Bonjour bonjour, Etant donné que j'ai eu des retours sur le cast mais que ça reste peu, je ne pense pas faire de page ou quoi que ce soit. Je donnerais les personnages au fur et à mesure des apparitions dans les chapitres :)
Je tiens quand même à faire remarquer que si m'appuyer sur des acteurs/dessins m'inspirent énormément, BIEN SUR que ceux-ci n'auront pas toutes les caractéristiques de mes personnages. Il est évident que les cheveux bleus de Teddy, ceux rouges d'Olga et l'absence de maquillage de Victoire ne se retrouveront pas dans mon cast, mais voilà, j'espère que ça vous plaira tout de même ! Haha ! Autre chose : je n'ai utilisé que les personnages qui ne sont pas montrés dans les films (excepté Bill parce que l'acteur n'est clairement pas Bill selon moi !) Et donc pour commencer : Victoire Weasley : Candice Accola
Adam Reinhard : Andrew Garfield Je sais bien qu'Andrew Garfield est souvent utilisé pour représenter Teddy et Rémus mais... Aaaaaaaaaaah bah non quoi !
Et puis voir Victoire comme la pimbêche de service, bah non plus ! Je trouve que Candice Accola dégage un certain naturel clairement plus approprié ! Mais bon, mon avis n'est pas vérité, désolé si je suis loin de vos représentations ! Haha ! Pour les autres personnages du chapitre : Bill Weasley : Damian Lewis (nan mais sérieux... Qui aime l'acteur choisit pour le film?)
Charlie Weasley : Seth Green
Gabrielle Delacour : Joy Esther
Audrey Weasley : Elodie Fontan (Z'avez vu que je fais attention de prendre des actrices françaises pour jouer des françaises ? Haha !) Bien bien ! Et pour ce chapitre : watch?v=6DmflxfmIB8 Bonne lecture !

Assis face à Drago Malefoy, Teddy avala d'un cul sec le reste de son verre de vin rouge et risqua un coup d'œil vers son cousin. Celui-ci le fixait, le sourcil droit légèrement arqué, mastiquant un morceau de bœuf, imperturbable. Face à lui, il se sentait complètement paumé ! Depuis sa troisième année, Drago était son professeur de Potion à Poudlard et bien qu'il sache qu'il était son cousin germain, c'était autre chose de se retrouver face à lui dans ces conditions.

Il aimait sa grand-mère, profondément. Mais putain, quel Noël elle lui forçait à vivre !

Au moins, lui et son cousin avaient un point commun : ils ne voulaient pas se connaitre. Et pour Teddy, c'était tant mieux.

« Sais-tu que le vin que tu viens de gober est un Montrachet de 2000 ? »

C'était la première fois depuis son arrivée que Malefoy lui parlait et Teddy manqua de s'étouffer de surprise.

« J'espère qu'il « montrachera » bien la gueule alors ! »

Il avait parlé avec une voix assez basse pour que seul son interlocuteur ne l'entende. Celui-ci resta de marbre puis, toujours le fixant, coupa un deuxième morceau de bœuf et le fourra dans sa bouche.

« Mais qu'est-ce que c'est que cette famille ! » songea-t-il.

Habitué à l'ambiance chaleureuse du Square Grimmaud et à celle joyeuse et festive du Terrier, la froideur de cette pièce beaucoup trop grande pour leur nombre et le repas en quatre services qui lui était imposé le faisait frissonner. Même les deux gamins assis à table se tenaient droit comme des piquets et brillaient par leur obéissance. A côté d'eux, Teddy avait l'impression d'avoir été le pire enfant qu'on ne puisse imaginer…

Il jeta un coup d'œil à l'assemblée. Andromeda faisait face à sa sœur. Teddy avait appris qu'elles avaient échangées une vingtaine de lettres dans un quasi secret et elles s'étaient littéralement tombées dans les bras l'une de l'autre deux heures plus tôt. A présent, l'album photo familial étalé au centre de la table, Andromeda s'extasiait sur des photos du Scorpius bébé qui gazouillait gaiement et dont on fêtait également les 11 ans. Le garçon souriait poliment à chaque remarque mais semblait surtout extrêmement gêné. A ses côtés, cachée sous ses longues mèches de cheveux bruns, sa petite sœur d'environ 4 ans se tenait droite comme un piquet et pliait sagement sa feuille de salade, mais ses jambes se balançant d'avant en arrière et faisant agiter son petit corps, trahissaient sa terrible envie d'aller courir. La troisième enfant que Teddy n'avait pas encore aperçu dormait à l'étage du manoir depuis de longues heures. Et, clou du spectacle, Astoria et Shawn McDougal mangeaient silencieusement, le mari regardant l'ex-mari d'un œil mauvais.

Teddy se souvint avoir entendu parler de la passionnelle histoire d'amour de Drago, l'ancien mangemort présumé, et Astoria, la femme mariée issue d'une famille respectable. Leur fuite, loin du premier mari de la jeune femme et de la réputation douteuse d'après-guerre des Malefoy, avait déferlé les chroniques à l'époque. Les témoins de leur liaison avaient été traqués par la presse, les détails de la relation à la Shakespeare exposées dans ses moindres détails dans tous les magasines de potin. Ils avaient parcouru le monde durant plus de six ans, puis étaient rentrés en Grande Bretagne où Drago fut embauché comme professeur de Potion à Poudlard. Leur couple avait volé en éclat en quelques mois, secouant de nouveau la presse dans un premier temps par leur divorce déchirant, puis par le remariage rapide d'Astoria avec son ancien patron de vingt ans son ainé, lui permettant par la même occasion d'obtenir un poste élevé au sein de l'Organisation Internationale du Commerce Magique.

Teddy observa la jeune femme se lever au son des cris de sa seconde fille, la taille déjà fine malgré l'accouchement deux mois plus tôt, puis son troisième mari, les cheveux blancs, la bedaine pendante sur sa ceinture. Ce couple n'était définitivement pas assorti. Même leurs regards ne trahissaient aucun attachement.

Et puis, à l'extrémité de la table, entre lui et son cousin, la vieille tante Cassiopeia marmonnait dans sa barbe. Sa grand-mère lui en avait souvent parlé. Dans sa jeunesse, suite à sa fuite pour épouser un né-moldu, elle avait régulièrement reçu des lettres de soutien et les derniers ragots de la famille, pour lui changer les idées. La vieille dame venait d'avoir 100 ans et ne laissait transparaitre aucune générosité, malgré ce qu'Andromeda avait assuré à son petit-fils.

« Tu vois souvent les Weasley mon garçon. »

Teddy manqua de sursauter lorsque la voix chevrotante de la vieille s'éleva et jeta un regard à son cousin pour être bien sûr qu'elle s'adressait bien à lui. Mais Drago, fidèle à lui-même, n'avait pas bronché.

« Hum… Oui, oui… Mon parrain Harry est marié avec une Weasley. Ils ont toujours fait en sorte de… m'intégrer ?

- Je me souviens quand Cedrella est partie avec le Weasley ! C'était en 1935. Il était de mon âge, je le connaissais bien, très bien même si tu vois ce que je veux dire ! » Teddy frissonna. « Le Weasley était à croquer ! Toutes les filles de la bonne société se l'arrachaient en cachette, oh oui ! Il est passé sous toutes les robes le Weasley ! Mais ma cousine, c'était une beauté ! Pas comme la Crabbe qui a épousé mon frère ! Haha ! Quand Pollux a dit à nos parents qu'il allait être père à 13 ans ! elle avait quoi… 28 ? 29 ans ? personne la crue la Crabbe ! Ils ont enchainé les tests de paternité avant le mariage ! Bah oui ! Marier son fils à 13 ans ! Et après la Walburga qui ne cessait pas de nous bassiner avec sa tapisserie, avec l'histoire de ses parents… »

Narcissa toussota, coupant le monologue quasi-hystérique de sa grande tante.

« Que diriez vous de vous rendre dans le petit salon ? »

Tout le monde se leva avec un enthousiasme à peine feint. Teddy n'arrivait pas à se remettre… Cette famille était bizarre depuis des générations… Père à 13 ans ! avec une femme qui faisait plus du double de son âge !

Il s'éloigna du groupe et fila aux toilettes sans demander son reste.

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Teddy fouinait depuis 10 minutes déjà dans les couloirs à la recherche des WC. A présent, il avait réussi à réprimer l'envie de vomir, mais passé une demi-heure sur le trône était tout de même une demi-heure passée loin de ces fous. Il avait déjà atteint le deuxième étage.

Une chambre, une seconde chambre, une pièce à glacer le sang, un bureau, une biblioth…

« Oh, pardon ! »

Par Merlin, il avait un don en ce moment ! Après avoir surprit sa grand-mère sur le plan de travail avec ce fils de Cognard, c'était à présent son cousin et son ex-femme s'embrassant furieusement contre une étagère couverte de poussière, suffisamment dénudé pour laisser deviner la suite des évènements.

Teddy se frotta le visage des deux mains en grognant. C'était une famille de fou.

Et de peur de tomber sur une scène bien plus étonnante, il choisit d'abandonner sa recherche des WC.

« Mon garçon ! » l'interpella Shawn. « Aurais-tu vu ma femme ? »

Ah oui, sa femme ! sa femme très occupée avec un autre homme ! son cousin. Il avait la désagréable impression qu'il regretterait rapidement.

« Oh SHAWN ! votre femme, ASTORIA ? » clama-t-il suffisamment fort pour être entendu de l'autre bout du couloir. « Non, non, je ne l'ai pas vu. N'était-elle pas montée s'occuper de votre fille ? Oh, vous vous rendez à la BIBLIOTHEQUE ! Narcissa m'a dit qu'il y avait une magnifique collection des livres édités par Barnard Ackermole. C'est fantastique !

- Mais de quoi parles-tu, mon garçon ? »

L'homme fronça les sourcils en s'arrêtant juste devant la porte de la bibliothèque. Juste au moment où un gémissement transperça la cloison fine.

Teddy ne put retenir le mari d'ouvrir la porte, il fut témoin des regards échangés entre Astoria et Shawn, entre Drago et Shawn, puis du poing de Shawn sur la tempe de Drago. Visiblement, ils ne l'avaient pas entendu de l'autre bout du couloir.

Astoria cria en abaissant sa robe sur ses cuisses, puis se saisissant d'un livre, elle frappa aussi fort qu'elle le put sur le dos de son mari qui continuait de tabasser son amant-ex-mari.

« Je vais le regretter… » souffla Teddy en se jetant sur le dos de Shawn, lui hurlant de lâcher son cousin.

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Ce matin-là, Teddy eut du mal à sortir de son lit. Depuis le bal, plus rien allait.

Récapitulons. Victoire l'embrassait sans prévenir puis le remplaçait par Adam, son ami. Il rentrait et tombait sur Andromeda dans une position dans laquelle aucun enfant ne veut imaginer sa grand-mère. Andromeda lui annonçait qu'elle allait se marier et vendre la maison de son enfance. Puis elle lui imposait un Noël chez les Malefoy. Il surprenait Malefoy en plein rabibochage avec son ex-femme, tentait de l'aider à préserver ce secret, sans succès, puis se battait avec un homme de plus de 50 ans.

Sans compter le savon qu'il s'était pris lors du retour express chez sa grand-mère.

Il avait besoin de Victoire. Il implosait.

Pourtant, elle ne vint pas au Terrier. Les oncles, les tantes, les cousins traversèrent la porte de la maison familiales un à un, un énorme sourire aux lèvres. Il y eut Bill, il y eut Fleur, Louis, Dominique. Il y eut même les grands-parents Delacour. Mais Victoire était, semble-t-il, clouée au lit par une migraine.

Teddy ne le croyait pas. C'était la première fois que Victoire, l'amoureuse de Noël et de sa famille, manquait une occasion de le voir. Ça ne pouvait pas être anodin, c'était forcément lié au bal. Et à ce baiser.

Il ferma les yeux, repensa à ce moment. N'avait-elle pas eu la même impression d'erreur que lui ? Victoire n'était pas venu chez Florian Fortarôme. N'avait-elle pas reçu sa lettre ? pourquoi ne lui avait-elle pas répondue ? Pourquoi l'évitait-elle ainsi ?

C'était la faute d'Adam, il en était certain.

La journée fut un supplice. Dévoré par ses doutes, il avait échangé quelques mots avec Louis qui était, après Victoire, le plus proche en âge. Il s'était fait dévorer littéralement par ses petites cousines – Dominique avait même profité de l'absence de sa sœur pour faire marcher son charme de Vélane sur lui. Mais la vérité, c'est que c'était la première fois en seize ans que Teddy passait une journée au milieu d'autant de personne sans elle. Habituellement, il envoyait quelques vannes, mais c'était Victoire qui tenait la conversation avec les autres invités, c'était elle qui remplissait l'espace de son rire chaleureux. Il se rendit compte avec horreur qu'il ne savait quoi dire à Percy, que les dragons de Charlie ne l'intéressaient plus, qu'Audrey semblait perdue face aux demandes sans qu'il ne sache pourquoi. Il s'installa à côté d'Harry, tenta vainement de se greffer à la conversation qu'il tenait avec Arthur mais rien y fit.

Teddy eut l'impression de se prendre un coup de poing en plein ventre. Andromeda était sa grand-mère. Harry et Ginny étaient comme ses parents. Mais les autres Weasley étaient de réels étrangers pour lui. C'était la famille de Victoire, pas la sienne. C'était Victoire qui le maintenait à flot dans cette ambiance. Sans Victoire, il n'avait plus personne.

Il en fut tellement bouleversé qu'il craqua. En rentrant le soir même, il annonça retourner à Beauxbâtons pour le reste des vacances.

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Il faisait étonnamment doux lorsque Teddy arriva à l'Académie. Le palais était silencieux et le parc relativement vide. Quelques élèves le traversaient de part en part, deux ou trois avaient élus domicile sur les bancs et les tables de pique-nique mais on était loin de l'effervescence habituelle.

De toute manière, il n'avait qu'une envie : prendre une bonne douche puis aller s'abrutir de travail à la Bibliothèque. Au moins, il garderait le contrôle sur ses capacités intellectuelles !

Et puis après tout, cette semaine de vacances ici lui ferait du bien : il ne connaissait personne. Il n'y aurait donc pas de fiancé surprise, pas de trahison, pas de cousins, pas de problème. Autant dire un vrai bonheur après la semaine qu'il avait passé !

Pourtant Teddy s'arrêta brusquement en entrant dans le Hall. Les cheveux ramenés en un chignon strict dégageant son visage, Olga descendait les marches, une main plaquant un énorme bouquin contre sa poitrine, l'autre posée sur la rambarde de bois. Il la vit se figer de surprise lorsqu'elle releva les yeux vers lui, mais reprenant vite contenance, elle l'ignora et sortit dans le parc.

Les deux jours suivants, Teddy tenta au maximum de rester éloigné d'elle. Il se plongea dans la métamorphose, dans les potions et la botanique. Il enchaina les entrainements de sortilèges et de défense contre les forces du mal. Mais lorsqu'elle rejoignait la bibliothèque en même temps que lui et lorsqu'elle s'asseyait dos à lui dans la salle de réception, il n'arrivait plus à se concentrer. Il fixait sa nuque, absent.

Il ne lui avait pas parlé depuis la première épreuve et le bal. Il avait même eu l'impression qu'elle l'évitait. Mais pourtant, il s'était passé quelque chose lors de leur entrainement. Ils avaient partagé un épisode douloureux de leur vie l'un envers l'autre, ils avaient manqué de s'embrasser… Peut-être avait-il rêvé ?

Non, non, Olga avait laissé tomber un masque avec lui ce jour-là. Teddy voulait en savoir plus sur elle, mais il avait toujours l'impression de l'ennuyer ou de tendre des perches à un mur. Il n'allait quand même pas la forcer à s'ouvrir !

Et puis une fin d'après-midi, alors que le soleil couchant filtrait une lumière orangée dans le salon du Pavillon des Chasses, il s'assit à côté d'elle, au fond d'un canapé en cuir.

« Tu passes de bonnes vacances ? »

Il s'était élancé sur un coup de tête, misant sur son aisance avec les filles et son sourire de séduction. Mais comme toujours avec Olga, ça ne prenait jamais. Elle releva les yeux de son parchemin, le sonda, puis retourna à sa lecture.

« Oui.

- Tu es revenue tôt pour préparer tes examens ?

- Je ne suis pas partie. »

Et sur ses mots, elle avait ramassé ses quelques affaires et avait quitté la pièce, ne laissant pas à Teddy le temps de lui demander des détails.

Au repas qui suivit, il jeta un regard circulaire dans la salle de réception. Les élèves de Chasse à être resté au château étaient une vingtaine à tout casser et la plupart était en groupe, à rire, comme s'ils se connaissaient depuis des années. Un élan d'empathie l'envahit et il se traita d'idiot. Il avait passé une semaine à se plaindre de ses proches alors qu'Olga ne semblait même pas en avoir.

Et puis une idée germa dans son esprit.

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Teddy se passa nerveusement la main dans les cheveux et tira sur les pans de sa veste avant d'entrer dans le Palais.

Pour la nouvelle année, les élèves restant à l'Académie avaient été invités à se mettre sur leur 31 et à réveillonner tous ensemble dans la salle de bal. Il n'avait, évidemment, rien prévu et avait donc opté pour son costume de Noël, oubliant volontairement la cravate – et en prenant bien soin de le laver plusieurs fois, même les boutons semblaient s'être imprégnés de l'odeur de Victoire !

Pour l'occasion, la Salle de Bal avait été réduite de deux tiers, coupée par de larges paravents de fils dorés. Des branches de gui avaient été accrochés au balcon, les fenêtres enchantées s'ouvraient sur des chutes de neige et ils avaient recyclés les guirlandes lumineuses habillant les murs, les tables rondes et les chaises Napoléon immaculées. Teddy s'approcha du fond de la pièce où des elfes servaient du champagne sans alcool et des canapés aux quelques convives déjà arrivés.

Quand Olga fit son entrée, une poignée de minutes plus tard, Teddy n'en menait pas large. Il avait prévu de rester détaché, d'attendre de voir comment elle réagissait, lui laisser la liberté de venir le voir ou pas, mais un coup d'œil et il ne put détacher les yeux d'elle. Vêtue d'une robe noire style Coco Chanel assez courte et marquant délicatement la taille, chaussée d'escarpin en cuir, maquillée légèrement et ses cheveux rouges et épais cascadant sur ses bras nus, elle était d'une élégance simple et efficace. Mais ce qui retint le regard de Teddy, c'était la couronne d'or blanc qui étincelait entre ses boucles. C'était le seul bijou qu'elle portait, la seule touche de fantaisie, et si Olga avait une attitude de princesse, ce soir-là, elle en était réellement une.

« Elle le porte ! Elle l'aime bien ! Elle est sublime ! » ne cessait-il de se répéter Teddy. Et puis, avalant de travers lorsque ses grands yeux bruns s'arrêtèrent sur lui, il loua en pensée les précieux conseils de Charlotte. Et tressaillit lorsque les lèvres de la rouquine s'étirèrent dans un sourire rayonnant qu'elle tenta de masquer derrière sa main, comme si exprimer une émotion aussi forte et aussi spontanée devait absolument passer inaperçu.

Lorsqu'il avait demandé un conseil à sa meilleure amie pour un cadeau de Noël pour la championne de Durmstang, elle avait répondu « un diadème ! » sur le ton de la moquerie mais immédiatement, il avait jugé que ça lui irait très bien. Elle lui avait envoyé divers modèles très variés, et Teddy avait opté pour le plus simple jugeant qu'Olga pourrait le porter plus facilement qu'une véritable couronne couverte de joyaux colorés. Il l'avait reçu le matin même par hibou, et après avoir hésité pendant des heures, il l'avait envoyé et était resté enfermé dans sa chambre toute la journée, trop gêné pour risquer de la croiser.

Il sentit ses mains trembler lorsque la rouquine s'approcha de lui de sa démarche aérienne. Si elle semblait avoir réussi à réprimer son sourire, ses lèvres s'étirait tout de même légèrement, ses joues étaient légèrement colorées et son regard pétillait en le fixant lui, Teddy.

« Tout va bien, Mec » se fustigea-t-il. « Reste calme ! »

Inspirant une grande bouffée d'air parfumée par les sapins installés aux quatre coins de la salle de Bal. Il saisit une coupe de champagne sur le buffet, et affichant son sourire le plus charmeur – qui devait d'ailleurs être bien plus béat que charmeur, il la tendit à Olga.

« Tu es magnifique ce soir.

- Merci… Je dois aussi te remercier pour ce cadeau, je crois.

- Qu'est ce qui m'a trahi ?

- Ta signature sur le paquet.

- Zut ! »

Un rire joyeux lui échappa et de nouveau, elle cacha son visage derrière sa main. Teddy se dit qu'il détestait ça. Elle était encore plus magnifique, naturelle ainsi.

Ils s'installèrent côte à côte autour d'une table et dans son infini maladresse, Teddy mit les deux pieds dans le plat.

« Alors dis-moi, comment une jolie fille célèbre comme toi peut-elle passer Noël seule ? »

Aussitôt, Olga se rembrunit. Ses genoux qui frôlaient les siens glissèrent plus loin sous la table et elle prit le temps d'avaler un canapé avant de lui répondre.

« Ecoute, je te remercie pour ta gentillesse et ton attention, mais je ne veux pas que nous soyons amis.

- Moi non plus je…

- Je sais, je sais. » à présent, elle semblait agacée et avait retrouvé son masque froid. « Ce que je veux te dire, c'est qu'il n'y aura rien de plus entre nous qu'une entente cordiale. Je n'ai pas aimé ton comportement.

- Mon… mon comportement ?

- Oui. Hum… j'ai vraiment besoin de préciser ?

- Et bien oui, vraiment.

- Quand on s'est entrainé pour la première épreuve…

- Tu veux dire, quand tu m'as piégé avec l'épouvantard.

- Comme tu veux ! » Elle balaya son intervention de la main, hautaine. « Je m'étais confiée à toi. Ce que je t'ai dit, je n'en parle jamais. Et en plus, toi, je ne te connais pas. Et tu allais m'embrasser. Et il y a eu cette… fille qui est rentrée, tu es devenu complètement froid. Je n'ai pas envie d'être ton amie. Toi non plus, très bien. Mais je n'ai pas envie d'être plus non plus alors que tu es amoureux d'une autre.

- Amoureux de Victoire ? » Il éclata de rire alors qu'Olga levait les sourcils. « Excuse-moi, je te rassure tout de suite. S'il y a une fille dont je ne serais jamais amoureux, c'est bien Victoire !

- Tu passes ton temps avec elle, à la prendre dans tes bras, à rire à chaque parole qu'elle dit. Elle apparait en train de mourir dans tes pires peurs. Tu l'emmène au bal et clairement, tu la dévore du regard. Vous disparaissez une bonne partie de la soirée. Mais tu n'es pas amoureux !

- Et bien non.

- Tu me prends pour une idiote ?

- Mais non, je t'assure. J'aime Victoire, c'est vrai, mais je ne suis pas amoureux d'elle. C'est ma sœur, ma meilleure amie, ma confidente, utilise le terme que tu veux, mais je ne suis pas amoureux. Je ne le serais jamais.

- Vous les anglais, vous avez une drôle de manière de vous comporter entre « frère et sœur »

Teddy rit à gorge déployée alors qu'elle continuait de le fixer d'un œil suspicieux.

« Tu veux que je sois franche avec toi, Olga ?

- Bien sûr !

- Et bien écoute moi bien. » Il prit son menton entre deux doigts pour la forcer à la regarder dans les yeux et baissa d'un ton pour que leurs voisins ne les entendent pas. « S'il y a bien une fille pour qui je ressens un sentiment amoureux ici, c'est toi. »

Olga lâcha un hoquet de surprise avec un mouvement de recul. Teddy se sentit piquer un fard. Il avait lancé ça sur un coup de tête, son cœur battait la chamade, il se sentit rougir sur la racine des cheveux, autant qu'Olga si ce n'est plus, et des fourmis remontèrent des extrémités de ses doigts de pieds jusque dans ses mollets. Non seulement il avait honte d'avoir balancer ça comme on parle de la météo, mais en plus elle ne semblait clairement pas partager ses sentiments.

Dans un soupir, il se leva et quitta la pièce. Il avait clairement besoin de respirer. Mais une fois dehors, il entendit la voix d'Olga l'appeler dans la pénombre et vit scintiller son diadème dans la pénombre.

« Ecoute, oublie ce que j'ai dit, ce n'est pas grave.

- Non ce n'est pas…

- Si tu ne partages pas les mêmes sentiments que moi, je le respecte. Tu ne me dois rien.

- Mais non Teddy ! Ecoute…

- Tu es en couple peut-être ? Quel idiot je ne me suis même pas poser la question ! Le mec du bal ?

- Vladimir ? Mais non, ne sois pas idiot !

- Qui alors ?

- Mais personne ! Laisse-moi parler ! » Elle avait crié et Teddy en resta pantois. « Je ne comprends pas, c'est tout… Tu ne me connais pas, comment tu peux être amoureux de moi ?

- Je ne sais pas, ça m'est tombé dessus comme ça… J'ai rien demandé ! C'était au banquet d'accueil, j'ai ressenti quelque chose quand je t'ai vu… De toute manière, il n'y a pas besoin de se connaitre pour tomber amoureux ! Et puis, j'ai l'impression de te connaitre. On est pareil toi et moi. Tu ne le vois pas ? » Olga resta silencieuse et il lâcha un soupir en se frottant le visage. « Je te fais peur, c'est ça ? tu me prends pour un fou ?

- Hum… Je…

- Ecoute, laisse tomber. Je vais te jeter un Oubliette et puis on en parle plus.

- Quoi ? Mais ne soit pas stupide Teddy. Non… non je ne crois pas que tu me fasses peur.

- Sois honnête !

- Je le suis ! » soupira-t-elle d'une voix non assurée. « Non tu ne me fais pas peur, mais… C'est surtout que… Je ne crois pas être déjà tombée amoureuse.

- Quoi ? Jamais jamais ?

- Et bien non…

- Mais voyons, tu as déjà eu des papillons dans le ventre, tu t'es déjà retrouvée à bredouiller devant quelqu'un parce que tu perdais tes moyens ou à rougir comme une tomate !

- Non.

- Mais ! Tu es bien la première fille que je rencontre qui n'est jamais tombée amoureuse.

- Ah… »

Un silence s'installa, gênant. Olga gardait résolument la tête baissée, se balançant d'un pied sur l'autre.

« Tu m'autorise à quelque chose ?

- Quoi ?

- T'embrasser. »

Elle releva vers lui un regard paniqué vers lui et resta muette. Il crut qu'il allait de nouveau être remballer mais elle hocha finalement de la tête.

Teddy mit quelques secondes à réaliser, les fourmis accélérant leur danse dans les extrémités de ses membres. Et puis tout doucement, il s'avança, emprisonna son visage dans ses mains, glissant le bout de ses doigts dans ses boucles soyeuses, puis il déposa ses lèvres sur les siennes.

C'était tout doux, chaleureux malgré le froid qui les encerclait, et en lui, ses organes semblaient se livrer à une danse endiablée. Il se contraint tout de même de mettre fin au baiser rapidement pour ne pas la brusquer.

« Alors ? tu as ressenti quelque chose ?

- On recommence ? »

Teddy sentit son visage se fendre d'un sourire éclatant et fondit sur ses lèvres à nouveau. Cette fois-ci, il se fit plus entreprenant, tous ses sens s'imprégnèrent de l'odeur de sa peau, la douceur de ses cheveux, le sifflement de sa respiration irrégulière et puis quand il se sépara de nouveau d'elle, se sentit fondre devant le rougissement de ses joues et son air béat. Lorsque d'elle-même, Olga glissa ses doigts fins dans sa nuque pour l'entrainer de nouveau dans ce flot d'émotion, il se sentit exploser.

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Teddy s'éveilla aux alentours de 12h30 et le bonheur lui saisit les entrailles lorsqu'il se remémora la soirée.

Olga était assise seule à une table dans la salle de réception, ses cheveux roux remontés dans le chignon qu'elle se faisait toujours lorsqu'elle prévoyait de travailler. Il vola littéralement jusqu'à la chaise à ses côtés et partagea son grand sourire. Ils parlèrent de leur soirée avec contentement, de leurs rires, de leurs danses, mais ils évitèrent consciencieusement de parler des baisers.

Elle lui demanda s'il voulait l'accompagner à la bibliothèque pour travailler et Teddy eut le bonheur de pouvoir s'assoir à sa table, pour la première fois depuis son retour d'Angleterre. Il tenta de se concentrer sur son devoir d'Etudes de Rune mais rien à faire. Elle avait ce petit plissement de sourcils lorsqu'elle se concentrait et cette manière de se caresser la joue avec l'extrémité de sa plume.

Il tint dix minutes. A l'issue de celle-ci, Teddy se pencha au-dessus de leurs parchemins et retrouva le gout de ses lèvres avec un plaisir à peine contenu.

Lorsqu'il se rassit, les joues d'Olga s'étaient de nouveau colorées leur jolie teinte rosée et elle lâcha un petit rire joyeux. Puis, elle retrouva son sérieux.

« Tu me promets qu'il n'y a rien entre toi et cette fille ? Et qu'il n'y aura jamais rien ? »

Teddy repensa au bal et au baiser qu'il avait échangé avec Victoire avec un pincement de cœur.

« Je te le promets.

- Et… tu étais sérieux ? tu es vraiment amoureux de moi ?

- Comme Lancelot aime Guenièvre.

- Et tu te rends bien compte qu'on est toujours concurrent pour le tournoi, qu'on va devoir se battre et que je ne te ferais pas de cadeau ?

- Je vais gagner ! Mais oui.

- Et tu es conscient que tu es Anglais et que moi je suis Russe ? Et que dans six mois, on repartira chacun dans nos pays ? Que ça va vraiment devenir compliqué ?

- On a tout le temps d'y réfléchir ! Je veux être avec toi Olga… »

Elle le fixa durant des secondes qui lui semblèrent interminable. Et puis…

« D'accord » conclu Olga dans un sourire.