Chapitre 14: La réconciliation
« Oh non, pas encore… Soupira Camille, qui se trouvait dans la grande salle.
Elle se leva précipitamment de table, son petit déjeuner à peine entamé, et sortit dans le parc prendre un grand bol d'air frais. Les nausées la reprenaient, et voir la moindre parcelle de nourriture retournait son estomac, lui donnant envie de vomir. Ce qu'au moins la moitié des joueurs de l'équipe avait déjà fait durant les dernières vingt quatre heures. Camille fut rejointe aussitôt par Ginny, qui lui demanda, anxieuse :
-Tu es si stressée que ça ? Pourtant tu étais tout à fait calme avant les deux derniers matchs de quidditch.
-Là c'est une finale, c'est différent, avoua-t-elle.
-Oui, je sais. Bon bah le match commence dans une heure, alors autant aller directement dans les vestiaires, ce n'est même plus la peine d'espérer te faire manger un morceau maintenant…
Les deux jeunes Gryffondor se mirent en route, essayant de sourire le plus naturellement possible aux quelques élèves qui croisaient leur chemin et leur souhaitaient bonne chance. Camille sentait son estomac si contracté qu'elle croyait qu'à tout moment elle pourrait vomir. A sa connaissance, jamais elle n'avait été aussi stressée, qui plus est pour un match de quidditch. Mais son anxiété avait sans doute quelque chose à voir avec le fait que durant ces deux derniers jours, ses relations avec Harry avaient plutôt été…tendues.
Un soir il l'embrassait, le lendemain elle le sauvait de l'exclusion de l'école, et évidemment, ils finissaient par s'engueuler. Camille aurait dû s'en douter, jamais sa relation avec Harry n'avait été simple, et ce n'était pas maintenant qu'elle allait le devenir. Alors cela faisait maintenant presque deux jours qu'ils se contentaient d'échanger des banalités, aucun d'eux deux ne semblant vouloir ravaler sa fierté et aller, faute de s'excuser, au moins s'expliquer cette fois-ci calmement. « C'est tout de même un beau gâchis » pensa Camille en son fort intérieur tout en se changeant dans les vestiaires en compagnie de Ginny.
Il ne lui fallut pas plus de cinq minutes pour être prête, et elle se retrouva assise sur un banc, à attendre que les minutes passent. Ginny constata avec compassion que Camille était blanche comme un linge, puis partit rejoindre Dean qui devait lui « prodiguer des encouragements ». Hermione vint heureusement prendre la relève, et força Camille à manger des toasts qu'elle venait de lui apporter.
-Harry est dans un état à peu près similaire au tien, dit Hermione avec un sourire.
-Oui, c'est le capitaine, il a plus de pression que nous autre les joueurs, remarqua simplement Camille.
-Et…Vous allez passer combien de temps à éviter le vrai problème tous les deux ?
-J'ai un match de quidditch dans quelques minutes Hermione, soupira Camille. Je n'ai pas besoin de penser en plus à mes problèmes sentimentaux…
Les deux amies passèrent ensuite les vingt minutes qui suivirent à parler de la pluie et du beau temps, Camille étant de toute façon trop stressée pour pouvoir participer à une conversation un tant soit peu sérieuse. L'heure fatidique arriva bien vite, et l'équipe de Gryffondor se réunit dans la salle où se décidaient toutes les tactiques de jeu. Camille se retrouva, bien malgré elle, à regarder Harry plus que raison alors qu'il expliquait une dernière fois comment ses joueurs devaient contrer les attaques des Serdaigles.
-Chacun sa dose de courage… Nargua Ron, qui avait de toute évidence remarqué qui Camille fixait.
-Oh, mais je ne te demande pas quelle est la tienne très cher, rétorqua Camille du tac au tac. Hermione est sans doute passée te voir il y a quelques minutes non ?
Elle vit avec plaisir le visage de Ron se colorer en rouge vif, et il bafouilla des paroles incompréhensibles, mais Camille décida de ne pas l'embarrasser encore plus.
-Bon, eh bien je pense qu'on est tous prêts, jouez comme vous l'avez fait jusqu'à maintenant et je pense qu'on a vraiment nos chances pour remporter cette coupe. Mais quoi qu'il arrive sachez que ça a été un plaisir de voler avec vous cette année, dit Harry avec enthousiasme. Maintenant, allons infliger une sale défaite à Serdaigle !
-Et pas de quartier pour Smith ! S'écria Ginny avec un air machiavélique.
Toute l'équipe se mit à rire, et se leva afin d'aller se diriger vers le terrain. Camille se leva de sa chaise rapidement, trop rapidement sans doute puisqu'elle sentit la tête lui tourner. Elle se rattrapa contre la table la plus proche, attendant que les murs restent à leur place.
-Ça va ? Lui demanda Harry, un air soucieux au visage.
Camille essaya d'oublier le fait qu'ils étaient maintenant les derniers dans la salle, et que la tenue de quidditch d'Harry le rendait vraiment désirable, sans prendre en compte le fait qu'il l'avait embrassé à quelques mètres de là il y a à peine trois jours.
-Le stress, se contenta-t-elle de répondre, la voix plus rauque que d'ordinaire. Mais ça ira mieux une fois que je serai sur mon balai, en train d'essayer de piquer le souafle à ce con de Zacharias Smith…
Elle vit Harry lui adresser un sourire en coin absolument craquant, et sentit son estomac se décontracter légèrement.
-Je sais que le match est dans moins de cinq minutes, que c'est tout sauf le moment de parler de ça, s'aventura Harry avec appréhension, mais je voulais te dire, pour avant-hier, je…
-Je suis désolée, le coupa Camille.
Les mots étaient sortis tous seuls, avant même d'avoir réfléchit. C'était plus fort qu'elle, Camille avait besoin d'Harry, elle détestait se disputer avec lui, et le voir là, si beau et hésitant, cela la faisait craquer. Elle le vit lui adresser un sourire timide, et elle continua :
-Tu fais ce que tu veux, c'est ta vie, à toi de voir si tu veux continuer d'utiliser ce livre, je sais que ça ne changera pas ce que tu es. Je m'inquiète juste pour toi, c'est tout.
-Ce n'est pas à toi de t'excuser. Je…jamais je n'aurai dû réagir comme ça, c'est toi qui a raison après tout, commença Harry.
-N'en parlons plus, veux-tu ? Demanda Camille. On a eu un petit accrochage, on avait les nerfs à vif après le combat avec Malefoy et les menaces de Rogue, c'est tout. On a un match de quidditch à gagner pour le moment…
Elle plongea ses yeux dans ceux d'Harry comme toujours, encore aveuglée par leur beauté, même après tous ces mois. Aucun doute, c'était une arme de séduction massive. Au loin, on entendit des applaudissements et une voix amplifiée raisonner dans un périmètre de plusieurs kilomètres. Camille soupira, fit un mince sourire à Harry, lui faisant signifier : maintenant, au boulot, assurons le spectacle !
Elle pensait qu'ils allaient se mettre en route, l'équipe les attendaient, mais au lieu de ça, Harry lui dit précipitamment :
-Au fait, j'ai trouvé ton gage.
-Mon gage ? S'étonna Camille, qui ne comprenait pas bien de quoi Harry parlait.
-Tu te souviens, au début de l'année, on avait fait un pari: le premier de nous deux qui attrapait le vif d'or était redevable à l'autre. J'avais gagné, et je t'avais dit que je verrai plus tard pour ton gage. Bah ça y est, je l'ai trouvé.
-Ah oui ? S'étonna Camille. Et qu'est-ce que je dois faire ?
Elle se sentait sourire, intriguée. Harry avait un regard malicieux, et elle ne savait pas du tout ce qu'il avait dans la tête.
-Bah comme je suis le capitaine de l'équipe, toute la pression est sur mes épaules, et comme si ce n'était pas déjà assez lourd à porter, je vais devoir me battre contre mon ex pour attraper le vif d'or, alors je pense que j'ai le droit à un petit encouragement, déclara-t-il tout en passant une main dans ses cheveux, le regard pétillant, souriant de toutes ses dents.
-Abrège mes souffrances, crache le morceau, rit Camille, dont la curiosité la rongeait.
-Embrasse-moi.
Elle sentit son cœur avoir un raté, et haussa les sourcils, n'étant pas sûre de bien croire ce qu'elle venait d'entendre. Pourtant Harry conservait son air assuré –amusé même- et semblait attendre. Camille n'eut pas trop à réfléchir, elle se laissa simplement guider par ses pulsions.
Harry et elle étaient déjà proches, elle n'eut qu'un pas à faire pour mettre fin à la distance les séparant. Leurs visages étaient désormais à quelques centimètres l'un de l'autre, mais Camille ne faisait rien pour précipiter les choses. Elle n'avait jamais eu l'occasion de voir les yeux d'Harry de si près, et comptait bien en profiter… Entendre son cœur battre la chamade était pour une fois agréable, sentir chaque muscle de son corps en éveil était une sensation inhabituelle mais plaisante. Camille voyait le visage d'Harry se rapprocher lentement –mais sûrement- du sien, comme s'il ne voulait pas brusquer les choses, pas comme la dernière fois. Mais cela lui convenait parfaitement. Chaque détail était enregistré dans son cerveau, gravé à jamais, sa place étant désormais sur le point de s'inscrire dans les « souvenirs exceptionnels ».
Et puis, Camille sentit des lèvres se poser contre les siennes. Le baiser fut au départ chaste, elle et Harry tentant apparemment de se maîtriser, mais bien vite ses mains se crochetèrent sur la nuque de son petit ami, caressant les cheveux d'un noir de jais en bataille qu'elle aimait tant, et elle sentit deux bras entourer son dos, rapprochant désormais son corps de celui d'Harry. Ils approfondirent leur baiser, le rendant plus fougueux, et Camille crut pendant un bref moment que son cœur allait exploser tant il battait vite.
Ce qu'elle aurait aimé que le temps se suspende, que ce moment dure pour toujours… Elle se sentait sourire tout en embrassant Harry, un frisson lui parcourait le corps, et une énergie soudaine s'emparait d'elle. Elle mit un peu de temps à analyser ce nouvel état d'esprit. En fait, c'était la chose la plus simple, la plus douce du monde, ce après quoi tout le monde courrait : le bonheur d'un amour partagé.
S'était-il écoulé quelques secondes, ou quelques minutes ? Camille avait perdu la notion de temps, elle profitait de ce moment en or, que personne ne lui enlèverait jamais, et elle fut ramenée à la dure réalité lorsqu'elle entendit la porte de la salle s'ouvrir à la volée. Elle s'écarta brusquement d'Harry, et vit Ron afficher une mine surprise puis gênée, se contentant de dire :
-Désolé mais…on n'attend plus que vous.
Camille fut surprise d'entendre Harry éclater de rire avant de dire :
-Enfin Ron, je ne viens pas de commettre un meurtre, ne fais pas cette tête-là…
Il fit un sourire d'excuse, se contentant de bafouiller :
- Je ne m'attendais pas à vous trouver comme ça, c'est tout…
Ce fut au tour de Camille de rire du malaise de son ami, et elle alla chercher son balai, posé sagement à côté de celui d'Harry dans le fond de la salle. Elle croisa le regard du garçon qu'elle aimait, et lui sourit avant de lui dire :
-Bon match, je suis sûre que tu finiras par attraper le vif d'or, je ne me fais aucun souci pour ça !
-Moi je suis sûr que tu finiras meilleure poursuiveuse de l'année, annonça Harry.
Camille lui fit un petit sourire, le cœur léger, tout le stress envolé. Encore une fois, Harry montrait de remarquables capacités à la distraire, et elle sentait que cela ne serait pas la dernière fois… Harry empoigna son balai dans une main, et passa un bras autour de la taille de Camille avant de sortir de la salle. Tous les joueurs de l'équipe de Gryffondor qui patientaient avant de pouvoir enfourcher leur balai et de décoller afin de se montrer sur le terrain étaient tellement stressés qu'ils remarquèrent à peine Harry et Camille se séparer l'un de l'autre, allant se positionner selon l'ordre requis dans la rangée. La seule qui conserva sa perspicacité fut Ginny, qui ne manqua pas de remarquer :
-Tiens, tu as repris des couleurs Camille…
Avant de lui faire un clin d'œil. Harry fit signe à un élève que son équipe était prête, et on entendit Luna Lovegood –enfin, c'était ce qu'il semblait à Camille- annoncer l'arrivée de l'équipe de Serdaigle sur le terrain, puis celle de Gryffondor.
Camille enfourcha son balai et retrouva la sensation enivrante de s'envoler à une vitesse fulgurante à plusieurs dizaines de mètres du sol, acclamée par plus de la moitié de l'école, les Gryffondor s'étant comme toujours débrouillés pour être les plus bruyants. Etant choisie comme première poursuiveuse de son équipe, c'était à elle que revenait la tâche de s'emparer en première du souafle que madame Bibine lancerait, et de s'arranger pour que ce soit Gryffondor qui marque les premiers points, importants pour le moral de l'équipe.
Elle vint se placer en face de Zacharias Smith, une espèce d'armoire à glace courte sur patte de sixième année, qui lui fit un sourire machiavélique.
-Je suis vraiment désolé de savoir que tu vas finir sur un brancard avant la fin du match Jones…
-Oh, mais ne le sois pas, je compte bien terminer ce match gagnante et meilleure poursuiveuse de l'année. Il me semble bien que tu es le dernier favori pour gagner ce titre non ? Lui rappela-t-elle avec un plaisir non dissimulé.
Son visage se tordit en un rictus méprisant, et Camille regarda une dernière fois au-dessus d'elle alors que madame Bibine expliquait une encore et toujours les règles du quidditch- comme si elle ne les connaissait déjà pas par cœur… Harry faisait de fréquents allers-retours entre Camille et Smith, fronçant les sourcils, intrigué. Elle lui adressa un sourire rassurant, auquel il répondit avant de lui désigner le sol.
Camille sentit son cœur s'accélérer lorsqu'elle vit le professeur de vol s'emparer du souafle, et le lancer de toutes les forces en l'air tout en sifflant le début du match. Elle eut à peine le temps de voir sa trajectoire qu'elle se jeta sur la balle rouge, s'en emparant sous les yeux de Smith, qui avait mis du temps à réagir. Elle évita de justesse un poursuiveur de Serdaigle, et fonça droit sur l'anneau central, avant d'envoyer brusquement le souafle à gauche. Le gardien ne vit même pas le coup venir, et regarda le souafle passer au beau milieu d'un des anneaux, offrant les dix premiers points à Gryffondor.
Camille entendit une huée d'applaudissements, et sourit de toutes ses dents à Zacharias qui passait devant elle, un air menaçant au visage. L'heure qui suivit fut intense. Jamais les joueurs de l'équipe de Gryffondor n'avaient été aussi concentrés et déterminés. Ron parait les attaques des Serdaigle admirablement, Peakes et Coote se chargeaient de protéger les poursuiveurs des cognards, et s'évertuaient à toujours les envoyer dans la direction de Smith… Quant à Camille, Ginny et Katie, elles étaient rapides, efficaces et n'hésitaient pas à laisser leur partenaire marquer des points au dernier moment, reléguant le prix de meilleur poursuiveur de la saison en second plan, alors qu'elles étaient trois des favorites pour le remporter.
Camille entendait à peine les commentaires de Luna, trop concentrée dans le match. Harry était complètement sortit de ses pensées, son seul objectif étant de faire gagner son équipe. Au bout d'une heure trente de jeu, elle entendit néanmoins avec clarté la voix de la jeune Serdaigle clamer avec force que le score était de cent à trente pour Gryffondor. Ce fut le sourire aux lèvres, persuadée d'avoir déjà gagnée, que Camille fit une passe décisive à Katie, qui fit gagner dix points supplémentaires à Gryffondor.
Elle se faisait un plaisir de piquer à Zacharias Smith le souafle à chaque fois qu'il entrait en sa possession, et ses coéquipiers avaient l'air aussi enjoué qu'elle, tout le monde détestant cordialement le Serdaigle insolent et à l'ego surdimensionné. Elle allait encore faire passer le souafle dans l'anneau central des Serdaigle lorsqu'elle sentit une énorme masse la propulser contre la tour en bois qui se trouvait juste à côté d'elle, sans qu'elle ait rien pu prévoir.
La jeune fille fut surprise, sentit tout le flan droit de son corps cogner puis frotter contre le bois dur, et poussa un cri de douleur avant de lâcher le souafle et de perdre le contrôle de son balai. Elle se sentit tomber, encore et encore, puis entendit une personne hurler son prénom. Elle ne se sentit pas s'écraser contre le sol, quelqu'un l'ayant retenu juste à temps.
Camille se rendit compte qu'elle avait instinctivement fermé les yeux lorsqu'elle les rouvrit pour constater que son sauveur était en fait Harry. Il la maintenait contre lui, mais son balai descendait dangereusement en piquée… Elle ne sut pas trop comment, mais Camille se sentit rebondir contre le sol, et poussa une exclamation de surprise. Elle se retrouva ensuite allongée sur Harry, qui avait amorti sa chute, son Eclair de Feu à quelques mètres d'eux. Il fallut deux secondes aux deux adolescents avant de retrouver l'usage de la parole, se remettant du choc.
-Ça va ? Finit par demander Harry d'une voix haletante.
-Je… je crois oui, balbutia Camille. Co… comment est-ce que je me suis retrouvée sur toi ?
-J'étais en train de faire des tours de terrain et ce connard de Smith t'a propulsée contre la tour alors que j'étais à quelques mètres de toi. Je t'ai rattrapée, mais on est descendu en piquée, on allait trop vite et je n'ai pas réussi à freiner à temps.
-Merci de m'avoir empêché de m'écraser sur le sol…
Camille revint sur terre lorsqu'elle entendit des sifflements provenant de la foule, et roula sur le côté afin d'arrêter de se donner en spectacle avec Harry dans une position qui pourrait vraiment porter à confusion…
Lorsque son bras droit vint à toucher le sol, la jeune sorcière retint un cri de douleur, laissant néanmoins échapper un grognement. Elle constata que sa tenue de quidditch était partiellement déchirée, et que son bras saignait. Le bois dur de la tour avait dû l'écorcher. Camille croisa les yeux vert émeraude d'Harry, qui la regardait avec un air soucieux.
-Il faut que tu ailles à l'infirmerie Camille, déclara-t-il.
Elle hocha négativement la tête, levant les yeux pour constater que le match continuait de se dérouler. Camille ne pouvait pas abandonner son équipe maintenant, cela lui semblait impensable. Elle ressentait un vague picotement désagréable dans son bras, et une petite brûlure, mais elle savait que l'adrénaline l'empêchait d'avoir plus mal. Elle allait finir son match, parce que jamais elle n'arriverait à dormir ce soir si elle était responsable de la défaite de son équipe. Elle faisait exprès d'ignorer les commentaires de Luna, qui devait raconter Dieu sait quoi, et se contenta de sortir sa baguette magique de sa poche et de lancer :
-Accio nimbus !
Camille vit son balai arriver de l'autre bout du terrain, et dit à Harry avec une pointe de défi dans la voix :
-Faudra me traîner de force à l'infirmerie, parce que même si je finissais avec une jambe cassée, jamais je ne voudrai être responsable de la défaite de mon équipe, je ne le supporterai pas. Et puis je dois régler son compte à Smith…
Elle se releva, s'empara de son balai, et Harry dit alors d'une voix dure :
-Camille, ne joue pas avec le feu, tu vas à l'infirmerie maintenant.
-On peut avoir une retenue pour désobéir à son capitaine ? Parce que si tel est le cas, réserve un créneau horaire pour moi, je ne compte absolument pas suivre ton ordre.
Elle entendit Harry soupirer, puis dire d'une voix tranchante :
-Tu es blessée, alors tu ne remontes pas sur ton balai, c'est clair ?
-Je connais mes limites, ne t'en fais pas pour ça, affirma Camille. Et merci de m'avoir rattrapée en plein vol, c'était très… romantique.
Harry essayait de garder un visage fermé, mais elle le vit sourire sans pouvoir s'en empêcher. Alors, convaincue que la discussion devait s'arrêter là, Camille suivit Smith du regard avant de décoller. Elle fonça droit sur le Serdaigle, qui la pensait toujours hors jeu, et donna un coup de poing dans le souafle qu'il maintenait contre son bras droit. La grosse balle rouge vola dans les airs, et elle la rattrapa habilement, tout en volant le plus vite possible vers les anneaux adverses. Son retour sur le terrain était si inattendu qu'il en surprit plus d'un, dont le gardien des Serdaigle, qui cru même qu'il avait même une hallucination. Camille lança alors tranquillement le souafle dans l'anneau central, et fut acclamée par l'ensemble des Gryffondor et leurs supporters.
Elle laissa ensuite Katie s'emparer du souafle, et vit Harry, de nouveau sur son balai, venir lui dire tout en souriant :
-Après le match, je t'engueule.
-Très bien capitaine, oh et au fait, je te dédie le dernier but que j'ai marqué, annonça fièrement Camille.
-Quel honneur ! Je te dédierai quand à moi ma victoire une fois que j'aurai attrapé le vif d'or, renchérit Harry.
A peine eut-il dit cela que les deux adolescents virent une minuscule balle dorée voler autour d'eux. Ils se regardèrent, interdits, puis Harry fonça à sa poursuite, allant à une vitesse que Camille n'avait jamais vue. La jeune fille faillit lâcher le souafle que lui passait Ginny, mais reprit ses esprits et offrit dix points de plus à Gryffondor, le gardien adverse étant encore une fois à côté de la plaque, regardant Cho et Harry à la poursuite du vif d'or.
Les minutes qui suivirent furent confuses. Le jeu avait plus ou moins cessé, tous les joueurs regardant plus volontiers les deux attrapeurs se battre pour offrir la victoire à leur équipe, amorçant des montées, descentes, virages et accélérations fulgurantes afin de continuer de poursuivre le vif d'or. Harry avait une légère avance par rapport à Cho, et sa main droite était tendue, mais il était impossible de voir précisément à quelle distance se trouvait la balle dorée.
Camille sentait son cœur tambouriner dans sa poitrine, le stress lui nouer l'estomac. Maintenant, tout dépendait d'Harry. Et elle savait au fond d'elle-même que l'issue du match déciderait de bien plus de choses que de l'avenir d'une simple coupe posée dans le bureau du professeur McGonagall…
Un silence inhabituel régnait. Jamais les supporters n'avaient autant retenu leur souffle, l'issue du match ayant une dimension beaucoup plus importante que les précédents. Harry pouvait monter jusqu'à trente mètres de hauteur pour finalement redescendre à dix, et ainsi de suite. Camille ne pouvait s'empêcher de le trouver terriblement attirant, même si ce n'était vraiment pas de circonstance en un moment pareil.
Et puis, il y eut cette seconde. Cet instant en suspend, où le temps semblait comme s'être arrêté. Ce minuscule moment, qui fit pencher la balance d'un côté. Camille vit la main d'Harry se refermer sur la balle dorée, qu'il brandit fièrement en l'air, un magnifique sourire aux lèvres. Puis, ce fut l'effervescence. On entendit des cris provenir de toute part, des effusions de joie. La foule hurlait : Harry Potter ! Encore et encore. Camille se posa sur le sol, avec tous ses coéquipiers, et entendit la voix de Luna Lovegood raisonner avec une clarté inaccoutumée :
-Harry Potter a attrapé le vif d'or, Gryffondor gagne le match contre Serdaigle trois cent à cinquante et remporte la coupe de quidditch!
Tout fut confus après cela. Tout le monde criait, pleurait de joie, se prenait dans les bras l'un de l'autre, on félicitait les joueurs de toute part. Il semblait que la moitié des Gryffondor avaient débarqués sur le terrain, et Camille fut prise de nombreuses fois dans les bras de camarades hystériques. Une énorme masse semblait s'être formée autour d'Harry, constituée principalement de filles, et Camille eut un petit sourire triste, avant d'aller voir Hermione qui se trouvait posément à quelques mètres d'elle.
-Félicitations Camille, tu as été grandiose ! S'écria-t-elle joyeusement tout en la prenant dans ses bras.
-Merci ! En fin de compte ça y est, Harry est officiellement aussi doué que semblait l'être son père au quidditch, il vient d'offrir de nouveau la coupe à Gryffondor.
-Vous avez tous été excellents, il était normal que vous gagniez ! Mais qu'est-ce qu'il t'est arrivé au bras par contre ? S'étonna Hermione, qui inspecta brièvement la blessure de Camille.
-Quelque chose qui aurait nécessité d'aller à l'infirmerie sur le champ, déclara une voix grave que Camille ne connaissait que trop bien.
Elle se retourna et vit Harry juste derrière elle, le vif d'or toujours entre ses mains, un sourire victorieux aux lèvres. Ce fut plus fort qu'elle, elle le prit dans ses bras d'une façon toutefois aussi amicale que possible tout en lui disant :
-Tu as été brillant !!! Incroyable ! C'était fantastique à voir ! Du grand Harry Potter !
Harry ne s'écarta pas d'elle, au contraire, et lui dit joyeusement :
-J'ai été bien encouragé, c'est sans doute pour ça…
Camille lui fit un sourire malicieux, mais ils ne purent continuer tranquillement leur conversation, tout un groupe de filles de sixième année venant glousser prêt d'Harry. Romilda Vane vint volontairement se poser juste à côté d'Harry, une ou deux filles derrière elle, attendant manifestement de le féliciter comme il se devait. Camille poussa un soupir d'agacement, et se dégagea de son ami. Elle tenta d'ignorer du mieux qu'elle put la jalousie qui la rongeait de l'intérieur depuis tout à l'heure, alors qu'au moins une trentaine de filles avaient pris Harry d'assaut. Mais cette fois-ci, la chance tourna.
Elle n'avait même pas commencé à s'éloigner qu'Harry avait déjà anticipé, et s'était assuré qu'elle ne parte pas du tout. Camille sentit son corps s'écraser contre celui de son ami, et sa bouche capturer la sienne. C'était imprévu, et c'était sans doute pour ça que c'était aussi bon. Elle mit quelques secondes avant de réagir, et de répondre au baiser d'Harry tout en essayant d'oublier le fait qu'ils étaient en train de se donner en spectacle devant tout l'école.
Mais ça ne la gênait pas. Parce que ce que venait de faire Harry, c'était de lui donner une belle preuve d'amour. C'était une façon de lui dire : je t'aime, et je veux que tout le monde sache ce que je ressens pour toi, que tu comprennes que les autres filles ne comptent pas pour moi. Et c'était si bon de savoir ça…
La guerre faisait rage. Voldemort était en train de gagner en puissance, de rassembler des partisans tous plus horribles les uns que les autres, il tuait des gens innocents et tâchait de répandre le mal à tout prix. Harry était mêlé à tout cela, bien malgré lui. La situation semblait critique, mais pendant une minute, juste pendant cette minute, Camille se permit de s'en moquer, et d'oublier. Elle laissa le bonheur se répandre en elle, et profita de l'instant présent, avec Harry. Parce qu'il était le bon, et parce que ce que Dumbledore s'évertuait à répéter depuis des mois par des sous-entendus prenait enfin un sens pour Camille : tant que nous continuerions d'aimer, la bataille contre le Mal se poursuivrait, parce que nous aurions toujours une raison de nous battre.
Camille finit par s'écarter d'Harry, un grand sourire sur son visage, et le regarda profondément dans les yeux. Oui, elle avait une bonne raison de se battre. Et peu importe le prix à payer, elle l'acceptait, parce que cela en valait la peine. Parce qu'il en valait la peine.
Et voilà, j'étais joyeuse et d'humeur romantique quand j'ai écrit ce chapitre, donc pour une fois mes personnages ont le droit d'être pleinement heureux!
Bon, je vous prévient tout de suite, ça ne va pas durer... A très bientôt pour la suite!
Des gentilles reviews pour me combler? :D
