Bonjour, bonsoir !

Merci pour vos messages, vos encouragements et votre lecture ! J'ai constaté un nombre record de lecteurs sur le précédent chapitre, pourtant, il y a eu une faible moyenne dans les reviews laissées … S'il vous plaît, laissez-moi votre avis après la lecture d'un nouveau chapitre, c'est la seule façon que je sache ce que vous pensez de mes textes !

J'espère que ce chapitre vous plaira … Sur ce, bonne lecture !

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Chapitre 5 – Deuxième partie

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Colin s'éveilla difficilement. Il avait très mal à la tête et quelque chose dans sa poitrine le gênait. Il ouvrit les yeux doucement, ses paupières papillonnant sous la luminosité pourtant plutôt faible de ce début de nuit. Seules quelques veilleuses étaient allumées de-ci, de-là. Son corps lui semblait lourd et il peina à redresser sa tête pour observer son environnement. Mais la réponse fut rapidement évidente. Il était à l'infirmerie, la question qu'il se posait maintenant était « pourquoi ? ».

Il essaya de se remémorer sa journée, mais la dernière chose dont il se souvenait était sa fatigue après le cours d'histoire de la magie et les devoirs qu'il avait eu l'heure précédente en potion. Impossible de savoir comment il était arrivé là. Pourtant, il avait dû se passer quelque chose, car il se sentait vraiment mal, presque nauséeux et il avait l'impression que quelque chose pulsait sous son crâne.

Soudain, la porte de l'infirmerie s'ouvrit et une silhouette s'approcha rapidement. Il distingua bien vite Madame Pomfresh et fut soulagé par sa présence. Elle pourrait bientôt lui donner des potions efficaces qui réduiront tous ses maux.

Pourtant, lorsqu'elle leva son regard et le posa sur lui, elle s'immobilisa une seconde, avant de faire demi-tour à grandes enjambées et quitter les lieux. Colin n'y comprenait rien. Son cas était-il si grave qu'elle doive signaler son réveil à quelqu'un ? Il espérait que ses parents n'aient pas été amenés à Poudlard, ce serait les inquiéter pour pas grand-chose, sans doute. Ses parents étaient moldus et paniqueraient sûrement au moindre symptôme magique.

Mais personne ne se présenta dans les secondes, ni minutes qui suivirent et cela l'inquiéta d'autant plus. Il avait toujours la nausée, bien que ses maux de tête se soient apaisés et il commençait à avoir peur, seul et sans explications à son état.

L'infirmière revint une bonne poignée de minutes plus tard et alluma brusquement les lumières des lieux, éblouissant son jeune occupant. Colin grogna à l'éclairage soudain et violent, son mal de tête revenant à la charge.

- Ah ne faites pas de chichis, Monsieur Crivey, je vous en prie ! S'exclama brutalement la vieille femme, faisant sursauter son patient.

Colin ne comprenait rien à ce qu'il se passait. Deux hommes avaient suivi Madame Pomfresh, ils portaient un uniforme rouge sombre et se tenaient droits, les bras croisés sur leur poitrine, comme attendant un mot de la maîtresse des lieux. Et l'infirmière, si elle n'était jamais vraiment douce avec ses patients, n'était pas non plus désagréable, ni méchante.

- Messieurs, il est à vous ! Déclara-t-elle sèchement.

Et soudainement, les deux hommes firent un pas vers lui, menaçants.

- Monsieur Colin Crivey, nous sommes les Aurors Dawlish et Williamson et sommes chargés de prendre votre déposition quant à votre version des faits de la soirée du mercredi 9 septembre. Pour que vos propos soient recueillis de la meilleure façon, nous vous délivrerons du véritasérum et procéderons à un enregistrement des souvenirs de notre entretien. Comprenez-vous la procédure ?

Colin était complètement perdu. De quoi parlaient ces hommes ? Il savait, bien sûr, ce qu'étaient des Aurors, mais pourquoi voulaient-ils recueillir sa « version des faits » d'une soirée dont il n'avait aucun souvenir.

- Mais de quoi parlez-vous ?

Sans répondre à sa question, l'un des deux hommes fronça les sourcils, l'air mécontent et le prévint, menaçant :

- Tous vos propos peuvent être retenus contre vous, Monsieur Crivey. Il vous faut répondre à la question. Comprenez-vous la procédure ?

- Oui, mais …

- En ce cas, le coupa l'autre Auror. Madame Pomfresh, garante du bon dosage de la potion, va vous donner du véritasérum, après quoi l'entretien débutera.

- Mais …

- Monsieur Crivey, ouvrez la bouche et tirez la langue, ordonna la vieille femme.

Colin essayait de récolter au moins un indice sur la venue de ces Aurors. Il ne comprenait sincèrement pas les causes de cette intervention et il devait avouer qu'il commençait vraiment à être terrorisé.

L'infirmière, après s'être saisie du petit flacon que lui tendais l'un des deux hommes, se pencha sur lui et, à l'aide d'une pipette, déposa trois gouttes de la potion sur sa langue. Les Aurors posèrent les questions d'usage pour vérifier le bon fonctionnement de la potion de vérité, mais il s'avéra qu'elle fut, si ce n'est inefficace, caduc.

Elle fonctionnait bien, l'élève avait correctement décliné son identité et répondu aux premières questions brillamment, confirmant la bonne qualité et le bon dosage de la potion. Cependant, Colin ne se souvenait véritablement pas de cette fameuse soirée. Pour vérifier, l'infirmière avait demander la date à son patient, mais celui oblitéra les deux jours qui s'étaient écoulés depuis son coma magique.

Agacés, les Aurors demandèrent à Colin s'il était d'accord pour utiliser la Légilimencie, mais le Gryffondor ne se laissa pas faire.

- Répondez à mes questions ! Cria-t-i alors. Que se passe-t-il ? Pourquoi êtes-vous là ? Que me voulez-vous ?

Des larmes bordaient ses yeux, il craquait. Il souffrait, était perdu, se réveillait à l'infirmerie, apparemment amnésique de deux journées entières et personne ne lui donnait de réponses. Pire, on l'agressait au saut du lit, le forçant à répondre à des questions pour lesquelles il n'avait pas la moindre explication.

Pourtant, ce fut pire lorsque l'un des Aurors déclara d'un ton dur :

- Monsieur Crivey, vous êtes accusé d'être l'auteur d'une grave agression sur l'un de vos camarades de classe. Des souvenirs ont déjà été récoltés et visualisés, venants corroborer la première version des faits. La procédure légale nous oblige à vous demander la vôtre. Cependant, les circonstances sont aggravantes dans votre cas, je vous conseillerais donc de vous plier à toutes nos demandes. Peut-être qu'ainsi le Magenmagot sera plus indulgent quant à votre peine.

Une chape de plomb tomba dans l'estomac de Colin. Lui, accusé d'une agression sur un camarade de classe, déjà reconnu coupable et menacé de peine par l'assemblée juridique sorcière ?

- Maintenant, répondez à la question, reprit l'Auror sévèrement. Êtes-vous consentant pour un usage de la Légilimencie sur votre personne dans le but de recueillir votre version des faits ?

Il était au pied du mur. Il ne pouvait faire autrement que prouver sa bonne foi et accéder à la requête des Aurors. Ainsi, pour toute réponse, il acquiesça. Sa gorge était de toute façon trop nouée pour émettre une réponse verbale.

L'homme le plus âgés des deux prononça une formule et Colin sentit son esprit être envahi. Ce n'était pas une sensation agréable, mais ce qui s'en suivit le fut encore moins. D'un seul coup, comme un bouchon de champagne qui pète soudainement, un flux de souvenirs abonda dans son esprit. Ils traversèrent sa tête et il sembla soudainement revivre chaque instant qui passait devant ses yeux.

Colin ne put s'empêcher de rougir, ces souvenirs qui ressurgissaient dans sa mémoire en même temps qu'il les visualisait, étaient incroyablement gênants. Puis l'Auror l'interrogea et il perdit toute couleurs. Les hommes du ministère l'accusaient d'abus de confiance, d'agression sexuelle et, pire, de viol.

- Non ! Se débattit Colin avec la rage du désespoir. Vous ne comprenez pas ! Jamais je ne ferais de mal à Harry ! C'est mon ami, je … Je l'aime !

Sa respiration était courte et les larmes dévalaient maintenant librement ses joues, mais les deux Aurors, ainsi que l'infirmière face à lui étaient inflexibles.

- Est-ce que Monsieur Potter était d'accord ? Vous a-t-il dit ou fait comprendre par un quelconque moyen qu'il était consentant ? Demanda un Auror d'une voix sourde.

- Oui, gémit Colin. Enfin, je crois … Je ne sais plus. C'est arrivé si vite … Je …

L'infirmière, la plus proche de lui, se pencha sur lui, secouant la tête de droite à gauche et l'expression fermée, elle lui cracha au visage :

- Ce n'est pas de l'amour, Monsieur Crivey. Vous ne lui auriez pas fait tout cela si vous l'aimiez vraiment.

Et elle le laissa à son sort, reculant et laissant la place aux deux hommes. L'un des Aurors sortit sa baguette, murmura un sortilège d'entrave et prononça d'un ton plat, comme automatique :

- Monsieur Crivey Colin, élève de Poudlard, vous êtes en état d'arrestation. Nous vous conduisons dès maintenant au Ministère où vous serez gardé jusqu'à votre procès. À partir de maintenant vous n'avez plus droit à la parole …

Sur ces mots, il prononça une autre formule qui contraignit le jeune homme au silence et conclut :

- Un avocamage viendra vous rendre visite dans l'heure pour vous expliquer la suite des événements.

Il jeta un œil à sa montre au raclement de gorge de son collègue, puis rectifia :

- Ou demain matin. Votre procès se déroulera lundi 14 septembre, à la première heure.

Et sans un mot de plus, les deux Aurors le conduisirent à l'extérieur de l'école, avant de transplaner au ministère, disparaissant dans l'obscurité du parc de Poudlard.

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Le lendemain matin, une douce lumière perça les rideaux de la grande chambre privée, réveillant Harry et Drago agréablement. Le Veela se sentait mieux que jamais, son Valéon respirant doucement dans ses bras. Il ne l'avait pas senti faire de cauchemars cette nuit et en était véritablement réjoui. Il profita des longues minutes qui séparèrent son réveil de celui de son âme-sœur pour l'observer et se repaître de sa vue, de son odeur, de son toucher, de sa présence toute entière.

Harry se réveilla une petite heure après lui, émergeant lentement de sa nuit réparatrice. Il sentait sur ses cheveux une douce caresse et un souffle chaud sur sa joue. C'était très agréable et il en souffla de bien-être. Mais quand sa conscience ressurgit, il s'éveilla en sursaut et se redressa brusquement sur le lit.

Drago gloussa à ce geste, ce qui attira l'attention du petit brun qui rougit comme un coquelicot.

- Ne te sent pas mal à l'aise, Harry. Tu es magnifique lorsque tu dors et je ne pouvais m'empêcher de te contempler.

Cette phrase ne gêna que plus encore le pauvre Gryffondor qui ne savait plus où se mettre et cacha son visage dans les draps. Au moins étaient-ils bien couverts, ce n'était ainsi pas trop humiliant.

Cependant, Drago n'était pas de cet avis et se saisit du tissu pour le tirer à lui.

- N'ai jamais honte de toi, Harry. Tu es mon Vaélon et rien ne peut me gêner de ta part. Je suis heureux que tu aies passé une bonne nuit et, pour tout te dire, ce fut mon cas aussi. Tu avais seulement du sommeil à rattraper, je t'ai laissé profiter de ce répit. D'ailleurs, nous avons encore toute la journée pour flâner au lit.

Sur ces mots, il commanda un petit déjeuner au lit à un elfe de maison et les deux jeunes hommes ne tardèrent pas à être servit.

Harry ne dit pas un mot de tout le repas. La présence de son âme-sœur à ses côtés était très appréciable, mais il se sentait tout de même gêné par leur proximité dans le lit. Le baldaquin leur conférait une certaine intimité qui était assez intimidante.

Soudain, il eut un souvenir de sa journée de la veille et il rougit violemment. Comme il avait honte de s'être épanché sur son passé. Il s'empressa de s'en excuser auprès de Drago.

- Je suis sincèrement désolé de t'avoir embêté avec mes bêtises, hier, murmura-t-il.

Drago avala sa bouchée de tartine au miel et lui demanda, les sourcils froncés :

- Que veux-tu dire ?

- Eh bien, de m'être tant plaint et de t'avoir accablé avec des histoires inintéressantes et pénibles …

- Pas du tout, le coupa le Veela. Tout ce qui te concerne m'intéresse ! J'ai été ravi d'en apprendre plus sur ton passé, bien qu'il m'ait attristé. Tu as vraiment eu une mauvaise enfance et j'en suis désolé. D'autant plus que je n'ai pas facilité tes années à Poudlard alors que tu aurais dû te considérer comme chez toi ici.

- Poudlard est chez moi, lui avoua Harry. Depuis le début c'est ma maison. Ma seule maison.

Drago posa sa main sur son épaule pour lui apporter un soutien silencieux. Comme il regrettait ces années à se chamailler avec lui, à le chercher et à s'envoyer des sorts. Combien de fois avait-il envoyé Harry en colle, il ne s'en souvenait plus, mais il fallait sûrement plus de deux mains pour les compter.

Harry, lui, se flagellait encore pour s'être plaint de sa vie. Il était vivant quand tant d'autres avaient trouvé la mort dans la guerre. Il ne devrait pas s'apitoyer autant sur son sort, il n'en avait pas le droit.

Le Serpentard, constatant que son Vaélon sombrait dans de mauvaises pensées, chercha rapidement un nouveau sujet de conversation pour détourner son attention et, de préférence, soulager sa culpabilité. C'est ainsi qu'il se lança dans le récit de sa propre enfance.

Harry fut ainsi peu à peu détourné de ses pensées et écouta son âme-sœur lui conter combien son enfance avait été solitaire, dans son immense manoir si riche et pourtant si dénué de vie. Drago raconta comme il avait manqué d'affection. Ses parents étaient vivants, mais tellement absorbés par leurs activités respectives qu'ils n'avaient pas été très présent dans la vie de leur fils.

Drgao n'était, en vérité, qu'un héritier. C'était un elfe de maison, puis des précepteurs qui avaient été chargés de son éducation. Lucius ne faisait que vérifier que son successeur soit à la hauteur de ses attentes et sa mère qu'il soit beau et intelligent pour être présentable devant ses bonnes fréquentations.

Seul Severus, « ami » de ses deux parents puisque l'homme était un espion dans les rangs Mangemorts, avait un tant soit peu veillé à son bien-être. Cependant, le maître des potions n'avait jamais été très démonstratif dans ses attentions, il n'était pas tactile pour deux sous et devait de toute façon être discret dans son affection. Ainsi, il avait plus été un gardien lointain sur lequel il pouvait compter qu'un véritable repère parental.

Drago avoua donc à son Vaélon qu'il n'avait pas connu, comme lui, de relation de confiance avant son arrivée à Poudlard. Ce n'est qu'une fois arrivé à l'école de sorcellerie qu'il put se faire des amis. Beaucoup de ses fréquentations d'alors avaient été des relations diplomatiques et poussées par ses parents. Là encore, il devait jouer le bon petit héritier, futur représentant de l'importante, noble et ancienne famille Malfoy, sans-purs puissants et inaccessibles aux petits sorciers de bas étages. Lui aussi avait dû jouer un rôle, bien qu'il n'en n'eût pas réellement conscience avant sa cinquième année.

Après le retour de Voldemort, il avait été suffisamment mature pour comprendre les enjeux de la guerre à venir. Il avait été un peu long à se décider, mais voir son père embrasser les robes d'un autre, qui que ce fut, lui donna le coup de fouet dont il avait eu besoin. C'est ainsi qu'il se décida à changer de camp et à intégrer, de façon plutôt discrète, l'Ordre du Phénix.

Harry fut chagriné par le récit de son âme-sœur. Leurs passés avaient de nombreux points communs, biens que de nombreux divergents aussi. Finalement, il se demandait si quelqu'un, au monde, était véritable maître de son destin.

Il était évident qu'aucun enfant n'avait beaucoup de pouvoir sur celui-ci. C'était normal, en quelques sortes, c'était un poids énorme. Mais les adultes et surtout les parents – ou responsables légaux – en avaient vraiment beaucoup trop et s'ils n'assumaient pas correctement leur rôle, c'était toujours sur les enfants que ça retombait. Et cela était vraiment triste.

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Merci pour votre lecture, j'attends vos retours !

A bientôt et bonne reprise :P