Coucou !

Et oui, vous ne rêvez pas ! Voilà enfin le chapitre 14 de cette fic ! Après lecture et relecture, il peut enfin être publié et savouré, lol. Mais je tiens quand même à m'excuser du retard. Je n'ai pas été sympa sur ce coup là, pardon !

Je tiens à dire à Mama que tu es bien une harceleuse encourageuse (c'est bon, il te plait ce compromis ?) On peut dire que tu m'auras bien boostée pour que je tape la suite. Je t'ai promis ce chapitre pour ce dimanche et comme tu peux le voir tu l'as ! Donc pas la peine de m'envoyer Tsubi pour qu'il me refasse le portrait, de toute façon je lui aurais envoyé mon pote Darky, na ! Mais merci encore pour tes encouragements. Ca me va droit au coeur.

Bref, je remercie tous ceux qui m'ont laissé un p'tit mot d'encouragement (je les adore !) et je vous envoie à tous un gros bouquet de fleurs virtuelles !

ff-net :

Princesse d'argent (merci pour tous tes reviews ! Et ravi que mes 2 OS HP t'es plu), Ade, Shao, Aelita (tu as bien raison), Clairette (pas de new chap à l'horizon ? Bisous !), Asahi Shin'ju (si t'as tout compris, c'est que finalement j'explique pas comme un pieds, ouf), Etoile45 (merci pour le compliment et pour les idées... je sais pas comment j'ai fait pour arriver mais heureusement que ça plait, lol), Archangel.gaia (tu m'a bluffée avec cette longue review. Waouh ! Et dire que c'est pour ma fic que tu t'es pris autant la tête à supposer. Je crois que je n'ai même pas pensé à tout ça, lol. Je ne sais plus trop, je me remets sur la fic doucement. Mais encore merci pour cette analyse), Aidya (lol, laisse toi le temps de laisser les reviews. Moi je suis toujours à la bourre pour en laisser mais quand j'en laisse... pauvres auteurs, lol), Kashachan et Yunhua (quel courage d'avoir tout relu !)

ff-fr :

Intoccabile ("Plus c'est gore, mieux j'adore" Et bah, tu rime super bien, lol.), Liestria, Sakunissou, Anjolou (coucou tata Anjo, lol. Comment vas-tu depuis le temps ? Tes pas un peu remonté contre Rachel lol. Je vais voir si je peux tout vous dire.), Hope (merci pour ton second com), YinYing (trop lol ton com. Si mes chapitres te paraissent courts alors qu'ils sont longs c'est parce que je sais vous rendre accro à mes mots, lol. Une autre question ?), Loli, Lyskhat (les contes de Fey, lol. Bien trouvé ! T'en as d'autres des comme ça, lol), Lalapolochon (calme, calme... lol), Izuka (merci ! merci !) GTO (comme tu peux le voir, je suis moi aussi en retard. On se ressemble de plus en plus sur ce point, lol. Bisous, miss) et Babydoll.

Bonne lecture à tous !

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Chapitre 14 : Quand le désespoir se mêle aux sentiments

Sakura émergea lentement de son sommeil.

Le plafond lui parut bien fade comme toutes les choses qui meublaient sa chambre. Elle tourna la tête vers la fenêtre.

Deux jours après son enlèvement éclair, elle restait sans nouvelle de son ravisseur mais malgré tout elle passait ses nuits à cauchemarder sur lui.

C'était insupportable.

Si loin mais si proche d'elle. Il pouvait être n'importe où, guettant ses faits et gestes, la traquant comme une souris. Silencieux, il attendait le moment opportun pour réapparaître. Pourquoi affectionnait-il tant cette chasse à l'homme ? Cette traque n'avait aucun sens. Que voulait-il réellement ?

Pourquoi ne disparaissait-il pas de cette planète ?

Il avait tué et pourtant il vivait encore. Elle ne supportait pas l'idée qu'il puisse continuer ses méfaits en toute impunité. Il méritait la mort. Il méritait d'éprouver l'insupportable douleur que lui causeraient les coups de la faucheuse.

Heureusement que ses histoires de cœur lui permettaient de s'évader et de penser à autre chose qu'à cet homme.

Cette réflexion lui arracha un rire amer.

Le repos était impossible.

Shaolan…

La situation devenait difficile à supporter, vu la complexité de sa relation avec lui. Il ne s'engagerait jamais.

Ce constat l'a déprima un peu plus. Elle aurait souhaité en savoir davantage sur Rachel, savoir si elle avait vraiment été abjecte envers Shaolan, et comprendre pourquoi il continuait à respecter sa mémoire malgré tout.

Rachel, une garce… mais encore adorée. Et elle, la gentille Sakura, rien pour plaire.

Les gens qui maniaient le mensonge parvenaient toujours au sommet ; les autres, ceux pour qui la vérité demeurait un principe, n'existaient pas.

En attendant que la situation s'éclaircisse, elle évitait les contacts trop prolongés avec Shaolan. Rester de glace face de lui se révélait impossible à gérer moralement.

Entre Shaolan et le meurtrier de ses parents, qui choisir ?

Funambule sur une corde tendue à vingt mètres du sol, elle attendait que l'un des deux hommes qui dirigeait sa vie, lui ouvre enfin les bras pour être enfin fixée sur son sort. Peu lui importait l'issue. Elle en était venue à comparer sa vie à une longue descente aux enfers. Aucune lumière n'atténuait ses maux. L'écho de son cœur brisé se mêlait à celle du silence qui envahissait son âme et résonnaient à ses oreilles.

Toujours la même question : dans quelle direction avancer ?

Soit elle revenait vers le démon, soit elle se dirigeait vers l'ange déchu. Mais quelque soit sa décision, elle perdrait face à eux. Malgré son envie de vengeance ou sa soif d'amour, elle souffrirait.

Autant perdre l'équilibre et s'écraser. Ni ciel, ni terre, mais juste le néant pour se reposer.

Elle se releva puis machinalement elle se dirigea vers la salle de bain.

Au seul contact de l'eau, elle se sentit renaître.

Elle s'enfonça au fond de la baignoire.

Les bulles de savon qui renfermaient ses idées noires, avaient fini par stagner au-dessus de sa tête à force de souffler dessus. Ils s'étaient provisoirement éloignés d'elle.

Elle se laissa couler au fond de l'eau, lentement…

Une minute de silence.

Shaolan, pensa-t-elle alors que sa respiration lui manquait.

Elle se redressa brusquement.

L'eau coula le long de son visage.

Reprenant sa respiration, elle ouvrit les yeux. Autour d'elle, les ombres tournoyaient sur les murs. Mais elle ne s'inquiéta pas. Ils ne se matérialiseraient pas dans l'immédiat.

Elle sortit de son bain et se planta devant le miroir au-dessus du lavabo.

Il lui renvoyait l'image d'une fille incapable de s'élever au niveau de sa mère. Elle était indigne de sa mémoire.

Lorsqu'elle ressortit enfin de la salle de bain, les nuages gris qui brouillaient son esprit se dissipèrent pour laisser place à sa bonne humeur. Personne ne devait soupçonner l'état dans lequel elle se trouvait. Et puis, il fallait qu'elle exploite sa vengeance. Tant que son cœur ne s'apaiserait pas, la flamme qui brûlait en elle ne s'éteindrait pas.

Elle s'habilla.

Elle ouvrit l'un des tiroirs de la commode. Dissimulé sous une pile de vêtements, elle saisit son pendentif.

Des souvenirs remontaient à la surface, lui rappelaient cruellement les moments passés avec les siens. Et comme toujours, ses bonnes résolutions tombaient à l'eau.

C'est si dur de rester forte, pensa-t-elle tristement tout en rangeant le pendentif.

Son regard tomba alors sur la peluche posée sur son bureau, elle le saisit puis le jeta violement contre la porte qui s'ouvrait.

Meilin évita le projectile à temps. Elle se pencha pour ramasser la peluche.

- C'est un très vieux nounours, se moqua-t-elle gentiment, mais ce n'est pas la peine de lui en vouloir à ce point. Tu vas bien ?

- Oui, dit-elle en souriant.

Les nouvelles dispositions de Meilin à son égard la déroutaient. Elle ne savait quelle attitude adopter face à ce soudain revirement de situation. Elles étaient plus des ennemies que des amies. Mais depuis ces derniers jours, elles avaient appris à revoir leur position. Elles se respectaient. Elles pouvaient donc espérer voir leur relation évoluer vers l'amitié. Et puis, rien ne les n'empêchait de s'apprécier mutuellement pour leurs qualités.

- Les garçons sont réveillés ? demanda Sakura.

- Non, répondit Meilin en posant la peluche sur le lit. Je suis passé dans le salon, et je les ai vus se battre dans leur sommeil pour un bout de couverture. Je sens qu'ils ne vont pas être de bonne humeur au réveil… J'aurais dû les réveiller, non ?

- Ce sont deux adversaires très fort, lui fit remarquer Sakura.

- J'y suis habituée. Autrefois, je n'arrêtais pas de les taquiner. Je ne me prenais pas au sérieux jusqu'à l'arrivée de Rachel. C'est bizarre car je me rends compte, aujourd'hui, que j'ai été fausse. Je pensais bêtement que Rachel m'idolâtrait. Je me suis prise au sérieux et j'ai abusé de ma position en étant désagréable avec tout le monde… C'est si dur de se voir grandir. Devoir mettre une croix sur ses rêves les plus fous pour rester dans la réalité des adultes. On est obligé de prendre la pose devant des gens, de mentir pour se faire accepter, de paraître forte alors qu'on voudrait pleurer sur une épaule amie. De toute façon, il n'y a pas d'autre alternative que d'avancer. Tu grandiras, vieilliras, mourras et lorsque tu seras dans ta tombe, tu te demanderas enfin si tu as compris le véritable sens du mot « vivre ». Mais pour le moment, je ne sais toujours pas vers où diriger ma vie.

- Tu n'es pas la seule...

- Et si nous allions partager nos désillusions avec nos marmottes ?

- Pourquoi pas ? On en profitera pour leur offrir une douche froide.

- C'est radical. Ils ne vont pas apprécier, surtout Shaolan.

- C'est certain ! répliqua Sakura en sortant à toute allure de sa chambre.

Meilin aurait désiré en savoir plus sur la relation que Sakura entretenait avec Shaolan, mais elle se garda bien de la questionner. Elle imaginait mal Sakura lui confier ses peines de coeur. Pour l'instant, chacune s'était décidée à rajouter de l'eau dans son vin. Il fallait consolider cette entente avant de la remettre en cause avec des questions embarrassantes. La confiance s'installerait d'elle-même sans qu'il n'y ait besoin de bousculer les esprits.

Meilin fut émerveillée devant le spectacle que lui offrit Sakura lorsqu'elle sortit de la cuisine. Un cerceau d'eau tournoyait autour d'elle.

Sakura lui décocha un clin d'œil puis lui sourit, espiègle.

Le cerceau se divisa en deux. Les deux parties s'immobilisèrent ensuite au dessus du visage des deux jeunes hommes endormis.

Elles s'observèrent puis acquiescèrent de la tête.

Soudain, les bulles d'eau cessèrent de défier les lois de l'apesanteur pour le plus grand malheur des deux garçons assoupis.

Ils sursautèrent lorsque l'eau leur gicla sur la tête.

Les cheveux suintants d'eau, ils se rassirent. L'incompréhension et la stupeur se lisaient sur leur visage.

Devant cette scène plus que comique, Sakura et Meilin éclatèrent de rire. Désarçonnés par la soudaine complicité des deux jeunes filles, Eriol et Shaolan s'étudièrent du regard.

L'ambiance semblait moins sinistre qu'à l'accoutumée.

Écouter les deux pestes rire de concert, leur rappela d'anciens moments de complicité.

Eriol et Shaolan se sourirent comme s'ils venaient de saisir la pensée de l'autre.

Oui, la journée s'annonçait fort divertissante.

Résolus à ne pas laisser le beau sexe remporter la bataille, ils décidèrent de prendre part à la plaisanterie. Cette attaque méritait une contre-attaque.

Le calme de Shaolan ne présageait rien de bon. Il était à prévoir que son courroux ne tarderait pas à s'abattre sur leurs têtes.

Prudentes, Meilin et Sakura reculèrent vers les escaliers. Au moindre geste brusque du tyran, elles se barricaderaient dans une des chambres. Mais parce qu'elles étaient bien plus préoccupées par le danger que représentait Shaolan, elles en oublièrent Eriol. Il monta à l'étage sans que l'une ou l'autre ne lui accordent un regard.

- Je suis trop intelligent pour deux éléments aussi insignifiants que vous, déclara Shaolan en croisant les bras.

- Tu te surestimes, railla Meilin. C'est un gros défaut que tu as toujours eu.

- Et je mettrais ma main au feu que tu penses la même chose, Sakura.

- Tu le crois ? répliqua-t-elle amusée.

Shaolan garda tant bien que mal son sérieux devant ces deux inconscientes qui, malgré leurs craintes, s'obstinaient à vouloir en découdre avec lui.

Sakura et Meilin tentaient de deviner la nature des représailles qu'il envisageait d'accomplir contre elles, mais en vain. Shaolan restait immobile devant elles à leur sourire. Il n'était donc pas aussi rancunier qu'elles le pensaient.

Lorsqu'elles reçurent soudain la monnaie de leur pièce, elles vouèrent Shaolan au diable.

En quelques secondes, elles furent à leur tour aspergées d'eau, de la tête aux pieds. Elles levèrent les yeux et virent deux bassines d'eau flotter dans les airs.

Depuis l'étage, Eriol, jugea de sa mise en scène. Les cibles avaient été atteintes et elles étaient manifestement vexées.

- Vous avez oublié vos parapluies ? demanda hilare.

Lorsqu'il redescendit de son perchoir, elles le fusillèrent du regard.

- Qui va nettoyer les dégâts ? tempêta Meilin.

- Vous, répondit Shaolan.

- C'est une plaisanterie ? rétorqua Sakura outrée.

- Vous êtes de mauvaises perdantes, soupira Eriol. C'est malheureux de voir ça, je vous jure.

- Je vais devoir changer de vêtement ! maugréa Meilin alors que Sakura montait déjà à l'étage.

- Tu veux de l'aide pour te dénuder ? proposa Shaolan. Tu vois, ajouta-t-t-il en posant une main sur son cœur, je suis un parfait gentleman.

- Si tu t'approches, j'entrouvrirai le sol pour qu'il t'engloutisse ! menaça-t-elle.

Sur ces mots, Meilin monta à l'étage.

- Elles sont froissées.

- Au sens propre comme au figuré, compléta Shaolan.

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Meilin sortit une brique de lait du réfrigérateur et la tendit à Shaolan. Tandis qu'il remplissait l'assiette de Kéro, la jeune fille se versa du café et s'assit près d'Eriol. A peine ouvrit-il la bouche, qu'il eu droit à un coup de coude de la part de la jeune fille.

- Pourquoi moi ? demanda-t-il pantois.

- Parce que tu es finalement le plus fourbe des deux, rétorqua-t-elle.

- Allez, faisons la paix, Mei.

Elle lui sourit puis déposa un baiser sur sa joue.

- Mais je n'oublierai jamais cette douche imposée, le prévient-elle. La vengeance est un plat qui se mange froid, mon cher Eriol.

Sakura fut ravie d'assister à ce spectacle.

Après des jours de rudes querelles, elle était parvenue à atteindre le but tant recherché depuis son arrivée, à savoir, le rapprochement et la réconciliation de ses colocataires. La joie, les plaisanteries et les rires leur convenaient mieux que le masque sinistre de la morosité.

Sakura porta un coup d'œil à Shaolan. Il était assis sur le sol, contre l'évier, et tout en caressant lentement le pelage de Kéro, il la regardait laper son lait.

Il prenait toujours soin de Kéro, qui s'était imposée comme la mascotte de l'équipe. Le chat allait et venait dans la maison, sans jamais se faire remarquer. Parfois, il disparaissait durant deux journées et ne revenait à l'aube que pour son repas. C'était une habitude qu'il avait prise.

Quand Sakura s'aperçut que Shaolan la fixait à son tour, elle détourna vivement les yeux.

- Vous faites quoi aujourd'hui ? demanda Meilin.

- Je vais continuer mes recherches, dit Eriol. Et en parlant de ça, dit-il en posant brusquement sa tasse de café sur la table, je vais devoir vous quitter.

Il se leva et posa un baiser sur le front de Meilin puis s'approcha de Sakura et en fit de même, bien qu'il opta pour un autre endroit. Ses lèvres se posèrent sur sa joue, effleurant le coin de ses lèvres.

Le léger grognement de Shaolan fit rire Eriol qui sortit en courant.

- Et toi Shao ?

Shaolan se mit debout puis en évitant de regarder Sakura, il passa la porte de la cuisine sans un mot.

- C'est un mec très lunatique, tu ne penses pas ?

- Oh que si, répondit Sakura tout en versant les dernières gouttes de jus d'orange dans son verre. Et toi, tu as cours ?

- Non, je vais sécher.

- Pourquoi ?

- Attends, tu vas voir.

Meilin sortit de la pièce sous l'oeil interrogateur de Sakura. Elle revient cinq minutes plus tard avec pochette à dessin, crayon et gomme.

- Tu veux qu'on s'amuse à dessiner ?

- J'y pense depuis deux jours, expliqua Meilin. Mais je voulais qu'on ait un moment tranquille pour s'y plonger.

- Se plonger dans quoi ?

- Je vais tenter de reproduire le visage de ton ravisseur.

- Pourquoi ?

- Pour nous aider dans notre enquête et puis surtout... faire qu'en parlant de lui, tu puisses ne plus le craindre. Tu en penses quoi ?

- Je ne sais pas si je pourrais...

- Mais si ! Allez !

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Au bout de deux bonnes heures, après avoir suivit les indications timides de Sakura et après que la corbeille ait été infestée de papiers froissés, Meilin dévoila enfin son oeuvre final à Sakura.

- Alors ?

Sakura se pencha au-dessus de l'épaule de Meilin et observa le visage qu'elle avait esquissé sous ses indications.

- C'est bien lui. C'est bien lui qui a tué mes parents.

- Plutôt bel homme, jugea Meilin espiègle.

- Mei ! s'outragea-t-elle.

- Ok. Désolée, il est bof. Pas beau même. Très moche aussi.

Un sourire détendit enfin le visage de Sakura.

Depuis que Meilin lui avait proposé de faire une esquisse de son ravisseur, elle n'avait pas su se détendre. Etre obligée de se rappeler le moindre trait de ce monstre, les moindres signes particuliers de son visage avait été une véritable épreuve pour elle.

- Je ne sais pas ce que ça va donner, avoua Meilin. S'il s'est montré à visage découvert, c'est qu'il doit savoir qu'il ne risque rien à être reconnu. Mais ça nous fera déjà une petite piste. On va montrer à ce con que tu n'es plus tout seule et que la prochaine fois qu'il veut te faire peur, il faudra compter avec nous !

- Merci.

- Et pour l'autre mec ?

- Celui de l'aéroport ?

- Tu as encore beaucoup d'autres méchants qui te courent après ? T'es une star dis donc ?

Sakura lui donna une petite tape derrière la tête.

- Hey ! s'exclama-t-elle outrée en plaquant ses mains surs a chevelure. On ne touche pas à ma coiffure.

- Arrête de dire n'importe quoi ensuite j'arrêterai de te décoiffer. Pour en revenir à cet homme, je ne crois pas qu'on aboutira à quelque chose. Il portait toujours une casquette. Et puis, je le voyais toujours de loin.

- Décris-le pour voir.

Meilin croisa les jambes ainsi que ses bras tandis que Sakura s'asseyait enfin sur une chaise.

- Bah... il est assez élancé. Je dirais un peu plus grand que Shaolan et Eriol. Il semble plus âgé que nous. Les mèches qui tombaient sur ses yeux étaient très claires, presque blanc.

- Et c'est lui qui se disputait avec Chris ? Je connais les connaissances de Chris et aucun ne correspond à ta description... Il doit faire parti du Céleste Empire. C'est sans doute à cause de lui que l'autre con t'a retrouvée.

- Peut-être...

Le portable de Meilin interrompit leur conversation. Elle regarda l'écran et sourit.

"Bonjour, vous êtes bien sur le portable privé de Meilin, la seule qui...

- Je vois que t'es toujours en forme malgré l'averse qu'on t'a imposé, se moqua la voix.

- Tu veux quoi, Eriol ?"

Elle l'entendit rire à travers le portable.

"Je répète ma question : tu veux quoi ?

- Ne m'en veux pas, Mei. C'est juste que de te voir à nouveau plaisanter ça me fait plaisir. Bref, ce n'est pas pour ton humeur que je te téléphone. Est-ce que tout le monde est à la maison ?

- Il y a moi et Sakura. Est-ce que Shao compte ?

- Il n'est pas là, c'est ça ?

- Bingo. Tu veux ta récompense ?

- Bon, je vais l'appeler. En attendant, je vous attends au labo.

- Kakei veut nous punir ?

- Vous verrez bien."

Et sur ce, il interrompit leur échange.

Meilin resta pensive durant quelque instant alors que Sakura s'impatientait et la surchargeait de question.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Euh... Eriol veut qu'on aille le rejoindre.

- Tu penses qu'il a découvert quelque chose ?

- S'il a décidé d'utiliser les ordinateurs de la Clow Read, c'est qu'il était bien décidé à découvrir quelque chose. Allons-y !

Meilin se leva et sortit de la cuisine. Le regard de Sakura tomba sur le dessin de Meilin. Avec un certain dégoût, elle prit la feuille, la plia et la rangea dans la poche de son jean avant de quitter à son tour la cuisine. Elle se chaussa à la hâte, prit sa veste ainsi que son écharpe puis quitta leur maison à la suite de Meilin.

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- Vous croyez qu'en mélangeant le contenu de ces deux tubes à essai, je trouverais un nouvel agent chimique ? demanda Meilin.

- A ta place, je reposerais ça, Mei, conseilla Eriol sans lever les yeux de son écran d'ordinateur. C'est une mini bombe que tu tiens entre les mains.

Sous le regard amusé de ses amis, la jeune fille reposa soigneusement les tubes à leur place initiale. Elle n'aimait pas être ainsi enfermée de cette façon dans un carré de laboratoire. Mais pour le moment, il fallait attendre que monsieur Li Shaolan se décide à les rejoindre.

- T'es certain qu'on ne peut pas commencer sans lui ?

- Tu tiens à ta vie ? demanda Eriol tout en tapant sur l'ordinateur.

- Oui.

- Alors, vaut mieux attendre Shao.

Boudeuse, Meilin croisa les bras avant de regarder Eriol. Il était plus que plongé dans son travail.

Depuis leur arrivée aux bureaux de la Clow Read, il y a quarante minutes, Eriol n'avait toujours pas pris la peine de lever les yeux vers elles. A croire que son écran était bien plus intéressant que deux ravissantes jeunes filles.

- Attends ! s'exclama-t-elle soudain en posant ses mains sur la table.

- Quoi, Mei ?

- C'est lui !

Eriol sourcilla.

- Sakura, viens voir !

La chaise sur laquelle Sakura était assise grinça.

- Qu'est-ce que tu... ?

Sakura s'arrêta devant le visage qui était dans le coin de l'écran.

Elle recula.

- C'est lui, murmura-t-elle.

- On m'explique ?

Sakura plongea sa main dans la poche de son jean, sortit le bout de papier et le tendit à Eriol. ce dernier le déplia et voyant le dessin, il l'approcha de l'écran.

- Qui est-il pour toi ? demanda-t-il.

- C'est l'homme qui a tué mes parents.

- Tu as trouvé ce connard ! On va lui faire sa peau ! s'écria Meilin qui arracha le papier des mains d'Eriol pour le déchirer en morceaux qui se répandirent sur le sol devant les yeux de Sakura.

Elle aurait tant souhaité que ce morceau de papier soit ce criminel pour qu'elle puisse le détruire aussi facilement.

- Dites merci à Chris, dit Eriol .

- Tu as donc réussi à décrypter ses documents ?

- Oui.

- Et ?

- On attend Shaolan, Mei, ça vaudra mieux pour nos oreilles.

- Eriol ! Dis-nous au moins qui il est !

Il soupira. S'il ne répondait pas, Meilin ne cesserait pas de le harceler et puis...

Il se tourna vers Sakura.

Elle avait sans doute besoin d'un nom pour le coller sur ce visage qui l'hantait depuis tant d'années.

- C'est un certain Rob Hewitt, déclara-t-il.

- Et ? demanda Meilin qui se doutait qu'il y avait autre chose.

- Il faisait parti de la Clow Read.

L'exclamation de surprise que poussèrent Meilin et Sakura procura un certain dommage à ses tympans.

- Ce n'est pas possible ! objecta Meilin. Un criminel issu de la Clow Read ?

La porte s'ouvrit alors.

Les regards se tournèrent vers l'homme qui venait d'entrer. Bien que son visage fût toujours aussi impassible, on percevait une certaine tristesse qui refroidissait ses prunelles chaudes.

- Problème ? s'enquit Eriol.

- Erin est morte. Je peux savoir le pourquoi des cris que j'ai entendu ? ajouta-t-il comme pour couper court aux questions que ses amis s'apprêtaient à poser.

- Le meurtrier des parents de Sakura est connu de la Clow Read. Rob Hewitt était un de leurs agents.

Cette nouvelle ne parut pas étonner Shaolan qui alla s'asseoir. Meilin croisa le regard étonné de Sakura. Elle s'approcha de Shaolan et s'adossa contre la table.

- Tu le savais, pas vrai ?

- Peut-être...

Furieuse, Meilin agrippa Shaolan au col de son vêtement.

- Tu as fini de jouer avec le silence ? On voudrait bien pouvoir avancer dans cette affaire qui traîne depuis bien trop longtemps !

Shaolan croisa les bras et la regarda.

- Oui, je le savais. Tout comme je sais qu'il connaissait les parents de Sakura. Sa mère travaillait avec lui à Clow Read. Et il l'a tuée, elle ainsi que son mari, parce qu'elle l'avait démasqué...

- C'était donc lui son ami de travail ? murmura Sakura choquée par la révélation. C'était lui qu'on n'avait jamais pu voir et qui pourtant nous envoyait des cadeaux à chaque fête…

Machinalement, Sakura s'approcha de sa chaise qu'elle ramassa puis se laissa choir dessus. Elle enfouit son visage dans ses mains.

Elle n'en revenait pas.

En cet instant, elle avait une terrible envie de retrouver tous les présents de cet homme et de les jeter. Comment avait-elle pu un jour penser à vouloir rencontrer l'ami de sa mère, celui qui avait conduit ses parents sous terre ?

- Il l'a lâchement tuée, acheva Sakura indignée. Qu'est-ce qui était plus important qu'une amitié ?

- L'argent et le pouvoir, répondit Meilin en relâchant le col de Shaolan.

- Comment le savais-tu alors qu'Eriol vient à peine de nous... ?

- C'est... je l'ai connu par le passé. Et il m'a appelé lorsqu'il t'a enlevée.

- Tu le connaissais ? Qui est-il pour toi ?

- Juste une connaissance de ma famille.

- Où est-il ?

- Tu ne le retrouveras pas. C'est un membre du Céleste Empire. Ces gens sont des fantômes. Ils sont là mais on ne peut pas mettre la main dessus. Que tu crois les trouver à tel endroit et le temps que tu arrives sur les lieux, ils ont disparu. Qu'est-ce que tu as déniché d'autre ? demanda-t-il en se levant puis en allant se poster derrière Eriol.

- Chris était parvenu à infiltrer les ordinateurs du Céleste Empire.

- Pas étonnant de sa part, jugea Meilin. Il était le meilleur pour ça...

Sa voix s'était légèrement brisée. Elle se mordit la lèvre.

- Ici, nous avons une liste des principaux mécènes de cette société. Comme vous pouvez le constater, les noms se suivent et...

- On peut dire que y'a des noms célèbres, nota Meilin. Comment c'est possible ?

- Leur couverture est simple : les Enfants de Bouddha.

- C'est la secte où l'on retrouve certaines stars de cinéma et autres, non ?

- Exact. le Céleste Empire se sert de ce nom pour récolter des fonds. Ce n'est pas tout. Le Céleste Empire est implanté dans toutes sortes de domaine aussi bien politique, bancaire, assurance, immobilier et associatif, etc. Autant dire qu'ils sont partout.

- Et pour se reconnaître, ils utilisent des statuettes ?

- Oui.

- On va faire toute la liste des membres et ils devront bien nous dire qui est le cerveau de cette affaire.

- Ca ne servira à rien, Mei. Ils ont paré à ces fuites, en utilisant un système de communication hiérarchisé.

- Et il ressemble à quoi ce système ? demanda Shaolan.

- Chris l'a comparé au système des Francs Maçon. Différentes loges et ce dans chaque pays. Une personne d'un degré élevé n'a pas le droit de révéler ce qu'il sait à une personne d'un degré inférieur, et parler à un non-initié, revient à signer son arrêt de mort.

- La dernière fois que nous avons tenté d'infiltrer la société..., commença-t-il songeur.

- On s'y était mal pris, continua Eriol. Les personnes dont on a pris l'identité étaient d'un degré inférieur. Voilà pourquoi on ne recevait pas d'informations complètes. Et le jour où nous aurions pu nous "élever", nous avons été découverts.

- Est-ce que Chris a parlé des raisons qui l'ont incité à détourner de l'argent ?

- L'argent est en totalité dans une banque Suisse. Chris voulait qu'à la fin de la mission, la Clow Read utilise cet argent pour réparer ce que le Céleste Empire avait commis comme crime sur ses enfants.

Et moi, j'ai cru qu'il nous avait trahi pour de l'argent, songea Shaolan dépitée. Il ne voulait que nous aider et moi... moi je l'ai laissé mourir...

"Shaolan, je t'en supplie, ramène-toi illico ! Je sais que t'as des raisons de m'en vouloir mais je te promets que tu sauras tout si tu viens ! Putain, décroche, Shao ! Tu crois vraiment que..."

Sans un mot, Shaolan tourna les talons et sortit du laboratoire. Il passa entre les tables où travaillaient d'autres équipes, puis descendit.

- Je crois qu'il vient de se rendre compte que Chris n'était vraiment pas le traître que l'on croyait, dit Meilin dont le coeur venait de se gonfler de fierté pour son ancien petit ami. Chris était quelqu'un de bien et ça personne ne peut plus le nier.

- Oui, c'était quelqu'un de bien, approuva Eriol. Il...

La porte claqua subitement derrière Sakura.

- Nous voilà plus que tous les deux, soupira Meilin. Tu as trouvé quelque chose pour réussir à mettre le Céleste Empire définitivement KO ?

- Selon Chris, Le Céleste Empire a déjà bien avancé dans ses desseins. Il parle des enfants qui vont servir de soldats après avoir été conditionnée et manipulés. Ils ont bien trouvé l'enfant qu'il cherchait. Chris ignorait son identité mais il est certain d'une chose.

- Laquelle ?

- Cet enfant est japonais.

- Et que nous apprend-t-il d'autre ?

- Il nous dévoile cet autre visage, dit Eriol en cliquant sur un lien.

Lentement, l'image apparut sur l'écran de l'ordinateur.

- Mèches d'un ton très clair... je me demande si ce n'est pas cet homme qui suivait Sakura, dit Meilin perplexe.

- Yukito Tsukishiro. Je n'ai rien de plus sur lui dans les dossiers de Chris à part...

- A part... ?

- Une adresse. On peut toujours allé voir ce que ça donne en attendant que Sakura console Shao.

- Pourquoi pas ?

Eriol rangea les objets de Chris dans l'enveloppe puis se leva. Meilin ouvrit la porte. Ils sortirent et aperçurent Ben qui conversait avec une jeune fille près des fenêtres.

Meilin s'apprêtait à l'apostropher lorsqu' Eriol posa brusquement sa main sur sa bouche et la fit entrer dans le laboratoire.

- Mais t'es fou ? s'exclama Meilin.

- Non, j'ai juste reconnu un visage.

- Qui ?

- Je crois que c'était cette japonaise qui est venue voir Sakura lorsqu'elle était malade.

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Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur le parking.

D'un pas rapide, Shaolan se hâta de rejoindre sa voiture. Derrière lui, Sakura le suivait sans émettre de remarque pour le moment. Elle préférait discuter avec lui dans un endroit où il n'aurait pas l'occasion de fuir ou de marcher plus vite qu'il ne le faisait déjà. Une voiture était l'endroit rêvé pour une conversation qui s'annonçait bien orageuse.

Shaolan sortit ses clés et ouvrit la portière. Voyant qu'il ne lui ouvrirait pas le côté passager, Sakura se plaça devant la voiture.

- Qu'est-ce tu fous ?

- Bah, j'attends que tu m'ouvres la portière.

- J'y tiens pas !

- Alors, je reste là. J'espère que tu n'auras pas trop de scrupules à m'écraser. Une fleur de cerisier aplatie par un loup, ça fera sûrement la une du New York Times, tu ne crois pas ?

Shaolan passa une main furieuse dans ses cheveux avant de se décider à ouvrir la portière à Sakura.

Satisfaite, Sakura s'installa à ses côtés.

- Je voudrais vraiment rester seul.

- Pourquoi ? demanda-t-elle d'un air candide.

Shaolan serra les poings. S'énerver contre elle ne lui apporterait rien.

- Tu n'es pas dans ton assiette ? s'enquit-elle.

- Si.

- Tu veux en parler ?

- Est-ce que j'ai une tête à vouloir parler de mes problèmes avec toi ? rétorqua-t-il sèchement en se tournant vers elle.

Sakura se rembrunit.

- Encore une gifle de ta part. Je vais finir par croire que tu aimes m'écarter de ta vie. Dès que tu vas mal, tu me rejettes. Et j'ai l'impression que le peu de chemin que l'on a parcouru n'a servi à rien puisqu'on recule de plus belle.

- C'est peut-être la seule conclusion qu'il y a à donner à notre relation.

- Moi, je ne l'accepte pas. Shaolan, je t'en prie... laisse-moi t'aider. Je ne supporte pas de te voir comme ça. Je devine bien que la mort d'Erin a dû t'affecter et...

- Qu'est-ce que tu en sais ? demanda-t-il. Qu'est-ce qui te fait dire que sa mort m'a affecté ?

- Tu...

- Je me fiche peut-être pas mal de la savoir bientôt sous terre comme Chris, coupa-t-il froidement. Peut-être que la seule chose qui me rend furieux, c'est de ME savoir vivant...

Sakura dévisagea le jeune homme.

- Shaolan, dit-elle en tendant sa main vers sa joue.

Il lui saisit brusquement le poignet.

Dans ses yeux, elle voyait cette déception le consumer et l'éloigner de lui.

- Tu n'es pas le plus malheureux des hommes.

- Je le sais. Mais si mon existence sur terre demande la mort de ceux qui me côtoient... alors oui, je préfère mourir pour ne pas les blesser davantage.

- Tu n'as pas le droit de dire ça alors que moi je prie tous les jours pour que la mort ne t'éloigne pas de moi ! Comment peux-tu jeter l'amour que je te donne en voulant... en voulant...

Elle ne parvenait pas à continuer sa phrase comme si prononcer ce verbe suffisait à condamner Shaolan.

Sakura serra les poings jusqu'à ce qu'elle sente ses ongles lui meurtrir ses paumes.

- Pourquoi ? Pourquoi me laisses-tu souffrir comme ça alors que je t'aime ? Tu ne me demandes même pas pourquoi je continue à sourire ! Tu ne me demandes même pas pourquoi j'arrive à supporter mon passé ! (Elle baissa les yeux vers ses doigts qu'elle entremêlait nerveusement.) C'est drôle parce que j'ai des souvenirs qui reviennent... des jeux avec Toya, des phrases de mon père - il m'appelait "son héroïne" alors que j'étais loin d'être une fille courageuse -, j'ai encore les baisers de ma mère sur les joues et sa façon de me bercer dans ses bras... Ce ne sont plus que des souvenirs... des souvenirs qui font mal, mais que je ne veux pas oublier. Je voudrais tirer un trait sur cette nuit là mais... Cet homme en restant en liberté m'empêche de tourner la page. Il m'empêche de faire le deuil... mais si je peux supporter tout ça, c'est parce que tu es là ! Mais tu ne veux rien savoir ! Tu t'entêtes à souffrir dans ton coin en oubliant que je suis là ! cria-t-elle en tournant la tête vers lui.

Sakura eut la surprise de voir deux mains se plaquer sur ses joues puis le visage de Shaolan s'approcher du sien. Lorsque leurs lèvres se touchèrent, elle oublia - pauvre malheureuse qu'elle était - ses reproches contre Shaolan.

Il l'embrassait furieusement, mêlant rage et chagrin dans ce baiser. Les mains de Sakura plongèrent dans les cheveux du chinois dont les doigts glissaient vers le bas de son pull. Elle frissonna lorsque sa main glacée toucha sa peau. Ses doigts remontaient le vêtement, cherchant sa poitrine.

Dans sa tête, plus rien n'allait plus. Elle priait pour que Shaolan arrête ce baiser et cesse de taquiner sa peau qui demandait toujours plus de caresse. Elle suppliait sa conscience de réagir. Elle implorait leurs bons sens de les séparer. Mais toutes ses prières demeurèrent vaines.

Le pouvoir du corps et pouvoir des sens prenaient le pas sur la raison.

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Les larmes aux yeux, Sakura claqua la portière arrière de la voiture et à grandes enjambés, elle se dirigea vers l'ascenseur. Lorsqu'elle comprit que Shaolan la poursuivait, elle courut.

Deux hommes sortirent de l'ascenseur. Sakura en bouscula un en entrant et le regarda s'indigner sans s'excuser. Agitée, elle appuya furieusement sur le bouton en tapant du pied pour que les portes se referment dans la seconde.

- Sakura ! Saku...

Les portes se refermèrent au nez de Shaolan qu'elle entendit pester.

Elle se laissa glisser sur le sol et entoura ses bras autour de ses genoux.

Je suis stupide, se reprocha-t-elle. Je suis une pauvre fille ! Je suis une conne de première ! Je suis... lamentable. Je n'ai pas de fierté...

Elle leva les yeux pour voir les nombres des étages défiler. Elle sécha ses larmes du dos de sa main, se releva puis tenta de remettre de l'ordre dans sa tenue.

Lorsque les portes s'ouvrirent, elle rejoignit le laboratoire où elle avait quitté Eriol et Meilin quelques minutes plus tôt, marchant les yeux rivés vers le sol.

Lorsque enfin elle ouvrit la porte, elle découvrit Meilin qui faisait les cents pas à travers la pièce alors qu'Eriol toujours assit commençait visiblement à s'agacer face à l'agitation de leur amie.

- Tiens, tu es revenue ? dit-elle en s'arrêtant.

En voyant la mine de Sakura, Meilin s'approcha. Elle tenta de lui faire relever la tête.

- Qu'est-ce que tu as, Sakura ?

- Rien. Je pensais à ma famille. Ca va passer, assura-t-elle en tentant de sourire.

- Qu'est-ce que Shaolan t'a fait ? demanda Eriol sans aucune émotion dans la voix.

- Rien. je vous assure que...

- Meilin, passe dans l'autre pièce avec Sakura.

- Pour...

- Fais ce que je te dis.

Soupirant, Meilin saisit le bras de Sakura puis la fit sortir. Quelques instants plus tard, la porte se rouvrit sur Shaolan. Sa mine était moins froissée que celle de Sakura, mais il semblait aussi ébranlé qu'elle.

- Est-ce que tu aurais vu... ?

- Entre.

- Pas le temps. je cherche...

- Entre et ferme cette porte si tu ne veux pas que tout l'immeuble entende à quel point tu es un homme exécrable.

Shaolan voulut contester mais préféra obtempérer.

- Qu'est-ce que tu me veux encore ?

Brusquement, la chaise sur laquelle étais assis Eriol tomba lourdement sur le sol.

- Est-ce que c'est parce que t'es un gosse de riche que tu donnes le droit d'agir comme tu le fais ?

- De quoi tu parles ?

- Tu es vraiment quelqu'un d'égoïste.

- Je ne l'ai pas assez été, rétorqua-t-il. Sinon, crois-moi j'en serais pas là !

- Tu ne vois pas que tu te pourris la vie et celle de Sakura. Tu ne veux pas d'elle soit disant parce que tu ne sais pas encore ce que tu ressens pour elle, mais dès que tu te sens mal c'est vers elle que tu accours. Et comme une fille amoureuse, elle t'ouvre ses bras. Et tu en profites. C'est tellement facile de profiter de son corps sans que tu y laisses de plumes.

- Je n'ai pas...

- Pas profiter d'elle ? Sois tu es un salaud refoulé sois un pauvre saint qui ne sait pas dire "non" aux filles. Moi, ce que je constate c'est que tu as encore couché avec elle. Et je suppose que comme les autres fois, tu vas fuir la vérité comme un lâche, mais elle... elle continuera à te maudire tout en t'aimant. Peu importe de quelle manière tu expliques ton comportement vis-à-vis d'elle, tu es bien un Don Juan et de la pire espèce car eux, aux moins, ils ne cherchent pas à s'excuser. Ils l'acceptent.

- La manière dont je me comporte envers Sakura ne te concerne pas.

- Oh que si.

- Oh que non.

- J'ai cherché à t'ouvrir les yeux mais tu t'entêtes à les garder fermés. Si tu désires rester aveugle, c'est ton problème. Mais je crois qu'il est temps pour Sakura de voir quelqu'un qui la mérite vraiment.

- Tu m'as dit que...

- Que je n'avais pas de vue sur elle ? C'était pour te laisser la place, mais je ne supporte plus de la voir souffrir à cause de toi. Que dirais-tu si je tentais enfin ma chance avec elle ?

- Je t'interdis de...

- Trop tard ! Ce sera à elle de décider entre un mec qui saura la consoler et un autre qui ne sait que la faire pleurer.

- T'es bien un traître !

- Pas plus que toi, faux frère !

Et sur cette phrase, il décocha un coup de poing dans la mâchoire de Shaolan. Et en à peine une seconde, la dispute entre les deux jeunes hommes prit des allures de guerre ouverte.

A suivre...

Et voilà ! C'est terminé pour cette semaine ! Je suis fatiguée, là. Le cerveau est bon à faire réparer. J'attends donc vos impressions (je crains celles de Mama, lol) sur ce chapitre 14 qui s'est fait attendre, en priant que l'attente que je vous ai fait enduré en valait le coup.

Bisous.