ w^)* J'ai reçu mon passeport ! La honte, j'ai loupé le rendez-vous qui était le 15 xD Heureusement, il n'y avait personne, alors on a pu passer de suite (on s'était rendu sur place) ça a été rapide et j'ai posté ma tête qui est à l'intérieur sur twitter parce que c'est magique xD (vive les photos d'identité ! o/)

Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture et un bon grignotage~ o/


La nuit avait été mouvementée. En fait, il n'y avait pas eu de nuit du tout, parce qu'aucun des deux jeunes hommes n'ont pu dormir. Balthazar avait dû se tenir à distance respectable de son ami, et ne surtout pas croiser son regard, sous peine qu'il n'explose et ne se venge contre le premier tronc qui passait sous sa lame. Théo était violent, il le savait, mais jamais il n'aurait pensé à voir une telle réaction.

Apprendre qu'il avait un fils le secouait déjà suffisamment comme ça. Il était dans le déni le plus absolut, refusant l'évidence alors que cette ancienne conquête l'avait retrouvé. N'aimant pas revoir ses histoires d'un soir, il avait ignoré les lettres envoyée à la tour, pensant simplement qu'elle voulait correspondre et avoir une relation durable. Pendant sa dix-septième année, il n'avait eu aucunement envie de se stabiliser, bien plus prompt à séduire la première demoiselle passant sous son regard de braise.

Il venait de rompre avec une fille qui la trahi après six mois de couple, et ses dix-neuf ans ne faisait que commencer : il n'avait pas envie d'avoir un enfant maintenant ! Recevoir la haine du guerrier en plus ne l'aidait en rien, il aurait plutôt besoin de ses bras. Où était donc passé cette fameuse patience envers sa personne ? Qu'est-ce qui lui prenait d'être ainsi énervé parce que sa version miniature courrait dans les champs ? Il avait envie de le lui demander, mais vu l'ambiance, il ferait mieux de se taire.

De son côté, le cœur en miette, Théo refusait catégoriquement ce qui venait d'arriver. Il avait cru que les choses allaient enfin être plus calme et claire avec le mage, et en avait été terriblement heureux. Finalement, tout n'avait été que mirage, et avec ce petit dans la nature, les morceaux de sa tour d'ivoire effondrée partaient en cendre. Il se sentait détruit, et n'avait plus aucune motivation en dehors de la rage sourde qui grondait en lui. Il n'avait qu'une envie : faire exploser le monde.

Incapable de dormir, ils avaient fait une nuit blanche interminable, et décidèrent de reprendre la route à l'aube sans manger. Ils n'avaient rien avalé depuis le midi de la veille, mais leurs estomacs noués ne leur donnaient aucunement envie d'un quelconque repas. Le paladin dû laisser le mage mener la marche, car il ne savait pas où aller, ce qui l'énervait plus encore.

La journée fut longue et harassante, le duo se contentant de la maigre pitance prise pour la forme pendant l'après midi. Le soir, l'érudit eut un terrible mal de tête, finissant par vomir plus loin. Le soldat n'aimait pas le voir dans cet état, mais était encore trop blessé pour lui offrir ses bras. Cependant, en pleine nuit, alors que son ami dos à lui tremblait sur son sac de couchage en se tenant le crâne, il ne put se restreindre. Il se leva de sa place et vint apposer sa main sur son front pour faire irradier sa paume de lumière dans un soin.

C'était totalement inutile, car la migraine carabinée ne disparaissait pas, mais étrangement, le diable se retranchait au fond de l'esprit du mage à l'invocation. C'était une logique qui lui avait sauté aux yeux après les nombreuses fois où ils s'étaient collés le soir : à aucun moment, Balthazar n'avait subit les sévisses morales de son alter égo. De part son éducation au sein de l'église, il trouvait ça normal qu'une créature de l'ombre soit repoussé par la lumière. De plus, il accomplissait en quelque sorte sa mission, repoussant le mal et protégeant l'humanité.

Les tremblements de son ami se calmèrent, ne laissant que ceux léger dû à la douleur. Satisfait de son efficacité, il revint à sa place afin que le petit feu de camp les sépare de nouveau. Le mage se recroquevilla sur lui même, soufflant un timide remerciement. Tombant de sommeil, ils s'endormirent et se reposèrent pleinement jusqu'à très tard dans la mâtiné. Les prédateurs et bandits avaient visiblement décidé miraculeusement de les laisser en paix. Ils mirent du temps à se réveiller complètement, restant longuement dans le brouillard en mâchant leurs fruits secs les yeux dans le vide.

Une fois fini, ils reprirent la route. Le silence était toujours présent, mais plus triste que pesant. Leur avancé fut coupée par quelques poses, pour le repas, et reposer les bêtes qui les portaient. Le soir fut calme, bien que plongé dans le mal aise, ainsi que des piques d'adrénalines car des canidés sauvages les avaient attaqués. Désormais, ils étaient fauchés, fatigués, et à court de nourritures, en plus d'être désorganisés parce qu'ils étaient trop mal à l'aise pour s'adresser la parole.

La dernière ligne droite leur ouvrait les bras, les regonflant suffisamment de courage pour continuer leur route. Le silence commençait à devenir peu à peu insupportable, même pour le guerrier. Aussi, bien qu'il trouvait ça inutile, l'érudit décida de s'exprimer à voix haute, quitte à se disputer de nouveau avec son ami. Il avait cruellement besoin de discuter avec quelqu'un. Ce fut donc autour du feu de camp du soir, qu'il prit la parole, recroquevillé sur lui même en fixant les flammes.

- J'ai pas envie d'un enfant maintenant...

Théo leva les yeux sur lui avant de les détourner en étant visiblement sur la défensive. Parmi tous les sujets abordables, celui là était bien l'un de ceux qu'il voulait éviter.

- Je veux dire... J'ai que dix-neuf ans... J'ai envie de voir un peu le monde avant de me poser... Mais... Ce gamin est actuellement en train de vivre ce que j'ai vécu : sans père... Ce n'est pas une chose que je souhaite à qui que ce soit. Tu sais bien de quoi je parle...

- Et qu'est-ce que tu veux que je te dise ? grogna le soldat, la gorge serrée. Y'a des milliers de gamins qui n'ont même pas un seul parent. Quant à nous, on en est pas mort de pas avoir de père !

- Je sais ce que ça fait de ne plus avoir ses parents, parce que c'est ma tante qui m'a élevé. C'est justement pour ça que je ne veux pas que ce garçon grandisse en se disant : "Mon père n'a jamais voulu de moi."

- On peut rien y faire !

- J'ai pas envie d'épouser une femme que je n'aime pas, ni d'avoir une famille maintenant... Mais j'ai des responsabilités...

Semblant comprendre ce qu'il était en train de lui dire, le paladin le dévisagea gravement. Balthazar évitait son regard, faisant tourner nerveusement ses bagues sur ses doigts. Une tristesse affligeante rendait ses yeux, habituellement si pétillant de vie, ternes. La fatalité l'accablait, et cette vision déchirait le cœur du guerrier de différentes façons. Il le sentait lui échapper, glisser entre ses doigts, et s'éloigner vers une horizon à l'opposer de la sienne.

Théo se leva et se précipita vers son compagnon pour le plaquer au sol, le prenant par surprise. Le jeune homme se débattit sous lui, mais il ne l'écouta pas, resserrant sa prise sur la robe ignifugée au niveau de ses épaules. Le mage se figea en découvrant la douleur qui inondait le regard de son partenaire. Il n'avait pas pensé que toute cette histoire pouvait le toucher à ce point.

- Je t'interdis de faire une connerie pareille !

Il continua de le fixer, voulant visiblement l'embrasser pour lui montrer la puissance de ce qu'il ressentait au moment actuel. Malheureusement pour le demi-diable, qui n'aurait pas été contre une douceur après ces longs jours amers, il se redressa et s'assit plus à côté, lui tournant presque entièrement le dos.

- Je te rappelle que t'as encore du fric à me rendre...

Balthazar sentit l'émotion lui serrer la gorge, et un bonheur suave envahir sa poitrine, son monde rayonnant de nouveau ; il voulait encore de lui. Il n'aurait pas supporté un rejet total de sa part. Bien que séparé par une distance ordinaire, il le sentit prêt de lui, et cela le réconforta. Il rit, évacuant toute la tension qui l'avait hanté.

- Oui, c'est vrai... Pardon...

Le silence retomba sur le duo, mais cette fois, il ne fut pas désagréable. Ils se préparèrent à dormir, chacun d'un côté du feu car il était encore trop tôt pour se rejoindre comme ils le faisaient normalement. Théo entra dans sa profonde méditation afin de pouvoir se reposer et de rester alerte pour monter la garde.

Le lendemain matin, les jeunes hommes reprirent lentement mais sûrement quelques vieilles habitudes : ils se lancèrent un peu d'eau pour se chercher gentiment des noises, se charrièrent, et râlèrent contre l'autre. Même si le tout fut plus timide, l'ambiance s'allégea, et les détendirent. Ils se remirent donc à cheval lorsqu'ils furent prêt à partir, marchant côte à côte en traversant la forêt qui faisait peu à peu place à un bourbier.

Les chevaux peinèrent à avancer, la boue agissant comme des ventouses. Après quelques heures, et plusieurs pauses pour ne pas épuiser les bêtes, que la flore fut moins dense, éclairant leur horizon. En jetant un œil à sa montre, acquis à la Vipère-de-cendre avec le reste de ses affaires, le pyromencien constata qu'ils étaient en fin d'après midi. Il soupira, agacé que la boue qui les avait ainsi freiné leur avait fait autant perdre de temps.

Un large espace fut alors visible entre les arbres, redonnant le sourire au mage et faisant soupirer le guerrier de soulagement. Une fois devant le haut mur qui encerclait largement un coin d'herbe, ils se stoppèrent. De toute façon, ils ne pouvaient plus avancer, car aucune entrée n'était visible. Balthazar analysa les pierres, longeant le mur pour trouver un endroit précis, son ami sur ses talons. Une fois trouvé, il mit pied à terre et prit une inspiration pour prendre la parole en souriant.

- Eh bien, Merec, je vois que tu n'as pas perdu la main en terme d'enchantement et de dissimulation.

Le silence lui répondit, mais il attendit patiemment. Théo râla en tirant son éternelle expression blasée, s'apprêtant à dire que son idée avait été foireuse, et que maintenant ils allaient passé à sa propre méthode. Alors même qu'il ouvrait la bouche, une voix étouffée sortie du mur devant eux, le faisant bondir en arrière avec les yeux révulsés, son alarme à hérésie hurlant dans son esprit.

- Je n'aurais pas pensé te revoir un jour, Bob !

Les pierres du mur bougèrent une à une pour ouvrir un passage, dévoilant une haute tour qui n'était pas visible depuis l'extérieur. Choqué, le paladin suivit quand même son ami à l'intérieur, tirant sa monture réticente. Le mur se referma derrière eux qui n'apprécièrent que peu ce détail. Ils laissèrent Lumière à l'étable, un autre cheval déjà présent dans un des deux box, et allèrent à la porte de la tour qui s'ouvrit toute seule lorsqu'ils furent devant elle. Ils montèrent les escaliers interminable pour arriver au premier étage qui était déjà bien haut, la porte s'ouvrant à nouveau d'elle même.

La vaste pièce était richement décorée, beaucoup de tapisseries et décorations de luxe s'harmonisant avec les tentures et le mobilier. Un homme arriva vers eux, habillé décontracté bien que sa tenue noble lui gardait une prestance raffinée. Les cheveux court, brun, les yeux sombres, il était physiquement des plus classique. C'était difficile d'imaginer que ses repas ne se composaient nullement de volaille.

- Je suis surpris de ta présence, et plus encore de ta compagnie, cher collègue, s'exclama-t-il avec un sourire polie, gardant ses distances en se méfiant visiblement de Théo. Et à juste titre.

- Les choses... Sont devenues très compliquées, et nous aurions besoin d'une information de ta part.

- Quel intérêt aurais-je à faire ça ? Vous vous doutez bien que votre discrétion n'est nullement une monnaie d'échange puisque vous ne pouvez partir d'ici sans ma magie.

- Une faveur, en souvenir du bon vieux temps, disons.

- Une visite amical ? reformula-t-il, dubitatif en haussant un sourcil. Tu avais couché avec ma copine, Bob, il est difficile de dire que nous sommes amis.

Le mage détourna le regard avec embarra, un rire gêné passant ses lèvres tandis que son partenaire le foudroyait de ses yeux exorbités.

- Ah, euh... Pour ma défense, je dirais qu'elle m'avait assuré être célibataire... Sinon, tu penses bien que je n'aurais jamais osé te faire une chose pareil !

- Tu dis ça uniquement pour pas que je te bouffe... Littéralement.

- Oh, non ! On est vraiment pote, pas vrai ? On s'est souvent entre-aider !

- Tu cachais mes actes, et moi ta nature : c'était une relation d'intérêt.

- Bon, bon, si tu insistes... Il doit bien y avoir quelque chose pour faire perdurer cela, et trouver un terrain d'entente.

Merec réfléchit quelques secondes en le fixant, passant une main sur son menton parfaitement rasé. Il fit alors quelques pas sur le côté afin de se servir de sa boisson contenue dans la carafe de cristal sur la table à manger. Il fit tourner le liquide dans son verre ballon assorti à la carafe et prit une gorgé.

- Eh bien... Il y aurait bien un petit service que tu pourrais me rendre en échange.

- Je t'écoutes.

- Il y a un groupe d'hommes, cinq en tout, qui me pourchasse depuis plusieurs années, et ils se rapprochent dangereusement d'ici. Bien que ce mur enchanté qui entoure ma propriété soit à l'épreuve d'armes ordinaires, il a une faille contre celles magiques, et il se trouve qu'ils en ont une.

- On doit la récupérer ?

- Et les tuer au passage, sinon ils rentreront à leur base, et confirmeront ma présence en ces lieux. S'ils ne reviennent pas, leur ordre jugeront qu'ils se sont fait avoir par les créatures du marais. Mes créatures.

Le duo avait ressenti les formes de vies qui les avaient dangereusement encerclé pendant toute leur avancé, raison pour laquelle ils n'avaient pas traînés. Merec les avait donc sentit venir depuis longtemps, et lentement piégé pour obtenir d'eux ce qu'il désirait. Le guerrier frissonna d'horreur, détestant l'idée d'être ainsi dans la gueule du loup en étant interdit de se battre.

- Je vous propose le gîte et le couvert pour ce soir, je vous vois mal monter un camp dans les bourbiers, au prises avec mes bêtes.

- Ce serait avec plaisir, accepta respectueusement l'érudit.

- Tant qu'on reste en un morceau..., grogna le soldat à ses côtés en grinçant des dents, se prenant un coup de coude de son voisin tendu.

- Cela va de soit. Si j'avais voulu vous dévorer, je vous assure que vous seriez déjà mort depuis longtemps. Les chambres supplémentaires sont à l'étage supérieur. Je vous en pris, installez-vous, et par pitié, prenez un bain...

Surpris, le duo se sentit en observant leurs corps avant de s'analyser mutuellement. C'est vrai qu'ils n'avaient pas eu le luxe d'une toilette depuis plusieurs jours. Vexé par la pique, Théo râla, mais se laissa emporter par le mage qui le poussa vers la sortie. Ils montèrent, comme indiqué par leur hôte, et avancèrent dans le couloir en regardant les différentes chambres disponibles. Il n'y en avait que trois, mais elles étaient spacieuses et comportaient chacune une salle de bain personnelle.

Ce détail fit pleurer Balthazar de joie tandis qu'il entra dans la première qui se présenta posant doucement son sac et son bâton au sol avant d'aller se laisser tomber sur le large lit. L'épaisse couverture de plumes d'oies, le matelas moelleux, et la somptuosité des draps le plongea dans un rêve éveillé. Il n'avait encore jamais connu un tel luxe. Des pas dans l'entrée de la chambre attira son attention, alors il dévisagea Théo qui l'avait suivit.

- Pourquoi tu viens ? cracha-t-il, son partenaire continuant d'observer la pièce haute de plafond, les fresques peintes sur ce dernier représentant la guerre entre les dieux et les diables.

- Si t'as envie de finir dans sa marmite de demain, je t'en pris, reste tout seul. Moi je peux rester parfaitement alerte et me reposer en même temps.

- Il ne va pas me découper ! Alors prends-toi une chambre !

- Fait, répondit son ami en laissant son sac tomber au sol à côté du sien.

Le mage poussa un profond soupir d'agacement. Néanmoins, il n'était pas contre de dormir avec lui cette nuit, leur proximité lui manquait, et leurs baisers plus encore. Il se redressa, s'étirant comme un chat, avant de se lever du lit. En se retournant, il découvrit Théo qui le dévisageait, son visage devenu pâle comportant une teinte rosé sur les joues alors qu'il avait les yeux écarquillé. Il était figé, son mouvement pour prendre le pichet d'eau laisser en suspend.

- Quoi ? lança l'érudit, n'ayant pas réaliser avec quel indécence il venait de présenter son fessier.

- Rien... Je vais me laver.

- Je vais à côté pour faire pareil.

Il prit de quoi se changer, et sorti de la chambre pour rejoindre celle d'en face. Prendre enfin un bain fut une véritable exaltation des sens, chacun de ses muscles se décontractant enfin dans la chaleur de l'eau savonneuse. Une fois propre, il se sécha en augmentant la chaleur de son corps afin d'enfiler des vêtements propres, ne se privant pas d'emporter le pain de savon laissé à disposition au bord de la baignoire. Il laissa son sac devant la porte fermée de la pièce qu'il partage avec Théo, se doutant qu'il voulait sûrement s'isoler un peu, et descendit à l'étage du dessous.

Merec se tenait près d'une femme qui préparait le repas. La tenue légère de la brune ne laissa pas le demi-diable de marbre, mais l'embarrassa un peu également. Le cannibale caressa le bras de sa compagne pour attirer son attention et lui chuchota d'aller se couvrir un peu plus qu'avec un peignoir transparent par dessous ses sous-vêtements. Elle hocha la tête avant de partir, disparaissant derrière de lourde tentures.

- Heureusement que tu as de la compagnie, isolé comme tu es, lança le mage pour détendre l'atmosphère, s'approchant tranquillement.

- Elle s'est présentée à mon mur en disant avoir besoin d'un refuge. Le fait qu'elle est ressenti la magie était déjà surprenant, j'étais curieux. Elle est douée en enchantement.

- Et plutôt jolie, en plus, t'as su tiré ton numéro, le charria-t-il doucement, partagé entre la tentative d'humour et le mal aise.

- Je l'avoue, sourit son hôte en se tournant plus vers lui, son attitude prouvant qu'il était plus ouvert, détendant son ancien collègue. Et toi ? Tu as continué de pourchasser toutes les femmes de la Tour rouge ? C'est pour ça que tu as été viré ?

- En fait... Je m'étais casé avec l'une d'elle, et quand je lui ais avoué ce que j'étais, elle m'a vendu.

- Je t'avais dit de faire attention.

- Ça faisait six mois, je ne me serais jamais douté qu'elle jouait la comédie dans l'espoir d'être conseillère de l'archimage.

- Pendue ?

- Brûlé vive.

- Parfait. Racontes moi un peu comment tu as pu finir avec un membre de l'église de la lumière, c'est quand même le dernier type de personne avec laquelle tu serais susceptible de vagabonder.

- Je me suis fait coincer par une garde sous la botte de l'ordre, et j'ai été fait prisonnier. Théo m'a aidé à m'enfuir, et maintenant on cherche un moyen d'acheter notre vie auprès de son église.

- Pourquoi il t'a aidé ? Il n'est pas censé te tuer ?

- Eh bien..., commença Balthazar, mal à l'aise. Je l'avais déjà rencontré peu de temps avant, et on avait sympathisé sans qu'il ne sache ce que j'étais. T'imagines bien le choc qu'il a eu en me voyant au fer. Il a dû se dire que j'étais plus humain, que diable...

- Je vois, répondit simplement son vis-à-vis, neutre. Quelque chose te tracasse ?

- Pardon ?

- Même si ça fait quelques années que nous ne nous sommes pas vu, je te connais. Tu sembles ailleurs, et morose.

Pris au piège, l'érudit soupira en baissant les yeux. Se confier un peu à quelqu'un d'autre que Théo pourrait peut-être l'aider à réfléchir sans être potentiellement influencé. Il s'installa à la table dont les couverts en argent étaient déjà installés, très vite rejoint par le sorcier.

- Il y a quelque jour, en passant à la bourgade des croisements, j'ai retrouvé une femme avec laquelle j'ai eu une aventure quand j'avais dix-sept ans... Elle avait un garçonnet de deux ans avec elle...

- Ça ne puis être le tien, tu le sais bien.

- En fait... Comment dire ça, c'est gênant... Théo ne me croyait pas sur le fait que je sois stérile, alors il m'a obligé à faire le teste de Berghraam. En faisant le mélange sous ses yeux, ça a viré au bleu...

Merec l'étudia un instant, réfléchissant sur l'annonce en plissant les yeux et grattant doucement sa pommette.

- Comment tu as procédé au teste ?

- Comme indiqué sur les grimoires : j'ai fais chauffer l'eau, j'ai mélangé les plantes en sachant qu'il n'y avait pas d'ordre précis à faire, retiré la pellicule, et mis la semence en dernier.

- Tu as utilisé un objet déjà enchanté ? Un tube incassable, un dague à sortilège ?

- Nan, j'ai bien pris garde à ne pas en utiliser, eh puis de toute façon je n'en ai pas.

- Comment tu as préparé les ingrédients ? Dis moi tout ce que tu as fait depuis le début, en détail.

- Eh bien, j'ai tout sortie de mon sac, j'ai installé le matériel. Il n'y avait aucun âtre alors j'ai utilisé ma paume pour...

- Ah ! s'exclama son hôte, le coupant.

- Quoi ?

- Tu as fais chauffer l'eau avec tes propres flammes ?

- Oui, pourquoi ?

- Les apprentis alchimistes sont normalement prévenu mais encore une fois tu n'as dû qu'à moitié écouter en cours : ne jamais utiliser sa propre magie d'élément pour faire une potion, ça fausse le résultat. Sinon tu imprègnes le mélange de ton essence, ce qui fait qu'il n'ait utilisable que par toi pour une potion, et que dans le cadre d'un teste comme celui de Berghraam, il est positif. En réalité il n'a fait que montrer qu'il t'a reconnu. Je suppose que la réaction a été d'abord inhabituelle avant de donner un résultat, n'est-ce pas ?

Balthazar hocha la tête, estomaqué en réalisant sa bêtise, ainsi que ce que cela annonçait. Ce petit garçon n'était pas son fils, et il était bel et bien stérile. Un sourire gigantesque s'étira sur son visage, et il poussa un profond soupir de soulagement.

- T'imagines pas à quel point c'est une bonne nouvelle ! lança-t-il en riant par la tension qui le quittait.

- Je peux le comprendre. Ce paladin a dû très mal le prendre qu'une potentielle descendance soit dans la nature.

- Oh oui ! D'ailleurs, je ferais bien de le prévenir, ça le dériderait un peu, il est déjà exécrable de nature... Je reviens !

Il se leva et couru vers la sortie, se retournant en ouvrant la porte et pointant son ancien collègue de ses indexes.

- Et ta femme est ultra sexy !

Merec le regarda disparaître à l'étage avec un léger sourire. Il se souvenait maintenant pourquoi il appréciait cet homme malgré son enthousiasme épuisant. Sa compagne revint auprès de lui, glissant ses mains sur ses épaules tandis qu'elle portait une robe de chambre en soie finement brodée.

- C'était de cet homme dont tu me parlais ?

- Oui. Je t'avais dis que si tu le croisais, tu ne pourrais pas le loupé.

- Je vois, en effet. Bien, je vais continuer le repas, je préfère ne pas être empoisonnée par du charbon devant nos invités.

- Tu es dure...

- Et toi le pire cuisinier du Cratère, l'embrassa-t-elle.