Coucou, incroyable mais vrai je suis dans les temps, un nouveau chapitre de l'appartement comme annoncé… Bon la semaine prochaine en théorie ce devrait être 'Un été inoubliable' mais je ne suis pas sûre que je l'aurais fini dans les temps cette fois.

La dernière fois, à cause d'une vision d'Harry, l'ordre a appris pour la disparition de Severus et contre toute attente Alastor propose à Remus de s'infiltrer dans le groupe des loups-garous qui se sont alliés aux forces des ténèbres. Que va-t-il se passer.

Merci à tous les lecteurs et reviewers.

Bonne lecture et à bientôt.

Chapitre 14 :

Huit semaines, huit semaines jour pour jour, que j'étais parti précipitamment de chez moi, en laissant tout derrière moi, je n'avais jusqu'à présent pas eu l'occasion de retourner dans mon appartement ou même d'aller au Terrier pour voir les Weasley et Harry, je n'avais rencontré qu'Alastor, au cours de réunions secrètes, dans la lande écossaise, à proximité de Pré-au-lard. Mais, enfin, pour la première fois, je me sentais soulagé, libéré d'un poids, j'avais réussi après des semaines de tergiversations à convaincre Greyback de ne pas me laisser passer la nuit de pleine lune qui commencerait dans exactement une heure et dix-huit minutes auprès des autres. Dans ce but, j'avais inventé une histoire, je lui avais expliqué que je sentais monter en moi un malaise lié à un manque de potion Tue-loup, je risquais donc de devenir dangereux auprès des autres. Greyback s'était bien évidemment moqué de mon état et de ma folie d'avoir voulu changer mais après avoir hésité, il avait fini par abonder dans mon sens. En vérité, je ne supportais tout simplement plus de rester avec eux pendant la pleine lune. Même si je ne gardais aucun souvenir de mes transformations, la dernière fois, je m'étais retrouvé couvert de sang qui n'était pas le mien et je craignais d'avoir agressé, peut-être même tué ou contaminé quelqu'un d'autre.

J'avais à peine fait quelques pas vers l'armoire à whisky que je sentais le pouvoir de la lune m'attirer et m'appeler. Finalement, il devait me rester moins de temps que ce que je croyais, je décidai donc d'écourter mon séjour dans mon appartement et m'enfermais rapidement dans la pièce. Je pris toutefois le temps de me déshabiller avant d'entrer dans la salle aménagée, cela me permettrait au moins pour une fois de sauver une de mes guenilles sans que je n'aie besoin de la réparer le lendemain. De même, ma baguette magique ne représentait aucun intérêt et je la laissais dans ma chambre, dans son écrin en peau de dragon que Charlie m'avait spécialement confectionné à partir des restes d'une mue de Boute-feu chinois.

Lorsque enfin, je rentrais dans la pièce aménagée, j'entendis aussitôt le déclic de la serrure, Harry et moi avions installé un système de verrouillage qui s'enclenchait automatiquement, la veille de pleine lune, la porte ne pourrait s'ouvrir à nouveau que demain matin. Alors que j'étais encore humain, rien que le fait d'entendre ce bruit, synonyme d'être pris dans un piège, me fit frissonner de la tête aux pieds et pourtant j'avais l'habitude, c'était le même type de protection qui existait sur la porte de mon appartement. Chaque seconde qui passait, je sentais mon calme et ma sérénité s'envoler. De là où j'étais, j'entendis vaguement lorsque vingt-deux heures sonnèrent à Big Ben, déjà, un horrible mal de tête me ceignait, je me tordais littéralement de douleur. Cependant tout ceci se révéla court et bref car je me sentais partir, enveloppé dans une douce chaleur.

Je me réveillais d'un seul coup, bien des heures plus tard, quand un objet lourd tomba au sol. Je tournai juste la tête en direction de la source du bruit, c'était un livre magnifique à la reliure en cuir marron, tombé par terre, il y avait surtout deux longues jambes fines et fuselées que je remontais lentement du regard, je m'arrêtai au visage d'Harry qui se tenait face à moi, rouge de confusion. Il bredouillait d'un air gêné :

« Je… je ?

- Harry ? »

Si mon regard s'était relevé vers son doux visage, malgré le brouillard dans lequel se trouvait ma tête, je vis bien que ses yeux descendaient et je prenais enfin conscience de mon état et surtout de mon absence de tenue. Le brun se retourna vivement, il hurlait presque :

« Je… Désolé… Je ne savais pas que tu étais ici. »

Il était absolument adorable et magnifique. Je voyais à travers sa fine chemise blanche moldue les muscles de son dos se contracter. J'aurais voulu me relever et le prendre dans mes bras, mais lorsque j'essayais, je retombais assez lamentablement au sol, provoquant l'inquiétude du brun qui se jeta aussitôt sur moi comme s'il avait oublié la raison de sa gêne.

« Remus, qu'est-ce qui ne va pas ? Tu es malade ? »

Je ne voulais pas l'inquiéter outre mesure et j'hochai simplement la tête de gauche à droite mais il semblait que cette fois Harry ait repéré des blessures fraîches sur mon torse et mes bras.

« Tu saignes, tu ne peux pas rester comme ça. Viens. »

Sans que je puisse vraiment réagir, il passa son bras sous mon dos et m'aida à me relever, cela me faisait étrange car jusqu'alors c'était moi qui avais toujours eu pour mission de veiller sur lui et là, il me soutenait, il avait fait glisser à présent son bras autour de ma taille et sa jambe droite était collée contre la mienne et me guidait lentement dans un silence impressionnant vers ma chambre, il avait pris le temps toutefois de ramasser son livre, tout en veillant bien à ce que je ne puisse pas lire le titre. J'avais la sensation étrange que le temps s'était suspendu et surtout j'essayais de retrouver un jour où quelqu'un avait fait cela pour moi et je ne trouvais aucun autre exemple. Jamais personne ne m'avait vu le lendemain juste après une crise. James, Sirius et Peter me laissaient toujours une demi-heure avant le lever du soleil, ils avaient toujours besoin de récupérer suite à leur transformation pour pouvoir aller en cours normalement. Finalement, nous arrivâmes dans la chambre sans trop de heurts et il me força à m'asseoir sur le lit. Il posa ensuite son livre sur la petite table de nuit et me dit :

« Couche-toi, je reviens dans quelques instants. »

Il ne me laissa pas le temps de répliquer quoi que ce soit ou de m'opposer à sa décision, il avait déjà disparu. Etant particulièrement fatigué par cette nuit qui avait dû se révéler très difficile et éprouvante, je me recouvrais un minimum, même si le premier choc passé, Harry n'avait semblé guère plus prêter attention à ma nudité. Je vis sa petite tête malicieuse passée à travers l'encadrement de la porte, il tenait une serviette et tout ce qu'il avait jugé utile de prendre avec lui pour me soigner. Je souris légèrement à cette vision, malgré le nombre d'années passées à Poudlard et toute sa puissance magique, il oubliait de réagir comme un sorcier et d'interrompre le saignement par la formule de Bronkowski. Il me regarda de ses grands yeux, fronçant les sourcils, tentant de comprendre ce qui m'arrivait.

« Tu n'as jamais suivi les cours optionnels, prodigués par Mme Pomfresh ?

- Non, je me suis contenté de la divination et cela m'a largement suffi d'ailleurs et puis ils n'existaient plus depuis des années, elle n'avait plus le temps.

- C'est bien dommage.

- Pourquoi ?

- Non, mais je te vois avec cette serviette et je me disais que tu aurais plus vite fait avec l'une des formules de guérison que Poppy affectionne tout particulièrement. »

Il paraissait gêné mais s'en accommoda assez rapidement et me dit d'un air mi-figue, mi-raisin.

« Eh bien, tu devras te contenter de mes soins acquis toutes ces années au contact des Dursley. »

Je devais effectivement admettre que me faire soigner à la moldue me paraissait être une méthode assez peu conventionnelle pour moi, presque inédite et surtout très tentante. Toutefois, je déchantais quelque peu, lorsque le brun m'obligea à me mettre sur le ventre.

« Je veux vérifier d'abord si tu n'as pas de blessure dans le dos, elles sont le plus difficilement accessible à ta magie, je pense. »

L'air légèrement penaud, j'hochais la tête affirmativement. De toute manière, au nombre de cicatrices persistantes, il aurait été inutile de le nier. Je m'étais rendu compte confusément que le drap qui me recouvrait déjà que très légèrement devait cette fois ne plus rien cacher du tout. Je ne pouvais voir sur son visage ce que pensait Harry, ma tête était littéralement enfouie dans mon oreiller. Je l'entendis seulement prononcer sur un ton assez sentencieux :

« Comme fais-tu dans une pièce qui ne renferme plus rien pour autant te blesser ? Tu es recouvert de plaies dont une assez profonde d'ailleurs. »

Je me sentais me ratatiner sur moi-même, je me demandais étrangement depuis combien de temps les rôles étaient inversés, lui prenant soin de moi qui ne savais plus comment me comporter. Etait-ce depuis seulement ce matin ou cela avait-il commencé avant ? Il passa la serviette chaude pour m'enlever les traces de sang coagulé. C'était doux, un simple effleurement et je me sentais frissonner.

« Elle n'est pas ensorcelée, ta serviette ?

- Bien sûr que non. J'ai juste amélioré le système moldue en la faisant légèrement tremper dans de l'essence de murlaup.

- Quand je te disais que tu as tout d'une parfaite femme d'intérieur, je ne me trompais pas. »

Je l'entendis rire sur un ton gêné et embarrassé. Je le sentis seulement masser par la suite les estafilades avec une crème apaisante, même si je devais bien reconnaître que j'étais incapable de savoir si c'était les doigts légers du brun sur mon corps, le souffle chaud de sa respiration contre la peau de ma nuque ou la crème apaisante qui me faisaient le plus de bien. Nous ne prononcions ni lui, ni moi une parole malheureuse, dire que le lendemain des deux dernières pleines lunes, je m'étais retrouvé en plein milieu d'un champ, totalement perdu, ne sachant plus ni l'heure, ni le lieu exacts, je remerciai presque secrètement toutes les puissances qui avaient rendu possible le rapprochement entre un vieux loup-garou et ce jeune homme aussi parfait. Quand il eut fini et qu'il me demanda de me retourner, il se rendit compte très rapidement que j'en serais bien incapable et il m'aida. Si, toutefois, il avait pu faire abstraction de ma nudité lorsque j'étais couché sur le ventre, cela lui apparaissait à présent beaucoup plus difficile, il remit en place le malheureux drap entortillé et retrouva la même jolie couleur cramoisie que précédemment, il était absolument adorable ainsi. Quelques pointes de sarcasme me titillaient mais je me refusais à l'embarrasser un peu plus qu'il ne l'était déjà. Je me contentais juste d'un sourire plus taquin et charmeur et il rougit davantage, baissant les yeux en direction du sol et je le trouvais encore plus beau, empreint de cette grâce juvénile.

« Ne sois pas gêné, Harry. C'est normal, à ton âge que... »

Il m'interrompit aussitôt, ne me laissant pas le temps de développer ma pensée, les yeux pincés, sûrement vexé par ce que j'avais sous-entendu.

« Ce n'est pas ça, enfin pas vraiment. Et puis, ce n'est pas comme si je n'avais pas eu le temps d'y penser pendant ces deux derniers mois. »

Il avait tout dit d'une seule traite, frappant des pieds un point imaginaire du sol et au fond de moi, je me morigénai, je n'obtenais que ce que j'avais semé après tout, ni plus, ni moins et je n'avais aucune envie d'aller plus avant pour l'instant. Je n'avais que peu pensé à cette évolution dans notre relation, sauf peut-être à une ou deux reprises, le soir dans le campement des loups-garous et surtout, il y avait des implications dont il n'avait probablement aucune idée. Par réflexe, je me rehaussai dans le lit, contre mon oreiller, ce qui me fit échapper un cri de douleur. Aussitôt, Harry se jeta à nouveau sur moi et me fit me recoucher. Il me dit alors dans un sourire :

« Ne sois pas gêné, Remus, c'est normal qu'à MON âge, j'y pense alors pas la peine de te faire un peu plus de mal. Nous aurons le temps d'en reparler, je suppose. »

Son regard pétillait, décidément, il me surprenait de plus en plus mais avant que je puisse m'y opposer en déclarant que tout ce que nous faisions, s'embrasser, se caresser ne pouvait aller plus loin, il continua sur le même ton :

« J'ai des blessures à soigner, il me semble qu'il vaudrait mieux que je m'en occupe avant qu'elles ne s'aggravent.

- Harry… »

Il me fit taire d'un léger baiser fugace, je réalisais confusément que c'était le premier depuis mon retour et une partie de moi espérait que ce ne fût pas le dernier. Il commençait à s'occuper de mes griffures, j'avais deux estafilades de plus de quinze centimètres de long qui traversaient de part en part mon torse. Il me passait sur le corps une autre substance, légèrement huileuse cette fois-ci tandis que je le voyais grimacer et se tendre.

« Les techniques humaines ne peuvent donc rien pour mes blessures ? Lançai-je sur le ton le plus désinvolte possible.

- Hein… Non, non, les blessures ne sont pas trop profondes, peut-être laisseront-elles des cicatrices mais je n'en suis pas persuadé.

- Alors qu'est-ce qui te chagrine, Harry ? »

Une petite voix au fond de moi ne cessait de me répéter que c'était la vue de mon torse lézardé par de vilaines cicatrices, qui l'écoeurait mais qu'il était trop gentil pour me l'avouer. Harry se tortilla et leva des yeux dans ma direction.

« Je ne veux pas que tu y retournes… »

Les mots avaient claqué et Harry me fixait à travers les verres de ses lunettes, avec une telle intensité que je sentais le rouge monter aux joues, j'essayais de deviner ce qu'il allait ajouter, les raisons qu'il allait invoquer mais il se tut et préféra continuer de me soigner. Cela prit encore une vingtaine de minutes pour qu'il, selon ses propres termes, désinfecte les plaies et me mette un bandage pour me les protéger. Je le laissais faire avec une certaine bienveillance, j'avais l'impression que les soins qu'il exécutait duraient plus longtemps que ce qui semblait nécessaire. Petit à petit, je m'enfonçais davantage dans mon lit et la fatigue qui ne m'avait pas quitté reprenait le dessus, j'avais besoin de me reposer et sans que vraiment je ne m'en rende compte, je sombrais dans le sommeil. Lorsque, finalement, je me réveillais, je remarquais la lumière très présente dans ma chambre. Sans doute, midi était passé depuis bien longtemps. Harry n'était plus là. D'ailleurs, je réalisais seulement, à présent que je n'avais aucune explication du fait de sa présence ici, à mon réveil, peut-être aurais-je l'explication dans quelque temps. Pour l'instant, perclus de courbatures, je me relevais difficilement du lit. Je cherchais au fond de mon armoire une autre robe de sorcier, dans un état moins pitoyable que celle que j'avais laissé dans la salle de bain. Tandis que je m'habillais avec la plus grande difficulté, je remarquai que la chambre était d'une propreté irréprochable, hier, à la lumière déjà faiblissante, je n'avais pas vraiment fait attention à l'état de l'appartement mais maintenant, j'avais comme l'impression que quelqu'un était régulièrement venu au cours de ces deux derniers mois et aussitôt, le visage angélique de Harry s'imprima devant mes yeux. Etait-il possible qu'il soit revenu ici ? Je descendais l'escalier qui craquait sous mes pieds et me dirigeais vers la salle à manger, je restais dans l'embrasure de la porte, Harry était confortablement installé sur 'notre' canapé que j'avais magiquement agrandi, il semblait fasciné par le livre qu'il était en train de lire à tel point qu'il ne s'était même pas rendu compte que je m'approchais, je le voyais ses lèvres roses légèrement bouger, il voulait sans doute s'imprégner encore plus de ce qu'il était en train de dévorer. D'autres livres jonchaient le sol à ses pieds. Je me rapprochais lentement de lui, il ne réagit finalement que lorsque je fus à quelques mètres de lui, il leva son visage concentré dans ma direction. Aussitôt il referma son livre mais j'eus malheureusement pour lui le temps de lire en lettres d'or : « La vie des loups-garous ». Un ouvrage que j'avais moi-même lu plus d'une dizaine d'années auparavant, à Poudlard. Harry paraissait plus que gêné, je n'étais pas dupe, je savais parfaitement ce qui avait dû intéresser tout particulièrement le brun.

« Je pensais que tu te reposerais plus longtemps ? »

Harry avait détourné son regard émeraude du mien, il n'avait jamais vraiment réussi à me cacher ce qu'il ressentait, ses yeux s'étaient posés sur l'ongle de son pouce droit, un peu comme si c'était la huitième merveille du monde. Ce qu'il ignorait c'est que je ne voulais pas aborder brutalement les découvertes qu'il avait dû faire à la lecture de ce livre. Je pris donc pour l'instant place à ses côtés.

« Et moi, je ne pensais pas que tu serais ici. Tu ne devais pas rester au Terrier ? »

Mon ton n'était nullement inquisiteur mais il était vrai que depuis qu'il m'avait trouvé ce matin, je n'avais eu de cesse de me demander ce qu'il pouvait bien faire dans mon appartement.

« Je n'ai pas pu… »

Mon petit chéri s'était interrompu, toujours aussi embarrassé et rouge. Je l'encourageais à continuer en lui murmurant son prénom.

« Deux jours après ton départ, je me suis rendu compte que c'était ici que je voulais être et nulle part ailleurs, alors je suis revenu.

- Molly t'a laissé faire ? »

J'étais plus que surpris et ma tête eut le mérite de faire sourire Harry.

« Je lui ai promis de retourner au Terrier, toutes les nuits. Après tout, durant l'été dernier avant que je n'emménage ici, je restais enfermé dans la chambre de Ron toute la journée et personne ne trouvait rien à redire. Il n'y a guère de différence, je lui ai dit que je resterai ici et que je jetterai un Alohomora sur la porte. »

Au moins, cela me rassurait quelque peu pour hier soir, il avait déjà dû retourner auprès des Weasley. Je ressentais toutefois comme un pincement au cœur. Lorsque j'étais parti il y a près de deux mois, j'avais eu l'espoir que la tension entre Harry et Molly ne s'amenuise mais apparemment, je m'étais fourvoyé.

« Et tous ces livres ? »

D'un geste large et théâtralisé, je désignais les trois piles à terre près du canapé magique.

« Avec Hermione, nous avons été à Poudlard un jour.

- Mais vous êtes devenu fou, tu sais bien que les gens du ministère l'ont fait fermer et que quiconque s'en approche risque un séjour à Azkaban. Comment ça se fait que Molly t'est laissé faire ?

- Sans doute car on avait justement oublié de le lui dire. »

Alors que j'essayais de prendre un air de reproche, air qui m'avait toujours fait défaut lorsque j'étais avec Sirius et James à Poudlard, Harry éclata franchement de rire, je grimaçai et il m'embrassa légèrement.

« Nous avions quelque chose à chercher, c'est… Je peux juste te dire que nous devons rechercher des renseignements pour notre combat contre Voldemort.

- Et vous avez trouvé ce que vous jugez si important que vous risquez une arrestation et un envoi à Azkaban?

- Oui … »

Le ton sur lequel avait parlé Harry n'était pas aussi affirmatif que sa réponse et ne me satisfaisait pas du tout, je voyais bien qu'il me cachait quelque chose, ses yeux me fuyaient encore et toujours.

« Et cet ouvrage-là ? Pourquoi l'as-tu emprunté ? Il ne va pas t'aider, je pense. »

Je lui désignais le livre qu'il avait obstinément gardé auprès de lui, je n'étais pas assez naïf pour ne pas savoir qu'il avait déjà dû le lire mais sa réponse me fit plus peur que ce que je pensais.

« C'est Hermione qui me l'a conseillé… »

- Je ne te demanderai pas comment elle a fait pour le connaître, je sais qu'elle a déjà lu la plupart des ouvrages de la section interdite. »

- Est-ce vrai ? »

Il tapotait la couverture en cuir de ce lourd manuscrit.

« Oui, en grande partie. Je dois reconnaître qu'Hermione ne cesse de m'impressionner, elle t'a sans doute conseillé le meilleur ouvrage sur les conditions de vie des loups-garous.

- Mais c'est… »

Harry s'était interrompu sous le coup de l'horreur. Il venait de réaliser quelle était la vraie vie au sens légal du loup-garou, cette soumission totale soit avec un laissez-passer pour la vie civile soit un enfermement avec les autres loups-garous dans des camps.

« Toutes ces années où tu sembles avoir disparu, tu étais ?

- J'étais dans un camp, effectivement, j'ai obtenu une dérogation lorsque la potion Tue-Loup a été mise au point et qu'Albus cherchait un nouvel enseignant.

- Et le ministère a accepté ?

- Albus a toujours été fin politicien et il a négocié, plus probablement fait du chantage à Fudge pour garder auprès des élèves et de leur famille ma situation secrète.

- Pourquoi tu es resté là-bas toutes ces années ?

- Je ne me sentais pas apte à retourner dans la société, le fait est que ce qui a fini de me convaincre de revenir, c'était la fuite de Sirius, nous étions tous persuadés à cette époque qu'il allait s'en prendre à toi et je me devais d'être présent pour te protéger...

- Remus… »

Il paraissait encore plus gêné et maladroit qu'à l'accoutumée et comme pour le protéger, je m'étais instinctivement rapproché de lui. En lisant cet ouvrage, n'importe qui pouvait comprendre l'horreur d'une vie de loup-garou, d'un hybride, d'un sous-homme. Il glissa sa tête dans mon cou et je sentis ses lèvres se poser sur ma peau.

« Comment peut-on faire ça, à d'autres personnes ?

- C'est la peur des autres, mon petit chéri.

- J'ai eu si peur quand tu es parti, tu m'as manqué. Je sais que tu as fait ça uniquement pour moi et je ne me serais jamais pardonné s'il t'était arrivé quoi que ce soit. »

Ces paroles étaient parsemées de doux baisers. Au fond de moi, même s'il était tout aussi gauche qu'auparavant, je me demandais depuis quand Harry était devenu aussi entreprenant.

« Tu ne m'as pas répondu tout à l'heure, je suis sérieux, je ne veux pas que tu retournes auprès de tes congénères demain. Tu vaux mieux que ces camps, tu es la gentillesse même et tu as pris assez de risque pour le reste de ta vie.

- Harry… C'est pour l'ordre, ils ont pu empêcher une attaque dans le Londres moldu grâce à mes renseignements.

- Je sais, Maugrey nous a déjà raconté. C'est peut-être égoïste mais je sais que s'il t'arrive quoi que ce soit, je ne m'en remettrais pas, je t'ai laissé partir la dernière fois mais je ne suis pas prêt à faire pareil. Si nous nous éloignons l'un de l'autre, j'ai comme un mauvais pressentiment et j'ai peur de ne plus jamais te revoir.

- Mon petit chéri, je ne risque rien, tout le monde est persuadé au campement de mon retournement, et même si les loups-garous ne sont pas des mangemorts à part entière, ils savent assez de détail pour éviter des morts inutiles.

- Mais depuis que je suis né, il y a des morts inutiles et inévitables, Rogue, lui aussi, se croyait au-dessus de tout soupçon après avoir tué le professeur Dumbledore mais il a quand même été tué, mes parents n'ont fait qu'essayer de me protéger tout comme Sirius et Tonks aussi. »

Au nom de Nymph, je me crispais involontairement, si j'avais appris à vivre avec la disparition de tous mes proches, je me sentais toujours un peu nauséeux au nom de Nymph, même si cela s'était passé, il y a pratiquement quatre mois.

« Oh, Remus ! Je ne voulais pas, je… »

Je déposais mes lèvres sur sa cicatrice, le faisant légèrement trembler.

« Harry, ce n'est pas grave, tu n'y es pour rien. »

Nous restâmes dans les bras l'un de l'autre pendant de longues minutes, je le berçais doucement, il était comme moi en train d'échapper à nos fantômes respectifs. Le jeune homme finit par se retourner et me regarda de ses grands yeux verts qui me transpercent de part en part.

« Tu vas y retourner ?

- Il le faut.

- Reste cette nuit… »

Sa voix s'était faite tentante et douce. Même s'il avait repris sa jolie couleur rouge, cette fois, il ne fléchissait pas et m'embrassa. Petit à petit, je me laissais aller dans ce baiser de plus en plus intense, il finit par passer une jambe par-dessus de mon corps, je posai mes mains sur lui pour le stopper. Nous ne devrions pas aller plus loin, pas encore.

« Harry, s'il te plaît… Je dois y aller.

- Pas ce soir. »

A suivre…