Réponses aux anonymes :
Lana : Désolé si cette fanfiction te paraît un peu trop complexe, et que tu ais l'impression qu'on se noie. Je n'ai pas du tout l'intention d'écrire quelque chose de simple, et je m'amuse en disséminant tant d'informations. L'histoire sous forme de jeu te laisse perplexe ? Il me semble bien que cela fait plusieurs chapitres que le Jeu n'est plus aussi présent, donc je ne vois pas ce qui te perturbe là-dedans.
Guest : Merci beaucoup ! Je suis vraiment heureux que ça te plaise !
Marie : Merci ^^ pour la cape – je ne compte plus le nombre de personnes qui m'ont posé cette question –, tout va parfaitement bien. Et ce n'est pas important, les Reliques de la Mort ne seront pas un élément central dans cette histoire. Enfin, je ne pense pas. Fumseck, tu penses vraiment ? haha, on verra !
Auteur : Le Cerf-Pentard
Correcteur : NVJM
Disclaimer : Rien ne m'appartient. L'univers et les personnages sont à J.K. Rowling. Beaucoup d'éléments sont tirés de l'univers d'Assassin's Creed, qui appartient à Ubisoft. J'essaie de tenir compte du canon des deux univers, bien que ce ne soit pas parfaitement possible. Je ne tiens pas compte de tous les évènements des films Les Animaux Fantastiques, la fanfiction étant en cours de rédaction lorsqu'ils sont sortis. Ceci est une reprise de « Jeu de Magie » de WriteraAddicted. Alors même si je me l'approprie un peu, l'idée de base provient de cet auteur. Je ne gagne rien en écrivant cette histoire, à part l'immense plaisir ainsi que la satisfaction de l'écrire et de la partager.
Image : Wiki Assassin's Creed
Rating : M
Publié le : Mercredi 22 mai 2018
Précédemment (C11) : Hermione se réveille dans une cave sombre, emprisonnée. Après un long moment d'attente, sans notion de temps, Molly Weasley lui rend visite. Et elle torture Hermione, vengeant la mort de son fils : sortilège électrisant, Imperium la forçant à manger son doigt avant qu'elle ne vomisse tout, ses vêtements en feux, de longues cicatrices parcourant son corps... puis l'invocation d'une nuée de mouches qui la recouvrent, la faisant suffoquer, s'introduisant par tous les orifices possibles jusqu'à ce qu'elle s'évanouisse.
Ginny vient aussi, faisant mine de l'aider avant de la violer, la brisant mentalement. Lorsque Molly vient lui scier le bras, Hermione, dans un éclair de lucidité, la frappe avec des morceaux de baguette brisée, avant de la tuer avec une dague.
En sortant, elle reonnaît le 12, Square Grimmaurd. Elle arrive dans la chambre de Ginny et tue cette dernière dans d'atroces souffrances.
Quand elle sort de la demeure, elle se lance un sortilège d'amnésie, préférant oublier tout cela.
Harry Potter et le Jeu de Magie
Partie II
Chapitre 14 : La mort d'un monde
L'obscurité, tout d'abord. L'inconscience. Puis l'éveil, et la lumière.
Lorsque, une fois ses yeux ouverts, les photons agressèrent sa rétine, elle s'empressa de refermer ses paupières. Son ouïe, parfaitement fonctionnelle, lui fit entendre le bruit de rideaux tirés.
Pendant ce temps, elle avait deviné être allongé dans un lit, visiblement accompagnée d'une autre personne.
Elle se risqua de nouveau à ouvrir les yeux, et ce fut bien moins pénible. La pièce était plongée dans une forte pénombre. Elle peinait à distinguer la silhouette penchée au-dessus d'elle – une femme aux cheveux d'or, d'après ce qu'elle pouvait en deviner.
Hermione tenta de se redresser sur son lit, mais elle se rendit compte que le moindre mouvement lui faisait mal, et qu'elle serait bien en peine de diriger ses membres ankylosés.
« Doucement..., fit la voix de la femme – plus jeune qu'elle, d'après ce qu'elle en entendait. Vous ne pouvez pas encore sortir de votre lit. Je vais devoir appeler la guérisseuse. »
Alors vinrent les questions. La guérisseuse ? Était-elle donc malade ? blessée ? Que lui était-il arrivé ? Que faisait-elle ici ? Où était-elle ? Qui était cette femme ? Que faisait-elle avant d'arriver ici ?
Tant et tant d'interrogations s'enchaînèrent dans le vide de son esprit, toutes demeurant tristement sans réponses. Elle décida de les trouver par elle-même, et interpella la jeune femme qui s'apprêtait à quitter sa chaise.
« Que se passe-t-il ? Où suis-je ? » dit-elle – ou du moins, essaya-t-elle de dire.
Sa voix n'avait été qu'un vague murmure, rocailleux et grave. Lui vint soudain l'envie de se racler la gorge pour éliminer cette sensation désagréable.
Hermione vit la femme tendre la main vers un endroit hors de son champ de vision – elle était toujours allongée –, amenant ainsi une fiole qui contenait un liquide transparent, probablement une potion. L'inconnue l'aida à se redresser, utilisant quelques oreillers.
« Buvez, lui dit-elle. Ça vous aidera à aller mieux pendant quelques temps. »
Faisant fi de toute prudence, Hermione ingéra le liquide. Elle sentit un regain d'énergie traverser son corps, même si ça n'aurait sûrement pas suffi à la faire tenir debout.
La jeune femme ouvrit légèrement les rideaux, laissant un peu de lumière s'infiltrer – suffisamment pour qu'elle puisse la voir plus en détail. Elle était blonde et jeune, confirmant ses premières impressions. Elle avait un corps magnifiquement sculpté – on devinait qu'elle faisait beaucoup de sport –, avec une généreuse poitrine et de belles formes. Ses yeux clairs la fixaient avec attention, comme si elle attendait quelque chose.
« Quelle est la dernière chose dont vous vous souvenez ? » demanda-t-elle, doucement.
Hermione aurait bien été tenté de répondre qu'elle ne se souvenait de rien. Cependant, en y réfléchissant quelques secondes, quelque chose de frappant lui revint en mémoire :
« Harry ! »
Elle lâcha une exclamation de stupeur. Harry était mort. À peine une larme eut-elle le temps de rouler sur sa joue que d'autres souvenirs lui revinrent, accompagnant cette horrible et cruelle constatation. Après qu'elle fût informée de la mort de son ami, elle avait été attaquée par Molly Weasley – un maléfice douloureux sur son bras. Puis, elle avait passé une nuit chez les Londubat, Hannah étant guérisseuse – c'était l'infirmière de Poudlard. Ça n'avait pas suffit à la guérir, et alors qu'elle se rendait au manoir Potter pour enquêter elle-même sur la mort de son amie, elle s'était évanouie. Transportée à Sainte-Mangouste, elle avait reçu la visite de son mari, Ron. Se doutant qu'il était là pour lui faire du mal, elle s'était enfuie, transplanant en urgence. Cependant, le roux s'était accroché à elle, et à cause de l'instabilité du transplanage depuis quelques jours, il n'avait pas tenu. Le lendemain, on l'avait retrouvé mort dans un champ moldu. Enfin, au Chaudron Baveur, elle avait rencontré un certain Stefan Schwarz, qui lui avait avoué être en partie responsable de la disparition de Harry – et non la mort, car son âme avait simplement voyagé. Il lui avait expliqué les différentes théories temporelles, et l'une d'elle stipulait qu'un voyage dans le passé du même univers provoquait la disparition du futur duquel on provenait : tout ce qui avait existé après le point d'arrivé n'aurait plus jamais été. Ce fut ce qui était arrivé à Harry, grâce à une relique, une pièce ou un fragment d'Éden, selon Stefan.
Là s'arrêtaient ses souvenirs.
« Comment suis-je arrivé ici ? » demanda Hermione, perturbée.
La femme en face d'elle soupira.
« Vous souvenez-vous votre rencontre avec Stefan ?
— Oui – c'est mon dernier souvenir. »
La blonde acquiesça.
« Stefan avait posé sur vous un sortilège de trace, expliqua-t-elle calmement. Peu après votre entrevue, votre localisation a cessé d'être indiqué – le dernier lieu était une ruelle de Londres, où il a retrouvé des résidus de magie. Il était impossible de vous retrouver, et Stefan a cru que vous aviez réussi à enlever son sortilège, bien que ça lui paraissait invraisemblable en raison de certains facteurs magiques. Lorsque le sort fonctionna de nouveau, il se rendit au lieu indiqué et vous retrouva. Vous étiez inconsciente, pleine de sang – qui n'était cependant pas le vôtre –, et méchamment abimée. Stefan s'est empressé de vous amener ici pour vous soigner. Vous étiez devant le 12, square Grimmaurd, et à l'intérieur du bâtiment ont été retrouvé les corps de Ginny Potter et Molly Weasley, ainsi qu'une cave pleine de sang, de mouches, et les morceaux d'une baguette brisée. Personne ne sait ce qui s'est passé là-bas, mais il n'est pas difficile de se faire une idée. »
Hermione frissonna à ce tableau.
« Il y avait une baguette, à côté de vous – celle de Ginny Potter, continua-t-elle. Après un Priori Incantatem, il s'est avéré que le dernier acte de la baguette était un sortilège d'amnésie. Nous pensons – Stefan pense que vous vous seriez lancé ce sortilège après vous être échappé, voulant oublier les horreurs que vous aviez pu vivre. »
Hermione se questionna là-dessus. Avait-elle vraiment vécu quelque chose d'aussi horrible ? Elle préféra ne pas y penser, changeant de sujet.
« Qui êtes-vous ? »
D'abord surprise par cette brusque interrogation, la blonde finit par répondre :
« Queenie Fawley. » répondit-elle.
Hermione fronça les sourcils – ce qui, étonnamment, lui fit mal. Ce nom lui semblait familier, mais elle ne pouvait cependant pas y associer de souvenir.
« J'étais avec le capitaine Potter lorsqu'il a été attaqué par un Nundu – c'est d'ailleurs moi qui ai tué la bête, indiqua-t-elle, comme devinant ses pensées. Vous avez probablement entendu parler de moi dans les journaux, j'ai été retenue au ministère comme suspecte. »
Elle tenta d'acquiescer, mais de nouveau la douleur la frappe.
« Bordel ! qu'est-ce que j'ai, comme blessure ? »
Queenie grimaça, mais sortit tout de même sa baguette. Elle invoqua un miroir qu'elle lui tendit. En essayant de le saisir, elle se rendit compte qu'elle pouvait parfaitement bouger son bras, bien que quelque chose bloquât ses articulations. En le sortant des couvertures sous lesquelles elle reposait, elle se rendit compte qu'il était totalement emplâtré, même sa main – mais pourquoi donc ? Elle ne ressentait aucune douleur, et son bras semblait plus en forme que jamais – l'avait-on débarrassée du maléfice envoyé par Molly ?
« Vous étiez touchée par un horrible sort, et il a empiré – utilisez votre autre bras, ce sera mieux. »
D'abord dubitative, Hermione obéit tout de même et leva doucement et douloureusement son bras gauche. Tenant le miroir d'une main tremblante, elle approcha le miroir et eut un choc en découvrant son visage. De nombreuses cicatrices en lignes le traversait, comme si on s'était amusé à dessiner sur elle avec du feu. Et ça continuait elle voyait certaines cicatrices descendre son cou et disparaître sous ses vêtements.
« Vous en avez sur tout le corps. » indiqua tristement Queenie.
Hermione continua de s'observer, apathique. Elle ne ressentait aucune émotion particulière, détachée de ce qui lui était arrivée.
« Il y a autre chose, soupira la blonde. Quand Stefan vous a retrouvé, vous aviez le bras gauche à moitié sectionné – jusqu'à l'os. Il a pu être totalement guéri grâce à la magie, la blessure ayant été provoquée par un outil moldu. Cependant, je vous le disais plus tôt, le sort qui touchait votre bras droit a empiré, et ni Stefan ni un quelconque médicomage n'a rien pu faire pour aider. Il a fallu... amputer le bras. »
Sous le choc, Hermione se mit à respirer de plus en plus rapidement.
« La ma... magie..., articula-t-elle difficilement. Ça... repousse ? »
Queenie hocha négativement la tête. Elle leva sa baguette fit disparaître le plâtre, révélant son bras qui, à partir du coude, se prolongeait en un membre luisant et gris, jusqu'à sa main.
« Il a fallu le remplacer. »
Hermione n'entendit qu'à peine ses paroles, alors qu'un sifflement résonnait dans ses oreilles, et qu'un voile la sépara de la réalité. Elle ressentait les battements de son cœur, et ils l'accompagnèrent jusqu'à l'inconscience.
Hermione parcourait le manoir en béquilles, accompagné de la petite Hannah. Des sorciers couraient partout, chacun semblant s'afférer à une tâche particulière. Beaucoup portaient des objets métalliques, étrangement.
Elle avait été surprise de découvrir qu'elle avait été endormie durant près de quatre mois, et plus grande encore fut sa surprise quand elle apprit qu'elle pouvait marcher – certes, avec l'aide de béquilles, mais elle savait que les moldus avaient un peu de rééducation après un coma pour pouvoir marcher de nouveau.
« Où est-ce qu'on est ? avait demandé Hermione lorsqu'elles étaient sorties de sa chambre insonorisée, découvrant l'agitation qui régnait en ce lieu.
— Au manoir de Stefan, avait répondu Hannah. Nous préparons le voyage temporel – Stefan a réussi à convaincre beaucoup de sorciers de la destruction imminente du monde.
— Même toi ? » s'est étonnée Hermione.
Le visage de la Poufsouffle s'assombrit.
« Neville était parti te chercher après ta disparition. Quelques jours plus tard, Stefan m'a ramené son corps. Ils t'avaient trouvé en même temps, mais un groupe de sorciers masqués était intervenu pour l'arrêter. L'un d'eux, apparu dans un flamboiement, avait tué Neville – avant que Stefan ne transplane avec les deux corps, le tien et celui de... Il m'a tout expliqué, et je l'ai rejointe. »
Un sanglot lui avait échappé, et Hermione avait tenté de la prendre dans son bras – elle évitait d'utiliser son bras métallique, qui la dégoûtait. Remarquant ce geste, Hannah s'était empressée de s'excuser :
« Je suis désolée, je n'ai pas pu sauver ton bras. D'après Stefan, seul notre esprit voyagera, donc tu devrais retrouver un corps intact. »
Hermione avait soupiré de soulagement, et ils avaient repris leur route à travers le manoir, en silence. Il fallait qu'elle s'entraîne à marcher.
« Que s'est-il passé durant mon sommeil ? demanda-t-elle soudainement.
— Comme je te le disais, Stefan a convaincu beaucoup de monde. Mais le ministère lui était opposé, et Dumbledore est soudainement apparut – il n'avait jamais été mort, il l'avait simplement fait croire pour des raisons obscures : gagner la guerre, vivre dans l'anonymat... Stefan le soupçonne d'être celui qui a tué Neville. Pour l'instant, nous sommes cachés dans ce manoir, mais ils ne tarderont pas à nous trouver. »
Elle lâcha un long soupir.
« Quant aux moldus, ils ont déjà remarqué des choses étranges : le soleil émet moins de lumière, certaines étoiles ont disparu, et on voit de longues traînées noires dans le ciel, la nuit. Une guerre a éclaté dans le sud de l'Afrique : beaucoup de moldus révèlent l'existence de la magie, mais ils ne sont pas pris au sérieux par le reste du monde. »
Hermione acquiesça.
« Pour quand est le départ ?
— Demain. » sourit Hannah.
Face à son air profondément surpris, elle s'empressa d'expliquer :
« Normalement, tu aurais dû rester dans ton coma plus longtemps encore pour mieux récupérer, mais Stefan m'a obligé à te réveiller la veille du départ. La construction de Stefan sera bientôt prête.
— La construction de Stefan ? fit Hermione, intriguée.
— Une sorte de gyroscope métallique géant – ç'a demandé beaucoup de travail, et une bonne maîtrise des métaux. Des gobelins auraient été parfaits pour ce travail, mais c'est impossible. Ils seraient capables de nous trahir au dernier moment pour s'enfuir sans nous. Et tout le monde ne peut pas participer, la moitié des sorciers ici présents sont occupés à l'installation des nouveaux arrivants et à la maintenance des protections magiques – avec la disparition du monde, la magie est devenue instable et il faut sans cesse renouveler les barrières. Pour en revenir à la construction de Stefan, elle devrait nous permettre de revenir dans le passé – mais je pense qu'il t'expliquera ça mieux que moi.
— Comment ça ? »
Hannah lui indiqua une grande porte au bout d'un couloir.
« C'est son bureau. »
Hermione continua d'avancer avec difficulté, et Hannah frappa à la porte. Celle-ci s'ouvrit immédiatement sur un jeune homme fatigué, des cernes bien visibles, mais tout de même un air jovial sur le visage. Elle eut du mal à reconnaître l'homme qu'elle avait rencontré au Chaudron Baveur.
« Madame Granger ! s'exclama-t-il, ravi. Heureux de vous voir éveillée. Entrez, je vous prie. »
Les deux femmes entrèrent et allèrent s'installer devant un grand bureau, couvert de feuilles et de croquis, sur l'invitation de Stefan. La salle n'était pas très grande, mais il semblait qu'il n'avait besoin de rien d'autre qu'une bibliothèque et un meuble pour travailler.
« Je vous ai fait venir pour aborder le sujet de votre mémoire, commença-t-il après s'être installé en face d'elles. Voulez-vous la récupérer – sachant qu'il y a de fortes chances pour que ce soit vous qui avez effacé votre mémoire en raison de ce que vous avez vécu. »
Hermione en était bien consciente. Cependant, elle ne supportait pas de ne pas savoir – elle avait évité d'y penser, mais maintenant que c'était mis sur la table, cette envie de savoir l'envahissait. Elle se demanda avec irritation pourquoi elle avait été si lâche. Au point d'effacer sa mémoire !
Alors, elle répondit par l'affirmative à la proposition de Stefan.
« Je peux le faire tout de suite, poursuivit-il. Cependant, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de faire cela avant le voyage. Mais rassurez-vous, ce sera fait dès notre arrivée. Vous avez des questions ? »
Elle s'apprêta à dire que non, mais sa légendaire curiosité intervint.
« En quoi consiste le voyage ? Comment le provoquerez-vous ? »
D'autres questions la taraudaient. Comment se faisait-il qu'en à peine quelques mois, il ait réussi à mettre au point un moyen de voyager dans le temps, alors que tant d'autres s'y étaient cassé les dents avant lui ? Il devait être sacrément puissant.
« Je vais vous épargner les détails techniques – sachez simplement qu'il s'agira d'une singularité temporelle. Pour vous aider à mieux comprendre, je vais utiliser quelques analogies. Comparons le temps à l'espace – j'espère que vous vous souvenez des différentes théories que je vous ai exposé lors de notre première rencontre. Contrairement à l'espace, qui pour nous compte trois dimensions, le temps compte, lui, une seule et unique dimension, avec une direction : du passé vers l'avenir.
» Si j'avance du passé vers le futur, c'est le mouvement naturel des choses. Spatialement, ce serait comme tomber : le mouvement naturel. La gravité n'a qu'une seule direction, s'y opposer demande un certain effort.
» Maintenant, si j'utilise un Retourneur de Temps, je reviendrais toujours au même point de départ, sans avoir pu modifier quoi que ce soit dans le passé. Si je remonte trop loin dans le passé, ça deviendrait problématique. Spatialement, c'est comme sauter en hauteur. On fournit un effort pour contrer un instant l'attraction gravitationnelle de la Terre, puis on revient au même point de départ. Si je suis projeté trop haut dans le ciel, la chute sera douloureuse.
» À présent, je veux me déplacer d'un point à un autre : je vais devoir marcher, et plus ma destination sera éloignée, plus il sera difficile de l'atteindre. Encore faut-il savoir marcher... un bébé tout juste né en serait incapable. Temporellement, je souhaite voyager d'une ligne temporelle à une autre. Problème, je ne sais pas comment faire : je ne sais pas marcher. L'Homme n'est encore qu'un bébé dans ce domaine. Et si je veux me rendre dans une dimension peu semblable à celle dont je proviens, lointaine, ce sera d'autant plus difficile.
» Finalement, je veux me rendre en arrière, m'opposer au mouvement naturel des choses, voyager du futur vers le passé – un passé lointain, qui se compte en jours, en mois, en années ! et non en heures. Et une fois dans ce passé, je voudrais y rester, et pouvoir le modifier. Si je voyage dans mon propre passé, ma propre ligne temporelle, ça créera des paradoxes : l'univers va alors se diviser en deux, ou alors supprimer le futur dont je proviens – c'est ce qui nous arrive. Pour faire ce voyage, je vais durablement avancer dans le sens non-naturel des choses. Spatialement, on pourrait comparer cela à une fusée moldue, qui quitte durablement l'attraction gravitationnelle de la Terre – au prix d'un immense effort.
» Grâce à un assemblage métallique complexe, et à de puissants enchantements, je vais pouvoir créer une singularité temporelle – un point dans le temps très dense, très lourd et très puissant énergiquement, qui constituera notre carburant pour décoller vers le passé.
» Voilà en quoi ça consiste, et pourquoi ça demande tant d'efforts... »
Pendant tout le temps qu'avait duré son explication, Hermione l'avait religieusement écouté, comprenant en quoi son génie pouvait leur permettre d'entreprendre ce voyage.
Après une nuit agitée où elle dormir peu, trop préoccupée par ce qui lui arrivait, ce qu'elle avait vécu, ce qu'elle avait possiblement fait, ses souvenirs et son bras – après une nuit d'angoisse, voyant le ciel étoilé au travers de sa fenêtre, déchiré par d'horribles lignes noires, sans lumière, sans étoiles après cela, elle décida enfin à sortir de son lit. Cela ne servait à rien de s'y attarder, elle ne pourrait récupérer le temps de Morphée volé par l'insomnie.
Le soleil avait déjà pointé le bout de son nez, et les constellations n'étaient plus visibles. Elle s'aida de ses béquilles pour sortir de sa chambre, bien qu'elle pût à marcher sans, à présent, sans trop de problèmes. Lorsqu'elle ouvrit la porte, le bruit de l'agitation envahit ses oreilles, alors protégées par les sortilèges insonorisant de la chambre.
C'était ce jour le grand départ, et tout le monde s'afférait aux derniers préparatifs. Se mêlant à cette foule, elle se dirige vers le réfectoire qu'on lui avait présenté hier pour le dîner, dans l'intention d'apaiser son estomac.
Un éclat argenté apparut brusquement devant ses yeux. Aussitôt, sans même qu'elle ne s'en rende compte, elle lâcha ses béquilles et son bras métallique se saisit de l'éclat et l'enfonça dans une explosion rougeâtre.
Les informations parvinrent finalement à son cerveau, et elle comprit qu'un homme, armé d'un poignard, avait tenté de la tuer. Son faux bras, possédant sûrement d'étranges capacités, avait réagit avant même qu'elle ne prenne une décision. Elle s'était saisie de l'arme et l'avait retourné contre son agresseur, le tuant sur le coup.
Devant elle gisait son corps, baignant dans une mare de sang grandissante. Elle n'y prêtait pas attention, l'esprit vide. Elle n'avait jamais tué – ou du moins, si elle l'avait fait, elle ne s'en souvenait pas mais le cas de Ginny et Molly était incertain, presque irréel, comparé à ce qu'elle vivait actuellement. Elle ne s'était même pas rendu compte de son geste – était-ce comparable à ce qui était arrivé à Queudver ? Harry lui avait raconté sa mort au manoir Malfoy, avec la main en argent offerte par Voldemort.
Séparée de la réalité, elle eut à peine conscience du regroupement de sorciers qui l'entourait. Elle sentit une femme, blonde – Queenie ? – la prendre par son bras biologique et l'amener hors de la foule. Elle tituba à travers les couloirs – elle n'avait pas ses béquilles – et fut amenée dans un couloir peu fréquenté. Elle sentit qu'on la secouait, ce qui l'obligea à prêter attention à son environnement. Queenie – c'était bien elle – remuait ses lèvres, mais Hermione n'entendait rien. Ce ne fut que lorsque le sifflement dont elle n'avait pas conscience et qui résonnait dans son crâne cessa qu'elle put entendre ce qu'elle disait.
« ... ame Granger ? Vous m'entendez ? »
Elle fit signe que oui.
Queenie regarda autour d'elle, s'assurant qu'elles étaient seules, avant de reprendre la parole.
« Écoutez – oubliez ce qui vient de se passer –, je dois vous parler du voyage. Il sera très coûté en énergie, des sorts ne suffiront pas, chuchota-t-elle furieusement. Stefan va utiliser des vies humaines !
— Je... Quoi ?! fut la seule réponse d'Hermione.
— Tout ce monde qui prépare le voyage – aucun d'entre eux n'en sortira vivant, aucun d'entre eux ne voyagera, ils serviront simplement de carburant, comme dit Stefan. Du carburant pour que lui puisse s'enfuir !
— Mais..., fit-elle, confuse. Ce n'était pas censé être une singularité temporelle, la source d'énergie ?
— Si ! rétorqua Queenie. Mais une singularité temporelle, ça ne se crée pas comme ça ! Sa constriction en métal ne va pas suffire, il faut de l'énergie – la vie de chaque sorcier ici présent ! Stefan comparait le voyage a une fusée moldue : la charge maximale de la fusée ne sera que de deux âmes ! Seules deux âmes pourront voyager, au prix de la mort de milliers de sorciers ! »
Hermione, encore plus confuse, observait son interlocutrice avec ahurissement.
« Et quelles seront ces deux âmes ?
— Lui. Et vous, souffla Queenie.
— Quoi ? Mais – qu'est-ce que vous racontez ? Pourquoi moi ? D'où tenez-vous tout cela ?
— J'ai fouillé ses notes, et ce sera probablement vous. Vous êtes sûrement la personne la plus importante ici, vous avez des connaissances sur le passé que personne n'a. »
Hermione souffla un instant, reprenant ses esprits et le contrôle de ses émotions.
« D'accord, dit-elle finalement. D'accord, très bien. Supposons que ce soit vrai – que comptez-vous faire ?
— Le tuer. » répondit Queenie sans hésitation.
Cela mit fin à leur conversation. Cependant, Hermione continuait d'y penser. Devait-elle la croire ?
Queenie la mena au bureau de Stefan, et pendant tout le temps que dura le trajet, son esprit fut préoccupé par ce qu'elle venait d'entendre – l'acte qu'elle avait commis accidentellement lui était presque sorti de la tête.
Stefan mettait en ordre son bureau. Pas qu'il puisse emporter quoi que ce soit : aucun atome ne pourrait voyager, et ça comprenait également leurs corps.
Queenie lui exposa rapidement ce qui s'était produit : l'attaque sur Hermione, et la réactivité de son bras métallique.
« Je suis heureux que ce bras vous ait été utile, Madame Granger, j'avais pris soin de l'enchanté pour qu'il vous protège, sourit Stefan. Il n'est pas étonnant d'avoir des traîtres dans une population de sorciers aussi importante. Certains ont essayé de vous assassiner durant votre sommeil, mais tous ont échoués. C'est pour cela que je vous ai doté de cette sécuri... »
Il fut interrompu par un énorme bruit, semblable à un choc, vite accompagné par un craquellement. Le son se reproduisit plusieurs fois.
Stefan pâlit.
« Les protections sont en train de céder ! s'exclama-t-il. Ils seront là dans dix minutes ! Venez, Granger, il est temps de réunir tout le monde pour le départ. »
Hermione vit Queenie lui jeter un regard paniqué. Affolée, elle sortit la première excuse qui lui passa par la tête :
« J'aimerai me rendre aux toilettes, je me sens un peu mal. »
Stefan acquiesça rapidement avant de s'en aller. Les deux femmes sortirent du bureau, Queenie la guidant vers un chemin détourné jusqu'à la salle du départ. Même si elle pouvait marcher, ça restait encore lent et elle ralentissait quelque peu la blonde.
Quelques secondes plus tard, elles entendirent une alarme retentir à travers tout le manoir, et la voix de Stefan qui criait à tous de se réunir pour le voyage.
En chemin, elles croisèrent une foule de sorciers qui avançait avec excitation vers leur survie.
« Hermione ! »
En se retournant, celle-ci aperçut Hannah qui se frayait un chemin jusqu'à elles.
« Je vous la confie, dit promptement Queenie, parlan à Hannah, s'apprêtant à s'en aller.
« Attendez ! » la retint-t-elle, lui tendant de son bras métallique un poignard – le même qui aurait pu la tuer sans la prévoyance de Stefan.
À cette pensée, elle regretta de la soutenir dans son entreprise. Le jeune homme l'avait sauvé, à maintes reprises. Mais cela pardonnait-il l'assassinat de milliers d'innocents ?
Ils mourront tous, quoiqu'il arrive, se dit-elle.
Il était trop tard pour réfléchir plus à ses actes et à ce qui était juste ou non. Queenie avait déjà pris le poignard et courait déjà.
Du fait de la vitesse à laquelle peinait à marcher Hermione, elles se firent doubler par plusieurs personnes, et arrivèrent dernières jusqu'à la salle du grand départ. On entendait parfois les bruits de craquellement qui signifiaient la destruction progressive des protections.
Elles arrivèrent à temps pour voir Stefan, à travers l'entrebâillement de la porte, debout sur une estrade face à une foule monstre de sorciers. À ses côtés, une immense installation flottante, faite d'anneaux de différents métaux et alliages, former une sphère.
Cela lui faisait penser à un gyroscope.
Le jeune homme brandit sa baguette et l'abaissa. Soudainement, l'immense installation se mit en mouvement, les anneaux métalliques se mettant à tourner, d'abord lentement, puis de plus en plus vite. Le bruit imposant que cela provoquait était impressionnant.
Un immense craquement se fit entendre, comme si quelque chose s'était brisé en deux. Les protections avaient cédé. Dès lors, elles entendirent des bruits de pas et des cris envahir le manoir. Hannah voulut entrer dans la pièce, mais Hermione l'en retint, à sa plus grande incompréhension.
Au même instant, elles virent une ombre bondir sur l'estrade et fondre sur Stefan. Hermione le vit s'effondrer. Queenie – car c'était bien elle –, se tourna vers la foule et s'apprêta à leur crier qu'il fallait fuir.
Mais il était trop tard. Les anneaux métalliques tournaient à présent bien trop vite pour qu'on puisse les distinguer. Une lueur blanchâtre semblait rayonner au centre.
Stefan, à demi-conscient, expulsa Queenie de l'estrade avec les dernières réserves de magie qui lui restait. Elle se retrouva en plein dans la foule, alors que les anneaux se brisaient et qu'un flash aveuglant traversa la salle.
Lorsqu'Hermione rouvrit les yeux, ce fut pour découvrir une marée de corps sans vie. Derrière elles, dans le couloir, apparurent une nuée de sorciers qui couraient vers eux, s'époumonant à lancer des sorts – faibles, la magie n'était plus ce qu'elle avait été.
Craignant pour leurs vies, les deux femmes entrèrent en vitesse dans la pièce. Elles s'empressèrent de courir vers les débris de l'installation, au-dessus desquels flottait une petite sphère faite d'une sorte d'énergie blanche. Au centre de la sphère, un point sans volume brillait.
Elles enjambèrent plusieurs corps, les sorciers derrière elles les rattrapant. En se retournant brièvement, Hermione reconnut un homme à la longue barbe blanche. Dumbledore.
Elles parvinrent jusqu'à la sphère. Dès qu'elles entrèrent en contact avec elle, ce fut fini.
Leurs âmes propulsées à travers le temps signèrent la toute fin pour Dumbledore, les autres sorciers, le reste du monde et l'univers. Leur départ finit d'achever l'univers en décomposition, et il n'en resta plus rien.
Ce monde n'existe à présent que dans les souvenirs de trois personnes.
Ce monde, l'origine de tant d'histoires, n'est plus.
Ce monde est mort.
Le Cerf-Pentard
